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Full text of "Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes"

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1685- IQ56 



DICTIONNAIRE 



DES 



SCIENCES NATURELLES, 

DANS LEQUEL 

OW TRAITE MÉTHODIQUEMENT DES DIFFEREIfS ETRES D F. LA NATURE, 
CONSIDÉRÉS SOIT EN EUX-MEMES, d'aprÈs tV. iAT ACTUEL^ DE 
KOS CON.NOISSA.-VCES, SOIT RELATIVEMENT A l'ltILITÉ Qu'en 
PEUVENT RETIRER LA MEDECINE, l'agr IC ULTURE , LE COMMERCE 



ET LES ARTS. 



SUIVI D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES 
NATURALISTES. 



Plusieurs Professeurs du JarJia du Roi, et des principales 
Ecoles de Paris. 



TOME DIX-SEP TIÈJIF. 



FIL-FYS. 





F. G. LEvrvATJLT, Editeur, à STRASBOURG, 

et rue des Fossés M. h Prince, b.° 33, à PARIS 

Le "NoRMANT, rue de Seine, N." 8, à PARIS. 

1820. 



mm 




DICTIONNAIRE 



DES 



SCIENCES NATURELLES. 



rOME XV IL 



FIL = FYS. 



Le nomhre et exemplaires prescrit par la loi a été 
déposé. Tous les exemplaires sont re^'étus de la signature 
de Véditeur, 




DICTIONNAIRE 

DES 

SCIENCES NATURELLES, 

DANS LEQUEL 

ON TRAITE MÉTHODIQUEMENT DES DIFFÉREN3 ÊTRES DE LA NATURE, 
CONSIDÉRÉS SOIT EX EUX-MÊMES, d'aPRÈS l'ÉTAT ACTUEL DE 
NOS CONNOISSANCES , SOIT RELATIVEMENT A l' UTILITÉ Qu'eN 
PEUVENT RETIRER LA MÉDECINE, l'aGRICULTURE , LE COMMERCE 
ET LES ARTS. 

SUm D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES 
NATURALISTES. 

Ouvrage destiné aux médecins, aux agriculteurs, aux commerçans, 
aux artistes, aux manufacturiers, et à tous ceux qui ontiotérêtk 
connoître les productions de la nature, leurs caractères génériques 
et spécifiques, leur lieu natal, leurs propriétés et leurs usages. 

PAR 

Plusieurs Professeurs du Jardin du Roi , et des principales 
Écoles de Paris. 

TOME DIX-SEPTIÈME. 




F. G. Levkault, Editeur, à STRASBOURG, 

et rue des Fossés M. le Prince, N.'' 33, à PARIS. 

Le NonwANT, rue de Seine, N.° 8, à PARIS. 

1820. 



Liste des Auteurs par ordre de Matières. 



Physique générale. 

M. LACROIX, membre de l'Académie des 
Sciences et professenr au CuIUge de 
Trance. ( L. ) 

Chimie. 

M. CHEVREUL, professeur au Collège 
rojal de Cbarlemague. (Cb.) 

Minéralogie et Géologie. 
M. BRONGNIART, membre de l'Académie 

des Sciences, professeur à la Facullê des 

Sciences. ( B. ) 
M. BROCHA\T DE VILLIERS, membre 

de l'Académie des Sciences. ( B. de V, ) 
M. DEFRANCE, membre de plusieurs 

Sociétés savantes. ( D. F.) 

Botanique. 
M. DESFONTAINES, membre de l'.Académie 

des Sciences. (Desf. ) 
M. DE JUSSIEU, membre de l'Académie 

des Sciences, prof, au Jardin du Roi. (J.) 
M. MIRBEL, membre de l'Acmlémie des 

Sciences, professeur à la Faculté des 

Sciences. (B. M.) 
M. HENRI CASSINI, membre de la Société 

pliilomalique de Paris. (H. Ciss. ) 
M. LEMAN , membre de la Socit'lé pliilo- 

matique de Paris. (Lem.) 
M. LOISELEUR DESLONGCIIAMPS, 

Docteur CD médecine, membre de plusieurs 

Sociétés savantes. ( L. D. ) 
>!. MASSEY. (Mass.) 
M. POIRET, membre de plusieurs Sociétés 

savantes et littéraires, continuateur de 

PEncyclopédie botanique. (Poir.) 
M. DE TUS S A G, membre de plnsieuts 

Sociétés savantes, auteur de la Flore des 

Antilles. (De T.) 



Zoologie générale, Anatomie et 
Physiologie. 

M. G. CL'V'IER , membre et secrétaire per- 
pétuel de l'Académie des Sciences, prof. ao 
Jardin du Roi , etc. ( G. G. ou CV. ou G.) 

Mammifères. 

M. GEOFFROY, membre de l'Académie des 
Sciences , professeur au Jardin duRoi. ( G. ) 

Oiseaux. 
M. DUMONT, membre de plusieurs Sociétés 
savantes. ( Ch. U.) 

Reptiles et Poissons. 

M. DELACÉPÈDE, membre de l'Académie 
dès Sciences, professeur au Jardin du 
Roi. (L. L.) 

M. DUMERIL, membre de l'Académie des 
Sciences, professeur ii l'Ecole de méde- 
cine. (C. D.) 

M. CLOQUET, Docteur en médecine. (H.C) 

Insectes. 
M. DUMERIL , membre de l'Académie des 
Sciences, professeur à l'Ecole de médecine. 
(. C, D. ) 



Crustacés. 



M. W, E. LEACH, membre de la Société 
royale de Londres, Correspondant du Mu- 
séum d'histoire naturelle de France, 
(W. E. L.) 

Mollusques, Fers et Zoophytes. 
M. DE BLAIKVILLE, professeur à la Faculté 
des iiciences. ( De B.) 



M. 



TURPIN, naturaliste, est chargé de 
ition dos dessins et de la direction de 



MM. DÉ liUMBOLDT 



R.VMOND donneront quelques 
dans leurs voyages , ou sur les 



'ticles sur les ebjcti 
jj'ets dont ils se sont 



plus particulièrement occupes. 

M. F. CUVIER est cbargé de la d 
articles généraux de zoologie et n riiis!.. 



générale de l'ouvrage, et il coopérera 
des mammifères. (F. C, ) 



DICTIONNAIRE 

DES 

SCIENCES NATURELLES. 



FIL 



JlIL (ErpétoL), nom spécifique d'une couleuvre. (H. G.) 

FIL D'ARAIGNÉE {Bot.) , nom vulgaire d'une espèce de 
joubarbe, sempervi\>um aracnoideum , Llnn. (L. D. ) 

FIL D'EAU ou DE SERPENT {Entom.), nom donné quel- 
quefois au dragonneau, à cause de sa ressemblance avec ua 
fil, d'où le nom générique Pilaire. Voyez ce mot. (De B.) 

FIL-NOTRE-DAME ou FILET DE LA VIERGE. [Entom.) 
On voit souvent en automne , à l'époque des premiers 
brouillards, des filamens très-blancs et très-légers, transportés 
par Fair, et qu'on regarde N^omme des fils d'araignées ; on 
les attribue à de petites espèces de sirons, que Hermann fils 
nommoit Irombidiutn Leiarium , dont Linnseus faisoitun acarus, 
et MM. Latreille et Fabricius un gamase. M. Cuvier pense 
que ces fils sont produits par de très-jeunes araignées, qui 
écloscnt avant Fhiver, et qui filent ces corps blancs qui vol- 
tigent dans Farrière-saison. (Règne animal, tom. III , p. 78.) 
(CD.) 

FIL Y AGULLA. {Bot.) Dans le royaume de Valence, on 
donne, suivant Clusius , ce nom espagnol, qui signifie fil 
17. .1 



FIL 

et aiguille, à Taloès plttc , agave, dont les feuilles donnent 
une espèce de fil , et ont des épines qui peuvent servir d'ai- 
guilles. (J.) 

FILx\COTONA. (Orniih.) L'oiseau auquel Gesner et Aldro- 
vande donnent ce nom, est le ganga, telrao alchata, Linn. 
(Ch. D.) 

FILAGE, Filago. {Bot.) [ Corfmhifùrcs , Juss. — Sjngénesie 
poljgamie nécessaire, Linn.] Ce genre de plantes, de la fa- 
mille des synanthérées. appartient à notre tribu naturelle 
des inulées, et à la section des gnaphaliées, dans laquelle 
nous le plaçons auprès du micropus , dont il diffère prin- 
cipalement en ce que la couronne est plurisérlée ^ différence 
qui est la source de presque toutes les autres. Voici les ca- 
ractères «rénériqucs que nous avons observés, dans 1 herbier 
de M. de Jussieu, sur l'espèce qui est le vrai type du 

genre. 

Lacalathideest oblongue , discoïde, composée d'un disque 
paucillore, régulariflore, masculiflore , et d'une couronne 
plurisérlée, midtiflorc, tubullflorc , fémlnlilore ; le péri- 
cllne , supérieur aux fleurs, est formé de squames subuni^ 
sériées, appliquées, ovales, larges, concaves, scarleuses, 
coriaces , membraneuses sur les bords , et surmontées d'un 
appendice subulé. Le clinanthc est oblong, inappendiculé 
au sommet, qui est occupé par le disque, et garni du 
reste de squamelles analogues aux squames du pérlcllne 
et supérieures aux fleurs, mais d'autant plus petites qu'elles 
sont plus intérieures. Les ovaires de la couronne sont ob- 
comprimés, obovales , glabres., inaigrettés; les faux-ovaires 
du disque sont grêles, glabres, inaigrettés; les corolles de 
la couronne sont tubuleuses. grêles. 

Les calathides sont immédiatement rapprochées en capi- 
tule terminalglobuleux , sur un calathlphore nu, et entouré 
d'un involucre : elles sont peu nombreuses, et la calathidc 
centrale est plus grande que les latérales. 

Jï'iLAGE NAINE : Filogo pjgiïiœu , l.um. , Spec. ; Filago acaiilis, 
Linn., Sjrst. ; Emx umbcllata, Gœrtn. C'est une très-petite 
plante herbacée, annuelle, dont la racine produit une ou 
plusieurs tiges simples, à peine longues d'un pouce dans 
l'état sauvage, mais qui acquièrent par la culture jusqu'à 



FIL S 

fîeux pouces et demi ; ces tiges sont menues , inclinées ou 
couchées, et garnies de feuilles alternes, petites, ovales- 
obtuses, comme spatulées , un peu cotonneuses; les cala- 
thides , composées de fleurs jaunâtres, sont réunies en un 
capitule terminal , sessile , arrondi , involucré ; son invo- 
lucre est formé ^e bractées nombreuses, inégales, plus 
gi'andes que les feuilles, ovales, obtuses, cotonneuses, blan- 
châtres, et disposées en une belle rosette, qui déborde beau- 
coup le capitule, et est couchée sur la terre. Cette jolie 
petite plante habite les lieux maritimes et les étangs dessé- 
chés de l'Europe méridionale et du Levant. 

Linnœus a composé son genre Fiiago de sept espèces ^ 
qu'il a nommées pjgmœa , germanica , pjraniidata, montana, 
gallica , arvcnsis , leontopodium. La première espèce [Fiiago 
pvgmœa) est la seule qui présente exactement tous les ca- 
ractères assignés a ce genre par Linnoeus : il est donc indu- 
bitable que c'est sur cette seule espèce que Linnseus a dé- 
crit les caractères du genre Fiiago; que c'est pour cela 
qu il a eu soin de la placer à la tête du genre, et qu'il 
n a rapporté au même genre les six autres espèces que 
d'après leurs ressemblances extérieures avec la première, 
et sans vérifier leurs caractères génériques. Ainsi le fiiago, 
pygmœa est le véritable type du genre Fiiago; d'où il suit 
que le genre Evax de Gaertner ne peut être adopté. En 
effet, Vevax est absolument le même genre que le Jilago , 
proposé long-temps auparavant par Linnaeus; car ïevax a 
pour objet l'espèce même qui sert de type au fiiago, et 
les caractères assignés par Gasrtner à son e^'ax ne diffèrent 
en rien des caractères attribués au fiiago par Linnaeus. Nous 
avons publié, dans le Bulletin de la Société philomatique , 
de Septembre i8ig, un examen analytique du genre Fiiago 
de Linnaeus; nous y avons démontré que les espèces dif- 
fèrent tellement les unes des autres par les caractères gé- 
nériques , que presque toutes peuvent être considérées 
comme des genres ou des sous-genres aussi distincts que 
beaucoup d'autres admis sans difficulté par tous les bota- 
nistes. ( H. Cass. ) 

FILAGINOiDES , Filaginoidca. (Bot.) Linnaeus a donné 
ce nom à l'une des trois sections de son genre Cncphalium, 



4 FIL 

Cette section corrcsponrl à peu prés au véritable genre 
GnaphaUitm, tel qu'il convient de le définir et de le res- 
treindre . en se conformant aux indications de M. R. Brown. 
(H. Cass.) 

FILAGRANE {Bot.) , un des noms vulgaires de la jacinthe 
monstrueuse. ( L. D.) 

PILAIRE, Filaria. (Enlozoair.) Dénomination imaginée 
par Muller pour désigner un genre de vers intestinaux ^ 
dont la forme du corps rappelle assez bien celle d'un fil , 
et que Zeder avoit nommé Capsulaire, Capsularia , a cause 
de la manière dont la plupart de ces vers s'insinuent dans 
le péritoine, dont ils se forment une espèce de capsule. 
Les caractères de ce genre, qui a été adopté par la très- 
grande partie des zoologistes, et entre autres par M. Ru- 
dolphi, sont : Corps arrondi, très-alongé, presque cylin- 
drique, ou décroissant très-peu vers les extrémités, qui 
sont obtuses; bouche orbiculaire , très-petite, terminale^ 
ainsi que très-probablement l'anus; organe mâle court, 
presque arrondi , et sortant avant la pointe de la queue. 
On connoit très-peu l'organisation de oes animaux; on sait 
seulement que le canal intestinal est bien distinct et étendu 
dans toute la longueur du corps , ce qui fait présumer qu'il 
y a un Aéritable anus, et qu'il est terminal; la bouche est 
orbiculaire, le plus souvent très-petite et extrêmement 
simple , quelquefois cependant entourée de quelques papilles. 
Quoiqu'on n'ait pas vu les organes de la génération de la 
plus grande partie des espèces de ce genre, M. Rudolphi, 
ayant observé, dans son. ^/aria papii/osa, un petit aiguillon 
simple avant la terminaison du corps, admet, par analogie, 
que c'est l'organe mâle excitateur, et que les sexes sont sé- 
parés sur des individus différens. Les iilaires se trouvent, 
le plus souvent, dans le tissu cellulaire des animaux de 
toutes les classes, quelquefois sous le péritoine, dans les 
cavités splanchniques; il paroit même qu'ils pénètrent le tissu 
des parties et peuvent sortir à l'extérieur. 

M. Rudolphi place dans ce genre, qui diffère des ha- 
mulaires, parce que la bouche n'est pas armée de deux 
tî'rochets, des trichocéphales, parce qu'elle n'est pas terminée 
par un fil, etc., quarante-trois espèces, dont trente-ui'.e 



FIL - 5 

sont douteuses , c'est-à-dire ne sont presque désignées que 
par Tespèce d'animal dans lequel elles ont été trouvées. 
En général, on conçoit aisément combien il est difilcile 
de caractériser autrement des animaux qui n'oftVent aucun 
appendice, qui tous ont la même couleur blanchâtre, et 
dont la proportion des deux diamètres Avarie peut-être 
beaucoup avec l'âge. 

1.° Le F. DE Médine : F. medinensis , Gmel. ; Gordius medi- 
nensis, Linn. ; le Dragoxneau , le Ver de Médine, dont 
Grundler a donné, dans son traité de verme medinensi , une 
figure originale, qui a été copiée presque partout, et 
entre autres dans TEncycl. méth. , t. 29,fig. 3. Cette espèce, 
la plus célèbre de toutes, est très-longue; les bords de la 
louche sont renflés, et la pointe de la queue est infléchie. 
Elle est de la grosseur d'une petite corde , et presque par- 
tout du même diamètre; sa tête, d'après Grundler, est 
pourvue d'une sorte de suçoir formé par le renflement de 
la lèvre qui entoure la bouche, dont l'orifice est très- 
petit. La queue est terminée par une sorte de crochet in- 
fléchi ; la couleur est celle de la très-grande partie des vers 
qui vivent dans les animaux , c'est-à-dire d'un blanc sale , 
passant au' jaune dans l'alcool. Quant à la longueur de ce 
ver, il paroîtroit qu'elle varie beaucoup : en effet, Kaemp- 
fer parle d'un pied , d'une coudée , et plus ; Grundler 
décrit celui qu'il a vu comme ayant trohi pieds et demi , 
mesure du Rhin; Kunsemuller lui donne souvent plus de 
deux aunes; Gallandat , de huit à douze pieds; et, enfin, 
Fermin porte sa longueur jusqu'à huit aunes, ce qui com- 
mence à devenir fort peu probable. Quoi qu'il en soit, 
cette espèce de ver paroit, jusqu'ici, n'avoir été trouvée 
que sur l'espèce humaine , dans le tissu cellulaire de dif- 
férentes parties, et surtout dans celui des jambes, vers les 
malléoles. 11 paroît aussi qu'elle est endémique dans les ré- 
gions brûlantes de l'ancien et du nouveau continent. Le 
nom de ver de Médine, de ver de Guinée, lui a été donné des 
lieux où elle a d'abord été observée. 11 y a, parmi les obser- 
vateurs, de grandes dissentions sur l'origine de ce ver. Les 
uns pensent qu'il est extérieur; que c'est un véritable 
gordius, qui s'insinue dans la peau des personnes qui raar- 



6 ^ FIL 

chent nu-pieds; qu'il y dépose ses œufs, y croit, s'y déve- 
ioppe , et détermine , par sa présence , des symptômes 
assez douloureux pour qu'on l'ait désigné sous le nom de furie 
infernale ; on a, en eflet, des preuves qu'il peut exister ainsi 
pendant un temps assez long. D'autres auteurs croient que 
c'est un ver tout-à-fait intérieur , et ils apportent pour 
preuve de leur opinion , qu'on ne l'a jamais trouvé hors 
du corps de l'homme; qu'il est tout-à-fait semblable aux 
autres espèces, et surtout au lilaire du singe, et qu'il est plus 
que probable qu'il nait dans l'intérieur des parties ; qu'il peut 
y exister des mois et même des années entières sans déterminer 
d'accidcns sensibles; et que ce n'est que lorsqu'il approche de 
la peau, qu'il la perce, que les accidens deviennent asse? 
graves pour déterminer des douleurs atroces , etc. .- c'est à 
peu près l'opinion de M. Rudolphi, et celle qui me semble la 
plus probable. Cependant, des personnes plus versées dans 
l'art de la chirurgie que dans la zoologie , et entraînées 
sans doute par Texisteuce d'une espèce de furoncle ou de tu- 
meur inflammatoire que détermine à la peau la présence du 
ver, ont émis, dans ces derniers temps, des doutes sur son 
existence réelle, pensant que ce n'étoit que du tissu cellulaire 
frappé de mort , qui se moule pour ainsi dire erl ver , dans 
sa traversée de l'épaisseur de la peau. M. Delorme, dans 
une lettre insérée dans le tome 87 du Journal de phys. , a 
montré, par des faits, combien cette opinion est erronée; 
il a confirmé ce qu'on savoit sur les symptômes et même 
sur le traitement de l'affection qui suit l'apparition du ver 
à la peau. Les symptômes sont une tumeur, avec rougeur, 
et une violente douleur ; bientôt apparoit un petit orifice 
par lequel le ver sort une petite partie de son corps. Le 
traitement consiste à saisir cette partie, '""et à l'enrouler 
avec beaucoup de précaution autour d'un petit bàlon , 
qu'on tourne fort doucement chaque jour, de crainte de 
casser le corps de l*animal, ce qui en rendroit l'extraction 
beaucoup plus difficile, outre que la présence de la partie 
restée, en se putréfiant, pourroit déterminer des accidens 
encore plus funestes. On a fait l'observation que les per- 
sonnes qui marchent nu-pieds , comme les nègres de nos co- 
lonies, en sont plus fréquemment affectées que ks autres, 



FIL 7 

et que c'est ver^los malléoles que raflTection a lieu : ce qui 
est assez difficile à expliquer, dans l'hypothèse que ces ani- 
maux sortiroient des cavités splanchniques ; car on ne voit 
pas trop pourquoi ils tendroient à sortir à peu près tous 
par le même endroit. Le ver de Médine peut donc encore 
être le sujet d'observations intéressantes. 

2." Le f. GRÊLE ; F. gracilis , Rudolphi,.Ertfoz., tab. i , fig. i. 
Très-long, un peu atténué aux deux extrémités; la tcte ob- 
tuse; la pointe de la queue aiguë et fléchie : grosseur d'un 
fil fin ; longueur, plus d'onze pouces : la queue est courte, 
très-grêle, déprimée. Trouvé dans la cavité abdominale du 
simia capucina par M. Albers, 11 paroi t que les singes sont 
assez sujets aux filaires. 

5." Le F. ATTÉNUÉ : F. altenuata , Rud.; F. cornicis , Gmel, 
Obtus aux deux extrémités, la postérieure atténuée : espèce 
d'un pouce et demi à six pouces de long, un peu épaisse, 
obtuse aux deux bouts. Dans la cavité abdominale des cor- 
neilles. 

4.° Le F. obtus; F. ohLusa, Rud. La tète un peu aiguë, 
la queue obtuse; le corps de deux pouces et demi de long, 
assez épais et très-élastique. Dans cette espèce, dont M. 
Rudolphi n'a trouvé qu'un seul individu dans la cavité 
abdominale de l'hirondelle rustique, il a pu voir le canal 
intestinal et les ovaires placés autour. 

5.° Le F. TRONQUÉ; F, troncata, Rud. La tête tronquée; 
la queue plus épaisse, obtuse, terminée par une pointe 
très-courte , presque papillaire : cinq pouces de long. Dans 
la larve du litiea padella, 

6." Le F, OVALE : F. ovala, Zeder; Gordius piscium , Enc. 
méth. , tab, 29, fig. 6,7, d'après Gœze , Naturgesch., 
pag. 126, tab. 8, fig. i-5. Le corps de trois ou quatre pouces 
de long, atténué en avant; la tête ovale; la queue ronde. 
Trouvé par Gœze autour du foie du cyprinus gobio, 

7.° Le F. CAPsuLAiRE ; F. capsularia, Rud.; Ascaris halecis, 
Gmel.; Capsularia kalecis , Zeder, Naturgesch., pag. 56, 
tab. 1, fig. 7. Ver d'un demi-pouce à un pouce de long, 
de la grosseur d'un fil médiocre ; la bouche comme bordée 
par un bourrelet; la queue obtuse , avec une pointe courte, 
papilliforme. Zeder, dans deux individus mâles, a ob- 



é FIL 

serve une épine courte avant la pointe caiiclale , un canal 
intestinal renflé, et une sorte d'estomac; les femelles sont 
plus gonflées". Cette espèce est commune sous le péritoine 
des harengs, quelquefois agglomérée en plus ou moins 
grand nombre. Elle a la vie tenace , puisque Rudolphi dit 
en avoir conservé vivaus pendant huit jours dans un lieu 
froid, et que des individus trouvés dans des harengs glacés 
peuvent revenir à la vie. C'est de cette espèce que Zeder 
a fait son genre Capsulaire , sur des caractères qui se 
trouvent évidemment dans beaucoup de filaires. 

8." Le F. PAPiLLAiRE : F. papillosa, Rud. ; F. eqtii , Gmel. ; 
Gordius equinus , Abilg. , ZooL Dan., vol. 3, p. Ag , tab. 109» 
fig. 12, a-c. De deux à sept pouces de long sur un tiers 
de ligne de diamètre; couleur cendrée ou brunâtre; la tête 
un peu obtuse: la bouche orbiculaire et le cou garni de 
papilles; la queue courbée. Commun dans la cavité abdomi- 
nale du cheval, quelquefois au-dessous, et même dans le 
canal intestinal, entre les deux méninges du cerveau. 

g.° Le F. couronné : F. coronata, Rudolphi; Asc. coracœ , 
Gmel.; Asc. acu , Gœze, Naturg., pag. 90, tab. 2, fig. 3; 
copié dans l'Encycl. méth., tab. 3o , fig. 12-14. La tête , ob- 
tuse, est couronnée de trois tubercules ou papilles; le corps, 
presque égal, obtus aux deux extrémités, a deux ou trois 
pouces de long , et est de la grosseur d'un fil médiocre. 
Le mâle a une épine courte, cylindrique, avant la pointe 
de la queue, et la femelle est plus grosse. La vie de ces 
vers, que tous les auteurs avoient rapportés au genre As- 
caride 5 paroît être extrêmement fugace. Sous la peau du 
cou du roUier. 

10.' Le F. ACUMiNÉ : F. acumjnata, RucL ; F. lepidopterorum 
Gmel. , Gœze , Naturgesch. , pag. 127, tab. 8, fig. 4-6; copié 
dans l'Enc. méth., tab. 29, fig. 10-12. Ver de deux à trois 
pouces, obtus aux deux extrémités; la tête pourvue de quatre 
tubercules; la queue obtuse , avec une pointe droite. Trouvé 
par Gœze dans la larve de la noctuelle fiancée. 

1 1.° Le F. PUSSE : F. plicala, Rudolphi ; F. attenuata, Zed. 
La tête atténuée; la lèvre de la bouche plissée ; la queue 
obtuse. Zeder n'en dit pas davantage; il se contente d'ajouter 
qu'il l'a trouvé dans les chenilles. 



FIL 9 

1.2.° Le F. AILÉ; F. alata, Rud. Corps d'un pouce de long, 
grcle, un peu plus gros en avant; la tête rétrécie ; la 
queue aiguë, recourbée, ailée sur les bords. Dans les parois 
de l'estomac du simia maimon. Cette espèce appartient-elle 
bien à ce genre? 

J,es espèces douteuses n'ont été, pour ainsi dire, qu'in- 
diquées par les auteurs; nous allons seulement en rapporter 
les noms tirés de Taninial dans lequel elles ont été trouvées, 
afin d'exciter l'attention des observateurs ; ce sont: 

i5.° F. vulpis de Camper (Malad. des anim.). 14.'' F. leonis , 
Redi, Anim. viv. , tab. 9, fig. 2. i5.° F. musLelarum , du même, 
tab. g, fig. 3. 16.° F. leporis , Pallas et Gmel. 17." F. aquiîa, 
Redi et Gmel. 18.° F.falconum, Redi et Gmel. 19.° F. strigis, 
Redi et Gmel. 20.° F. coUurionis de Rossa. 21.° F. cjgni , 
Redi et Gmel. 22." F. anatis de Paullinus. 20.° F. ciconia, 
Red. et Gmel. 'ih,." F. ardeœ einerœ de Braun et Rudolphi. 
2 5.° F. alaudœ de Velsch. 26.° F. sturni de Pallas. 27/ F. car- 
duelis , Velsch, de Ven. med. , .p. 107, fig. c. 28.° F. co- 
luhri , Bosc. 29.° F. piscium, L'inn. ; gordius marinus des au- 
teurs. Zo." F. coleopterorum , Lister, etc. 3i.° F. sylpha, 
Gmel. 32.° F. Chrysomelœ tanaeeti , Frœlich. 33.° F. chrjso- 
melœ alui, Holten. , Dansh. selk. slcrist. , 4 , 1 , p. 16, t. 3 , fig. 
1 , 2. 34.° F. buprestis, Boucher. 35.° F. forfculœ, Rud. 56.° 
F. loeustœ , Frisch , Mise. Berol. , t. 4, p. 394 ; F. grylli, Gmel. 
37.° F. eercopidis, Rœsel. 38.° F. du faucheur, F. phalangii , 
I-amck. et Rudolphi. 09.° F. araneœ , Rud. 40.° F. monoculi, 
Gmel. 41.° F. erucarum , Rud.; F. lepidopterorum , Gmel. 
42.° F. phrjganeœ, Gmel., d'après Degéer. 43.° F. Lenthredinis , 
Gmelin. ( D. B. ) 

FILAMENTEUSES [Plantes] , (Bo/.) , ayant l'aspect de fila- 
mens: les conferves sont dans ce cas. (Mass.) 

FILANDER. (Afflmm.) C'est ainsi que LeBruyn et Valentin 
écrivent le nom d'une espèce de didelphe des Indes orien- 
tales , didelphis Brunii , Gmel. Voyez Kanguroo. (F. C.) 

FILAO. [Bot.) Voyez Casuarina. (Poir.) 

FILAPJA,P/iï7Zj>'rea, L. (BoL) Genre de plantes de la famille 
àes jasminées , Juss., et de la diandrie monogjnie de Linnîtus. 
dont les principaux caractères sont les suivans : Calice petit, 
à quatre dents; corolle monopétaie , courte , à quatre lobes; 



2G piL 

deux examines ; un ovaire supérieur, arrondi, chargé d'un 
style simple, terminé par un stigmate épais et entier; une 
baie globuleuse ou presque globuleuse , à deux loges mo- 
nospermes ; une de ces loges est sujette à avorter. 

Les filarias sont des arbrisseaux à feuilles opposées, glabres, 
persistantes, et à fleurs petites, groupées plusieurs ensemble 
dans lès aisselles des feuilles. Les espèces de ce genre ne 
sont pas nombreuses : la plupart des botanistes en distin- 
guent trois; quelques-uns en ont désigné cinq; d'autres 
n'en reconnoissent que deux, regardant comme des variétés 
«;ausées par la nature du sol et du climat ce que les autres 
prennent pour des espèces distinctes. Tous les filarias crois- 
sent naturellement dans le midi de la France , en Espagne , 
en Italie, etc. Ils sont communs sur le penchant des mon- 
tagnes , dans les lieux pierreux , et aux expositions sèches 
et chaudes; leurs fleurs sont d'un blanc jaunâtre, et pa- 
roissent au printemps. 

FiLARiA A FEUILLES LARGES : PhilljTea latifoUa, lÀnn.,Spec., 
ïo; Phillyrea prima , CIus., Hist., 5i, et Philiyrea secunda , 
Clus. , Hist., 62. Cette espèce est un grand arbrisseau qui, 
dans son pays natal, s'élève à quinze ou vingt pieds de hau- 
teur ; ses feuilles sont ovales-lancéolées , un peu en cœur à 
leur base; ses fruits n'ont le plus souvent qu'une seule 
loge. Alton, d'après les formes assez différentes qu'on peut 
observer dans les feuilles de cette espèce, Ta partagée en 
trois, sous les noms de Phillyrea lœvis , Phjllirea spinosa, 
et Philljyrea obliqua, qu'il nous paroit plus convenable de 
ne regarder que comme trois variétés, parce que souvent 
elles sont très-peu tranchées et se confondent insensible- 
ment les unes dans les autres. Quoi qu'il en soit, la pre- 
mière variété se distingue à ses feuilles ovales-lancéolées, en- 
tières ou peu dentées; la seconde à ses feuilles plus larges, 
bordées de dents aiguës- et la troisième, à ce qu'elles sont 
de même dentées, mais plus alongées et plus étroites. 

FjLApaA MOYEN : PhUljrea média, Linn. , Spec, 10; Phil- 
lyrea tertia, Clus., Hist. , Sa, Cet arbrisseau s'élève un peu 
moins que le précédent ; ses feuilles sont ovales-lancéolées , 
entières, ou rarement dentées; ses baies ont ordinairement 
deux loges. 



FIL li 

FiLARiA .\ FEUILLES ÉTROITES: PhilljTea angustifolia, Linn. , 
Spec, 10; Phillyrea quarta et quinta , Clus. , Hist., 62. Cette 
espèce ne diffère de la précédente que pai-ce que ses feuilles 
sont une fois plus étroites, constamment entières; mais, 
comme on trouve des échantillons intermédiaires, il devient 
souvent difficile de déterminer à laquelle des deux plantes 
ceux-ci apparlicnnent. 

Dans le nord de la France , on plante les différentes es- 
pèces de filaria dans les jardins paysagers, comme arbris- 
seaux d'ornement; leur feuillage luisant, toujours vert, y 
jette de la variété. Autrefois on les tailloit en pyramide, 
en boule ; mais aujourd'hui on les laisse croître naturelle- 
ment. On les emploie aussi quelquefois à faire des haies 
ou des palissades , et alors on les soumet à la taille. La 
dernière espèce est la plus propre à servir de cette manière, 
parce qu'elle pousse beaucoup de rameaux qui, en s'en- 
trelaçant les uns dans les autres, rendent les haies et les 
palissades très-serrées. 

Les filarias se multiplient facilement de semences et de 
marcottes. Leurs graines, qu'il faut faire venir de Provence 
ou de Languedoc, parce qu'il est rare d'en récoller sur 
les pieds cultivés dans les jardins du Nord, se sèment, en 
yutomne , dans une terre légère et à une exposition chaude , 
et mieux dans des pots ou des terrines, afin de pouvoir 
les rentrer dans l'orangerie pendant le premier et le se- 
cond hiver. Dans le premier cas , on préserve les semis des 
gelées, en les couvrant avec des paillassons ou de la grande 
litière , lorsque les froids deviennent un peu rigoureux. 
Les marcottes se font aussi en automne , et il leur faut 
une année pour prendre racine. Quand elles ont repris, 
on peut les séparer et les mettre en pépinière, ainsi que les 
jeunes plants de semis qui sont assez forts : on les y laisse 
trois à quatre ans, jusqu'à ce qu'en veuille les mettre en 
place à demeure. 

Dans le climat de Paris, les filarias résistent bien aux 
gelées ordinaires ; mais les grands froids les font souvent 
périr, non pas entièrement à la vérité, car dans ce cas 
il n'y a que les tiges qui meurent, et, en les coupant rez 
terre , les racines reproduisent de nouvelles pousses, qui ont 
bientôt reparé la perte des anciens pieds. 



î2 FIL 

Le bois des filarias est dur, compacte, blanchâtre, sus- 
ceptible de prendre un beau poli : il pourroit servir à faire 
des ouvrages de marqueterie ou des manches d'outils; mais, 
comme il n'acquiert jamais de grandes dimensions (on en 
trouve rarement des troncs de cinq à six pouces de dia- 
mètre) , on n'en fait que très-peu d'usage, et on ne l'em- 
ploie guère qu'à brûler, ( L. D. ) 

FILASSE (Bot.), nom vulgaire du chanvre dans les cam- 
pagnes. (L. D.) 

FILASSE DE MONTAGNE. {Min.) On a quelquefois donné 
ce nom à l'amianthe. Voyez Aseeste. (B. ) 

FILASSIER. (Ornith.) Dans le département des deux 
Sèvres on nomme ainsi la marouette ou petit râle d'eau , 
rallus porzana, Linn. (Ch. D.) 

FILASSO. (Bot.) La guimauve de Narbonne porte ce 
nom en Languedoc. (L. D.) 

FILDRA (Ornith.), nom qui, suivant les voyageurs Olafsen 
et Povelsen , est donné en Islande au chevalier aux pieds 
rouges, scolopax calidris , Linn. (Ch. D.) 

FILET. {Bot.) On distingue trois parties dans les élamines: 
le pollen, l'anthère, et l'androphore ou le support de l'an- 
thère. L'androphore , qui manque dans certaines plantes, 
porte, dans d'autres, plusieurs anthères. Lorsqu'il ne porte 
qu'une seule anthère , il est généralement désigné sous le 
nom de filet. On le nomme aussi filament. 

Dans la plupart des plantes les filets sont cylindriques.. 

Ils sont déliés comme un cheveu dans le seigle , le plantaire, 
etc. ; ils sont larges, minces et semblables à des pétales, dans 
îe kœmpferia. 

Ceux du sparmannia sont renflés de dislance en distance ; 
ceux du mahernia sont plies en genou ; ceux du hirtella sont 
contournés en tire-bourre. Dans la bourrache ils portent une 
espèce d'appendice. 

Ils ont une très-large base dans la campanule ; ils ont le 
sommet fourchu dans la brunelle ; ils l'ont terminé par trois 
pointes dans quelques espèces d'ail. Dans le paris quadrifolia, 
ils se prolongent au-dessus de l'anthère. 

Ceux du bouillon blanc, de Vanagallis , etc., sont chargés 
de poils; ceux de la fraxinelle , etc. j sont garnis de glandes. 



FIL i3 

Dans l'ortie, la pariétaire, le mûrier, etc., les filets 
courbés dans la fleur, avant l'épajiouissement , se redressent 
avec force comme un ressort que Ton relâche tout-à-coup, 
lorsqu'ils ne sont plus retenus par l'enveloppe florale. 

Dans répine-vinette , la rue, le parnassia. le ciste hélian- 
théme, etc., ils exécutent, au temps de la fécondation, des 
mouvemens qu'on ne peut attribuer à une force mécanique 
connue. Voyez Fécondation. (Mass.) 

FILETS. {Chasse.) Quoique Fart connu sous le nom dVujcep- 
tologie ne forme pas une véritable branche des études ornitho- 
logiques, la connoissance des artifices imaginés pour prendre 
les oiseaux met à portée de mieux s'instruire de leurs habi- 
tudes; et l'amusement que cet exercice procure , est un autre 
motif pour déterminer à donner ici quelques notions sur 
la construction et l'emploi des principales sortes de filets. 

Les plus simples sont les lacets et les collets. Le premier 
piège consiste à lier une ficelle d'un bout à une branche ou 
à quelque chose de solide , en laissant un nœud coulant dans 
l'endroit où Fon présume qu'il peut se présenter une occasion 
de prendre un oiseau par la patte ; on s'éloigne avec Fautre 
bout à la distance de vingt ou trente pas, et Fon s'y tient 
caché, en attendant, pour tirer la corde, que Foiseau se 
soit rendu au lieu où le nœud est préparé. C'est, en général, 
sur un nid et pendant Fincubation que se tend le lacet; mais 
il arrive le plus souvent que Foiseau est pris par le cou : oa 
attrappe même en général plus de femelles que de mâles, et 
toujours la nichée périt. La force du lacet se proportionne 
à celle de Foiseau , et lorsqu'il ne s'agit que de fauvettes et 
autres becs-fins, le nœud peut être formé avec un simple fil, 
ou avec un ci-in de cheval quand le nid tendu est celui 
d'un merle ou d'un geai. 

C'est surtout pendant Fhiver qu'on fait usage des collets, 
qui sont particulièrement le fléau des grives et des merles. 
On doane différens noms aux collets, suivant la manière dont 
on les tend. Ceux qu'on attache à des piquets fichés en terre, 
s'appellent collets piqués ou à piquet. Pour faire un collet, ou 
prend quatre crins blancs d'environ un pied et demi de long, 
et on met les extrémités supérieures de deux de ces crins 
avec les inférieures des deux autres, qu'on noue dans le 



ï4 FIL 

milieu d'un noeud simple. Ces crins doivent être tordus en 
manière de corde, afin qu'après la confection du nœud ils 
ne se détordent plus. Les piquets se font avec des baguettes 
de noisetiers ou d'autres bois verts, d'un pied de hauteur, 
auxquelles on fait une entaille qu'on tient entrouverte 
jusqu'à ce que le nœud y soit passé : l'autre extrémité s'ai- 
guise en pointe, afin de pouvoir l'enfoncer aisément en terre 
jusqu'à ce que le collet ne soit plus qu'à deux travers de 
doigt du sol. Les piquets se placent de quinze en quinze pas 
de distance, en ayant soin de garnir l'intervalle de petites 
branches formant vme haie , pour empêcher les oiseaux de 
passer à cAté du collet; mais, si ce sont des grives qu'on veut 
prendre, il est bon de semer, au bas de chacun , quelques 
baies de genièvre pour les amorcer. On peut ajuster deux 
collets au même piquet, et ces collets doubles se tendent 
plutôt pour les perdrix et les bécasses : on les dispose dans 
les sentiers les plus larges. 

Le collet pendu est celui qui n'est pas tenu dans une fente 
à un piquet, mais attaché à une baguette de bois vert, à 
laquelle on a fait des crans. Ce collet peut être employé 
dans la saison où les groseilles, les merises, les raisins et 
autres fruits dont les merles , les grives, ainsi que de plus 
petits oiseaux font leur nourriture , commencent à devenir 
rares. On en attache , avec des baguettes, à la cime des 
buissons, en les amorçant avec ces fruits, et l'on en met 
aussi le long des sentiers. A défaut de fruits réels, et spécia- 
lement des baies du néflier pyracanthe ou buisson ardent, 
on peut en composer des grappes factices, en collant à des 
fils de petites boulettes de cire blanche, auxfjuelles on donne 
une couleur rouge par leur immersion dans deux onces de 
cire fondue avec trois gros de vermillon. 

On a^Tpelle collets trainnns , ceux qui s'attachent à une ficelle 
qui traîne à terre, et qu'on emploie surtout pour prendre 
des alouettes. On ajuste, à cet effet, de deux en deux 
pouces, sur une ficelle longue de vingt à trente pieds, 
des collets faits de deux crins de cheval, et l'on étend cette 
ficelle sur les raies d'un champ où il se fait de bons passages 
d'alouettes : on sème sur plusieurs raies ainsi tendues quelques 
grains de blé ou d'orge , et les alouettes s'y prcnnejit par les 



FIL i5 

pieds ou parle cou; mais, pour qu'elles ne puissent entraîner 
les ficelles, on a eu soin de les assujettir par de petits cro- 
chets de bois enfoncés de deux en deux pieds. Cette chasse 
se fait dans les mois de Mars et d'Avril, et quelquefois 
dans le mois de Novembre. 

On emploie aussi des collets pour faire aux canards une 
chasse qui se nomme glanée. On perce, à cet effet, au centre 
de plusieurs tuiles, un trou propre à y passer quatre fils 
de fer de moyenne grosseur, et longs d'un pied; après les 
avoir tordus, on en courbe les quatre extrémités, à chacune 
desquelles on attache un collet de sept à huit crins formant 
anneau , et l'on traverse d'une corde l'anneau que ces fils 
forment sous le trou. On garnit ensuite le dessus de la tuile 
de terre-glaise, sur laquelle on sème du blé cuit dans de 
l'eau commune. Les tuiles doivent être recouvertes d'environ 
quatre pouces d'eau, et se placer dans des endroits où les 
plumes , l'abondance de la fiente et d'autres signes présentent 
des indices de lieux fréquentés, et que l'on a eu soin d'amor- 
cer pendant quelques jours. Les collets surnageant horizon- 
talement, et les canards plongeant à plusieurs reprises pour 
satisfaire leur avidité, ne manquent guère de se prendre, 
pendant la nuit, à l'un d'eux : pour empêcher qu'ils n'em- 
portent la tuile dans un endroit profond où ils se noieroient 
et seroient perdus, on en attache au même cordeau plu- 
sieurs,, qui se placent de distance en distance. 11 arrive aussi 
que le lendemain on trouve pris au même picge des poules 
d'eau, des foulques ou raorelles , des plongeons, etc. 

Les filets proprement dits sont l'araigne , le hallicr, la 
nappe, la panthière, le rafle, le rejet, le rets saillant, la 
ridée, la tirasse, la tonnelle, le traîneau , le tramall. Les 
toiles extérieures des filets se nomment aumées , et celle du 
centre s'appelle toile ou nappe. 

Varaigne est un filet composé de mailles à losanges larges 
de deux ou trois pouces; il se fait avec du fil délié et 
retors en deux brins : ses proportions doivent être de deux 
toises de largeur sur trois de hauteur; s'il étoit plus ample 
on auroit trop de mal k le tendre sur l'arbre, où on l'em- 
ploie à la chasse des oiseaux de fauconnerie avec le duc. 
Ce filet est garni de bouclettes, ou bien l'on passe dans 



i6 FIL 

toutes les mailles du rang le plus élevé une ficelle unie de 
la grosseur d'un luyau de plume , de sorte que les mailles 
puissent librement aller et venir sur la ficelle comme sur 
la verge d"un rideau de lit : ces filets se teignent en brun 
ou en vert. On fait aussi des araignespour prendre des merles; 
mais les mailles ne doivent avoir qu'un pouce de largeur, 
et le filet n"a pas plus de sept à huit pieds de hauteur sur 
neuf ou dix de largeur. Lorsqu'on sait qu'il y a des merles 
dans une haie, on tend son filet dans ic milieu; la perche 
en soutient un côté, tandis qu'une branche de haie soutient 
l'autre. Si'la haie n'étoit pas assez haute, on y planteroit 
une seconde perche égale à la première. Le filet, pour être 
iien tendu, doit tomber à la première secousse; afin d"y 
amener les merles, on doit battre la haie de l'autre côté. 
Cette chasse, qui a lieu sur la fin de Mars et pendant le mois 
d'Avril, doit se faire dans un temps humide et couvert, 
parce qu'alors le merle vole bas le long des haies. 

Le hallier est un filet auquel on adapte, à pins ou moins 
de dislance, des piquets, que l'on enfonce en terre comme 
les chaînes des arpenteurs, et qui forment, ainsi placés, une 
sorte de haie. Il y a des halliers différeiis pour les diverses 
chasses auxquelles on se propose de les employer; mais ils 
ne varient que par leur longueur, leur hauteur et la lar- 
geur des mailles. On fait des halliers pour prendre les 
cailles, les perdrix, les faisans, les ràlcs , les poules d'eau, 
les canards, les plongeons, etc. 

Les halliers pour les cailles ont environ dix pieds de 
long sur dix pouces de hauteur; on les fait en soie d'un 
vert pâle. Les piquets doivent, être longs de quatorze ou 
quinze pouces, et attachés à deux pieds de distance. On 
chasse aux cailles avec le hallier depuis leur arrivée jusqu'à 
ce qu'elles soient appariées, et depuis le mois d'Août jusqu'à 
leur départ. A la première époque, ces cailles s'appellent 
'vertes. Pour les attirer, on se sert de V appeau , instrument 
qui consiste en une bourse plate, à andouille ou en spirale. 
La première sorte, qui se nomme courcalllet , et dont on 
fait le plus communément usage, a un sifflet composé d'un 
os de la cuisse d'un lièvre ou de l'aile d'une oie, dont l'ex- 
trémité , coupée en coulisse, est accommodée avec delà 



FIL 17 

cire : ce sifflet s'adapte avec un fil ciré à une bourse faite 
avec la pp«" J'""<= taupe, ou autre, cousue à points très- 
e-xics, et médiocrement remplie de crin bouilli. En étendant 
la bourse sur la paume de la main gauche , on frappe avec 
le côté du pouce de la main droite , de manière à imiter 
le cri de la caille femelle , qui ressemble à celui du grillon. 
Lorsque, dans un champ ou dans un pré, l'on entend le 
cri d'une caille mâle, on s'empresse de tendre le hallier, 
et, se plaçant à peu de distance , on répond à l'appel pour 
l'attirer dans le filet. 

La manière de prendre les cailles aux mois d'Août et de 
Septembre, est différente de celle qui se pratique aux mois 
de Mai et de Juin : on la nomme alors bourrée , parce que le 
but est de contraindre les cailles et les râles à se jeter dans 
les halliers que , vers la fin de la moisson , on tend sur 
les sillons peu nombreux qui restent à récolter, et l'on 
traque à pas lents du côté opposé. Lorsque les cailles sont 
grasses , elles ne se déterminent qu'à la dernière extrémité 
à s'envoler ; et le râle , encore plus disposé à la course , 
échappe rarement aux embûciies. On peut aussi entourer 
avec succès de halliers des portions de marais dont les herbes 
sont assez élevées, et que l'on fait battre avec des chiens, 
au moyen desquels on réussit souvent à prendre des râles 
ou des poules d'eau. 

Il y a des appeaux différens pour diverses espèces d'oiseaux : 
un des plus anciens qu'on ait employés pour les alouettes se 
faisoit avec un noyau de pêche usé sur une meule, percé 
des deux côtés d'un trou égal en grandeur, et vidé ensuite. 
On en a fait depuis en plomb, en fer-blanc, en cuivre, en 
argent, etc., et on les a rendus propres à appeler d'autres 
petits oiseaux , ainsi que des perdrix, des coucous, des tour- 
terelles, des pluviers, etc. On fait aussi des appeaux avec 
la feuille du chiendent; mais ils servent surtout à la pipée , 
et l'on en parlera sous ce mot. 

Les halliers à, perdrix ont de grandes mailles carrées de 
quatre à cinq pouces de largeur,- leur hauteur ne doit être 
que de trois ou quatre mailles, et leur longueur d'environ 
quarante pieds. On fait cette chasse dans le mois d'Avril, 
avec des appeaux particuliers, ou avec des chanterelles, qui 
17. li 



^3 FIL 

sont des femelles qu'on nourrit et qu'on transporte en 
cage, ou plutôt sous une calotte de cKai7ca« aHarhée à une 
planche et percée supérieurement d'un trou par ie4=.^j 
l'oiseau passe la tête. A la fin des moissons, on chasse les 
perdrix à la bourrée, comme les caiiles. 

Le fond des halliers à faisans est le même; la hauteur en 
est de trois grandes mailles , et la longueur à discrétion. 
Les piquets s'attachent à deux pieds et demi de distance, 
et le fil du hallier doit être retors avec soin; car le faisan 
pourroit, en se débattant, rompre le tilet'et s'échapper, 
■ Le filet à alouettes , auquel on donne assez improprement le 
nom de nappes, sert à prendre ces oiseaux, attirés par un 
iniroir à facettes qu"on fait tourner avec une corde. Les 
deux nappes sont des filets formés de mailles en losange de 
neuf lignes de largeur, qui ont ordinairement huit toises 
de longueur et huit pieds de hauteur; ils s'ajustent, par 
chaque bout, à un liteau de bois de sapin refendu, qui 
s'appelle quenouille , et un cordeau passé par la dernière 
maille dans toute sa longueur s'attache à l'extrémité de ces 
liteaux. Les côtés intérieurs des mêmes liteaux sont garnis 
d'une douille et d'une traverse en fer qui y joue facilement; 
il y a aussi à chaque extrémité un anneau par où passe un 
piquet de quinze pouces de diamètre sur dix-huit pouces 
de longueur, lequel se fiche en terre assez profondément 
pour maintenir les quenouilles en place, lors même que le 
filet est tendu avec la plus grande force. A chaque côté 
extérieur des deux quenouilles est attaché un cordeau qui 
s'adapte à un piquet, et du côté le plus près de l'oiseleur 
un autre cordeau, plus long et attaché à la même place, 
forme une bifurcation peu avant l'endroit où les deux 
branches se réunissent dans sa main. Pour tendre le filet, on 
commence par choisir un endroit uni , où l'on puisse le 
faire aisément jouer, et Ton creuse, à une certaine distance, 
un trou, dans lequel l'oiseleur s'assoiera et se cramponnera 
les pieds. Les mesures ainsi prises, on couche parallèlement 
les deux nappes à une distance double de leur largeur res- 
pective , et l'on fiche d'abord en terre les douilles qui gar- 
nissent les quatre côtés intérieurs; ensuite on plante diago- 
nalcment, et sur la même ligne qiie les piquets des douilles, 



FIL â9 

les autres piquets auxquels sont attachés les quatre cordeaux 
destinés à maintenir les cadres des nappes, lorsque l'oiseleur, 
qui lient les deux autres cordes un peu plus loin que l'en- 
droit où elles se réunissent, fait un effort suffisant pour que 
les nappes se relèvent en face Tune de l'autre et retombent 
surl'aireoù il estparvenu à attirer les oiseaux, tantau moyen 
du miroir placé environ au tiers de la longueur des nappes 
et qu'il agite sans cesse , qu'à l'aide de moquettes , c'est-à- 
dire d'alouettes et autres petiîs oiseaux retenus par Us pattes 
à de légères baguettes. Quand l'oiseleur a retiré sa capture 
de dessous le filet, il le tend de nouveau et reprend son 
poste. 

I,a saison la plus favorable pour cette chasse est l'époque 
des premières gelées blanches, et elle se fait avec succès 
jusqu'à ce que les alouettes attroupées cessent de badiner 
dans les airs. Beaucoup de petits oiseaux se mirent comme 
les alouettes, et se prennent dans les mêmes filets, si les 
■mailles en sont assez étroites; et c'est surtout dans les pre- 
mières neiges que les pinçons, les verdiers, les chardon- 
nerets, les linottes, etc., s'y précipitent, lorsque, pour les 
attirer , on a eu soin d'avoir, des moquettes de plusieurs 
espèces. On peut aussi prendre des buses et d'autres plus 
petits oiseaux de proie dans ces nappes qui , lorsqu'elles 
sont construites avec du fil bien retors, résistent d'autant 
mieux aux efforts de ces rapaces, que leur surprise, dans 
les premiers momens , affolblit beaucoup leurs moyens de 
défense ; mais, pour réussir à les envelopper quand ils 
s'acharnent trop sur la moquette , il faut que l'oiseleur soit 
très-prompt à tirer le filet. D'un autre côté, quand un ra- 
pace se montre dans les airs , la chance n'est pas favorable 
pour une nombreuse capture de petits oiseaux, qui n'osent 
alors approcher. 

Au commencement du printemps et sur la fin de Tété, on 
prend aussi des ortolans, avec les mêmes nappes, dans les 
contrées où ils abondent; et c'est après la moisson, époque 
où ils sont plus gras, que cette chasse se fait avec le plus 
de succès. 

Pendant l'hiver, quand les alouettes ne volent qu'à quel- 
ques pieds de terre, on leur fait une autre sorte de chasse. 



FIL 

qui se nomme ridée , avec les deux nappes du filet dont îl 
vient d'être question, qu'on réunit par leurs extrémités, et 
que l'on tend avec trois guides. Le filet ainsi disposé, plu- 
sieurs personnes vont chasser les alouettes et les amenei* 
près du piège, que l'oiseleur fait tourner au moment où il 
le juge nécessaire. 

Les nappes à canard ont des mailles cà losanges de trois 
pouces de largeur : on éloigne de six pouces celles qui se 
font de côté avec des ficelles, pour y passer des cordes 
câblées et bouclées. Ces nappes, teintes en brun, sont en- 
suite trempées dans l'huile, pour mieux résister à l'humidité. 

Le traineau est un filet long de huit ou dix toises, et 
large de quinze ou dix-huit pieds, dont les mailles sont à 
losanges et proportionnées à l'espèce de gibier qu'on veut 
chasser. A chaque extrémité s'attache une perche d'une 
longueur égale à la largeur du filet. De toutes les chasses 
qui se font au traineau, celle des alouettes est la plus ré- 
créative. Lorsqu'on se prépare à la faire, on doit, vers le 
coucher du soleil, aller s'assurer où les alouettes se can- 
tonnent, et l'on y plante une baguette portant un papier 
blanc à son extrémité, pour reconnoitre les endroits la nuit, 
et poser plus sûrement le traineau sur les dormeuses. Les 
deux chasseurs qui le tiennent font bien, pour ne pas jeter 
l'épouvante, de convenir d'avance de signes, comme d'un ou 
de plusieurs coups de sifflet , pour bander le filet , l'abattre , ou 
le relever afin de le porter plus loin. La saison la plus propre 
à cette chasse est la fin d'Octobre ou le commencement de 
Novembre, et l'on peut encore l'essayer au retour du prin- 
temps, avant que les alouettes ne s'accouplent. Quand on 
n'a pas connoissance de remises, et qu'on soupçonne seule- 
ment qu'il y a des alouettes dans un champ , chaque porteur 
de ti'aineau marche en tenant sa perche obliquement, de 
façon qu'un bout est levé de six a sept pieds, tandis que 
l'autre, auquel sont attachés des bouchons de paille, n'est 
qu'a un ou deux pieds de terre : le bruit de la paille qui 
traîne fait lever les alouettes, sur lesquelles on laisse aus- 
sitôt tomber le filet. On chasse de la même manière aux: 
perdrix et aux cailles dont on ne sait pas la remise , et 
dans les. passages de bécassines on peut également en 



FIL 

prendre, même pendant des journées nébuleuses, dans les 
endroits marécageux où les herbes sont grandes. 

La tonnelle murée, filet avec lequel on prend aussi beau- 
coup d'alouettes , est composée d'une grande bourse maillée, 
terminée en pointe, et dont l'ouverture ou entrée a au moins 
dix-huit pieds de haut; on en attache la pointe à un piquet 
planté au fond d'une raie de terre labourée. Cette bourse 
est portée par deux oiseleurs, qui l'alongent en ligne droite 
et en fixent l'entrée par deux piquets qui servent à la tendre; 
et on y ajoute de chaque càté des tilets de la même hau- 
teur, tendus de biais et en demi-cercle. Après cela, les 
chasseurs se rendent, par d'assez longs détours, au devant 
œenVi'^""^ ^^ ' ^* ' "^^ï'c^ia"* courbés, ils y poussent douce- 
ils les y précYpuf* ' i"*^"'^ ce que, se trouvant très-prés, 
les filets des ailes su^Jj'i^"*. "" chapeau, et rp^>- 

La tirasse sert à chasser les caiifi^J'^. les perdrix ; mais il faut 
pour cela avoir un bon chien couchauv Ce filet, long de 
quarante ou cinquante pieds, a des mailles tn losange d'un 
pouce et demi de largeur : lorsque le chien est en arrêt dans 
des pièces de grains ou dans des chanvres, les deux chasseurs 
qui tiennent le cordeau de la tirasse la traînent en avançant 
sur lui, et font lever le gibier, qui s'engage dans le filet; 
mais il faut que le chien soit assez bien instruit pour se laisser 
couvrir et ne pas briser la tirasse en se jetant à la pour-^ 
suite du gibier au moment où il part, 

La rajle est un filet contre - maillé , et large de douze ou 
quinze pieds sur dix de hauteur. On attache de chaque côté 
deux perches fort légères et longues de douze ou treize pieds. 
C'est en hiver, lorsqu'il fait peu de vent, et pendant les 
nuits les plus obscures, qu'on emploie ce filet le long des 
haies où l'on sait que beaucoup d'oiseaux ont l'habitude de 
passer la nuit. Il faut être au moins quatre personnes pour 
faire cette chasse -. trois se tiennent d'un côté de la haie ou 
des buissons, et une de l'autre; des trois premières, l'une 
porte une torche allumée, et les deux autres tiennent le 
filet tendu pendant que le traqueur bat la haie avec une 
gaule pour amener à la rafle les oiseaux, qui dirigent leurA ol 
du côté de la lumière, et sur lesquels on abat le filet, Afin 



FIL 

de pouvoir même faire tomber les oiseaux qui s"écartent du 
lieu où ce filef. est maintenu , deux autres chasseurs peuvent 
accouipagner les personnes qui le tiennent, eu portant des 
branches bien garnies de feuilles. Une attention qu'on doit 
avoir, est de placer, autant qu'on le peut, la rafle du cote 
du vent, pour peu qu'il en fasse dans le buisson ou la haie; 
car l'oiseau ne dort jamais que la tête au vent. 

On se sert, pour prendre les bécasses, de filets composes 
de nappes, et dont le mobile est un poids; on les nomme 
pantln^res , et on les fait de trois espèces , savoir , simples, contre- 
mailides, ou à houclettes. Quand les bécasses arrivent, elles se 
jettent dans les taillis près des hautes futaies, et il est alors 
difiirile de les prendre; mais, lorsqu'elles repassent^à^U- 
tom.ie, elles suivent les vallons et les clairières m^-^'^ °_^,^^^ 
creihrvs et.si , dans un bois de haute fujî'^^^j^.j^^j^ distance 
une ferre glaise et fa n^" ---5*^0 est un endroit convenable 
pour les passages «'«^s bécasses et pour la chasse aux pan- 
thières- Un fejnps calme et sombre, une légère pluie tombée 
'le matin, sont aussi d'un favorable augure {)our les oise- 
leurs. 

Il seroit difficile d'exposer sans figure la manière d'établir 
les panthières ; mais le rejet ou corde à pied, qu'on emploie' 
également pour les bécasses, est plus simple, et l'on s'en sert 
aussi pour faire des tendues à d'autres petits oiseaux, sur 
les inares où ils viennent se désaltérer pendant les chaleurs 
de l'été. Le mobile de ce piège est une branche élastique 
d'environ trois pieds, qui se fiche en terre parle gros bout 
aminci, et a rexliémité supérieure de laquelle s'attache un 
fil qui doit être assez fort pour résister à l'élasticité du rejet. 
Cette machine a une petite marchette, qui est suspendue 
à la détente par un léger étau ; et l'oiseau, en passant sur 
cette marchette, est pris au collet, que le rejet a tiré avec 
force. Ou reconnoit les endroits ou les bécasses , sortant du 
bois, vont ordinairement se promener dans les champs pen- 
dan't la nuit, a leur fiente claire et blanche, qui se nomme 
miroir; et c'est dans les raies des terres labourées que les 
oiseleurs tendent leurs rejets de douze en douze pas. Lorsque 
h lîéaassc suit une de ces raies, elle met le pied sur la mar- 



FIL 23 

chette, qui n'est qu'à environ deux pouces de terre , et se 
trouve prise. 

La raquette, un des plus anciens pièges à ressort, se 
nomme aussi repeneUe , sauterelle, etc.: elle consiste en une 
marchette tendue par un nœud coulant, dans lequel l'oiseau 
se trouve pris lorsqu'il se pose dessus. Les raquettes se 
tendent aux abreuvoirs, dans les chemins, sur les arbres, 
les buissons, dans les vignes, et Ton y attrappe beaucoup de 
petits oiseaux. 

Le trébuchet œdonologique , imaginé par M. Arnault de 
Nobleville , se fabrique avec deux demi-ccrclcs de fer de 
huit pouces de diamètre, dont un, beaucoup plus fort que 
l'autre, sert de ressort, et le second de battant. Ce piège 
s'emploie surtout pour prendre des rossignols, et ion y 
met pour appât des vers de farine attachés avec des épingles. 
Les belles matinées d'Avril sont l'époque à laquelle on fait 
usage de ce trébuchet, et c'est depuis le lever du soleil 
jusqu'à dix heures du matin qu'on est le plus sûr d'attirer 
le rossignol. 

On parlera d'antres pièges pour lesquels s'emploie la glu , 
au mot Pipée, et l'on va terminer cet article en donnant une 
idée du trébuchet sans fm, qui a l'avantage de se retendre lui- 
m^me lorsqu'il a été détendu, et avec lequel on peut prendre 
en toutes saisons , et sans que l'oiseleur soit obligé d'y mettre 
la main , des tarins, des chardonnerets, des" pinçons , des 
moineaux et beaucoup d'autres petits oiseaux. Ce piège 
consiste en une cage partagée en trois : la partie supérieure 
sert de trébuchet battant; Tinférieure a deux comparlimens, 
dans l'un desquels loge l'appelant , et dont l'autre est destiné 
aux oiseaux qui se prennent successivement par une bascule, 
sans qu'il puisse s'en échapper un seul. 

Ceux qui voudront avoir plus de détails sur les chasses 
aux filets et sur les divers pièges qu'on tend aux oiseaux , 
pourront consulter les Amusemenj de la. campagne et la 
}rIaison rustique, par Liger, le Dictionnaire de chasse et de 
pèche de Delisle de Sales, copié presque littéralement di'ns le 
Dictionnaire de chasse et de pêche de l'Encyclopédie nié- 
thodique; et surtout l'ouvrage de Builiard , en un volume 
in-12, ayant pour titre : Ayiceptologie française , ou traité 



24 FIL 

général des ruses dont on peut se servir pour prendre les 
oiseaux qui se trouvent en France; avec figures. (Ch. D. ) 

PILEUSE ou FILIERE ( Qonchjl.) , nom marchand d'une 
espèce de cône, comis Jigulinus , Linn. , maintenant une 
espèce de volute. (De B.) 

PILEUSES. (Entom.) On le dit d'une section des araignées 
qui tendent des iilets, tissent des toiles, ou se filent des 
cordages, pour se transporter et se soutenir, ou pour se 
procurer, dans ces sortes de pièges, les insectes dont elles 
se nourrissent. Voyez Araignée. ( C. D.) 

FILFEL. {Bot.) Voyez Faofel. (J.) 

FILFIL. (Bot.) Les médecins arabes nomment ainsi Je 
poivre rond , suivant Clusius et Linscot , cités par C. Bauhin. 
C'est aussi le fulful d'Avicenne , au rapport de Clusius. Le 
poivre long est nommé darfulful par le même, et fulfel par 
Sérapion. On ne le confondra pas avec le filfel , qui est le 
palmier arec. (J.) 

PILFRESS, FIELFRASS, FIELDFROSS , etc. (Mamm.): 
noms du glouton dans les langues dérivées de Fallemand 
(Vielfrass) , et qui ont la même signification que celui que 
nous employons pour désigner ce même animal. Voyez 
Glouton. (F. C. ) 

FILICASTRUM. (Bot.) J. Amman, auteur d'un ouvrage 
sur les plantes qui croissent en Russie, publié, en 1709, 
donne ce nom à ïosmunda strufhiopteris , Linn., très- belle 
fougère, qui croit dans le nord de l'Europe, et dont Will- 
denow fait un genre particulier , Struthiopteris. Voyez 
ce mot. (Lem.) 

FILICEÏTA (Ornilh.)., nom par lequel, suivant Aldro- 
vande, les Bolonais désignent le vanneau commun, tringa 
vanellus , Linn. ( Ch. D. ) 

FILICITE. (Fos5.) Ce nom a été donné par les anciens 
oryctographes aux empreintes de feuilles de fougère que 
l'on trouve le plus souvent dans les mines de houille. Voyez 
Végétaux iossiles. (De F.) 

FILICLA [BoL], un des noms du calananche, cité par 
Adanson. (H. Cass. ) 

FILICORNES ou NÉMATOCÈRES. (Enlom.) Nous avons 
désigné sous ces noms, et particulièrement par le dernier, 



FIL 25 

les lépidoptères à antennes en fil ou de même grosseur dans 
toute leur largeur, comme les hépiales , les hombyces et les 
cossus. Voyez Nématocères. ( C. D. ) 

FILICULA (Bot.), c'est-à-dire, petite fougère, en latin. 
Ce nom a été donné à quelques petites espèces de fougères 
des genres Poljpodium , Asplenium , Acrostichum , Pteris et 
Trichomanes, Linn. , et de plusieurs genres faits aux dépens 
de ces derniers, nommés Mohria , Aspidium , Da^'alia et 
tJj-menoplijllum. 

Maintenant le nom de filicula ne désigne plus de genre 
en botanique. 

Filicula candida. Cette fougère, décrite par Gesner, 
est sans doute le poljpodium calcareum , Smith. 

Filicula digitata de Plumier. C'est Vhymenophjllum hir- 
siitiim, W. 

Filicula fontana. Tabernaemontanus, Gerhard etC. Bauhin 
nomment ainsi quelques espèces de polypodes : P. fontanum 
et rhœticum, Linn., et Vasplenium marinuin , Linn. 

Filicula maritima. C. Bauhin donne ce nom à Vasplenium 
marinum, Linn. 

Filicula petr^a. Tabernaemontanus et Gerhard ont désigné 
sous cette dénomination quelques petites espèces de fougères, 
entre autres le polypodium filix femina, Linn., et ïacios- 
tichum marantœ , Linn. 

Filicula sii^e Polyi'odium, de J. Camerarius ( Epi/. , 990 ). 
C'est le polypode commun (P. vulgare, Linn.) 

Filicula saxatilis. J. Camerarius paroît donner sous ce nom 
la figure du poljpodium fragile , Linn.; chez Tragus, c'est 
le nom de V acrostichum septentrionale, et dans d'autres au- 
teurs c'est celui Ae Vosmunda crispa, Linn. (Lem.) 

FILICULE. (Bot.) Nom donné autrefois aux petites espèces 
de foTigères employées dans les pharmacies, et particulière- 
ment kVasplenium ruta muraria , Linn., ou sauve-vie, et même 
au poljpodium vulgare, ou polypode des boutiques. (Lem.) 

FILIERE. [Entom.) On nomme ainsi les pores par lesquels 
les araignées et les chenilles font sortir la matière soyeuse dont 
les premières composent leurs toiles, et les secondes leurs 
cocons. Réaumur a décrit les glandes et les mamelons dos 
filières chez les araignées dans les Mémoires de lAcadémic 



'^ FIL 

des sciences pour Tannée 17 i3, p. 218. ■X'oycz, dans ce Dic- 
tionnaire, p. 324 et suivantes du tome II , et pour les filières 
des chenilles, voyez à l'artirle Bombyce, tome V, p. ]3i: 
consullez en outre les articles Chenille et Lépidoptères. (CD.) 

FILIFORME (Bot.), Déiié comme un fil. La racine du 
letvna , la tige du vaccinium oxjcoceus , le pédoncule du 
fuchsia coccinea, Fépi de la verveine officinale , les stigmates 
du maïs, les funicules du magnolia grandijlora, etc., sont 
Jiliformes. ( Mass. ) 

FILINGEN. (Ornith.) L'oiseau qu'on nomme ainsi en 
Islande est rapporté par Muller, Zool. Dan. prodr., n.° 143 , 
au pétrel puftin, procellana pujjinus, Linn., et par Othon 
Fabricius, Faun. Groenland. . n.°55, au fulmar ou mallemucke , 
procellaria glacirdis, Linn. (Ch. D.) 

FILIPENDULE. (Bot.) On donne ce nom à àes plantes 
dont les racines, renflées de distance en distance, présen- 
tent la forme de petits tubercules tenant à la base de la 
tige par des fils auxquels ils paroissent suspendus : telle est 
la filipendule proprement dite , filipendu!a de Malthiole et 
de Tournefort, réunie par Liimaeus au genre Spirœa, dans 
les rosacées. Telles sont encore quelques espèces du genre 
Œnanthe, dans les ombellifères, que l'on nomme filipendulss 
aquatiques, et deux pcdiculaires qui sont, pour Dodoëns et 
G. Bauhin, des Jilipendules de montagne. (J.) 

FILIPENDULE AQUATIQUE {Bot.), nom vulgaire d'une 
espèce d'ŒKANTHE. \'oyez ce mot. (L. D.) 

FILÎPENDULEE [Racine], {Bot.) On nomme ainsi les 
racines de la pomme de terre, du spirœa filipendula, etc., 
qui sont fornjées de tubercules attachés à des ramifications 
très -menues. (Mass.) 

FILIPODE {Bot.), nom donné autrefois aux polj podium 
flix femina ctjilix mas, Linn. Voyez Polypodicm , Asp'Îdium 
et Athvrilm. (Lem.) 

FILIUS-ANTE-PATREM {le fis ayant le père). {Bot.) 
On donnoit anciennement ce nom au tussilage, vulgaire- 
ment pas-d'àne, dont les fleurs paroissent avant les feuilles. 
On désignoit aussi sous le même nom Tcpilobe , dont le fruit 
est déjà très-visible avant que la fleur ne soit ouverte. (L. D.) 

FILIX. {Bot.) Les fougères décrites par Pline sous ce nom 



\ 

FIL '7 

sont les mêUs que celles désignées par celui de Tteris dans 
Dioscoridc:\ious y reviendrons à cet article. 

FiLix a étéHong-temps parmi les botanistes un nom collec- 
tif emoloyé p^ur désigner toutes les espèces de fougères, jus- 
qu'à L'inneeus;\ui l'a banni de la botanique. Les auteurs s en 
sont servis poui désigner un très-grand nombre de fougères 
indigènes ou exoViques , qui rentrent dans les genres Danœa , 
Aertensia, Todea\ Osmunda , Hydroglossum , Acrostichum . 
R^miGnitis,Meniscihn, Cjrathea , Dicksonia ,Polypodiiim, Athj- 
r{u,r, Aspidium, Adknthum, Diplaziiim, Lomaria et Pteris. 

C.^auhin, et les botanistes du même temps, comprenoienf 
sous 1- nom de filix, les espèces d'athvrium et d'aspida 
d'Europe placées par Linnaeus dans son genre Poljyodium,]^ 
munda regalis, Vacrostichum septentrionale et le pteris «^/"'j^* 
C'est parmi ces esptocs que les auteurs croient retrovy 
Jilix .,.xi„ ot femelle de7>linc, ou pieris de Théopbras^- 
Dioscoride, et ils citent à te sujet les cispiduim fdi 
filix femina, ainsi que le pteris aquilina, Linn. 

Le poljpodium viilgare ne fait point partie des'/""^ 
Bauhin , ni du genre Filix de Tournefort; cel"^ ^^ 
réunion de Vcspidium de Swartz et d'une part' P ^'^'^' 

Adanson donne au genre Pteris, Linn., le «^^ ^^ *'^^^'P' 
teris, et divise le genre Poljpodium, Liïin. ." ^"""^^ S^nres, 
chez lesquels la fructification est disposée -^ ^'^"^ ra^Z^ et 
en petits paquets ronds sous chaque divi*^" de a lo 
il nomme Jilix, \e genre chez lequel Fen-^OPP^ «" ^"'^"''""' 
des paquets fructifères est univalve. '^"e enveloppe est 
soutenue parle milieu dans son ge,e Tfryoptens. Enfin, 
dans lepo/rpodn/m, les capsules on'"« anneau élastique. 
D'après ces caractères, le filix d'^ans»» «^^°^^ Vathyrmm 
de Roth ; le drjopteris^V aspidium dt^^v^^tz ; et le poljpodium , 
le genre, du même nom, des br^"'^**^^ actuels. 

Haller et Scopoli ont chercK à introduire de nouveau 
en botanique le nom dejilix,en le substituant a celui de 
pteris pour désigner ce genre^e Linnseus. 

Filix. Césalpin donne ce 'om , sans aucune épithète , au 
pteris aquilina, Linn., et Bfin^clsms au poljpodium filix mas , 
Linn. 

Flux ACULFATA. C Ba-ihin désigne ainsi le poljpodium 



28 



FIL 



aculeatum , Linn. , qui rentre dans le genre Aspidium de 
S\vart7. 

FiLix A^L'ATicA €t Fiux PALUsTRis. Dodonéc 6/ Daléchamps 
donnent ce nom à Vosmunda regalis, Linn. 

riLix BAcciFERA. Comuti a fait connoître le premier , sous 
ce nom. le polypodium bulbiferum, qui croît nans l'Amérique 
septentrionale. Voyez Nephkodiijm. 

FiLix FEMiNA. On a donné ce nom au ptens aquilina , Linn, 

yVnguillara , Gesner et Césalpin lappliqi.-ent au poljpodiu/i 

^hxmas, Linn. Thallius et Tabernaemontanus l'ont également 

Wiqué à quelques autres espèces de polypodium (P. di^'op- 

S, Linn., calcareum, Smith, et flix femina , Linn. 

ux LATiFOLiA dc V. Cordus. C'est ïosmunda regalis^ Linn. 

'yX MAS et FiLix MAscuLA. C'cst le poljpodhim Jjiix mas, 

\maintenant placé dans le genre Aspidium (voyez ce 

'"o J tf OLYi'ODiuM. Gesner donne ce 'lom au pteris ns"'^^'"-'^> 

t^^ra. a -Vosmunda regalis ^ l-inn. 
. ^^"'"^f^'^X RAMosA. C. Baul^xn forme sous cette dénomina- 
tion un gt^pç particulier des polf podium flix mas , filix 
femina, calt^^^ ^ j-^,^^^^ . jjg l'acrosticlium septentrionale , 
Linn., et ^e V^^gg autres fougères du même genre. 

Filix nud.. 6^,^^^^ saxatilis. Tragus désigne ainsi Yacro- 
sfic?2.«m5epfe,itnV;^ Linn. 

Filix PALUSTais^royez Filix aquatica , Linn. 
Filix petr^a d^g,„-^g^„3^ c'est Vacrostichum septentrio- 
nale, Linn. 

Filix pumila. Varrt^^,^ fougères que Clusius désigne par 
flixpumila saxatilis, V^^ \t polypodium calcareum, Smith, 
et Yaspidium fragile, 

Filix ramosa. Le plerh,juilina et Vosmunda regalis, Linn., 
forment le groupe des fïj.a,nosa de C. Bauhin ; les autres 
espèces de flix sont subd^es en flix non ramosa, flicula 
saxatilis et flicula fontana. {^oyez ces articles.) 

Fu[x svLVEsrRis de Brunfè^ius. C'est le pleris aquilina^ 
Linn. 

Filix vulgaîiis de Tragus. Ce^epolypodiumflix mas, Linn. 
(Lem.) 

FILLE DELA TERRE. (Bot.) V^yez Nostoc. (Lem.) 
FILON. (Min.) Nous entendons rjar ce nom toute masse 



FIL 29 

pierreuse ou métaiique, dont l'étendue en hauteur et lon- 
gueur est beaucoup plus grande qu'en épaisseur, et qui tra- 
verse, au moins dan; une partie de son étendue, un terrain 
ou une masse de rocl^ quelconque. 

Ces masses, d'une firme à peu prés tabulaire, sont sou- 
vent d'une nature difféi'îiite de celle des terrains qu'elles tra- 
versent : quelquefois ausu elles sont de même nature ; mais elles 
en diffèrent nécessairemeit par la structure. Elles traversent 
les terrains non stratifiés, -^omme les terrains stratifiés. Dans 
ce dernier cas, qui est auss. le plus ordinaire, elles coupent 
plus ou moins obliquement les assises ou couches. Si quel- 
quefois elles suivent les fissures de stratification, elles ne 
peuvent être parailèles et parfa-tement confcordantes que dans 
une partie de leur cours; car, d'après l'idée que nous atta- 
chons aux filons, les gîtes de miiéraux ne peuvent pas être 
exactement et constamment parallèles à la stratification, 
puisque, dans ce dernier cas, ce ne seroit plus pour nous 
un filon, mais un lit , banc ou couche, de minerai ou de pierre, 
interposé entre les assises du terrain stratifié. Enfin, pour 
compléter l'idée qu'on doit prendre des filons, nous ajou- 
terons que, dans un grand nombre de cas, ils se présentent 
comme des matières qui seroient venues remplir une fente 
ouverte dans une roche postérieurement à sa formation. 
Ce que nous regardons comme filon étant sufîisamment dé- 
terminé par la définition précédente, nous devons examiner 
les diverses parties et les différentes manières dont se pré- 
sente ce gîte de minerai. Nous ferons abstraction , dans cet 
examen, de toute idée théorique, nous bornant à considérer 
les faits et à rapprocher ceux qui paroissent avoir entre 
eux quelques rapports. 

§. 1." Terminologie et manière d'élre desjilons. 

Nous étudierons dans un filon : 
\° Ses parties et ses ramifications; 
2.° Sa position par rapport à l'horizon ; 
5.° Ses rapports de position avec le terrain qu'il traverse. 
1.° Un filou pouvant être considéré comme une masse ta- 
bulaire , ou grande plaque , traversant un terrain plus ou 



5o FIL 

moins obliquement, on y reconnoît deux /aces, qu'on nomme 
salhandes: la face supérieure se nomme cid ou toit (hangcndes), 
et la face inférieure chevet, lit ou mur/Jiegendes) ; les parois 
ou surfaces de la roche sur lesquelles s'appliquent les sal- 
handes, se nomment épontts ou pontej; la partie du filon qui 
s'approche de la surface du sol, s'apj;«lle affleurement , tète ou 
chapeau. / 

La plaque qu'un filon nous repré;cnte , a rarement ses deux 
surfaces parfaitement unies: tant/'t elle offre des renflemens 
et des rétrécissemens fort remjfquables; tantôt elle offre 
des expansions qui, vues par une coupe perpendiculaire 
aux salbandes, présenleroient comme des ramifications du 
filon principal. On appelle o^s rameaux ^j/ons du toit ou du 
mur, suivant qu'ils partent de l'une ou de l'autre de ces 
parties; mais, lorsque ces/ameaux, après avoir accompagné 
le filon principal dans une certaine étendue , semblent y 
rentrer et former comme des anses, on les nomme brfinchcs. 
On distingue ordinairement dans un filon, surtout quand 
on le considère sous le point de vue du minéral qu'il con- 
tient, deux substances, le minerai et la roche pierreuse 
qui le renferme : on a donné improprement, en françois , 
le nom de gangue (Gangart) à cette dernière, par fausse 
application du mot gang, qui veut dire filon. Le minerai 
métallique , ou même toute autre substance pierreuse , est 
diversement disposé dans cette gangue : tantf)t il y est dissé- 
miné en grains, taches, nodules, ou même sphéroïdes; tantôt 
il y est disposé en zones à peu près parallèles; tantôt, enfin, il 
y court en petits filons auxquels on donne souvent le nom 
de veines, quoique ce nom soit aussi appliqué à un gîte mi- 
néral très-différent de celui qui nous occupe. 

En nous figurant un filon dégagé du terrain qu'il traverse, 
il se présenteroit généralement comme une plaque sinueuse 
à parois rarement parallèles et qui, se rejoignant à diverses 
distances du bord supérieur de cette plaque, lui donneroient 
la forme d'un coin dont le tranchant seroit sinueux , et tantôt 
simple, tantôt bifurqué, ou même ramifié. 

L'épaisseur et l'étendue des filons varient beaucoup : l'épais- 
seur, qu'on mesure perpendiculairement aux salbandes, et 
qu'on nomme puissance, n'est quelquefois que de quelques 



FIL 3i 

millimètres; dans d'autres cas, elle atteint plusieurs mètre*- 
Le filon le plus célèbre par sa puissance et son étendue 
est le filon argentifère de Guanaxuato au Mexique, nommé 
veta madré; il a, d'après M, de Humboldt, ho " "ï^ ^uetres 
de puissance, et est exploité sur une étendue de 5 14 mètres 
"^ P'-J'ondeur et de 12700 mètres en longueur, depuis 
Santa-Isabelra ^ San-Bruno jusquà Buena-Vista. 

Les filons dim.-Queni généralement de puissance en s'ap- 
profondissant; mais il est .,^ exceptions assez nombreuses à 
cette règle. Ainsi, le filon de galène a.g«„tifère deKuhschacht 
près de Freyberg, les filons de fer s«i^-„^ ^t arsenical auri- 
fère de Goldcronacht en Franconie, vont ens'élargia^w.^» ^nr>s 
la profondeur. 

2." L'inclinaison et la direction d'un filon sont une considé- 
ration également importante pour la géognosie et pour Fart 
des mines; mais encore plus peut-être pour celui-ci, puis- 
qu'elles déterminent la position d'un filon et la route qu'il 
faut tenir pour le suivre ou le retrouver. 

La direction se détermine par l'angle que fait avec le 
méridien ou par le point de Fhorizon vers lequel se dirige 
une ligne horizontale menée sur la salbande la plus plane 
du filon. 

L'inclinaison est l'angle que fait, avec la verticale, une 
ligne également menée sur la même salbande , et perpendi- 
culairement sur la ligne horizontale de direction. 

Il faut toujours désigner vers quel point de Thorizon se 
dirige la ligne d'inclinaison d'un filon ; cette précaution 
prise, on sent que la connoissance de son inclinaison donne 
sa direction. Par conséquent, dans un filon vertical, il n'y 
a que la direction à considérer j dans un filon horizontal, 
s'il y en avolt réellement de cette sorte, il n'y auroit point 
de direction. Un filon dont la pente déterminée, en suivant 
la règle que nous venons d'indiquer, est vers le nord-est ou 
le sud-ouest, se dirige nécessairement du sud-est au nord- 
cucst : un filon qui se dirige du nord au sud, et qui n'est 
pas vertical, penche nécessairement ou vers Fest ou yçvs 
l'ouest. Enfin, un filon qui penche vers Fest-nord-est , se di- 
rige nécessairement du sud-sud-est au nord-nord-ouest. Nous 
avons pris pour exemple des points de Fhorizon dénommés; 



32 FIL 

on juge qu'on détermine, par lïndicaiion des degrés du 
cercle, toutes les directions intermédiaires. 

II ne faut pas croire qu'un filon présente toujours, ni 
une IiVtip de direction bien déterminée et constante, ni des 
plans d'inclinaison réguliers et constans : non-seulement f "' 
lignes et plans sont souvent ondulés par des sinuo--"^''' 
flemens ou rétrécissemens; mais quelaup*'"''' "" ' 

son cours, change de direction .. li'incHnaison. Dans le 
premier cas, on prend la directio-' ^^"^*^"f^^«" moyennes, 
«f A.,^c 1^ ^ Al ue la marche d un filon, qu on 
et dans le second , ]oi«<i" ' ^ 

appelle son aW»- ^-"^ ^ changer, on doit soigneusement 

5." Nous venons de considérer les filons dans leur position 
par rapport à l'horizon ; mais ils ont aussi des positions dif- 
férentes , eu égard aux roches qu'ils traversent. 

Lorsque les filons se présentent dans des montagnes stra- 
tifiées, ils coupent plus ou moins obliquement les assises: c'est 
le cas le plus ordinaire. Mais quelquefois, après avoir ainsi 
coupé la stratification , ils lui deviennent parallèles dans 
une étendue plus ou moins considérable , pour la couper 
de nouveau en s'enfonçant dans les assises. Ce cas est fort 
rare, du moins avec la régularité que nous lui supposons, 
et il est très-difficile à bien observer ; il nous conduit à 
l'examen d'une disposition encore plus embarrassante, et 
que nous avons déjà indiquée dans le développement de la 
définition de ce qu'on entend par filon. 

On trouve quelquefois des gîtes de minerais qui ont d'ail- 
leurs tous les caractères de structure des filons; qui repré- 
sentent, comme eux , de grandes plaques; mais qui sont 
parallèles à la stratification des roches qu'ils traversent, et 
qui échappent ainsi à la définition généralement reçue de 
ce gîte. On donne comme exemple de cette disposition, le 
grand filon de Guanaxuato , que nous avons déjà cité, et 
qui est renfermé entre les couches ou strates du phyllade 
qui constitue le terrain ; celui de Viilefort, dans la Lozère, 
qui a pour lit du granité, et pour toit du micaschiste. 

On observe encore cette disposition à la mine de fer de 
Rothenbcrg, près de Schwarzenberg en Saxe. Un filon puis- 
sant de fer oxidé brun et rouge, situé entre le gneiss et 



FIL 33 

le granité , suit d'abord la stratification de ces deux roches, 
et pénètre ensuite dans le granité. 

Dans le vallon de la Mulda, à une lieue de Freyberg , à 
l'embouchure du canal par où s'écoulent les eaux de la 
mine d''Alt-Isaac, le filon appelé Hasirwcbierspaf/i, après avoir 
coupé les couches de gneiss, devient parallèle à la stratifi- 
cation de cette roche, puis la coupe de nouveau en s' ap- 
profondissant. (Werner, Th.desjUons.) 

Il est quelquefois très-difficile de distinguer dans ce cas un 
vrai filon , c'est-à-dire un gîte de minerai d'une formation 
différente de celle de la roche qui le renferme; de le dis- 
tinguer, dis-je, d'un lit ou dépôt minéral formé par sédi- 
ment ou cristallisation confuse lors de la formation géné- 
rale du terrain stratifié. Ou a cependant, pour reconnoitre 
la diflerence de ces deux gîtes, quelqvies caractères tirés 
de leur rapport respectif et de la structure propre aux 
filons , tels que nous allons bientôt les faire connoitre. 

En général , les filons qu'on a nommés souvent//ûrz5-coi/cJtes, 
se distinguent des lits métallifères, parce qu'ils offrent tous 
les caractères d'une formation postérieure à celle des couches 
inférieures et supérieures entre lesquelles ils sont situés. 
Ces caractères consistent en une structure généralement 
différente de celle des roches stratifiées, dans la présence 
de cavités qui seroient incompatibles avec une formation 
par dépôt, et faite par conséquent primitivement dans une 
position horizontale ou presque horizontale , en fragmens 
de la roche supérieure enveloppés dans les filons, en veines 
des filons pénétrant dans des fissures de la roche supérieure. 
Enfin, si ce gîte douteux , après avoir été parallèle à la stra- 
tification d'un terrain, se continue dans un autre terrain 
supérieur ou inférieur, en coupant ses assises, on ne peut 
douter que ce gîte ne soit d'une formation postérieure 
au terrain, et, par conséquent, qu'il n'appartienne à la 
classe des filons. 

La continuité des couches d'une montagne n'est pas seu- 
lement interrompue par le filon qui les coupe ; mais elle est 
souvent dérangée : cela se remarque d'une manière évidente 
lorsque les couches qui se succèdent sont de difllérente na- 
ture , la même couche se présentant dans une position plus 
17. 5 



34' FIL 

basse ou plus élevée sur le toit ou sur le mur d'un filon. 

Ces dérangemens suivent quelques règles, qu'il est surtout 
important de connoitre lorsqu'on exploite une couche dé- 
rangée par des filons, ou même par de simples tissures. C'est 
le cas des couches de houilles dérangées par ces fentes ou 
filons stériles, c'est-à-dire, composés uniquement de matière 
pierreuse, qu'on nomme crain ou Faille (voyez ce dernier 
mot). On remarque , en général, que le dérangement des 
couches en abaissertient a lieu presque toujours sur le toit 
du lilon. On connoît de nombreux exemples de cette dis- 
position dans les mines de Riegeldorf, en H esse , où des 
filons cobaltifères traversent des couches de sédimens de na- 
ture très-variée. 

Nous parlerons, à l'article Houille, des faits particuliers 
aux failles ou filons qui dérangent les couches de ce com- 
bustible minéral, et des principes d'exploitation qui doivent 
résulter de la connoissance de ces faits. 

Les filons offrent, dans leurs rapports entre eux, d'autres 
considérations. 

Il est rare que dans un terrain ou dans un canton on 
ne trouve qu'un filon : il y en a presque toujours plusieurs, 
qui sont tantôt d'une même nature, tantôt de nature diffé- 
rente, dans le même terrain, et tantôt de nature différente 
et dans des terrains différons. 

On remarque , en général, que plusieurs filons dans une 
même contrée sont a peu près parallèles: si on examine les 
circonstances qui accompagnent ce parallélisme , on voit 
qu'elles tiennent plus à la nature du filon , c'est-à-dire des 
substances qui le composent, qu'à celle des terrains qu'il 
traverse. Ainsi, dans une même contrée, tous les filons prin- 
cipaux de plomb sulfuré auront à peu près la môme direction 
et la même inclinaison, quelles que soient les roches qu'ils 
traversent; tandis que, s'il s'y présente aussi des filons conte- 
nant des minéraux d'une toute autre espèce, ceux-ci n'au- 
ront ordinairement avec les précédens aucun rapport de 
direction et d'inclinaison , quoique traversant les mêmes 
terrains. 

L'observation de cette disposition est de la plus grande an- 
cienneté. Pline dit , en parlant des filons d'argent , que toutes 



FIL 35 

les fois qu'on découvre une veine de ce métal, on est sûr 
qu'une autre n'est pas loin , et que ceci est commun à presque 
tous les métaux. Il paroît, ajoute-t-il, que c'est à cause de 
cette propriété que les Grecs les ont nommés métaUines. 

Il arrive très-souvent que des filons en croisent d'autres, 
et, d'après ce que nous venons de dire, il doit être rare 
que ces deux sortes de filons soient remplis d'une même subs- 
tance. Quelle que soit l'opinion qu'on adopte sur la formation 
des filons, on sera obligé d'admettre que celui qui coupe 
l'autre est d'une formation plus nouvelle que lui, et on 
aura, par cette seule observation , un moyen de juger l'an- 
cienneté relative de formation des substances qui composent 
ces filons, et, par la, l'ancienneté relative de tous les mé- 
taux ou substances qui remplissent les filons, si on peut 
déterminer quelles sont les substances dont les filons coupent 
constamment les autres. 

Les filons, en se coupant, sont souvent dérangés de leur 
direction ou de leur inclinaison, comme ceux-ci dérangent 
les couches en les traversant. Cette considération est de 
la plus grande importance dans l'art des mines. De sim- 
ples fissures produisent le même effe^, et dérangent plu- 
sieurs fois, et dans des sens souvent opposés, Vallure d'un 
filon. La manière dont les filons coupés sont dérangés de 
leur marche par les filons coupant étant en général à peu 
près la même dans une même contrée, il suffit de lavoii' 
bien observée pour se servir ensuite de cette connoissance, 
quand il s'agit de retrouver, au-delà du filon coupant, la 
suite du filon qu'on exploitoit et qui a été dérangé par ce 
nouveau filon. 

Il est encore, dans les rapports de position des filons 
entre eux , des phénomènes fort remarquables. 

Il arrive quelquefois qu'un filon d'une nature renferme, 
soit dans son milieu, soit, ce qui est plus extraordinaire, 
sur l'une de ses salbandes, un filon de nature différente, 
qui l'accompagne constamment dans le même encaissement. 
On cite depuis long-temps dans la veine de Marcus Rœhling, 
au nord-nord-ouest d'Annaberg en Saxe, un petit filon de 
quarz, d'argile lithomarge, de chaux carbonatée brunissante, 
de chaux fluatée renfermant du minerai d'argent et du cobalt 



se FIL 

arsenical, qui est encaissé dans un puissant et véritable filoa 
de vakite." 

Enfin , il arrive quelquefois qu'un filon coupant se con- 
tinue pendant un certain espace dans le filon coupé, et le 
quitte ensuite pour suivre dans la roche sa première di- 
rection. 

§. 2. Des JiloTis considérés relalÎK'ement aux matières 
qu'ils renferment et a la nature des roches qu'ils 
traversent. 

Un grand nombre de substances minérales se trouvent en 
filons ou dans les filons; ils les constituent en tout ou en 
partie. Toutes celles qui se présentent en masse , c'est-à-dire 
qu'on a trouvées autrement que disséminées en cristaux dans 
les roches , peuvent aussi former la masse des filons, et plu- 
sieurs minéraux qu'on ne connoît point en masse , mais 
simplement implantés , remplissent quelquefois des filons. 
Les exemples que nous allons donner, feront connoître les 
règles que la nature semble avoir suivies à cet égard, sinon 
constamment, du moins ordinairement, dans les trois cas 
suivans. 

j." Substances minérales qui remplissent entièrement les jilans , et 
qu'on désigne généralement sous le nom de gangues. 

A. Minéraux qui ne se présentent jamais en masse ou 
roches. 

Arragonite. — Chaux fluatée spathique. — Baryte sul- 
fatée spathique. — Baryte carbonatée ? — Strontiane sul- 
fatée. ■ — Qùarz hyalin; quarz sinople. — Agathe. — Felspath 
commun; felspath adulaire. — Asbeste. — Bitume élastique. 
— Graphite ? — Soufre. — Schéelin ferruginé. — Manganèse 

1 Ce fait est admis par tous les géologues et mineurs allemands, 
et je n'élève aucun doute sur son exactitude : mais il a fallu , pour s'en 
assurer, suivre pendant long- temps ce gîte de rainerai, l'étudier à 
plusieurs reprises pour en prendre une juste idée ; car il est trop peu 
distinct pour qu'à une première visite , faite rapidement , telle que 
celle que j'ai faite dans cette mine, on puisse voir clairement celle 
singulière disposition. 



FIL 57 

métalloïde ; manganèse lithoïde. — Cobalt arsenical. — An- 
timoine sulfuré. — Zinc calamine ; zinc carbonate ; zinc 
sulfuré. — Fer arsenical ; fer spathique. — Etain oxidé. — 
Plomb sulfuré. — Nickel arsenical. — Cuivre natif P cuivre 
sulfuré ; cuivre pyriteux ; cuivre gris ; cuivre malachite. — 
Mercure sulfuré. — Argent natif? argent sulfuré; argent 
rouge ? 

B. Roches simples et mélangées. 

Soude muriatée. — Chaux sulfatée ; chaux anhydrosul- 
fatée; chaux carbonatée spathique; chaux saccharoide ; chaux 
carbonatée dolomie ; chaux brunissante. — Quarz grenu. — 
Silex corné. — Jaspe commun; jaspe schisfoïde, — Pétrosilex. 

— Basalte. — Amphibole hornblende. — Serpentine. — Stéa- 
tite. — Argile lithomarge. — Ocre ? — Vake et vakite. — 
Cornéenne trapp. — Houille ? — Anthracite. — Manganèse 
terne. — Fer sulfuré ; fer oxidulé ; fer oligiste ; fer oxidé 
rouge ; fer oxidé brun. — Granité. — Pegmatite. — Diabase ? 

— Gneiss ? — Amphibolite. — Melaphyre ? — Porphyre. — 
Eurite. — Psammitc micacé. — Poudingue de toutes sortes. 

— Brèches de toutes sortes. 

2." Substances minérales qui sont disséminées ou implantées dans 

les filons , mais qu'on n'a pas encore vues former entièrement 

des fions. 

Ces minéraux sont tellement nombreux que nous ne 
citerons que les plus remarquables, et uniquement comme 
exemple : 

Chaux phosphatée apatite. — Stronliane carbonatée. — 
Laumonite. — Chabasie. — Harmotome. — Axiaite. — Gre- 
nat? — Tourmaline. — Épidute. — Béi-il. — Topaze. — 
Corindon. — Pyroxène diopside. — Mica, — Cobalt gris. — 
Bismuth natif. — Fer phosphaté. — Plomb carbonate; plomb 
phosphaté; plomL chrômaté. — Cuivre azuré. — Mercure 
argental. — Or natif. 

5." Substances minérales qu'on n'a encore vues ni enflons ni dans 
les fions. 

Nous n'indiquerons encore ici que les plus remarquables, 
et que celles qui nous paroissent rentrer le plus certaintmeut 
dans ce genre de considérations. 



38 FIL 

Magnésie horatée. — Zircon ? — Amphigêne. — Staurotide 
( les deux variétés). — Disthène P — Spinelle. — Péridot ? — 
Macle. — Pinite ? — Diamant! — Platine natif; et proba- 
blement toutes les roches que nous n'avons pas citées au pre- 
mier article. 

La n>anière dont se présentent les matières minérales qui 
constituent ou remplissent les filons, offre, dans certains cas, 
des règles ou au moins des sujets particuliers d'observation. 

Dans le plus grand nombre des filons , et surtout dans ceux 
qui traversent les terrains primordiaux , les matières miné- 
rales se présentent à l'état de cristallisation , soit régulière , 
soit confuse, et ce dernier cas est le plus ordinaire. La 
structure des minéraux en filons est donc presque toujours 
lamellaire, et elle est souvent laminaire. Cette disposition, 
qui est très-générale dans les filons des roches primordiales, 
qui sont elles-mêmes presque toutes formées par voie de 
cristallisation , se remarque jusque dans les filons des ter- 
rains secondaires les plus nouveaux , et composés de roches 
de sédîmens à parties snuvent grossières et foiblement agré- 
gées. Nous reviendrons plus bas sur ce sujet. 

Les matières minérales a structure lamellaire remplissent 
quelquefois sans ordre la capacité du filon ; mais dans d'autres 
circonstances elles y sont disposées avec une sorte de régula- 
rité et de symétrie, de manière, par exemple, que le mi- 
néral pierreux qui est appli<iué en lits d'une certaine épais- 
seur sur l'éponte gauche, se présente de la même manière 
et à peu près avec la même épaisseur sur l'éponte droite. Si 
un lit métallique , suivi d'un autre lit pierreux, succède à 
gauche au premier lit pierreux, la même succession se re- 
marque à droite ; le filon présente dans la coupe des bande- 
lettes disposées comme les zones coloriées d'un ruban. Enfin, 
Je milieu est souvent rempli de matières d'une tout autre na- 
ture, cristallisées encore plus nettement, et laisse voir des ca- 
vités dont les parois sont tapissées de cristaux nets, quelquefois 
très- volumineux et implantés dans ces cavités, tantôt comme 
au hasard, tantôt dans une dirccîion ou dans une position 
à peu près constante. Ainsi les cristaux quelquefois réunis 
en sphéroïdes irréguliers auront leurs axes généralement diri- 
gés vers la surface du sol ; dans d'autres cas les cristaux de 



FIL 39 

ces houppes ou sphéroïdes auront leurs axes dirigés vers la 
partie inférieure des filons, comme si la matière qui les 
compose , arrivant en vapeur de l'intérieur de la terre, 
s'étoit condensée sur les faces inférieures des parties qui 
étoient en saillie dans la fente. Cette disposition, à laquelle 
on n'a encore fait que peu d'attention , doit être examinée 
avec soin , comme pouvant servir de preuve ou d'objection 
à l'égard de certaines théories des filons. 

Quelquefois aussi les filons sont composés de minéraux 
cristallisés , de minéraux formés par voie de sédimens, et de 
fragmens de minéraux mêlés ensemble. 

Dans certains cas les minéraux cristallisés sont enveloppés 
de la matière sédimentaire , lorsqu'elle s'est déposée dans 
la cavité du milieu des filons , ou bien ils sont appuyés et 
comme implantés sur elle , lorsqu'elle s'est déposée sur les 
épontes, ou entre les épontcs et les salbandes. Cette ma- 
tière est ordinairement une variété particulière d'argile , 
qu'on nomme lithomarge. On donne le nom spécial de Besteg 
à l'argile, quelquefois plastique, qui est entre les salbandes 
et les épontes. Lorsque ce dépôt argileux est le môme sur 
les deux côtés, qu'il n'est interrompu par aucune adhérence 
immédiate des salbandes aux épontes, il permet au filon de 
glisser dans son encaissement, et à ses parties d'éprouver des 
dérangemens ou des chutes précipitées, qui se font avec une 
sorte d'explosion quelquefois dangereuse pour les mineurs. 

Dans d'autres cas ce glissement paroît avoir eu lieu à une 
époque voisine de celle de la formation du filon , et être 
en partie la cause de ces surfaces unies, simplement mar- 
quées de stries parallèles, et quelquefois même presque 
polies , qu'on a remarquées sur plusieurs épontes et salbandes 
de filons au Saint-Gothard , dans le Derbyshire, etc. 

Tels sont les cas où la matière minérale sédimentaire ac- 
compagne ou enveloppe les minéraux cristallisés; mais le 
contraire s'observe aussi assez souvent. Des parties déroches, 
de nature et souvent d'origine très-dilïérentes, sont enve- 
loppées et réunies par la masse minérale cristallisée qui 
constitue principalement le filon. 

Enfin, il paroît que certains filons sont entièrement rem- 
plis tantôt de roches compactes ou sédimenteuses (et c"est 



^o FIL 

peut-être le cas le plus rare) , tantôt même de fragmens an- 
guleux ou arrondis, ou de matières sablonneuses et terreuses; 
ils n'offrent alors aucune apparence cristalline. La ]*lupart 
des grands filons de basalte et de cornéenne qu'on nomme 
djkes en Ecosse, appartiennent au premier cas. Les failles ou 
crains des terrains houillers appartiennent au second. Dans 
les failles les matières sédimentaires sablonneuses ou de trans- 
port sont accumulées sans ordre; dans les filons de basalte, 
oii la matière est plus dense et plus homogène, on remarque 
souvent de nombreuses fissures à peu près perpendiculaires 
aux épontes, qui divisent la masse en petits prismes couchés. 
Nous en avons parlé à l'article Basalte (voyez ce mot). 

§. 3. Des terrains et roches dans lesquels se trouvent 
les filons ^ et de leurs rapports avec eux. 

En prenant l'expression de filon dans toute l'étendue que 
nous lui avons donnée au commencement de cet article , 
on peut dire qu'on trouve des fiions dans tous les terrains 
et dans toutes les roches; mais les dispositions de roches ou 
de minéraux qu'on peut rapporter à cette définition, et qui 
se voient dans les terrains tertiaires, ne sont généralement 
que des fentes remplies, en tout ou en partie, soit par les 
débris qui viennent d'en haut, soit par des infiltrations cal- 
caires. Nous n'en dirons que peu de mots. 

On voit sans aucun doute ceiie sorte de filons dans les 
bancs de gypse à ossemens : elles sont remplies de marne ou de 
calcaire concrétionné. On en voit dans le calcaire grossier : 
elles sont remplies de terre végétale, de calcaire concrétionné 
et quelquefois de calcaire farineux. Les environs de Paris 
offrent de nombreux exemples de cette sorte de faux filons. 
Enfin on voit aussi dans la craie de ces filons, qui, comme 
dans les terrains à filons proprement dits, sont quelquefois 
entièreuîent vides; qui, dans d'autres cas ; sont remplis ou 
d'argile plastique pure, ou d"argile et de cailloux roulés ; 
ou de sable (cette disposition est très- remarquable dans les 
masses de craie- tufau de la montagne de S. Pierre près 
Maestricht ; M. Bory-S.-Vincent en a donné une figure très- 
exacte ; enfin de fragmens anguleux de silex liés par un ciment 



FIL 4î 

de sîlex à peu près pur, ou de craie pénétrée de silex. Nous 
avons observé cette dernière disposition , d'une manière très- 
frappante , dans la masse de craie qui forme , à l'est de Rouen, 
la colline escarpée qu'on nomme la côte S.'-Catherine. De 
grandes fissures verticales dans la craie étoient remplies par 
une brèche dure composée de fragmens de silex et de craie 
siliceuse. 

Les roches qui renferment les filons les mieux caractérisés 
appartiennent à l'ordre des terrains primordiaux , à celui 
des terrains de transition, et même à celui des terrains de 
sédimens inférieurs. 

Les filons y sont nombreux, souvent puissans , ramifiés; 
les matières qu'ils renferment sont presque toujours cristal- 
lisées en tout ou en partie : ces matières sont ou entièrement 
métalliques, ou pierreuses et accompagnées de minéral mé- 
tallique; mais dans les terrains de sédimens moyens, les ma- 
tières métalliques deviennent rares ou même tout- à -fait 
nulles, et les filons ne sont plus remplis que de minéraux 
pierreux et presque uniquement même de calcaire spathique. 
Ils diminuent considérablement en nombre, en puissance, 
en étendue. 

Dans les terrains primordiaTix et de transition , et même 
dans quelques terrains de sédimens inférieurs, il n'y a aucun 
rapport constant de nature entre le filon et la roche qu'il 
traverse. La ressemblance dans la nature de ces deux choses 
est plutôt une exception qu'une règle ; il y en a davantage 
dans la structure, quoiqu'elle soit loin d'être constante: 
mais, en général, les filons des roches primordiales les plus 
anciennes, comme le granité, le gneiss, le micaschiste, les 
eurites porphyroïdes , etc. , sont de structure cristalline 
comme ces roches; les filons conservent même encore cette 
structure après que les roches l'ont perdue. Ainsi , dans 
les terrains de transition composés de roches sublamellaires, 
ou de roches de sédimens, comme le sont les calcaires et 
les phyllades de ces terrains, ou même de roches d'agréga- 
tion, comme le sont les psammites micacés, les psephites, les 
mimophyres, et surtout les brèches et les pouddingues de 
ces terrains, les filons, même au milieu de ces derniers ter- 
grains, présentent encore la structure éminemment cristal- 



4= FIL 

lisée, sans participer en aucune manière de la nature ni de 
la structure de la roche qu'ils traversent. 

Enfin, dans les roches de calcaire compacte qui compo- 
sent les terrains de sédiment inférieur, la masse des filons, 
semblable par sa nature à celle de la roche , en diffère con- 
sidérablement parla structure cristalline; car presque tous 
ces filons stériles, c'est-à-dire qui ne renferment aucun 
minerai métallique, sont composés de calcaire lamellaire 
et même laminaire. 

Ces considérations générales, qui donnent une idée de la 
disposition des filons, depuis les terrains les plus anciens 
jusqu'aux plus modernes, font voir que les diflcrences qu'on 
remarque dans la structure et la nature de la matière des 
filons, tiennent bien plus aux époques auxquelles ils se sont 
formés qu'à la nature des terrains qu'ils traversent. Il existe 
cependant, comme nous allons le faire voir, quelques rap- 
ports entre les filons et les roches; rapports très-imporlans à 
considérer tant pour l'art des mines que pour la théorie. 

Nous avons dit qu'on trouvoit souvent dans les filons à 
structure cristallisée des portions de roches étrangères aux 
filons : on a très-souvent cru que ces roches, qui ont quel- 
quefois une forme grossièrement sphéro/dale , venoient de 
la surface du sol dans lequel le filon s'étoit ouvert, et on a 
pris souvent aussi ces morceaux de roches pour des cailloux 
roulés. 

La présence des cailloux roulés dans les filons est vraie 
dans quelques cas; mais, dans un bien plus grand nombre, 
ces prétendus cailloux roulés sont des nodules quarzeux ou 
calcaires, formés par voie de cristallisation confuse, comme 
on en reconnoit sans aucun doute au milieu de plusieurs 
roches, et notamment des schistes lioduleux. Dans le cas 
où ces morceaux adventices sont anguleux, on les reconnoît 
presque toujours pour des fragmens des rochers que traverse 
le filon , et qui se sont détachés de ses épontcs. Ces fragmens 
sont quelquefois si volumineux qu'ils semblent entièrement 
déranger le filon , et faire naître ces Famifications rentrantes 
qu'on avoit tant de difficulté à concevoir avant qu'on eût 
fait l'observation que nous rapportons. 

Dans beaucoup de terrains primordiaux et dans les roches 



FIL 45 

les plus anciennes de ces terrains, il est bien constaté que 
beaucoup de filons ont avec la roche une adhérence remar- 
quable ; que lesépontes et salbandes y sont <à peine distinctes, 
et que dans quelques parties le filon et la roche semblent se 
fondre entre eux , quoiqu'il n'y ait entre eux dans d'autres 
parties aucun rapport de nature. 

La même liaison se remarque dans des terrains beaucoup 
plus nouveaux . dans les roches de calcaire compacte, et dans 
celles de quarz grenu et même de grès, lorsque les filons sont 
de même nature que la roche , c'est-à-dire de calcaire spa- 
thique ou lamellaire dans le premier cas, et de quarz hyalin 
dans le second. 

Il est une autre influence de la roche siir les filons, et de 
ceux-ci les uns sur les autres , bien plus singulière , mais 
qu'on ne peut se refuser à admettre , parce qu'il paroît 
qu'elle a été constatée par des observations certaines et mul- 
tipliées : nous voulons parler du changement de nature ou 
de proportion dans l'un de ses principes que paroît éprouver 
un filon lorsqu'il passe d'une roche dans une autre , ou 
lorsqu'il est en contact avec un autre filon qui le traverse 
sans s'y réunir. 

§. 4. Théorie des filons. 

Après avoir exposé, de la manière la plus indépendante 
de toute hypothèse , les faits qui composent l'histoire natu- 
relle des filons , nous devons parler des théories qu'on a 
successivement proposées, soit pour expliquer, soit simple- 
ment pour lier les faits entre eux. 

Nous omettrons les anciennes théories rapportées dans tous 
les ouvrages de géognosie, de géographie physique et de 
l'art des mines, et qui ne sont plus admises par aucun na- 
(ui-aliste, telles que celles de Lehmann, qui rcgardoit les 
liions comme les rameaux d'un grand tronc métallique qui 
occupoit le centre de la terre; de Bêcher, Henkel , etc., 
qui pensoient que les filons se formoient ou s'étoient formés 
par l'altération de la i^che qu'ils traversent : nous omettrons 
même les théories beaucoup plus raisonnables d'Agricola , 
de Gerhard, de Lasius, qui regardoient les filons comnic 
des fentes remplies par les matières cristallisées ou scdi- 



44 FIL 

menteuses que les eaux courantes et pluviales avoient en- 
traînées ou dissoutes , soit à la surface du sol , soit dans le 
sein de la terre. 

Si les faits que nous venons de rapporter ont été lus avec 
assez d'attention pour être encore présens à l'esprit, ils suf- 
fisent pour réfuter ces théories, en opposition d'ailleurs 
avec l'état actuel de nos connoissances en chimie et en phy- 
sique. Nous nous bornerons donc a présenter ici les princi- 
pales théories des filons, celles qui paroissent satisfaire à 
l'explication d'un nombre de faits plus considérables que 
ceux qu'on pourroit leur opposer. 

Dans ces hypothèses ou théories on admet généralement 
que les filons sont des fissures ou fentes produites dans la 
roche pendant ou après sa formation, et qui se sont rem- 
plies de matières minérales d'une nature ou au moins d'une 
structure différente de celle de la roche; mais on diffère 
sur l'époque de formation des fentes et sur le mode de 
remplissage des filons. 

1.° On suppose que les fissures se sont faites pour ainsi 
dire dans le même moment oîi s'opéra, soit la cristallisation 
confuse de la roche , soit son dépôt sédimenteux , et qu'elles 
ont été remplies d'une matière qui étoit tenue en dissolution 
dans le même véhicule, mais qui a été connue sécrétée 
plus particulièrement dans ces fissures. Tel paroit être le cas 
des minerais d'étain et de fer arsenical , dans les granités , les 
eurites, les pegmatites et les autres roches cristallisées; ces 
minerais se sont agrégés en même temps ou presque en même 
temps que ces roches cristallisoient , et ils se sont réunis dans 
des espaces qu'ils écartoient et ouvroient sous forme de fentes. 
Tel paroit être encore, pour les roches de sédiment, le cas 
des veines nombreuses de calcaire spathique qu'on remarque 
dans le marbre, et, d'une manière encore plus évidente, des 
veines ou petits filons, soit de gypse strié, soit d'anhydrite, 
soit de sel marin, qu'on voit, se croisant dans tous les sens, 
au milieu des roches argileuses ou marneuses qui forment 
souvent la masse principale de terrains salifères près de 
Salzbourg et dans d'autres lieux. 

C'est dans le cas d'une semblable formation que la roche 
environnante est souvent pénétrée de la matière même du 



FIL 45 

filon , et qu'elle la présente en grains disséminés ou en vei- 
nules et filets imperceptibles. C'est encore dans le même 
cas que la matière d'un filon et la roche se fondent , dans 
certaines parties, l'une dans l'autre, d'une manière insensible, 
et offrent entre elles une adhérence difficile à vaincre. Dans 
cette circonstance , enfin , les filons sont petits dans toutes 
leurs dimensions, n'offrent aucune allure régulière, se 
croisent dans toutes sortes de sens, et forment quelque- 
fois, mais non toujours, ces plexus , réseaux ou amas entre- 
lacés, auxquels les mineurs allemands donnent le nom de 
Stockwerk. 

Mais, si l'on veut étendre cette théorie à la formation de 
tous les filons , les faits que nous avons rapportés font voir 
qu'elle ne peut recevoir cette généralité; si, d'autre part, 
on veut la rejeter entièrement, d'autres faits, parmi les- 
quels on doit placer les exemples que nous venons de citer, 
la réclament: en effet, ces derniers, qui ne peuvent guère 
s'expliquer que par cette supposition , n'ont aucun rapport 
avec la seconde théorie générale que nous allons présenter. 

2." Dans cette théorie, dont les applications sont bien 
plus nombreuses et encore bien plus évidentes que celles de 
la première, on suppose que les roches de toutes natures, 
depuis les plus anciennes jusqu'aux plus nouvelles, ont 
éprouvé , après leur consolidation , des fentes plus ou moins 
puissantes, dont il n'est pas difficile de trouver les causes 
dans le dessèchement des masses, leur affaissement, leur 
ébranlement, leur chute ou leur dérangement quelconque, 
et que ces fentes ont été remplies par les matières diverses 
tenues en dissolution, ou même seulement en suspension, 
dans le liquide où ces terrains étoient encore plongés. 

Les observations faites avec soin dans toutes les parties 
du globe oîi on exploite des mines, ne peuvent laisser aucun 
doute sur cette cause de la production du plus grand 
nombre des filons; il suffit de jeter un coup d'œil attentif 
sur les faits que nous avons rapportés plus haut, pour voir 
qu'ils tendent presque tous à faire envisager les filons comme 
des fentes ouvertes et remplies postérieurement à la formation 
des roches qu'elles traversent. Toutes les objections apportées 
contre cette théorie tombent facilement au plus léger examen. 



46 FIL 

Le parallélisme approché des filons remplis a peu prèj; 
des mêmes minéraux; le croisement constant dans un même 
canton d'une sorte de filon par une autre sorte; le glisse- 
ment ou abaissement presque aussi constant de la roche quî 
est au toit sur celle qui forme le mur, et le dérangement 
de niveau des mêmes couches, qui en résulte, sont une suite 
presque nécessaire de ce mode de formation. L'évasement 
des filons par en haut dans un grand nombre de cas ; les 
ramifications des filons, leur inclinaison plus ou moins 
grande par rapport aux assises de la roche qu'ils coupent; 
la vacuité des filons dans plusieurs de leurs parties; les frag- 
mens de rochers, soit étrangers, soit de leur toit, qu'on 
y rencontre si souvent; les cailloux roulés, les matières 
limoneuses ou sablonneuses, les débris de corps organisés, 
qu'on y trouve quelquefois, offrent une suite remarquable 
de preuves en faveur de cette théorie. 

Il est facile de détruire, par un examen attentif, soit 
des parties constituantes des filons, soit des circonstances 
qui les accompagnent, les objections qu'on peut faire contre 
cette hypothèse. Ainsi, la puissance de certains filons, qui 
nous paroît si considérable dans quelques lieux, n'est presque 
rien quand on la compare à la masse des montagnes ou 
des terrains qu'ils traversent. Les étranglemens et évasemens 
qu'on y observe peuvent être dus à deux causes : tantôt 
parce qu'en raison de la nature du terrain la fente a été 
plus ouverte dans certaines roches que dans d'autres ; 
tantôt, et c'est probablement le cas le plus commun, parce 
que, la fente ayant été faite dans une direction sinueuse, 
la masse supérieure, en glissant sur la masse inférieure, a 
présenté les saillies et les dépressions du toit vis-à-vis les 
saillies et les dépressions du mur. Enfin il arrive quelquefois 
que des filons, en se croisant, laissent entre eux un prisme 
de rocher qui sembleroit n'aroir eu aucun soutien dans le 
moment où on suppose que les fentes se trouvoient encore 
vides ; mais il suffit de se rappeler qu'il est prouvé, par de 
nombreuses observations , que les filons se sont formés à 
plusieurs époques et à des époques très-éloignées les unes 
des autres, pour trouver une explication aussi facile que 
satisfaisante de cette disposition. 



FIL A7 

11 paroît donc aussi bien prouvé qu'une chose de cette 
nature puisse l'être, i.° que tous les filons des terrains de 
sédiniens composés de matières non entièrement cristallisées, 
ont été produits par des fentes ouvertes et remplies après 
la consolidation de ces terrains; tels sont surtout les crains 
ou failles des terrains houillers : 2.° que beaucoup de filons 
des terrains de cristallisation , et surtout ceux qui sont puis- 
sans, bien réglés dans leur allure, et dont les salbandes et 
les épontes sont facilement séparables, sont dans le même 
cas que les précédens. 

Il s'agit maintenant de se rendre compte de la manière 
dont les filons, considérés comme des fentes, ont été remplis- 
Trois hypothèses se présentent: dans la première, on admet 
que les matières des filons s'y sont introduites constamment 
par leur ouverture supérieure, soit par voie de transport 
mécanique et de sédiment, soit par voie de cristallisation; 
dans la seconde, que les minéraux cristallisés y ont été in- 
troduits par transsudation latérale de ces matières dissoutes, 
en filtrant à travers la roche, à la manière de l'eau qui dé- 
pose les stalactites au sommet des voûtes des cavernes; dans 
la troisième, enfin, que les matières cristallisées, et même 
les minéraux à texture compacte , ont été introduits par en 
bas, venant des parties internes de la terre, tantôt à l'état 
de vapeurs qui se sont condensées dans les fentes , tantôt 
à l'état de liquéfaction soit ignée soit aqueuse. 

Nous pensons encore ici, comme à l'occasion de la théorie 
de la formation des filons , qu'aucune de ces hypothèses ne 
peut, sans les plus grandes difficultés, sans être sujette aux 
objections les plus puissantes, être admise pour tous les cas 
des filons, et que chacune de ces causes peut avoir con- 
couru, suivant les circonstances, au remplissage de diverses 
sortes défilons. Nous allons, dans ce but, reprendre suc- 
cessivement l'examen de ces trois hypothèses; nous nous 
contenterons d'indiquer nos motifs, de présenter succinc- 
tement nos raisons, sans entrer dans des développemens 
qui seroient hors de proportion avec le reste de cet 
article. 

1." 11 n'y a pas de doute que des filons qui renferment 
des débris des rochers constituant les assises supérieures des 



48 FIL 

terrains qu'ils traversent, des pierres roulées, des sables et 
limons argileux; des débris, enfin, de corps organisés, soit 
végétaux, soit animaux, soit terrestres, soit marins, n'aient 
été remplis par leur ouverture supérieure .- cette même cause 
s'applique également, quoique avec moins d'évidence, aux 
filons remplis de minerais métalliques ou pierreux , à struc- 
ture cristalline, qui se présentent en couches ou en amas 
dans les terrains supérieurs. 

2.° Mais ce mode de formation est bien éloigné d'avoir la 
même évidence pour les filons dont les salbandes et les épontes 
sont tellement liées ensemble qu'on n'en voit pas ou qu'on 
n'en opère qu'avec la plus grande difficulté la séparation. Ici, 
la formation de la roche, celle du filon et son remplissage 
paroissent être presque contemporains , et ce dernier ne 
paroit pas avoir été opéré par la partie supérieure du filon, 
mais plutôt par tous ses points. On peut considérer le filon 
comme une fente ouverte au milieu d'un magma cristal- 
lin , pénétré encore de la dissolution en état de précipi- 
tation , et déposant dans cet espace moins saturé ou , pour 
mieux dire , moins épais, des parties dune structure et d'une 
nature un peu différentes de celles du reste de la roche. 
Les rognons de granités à petits grains qu'on voit au milieu 
des granités à gros grains ; les amas de granités à gros cristaux 
qu'on voit au milieu des granités à petits cristaux ; les amas 
cristallisés d'amphibole, de tourmaline, de quarz, de pyrite, 
de galène, etc., qu'on voit au milieu des roches cristal- 
lisées, enveloppés de toutes parts par ces roches de manière 
à ce qu'on ne puisse dire qu'ils se soient introduits dans les 
cavités qu'ils remplissent, ni par en haut, ni par en bas, 
peuvent nous donner non-seulement une idée, mais une 
preuve évidente de ce mode de séparation d'une matière 
minérale entièrement différente de toute la masse au milieu 
de laquelle elle a cristallisé. 

3.° Le remplissage des filons dont les épontes sont tapis- 
sées de matières siliceuses, calcaires ou métalliques, dis- 
posées par lits onduleux et parallèles entre eux et aux sal- 
bandes, à la manière des lits de calcédoine qui tapissent les 
géodes d'agate , ne peut guère s'expliquer non plus par une 
dissolution quelconque arrivant par en haut dans le filon, 



FIL /,? 

et déposant, avec cette régularité, des couches épaisses d'une 
matière aussi peu dissoluble par les agens que nous con- 
noissons. Une cause encore inconnue, mais probablement 
du même ordre que celle qui a rempli les géodes d'agate , 
de quarz , de calcaire spathique , qu'on voit au milieu des 
terrains de cornéenne , cause bien différente de celle qui a 
pu, dans le premier cas, opérer le remplissage des filons 
par en haut , a pu contribuer également au remplissage de 
ces filons. 

4.° Une troisième sorte de filons paroît avoir aussi été 
remplie, sinon en totalité, au moins en grande partie, 
d'une manière tout-cà-fait différente : ce sont ceux qui ren- 
ferment des sulfures métalliques de toutes sortes, déposés 
en houppes cristallines sur toutes les parties du filon qui 
sont en saillie, et surtout ceux qui renferment des corps 
décomposables dans toute dissolution aqueuse, tels que les 
sulfures et les arseniurcs métalliques, substances cependant 
si abondantes dans les filons. S'il n'est pas possii)le d'admettre 
encore que ces filons aient été remplis par en bas et par 
voie de sublimation, parce qu'aucun fait direct ne le 
prouve, il n'est pas non plus convenable de rejeter en- 
tièrement cette hypothèse, puisque nous n'avons aucune 
idée ni de ce qui se passe à quelques milliers de mètres au- 
dessous de la croûte du globe, ni de ce qui s'est passé à 
sa surface, lorsque les filons s'y sont ouverts, et que les ma- 
tières minérales pierreuses et métalliques qui les remplissent 
s'y sont formées. 

Mais, dans ces derniers temps, on a été plus loin; et ce 
sont principalement les Anglois qui ont avancé cette opi- 
nion. Ils regardent les grands filons de basalte et de cor- 
néenne , nommés winstone , qui traversent des terrains de 
toutes les époques, depuis les granités jusqu'à la craie, comme 
des fentes ouvertes par le gonflement et l'éruption d'une 
matière pierreuse à l'état de fusion, qui, en sortant par ces 
fentes pour se répandre à la surface du sol, les a laissées 
pleines de cette même matière. Ce sont des filons ouverts 
par soulèvement et remplis de bas en haut d'une matière 
qui a été détruite et enlevée de la surface du sol, paice 
qu'elle s'y est altérée et désagrégée plus facilement, mais 
17. 4 



5o FIL 

qui est restée intacte dans les filons, et qui forme même ces 
longs murs et saillies qu'on nomme djkes, murs si communs en 
Ecosse, et que nous avons décrits au mot Basalte. Noussoaimes 
d'autant plus disposés à admettre cette opinion, que nous 
lavions déjà avant qu'elle eût été publiée par ces géologues, 
et nous sommes portés, comme eux, à l'appliquer au rem- 
plissage de plusieurs filons, soit pierreux, soit même mé- 
talliques, qui présentent une disposition, une forme, une 
structure et des phénomènes qui ne peuvent guère se conci- 
lier avec l'hypothèse du remplissage par en haut. 

On voit qu'il est très-probable , pour ne pas dire cer- 
tain , premièrement, que tous les gîtes de minerais ou de 
matières minérales qu'on nomme filons, n'ont pas été produits 
par une cause unique et générale; secondement, qu'on ne 
peut non plus attribuer à une seule cause le remplissage des 
filons , quelle que soit leur nature; troisièmement, que, dans 
toute hypothèse , les filons peuvent être considérés comme 
une fente remplie. Cette considération mène, i.° à des 
connoissances générales de géognosie qui augmentent le 
domaine de cette science d'une manière positive; 2.° à des 
règles présuuiables, et même presque certaines, propres 
à diriger les recherches et les travaux du mineur. 

Les filons, quel que soit leur mode réel de formation, 
pouvant être considérés comme des fentes, il s'en suit que 
les nions coupans doivent nécessairement être plus nouveaux 
que les filons coupés; et qu'on peut, par une suite nom- 
breuse d'observations bien faites, établir à peu près l'ordre 
de formation des filons, et celui des différentes substances 
pierreuses et métalliques qui se trouvent dans les filons. 
Ayant ainsi un moy^ certain de déterminer Tàge relatif 
des filons, on pourra arriver à déterminer les autres carac- 
tères des filons anciens comparés aux nouveaux, et à les 
reconnoitre, lors même qu'on n'aura pas le* moyen com- 
paratif d'où on sera parti. 

Ainsi, ou remarque que les filons les plus anciens, dé- 
terminés par le moyen précédent, ou, ce qui est la même 
chose, que les filons qui sont le plus ordinairement coupés 
par d'autres filons , se trouvent aussi dans les terrains pri- 
mordiaux regardés comme les plus anciens, tels que les 



FIL 5i 

granités, les pegmatites, les hyalomictes, les gneiss, les»ini- 
caschistes, leseiuitesporphyroïdes, quelques porphyres, etc.; 
que, dans ces filons, non-seulement la guangue et le mine- 
rai même adhèrent fortement à la roche, mais que le pre- 
mier participe souvent de la nattire de la roche , et que 
le second se trouve souvent disséminé dans la roche mcme, 
aux approches du filon , ou dans les fissures de stratifica- 
tion qui divisent la roche lorsqu'elle est stratifiée. On re- 
marque que ces filons sont généralement peu puissans, 
rameux , mal réglés dans «leur direction; qu'ils ont peu 
d'étendue;' qu'ils présentent moins de druses , moins de mi- 
nerai massif, et cependant aussi moins de cristaux implantés 
que les autres. 

Les filons moins anciens, qui traversent les schistes luisans, 
les phj-^llades satinées et tuberculées, les pliylladcs pailletées, 
les calcaires sublatnellaires noirâtres, dits de transition, les 
psammites schistoides , et même les psammitcs micacés et 
les calcaires compactes, sont plus puissans, plus étendus, 
mieux réglés dans leur allure; ils renferajent de grandes 
cavités ; enfin, ils présentent tous les caractéi'es opposés à 
ceux des filons atciens. 

Si Ton veut chercher à déterminer 1 ;^ge de formation des 
substances pierreuses et métalliques au moyen de l'ordre 
dans lequel elles se présentent successivement dans ces filons 
de différens âges, on a , d'après Wtrner, à peu près la série 
suiA'ante, susceptible d'être perfectionnée par des observa- 
tions plus multipliées, et faites dans des lieux plus variés et 
plus éloignés du siège habituel des observations de ce père 
de la vraie géogirosie. 

Les minéraux pierreux qui remplissent les filons les plus 
anciens, soit seuls, soit avec des métaux, sont le felspath, 
le quarz, le mica, l'amphibole; ceux qui remplissent sou- 
vent seuls les filons les plus anciens, sont la topaze, le béril- 
aigue-marine , le mica gris ou A'erdàtre, la chlorite, la chaux 
fluatée , la chaux phosphatée : ils sont presque toujours accom- 
pagnés de sid)stances métalliques. 

Les minéraux pierreux qui remplissent seuls, ou accom- 
pagnés de métaux , les filons plus modernes, sont , à peu près 
rfans l'ordre d'ancienneté, le calcaire spathique , la barytf 



5^ FIL 

sulfatée, la baryte carbonatée, l'argile lithomarge, l'agate, 
le talc, la vake. 

Les minerais métalliques paroissent s'être formés dans la 
croûte du globe dans l'ordre suivant. 

Dans les terrains primordiaux les plus anciens: l'étain , le 
schéelin ferruginé et calcaire, le molybdène, le graphite, 
l'urane , le bismuth, le fer oxidulé, le cobalt gris, le fer 
arsenical , l'or , l'argent rouge. 

Dans les terrains primordiaux très-stratifiés, tels que les 
gneiss, micaschistes, les schistes luisans , etc. : l'antimoine 
sulfuré , la manganèse métalloïde , le fer carbonate spathique , 
le cobalt arsenical, le nickel sulfuré, l'argent gris, l'argent 
rouge, l'argent natif, le mercure sulfuré, le cuivre oxidulé 
et natif , le cuivre sulfuré, le cuivre gris, le cuivre pyriteux, 
le fer oligiste , le fer oxidé rouge, le fer oxidé brun, le 
fer pyriteux. 

Dans les terrains de transition, et dans les terrains de sé- 
dimens ou secondaires inférieurs : le fer oxidé compacte , 
le mercure sulfuré , le plomb sulfuré , le zinc sulfuré , le 
manganèse oxidé compacte, le zinc carbonate, le cuivre ma- 
lachite et azuré, le zinc calamine. 

Cette liste n'offre qu'un aperçu des principales substances, 
et de l'ordre le plus général dans lequel elles paroissent 
s'être formées ou déposées dans les Jilons de l'écorce du 
globe. Nous ne pourrions, sans alonger considérablement 
cet article, les donner avec plus de détails, en faisant dis- 
tinguer, 1." les métaux qui ne se présentent que. dans cer- 
tains filons, et qu'on ne voit plus dans les filons plus nou- 
veaux, tels que l'étain; :2.° ceux qui, après s'être présentés 
dans des filons anciens, se représentent encore dans les 
Jilons du moyen âge , tels que le fer carbonate spathique , etc. ; 
3.° ceux qui ne se présentent que dans les filons du moyen 
âge et dans les filons postérieurs, mais point dans les anté- 
rieurs, tels que le zinc carbonate, etc.; et d'ailleurs nous 
n'aurions peut-être pas les moyens suffisans pour présenter 
cette nouvelle série avec les développemens et la certitude 
désirables. 

Nous avons cité peu de faits à l'appui des principes que 
nous avons posés, parce que , n'en ayant pas qui nous soient 



FIL 55 

particuliers, nous n'avons pas a'OuIu répéter pour la vingtièrffe 
fois ce qu'on trouve dans tons les ouvrages de géognosie et 
de Tart des mines publiés jusqu'à ce jour. (B.) 

FILOU, Epihtilus. (Ichthj'ol.) M. Cuvier a fait sous ce nom 
un sous-genre dans le grand genre des labres. Le corps et la tête 
sont recouverts de grandes écailles, dont le dernier rang em- 
piète même sur la nageoire de l'anus et sur celle de la queue. 
Il y a deux dents coniques plus longues au-devant de chaque 
mâchoire, et ensuite de petites dents mousses. On n'en con- 
noît qu'une espèce de la mer des Indes; c'est le sparus insi- 
dialor de Pallas. Cet animal , par l'extrême extension qu'il 
peut donner à sa bouche , dont il fait subitement une espèce 
de tube, saisit au passage les petits poissons qui nagent k 
portée de ce singulier instrument. (H. C. ) 

FILTRATION. (Chim.) Opération par laquelle on sépare 
une matière solide qui est mêlée à un liquide , en faisant 
passer ce liquide au travers d'un papier non collé, ou encore 
au travers d'une étoffe de laine, de coton, de lin ou de 
chanvre , ou enfin au travers d'une colonne de sable ou 
de verre pilé. Les particules du liquide s'écoulent par les 
interstices du papier, de la toile ou du sable, et les parti- 
cules du solide , plus volumineuses , restent sur le papier , 
sur l'étoffe ou entre les grains de sable. (Ch.) 

FILTRE. (Chim.) C'est fintermède qui sert à la filtration. 
Les filtres sont de papier non collé, d'étoffe de laine, de 
coton, de, lin ou de chanvre, ou bien encore de sable ou 
de verre pilé. Ils ne doivent exercer aucune action chimique 
sur les mélanges que l'on veut filtrer. 

Les filtres de papier se font avec du papier Joseph ou du 
papier gris. Lorsqu'on opère sur de petites quantités de 
liquides, et qu'on veut recueillir sans perte tout le liquide 
et toute la matière solide, on fait usage des filtres de papier 
Joseph , auxquels on donne la forme d'un cône et qu'on 
place ensuite dans un entonnoir de verre. Dans les expé- 
riences délicates, ces filtres doivent être lavés avec de l'acide 
hydrochlorique, parce qu'ils contiennent un peu de carbonate 
de chaux et de peroxide de fer. Les filtres de papier gris 
sont employés en général pour filtrer de grandes quantités 
de liquides ; souvent, au lieu de leur donner la forme d'un 



54 FIM 

cftne et de les mettre dans un entonnoir de verre , on les 
place sur une toile peu tendue, qui est fixée aux quatre coins 
sur un châssis de bois. 

Les filtres d'étoHes de laine, qui ont la forme d'un cône, 
sont appelés chausses; on s'en sert dans les pharmacies et les 
offices pour filtrer les sirops et les ratafias. 

Les filtres de sable ou de verre pilé s'emploient pour filtrer 
de l'eau , et quelquefois des liquides acides qui corroderoient 
les filtres de papier ou de toile. (Ch. ) 

FIMA (J5of. ), nom japonois du ricin ordinaire, suivant 
Kaempfer et Thunberg. (J. ) 

FIMBAR-MINGANANG (Bot,), nom malais, suivant Bur- 
mann , de son pufjpodiiim scolopendi-ia , qui est le daun-sam~ 
hang des Javanois, différent du daun sombong , espèce d'eu- 
patoire mentionné par Rumph.. (J.) 

FIMBRILLAIRE, Fimbrillaria. {BoL)[Corj!nbijcres,3uss. — 
-Sjyngénésie polygamie nécessaire, Linn.] Ce genre de plantes, 
que nous avoiis établi dans la famille des synanthérées (Bull. 
de la soc. philom. , Février 1818), appartient à notre tribu 
naturelle des Astérées , dans laquelle nous le plaçons entre 
le dimorphantlies, dont il diffère par le clinanthe fîmbrillé, 
et le baccharis , dont il diffère par le même caractère, et 
de plus en ce que chaque calathide réunit les deux sexes. 

La calathide est discoïde, subglobuleu?e , composée d'un 
disque pluridore , réfjulariflore , masculiflore ou quelque- 
lois androgyniflore , et d'une couronne multisériée , mul(i- 
fîore, fubulifîore, féminillore, Lepéricline, inférieur aux 
fieurs, est arrondi, et formé de squames irrégulièrement 
imbriquées, appliquées, oblongues-linéaires, coriaces- fo- 
liacées. Le clinanthe est plane, et garni de très-longues fim- 
brilles charnues, irréguiières , inégales et dissemblables, 
entregreffées inférieurement. Les ovaires sont comprimés, 
obovalcs, hispides, munis d'un bourrelet apicilaire; leur 
aigrette est composée de squamellules filiformes , barbellulées. 

FiMEatLLAiRE BACCHAROiDE: Fimbrillariabacclioroides , H. Cass. ; 
^accharis ivœfolia„ Linn. C'est un arbuste d'Amérique, haut 
d'environ quatre pieds. Sa tige est épaisse et revêtue d'une 
écorce crevassée; ses branches sont droites, cylindriques, 
pleines de moelle, striées, pubescentcs 



FIM 55 

celles-ci sont alternes, éparses, à pétiole long de si\ lignes, 
à limbe long d'un pouce et demi, large de dix lignes, 
ovale-lancéolé, grossièrement denté en scie sur les bords 
de sa partie supérieure seulement ; les deux faces de la 
feuille sont un peu Iiispidules , et II y a trois nervures 
principales saillantes en-dessous ; les calathides, composées 
de fleurs jaunâtres, sont petites, nombreuses et disposées en 
cor) mbcs terminaux irréguliers. Nous avons observé les ca- 
ractères génériques et spécifiques de cet arbuste au Jardin 
du Roi. 

F1MBRII.LAIRE A TCYAUx : FJnihrUlcria tubifera , H. Cass., Bul!. 
de la soc. philom. , Octob. 181g. C'est une plante probablement 
herbacée, dont la tige est simple et haute d'un pied, dans 
l'échantillon sec et incomplet que nous décrivons ; cette tige 
est épaisse , pleine de moelle, cylindrique, striée, un peu 
anguleuse, un peu pubesceute. Les feuilles, qui sont al- 
ternes et nombreuses, ont un pétiole long d'environ un 
pouce et demi, dilaté à la base, et un limbe long de six 
pouces, large de trois pouces, lancéolé, très-entier sur les 
bords, un peu tomenteux sur les deux faces, un peu épais, 
nervé. Les calathides, très-nombreuses et composées de fleurs 
à corolle jaune, sont rapprochées en gîomérules inégaux 
sur les ramifications de l'inflorescence, dont l'ensemble forme, 
au sommet de la tige, une grande panicule corymbée ; elles 
sont discoïdes, composées d'un disque multifîore , régulari- 
flore , masculiflore, et d'une couronne plnrisériée, iiiulti- 
llore, tubuliflore, féminiflore ; leur péricline est inférieur 
aux fleurs, irrégulier, formé de squames irrégulièrement 
bisériées, un peu inégales, appliquées, elliptiques, subco- 
riaces, un peu membraneuse^ sur les bords. Le ciinanlhe est 
plane , hérissé de firabrilles inégales , irrégulières , entre- 
grelTées à la base; les ovaires sont hispidules, et ont une 
aigrette de squamelluies nombreuses, inégales, filiformes, 
à peine barbellulées ; les fleurs de la couronne, au moins 
aussi longues que celles du disque, ont une corolle en 
forme de long tube grêle, coloré, arqué en dedans et 
denticulé au sommet; les fleurs du disque ont une corolle 
à cinq divisions, et un faux-ovaire avorté, pourvu d'une 
aigrette semblable à celles de la couronne. 



56 FIM 

Nous avons observé cette nouvelle espèce de fimbrlUaire 
dans un herbier des îles de France et de Bourbon, reçu au 
Muséum d'histoire naturelle de Paris, en Janvier loig. Elle 
diffère beaucoup de l'espèce originaire, et elle est remar- 
quable par sa couronne de tubes longs, colorés et irès-appa- 
rens en dehors, ce qui est rare dans une calathide discoïde, 
et ce qui donne à celle-ci l'aspect d'une calathide radiée 
dont la couronne ne seroit pas encore épanduie. Nous dou- 
tons si celte plante est une herbe ou un arbrisseau, et ce 
que nous avons décrit comme étant la partie supérieure de 
la tige n'est peut-être qu'une branche. (H. Cass.) 

FIMBRILLES. {Bot.) Le clinanthe de la calathide des sy- 
nanthérées est souvent garni d'appendices , dont nous avons 
distingué plusieurs sortes, mal à propos confondues par les 
botanistes. Nous avons donné le nom de fimbrillcs [fimhrillœ) 
à ceux qui sont en forme de filets membraneux, laminés, 
linéaires ou subiilés, inégaux, irréguliers, souvent entre- 
greffes inférieurement , et toujours beaucoup plus nombreux 
que les fleurs. Les fimbrilles ne sont point de vraies bractées , 
comme les squamelles; mais ce sont de simples saillies du 
clinanthe. Quelques botanistes, tels que M. De Candoile, 
supposent que les fimbrillcs sont des squamelles découpées, 
longitudinalement jusqu'à la base , en lanières sétiformes. 
Cette opinion n'a aucun fondement, et sa fausseté nous est 
démontrée par une foule d'observations qu'il seroit trop 
long de rapporter ici. D'autres botanistes, tels que M. Ri- 
chard, croient que les fimbrilles sont exclusivement propres 
aux cynarocéphales, et ne se retrouvent point chez les co- 
rymbifères : cette assertion est démentie par Vandromachia, 
,1e coteosanthus , le culcitium , le charieis , le fimbrillaria , 
Vedmondia , Vahsinthiiim , le clomenocoma, Veriocline, le tricho- 
cline , le tessaria, Yisonema, le gLjphia , le tarchonanthus , 
Yarctotis, le gjmnostyles , le g ai Hardi a , et par beaucoup 
d'autres corymbifères. Pour avoir une idée juste de la 
distinction des fimbrilles et des squamelles, on peut com- 
parer le clinanthe timbrillifère du chardon avec le clinanthe 
squamellifère de Phélianthc. Notre genre Cladanthus offre 
l'exemple remarquable d'un clinanthe tout à la fois squa- 
jnclUfère et fimbrillifère , ce qui est un cas très-rare. Voyez 



FIM 57 

l'article CoiMPOsÉts ou SvNANTHBHÉf,s , tome X , page 146. 
(H. Cass.) 

FIMBRISTYLIS.(Bof.) Genre de plantes monocofylédones, 
à fleurs glumacées, de la famille des cypéracées , très -voisin 
des scirpes, dont il faisoit d'abord partie. Il appartient à la 
trifindrie monogjnie de Linnaeiis , et se distingue par des épis 
composés d'écailles en paillettes, imbriquées dans tous les 
sens, rarement stériles; trois étamines; un style comprimé, 
caduc, articulé avec l'ovaire, souvent cilié et bulbeux à sa 
base; deux stigmates, rarement trois; point de soies sur le 
réceptacle ; une seule semence. 

Ce genre diffère essentiellement des scirpes par le style 
articulé avec l'ovaire, par le réceptacle dépourvu de soies. 
Il se compose d'espèces toutes exotiques. Les tiges n'ont 
point de nœuds; elles sont munies à leur base de gaines ou 
de feuilles étroites, souvent canaliculées , légèrement denti- 
culées à leur base : les épis solitaires ou en ombelles ; un 
involucre assez semblable aux feuilles, plus court, quelque- 
fois scarieux. Parmi les nombreuses espèces de ce genre on 
peut distinguer : 

* Fleurs en cpis simples. 

FiMBRiSTYLis TENCHÉE : Fimbristylis nu tans , Vahl ; Scirpus 
nu tans , Retz., Obs. , 4, pag. 12. On trouve cette plante à 
Malacca , dans les lieux marécageux. Ses racines sont fibreu- 
ses ; ses tiges filiformes, hautes de six à sept pouces, nues, 
comprimées, presque tétragones, munies à leur base de 
quelques écailles courtes, brunes, et enveloppées par une 
ou deux gaines longues d'un pouce. Les fleurs sont disposées 
en un épi nu, solitaire, ovale, incliné, composé d'écai,lles 
brunes, imbriquées. 

Fimbristylis dentelée; Fimbristylis serrulata , Vahl, Enum. , 
2, pag. 285. Ses tiges sont filiformes, anguleuses, longues 
d'environ trois pouces, munies à leur base de deux feuilles 
un peu obtuses, rudes à leurs bords, et de deux gaines ferru- 
gineuses; Fépi est un peu plus gros qu'un grain de millet, 
accompagné de deux folioles linéaires , inégales ; les écailles 
ovales, acuminées, finement striées. Cette plante croit dans 
l'Amérique méridionale. 



58 FIM 

FiMBRisTVLis HÉRISSÉE; Fimbristylis hirteUa , Vahl, Lc.,28{). 
Cette espèce a des tiges sétacées, haiitcs fie trois ou quatre 
pouces, trigones vers leur sommet; deux ftuilles capillaires , 
pileuses; leur gaine ferrugineuse: l'involurre composé de 
deux folioles pileuses; deux épis, l'un scssile, l'autre pédon- 
cule, garnis décailles glabres, ovales, médiocrement nui- 
cronées; les semences d'un blanc de neige, striées dans leur 
longueur. Elle est originaire de l'Amérique méridionale. 

** Fleurs en épis disposés en ombelle. 

Fimbristylis tomenteuse; Fimbristylis tomentosa , Vahl, /. c, 
pag. 290. Fiante des Indes orientales, couverte de poils 
Llanchàtres sur toutes ses parties. Ses tiges sont grêles , 
comprimées, hautes d'un pied et plus, munies de deux ou 
trois feuilles linéaires ; une ombelle à sept rayons , trois 
ou quatre aux ombellules , soutenant de petits épis ovales, 
acuminés; les iiivolucres composés de cinq folioles très- 
pileuses; les écailles brunes, ovales, acumiuées, pileuses 
dans leur jeunesse , puis glabres et luisantes. 

FiMB.asTYUs pileuse; Fimbris'jlis pilosa, Vahl, Z. c. , p. 290. 
Plante de l'Isle-de-France, remarquable par sa belle couleur 
glauque, et dont les tiges sont grêles . hautes de deux pieds, 
munies de deux ou trois feuilles étroites, ciliées; leur gaine 
est pileuse, ferrugineuse; linvolucre cilié, à deux folioles 
courtes ; les ombelles composées de six rayons ; les ombellules 
terminées par des épis ovales, un peu obtus, de la grosseur 
d'un pois; les écailles brunes, ovales, un peu mucronées ; 
les semences un peu pédicellées , onuulccs et striées dans 
leur longueur- 

Fimbristylis lâche; Fimbristy^lis laxa , Vahl, /. c. , p. 292. 
Ses tiges et ses feuilles sont filiformes : ses épis petits, glabres . 
ovales; Finvolucre à deux folioles plus courtes que l'ombelle ; 
\ine seule étamine; les semences jaunes, arrondies, striées 
dans leur longueur. Cette espèce croit dans l'Amérique mé- 
ridionale. 

Fimbristylis mdcroné*:; Fimbristylis miicrGnata , Vahl, l. c, 
p. ^igS. Cette espèce a des rapports avec le scirpus lacusfris. 
Ses tiges sont trigones, spongieuses : son involucre se com- 



FIN 59 

pose du proiongernent de la tige et d'une écaille qui lui est 
opposée, ovale, aiguë, d'un brun ferrugineux. L'ombelle 
est simple, à. deux on quatre rajons comprimés, rudes sur 
leurs bords; les épis d'un brun clair, luisans, à peine longs 
de trois lignes; les écailles blanchâtres, mucronées. Elle croit 
à l'île Mahon. 

FiMBRXSTYLis CYLINDRIQUE; Finihrisfj'Us cylîndrica . Yalil , l. 
c, p. 295. Plante de la Caroline, dont les tiges sont grêles, 
hautes de deux pieds: les feuilles roulées, filiformes, un peu 
glauques, d'un brun noirâtre sur leur gaine; une ombelle 
simple, à cinq ra3'ons sétacés; les épis cylindriques, très- 
obtus, presque longs de six lignes; les écailles d'un jaune 
clair, un peu arrondies; deux folioles séfacécs à chaque 
épillet ; les pédoncules très-longs; les semences lisses, com- 
primées , arrondies. 

M. Robert Brown cite environ une trer.laine d'espèces 
(le fimbristjlis , toutes recueillies sur les côtes de la Nouvelle- 
Hollande, parmi lesquelles on distingue le Finibrislflis pauci- 
Jlora, à un seul épi nu, subulé, peu garni; le style bifide, 
les semences un peu rudes; une seule éfamine dans chaque 
fleur; les tiges sétacées. Fùnbristjiis te^ragona, dont les tiges 
sont tétragones , engainées à leur base , terminées par un seul 
épi droit, nu, ovale, obtus; les styles trifid es, frangés dans 
leur longueur; les écailles ovales, très-obtusts. Fimbristylis 
Iristachia , a trois épis obloDgs, aigus; les écailles ovales, mu- 
cronées; les semences lisses: les tiges rudes, anguleux. (Poir.) 

FIME-FAGI, ONSI. (Bot.) Noms japonois du polj-gala 
commun, suivant M. Thunberg. La fime-juri est le lis pom- 
ponien. Le campanula marginata de M. Thunberg a le nom 
de fime-lihjo , qui signifie violette oes vierges. (J.) 

FIMORO (Bot.), nom Japonois, suivant Ka-mpfer, d'un 
genévrier, qui est le cupressiis pendula de M. Thunberg. (J. ) 

FIMPI. (Bot.) Arbre de Madagascar, mentionné par Fia- 
court , qui ajoute que c'est le costus indicus. Il a la forme 
d'un olivier, Pécorce blanche, l'odeur de musc, le goût 
plus piquant que celui du poivre, et il laisse suinter une 
résine noire et très-odorante. Ces diverses indications font 
croire que c'est la cannelle blanche, canella. (J. ) 
' FINANGO (Bot.), voyez Feo. (J.) 



6o pi]>^ 

FIN-FISCH , FINNE- FISKE , FINN - FISK ( Mawm. ).- 
noms, chez les peuples du Nord de race gothique , de la ba- 
Jeinegibbar; ilssignificnt proprement poisson à boulons. (F.C.) 

FINGAN-SAKURU (Bol.), arbre du Japon, qui est, 
suivant M. ïhunberg, son prunus incisa. (J.) 

FIJNGOSAKF (Bot.), nom japonois de la fumcterre ordi- 
naire, suivant M. 'J'hunberg. (J.) 

FIJNGRIGO. (Bot.) L'arbre de la Jamaïque désigné sous 
ce nom par Sloane et par Flukenet , paroit être le pisonia 
acuUaia. ( J. ) 

FINGUEIŒ. [Bf.) Rochon cite sous ce nom un figuier 
sauvage de Madagascar, dont on retire, par incision, un 
suc laiteux qui, en se coagulant, devient une résine élas- 
tique propre ta être employée comme celle du caoutchouc. 
Rochon dit que les Malgaches en font des torches qui brûlent 
sans mèche, et éclairent très-bien dans la nuit. (J. ) 

FIN-HOULLY (Bot.), nom vulgaire du trèfle rampant 
dans quelques cantons. (L. D. ) 

FINNE, Fina. (Ewoz.) Mot dérivé de Tallemand, et si- 
gnifiant la ladrerie des cochons, que quelques zoologistes 
allemands, et entre autres Werner {Bre^. expos, cont. , 2, 
p. 2 , tab. 1 , fig. 8- 1 ), emploient pour désigner un genre de 
vers intestinaux hj'^datifonnes , créé pour une espèce d'hyda- 
tide , ou mieux de cysticerque , qui se trouve en grande abon- 
dance dans le tissu cellulaire du cochon (auquel elle occa- 
sionne la maladie connue sous le nom de ladrerie) , et qui dif- 
fère un peu des autres, parce qu'elle a une sorte de double 
sac extérieur; mais, comme il est évident que ce sac ne lui 
appartient pas, mais bien à l'animal dans lequel cette hy- 
datide se développe, cette circonstance ne peut être suffi- 
sante pour l'établissement d'un genre. Voyez Cysticerque. 
(DeB.) 

FINOCHIO (Bot.), nom italien du fenouil; le finochietta 
est le meum des pharmaciens, œthusa mtum de Linnœus. (J. ) 

FINO-KI {Bot.), nom japonois du thuya. (J.) 

FIN -OR D'ÉTÉ et FIN- OR DE SEITEMBRE. {Bot.) On 
donne ces noms à deux variétés de poire. ( L. D. ) 

FIOFURl. {Bot.) Nom japonois du lamicr rouge, lamium 
purpureum. Le fiotari est une courge, cucurhita hispida de 



FIR 61 

Thunberg: le y?oogi est le morœa chinensis du même; ]o fioo 
est la rose tremière , alcea rosea. (J. ) 

FIOLSTER {Ornith.), nom noruégien de l'ortolan ou 
bruant de neige, emberiza nivalis, Linn. (Ch. D.) 

FIONOUTS. {Bol.) Herbe de Madagascar, à fleurs jaunes ^ 
en bouquets et à feuilles grasses. Flacourt dit qu'on la brûle 
pour en retirer des cendres qui sont employées dans les 
lessives et dans quelques teintures. Ces indications peuvent 
s'appliquera quelques espèces du genre Cotj lédon : mais. dans 
le catalogue de Iherbier de V^aillant, la plante ainsi nommée 
est placée parmi les conyses. (J.) 

FIOR CAPUCCIO. (Bot.) Nom toscan du pied-d'alouette 
des jardius , dclphinum ajacis, selon Césaljùn ; c'est celui sur 
les pétales duquel on croit voir des lettres tracées qui rap- 
pellent une des métamorphoses décrites par Ovide. (J. ) ^ 

FIOR RANCIO. (Ornitli.) L'oiseau ainsi nommé dans 
Olina est le roitelet, mofacilla regulus, Linn. (Ch. D.) 

FIORALIA. {Bot.), nom italien du bluet, suivant Adan- 
son. (H. Cass.) 

FIORITE {Min.), nom donné par Thomson à une variété 
de quarz concrétionné qu'on trouve au mont Fiora , en 
Toscane. Voyez Quarz hvalite concrétionné. (B. ) 

FIORNA. {Ornith.) C'est, en Ostrobothnie, le petit grèbe 
cornu, coljmhus auritus , Linn. (Ch. D.) 

FIOU. {Bot.) La plante de Madagascar citée sous ce nom 
par Flacourt est une espèce d'asperge, selon Vaillant. (J. ) 

FIR. {Bot.) Nom japonois du poireau ordinaire. Le ca- 
randas , carissa , est nommé fira etjirasi; le liseron du Janon, 
conyoU'ulus japonicus , est le firagano ; le houx est le frasol 
de Kœmpfer. Un varec , fucus saccharinus , est le Jirome du 
même. Il dit que le firumusiro est un potamogelon à feuilles 
de muguet. (J.) 

FIRENZIA. {Bot.) Necker érige en genre, sous ce nom, 
un sebestier, cordia flavescens d'Aublet, parce qu'il a six di- 
visions à la corolle et six étamines au lieu de cinq , et que 
son fruit ne contient qu'une graine, probablement par suite 
de l'avortement des autres. (J.) 

FIR-MIANA. {Bot.) Marsigli, dans les Actes de Padoue, 
nommoit ainsi le sterculia platanifolia , qui étoit aussi le 



62 FIR 

culhamia de Forskal , cl qui. avant de fleurir dans le jar-- 
din de Trianon , y a subsisté long-temps sous le nom de 
richardia. (J.) 

FIROLE, Pterotrachea. (Mahicoz.) Genre de molhisques 
établi par Forskal, Faun. arah., p. i 17, sons la dénomination 
de Pierotrachea , changée, on ne sait trop pourquoi, en 
celle de Firola , Firolc, par Bruguiércs et tous les zoolo- 
gistes François. Ses caractères, tels que nous les avons ex- 
posés dans notre Mémoire sur Tordre des mollusques pté- 
ropodos, inséré dans le Bulletin de la Société philomatique, 
peuvent ctre exprimés ainsi: Corps alongé , plus ou moins 
conique en avant comme en arrière, ou atractosomc , sy- 
métrique, comme gélatineux, poîirvu en-dessous d'une na- 
geoire arrondie, comprimée, bordée d'un petit suçoir pré- 
hensile, et oflrant en-dessus et en arrière du milieu du dos 
une sorte de nucléus nu, formé des principaux viscères, et 
entre autres du cœur et des branchies symétriques com- 
posées par deux groupes de longs filaraens ; deux yeux ; des 
tentacules presque rudimentaires ; la bouche à Fextrémité 
d'une sorte de trompe rctractilc, et pourvue de mâchoires j 
la queue terminée par des appendices natatoires et souvent 
prolongée en un long iilet moniliforme. D'après cela , il 
est aisé de voir que ces mollusques sont extrêmement voi- 
sins des carinaires . dont ils ne diffèrent peut-être que 
parce que le nucléus est nu et n'est pas recouvert par une 
coquille (voyez Carinaire) ; aussi les avons-nous placés, 
dans notre Système de classiâcatîon des maîacozoaires, avec 
ce genre , dans un petit ordre distinct . que nous avons 
nommé Kucléohranches. Avant le Mémoire de MM. Pérou 
et Le Sueur, sur l'ordre des ptérobranches, aucun zoolo- 
giste n'avoit essaye de classer ces animaux. Ces auteurs , 
M. Meckel, etc. . sur la simple observation que les tiroles se 
meuvent au moyen d'appendices natatoires, en firent un 
genre de l'ordre que M. Cuvier venoit d'établir sous le nom 
de Ptéropodes , mais en n'envisageant la chose que d'une ma- 
nière superllcielle : car tous les rapports les rapprochent évi- 
demment des mollusques gastéropodes, parmi lesquels M. 
Cuvier les a en effet rangés depuis dans son Piègne animal. 
M. de Lamarck en a fait, comme nous, un ordre distinct. 



FIR 65 

qu'il nomme Hétéropodes, et qu'il place tout à la fin des 
ino!hjS(jue.s céphalés. Mais, avant les travaux de ces deux der- 
niers zoologistes, nous avions montré, dans le Mémoire cité 
plus haut, que c'étoit a tort que MM. Péron et Le Sueur en 
faj.'.oient des ptéropodes, et qu'en outre c'étoit encore plus à 
tort qu'ils avoient décrit , dessiné et défini ces animaux comme 
ayant la nageoire comprimée sur le dos, et le nucléus ou 
les branchies sous le ventre : c'est ce que nous croyons avoir 
démontré d'une manière peu douteuse par voie d'analogie 
avec tous les autres mollusques , et par voie d'observation, 
puisque Forskal, qui est évidemment cciui qui les a observés, 
le premier vivaus dans l'eau de la mer, quoique Téron ait dit 
le contraire, les décrit, comme nous les avons définis. Mais, 
comme MM. Péron et Le Sueur ont également vu ces animaux 
nageant au milieu des eaux, il faut en conclure que les 
firoles ont la faculté de nager le pied ou le ventre en haut, 
comme le font un assez grand nombre de mollusques, et 
entre autres les janthines , les glaucus , leslymnées, pla- 
norbcs , etc. Malgré nos observations, M. Le Sueur, depuis 
la mort de son ami, n'a pas moins cru devoir persister dans 
sa première opinion , comme on pourra le voir dans le 
Mémoire qu'il a publié sur ce genre, avec des figures, dans le 
n." 1 ." du Journal de l'Académie des sciences de Philadelphie, 
en 1017. 

Le corps des firoles est , comme il a été dit plus haut , 
généralement fort alongé , renflé au milieu et plus ou moins 
appoinli vers ses deux extrémités, l'antérieure étant conique 
et la postérieure plus ou moins comprimée. La peau qui le 
revêt est comme gélatineuse , mais un peu consistante, et 
assez transparente pour laisser voir a travers le trajet du 
canal intestinal : elle est en outre chargée ou hérissée d'un 
assez grand nombre de tubercules irréguliers dans leur 
forme et leur position. Forskal et MM. Péron et Le Sueur 
sont d'accord pour admettre chez les firoles des yeux assez 
grands, situés à la jonction du tronc et de la trompe, for- 
jnant de chaque côté une tache ovale, transverse, noire 
au devant et près de laquelle est une petite bulle hyaline 
entourée d'un cercle noir; M. Le Sueur ajoute qu'ils sont 
supportés par un petit pédoncule. Ce dernier observateur 



64 FIR 

dit positivement qu'il ii"y a pas de tentacules. Mais ne peut- 
on pas , jusqu'à un certain point, rcgai'der comme analogue* 
les tubercules qui se trouvent en avant des yeux et sur la 
partie antérieure de la ttte P Les organes de la locomotion 
consistent d'abord en une sorte de pied ou de masse charnue, 
musculaire, Irès-comprimée , arrondie, et qui est attachée 
par un assez large pédoncule au milieu de la face abdomi- 
nale : on voit aisément à droite et à gauche les fibres muscu- 
laires qui, de l'enveloppe générale, se portent sur les côtés 
de cet organe ; et, en examinant avec attention, on trouve 
vers le milieu du bord inférieur de cette nageoire une petite 
T'entouse ou capsule musculaire, qui n'est autre chose, sui- 
vant nous, qu'un moyen pour l'animal de se fixer aux corps 
sous-marins dans l'état de repos. Cet organe , qui paroît avoir 
échappé à MM. Péron et Le Sueur, avoit été parfaitement 
indiqué par Forskal. Enfin, l'extrémité postérieure du corps, 
ou la queue, séparée du tronc par le nucléus, est terminée 
par une sorte d'aplatissement ou de nageoire bifurquée , d'où 
sort très-probablement, dans tous les individus bien entiers, 
un long filament renflé, d'espace en espace, en espèces de 
tubercules, et dont l'usage est inconnu. Nous avons déjà fait 
observer que la bouche ou l'orifice du canal intestinal est 
à l'extrémité élargie d'une sorte de trompe conique , qui 
semble être une continuation du tronc. MM. Péron et Le 
Sueur disent qu'elle est armée de deux mâchoires rétractiles. 
opposées, à ce «ju'il paroît, latéralement, ce dont il nous 
seroit possible de douter un peu par analogie , et garnie 
chacune d'une série de pointes courbes cornées, rangées 
comme les dents d'un peigne, avec un autre rang de plus 
petites intermédiaires : mais, ce qui est plus remarquable, 
c'est que plus en arrière et à Pintérieur, suivant M. Le Sueur, 
se trouvent deux appendices palpiformes , composés de deux 
articulations , dont le premier est très -court et oblique, 
et le second alongé et recourbé , organes qu'il regarde comme 
des espèces de palpes inférieurs. A la suite de cette cavité 
buccale, dans le corps proprement dit, part un large canal 
cylindrique, plus ou moins dilaté, traversant une sorte de 
membrane diaphragmatique qui sépare la tête du tronc, et 
qui, se prolongeant dans l'intérieur du coi'ps, remonte vers 



FÎR 65 

le nucléus , qu'il embrasse dans sa partie inférieure , et avec 
lequel il communique par deux ouvertures, l'une simple et 
l'autre double. Ce nucléus , que nous avons dit être situé 
dans une espèce de sillon ou d'éti'anglement qui sépare le 
tronc de la queue, est oblong, pyriforme: il paroît qu'il est 
revêtu d'une sorte de membrane gélatineuse, irisée, qui, à 
quelques pieds sous l'eau , devient resplendissante. Ce nucléus 
nous paroît contenir, au milieu du foie, l'estomac, vers le- 
quel arrive un intestin filiforme , flexueux , qui est sorti de 
la cavité buccale. Quant à la terminaison de celui-là, il 
paroît qu'elle se fait par un orilice situé au côté droit de la 
cavité branchiale. Cette cavité est située à la partie anté- 
rieure et supérieure du nucléus , et les branchies, bien symé- 
triques, sont formées par une série de douze à seize fila- 
mens. Le cœur est placé au milieu ; on en voit aisément les 
battemens dans les individus vivans : il en naît une artère prin- 
cipale qui se porte en avant jusque vers les mâchoires; une 
branche en naît intérieurement pour aller se porter dans 
la nageoire abdominale, où elle forme, par un grand nombre 
d'anastomoses, un réseau A^asculaire. Quant aux organes de 
la génération , ils sont encore assez mal connus. Ainsi M. Le 
Sueur ne parle ni des ovaires ni -des testicules ; il paroît 
cependant que les deux sexes ne sont pas portés sur le même 
individu. Il regarde, très-probablement avec raison , comme 
l'organe excitateur mâle, un appendice vermiforme attaché 
au côté droit du corps et composé de trois parties, dont la 
première, placée au-dessus, paroit devoir protéger les deux 
autres, et la troisième, alongée , vermiculaire , est attachée' 
à la base de la seconde, qui est courte et cylindrique; et il 
trouve dans les individus qu'il pense être femelles, un ovi- 
ducte filiforme , contenant de petits globules éloignés, et qui 
se termine au côté gauche de la cavité branchiale, c'est-à- 
dire, dans une position contraire à celle de l'organe mâle. 
Enfin, M. Le Sueur a aussi étudié le système nerveux des 
firoles : il est composé d'un ganglion quadrilobé situé entre 
les yeux et l'œsophage ; outre les nerfs optiques, ils en ont 
quatre autres principaux , dont deux vont dans les mâ- 
choires, et les deux autres se dirigent en ariùère ; mais, ar- 
rivés à la base de la nageoire , ils se terminent dans un 
17. 6 



66 FIR 

double ganglion oblong, qui fournit les lilets des différentes 
parties du corps, et surtout , sans doute, ceux de la nageoire. 

On connoit peu les mœurs et les habitudes des firoles ; 
elles se trouvent, à ce qu'il paroît, assez communément dans 
toutes les mers des pays chauds, et même dans la Méditer- 
ranée , où elles nagent avec beaucoup d'élégance, au moyen 
de leur nageoire et de la queue. 11 arrive souvent qu'elles 
sont mutilées, et il semble qu'iin assez grand nombre des 
individus observés par Forskal étoient dans ce cas, du moins 
suivant l'observation, peut-être un peu trop généralisée, de 
M. Pérou. M. Le Sueur, ayant remarqué des différences dans 
l'existence des filamens de la queue et de la capsule du bord 
de la nageoire , s"en est servi pour distinguer les espèces 
qu'il croit devoir établir dans ce genre. Nous allons en 
donner les caractères, quoiqu'il se pourroit qu'elles fussent 
réellement un peu multipliées, et que l'absence du filament 
delà queue, par exemple, fût due à une mutilation, ou, 
peut-être encore mieux, que ce filament ne fût composé 
que des œufs sortis de l'oviducte. Je doute également un 
peu que la capsule de la nageoire manque jamais complè- 
tement. 

1.° La FiROLE TRONQUÉE; P. mutica , Le Sueur, J. des se. 
nat. de Phil. , pi. i , fig. i. Point de ventouse à la nageoire, 
ni de filament caudal; six pointes gélatineuses dispysécs par 
paires au front. 

M. Le Sueur ajoute à ces caractères spécifiques l'absence 
de l'organe vermiforme ; mais, en admettant que les sexes 
soient séparés, et qu'il appartienne au sexe mâle, on ne peut 
en tirer un caractère d'espèce. 

2.° La F. GiBBEusE; P. gibbosu , Le Sueur, loc. cit., fig. 2. 
Le corps est gibbeux au-dessous du nucléus, et le< pointes 
gélatineuses du front sont disposées en demi-cercle ; du reste, 
ni ventouse ni appendice filiforme. 

L'existence de l'organe vermiforme, que M. Le Sueur donne 
pour caractériser cette espèce, ne peut pas plus servir ici 
que son absence pour l'espèce précédente. 11 en est de même 
des suivantes. 

0." La F. DE Forskal ; P. Forskalia , Le Sueur, loc. cit. , 
fig. 5. Une ventouse à la nageoire , pas d'appendice eau- 



FIR 67 

dal ; les pointes tuberculeuses, comme dans la première 
espèce. 

4.° La F. DE Ccvier; P. Cuviera, Le Sueur, loc. cit. , fig. 4, 
et Ann. du Mus. d'hist. nat. , tom. 14? p- 218, et tom. i5, 
p. 67, pi. 2, tig. 8. Nageoire sans ventouse; la queue avec 
un appendice; les tubercules frontaux au nombre de huit: 
quatre dans, une seule ligne transversale , et les quatre 
autres eu deux. 

5." La F. DE Frédéric; P. Frederica, Le Sueur, loc. cit., 
fig. 5. Une ventouse et un appendice caudal : du reste ex- 
trêmement semblable à la précédente. 

6." La F. DE Péron; P. Peronia, Le Sueur, loc. cit., tig. G. 
Pas de pointes gélatineuses, une ventouse et un appendice 
caudal. Le corps est en outre presque lisse et sans les tu- 
bercules qui se trouvent dans les autres espèces. (De B.) 

FIROLOÏDE, Firoloida, (Malacoz.) Nouveau genre de 
malacozoaires, dont le nom indique l'affinité avec les tiroles, 
et qui a été établi par M. Le Sueur, p. 57 du i.*"' vol. du 
Journ. des se. nat. de Philad., 1817 , pour quelques animaux 
qui ne diffèrent réellenieiit des firoles que parce qne la 
queue de celles-ci ou la partie du corps qui se trouve après 
le nucléus, est nulle, ou mieux, extrêmement petite : ainsi 
les caractères génériques seront absolument les mêmes, avec 
cette différence que le nucléus est à rcxtrémité postérieure 
du corps,' et que la queue n'est formée que par une pointe 
très-courte sans nageoire. Du reste, c'est tout-à-fait la même 
organisation et les mêmes mœurs ; mais une oi;$ervation 
faite par M. Le Sueur, que dans deux individus de ce 
nouveau genre il a vu partir de l'extrémité postérieure du 
corps un appendice filiforme fort alongé , rempli de petits 
globules semblables à des œufs , et qu'il regarde , selon 
nous, à tort comme des oviductes , parce qu"il est évident 
qu'ils ne sont très -probablement que des cordons d'œufs , 
nous porte à croire qu'il faut aussi admettre comme ana- 
logue l'appendice filiforme de la queue des vraies firoles, 
et alors il sera encore plus impossible de s'en servir comme 
caractère d'espèces. Quoi qu'il en soit, voici les espèces que 
M. Le Sueur range dans ce nouveau genre , et qu'il a obser- 
vées dans l'océan atlantique^ en 1S16. 



68 Fip, 

1." La F. deDesmarest; h\ DesmareUia , Le Sueur, loc.cit,, 
pL 1 1' , fig. 1. Le corps long, glabre, l))-alin , pointu aux 
deux extrémités : sans pointes gélatineuses : deux pouces de 
long. 

2° La F. DE Blaik VILLE ; F. Blainvilliana , Le Sueur, /oc, 
cit., pi. 2 , fig. 2. Le corps court,, glabre, plus épais en ar- 
rière et comme tronqué; la nageoire médiocre. Un à deux 
pouces de long. 

5." La F. aiguillonnée; F. aculeata , Le Sueur, loc. cit., 
lig. 5. Corps presque cylindrique , glabre, hyalin; des rides 
au-dessous des yeux; nageoire médiocre. 

Ces trois espèces viennent des mers de la Martinique. 
(De B.) 

FIROME. [Bot.) Voyez Fir et Laminaria. (Lem.) 

FIS (Bot.), nom japonois de la macre , trapa. (J.) 

FJSAH KLAB. (Bot.) Suivant M. Delile, ce nom arabe, 
qui signifie pet de chien, est donné à l'anserine blanche, 
chenopodium album, et à l'ortie romaine, uvtica pilulifera. (J. ) 

FISAKAKI, OBAMMl (Bot.), noms japonois, suivant 
M. Thunberg , de son genre Eurya, qui n'est pas encore 
rapporté aune famille connue. ( J. ) 

FIS/VÎNELLE. (Ornith.) On nomme ainsi, à Venise, le 
grèbe proprement dit, BuIT. , colymbus urinator , Linn. (Ch. D.) 

FISCAL. (Ornith.) La pie-grièche du cap de Bonne-Espé- 
rance à laquelle M. Levaillant a donné ce nom , est le lanius 
collaris , Linn. '' Ch. D. ) 

FISCH. (Ornith.) Ce terme, avec l'addition d'adler ou de 
ahr , désigne, en allemand, le balbuzard, falco haliœtus , 
Linn.; et le Fischgejer de Frisch est la harpaie, falco rufus , 
Linn. (Ch. D.) 

FISCHERA (Bot.) -. Sprengel , Prodr. umhell., 27. fig. i . 
Sprengel réunit sous ce nom générique les espèces à'azorella 
de Cavanilles et de Labillardière , et soupçonne qu'on doit 
également y rapporter le fragosa de la Flore du Pérou. 
Il le caractérisî' par une ombelle très-simple ; un involucre 
à plusieurs folioles : le fruit OA'ale, solide, un peu rude, 
relevé en côtes sur le dos. Voyez Azcrelle. (Poir.) 

FISCHÉRIE, rischeria. {Bot.) Genre de plantes dicotylé- 
dones, à fleurs complètes, monopétalées , de la famille des 



FIS , 69 

apocinées, de la pentandrie digjnie de Linnaeus, offrant pour 
caractère essentiel : Un calice à cinq divisions profondes; 
une corolle en roue, à cinq divisions ondulées et crispées; 
la couronne des cinq étamines monophylle , charnue , tron- 
quée, point lobée, entourée à sa base d'un anneau necta- 
rifère; le sommet de l'anthère simple, crochu, replié en 
dedans ; les masses du pollen insérées latéralement vers le 
milieu , tombant sur un stigmate pentagone. Le fruit con- 
siste en deux follicules. 

FiscHÉRiE GRIMPANTE; Fischerici scandens^ Decand., Catal. 
Hort. Monsp., 112. Arbrisseau toujours vert, de l'Amérique 
méridionale, cultivé au Jardin de botanique de Montpellier, 
qui offre quelques rapports avec le cinanchum crispijlorum 
de Swartz. Ses tiges sont grimpantes ; il en découle un suc 
laiteux : ses rameaux longs, cylindriques , couverts, ainsi que 
les feuilles dans leur jeunesse, d"uu duvet très-fin, mou et 
velouté. Les feuilles sont pétiolées, opposées, ovales-oblon- 
gues, aiguës, échancrées en cœur à leur base; l'échancrure 
étroite, fermée par des poils bruns, droits, en forme d"é- 
cailles; les pédoncules axillaires , chargés de petites ombelles; 
les pédicellcs uniflores; les fleurs d'un jaune verdàtre ; leurs 
divisions crépues, ondulées. (Poik.) 

FISCHERINE. {Min.) Nom donné par M. John à une 
variété de sphène ou titanite spathique de Norwége qu'il 
a analysée et dans laquelle il a reconnu les principes suivans; 

Silice 66 

Fer oxidé 65.5 

Chaux 25.25 

Alumine 10 

Titane oxidé 18.10 

Manganèse oxidé C.5o 

Zircone 2 

Les minéraux unis ici au titane modifient les caractères 
du sphène, et lui donnent une plus grande dureté, une cou- 
leur brun de cheveux, une pesanteur spécifique de 5,86, 
etc. (B.) 

FISCHERLIN. (Omith.) L'oiseau qu'on appelle ainsi, dans 
les environs de Strasbourg, est la petite hirondelle de liier, 
sLerna minuta, Linn. (Ch. D.) 



7" FIS 

nSCHIOSOMA. (Entom.) Brera, dans ses Lcçor.s pratiques 
sur les princij-aux vers vis ans dans le corps humain et sur les 
maladies verniineuses, a établi , sous ce nom, un genre par- 
ticulier pour les animaux que l'on connoit ordinairement 
sous le nom dliydatide ou de cysticerque. (De B. ) 

FISCH-OTTER ou OTl'ER {Mamm.), nom allemand de 
la loutre. ( F. C. ) 

FISHTÀLL. {Mamm.) Espèce de ruminant de Barbarie, 
dont Shavv ( tom. \", p. 5i3) donne une description trop 
imparfaite pour qu'on puisse reconnoîlre les caractères de 
cet animal, qui paroît cependant se rapprocher du genre 
Gazelle plus que de tout autre. (F. C.) 

FISKAND [OrniCa.) , nom norwégien du harle vulgaire , 
mcrgus merganszr , Linn. (Ch. D.) 

FlSKA'FfE. {Mamm.) C'est ainsi , dit Kalm, que les Sué- 
dois établis en Amérique nomment une espèce de mou- 
fette. ( F. C. ) 

FISKE-GIOE. (Ornith.) On donne, en Norwége, ce nom 
et celui dejislejou , suivant Mullcr , Zool. Dan. prodr. , n." 66, 
au hdlbimrd, falco haliœtus , Linn. (Ch. D.) 

FISKE-HEYES {Ornith.), nom norwégien de la variété 
du héron commun, ardea cinerea , Linn. (Ch. D.) 

FISKEREN. {Ornith.) Suivant Othon Muller, n." 147, 
l'oiseau ainsi nommé en Norwége est le proceliaria gracidus. 
(Ck.D.) 

FISKLITA. (Ornith.) L'oiseau qu'on nomme ainsi en 
Ukraine est le phalarope à festons dentelés, tringa lohala , 
Linn. (Ch. D.) 

FISSIDENS, Pendule et Fissident. (Bol.) Ce genre, de la 
famille des mousses, établi par Hedwig sur des plantes que 
Linnanis comprenoit dans le genre Hypnum, est très-voisin 
du genre Dicranum d'Hedv.ig , et en diflère essentiellement 
par ses fleurs , qui sont monoïques au lieu d'être dioïqucs. 
Le péristome est simple et formé de seize dents fléchies en 
dedans, chacune fendue jusqu'au milieu, à divisions presque 
égales et divergentes. Les rosettes, qu'Hedwig regarde comme 
les fleurs niàles , sont axillaires. Les autres caractères sont 
communs avec le dicranum. 

Jiridel est l'auteur qui a donné la monographie la plus 



FIS 7» 

récente des espèces de ce genre : le nombre s"en élève à 
vingt- trois, sans y comprendre, i .° le fissidens semi-com- 
pletus, Schwaegr,, type du genre Octodiccras , Brid., Harh- 
sona, Adans.; 2." les Fissidens païens , Wahlenb. , Pulvinatus , 
Funk {Dicranum pidvinatitm , Dec.), qui rentrent dans le 
genre Campjlopus, Brid. (voyez Toupier); 3.° les Fissidcn, 
slrivnifer cl poîrcarpus, Walilenb. , qui sont des espèces de 
dicranum; 4.° le Fissidens sciuroidcs, Schultz et AVahlenb. , 
qui est le dicranum sciuroides , Decand. , et le type du genre 
Leucodon, Schvva>gr. M. Bachelot de la Pilaye, qui a donné 
une monographie de ce genre, le nomme shytophrllum , et 
en décrit vingt -une espèces, parmi lesquelles se trouvent 
deux espèces nouvelles que ses recherches lui ont fait dé- 
couvrir en France. Cette monographie est insérée dans le 
Journal de botanique, vol. 4, pag. 5o et i/,5 , et accom- 
pagnée de planches qui représentent toutes les espèces dé- 
crites par l'auteur. 

Plusieurs botanistes , parmi lesquels sont Smith, Swarfz , 
•Wcber,Mohr etDe Candolle,, ne séparent point le genre 
Fissidens du Dicranum , lequel a également les dents du pé- 
ristome bifides. 

Les espèces de fssidens ont un port particulier, qui les 
fait distinguer aisément des dicranum : elles sont simples ou 
rameuses, et leurs feuilles sont disposées sur un même plan , 
comme celles des jongermannes. M. Bachelot de la Pilaye a re- 
marqué que leurs feuilles sont minces . transparentes, munies 
d'une nervure délicate, laquelle , située d'abord au milieu , 
quitte ensuite cette direction pour se rapprocher à la base 
du bord inférieur des feuilles. Celles-ci présentent, dans 
cette partie et du côté qui fait face au sommet de la tige , 
une fente ou dédoublement dans leur épaisseur, qui descend 
jusqu'cà la nervure et se prolonge même quelquefois au-delà 
du milieu de la longueur. Les feuilles embrassent la t.ge 
par cette fente, et sont par conséquent amplexicaules. Cette 
structure des feuilles explique pourquoi elles sont situées 
sur le même plan , et elle donne au genre Fissidens un 
caractère facile à reconnoître, même lorsque la fructification 
manque. 

Les bourgeons, qu'Hedwig prend pour les fleurs mâles, 



72 FIS 

sont situés dans la fente des feuilles. Les urnes ou les fleurs 
femelles sont portées sur des pédicelles axillaires et munies 
de coiifes fendues sur le c6té. 

Les espèces croissent dans les lieux frais et ombragés , les 
bois , les haies , les vergers , et le plus souvent à terre , 
quelquefois cependant aussi sur les écorces des arbres. On 
en trouve en Europe, en Amérique et à la Nouvelle - Hol- 
lande ; quelques espèces ont été observées en Afrique et 
dans les îles adjacentes. Nous citerons les suivantes. 

^' Tige simple^ pédicelle terminal. 

FissiDENs FLUET (F'issidens exilis , Hed\v. , Aï use. , tab. 58, 
fig* 7 5 8 , cj ; Excl. sjii. , Linn. : Dicranum vividulum, Smith ; 
SkitophjdLum exile, Delap., Journ. bot., 4, pag. 146, pi. 
38, lig. 1 ). Petite mousse de deux à trois lignes de hauteur; 
à tige nue à la base, munie de feuilles ovales -lancéolées, 
imbriquées ; terminée par un pédicelle flexueux portant 
une urne oblique. Cette petite mousse, d'un vert gai, se 
plaît dans les lieux frais et ombragés, sur la terre nue. Elle 
croît en France et dans les dilférentes parties de l'Europe. 
Bridel en possède des échantillons recueillis à l'Ile-de-France. 

FissiDENs BRYoÏDE [FissidcHS bryoides , Hedw. , Musc, tab. 
2^; Bryum viridulum , Linn.; Dicranum viriduluin , Decand., 
FI. Fr. ; Skituphjllum Irjoides , Delap., I.C., fig. 4; ^^aill. , Par., 
tab. 24, fig. i3). Cette espèce est deux à trois fois plus 
grande que la précédente; elle forme de petits gazons com- 
posés de tiges simples, garnies de feuilles écartées, lancéolées 
et jamais imbriquées à leur base; les pédicelles pprtent des 
urnes droites. Cette espèce est plus commune que la pré- 
cédente et se rencontre dans les mêmes circonstances. On 
l'observe partout en Europe. Elle existe aux environs de 
Constantinople et d'Alger. 

Le genre Fascina de Schranck a cette mousse pour type 
et rentre dans le genre Luida (voyez ce mot) d'Adanson. 

** Tige rameuse, pédicelle terminal. 

FissiDENs ASPLÉNioÏDE i^Fissidtns asplenioidcs , Hedw.., Musc, 
frond. , tab. 28 ; Brid. , Musc, suppl. , 4 , pag. 190 ; Skitophjlluin 



FIS 73 

asylenioides , Delap., 1. c. , fig. 8 et 9). Cette mousse est 
simple ou peu rameuse ; longue d'un à deux pouces . et garnie 
dans toute la longueur de sa tige de feuilles lancéolées , éta- 
lées, et dont le sommet se tortille souvent. Le pédicelle, 
qui dans les espèces précédentes fait la moitié de la longueur 
de la plante , est ici fort court, n'ayant que trois à quatre 
lignes. L'urne est un peu oblongue. Cette jolie mousse croît 
sur les rochers humides à la Jamaïque. Bridcl pense que 
les mousses observées en Afrique et en Europe, et qu'on 
rapporte à cette espèce, doivent constituer des espèces 
diiîercntes. 

000 T/'gc rameuse^ pédicelle latéral. 

FissiDENs ADiANTHOÏDF. {Fissidcns adianthoidcs , Hed^v. , St. 
cr. , 3, tab. ■26; Skitoph-ylLum adianthoides , Delap., 1. c. , pi. 
09 , fig. i5; Uypniim adianthoides , Linn., Vaill., Par., tab. 28 , 
fig. 5 ). Cette espèce est une des plus grandes; elle a deux, 
trois et quatre pouces de longueur : sa tige ou fronde est 
rameuse et garnie de feuilles nombreuses, lancéolées, imbri- 
quées, dentées à l'extrémité : les pédicelles sont rougeàtres, 
et partent du milieu des tiges, ou près de la base, ou vers 
son sommet, ou sur ses rameaux; ils ont un pouce et plus 
de longueur : les urnes sont ovoïdes et pas tout-à-fait droites. 
Cette mousse, d'un vert foncé, croît dans les bois humides 
et tourbeux. Elle fleurit et fructifie au printemps. Elle est 
commune en Europe, et se retrouve dans l'Amérique sep- 
tentrionale. On la trouve rarement avec ses urnes. 

**** Tige simple, pédicelle latéral. 

FissiDENs A FEUILLES d'if ( Fissidcns taxifolium , Hedw. , 5p. 
musc, tab. 09, fig. 1 et 5 : Hjpnum taxifolium, Linn.; Dill., 
Musc, tab, 34, fig. ] ; Vaill., Bot., tab. 24 , fig. 11). Cette 
mousse ressemble au fissidens hyoïde; mais elle est plus 
grande , plus feuillée , et ses pédicelles partent de la racine 
et non pas du sommet de la tige : sa tige est un peu couchée ; 
ses feuilles sont ovales - lancéolées , aiguës, imbriquées, un 
peu dentelées à l'extrémité; les jiédicelles sont deux fois 
plus longs que la plante, et portent les urnes penchées, 



74 FIS 

ovales- oblongues , munies d'opercules, terminées chacune 
par une loiigue pointe. Cette mousse se rencontre frcqucui- 
incnt à terre dans les bois humides. (Lem*) 

nSSILIER, /"isiiii'a. {Bot.: Genre de plantes dicotylédones, 
à fleurs complètes, monopéralees, de la famille des ardi- 
siacées , de la Lriandrie monogynie de Linnasus, offrant pour 
caractère essentiel : Un calice entier, urcéolé, persistant; 
«ne corolle tubulée , régulière, fendue profondément en 
trois parti.'s, dont deux biHdes ; trois étamines; cinq fila- 
mens stériles; un ovaire supérieur; un style; un stigmate 
obtus; une noix en forme de gland , enveloppée en grande 
partie par le calice alongé, prenant la forme d'une cupule, 
3ie contenant qu'une seule semence. 

Il paroit que ce genre diffère si peu de ï'olax , qu'il 
pourroit bien y être réuni, ainsi qu'il l'a été par "Vahl. 11 
est probable qu'il faudroit également y joindre le pseiidalira 
de M. du Çetit-Thouars. Il ne renferme qu'une seule espèce. 

Fissii.iER. DES PERROQUETS : FissiUa psittacorum, Lamk. ; III. 
gen. , tab. 28; Olax psittacorum , Vahl, Enuin., 2, pag. 83; 
vulgairement Bois de perroquet. Arbre d'un beau port, 
dont les feuilles restent toujours vertes, et ressemblent à 
celles d'un laurier. Ses rameaux sont glabres, alternes , 
cylindriques, garnis de feuilles à peine pétiolées , alternes, 
lancéolées, entières, un peu aiguës, glabres à leurs deux 
faces ; les fleurs sont axillaircs, pédonculées; les pédoncules 
solitaires, simples ou légèrement ramifiés en une petite 
grappe à peine plus longue que les feuilles. Le fruit est 
une noix ovale , de la grosseur d'une petite olive, ayant la 
forme d'un gland. Cet arbre croît à l'île de Boui'bon. Les 
perroquets sont très-friands de ses fruits. (Poin.) 

FISSIPÈDES. {Ornith.) On appelle ainsi les oiseaux dont 
les pieds sont séparés et sans membranes. (Ck. D.) 

FISSIIIOSTKES. {Ornith.) M. Cuvier donne ce nom à une 
famille d'oiseaux dont le bec, court, large, aplati horizon- 
talement, légèrement crochu, mais sanséchancrure, est fendu 
très-pror<)[K!ément , en sorte que l'ouverture de leur bouche 
est très-large, tt qu'ils engloutissent aisément les insectes 
qu'ils prennent au vol. Les oiseaux que comprend cette 
famille se divisent en diui'nes et nocturnes. Les preniiers 



IIS 75 

sont les martinets et les hirondelles; les seconds, les en- 
goulevents et les podarges. (Ch. D.) 

FISSIJLE, Fissula. (Entoz.) Genre de vers intestinaux, 
jusqu'cà un certain point pressenti, quoique mal établi, par 
Bruguières, dans rEncyclopédie méthodique, sous le nom 
de proboscidea, établi de nouveau, par Fischer, sous celui 
de cystidiccla; nommé ophiostoma par MM. Rudolphi, Zeder, 
Ocken, et que M. de Lamarck paroit avoir le premier ca- 
ractérisé , dans ses leçons, sous le nom de Fissule , pour 
Voscaris hifida, en quoi il a été suivi par M. Bosc. Les ca- 
ractères de ce genre, quelle que soit la dénomination qu'on 
lui assigne, sont : Corps aîongé, cylindrique, un peu atténué 
postérieurement; bouche terminale, à deux lèvres distinctes, 
une supérieure et l'autre inférieure ; anus près de la pointe 
de la queue : organes de la génération mâles, consistant en 
une soie grêle, sortant près de lanus ; femelles, en un ori- 
fice situé au tiei*s antérieur de la partie inférieure du corps. 
D'après cela, il est aisé de voir que ces animaux ont les 
plus grands rapports avec les ascarides : aussi leur canal 
intestinal , les ovaires et Futcrus ont-ils la même forme , et 
ils n'en diffèrent guère que par Forilice antérieur du canal 
alimentaire. Ils vivent également librement dans les intes- 
tins des mammifères et dans ccu>: des poissons. On n'en connoit 
encore que quatre espèces : 1 

1.° La F. MUCRONÉE ; F', mucronata, Pvudolphi, Entoz., 2, 
pag. 1 17 ,tab. 3,fig. i3 , 14. Petits vers d'un pouce et plus de 
long, dont les bords de la peau sont comme crénelés; la tête 
obtuse; les deux lèvres de la bouche égales, et la queue 
obtuse, terminée par une petite pointe subulée. M. Ru- 
dolphi dit avoir observé les fœtus vivans dans les œufs dont 
les oviductes étoient remplis. Cette espèce se trouve dans 
les intestins de la chauve-souris oreillarde ; aussi M. de La- 
marck la nomme-t-ii la fissule de la chauve-souris. 

■2." La F. DU phoque: F. dispar , Lamck. ; Oph. dispar , Rud.; 
Asc. phoccc, Gmel. ; Mull. , Zoot. Dan., vol. 2, pag. 46, lab. 74, 
iîg. 1 ; Enc. méth. , tab. 02, fig. 8. Dans cette espèce, qui 
diffère essentiellement de la précédente, parce que les deux 
lèvres de la bouche sont inégales, la supérieure étant la 
plus longue , la femelle , plus grosse que le mâle , a le 



I 

76 FIS 

plus souvent trois pouces de long , quelquefois huit sur 
une ligne de diamètre , et la queue est oLtuse , tandis que 
celle du niàle est terminée par une pointe longue et re- 
courbée. Elle se trouve fréqueniinenl , d'après Fahricius, 
dans les intestins des phoques du Groenland et fétide. Cet 
observateur dit avoir trouvé le cœur d'un phoque vivant de 
cette dernière espèce, qui avoit été blessé par un harpon, 
presque entièrement détruit par cette tissule. 

5.° La F. Lei'ture : F. leptura, Rudolphi , Entoz., tab. 7, 
fig. 1 , 2. Ver de trois pouces de long et de deux tiers de 
ligne de large au milieu, dont la tête, plus épaisse à sa 
base, se prolonge et se divise en deux; lèvres, dont l'infé- 
rieure est double de la supérieure, et dont l'extrémilé 
postérieure est capillaire , presque comme dans les trichiures. 
Cette espèce, trouvée par M. Tilesius dans les intestins de 
la corjphena hippurus , appartient-elle à ce genre ? 

4*° La F. CYsriDicoLE : 1\ cystidicola , Rudolphi; Fischer, 
de Cystidicola. Corps arrondi, plus épais antérieurement, 
filiforme et atténué en arrière ; les lèvres de la bouche égales 
et un peu aiguës; la queue subélargie, déprimée, terminée 
par une pointe subulée. 

C'est cette espèce dont M. Fischer avoit fait son genre 
Cystidicola, parce qu'il l'avoit trouvée dans la vessie nata- 
toire d'une truite. (De 13.) 

FISSURELLE, f'issure/ia. (Malacoz.) Genre de mollusques 
conchylileres , établi par M. de Lamarck pour les animaux 
dont la coquille, percée vers le sommet, formoit, dans Lin- 
naeus et la plupart des conchyliologistes anciens, la subdivi- 
sion tranchée des patelles à sommet percé, mais qui diffé- 
rent réellement beaucoup des véritables Patelles (voyez ce 
mot). Les caractères de ce genre sont : Corps ovalaire , 
presque circulaire , conique , pourvu inférieurement d'un 
large pied, débordé de toutes parts par un manteau garni de 
filamens tentaculaires , et percé à sa partie supérieure d'un 
trou ovalaire communiquant dans la cavité branchiale ; 
branchies formées de deux peignes branchiaux bien symé- 
triques, et situés à la partie antérieure et supérieure du dos; 
tête distincte ; deux tentacules coniques , rétractiles ; les 
yeux à leur base externe. Coquille simple, conique, bien 



FIS 77 

K_ymétrique , souvent presque circulaire , à bord horizontal, 
et percée vers son sommet, toujours antérieur, d'un orifice 
ovalaire correspondant à celui du manteau. Les fissurclles, 
du reste, ont un assez grand nombre de rapports avec les 
véritables patelles, mais surtout avec les émarginules; elles 
vivent également presque fixées sur les rochers qui bordent 
les mers et surtout celles des pays chauds. Adanson ( Sénég. , 
p. 35, pi. 2) nous a donné quelques détails sur la fssurella 
nimbosa, à laquelle il donne le nom de dasan. L'espèce la 
plus commune dans la Méditerranée, la fissurelle grecque, 
sert quelquefois de nourriture aux liabifans de Marseille, 
qui la nomment Oreille de S. Pierre. Tournefort, dans son 
Voyage au Levant, dit que l'animal seringue de l'eau par 
l'orifice de sa coquille. 

Ce genre fait partie de notre ordre des Cervicobrakches 
et de celui des Scutibranches de M. Cuvier. Il comprend un 
assez grand nombre d'espèces, mais qui sont bien loin, pour 
la plupart, d'avoir été suffisamment examinées. Nous allons 
en faire connoître les principales , que l'on peut diviser 
d'après la position de l'orifice de la coquille, qui est ou 
immédiatement percé dans le sommet, ou plus ou moins en 
avant, de manière à former un passage vers les émarginules. 

La FissuRiLLE GRECQUE : Fissurellu grœca, Gmel. ; le Gival, 
Adans. , Sénég. , 1, tab. 2, fig. 7. Coquille ovale, assez 
convexe, plus large en arriére, crénelée à son bord interne, 
avec des stries cancellées en -dessus; couleur blanchâtre et 
souvent tachetée. Mers Méditerranée et Atlantique. 

La Fissurelle Dasan : Fissurella nimbosa , Gmel.; le Dasan, 
Adans., Sénég., tab. 2 , fig. 6. Coquille quelquefois de deux 
pouces de long, ovale, striée , rugueuse, blanchâtre et sou- 
vent radiée ou nuancée irrégulièrenicnt de violet. Le trou 
du sommet fort alongé. Des mêmes mers que la précédente. 

La Fissurelle peinte: Fissurella pic la , Gmel.; Martini, 
Conch., 1, tab. 11, fig. go. Coquille de trois à quatre pouces 
de long, ovale, épaisse, blanche, nuancée de verdàtre , 
avec des rayons obliques alternativement violets et blancs. 
L'orifice du sommet rond. Détroit de Magellan. 

La Fissurelle des Baubades ; Fissurella barbadensis , Gmel.; 
List., Conch., tab. 528, fig. 7. Oblongue, les bords crénelés, 



7« FIS 

striés inégalement en-dessus ; couleur grisâtre tachetée fré- 
quemment de jaune verdàtre. I.e trou du sommet circulaire 
et entoure d'un anneau fauve. Des îles IJarbades. 

La FissL'RELLE CAFRE: Fissurella cajj'ra, Gmcl. : Martini, 
Conch.. 1 , tab. 71 , fig. ()5. Ovale, comprimée, très-fine- 
ment striée, blanchâtre, radiée de noir. L'orifice presque 
central. Du cap de Bonne-Espérance. 

La Fissi:rf.li.e a bandes pourprées : Fissurella jyoflijrozonias , 
'Gniel. ; Martini, Conchjl. , 1, tab. 12, fig. 102 , io5. Ob- 
longue , comprimée , inégalement striée ; de couleur blanche , 
avec cinq bandes pourprées interrompues; le trou du sommet 
petit et orbiculaire. Amérique septentrionale. 

La FissuRELLE masque; Fissurella persvnaLa , Grael.; Martin., 
UmV. conchyl. , 2 , tab. 64. Coquille convexe ; des stries 
fines croisées dans les deux sens et des rayons noirs. Des îles 
Falkland. 

Parmi les espèces dont l'orifice est en avant du sommet, 
nous citerons : 

La FissuKELLE PUSTULE; Fissurella pusîula, Gmcl.; List., 
Conclu, tab. 628, fig. 5. Coquille ovale, gibbeuse, convexe, 
réticulée par des stries inégales qui se croisent à angles 
droits, et de couleur blanche. 11 paroit qu'elle se trouve 
dans les mers Méditerranée, Atlantique, du Sud et de llnde. 
Je le répète, le nombre des espèces de ce genre est beau- 
coup plus considérable , comme il sera aisé de s'en assurer 
dans Gmelin , qui en caractérise, d'après Schrœfer, au moins 
quarante dans sa quatrième et dernière division des patelles, 
dont il faut cependant retrancher les deux premières, qui 
sont des émarginules. Il me paroit en outre certain qu'il en 
existe plusieurs espèces non décrites dans les collections. (_DeB.) 
FISSURELLE, {Foss.) Les espèces de ce genre ne se sont 
encore présentées à Fétat fossile que dans les couches les 
plus nouvelles du globe. Voici celles que je connois et qui 
se trouvent dans ma collection. 

FissuREixE LABIÉE; Fissurclla lahlata . Lamk. , vélins du 
Mus. d'hist. nat. , n.° 1 , fig. 19 et 20. Coquille ovale, en cône 
déprimé, couverte de stries ccailleuses rayonnantes, ayant 
à son sommet un trou oblong , bordé intérieureme7it d'un 
côté par une petite lèvre. Longueur, un pouce. 



FIS 79 

Les individus très-jeunes ont le bord supérieur du trou 
terminé par une pointe en spirale; mais il est très-probable 
qu'il en est ainsi des jeunes individus de toutes les espèces. 
On trouve celle-ci à Gn'gnon près de Versailles, à Haute- 
ville, département de la Manche, et dans les couches du 
calcaire marin grossier des environs de Paris. 

On trouve aussi avec cette espèce une variété ou une 
autre espèce qui est beaucoup plus écaillcuse. 

FissuRELLK DR LA TouRAiNE ; FissurellûL tiiToniensis , Def, 
Cette espèce est beaucoup plus conique que la px'écédente; 
elle est couverte de stries rayonnaiites, qui sont coupées par 
d'aulres stries circulaires. Longueur, huit à neuf lignes. 
On peut la regarder comme l'analogue de la patella Jissura 
de Linn.neus. On la trouve dans les faluns de la Touraine. 

FissuREr.LE d'Italie ; Fissurella italica , Def. Cette espèce 
est plus grande que les précédentes. Elle est chargée de 
fortes stries rayonnantes , coupées vers le sommet par des 
stries circulaires; ses bords sont dentelés et abaissés aux: 
deux bouts. Longueur quinze à seize lignes. On la trouve 
dans le Plaisantin. 

FissuRELLE CONIQUE; F/ssurf //a conica , Def. Coquille mince , 
suborbiculaire , cà sommet élevé et à bords unis. Langueur, 
neuf lignes. On la trouve dans la falunière deHautevilie. (D. F.) 
FIST DE PROVENCE. (Ornith.) L'oiseau qui est tiguré 
sous ce nom dans la planche enluminée de BufTon. 65,4, 
n.° 1 , et qui, ressemblant aux alouettes, n'a pas Fongle du 
pouce long comme le leur, est rapporté au pipi des arbres, 
antlius arl'oreus, Bechst. (Ch. D.) 
FISTICL {Bot.) Voyez Fistuc. (J.) 

FISTUC, FISLUC. {Bol.) Les Maures nomment ainsi le 
pistachier de Malte , pistacia vera. C'est, selon Dodoëns, le 
Jistici des boutiques, le Jisticos ou albocigos des Espagnols-, 
selon M. Delile le festog des Arabes. Il ne faut pas le con- 
fondre avec lefostuk, qui est, suivant ForskaJ, le lentisque. 
Dans Daléchamps, il est sous les noms de festich et pustech: 
c'est probablement de ce dernier que dérive celui de pis- 
tache en France, et de pistacln en Italie. (J. ) 

FïSTULA. {Spong.) M. Ocken, ayant divisé les éponges en 
uû certain nombre de pellles coupes génériques, dési::^ne. 



8° FIS 

sous le nom de Jislula, les espèces dont le lissu est feutré , 
et qui sont creuses ou en forme de tuyau. Les espèces qu'il 
range dans ce genre sont les Sp. pilosa, qu'il nomme F. acu- 
leata , pertasa, rigida, et fulva, qu'il appelle F. cancellata. 
Voyez Ei'ONGE et Spongiaires. (De B.) 

FISTULE. (Bot.) Ce nom, chez les anciens, étoit donné 
à des tiges creuses de végétaux propres à faire des flûtes, 
des pipeaux, des plumes à écrire, ou aux végétaux eux- 
mtines qui les fournissoient. Ainsi, le fisfula on syringa de 
Lobel est le syringes ou Jistularis de Dioscoride , que C. Bauhin 
et Tournefort nomment arundo scripiorla. Le Jistula pastoris , 
cité par Cordus , dans ses Commentaires sur Dioscoride , 
est le plantain d'eau , alisma plantago; un autre fistula pas- 
toris , cité par Césalpin , d'après Avicenne, est la digitale 
jaune, digitalis lutea. (J.) 

FISTULAIRE, Fislularia. {Echinod.) Petite subdivision 
générique , établie par M. de Lamarck, dans la nouvelle édi- 
tion de ses Animaux sans vertèbres, pour quelques espèces 
dliolothuria de Linnœus, qui ont, en général, le corps beau- 
coup plus alongé, plus tuberculeux ; dont les tentacules 
qui entourent la bouche sont dilatés en plateau à l'extré- 
mité , et dont le plateau est divisé ou denté. C'est évidem- 
ment le genre auquel M. Ocken a conservé le nom d'Ho- 
lothurie. Il paroit, du reste, que c'est la même organisation 
et les mêmes mœurs que dans les véritables Holothuries. 
(Voyez ce mot.) M. de Lamarck range dans ce genre : 

1." La F. élégante: F. elegans , Lamck. ; H. eUgans , Gmel. ; 
Mull., Zool. Dan., t. 1 , fig. 1-3, et Encycl. méth., pi. 86, 
lig. 9, 10. Corps papilleux, long d'une palme et épais de 
deux à trois lignes, terminé en avant par vingt tenta- 
cules courts et divisés à leur extrémité, qui est peltée. 
Des mers de Norwége. 

2.° La F. TUBULEusE : F. tubulosa , Lamck.; Hol. tremula, 
Gmel.: Soland. et Ellis , t. 8; Enc. méth., pi. 86, fig. 2, 
et Forskal , ïcon. œgypt. , t. 89, fig. A. Corps assez alongé, 
couvert de papilles en-dessus et de tubules rétractiles en- 
dessous; la bouche entourée, comme dans la précédente, 
de vingt tentacules dilatés en plateau, divisés à l'extrémité. 
De la mer Kouge. 



FIS 8i 

5." La F. IMPATIENTE : F. impatiens , Forsk., Faun. Arab.y 
pag. 121; Icon., tab. 39,fig. i/. , copiée dans TEnc. méth. , 
pi. 86, fig. 11. Corps roide, verruqueux ; les plateaux des 
tentacules divisés en cinq lobes denticulés. Mer Rouge. 

^►° La F. LIMACE : F. maxima, Forsk., loc. cit., pag. lai , 
et t. 38, fig. B 4. Corps rigide, convexe en-dessus, plane 
et bordé en dessous ; les tentacules filiformes , élargis et laci- 
niés au sommet. Des mêmes mers. 

5.° La F. DiGiTÉE : F. digitata , Lamck. ; H. digitata^ Act. 
Soc. Li'nre. , vol. 11, pag. 22 , tab. 4, fig. 6 -, an Hol. inharens , 
MuU. , Zoll. Dan. , tom. 5i, fig. 1-4? Corps cylindracé, 
presque nu ; papilles petites, en forme de pointe -, tenta- 
cules au nombre de douze , digités et dentelés au sommet. 
(DeB.) 

FISTULAIRE , Fistularia. (Ichthjol.) M. de Lacépède a 
donné ce nom à un genre de poissons fort singulier. Dans 
les fistulaires proprement dites, de M. Cuvier, qui sont les 
mêmes que celles de M. de Lacépède, il n'y a qu'une nageoire 
dorsale. Les os intermaxillaires et la mâchoire inférieure sont 
armés de petites dents. D'entre les deux lobes de leur nageoire 
caudale sort un filament quelquefois aussi long que le corps. 
Le tube du museau est très-long et déprimé ; la vessie nata- 
toire paroît excessivement petite; les écailles sont invisibles. 

Le genre Fistularia entre, avec ceux de Vaulostome et du 
solénoslome , dans la première famille des poissons holo- 
branches abdominaux , que M. Duméril nomme les Svjpho- 

KOSTOMES. 

On en trouve dans les mers chaudes des deux hémisphères. 

Le FiSTULAiRE PETiMBE : Fistularia petimba ; Fistularia laba- 
caria , Linn. C'est la seule espèce assez bien connue. Elle 
parvient à la longueur de plus de trois pieds. L'ouverture 
de la gueule est située à l'extrémité d'un tuyau formé par 
les mâchoires. Les catopcs sont très-écartés l'un de l'autre; 
les nageoires dorsale et anale sont ovales et semblables l'une 
à l'autre. Le filament de la queue est de la longueur du 
corps ; il est roide et articulé ; il ressemble à un brin de 
fanon de baleine , dont* il a la couleur et un peu l'appa- 
rence. 

Commerson a observé ce poisson dans les détroits de la 
n. Q 



82 FIS 

Nouvelle-Bretagne. Bloch l'a figuré, 387, 1. On le trouve 
aussi dans la mer des Antilles et au milieu des eaux du grand 
Océan équinoxial. Il paroît vivre de petits animaux marins. 
Sa chair est maigre et peu sapide. (H. C.) 

FISTULANE, Fistulana. {Malacoz.) Genre de mollusquesu 
de la famille des Pyioainés, Blainv. , des Enfermés de 
M. Cuvier, des Tedeicolés de M. de Lamarck, indiqué par 
Adanson , à son article Ropan, Sénég. , p. 267, pi. 19, établi 
par MM. Bruguières et de Lamarck. , et adopté depuis par 
tous les auteurs systématiques. Les caractères qu'on peut 
lui assigner sont les suivans : Corps alongé , arrondi, et plus ou 
moins renflé en massue à sa partie antérieure ou céphalique , 
terminé en arrière par deux longs tubes réunis^ contenu, en 
plus ou moins grande partie, dans une coquille équivalve, 
oblique, très-inéquilatérale, très -bâillante, et beaucoup plus 
large à une des extrémités qu'à l'autre, sans charnière ni liga- 
ment : le tout renfermé dans un tube ou fourreau calcaire , 
plus ou moins épais, fermé et renflé à une de ses extrémités, 
et se terminant à l'autre, toujours plus grêle , par une ou 
deux ouvertures. 

D'après cette définition , il est évident que c'est ua genre 
voisin des tarets, et surtout des clavagelles : aussi M. Le 
Sueur, qui a observé une espèce de fi.stulane, quoique in- 
complètement , nous apprend-il que l'animal fait sortir, par 
l'orifice de son tube, deux longs appendices filiformes, fi'S- 
tuleux, calcaires, terminés chacun par cinq à huit godet» 
infundibuliformes, semi-cornés ou calcaires, empilés les uns 
au-dessus des autres, de manière à faire paroître la partie 
supérieure de cet organe comme verticillée. C'est évidem- 
ment l'analogue des deux palmules observées par M. Cuvier 
dans une espèce de taret. M. de Lamarck pense que ce» 
organes ne peuvent être que les supports des branchies, et 
non des organes analogues des appendices des cirripèdes, ni 
même des deux palettes des tarets ; mais c'est ce que noua. 
n'oserions assurer, la description que nousavons de ces organe» 
étant bien loin d'être suffisante pour se décider par analogie. 

Quoi qu'il en soit, les fistulanes vivent, à peu près comme 
les tarets, dans le sable, le bois, les pierres, et même dan» 
le têt de quelques mollusques. Il paroît que quelquefois elles 



FIS 8f 

tie forment pa$ de fourreau ou de tube calcaire, ou qu'il e*t 
extrêmement mince, ce qui a également lieu pour les tarets. 

Les espèces vivantes et connues de ce genre sont au nombre 
de quatre. 

1." La F. massde; F. clava, Lamck. , Enc. méth., pi, 167, 
fig. 17- 22. Valves alongées, dont les extrémités sont un peu 
recourbées ; tube droit , arrondi , en massue. Océan de$ 
grandes Indes. 

2." La F. coHNiFORME ; F. corniformis , Lamck., Enc. méth., 
pi. 167, fig. 16. Tube droit, en massue, un peu tortueux, 
ayant son ouverture divisée intérieurement en deux tubuleç 
inclus. Océan des grandes Indes. 

Il paroît que c'est cette espèce qu'a observée M. Le Sueur. 

3." La F. EN rAQCEï; F. gregaria, Lamck., Enc. méth., 
pi. 167, fig. 6-14. Valves étroites, arquées, onguiculées, 
dentelées ; tubes en massue , agglomérés les uns avec les 
autres. Patrie ? 

4.° La F. LAGÉNULE ; F. lagenula, Lamck., Enc. méth. , 
pi. 167 , fig. 2 3. Très-petite espèce, dont le tube , fixé à l'ex- 
térieur des corps, est en forme de petite poire, et comme 
articulé par des segmens transverses. Patrie P 

5." La F. ROPAN ; F. ropan , Adans. , Séoég. , pi. 19. Valves 
ovales, terminées en pointe sans un tube bien évident; vivant 
dans les coquilles des glands de mer, sur la côte du SénégaL 
(DeB.) 

FISTULANE. (Fo5s.) Dans cet article je vais présenter 
plusieurs espèces de coquilles qui avoient été réunies dans le 
genre Fistulane par M. de Lamarck, mais dont il a été formé, 
depuis, le genre Clavagelle et peut-être aussi celui de Ga?- 
trochène. 

Fistulane ampulaire : Fistulana ampullaria , Lamcjt. ; Fistu- 
lane... .... Faujas , Essais de Géologie, tom. i.*"", pag. 90 , 

pi. 2. Tube testacé , ayant la forme d'une poire alongée ou 
d'une bouteille, auquel il adhère quelquefois du sable cal- 
caire et même des coquilles univalves. A son extrémité 
étroite , où se trouve l'ouverture , on voit deux carènes 
intérieures opposées, qui formeroient une cloison longitu- 
dinale, si elles se touchoient, en sorte que cette ouverture 
est comme composée de deux trous qui viendroient se réuftir 



«4 FIS 

par leur rapprochement. Dans ce tube on trouve une coquille 
libre, bivalve, équivalve , sans dents à la charnière et très- 
bâillante. Longueur du tube , neuf lignes : longueur de la 
coquille , quatre à cinq lignes. 

J'ai l'exemple qu'un des mollusques de ce genre a formé 
son ouverture avec une portion de cérite qu'il a attachée à 
son tube , et qu'il a percée dans le sens de sa longueur. 

Il n'est pas aisé de concevoir comment ces tubes, ou petites 
bouteilles , dont quelques uns paroissent avoir été isolés dans 
leur formation, ont pu prendre de l'accroissement. J'en pos- 
sède dont le volume extérieur et le vide intérieur sont de 
moitié plus considérables que d'autres tubes , en sorte que 
Certaines de ces petites bouteilles pourroient être contenues 
dans le vide des plus grandes. L'on ne peut concevoir l'ex- 
tension de ces tubes et de leur cavité , qu'en admettant que 
l'animal qui les formoit , avoit la faculté de dissoudre Tin- 
térieur, en même temps qu'il portoit de la matière calcaire 
à l'extérieur pour l'agrandir; car ils sont presque tous de la 
même épaisseur. 

Il paroît que les mollusques qui formoient ces tubes , 
pouvoient aussi se loger dans les corps solides; car je pos- 
sède un petit polypier fossile où il se trouve un vide qui 
a servi de demeure à l'un d'eux. Ce vide est tapissé de ma- 
tière calcaire très-lisse , comme l'intérieur des tubes. On trouve 
cette espèce à Beynes , près de Grignon , département de 
Seine et Oise. 

Il n'est pas rare de trouver, tant à l'état fossile qu'à l'état 
frais, des polypiers ou des coquilles sur lesquelles on ren-^ 
contre des trous dont l'ouverture ressemble à celle de la fis- 
tulane ampullaire, et dans lesquels on trouve deux petites 
valves qui paroissent avoir été rangées par M. Cuoer dans 
le genre Gastrochène. 

FisTULANE HÉRISSÉE j Fhtulatia echinata , Lamk., Ann. du 
mus. d'hist. nat. , tom. 12, pi. 43, fig. 9. Cette espèce, que 
M. de Lamarck a rangée, d'après son nouveau Système des 
animaux sans vertèbres , dans le genre Clavagelle , offre 
beaucoup de choses singulières dans sa conformation. Son 
fourreau est renflé ou ventru à sa base, et présente la forme 
d'une massue. Il est minae , testacé , tubuleux du côté de 



FIS 83 

l'ouverture. La partie ventrue est héi-issëe , d'un côté, de 
pointes tubuleuses , disposées sans ordre sur une face dont la 
circonférence offre une frange épineuse ; cette face est sépa- 
rée, par un petit espace lisse, des restes d'une autre face, 
aussi bordée d'une frange épineuse. L'autre côté du fourreau 
n'offre aucune pointe épineuse , mais présente à découvert 
une des deux valves de la coquille qui se trouve enchâssée 
dans ce côté du fourreau et en fait pa'rtie. Cette valve est 
hérissée de petits points écailleux disposés" par séries qui se 
dirigent vers les crochets ; l'autre valve est intérieure, libre , 
semblable à celle qui est dans le côté du fourreau. Il paroît 
qu'elle a une petite dent à la charnière. Longueur du four- 
reau , douze lignes et demie. Cette coquille a été trouvée à 
Grignon, dans l'intérieur d'une crassatelle {crassatellatumida)^ 
qui étoit remplie de sable calcaire. Elle se trouve dans le 
cabinet de M. de Roissy. 

Je n'ai pu vérifier si cette coquille étoit adhérente dans 
la crassatelie où elle a été trouvée ; mais j'ai les plus grandes 
raisons de le croire, car je possède une valve de crassatelie 
où se trouvent encore adhérer des portions de pointes tubu- 
leuses d'une pareille coquille. Je possède aussi des portions 
de cette coquille que j'ai trouvées dans le sable de Grignon, 
et qui très -certainement ont été attachées contre un corps 
lisse et concave, comme l'intérieur d'une crassatelie , en sorte 
que l'on peut croire que cette espèce , dont le têt est fra- 
gile, se trouvoit protégée dans l'intérieur des coquilles vides , 
et peut-être exclusivement dans les crassatelles, où elle s'atta- 
choit par ses pointes tubuleuses. 

M. Brocchi a trouvé dans le Plaisantin des coquilles fossiles 
qui ont les plus grands rapports avec la clavagelle hérissée, 
et il en a donné la figure dans sa Conchyliologie subapennine, 
pi. i5, fig. 1. A l'égard des coquilles de genre différent, et 
de celles que cet auteur a trouvées libres dans l'intérieur du 
fourreau, il y a lieu de penser qu'elles étoient venues s'em- 
parer de cette demeure , comme on en a l'exemple dans 
celles dépendantes du genre Clotho , qui ont été trouvées dans 
les trous formés par des cardites ou pétricoles. (Voyez au mot 
Clotho.) 

FisTULANE TiBiALB ; Fistulanu tibialis ., Lamk., l. c. , pi. 4^5 



^ FIS 

fig. 8 ; Clavagelle tibiale , Lamk. Tube calcaire, en cylindre 
Comprimé, dilaté à sa base, où l'on aperçoit d'un côté l'une 
des deux valves de la coquille enchâssée et faisant partie 
du tube. Cette coquille est bivalve équivalve. Toute sa sur- 
face extérieure offre des stries transverses et inégales, occa- 
sionées par ses accroissemens successifs. Vers le dos de la 
coquille libre Ton voit à la loupe de légères stries longitu- 
dinales. La charrjièr'é n'a point de dents. J'ai trouvé celte 
espèce à Grignon; mais le tube n'en est pas entier. La lon- 
gueur de la valve enchâssée et de la portion de tube qui en 
dépend, est dé dix-huit lignée; celle de la coquille libre est 
de treize lignes. 

M. Brocchi, dans Son ouvrage ci -dessus cité, a donné 
(pi. i5,fig. 6) la figure d'une coquille à tuyau, qu'il a nom- 
mée teredo hacillum, et que M. de Lamarck a placée dans le 
genre TéréJine ; mais je suis porté à croire qu'elle a plus de 
rapports avecla clavagelle tibiale qu'avec toute autre espèce. 
(De F.) 

FISTULARIA. (Bot.) Dodoëns nommoit ainsi une pédicu- 
iaire, pedicularis sjd^atica, parce qu'elle passoitpour être très- 
utile dans le traitement des fistules et des ulcères sinueux. (J.) 

FISTULARIA. (Bot.) Genre de plantes cryptogames, delà 
famille des algues, qui a été fondé par Stackhouse , et au- 
quel il rapporte les fucus nodosus , Linn. ; Jibrosus , Linn., et 
machœi, Stackh. Ce genre est caractérisé par sa fronde car- 
tilagineuse , épaisse , très-glabre , rameuse , à rameaux dis- 
tiques •, par des vésicules contenues dans la substance de la 
fronde, et dont celles des tiges sont les plus grosses; et par 
ses séminules muqueuses, ovales, situées sur les côtés de la 
fronde ou à ses extrémités. 

Ce genre est le même que le no dularia de Roussel, l'auteur 
de la Flore du Calvados. Lyngbye le réunit à l'halydris de 
Stackhouse. (Lem.) 

FISTULEUX (Bot.), ayant une cavité longitudinale con- 
tinue ou coupée par des diaphragmes. Le chaume du roseau , 
du seigle, etc., la tige de Vœnanthe Jistulosa , etc. ; la hampe 
de l'oignon commun, du pissenlit, etc. : les feuilles de la 
ciboule , du lohelia dortmannia , etc. ; le spadix de Yarum 
àracunculus, etc., sont fistuleux. (Mass.) 



FIS 91 

FISTULINE, Fistulina. (Bot.) Bulliard donne ce nom à un 
genre de la famille des champignons, très-voisin des bolels , 
et qui en diffère par ses tubes libres et non soudés entre eux. 
Ce genre ne comprend qu'une seule espèce. 

La FisTULiNE BUGi.ossoïDE ( FistuUnu buglossoides , Bull. , 
Champ., tab. 74, 464 et 497; Boletus buglossum, FI. Dan., 
tab. loôg-, Bolelus hepaticus, Schaeff., Fung., tab. 116 — 120; 
Fers., Decand. , FI. Fr. , n.° 397; Hjpodrjs , Solenander; 
Agaric langue ou foie de bœuf, Paulet, Traité champ., 2 , 
pag. 98 , tab. 1 2 , fig. 1 , 2 , 3, 4 , J )• Ce champignon est très- 
facile à reconnoitre à sa couleur rouge -sanguine ou rouge- 
brune , et à sa forme de langue ou de foie. Il est connu 
vulgairement sous les noms de langue de hauf, foie de hœuf 
glu de chêne, etc. Il est sessile, ou à peine stipité, et fixé 
par le côté et horizontalement sur les troncs des arbres. Il 
a une consistance de chair; sa chair est lourde, juteuse, 
fibreuse et zonée de bandes rouges plus ou moins foncées. 
Sa forme est d'abord celle d'une langue; mais, en se déve- 
loppant, il s'arrondit et devient quelquefois lobé. Dans sa 
jeunesse, sa surface présente de petites protubérances qui., 
examinées au travers d'une loupe, sont des rosettes pédicel- 
lées. Après la chute de ces protubérances , la surface du 
champignon devient lisse. La partie inférieure est garnie de 
tubes serrés, courts, distincts et inégaux, d'abord blancs, 
puis rougeàtres ou jaunâtres, et un peu frangés à leur orifice- 
La fistuline croît sur les troncs des gros arbres , et ordinai- 
rement à rez-terre , et principalement sur les troncs des chênes 
et des châtaigniers ; ce qui fait que les Italiens le nomment 
langue du châtaignier [lingua di castagne). 

Ce champignon acquiert un développement de plus d'un 
pied de diamètre, et pèse jusqu'à deux ou trois livres. Il 
paroît en automne. Cette plante, selon Paulet, offre un 
aliment agréable et une ressource au besoin, un seul indi- 
vidu pouvant fournir amplement de quoi faire un bon repas. 
On recherche, pour l'usage, les pieds qui sont encore en 
forme de langues, c'est-à-dire, les plus jeunes-, lorsqu'ils sont 
trop avancés, leur surface est trop visqueuse, et leur chair 
ferme tend à l'état ligneux ; ils le deviennent même entiè- 
rement par vétusté. 



88 FIT 

Il y a deux principales manières de manger ce champi- 
gnon, soit cuit sous la cendre et ensuite coupé par tranches 
avec une liaison; soit en façon de fricassée de poulet, c'est- 
à-dire qu'après l'avoir lavé, épluché et bieii essuyé, on le 
fait revenir à l'eau bouillante, on le fait cuire dans le 
beurre avec un peu de persil , de ciboule , du poivre , du 
sel, etc., et on fait une liaison de Jaune d'oeuf: l'assaison- 
nement un peu piquant est toujours nécessaire , à cause de 
sa viscosité , lorsqu'il est un peu avancé. On a reconnu que 
le vinaigre ne se marie pas avec ce champignon , et qu'il gâte 
la sauce. 

La fistuline a une légère saveur de truffe; elle altère, et 
même échauffe un peu lorsqu'on en mange trop, mais ne 
nuit jamais. Elle ne produit point cet effet lorsqu'on la cueille 
naissante. 

Solenander, médecin qui vivoit à la .fin du seizième siècle, 
nommoit ce champignon hjpodrjs, parce qu'il croît sur le 
chêne. Il lui reconnoissoit la propriété d'apaiser les douleurs 
de goutte, étant appliqué sur les parties malades. Pour cela 
on le coupoit par tranches, et on le mettoit avec du sel 
dans un pot couvert qu'on enterroit. C'est de la saumure 
qui en résultoit que l'on se servoit pour frotter les parties 
douloureuses. (Lem.) 

FITATSI , TUSU-KAKI. (Bot.) M.Thunberg cite ces noms 
japonois pour son genre Dorœna, non rapporté à une famille 
connue. (J.) 
FITCHEL (Mamm.) , nom anglois du putois. (F. C.) 
FITERT. {Ornith.) Ce traquet de Madagascar est le molacilla 
sihylla, Linn. (Ch.D.) 

FITIS. (Ornith.) M. Vieillot a donné ce nom à un pouillot, 
sjiviafitis, Meyer. (Ch.D.) 

FITOMOSI , SOO ( Bot. ) , noms japonois de l'oignon 
ordinaire , allium cepa , suivant Kaempfer et M. Thunberg. 
(J.) 

FITORNAS. (Ornith.) C'est, dans Gesner, la huppe com- 
mune, upupa epops , Linn. (Ch. D.) 

FITOSAI (Bot.), nom japonois, cité par M. Thunberg, de 
son perdicium lomentosum, genre de plante composée. (J.) 
FITZMA, Sl-K\JA(Bot.) , noms japonois, suivant Kaemp* 



FL.4 89 

fer, d'une espèce de concombre à fruit alongé, strié et re- 
plié, qui est peut-être le cucumis Jlexuosus. (J. ) 

FIWA (Bot.), nom japonois , suivant M. Thunberg, de 
son genre Tomex, que nous avons réuni au litsea , dans la 
famille des laurinécs. Gmelin , conservant le genre, et ob- 
servant qu'il y avoit un autre tomex établi par Forskaèl , 
nomxne Jiwa celui de Thunberg. (J.) 

FIXITÉ. (Chim.) Ce mot, pris dans un sens absolu, signifie 
la faculté qu'a un corps de ne pas se volatiliser par Faction 
de la chaleur; pris dans un sens relatif, il signifie qu'un 
corps ne se volatilise pas à un certain degré où un autre 
corps, que Ton compare au premier, se volatilise : c'est ainsi 
que la potasse et la soude ont été appelées des alcalis fixes , 
quoiqu'ils soient susceptibles de se réduire en vapeur ; mais, 
quand on les compare sous ce rapport avec l'ammoniaque 
liquide, qui évapore avec la plus grande facilité, on trouve 
vne différence si considérable qu'elle justifie suffisamment 
la distinction de ces corps en alcalis fixes et en alcali volatil. 
(Ch.) 

FIZ-FA. {Bot.) Voyez Koto-fiz. (J.) 

FLABELLA , Flabellum ( Zoop/^)'^ ) : nom générique sous 
lequel Rumph désigne les espèces de gorgones dont les branches 
s'anastomosent et forment une sorte de large feuille, comme 
lesG.ventilabnim, reticulum, etc. Voyez Gorgone. (DeB.) 

FLABELLAIRE , Flabellaria. (Bot.) Genre de plantes dico- 
tylédones , de la famille des malpighiacées , de la décandrie 
trigjnie de Linnaeus ; rapproché des hirœa, offrant pour ca- 
ractère essentiel : Un calice très-petit, à cinq divisions; une 
corolle nulle ou point connue ; dix filamens monadelphes 
à leur base ; trois ovaires fort petits , connivens , dont deux 
avortent ordinairement; trois styles surmontés d'autant de 
stigmates globuleux. Le fruit consiste en une seule capsule, 
très-rarement trois , relevée en carène , environnée d'une 
grande aile orbiculaire , en éventail, profondément échan- 
crée en cœur à son sommet, renfermant une semence ovale. 

Fi.ACELLAinE PANicuLBB : Flabellaria paniculata , Cavan., Diss. 
Bot., c), pag. 454, tab. 264; Hirma pinnata, Willd., Spec, 2, 
pag, 743. Ses rameaux sont ligneux, garnis de feuilles oppo- 
sées , ailées avec «ne impaire , composées de cinq folioles 



alternes, coriaces, ovales, entières, veinées, réticulées, 
glabres à leurs deux faces , amincies à leur sommet ; les 
supérieures beaucoup plus grandes. Les fleurs sont blan- 
chAtrts, disposées en panicules axillaires, terminales , étalées, 
tomenteuses ; leurs ramifications opposées en croix, munies 
à leur base de bractées lancéolées , aiguës ; les pédicelles courts 
et tomenteux ; le calice, d'une seule pièce, fort petit , à cinq 
découpures persistantes et réfléchies à la maturité des fruits. 
Les filamens sont capillaires, réunis en un seul corps à leur 
iase, insérés sur le calice ; les anthères jaunes, linéaires, sil- 
lonnées ; la capsule roussâtre , transparente , monosperme. 

(POIR.) 

FLABELLAIRE , FlabeUaria. (Polyp.?) Dénomination im- 
posée par M. de Lamarck, Ann, du Mus,, tom. 20, p. 299, et 
Anim, sans vert. , 3.* édit. , t. 3 , pag. 342 , à un petit groupe de 
corps organisés, de la famille des corallines, genre dont ils 
faisoient partie dans Linnaeus , Ellis , Esper. etc. , et que M. La- 
mouroux, dès l'année 1812, avoit établi sous le nom d'hali- 
mède. Les caractères que M. de Lamarck assigne à ce genre 
sont : Polypier caulescent, flabelliforme , encroûté, souvent 
divisé; à expansions aplaties, subarticuîées, prolifères; tige 
courte, cylindrique; tissu composé de fibres entrelacées; arti- 
culations subréniformes , plus larges que longues, à bord, 
arrondi, onde, subulé. C'est pour lui un genre de la famille 
des polypiers empâtés, qu'il place entre les genres Pinceau et 
Eponge : il en compte sept espèces qu'il divise d'après la réu- 
îiion ou la distinction des articulations. Voyez, pour plus de 
détails, Halimède. (De B.) 

FLABELLAIRE. (Foss,) Quoique les flabellaires soient 
assez communes dans les mers actuelles, il est très-rare d'en 
trouver à l'état fossile. La destruction de leur partie fibreuse 
qui n'a pu se conserver, et le peu de solidité de celle qui est 
calcaire, empêchent qu'on n'en retrouve dans les lieux où elles 
étoient peut-être communes autrefois. Il en est sans doute 
ainsi pour les corallines et autres polypiers corticifères , dont, à 
l'exception des isis, on ne retrouve point de vestiges. L'espèce 
de flabellaire que j'ai trouvée à Grignon près de Versailles, 
étoit composée d'articulations distinctes et comprimée; , qui se 
rapprochent de la forme de celles de la flabellaire raquette, 



FLA 91 

mais qui sont plus alongées. l'on voit à leur partie supé- 
rieure les petits trous qui servoient de passage aux fibres qui 
tenoient ces articulations rapprochées les unes au-dessus des 
autres. Longueur des articulations, 3 lignes environ. J'ai donné 
à cette espèce le nom de flabellaire antique ,Jlabellaria an- 
tiqua. 

Avec ces articulations comprimées, j'en ai rencontré qui 
sont d'une forme alongée et subcylindrique ; j'ai pensé 
qu'elles avoient pu faire partie de la tige de l'espèce ci-dessus, 
qui paroît ne se rapporter à aucune espèce connue. (D. F. ) 

FLABELLARIA. ( Bot.) Genre de la famille des algues, établi 
par M. Lamouroux pour placer le conferva Jlahelliforrnis que 
M. Desfontaines a décrit dans sa Flore atlantique, et qui est 
Vulva Jlabelliformis de Roth, que Decandolle met avec doute 
dans le genre Conferva, 

L'organisation de cette plante la place entre les algues et les 
conferves. Sa fronde semble formée pardesfilamens analogues 
à ceux des conferves, soudés ensemble, et produisant un 
réseau à mailles très-petites, superposées et entremêlées. 

Le flabellaria varie beaucoup dans sa forme, mais jamais 
dans sa couleur qui est le vert d'herbe foncé. Il offre une tige 
cylindrique d'où s'élève une fronde étalée en forme d'éven- 
tail ou de spatule d'un à deux pouces environ de hauteur. Le 
bord supérieur est toujours frangé et lacéré et plus mince que 
le reste de la plante. Plusieurs tiges ou frondes semblables 
partent d'une racine commune , rampante et entrelacée. 

« L'organisation , dit M. Lamouroux, est évidemment réti- 
culée: les mailles sont très-petites, entrelacées et comme feu- 
trées. Les fibres longitudinales, appliquées presque les unes 
contre les autres, paroissent articulées et transparentes ; les 
fil)res transversales sont à peine visibles. On trouve souvent sur 
les feuilles des stries transversales et concentriques dans les- 
quelles la substance est plus mince , ou des zones d'une couleur 
plus foncée et presque opaque, mais se dégradant et se fondant 
dans la substance de la plante inférieurement ou supérieure- 
ment. * 

M. Lamouroux présume, par analogie avec ce qui s'observe 
dans les dictyotées, que ces zones sont produites par les fructi- 
fications de cette plante, qui n'ont pas encore été observées. 



9^ FLA 

Le Jlahellaria Desfontanii , nom que M- Lamouroux donne à 
cette plante, croît sur les bords de la Méditerranée. On le 
trouve à Marseille , Nice, etc. Il est figuré tab. 6, fig. 4 de 
l'Essai sur lesgenres de la famille des thalassioph ytes de l'au teur 
cité, dans Marsigli , Hist. , tab. 6, fig 27, et dans Ginanirii , 
Adriat. tab. 26, n" 56. Ce genre fait partie de l'ordre des 
dictyotées dans la Méthode de M. Lamouroux. (Lem.) 

FLABELLIPEDES. {Ornilh.) Les oiseaux auxquels on donne 
ce nom, qui exprime des doigts en éventail, sont ceux dont 
les quatre doigts, dirigés en avant , sont réunis dans une même 
membrane, comme chez le fou, le pélican, etc. (Ch. D. ) 

FLACHS-FINK. (Ornith.) On nomme ainsi en allemand 
la linotte commune , fringilla linota, Linn. (Ch. D. ) 

FLACKIG-HOITTING {Ichthyol.) , nom suédois du chaar- 
cin double-mouche de M. de Lacépèdc . lequel sera décrit à 
l'article Pjabuque. (H. C. ) 

FLACON DES PÈLERINS (Bot.), un des noms vulgaires 
d'une espèce de courge , cucurbita Lagenaria , Linn. ( L. D.) 

FLAGELLARIA. {Bot.) Stackhouse, en établissant ce genre 
dans la famille des algues, le caractérise ainsi: Fronde cylin- 
drique, reine, cartilagineuse, torse, renflée dans son milieu, 
remplie d une matièremuqueuse cellulaire ; fructification cons- 
tituée par des tubercules très-petils, nus et enfoncés dans la 
substance de la fronde , et à son extrémité. • 

Stackhouse ramène à ce genre les fucus filum, thrix, flageU 
liformis et longissimus de sa Néréide britannique et des auteurs, 
ce qui le place dans le genre Chordaria de Link adopté par 
Agardh, Lyngbye, etc. et y ramène le chorda , Lamx., fondé 
sur le fucus Jilum seulement. (Lem.) 

FLAGELLEE (Bot.), nom que les jardiniers donnent à 
une variété de la laitue cultivée. (L. D.) 

FLAG-SPAET ( Ornith. ) , nom danois de l'épeiche ou pic 
varié, à tête rouge , pici/s medrus , Linn. ( Ch. D.) 

FLAMANT. [Entom.) Barrère désigne ainsi dans son Hist. 
nat. de la France équinoxiale, pag. 197, une espèce de fourmi 
des bois dont la piqûre donne la fièvre pendant vingt-quatre 
heures. (CD.) 

FLAMANT. (Ornith.) L'oiseau auquel on donne ce nom, 
qui, dans certains auteurs, est écrit flamand, Jlamhant.^Jlam- 



FLA 93 

heau, est le phénicoptère ou oiseau aux ailes de flamme. La 
couleur éclatante de l'ibis rouge a aussi fait appliquer à cet 
oiseau la dénomination de flambe ou flamant, qui s'est même 
étendue aux ibis brun et des bois. Voyez Flammant. (Ch.D.) 

FLAMBANT. {Ornith.) Voyez Flamant. (Ch. D.) 

FLAMBE. {Bot. ) L'iris est souvent désigné sous ce nom Fran- 
çois. (J.) 

FLAMBE BATARDE. (Cof. ) C'est l'iris faux-acorus. (L. D.) 

FLAMBÉ. (Entom.) C'est le nom donné par Geoffroy au 
papillon chevalier grec nommé PodaLirius. ( C. D.) 

F£,AMBEAU {Ichthjol.) , un des noms vulgaires de la cépole 
taenia. Voyez Cépole. (H. C. ) 

FLAMBEAU DU PEROU. {Bot) C'est le cierge du Pérou, 
cactus peruvianus. (J.) 

FLAMBERGENT. (Ornith.) On appelle ainsi Fhuîtrier ou 
pie de mer, hcematopus ostralegus , Linn. Il paroît même que 
cette dénomination s'étend au courlis commun. (Ch. D.) 

FLAMBO. {IchthyoL) Voyez Flambeau. (H. C. ) 

FLAMBOISIER. {Bot.) C'est le framboisier dans quelques 
cantons. (L. D.) 

FLAMENCO {Ornith.), nom espagnol du flammant, qui 
s'écrit en portugais, en anglois et en allemand, flamiugo. 
Dampier, Nouv. Voy. autour du Monde , Rouen , 17 1 5 , t. r, 
p. 94, dit avoir vu une très-grande quantité de ces oiseaux 
dans une île vis-à-vis de Curaçao, appelée par les pirates 
l'île de Flamingo. (Ch. D.) 

FLAMINGO. {Ornith.) Voyez Flamenco. (Ch.D.) 

FLAMMA, FLAMMULA.(5of.)Les anciens donnoientces noms 
à des plantes caustiques capables d'enflammer les parties d'un 
corps vivant avec lesquelles on les met en contact. Telles sont 
diverses espèces de renoncules, et surtout la petite douve. 
ranuncuius Jlammula ; les diverses clématites , et principale- 
ment le clematis recta; la dentelaire, p/umtago. Gesner nomraoit 
aussi Jlamma ou Jlammula Jovis, la coquelourde des jardiniers. 
agrostemma coronaria, peut-être à cause de la belle couleur 
rouge de ses fleurs ; et, pour le même motif, Rumpli donne à 
l'fxora coccmea le nom de Jîam ma syli/arum. (J.) 

FLAMMANT. {Ornith.) Les Grecs ont donné à cet oiseau le 
nom de phénicoptère, c'est-à-dire d'oiseau à l'aile de flamme.. 



94 FLA 

qui convenoit surtout aux individus âgés de deux ans, dont 
les ailes seules sont d'un bel incarnat, et dont le cou et le 
corps sont encore revêtus de plumes blanches. 

On est surpris de ne pas trouver dans Aristote une dé- 
nomination qu'on lit dans Aristophane , et qui a paru si 
expressive aux Latins, que Pline, Appius , Juvénal, Suétone, 
n'ont pas hésité à l'adopter. Ce terme, traduit en François 
pur Jlambant , Jlamboyant , Jlammant , a perdu parmi nous ce 
qu'il avoit d'énergie et de grâce dans le langage des Grecs , 
et, en l'écrivant, par oubli de l'étymologie, ^aman-d onjla- 
mant , on a fait d'un oiseau de couleur de flamme un oiseau 
de Flandre, pays où il n'existe pas. 

Le même oiseau a reçu en France un autre nom tout-à- 
fait étranger à la couleur du plumage, et tiré d'une partie 
plus essentielle , du bec , qui doit plutôt servir de type aux 
noms génériques : comme la forme de celui du phénicop- 
tère a du rapport avec un manche de charrue, on l'a appelé 
hécharu. Mais , quoique MM. de l'Académie des Sciences en 
aient donné, tom. 3, part. 3 de l'Histoire de cette Académie , 
une description anatomique sous ce nom, que Vahnont de 
Bomarea adopté, il n'est pas très-sonore et n'a pas fait fortune. 
A Cayenne on appelle le même oiseau tococo. 

Le flammant réunit aux caractères de l'échassier, dans des 
proportions excessives, ceux des palmipèdes, puisque ses 
jambes, situées hors de l'abdomen et dégarnies de plumes, 
sont très-hautes, et qu'il a les trois doigts antérieurs engagés 
dans des membranes qui, quoique échancrées à leur centre, 
s'étendent jusqu'aux ongles, tandis que le doigt de derrière, 
fort court , est seul libre. Le cou , également long et très-grêle , 
est surmonté d'une tête petite, et le bec, lamelleux et plus 
haut que large , a les bords dentelés. La mandibule supé- 
rieure , droite et voûtée à sa base, se fléchit tout à coup et 
presque à angle droit, vers le milieu, s'aplatit, se rétrécit et 
s'incline encore à sa pointe sur la mandibule inférieure, qui 
est plus épaisse et plus large, circonstance d'après laquelle on 
a supposé la première seule mobile sur l'autre. Les najîines, 
percées longitudinalement dans un sillon près de l'arête supé- 
rieure du bec , sont bordées d'une membrane extensible et 
à l'aide de laquelle l'oiseau peut les couvrir entièrement. La 



FLA 95 

langue, épaisse et charnue , est garnie de glandes à son ori- 
gine, et couverte à sa surface de papilles recourbées en 
arrière. 

Le genre Flammant n'a long-temps été composé qued'une seule 
espèce , dont plusieurs auteurs ont cru ensuite devoir séparer les 
flammants observés au Chili par l'abbé Molina ; et, depuis, 
M. Geoffroy - Saint- Hilaire en a décrit, dans le Bulletin des 
Sciences, publié par la Sociétéphilomathique, en germinal an vr 
(mars 1798), une troisième , sur laquelle il a remarqué des par- 
ticularités plus relatives aux caractères génériques qu'à ceux 
qui servent à distinguer les espèces, puisqu'elles ont rapport à 
la forme du bec. La face interne de la mandibule supérieure , 
qui, dans le phénicoptère des anciens, est partagée en deux 
vers le milieu par une arête étroite et haute de trois milli- 
mètres, consiste dans le flammant du Sénégal, dont la taille 
est d'ailleurs plus petite, en une lame verticale, haute.de 
quinze millimètres, au.ssi large à sa base que le demi-bec lui- 
même, et dont le bord libre se termine en un tranchant très- 
acéré. Cette lame descend profondément et est reçue dans la 
mandibule inférieure, disposée à cet effet ; car les prolongemens 
rentrans qui, dans le phénicoptère des anciens, dépassent 
presque à angle droit, de trois millimètres au plus, les bords 
de la mandibule inférieure , sont remplacés dans la nou- 
velle espèce par une lame de quinze millimètres , laquelle 
fait un angle aigu avec les bords de la mandibule , circonstance 
qui, suivant l'auteur, doit influer sur la foi'me de la langue 
tt le mode de nourriture. M. Geoffroy a accompagné sa notice 
de figures des becs comparés-, et M. Vieillot , partant de cette 
observation, a divisé le genre Phénicoptère en deux sections 
énoncées, la première en ces termes ; « Surface interne de 
la mandibule supérieure partagée en deux, vers son milieu, 
par une arête assez mince; bords internes de la mandibule 
inférieure étroits ; >^ et la seconde, ainsi qu'il suit : « Surface 
interne de la mandibule supérieure verticale , très-haute . 
aussi large à sa base que le demi-bec lui-même, et dont le 
bord se termine en tranchant très-acéré; bords internes de la 
mandibule inférieure très-larges. >^ 

Si l'on regarde les observations de M. Geoffroy comme suf- 
fisantes pour opérer la division du genre, et si les différence-* 



9^ FLA 

de plumage remarquées par Molina, dans son Essai sur l'his- 
toire naturelle du Chili, p. 223 de la traduction Françoise de 
Gruvel , sont jugées de nature à constater aussi l'existence 
d'une espèce particulière, il en résultera trois espèces, que 
M. Geoffroy désigne ainsi : 

Phénicoptère des anciens ; Phœnicopterus major, ayant les 
pennes des ailes noires et le bec en partie jaune. 

Petit Phéxicoptère ; Phœnicopterus minor (Sénégal), dont 
les pennes alaires et le bec sont noirs. 

Phénicoptère du Chili; Phanicopterus Chilensis , Gmel., le- 
quel a les pennes alaires blanches. 

Mais M. d'Azara, qui a décrit des flammants tués dans les 
lagunes de la rivière de la Plata et à Buenos- Ayres, leur a 
trouvé les pennes alaires noires, comme au phénicoptère des 
anciens; et Molina, qui avoue que ces pennes sont également 
noires chez les flammants des autres parties de l'Amérique , 
est le seul qui parle de pennes blanches pour ceux du Chili. 
D'un autre côté , il a vu des individus de différentes tailles; et 
Mauduyt, à qui les flammants d'Afrique et du Chili étoient 
aussi connus, dit positivement, au mot Phénicoptère de l'En- 
cyclopédie méthodique, que « ceux d'Amérique et ceux de 
l'ancien continent, les phénicoptères de la plus haute taille et 
ceux qui sont les moins grands, sont tous certainement de la 
même espèce. ^^ Peut-être conyiendroit-il , en conséquence, 
de suspendre encore Tadoption absolue de trois espèces dif- 
férentes, jusqu'à ce qu'on ait soumis à un nouvel examen les 
circonstances relatives aux variations dans le bec du flammant 
du Sénégal, qu'on ait été à portée d'en mieux apprécier la 
valeur réelle par des observations anatomiques renouvelées 
sur un assez grand nombre d'individus; et que, par rapport 
au flammant du Chili, on ait pu s'assurer si les faits observés 
par Molina , relativement à la blancheur des pennes alaires 
et de plusieurs autres parties du plumage dans les âges divers , 
ainsi qu'à une sorte de houppe sur la tête , sont aussi cons- 
tatis, aussi généraux qu'il l'annonce , et s'ils ne tenoient pas 
au sexe et à d^autres circonstances locales. 

On se bornera, d'après ces considérations, à donner ici 
la description et l'histoire du flammant ou phénicoptère drs 
anciens, phœnicopLerus ruher. Linn. 



FLA 07 

Il résulte des observations anatomiques de MM. de l'Aca- 
démie des Sciences, que la langue très-grosse de l'individu 
par eux disséqué étoit contenue dans la cavité formée par la 
mandibule inférieure ; que de chaque côté elle étoit recou- 
verte , dans un espace de plus de six lignes, par les rebords 
de cette mandibule, et qu'elle étoit garnie, depuis sa racine 
jusqu'à la moitié de sa longueur, de deux rangs de longues 
pointes charnues ,. tournées vers le gosier. Quant à la cou- 
leur, les jeunes , avant la mue , ont tout le plumage cendré , 
et beaucoup de noir sur les pennes secondaires des ailes 
et sur celles de la queue. A l'âge d'un an ils sont d'un blanc 
sale ; les pennes secondaires des ailes sont d'un brun noi- 
râtre , avec une bordure blanche; les couvertures, à leur 
origine , d'un blanc nuancé de rose et terminées de noir, et 
les pennes blanches de la queue tachetées de brun noirâtre : 
leur longueur n'est alors que d'environ trois pieds. Lorsqu'ils 
ont atteint deux ans , le rose prend plus d'éclat sur les ailes ; 
mais le cou est encore blanc, ainsi que les autres parties du 
corps. Les vieux mâles, âgés de quatre ans, ont la tête, le 
cou , les ailes , la queue qui est très-courte , et les parties infé- 
rieures, d'un beau rouge, moins foncé toutefois sur le dos et 
les scapulaires, et davantage sur les ailes, dont les pennes 
secondaires dépassent de plusieurs pouces les rémiges, qui 
sont d'un beau noir. Le tour des yeux et la base du bec sont 
blanchâtres; depuis cette base jusqu'à sa courbure, le bec est 
d'un rouge de sang, et le reste, vers la pointe , est iioir : les 
pieds sont rouges. Sa longueur, depuis le bout du bec jusqu'à 
celui de la queue, est alor« de quatre pieds quatre pouces, 
et jusqu'à celui des ongles de six pieds. Les vieilles femelles, 
âgées de plus de quatre ans, ont aussi tout le plumage rouge ; 
mais la teinte en est plus pâle, et leurs dimensions sont moins 
îortes. 

Le flammant paroît répandu sur tout le globe , au-dessous 
de 40 à 46 degrés; mais cet oiseau, qui ne visite pas les ré» 
gions du Nord , est voyageur dans les climats chauds et tem- 
pérés des deux continens : seulement de passage sur les côtes 
^néridionales de l'Europe, on ne le rencontre qu'accidentelle- 
ment sur les fleuves dans l'intérieur des terres. Les flammants 
vivent de coquillages, de frai de poissons et d'insectes, pour 



98 FLA 

se saisir de leur nourriture, ils appuient la partie plate de la 
mandibule supérieure sur la terre, et remuent en même temps 
les pieds afin de porter dans leur bec, avec le limon , la proie 
que la dentelure de ce bec sert à y retenir. Toujours en 
troupes, ils se forment eu file pour pêcher, et ce goût de 
s'aligner leur reste même lorsque, placés l'un contre l'autre, 
ils se reposent sur la plage. Ils ont l'habitude d'établir des 
sentinelles pour la sûreté commune; et, soit qu'ils se reposent 
ou qu'ils pèchent, l'un d'eux est toujours en vedette, la tété 
haute. Si quelque chose alarriie celui-ci , il jette un cri bruyant 
qui s'entend de très-loin , et qui resscinble au son d'une trom- 
pette. Aussitôt la troupe part, et observe dans son vol un 
ordre semblable à celui des grues. Il y a néanmoins des voya- 
geurs qui prétendent que lorsqu'on parvient à surprendre les 
flammants , leurépouvante les rend en quelque sorte stupides , 
et qu'ils laissent au chasseur le temps de les abattre presque 
jusqu'au dernier. 

Ces oiseaux nichent, en général, sur les plages noyét-s , et 
sur les îles basses; et comme ils ne pourroient, vu l'extrême 
longueur de leurs jambes, se tenir accroupis dans leur nid, 
ils le construisent au bord des eaux , avec la fange des marais, 
en forme d'un cône tronqué par le haut , d'environ vingt 
pouces, et ils se placent dessus, les jambes pendantes de chaque 
côté et appuyées sur la terre. L'endroit destiné à recevoir les 
œufs, qui sont blancs, au nombre de deux ou trois, gros 
comme ceux de l'oie et un peu plus alongés, est concave; 
mais tandis que, suivant Labaf et autres, ces œufs sont posés 
à nu , l'enfoncement du cône étoit, dans ceux qu'a observés 
Molina, tapisséd'un duvet très-tin. Les jeunes, qui nepeuvent 
voler que lorsqu'ils sont revêtus de toutes leurs plumes , 
courent , même avec vitesse, peu de jours après leur naissance. 

Les anciens faisoient grand cas de la chair du flammant. 
Philostrate la compte entre les délices des festins, etlalangue, 
fort grasse , en étoit surtout recherchée comme un excellent 
morceau; mais les modernes qui ont eu occasion de manger 
de ces oiseaux, en ont trouvé la chair huileuse et presque 
toujours d'une odeur de marais fort désagréable. M. Geoffroy 
dit qu'on en tue en Egypte des quantités assez grandes pour en 
«mplir des bateaux , et qu'on les y vend sans les langues, qui 



FLA 99 

sont garnies d'une multitude de glandes dont l'huile , expri- 
mée entre des ais , est conservée pour assaisonner des mets 
divers. 

Oil a essayé d'élever des flammants en domesticité , et l'on 
est parvenu à apprivoiser des individus qui avoient été pris 
jeunes; mais cet oiseau languit et vit peu dans nos climats, où 
il a été impossible d'en obtenir la reproduction. Peiresc a 
remarqué qu'il trempoit dans l'eau le pain qu'on lui présen- 
toit ; qu'il mangeoit plus la nuit que le jour; que, très -sen- 
sible au froid, il s'approchoil du feu jusqu'à se brûler les 
pieds ; que , lorsqu'il dormoit , il refiroit une de ses jambes sous 
le ventre , et que , privé de l'usage d'une jambe , il marchoit 
avec l'autre , en s'aidant du bec, et l'appuyant à terre comme 
une béquille. 

La peau du flammant est garnie d'un bon duvet, et l'on 
s'en sert aux mêmes usages que de celle du cygne. Les Indiens 
font, avec ses plumes, des colliers, des bonnets ou fours de 
tête, des ceintures et d'autres atours. Suivant Cetti, gU Uc- 
celli di Sardegna, p. 297, les Sardes fabriquent avec l'os de sa 
jambe une flûte, qu'ils appellent lionedde, et dont ils tirent 
un son très-doux. (Ch.D.) 

FLAMME. ( Bot. ) Les fleuristes donnent ce nom à une 
variété de l'œillet commun. ( L. D.) 

FLAMME et FEU. ( CKim. ) 

Définitions. Le mot feu a été employé suivant deux accep- 
tions difl'érentes : il l'a été, premièrement, pour désigner le 
phénomène par lequel de la chaleur et de la lumière se 
manifestent simultanément à nos sens-, en second lieu, pour 
désigner la cause même de ce phénomène. 

Le moi Jlamme est particulièrement appliqué au feu qu'on 
observe dans l'action mutuelle de deux gaz, ou lorsque des 
corps solides ou liquides passent à l'état aériforme. La flamme 
n'est donc qu'une circonstance particulière de la manifestation 
du feu ; cependant nous ferons remarquer que le ttCû des 
Grecs , que nous traduisons par feu , s'appliquoit certaine- 
ment à la flamme, puisqu'ils avoient fait dériver 7rvpsi./ji.}ç , 
pyramide, de vru^, à cause de sa forme , qui a quelque ressem- 
blance avec celle de la flamme. 

Les phénomènes que le feu présente, soit qu'on les con- 

7- 



too FLA 

sidère en eux-mêmes, soit qu'on les considère relativement 
aux actions chimiques qui accompagnent la production de 
ces phénomènes , étant du plus haut intérêt , nous allons 
examiner le feu : 

1.** Par rapport aux circonstances dans lesquelles il se ma- 
nifeste ; 

a." Par rapport aux phénomènes qu'il présente lorsqu'il est 
à l'état de flamme ; 

3." Par rapport à la manière dont on en a envisagé la 
nature. 

Ces sections nous permettront d'exposer à la fois les belles 
découvertes que l'on a faites sur le feu , et les hypothèses in- 
génieuses dont il a été l'objet. Tout ce qui va suivre ne devra 
s'entendre que du feu que nous pouvons développer, et 
nullement de celui du soleil. 

I.'' SECTION. 
Circonstances dans lesquelles le feu apparaît. 

A. Feu qui apparaît par simple communication. 

Lorsque des corps solides ou liquides, fixes au feu, sont 
en contact avec des substances incandescentes, ou placées dans 
des atmosphères dont la température est au moins de 667 d. , 
et que ces corps ne peuvent d'ailleurs éprouver aucune action 
chimique, ils répandent de la lumière et de la chaleur. Ce 
phénomène est une conséquence de l'équilibre de la chaleur, 
et de ce que les corps solides et liquides ne peuvent être 
échauffés au-dessus de bè-j à. sans devenir lumineux. 

Les corps gazeux sont sans doute susceptibles de devenir 
lumineux par communication, mais ce n'est qu'aune tempéra- 
ture de beaucoup supérieure à 667 d. Plusieurs expériences 
le démontrent : la première qui ait constaté ce fait est due à 
T.Wedgewood. Ce savant, ayant dirigé un courant d'air dans 
un tube de verre chauffé au rouge, observa que l'air, à la 
sortie du tube , n'émettoit pas de lumière , et que cependant il 
étoit assez chaud pour qu'un fil mince d'or qu'ony plongeoit y 
devînt lumineux très-promptement. 

Quant à la température que l'on peut donner à un corps 
par communication, elle ne peut jamais aller au-dessus de 
celle du foyer. 

\ 



FLA loi 

B. Feu produit par la percussion ou lefrottement. 

En percutant les corps, ou "en les frottant, on en élève la 
température, comme tout le monde sait . il est donc tout 
simple qu'en percutant rapidement un morceau defersurune 
enclume, on le rende lumineux; qu'en frottant vivement deux 
morceaux de bois sec l'un contre l'autre , on en élève assez la 
température pour qu'ils prennent feu. C'est aussi en dévelop- 
pant de la chaleur que la compression rend quelques gaz 
lumineux, et qu'elle détermine l'inflammation de plusieurs 
mélanges aériformes. 

C. Feu produit pendant fade de la combinaison. 

Au mot Attraction moléculaire , nous avons dit qu'un phé- 
nomène très-commun dans la combinaison chimique est une 
élévation dans la température des corps qui s'unissent, éléva- 
tion qui est d'autant plus grande , que les corps ont une 
affinité mutuelle plus énergique. Nous en avons conclu que , 
de ce fait, on pouvoit déduire la manifestation du feu ou 
de la flamme par l'action chimique ; que, pour la concevoir, 
il falloit admettre un dégagement de chaleur capable de 
porter les corps à la température où ils deviennent lumineux. 
Lorsque des solides ou liquides, en se combinant entre eux, 
ou avec un gaz, forment des composés solides ou liquides, 
il suffit, pour qu'il y ait incandescence , que la chaleur mise 
en liberté porte leur température à 667 deg.; lorsque des 
solides ou liquides se combinent à un gaz et forment un 
composé gazeux, ou bien lorsque deux gaz s'unissent en- 
semble, et que, dans les deux cas', il y a assez de chaleur 
dégagée pour rendre les gaz lumineux, il y a injlammation .- 
d'où il suit que la Jlamme n'est qu''une substance gazeuse dont 
la température est assez élevée pour être lumineuse ; et , d'après 
les expériences exposées plus haut, il est évident que cette 
température doit être supérieure à celle qui porte les corps 
solides au rouge blanc. 

D. Feu produit par plusieurs composés qui sont exposés à la 
chaleur. 

Plusieurs antimonites et antimoniates, l'oxide de chrome, 
d'après les expériences de M. Berzelius ; la zircone , d'après 
celles deM.Davy-, le peroxide de titane, d'après les miennes , 
exposés à une chaleur d'un rouge obscur, éprouvent tout à 



'^^ FLA 

coup un phénomène d'incandescence très - remarquable. 
M. Berzelius, qui Va observé le premier, l'attribue à un de- 
gré de combinaison plus intime qui s'établit entre les élémens 
des composés qui présentent ce phénomène. 

E. Feu produit par une simple séparation d'élémens auparavant 
combinés. 

Le chlorure d'azote, l'iodure d'azote , qui se décomposent, 
soit par une légère percussion , soit par une légère élévation de 
température, donnent lieu à un vif dégagement de feu. 

F. Feu produit par la réunion des deux électricités. 

Lorsque des quantités suffisantes des deux électricités se 
réunissent, il se produit une élévation de température et une 
lumière très-sensible. L'expérience la plus propre à démontrer 
ce résultat, est celle de M. H. Davy. Cet illustre chimiste ayant 
établi, au moyen d'un charbon, dans une cloche vide d'air, 
la communication entre les deux pôles d'une pile voitaïque , a 
observé que le charbon devenoit resplendissant de lumière 
comme s'il eût brûlé dans Toxigène; et, ce qui est bien remar- 
quable , c'est qu'après l'avoir tenu pendant deux heures dans 
cet état, il a vu qu'il n'avoit pas changé de poids. M. H. Davy 
pense que ce moyen est celui qui peut donner la température 
la plus élevée. 

IL' SECTION. 
Des phénomènes que présente la flamme. 

§. I.*' 
Des Jlammes considérées sous le rapport de leur durée. 

Nous avons défini plus haut ce que c'est que la flamme, et 
les circonstances dans lesquelles elle est produite; établissons 
maintenant \ts rapports qui existent entre la flamme persis- 
tante d'un gaz combustible que l'on a allumé à l'orifice d'un 
tuyau par lequel se dégage, dans un milieu comburent, la 
flamme également persitante d'une bou'gie , d'une chan- 
delle , etc. , et les flammes instantanées que présentent les 
mélanges d'un gaz inflammable (t d'un gaz comburent, lors- 
que ces gaz passent à l'état de combinaison. 

A. Flammes persistantes. 

Lorsque du gaz , ou une vapeur susceptible d'être enflammée 
dans une atmosphère comburente, arrive dans cette atmo- 



FL.\ io3 

Spîière par l'orifice d'un tuyau, orifice que nous supposons 
circulaire; si on en approche un corps suffisamment chaud, 
l'inflauimation a lieu et se continue tant qu'il se dégage du 
gaz combustible, en supposant qu'il y ait un excès de corps 
comburent. Dans ce cas, la flamme a une forme conique, plus 
ou moins régulière; elle donne plus ou moins de lumière, et 
plus ou moins de chaleur, suivant la nature de la substance 
enflammée. 

La température nécessaire pour allumer un gaz inflammable 
varie suivant sa nature ; c'est ce que nous dirons plus particu- 
lièrement dans la suite. La durée de la flamme s'explique 
facilement : en eff'et, dès que les premières particules se sont 
enflammées, elles dégagent de la chaleur qui échauffe assez 
les particules qui les suivent pour mettre celles-ci en état de 
se combiner au gaz comburent. On conçoit donc que s'il n'y a 
pas d'interruption dans l'écoulement du gaz, la flamme devra 
se continuer. Sa forme conique dépend, i". de ce que la 
quantité de gaz combustible contenue dans chaque tranche 
horizontale va en diminuant à mesure que les portions de 
ce gaz se combinent successivement au gaz comburent qui 
l'environne, de sorte que la flamme se termine en pointe 
lorsque tout le gaz combustible est consumé; 2° de ce que, 
la température étant plus élevée à la partie inférieure de la 
flamme (1), et allant en diminuant jusques au sommet, l'es- 
pace occupé par le gaz combustible doit aussi diminuer de la 
base au sommet ; 5.° de l'accélération delà vitesse avec laquelle 
le gaz combustible doit s'élever dans une atmosphère toujours 
plus lourde que lui, ne fût-ce qu'à cause de la haute tempé- 
rature du premier. 

Les flammes-d'une bougie, d'une chandelle , d'une lampe, 
ont beaucoup d'analogie avec celles dont nous venons de 
parler; mais elles présentent cependant quelques circons- 
tances qui leur sont particulières : c'est ce qui nous engage à 
en parler. Lorsqu'on allume, pour la première fois, une 
bougie , une chandelle, il faut d'abord liquéfier la couche de 
cire, de suif , qui est immédiatement au-dessous de la portion 
de mèche qui se trouve à découvert , afin que le combustible 

(e) Non pas à la base même de la flamme , mais ua peu au-dessus. 



Ï04 FLA 

liquéfié s'élève, au moyen des interstices capillaires de la 
mèche Jusqu'à son sommet. Il faut, en second lieu, chauffer 
assez fortement le combustible qui est parvenu au sommet 
delà mèche, pour que son carbone et son hydrogène s'u- 
nissent à l'oxigène de l'atmosphère. Une fois que l'inflammation 
a commencé, elle se continue jusqu'à ce que tout le combus- 
tible soit consumé, parce que la chaleur du foyer fond le 
combustible placé au-dessous, et que celui-ci s'élève incessam- 
ment dans la mèche pour remplacer celui qui vient de brûler. 
La flamme d'une bougie ou d'une chandelle est creuse in- 
térieurement; la partie lumineuse est très-mince; ellese com- 
pose de deux couches: la plus extérieure , à peine visible, est 
bleuâtre ; la seconde , d'un éclat plus vif, est d'un blanc roux. 
La manière de se convaincre que la partie lumineuse n'est 
qu'une enveloppe très-mince , consiste à couper horizontale- 
ment la flamme par une toile métallique suffisamment serrée 
et froide : alors la partie de la flamme située au-dessus de la 
toile s'éteint, et est remplacée par une vapeur combustible. 
La partie inférieure conserve sa forme première de coupe; 
et en regardant l'intérieur de cette coupe au travers de la toile, 
on voit que le bord est un anneau étroit et lumineux , et que la 
cavité de la coupe, au milieu de laquelle se trouve la mèche, 
est tout-à-fait obscure. Si l'on approche un corps en ignition de 
l'espace où se trouvoit la partie supérieure de la flamme , on 
allumera la vapeur combustible qui sort au travers de la toile 
métallique, et on reproduira une flamme semblable à ce qu'elle 
étoit avant l'interposition de la toile. Il y aura cependant cette 
différence, que la partie supérieure ne sera pas contiguë à ia 
partie inférieure, qu'il y aura même un espace, entre la toile et 
la partie lumineuse supérieure , qui permettra de voir que cette 
partie creuse est obscure à l'intérieur et limitée extérieurement 
par une enveloppe lumineuse dont l'épaisseur va en augmentant 
de la base au sommet. Cette jolie expérience est de M. Sym ; 
mais nous devons dire que Carradori , long - temps avant 
M. Sym, avoit envisagé la flamme d'une bougie comme une 
bulle obscure au centre et lumineuse à l'extérieur. Nous expli- 
querons plus bas la manière dont agit le tissu métallique, ainsi 
que les expériences de M. H. Davy, qui ont conduit M. Porret 
à faire , sur la flamme d'une chandelle , plusieurs observations 



FLA. io5 

que nous allons rapporter. M. Perret pense que la couche 
extérieure de cette flamme est la seule qui brûle ; qu'elle 
(Idnne lieu à la manifestation de la chaleu^, et que c'est la 
couche intérieure qui donne lieu surtout à la manifestation de 
la lumière. Dans celle-ci il y a un dépôt de charbon , qui est 
porté à l'incandescence. Ce dépôt a lieu par la chaleur de 
la couche extérieure ; il ne se produit que dans une très- 
légère épaisseur : le centre obscur de la flamme est occupé 
par des gaz et des vapeurs inflammables que la mèche laisse 
échapper. M. Porret a fait deux expériences pour prouver 
que le dépôt du cliarbou se fait dans la seconde couche, et 
non au centre de la flamme. Il a pris un tube de verre de deux 
pouces de longueur, ouvert à ses deux extrémités, dont le 
diamètre total étoit moindre que celui de la flamme, et le 
diamètre intérieur étoit à peu près égal à celui de la mèche. 
Il a placé ce tube sur la mèche d'une chandelle qui venoit 
d'être mouchée : par l'orifice supérieur, il est sorti un gaz 
qu'on a enflammé ; et ce qu'il y a de remarquable , c'est qu'au 
bout de quelques secondes le tube n'étoit pas , ou presque 
pas , noirci intérieurement , tandis qu'il étoit recouvert exté- 
rieurement d'une couche de charbon. Si on répète l'expé- 
rience avec un tube coudé à angle droit, dont la branche 
horizontale est fort longue, il y aura des vapeurs inflammables 
qui se condenseront en des substances dont l'une est fusible à 
loo d. , et l'autre à Sa d. 

La flamme d'une lampe présente des résultats analogues 
aux précédens, si ce n'est que l'huile, à cause de son état 
liquide , n'a pas besoin d'être préalablement échaufi'ée pour 
s'élever dans la mèche par l'action capillaire de ses interstices. 

Le phosphore allumé continue de brûler jusqu'à la fin , parce 
que la chaleur dégagée parla combustion est suffisante pour 
vaporiser et déterminer la combustion rapide du pliosphore 
qui n'a point encore brûlé. Le soufre se comporte d'une ma- 
nière analogue au phosphore ; cependant il peut s'éteindre 
si sa masse est trop considérable pour être portée à la tem- 
pérature nécessaire à sa vaporisation par la chaleur de la 
flamme. 

Le zinc, chauffé dans un creuset, s'enflamme facilement ; 
mais, si on relire le creuset du feu , il pourra s'éteindre, parce 



io6 FLA 

que le produit de la combustion est un corps fixe, qui, en 
s'attachant à la surface du métal, préservera celui-ci du con- 
tact ultérieur de l'oxigène. L'arsenic est plus facile à brûler 
complètement que le zinc, parce que, le produit de la com- 
bustion étant volatil , la surface du métal est continuellement 
en contact avec l'atmosphère. Mais, dans tous les corps qui 
sont volatiles , et dont le produit de la combustion l'est aussi , 
il faut observer que, si la chaleur dégagée par l'inflamma- 
tion n'est pas considérable , la combustion cessera , à cause 
du refroidissement occasioné par la production des vapeurs. 

B. Flammes instantanées. 

Lorsqu'on plonge un corps , suffisamment chaud, dans un 
mélange de gaz combustible et de gaz comburent, il y a tout 
à coup une inflammation qui est si rapide, au moins dans les 
volumes de mélanges sur lesquels nous opérons, qu'elle paroit 
instantanée-, mais, dans la réalité, elle ne l'est point. Les par- 
ticules qui touchent le corps chaud, s'enflamment d'abord; 
puis la chaleur qu'elles dégagent par l'acte de leur combi- 
naison , détermine l'inflammation des particules voisines, 
et ainsi de suite. C'est donc parce que l'action chimique se 
propage avec rapidité, que l'inflammation des mélanges gazeux 
nous paroît instantanée : c'est donc par la rapidité seule que 
les flammes des mélanges gazeux diffèrent des flammes per 
sistantes. 

La détonation qui accompagne les inflammations instan- 
tanées, et qu'on n'observe pas dans les flammes persistantes, 
tst une suite de la rapidité avec laquelle l'inflammation se 
propage dans un mélange gazeux. Dans ce cas, les particules 
du gaz comburent étant intimement mêlées avec celles du gaz 
combustible , la combustion se fait dans un grand nombre de 
points à la fois : dès lors, la chaleur dégagée dans un instant 
étant toujours plus ou moins considérable, le produit de la 
combustion en éprouve une expansion subite , telle qu'il frappe 
l'air ambiant avec assez de force pour le mettre en vibra- 
tions sonores. I<es flammes persistantes étant produites par 
un courant de gaz ou de vapeur inflammable, dont la surface 
seulement se combine à un gaz comburent qui l'environne de 
ïQutes parts, on voit pourquoi il n'y a pas de détonation. 



FLA. 107 

§. II. 

De plusieurs propriétés desjlammes. 

Transparence de lajlamme. 

La flamme est traTispareiile ; si on ne peut voir un corps non 
lumineux au travers de la flamme d'une bougie ou d'une 
chandelle, cela tient au trop grand éclat de la flamme com- 
paré à celui des corps placés derrière elle , et non à son opacité , 
comme M. Sym l'a prétendu en 1816. Des expériences de 
Rumford, décrites en 1794, et plusieurs autres faites en 1817 
par M. Porret, démontrent sans réplique la transparence de 
la flamme. M. de Rumford a observé que la lumière de deux 
chandelles placées de front, avoit le même éclat que dans le 
cas où l'une étoit placée devant l'autre sur la même ligne; et, 
en outre, que la flamme d'une chandelle , placée à midi entre 
l'oeil etle soleil, étoit tout à-fait invisible, tandis que la mèche 
et le suif dans lequel elle étoit implantée, étoient parfaitement 
visibles à cause de leur opacité. M. Porret a fait plusieurs 
expériences pour prouver le même résultat : la plus simple 
est celle-ci .- On allume deux chandelles: on les laisse brûler 
jusqu'à ce que leurs mèches soient devenues fort longues. On 
mouche Tune d'elles, afin d'avoir une flamme brillante et une 
flamme terne. En regardant ensuite la flamme brillante au 
travers de la flamme terne, on l'aperçoit très-bien, tandis 
qu'on ne peut distinguer la flamme terne lorsque celle-ci est 
placée derrière la flamme brillante. 

Eclat des flammes. 

Il existe une très-grande différence dans l'éclat des flammes. 
Le phosphore, le zinc, brûlant dans l'oxigèn'e ; le potassium, 
brûlant dans le chlore, répandent une vive lumière , tandis 
que l'hydrogène, le soufre, brûlant dans l'oxigène ; le phos- 
phore, brûlant dans le chlore, n'en répandent qu'une plus ou 
moins pâle. 

M. H. Davy pense que, dans les flammes brillantes, il se 
trouve une substance solide*qui est la cause de leur éclat , par 
l'état d'ignition que lui donne la chaleur de la combustion. 
Cette substance , pour les flammes que nous avons citées en 
premier lieu, est l'acide phosphorique, l'oxide de zinc, le chlo- 
rure de potassium. Dans la flamme des hydrogènes carbures , 



io8 FLÂ. 

des huiles , de la cire, des graisses, c'est du carbone préci- 
pité à l'état solide qui entre en ignition , puis en combus- 
tion ; et ce qu'il y a de remarquable , c'est que M. Davy a 
donné de l'éclat aux flammes pâles dont nous avons parlé , en 
y projetant de l'oxide de zinc , ou en y plaçant un fil d'amiante 
ou de platine. 

Température desjlammes. 

Les températures des diverses flammes paroissent être fort 
diff"ércntes ; mais, ce qui est digne d'être observé, c'est que 
l'élévatièn de la température n'est point en rapport avec 
l'intensité de l'éclat. Ainsi , le mélange d'hydrogène et d'oxi- 
gène, enflammé à l'orifice du chalumeau de Newman , émet 
une lumière qu'on a peine à voir à la clarté du jour 5 et 
cependant sa température est si élevée, que la plupart des 
corps réfractaires qu'on y expose se fondent, et que tous y 
répandent une lumière extrêmement vive. 

M. H. Davy pense que , dans le cas où des gaz mêlés 
entrent en combinaison sans qu'il y ait changement de vo- 
lume , comme cela a lieu pour le mélange de volumes égaux 
de chlore et d'hydrogène , pour celui de 1 de cyanogène et de 
3 d'oxigène, l'expansion qu'ils éprouvent pendant leur réac- 
tion , peut indiquer, par approximation , la température pro- 
duite. Cet illustre chimiste, ayant fait détoner le second de ces 
mélanges dans un tube recourbé, de | de pouce de diamètre, 
qui contenoit de l'eau , a estimé l'expansion par la quantité 
de ce liquide chassée hors du tube. Il l'a évaluée à quinze 
fois le volume du mélange; ce qui indiqueroit une tempéra- 
ture de 2760 deg. Mais il n'est pas douteux que ce nombre 
est plutôt au-desSous du véritable qu'au-dessus, caria matière 
du tube et l'eau ont dû nécessairement absorber de la cha- 
leur. Le carbone du cyanogène, en brûlant dans l'air, paroît 
donner plus de chaleur que l'hydrogène -, car M. H. Davy a 
fondu , dans la flamme du premier, un fil de platine qui avoit 
résisté à la flamme de l'hydrogène. 

Coloration desjlammes. 

On sait que lastrontiane et la chaux colorent la flamme des 
substances hydro-carburées en rouge ; que l'acide borique les 
colore eu vert, ainsi que l'oxide de cuivre. M. H. Davy pense 
que ces substances sont décomposées dans les flammes qu'elles 



FLA. log 

colorent ; que leur radical combustible , d'abord séparé de 
l'oxigène par le carbone et l'hydrogène, entre ensuite ea 
ignition , puis en combustion ; mais nous croyons que cette 
opinion estloin d'être démontrée, et qu'il est plus probable de 
considérer la couleur comme appartenant au corps brûlé lui- 
même qu'à l'acte même de la combustion de son radical. 

§. in. 

De Vinjluence de la température sur la production et Ventrelieti 
desjlammes, et des combustions lentes. 

C'est surtout avec les mélanges gazeux inflammables quel'on 
peut s'assurer de cette vérité, qu'ils diffèrent beaucoup, sui- 
vant les espèces de gaz qui les constituent, sous le rapport de 
la température qui est nécessaire pour déterminer l'inflamma- 
tion de chacun d'eux. 

Le gaz hydrogène phosphuré, à la température ordinaire, 
ne peut être mis en contact avec l'air ou avec le chlore sans 
qu'il y ait une inflammation subite. Il est le seul gaz connu 
qui soit susceptible de s'enflammer à une température aussi 
basse. 

Le mélange de 7 parties d'hydrogène perearburé, et de 
100 parties d'air, est enflammé par le fer et Je charbon 
chauffés au rouge foible. Le gaz hydrosulfurique , le gaz hydro- 
gène, mêlés à l'air, s'enflamment à peu près à la même tem- 
pérature. Il en est encore de même du mélange de 1 partie 
d'oxide de carbone avec 2 parties d'air. 

Le mélange de gaz hydrogène protocarburé et d'air, fait 
dans les proportions les plus favorables à l'inflammation , ne 
s'allume pas parle charbon qui brûle sans flamme, ni par le 
fer chauffé au rouge blanc : il faut, pour qu'il détone, la 
flamme d'une bougie, ou celle de l'oxide de carbone, de 
l'hydrogène perearburé ; il détone encore quand on y plonge 
un fer qui est en combustion. 

On voit donc que l'hydrogène protocarburé est bien éloigné 
de l'hydrogène phosphuré, par le degré de chaleur qu'il exige 
pour être enflammé. 

M. H.Davy,à qui nous devons les observations que nous 
venons de rapporter, a essayé de mesurer la chaleur dégagée 
pendant la combustion de quantités égales des gaz préeédens. 



"« FLA 

Le gaz qui devoit être brûlé , étoit contenu dans un gazomètre 
à mercure, auquel ou avoit adapté un système de robinets 
terminés par un fort tube de platine ayant une petite ouver- 
ture ; un vase de cuivre, plein d'huile, à loo deg. , dans 
laquelle plongeoit un thermomètre , étoit placé au-dessus de 
cette ouverture : tous les gaz sortirent sous une même pres- 
sion, et tous furent consumés à peu près dans le même 
temps. 

La flamme du gaz hydrogène percarburé éleva le ther- 
momètre à l32°,2 

hydrogène, à ii4";4 

hydrosulfurique, à , iii", i 

du charbon de terre , à i i5°j3 

oxide de carbone , à loB^jS 

M. H. Davy dit que les quantités d'oxigène consqmées (en 
prenant pour unité celle qui est absorbée par l'hydrogène ) 
seroient , en supposant la combustion parfaite, 6 pour le gaz 
hydrogène percarburé, 3 pour lacide hydrosulfurique , i pour 
l'oxide de carbone. Le gaz du charbon de terre ne contenoit 
qu'une très-petite proportion de gaz hydrogène percarburé: en 
le regardant comme de l'hydrogène protocarburébieu pur, il 
auroit consumé 4 d'oxigène. Si l'on prend les élévations de tem- 
pérature et les quantités d'oxigène pour données , les rapports 
de la chaleur produite par la combustion des difTérens gaz 
seroient, pour l'hydrogène, 14,44; pour le gaz hydrogène 
percarburé, 6,57 ;. pour l'acide hydrosulfurique, 0,7, et pour 
l'oxide de carbone , 5,55. M. Davy ajoute qu'il ne faut pas rai- 
sonner sur ces rapports comme s'ils étoient exacts, parce que, 
pendant la combustion, les gaz hydrogènes carbures dépo- 
sèrent du charbon, et l'acide hydrosulfurique beaucoup de 
soufre ; et, en second lieu, qu'il y a grande raison de croire 
que les capacités des gaz pour le caloi'ique croissent avec leur 
température (1). 

Nous avons vu que la durée d'une flamme se perpétuoit 
dans le cas où les particules inllammables aériformes se su' - 
cédoient dans une atmosphère comburenle, et que l'inflam- 
mation se propageoit très-rapidement de couche en couche 

(1) C'est ce que TVOT. Duloug et Petit ont démoatré. 



FLA ttt 

dans un mélange combustible par la chaleur résultante de la 
combustion. On comprendra sans peine maintenant comment 
la présence d'un corps solide,, mis en contact avec la flamme, 
peut J'affoiblir et même l'éteindre, en absorbant la chaleur 
nécessaire à sa durée ou à sa propagation : c'est ainsi, 

1.° Qu'un fil métallique, placé horizontalement dans la 
flamme d'une bougie ou d"une chandelle, en affoiblit l'éclat, 
et d'autant plus qu'il a plus de masse et qu'il est meilleur 
conducteur : 

2." Qu'une boule de métal de la grosseur d'une balle de 
fusil, introduite dans l'intérieur de la flamme d'une chandelle, 
en aflfoiblil tellement l'éclat, qu'elle n'émet plus qu'une pâle 
lumière bleue (i) ; 

0.° Que le mélange d'hydrogène protocarburé et d'hydro- 
gène ne détone point dans des canaux métalliques, lorsque le 
diamètrede cesderniers est moindrequ'un septième de pouce, 
et leur longueur considérable en raison de leur diamètre (2) , 

4.° Qu'une toile mélallique en laiton, épaisse de 7^- de 
pouce, et dont les interstices ont 7^^ de pouce, façonnée en 
vase, et placée dans un mélange détonant d'hydrogène pro- 
tocarburé et d'air, occasionne un refroidissement assez grand 
à la flamme de la portion de mélange que l'on enflamme dans 
l'intérieur du vase, pour que l'inflammation ne se propage 
pas au dehors -, 

5.° C'est ainsi que cette même toile agit lorsqu'on la place 
horizontalement au milieu de la flamme d'une bougie, etc. 

Des faits précédens il ne faut pas conclure que les mélanges 
inflammables iie peuvent entrer en combinaison que dans le 
cas seulement où ils sont exposés à une chaleur capable de 
les enflammer, il existe, au contraire, une autre circonstance 
extrêmement remarquable , où ils se combinent lentement 
sans donner lieu à aucune lumière sensible: quoique cette cir- 
constance paroisse, au premier aspect, étrangère à la nature 
de la flamme, qui fait l'objet de cette section, ce que nous 
dirons plus tard fera voir qu'elle s'y rattache par plusieurs 
points. 

(1) M. Porret. 

(2) M. H. Davy 



112 FLA 

].• 1 V. de chlore, i v. d'hydrogène, exposés à la lumière 
diffuse, se combinent lentement sans qu'il y ait de lumière. 

2." Un grand nombre de métaux qui, à une température 
élevée, dégagent beaucoup de lumière, peuvent brûler sans 
en dégager à une température plus basse. 

3.° La même chose arrive au charbon qu'on expose à une 
température un peu supérieure à 56o d. ; ce combustible se 
convertit assez rapidement en acide carbonique. 

4.° Au rouge obscur l'oxigène brûle l'hydrogène percar- 
buré, sans explosion. 

5.° 1 d'oxigène et 2 d'hydrogène, échauffés dans un tube , à 
un degré qui se trouve entre 36o d. et la plus grande tempé- 
rature que l'on peut donner au verre sans le rendre visible dans 
l'obscurité, se combinent lentement sans dégager de lumière. 

G° L'oxide de carbone, le cyanogène, mêlés à l'air, sont 
susceptibles d'éprouver la même combustion. 

7." 11 en est encore de même des vapeurs d'alcool , d'éther, 
d'essence de térébenthine et de naphte. 

M. H. Davy, à qui nous devons la connoissance des cinq 
derniers faits, a prouvé, d'une manière extrêmement ingé- 
nieuse , que . dans l'acte des combinaisons lentes des substances 
gazeuses , il se dégage une quantité de chaleur qui est insuffi- 
sante pour rendre les gaz lumineux, mais qui est capable de porter 
les fils de platine et de palladium à un état d'ignition voisin, de La 
chaleur blanche. Nous allons décrire la manière de faire cette 
expérience. 

Dans des mélanges d'oxigène et d'hydrogène, d'air et de 
gaz hydrogène percarburé, d'air et de cyanogène, d'air et 
d'oxide de carbone, on plonge le fil métallique, qu'on a préala- 
blement chauffé au degré de température où les gaz que l'on 
veut unît" sont susceptibles de se combiner lentement; le fil 
détermine la combinaison des parties qui le touchent, et la 
chal( ur dégagée le rend lumineux. En employant des fils de 
même épaisseur, on observe quel'ignition est plus grande dans 
le mélange d'oxigène et d'hydrogène que dans le mélange 
d'hydrogène percarburé, plus grande dans celui-ci que dans 
le mélange d'oxide decarhone. L'ignition du platine est foible 
dans un mélange de 2 p. d'air et de 1 de gaz du charbon de 
terre; elle est forte , au contraire, dans un mélange de 3 d'air 



FLA 1,5 

et de 1 de gaz inflammable. M. Davy a observe qu'un fil de ^"j- 
de pouce de diamètre, plongé dans les mélanges très-combus- 
tibles, s'échauffoit assez pour les faire détoner, tandis que ce 
uiéiue fil ne devenoit que rouge-cerise ou rouge obscur dans les 
mélanges moins combustibles. 

Pour faire Texpérience avec l'alcool et l'éther, on met une 
goutte d'élher dans un verre froid, ou une goutte d'alcool 
dans un verre chaud : on chauffe, à la flamme d'une bougie , 
un fil de platine de^ày^^de pouce de diamètre, roulé en 
spirale , j usqu'au rouge ; on le retire de la flamme ; on le laisse 
refroidir jusqu'à ce qu'il ne soit plus lumineux; puis on le 
plonge dans l'intérieur du verre , très-promptement : il 
devient rouge-cerise, et même rouge blanc dans quelques 
parties. Le même phénomène s'observe en mettant le fil de 
platine dans la mèche d'une lampe à alcool, de manière 
qu'il ne la touche pas, mais qu'il puisse être plongé dans 
la vapeur qui s'en exhale ; si ou allume la lampe , puis 
qu'on l'éteigne quand le fil sera suffisamment échauffe, ce- 
lui-ci deviendra lumineux, et il le sera tant qu'il s'évaporera 
de l'alcool. I.a combustion leute de l'éther produit un acide' 
volatil qui a paru d'une nature particulière à M. Faraday qui 
l'a examiné. 

Les lames, les feuilles de platine sont susceptibles de rougir, 
comme les fils. M. Davy n'a pu faire ces expériences qu'avec 
le platine et le palladium, parce que, vraisemblablement, ces 
métaux sont moins conducteurs de la chaleur et ont n;oinsde 
capacité pour elle que les autres métaux , et , d'un autre côté , 
qu'ils ont un foible pouvoir rayonnant. Ce qui prouve cette 
dernière assertion, c'est qu'une couche mince de charbon sur 
le platine, une couche mince de sulfure sur le palladium , 
empêchent l'expérience de réussir. 

§• IV. 
Influence de plusieurs causes qui tendent à ajfoihlir la propagation 
de l'inflammation , en écartant les particules des mélanges 
combustibles. 

L'écartement plus ou moins grand des particules des mé- 
langes gazeux étant une des causes qui doivent influer sur 
l'intensité de leur combustion , nous allons examiner successi- 

17- 



114 FLA 

vement l'influence de l'ëcartcment produit par une diminution 
de pression; l'influence de l'écartement produit par une élé- 
vation de température; enfin , celle qui résuite de Técartement 
produit par Tinterposition d'un gaz qui ne prend point part à 
la combustion. Nous prendrons pour guide l'excellent travail 
de M. H. Davy sur la flamthe. 

Art. 1." Effets qu'exerce sur lajlamine l'écartement des particules 
des gaz, produit par une diminution de pression. 

M. H.Davy pense que la raréfaction desgaz, produite par une 
moindre pression, n'augmente ni ne diminue la température 
nécessaire à l'inflammation d'un gaz, et que , si la flamme d'un 
combustible s'éteint dans un air raréfié, cela tient à ce que la 
chaleur de cette flamme n'a plus l'intensité nécessaire pour 
entretenir la combustion. 

C'est en partant de cette hypothèse qu'il explique les fait* 
suivans ; 

1." Les combustibles qui demandent le moins de chaleur 
pour leur inflammation , brûlent dans un air raréfié où 
s'éteignent les combustibles qui exigent pour leur inflamma- 
tion une température plus élevée. 

2.° Les combustibles qui développent beaucoup de chaleur 
en brûlant, doivent, si toutes les autres circonstances restent 
les mêmes, brûler dans un air raréfié où s'éteignent des com- 
bustibles qui développent moins de chaleur. 

On observe , en effet , que 

1." L'hydrogène phosphuré brûle dans l'air le plus raréfié : 
car si l'on en introduit dans le vide fait au moyen d'une excel- 
lente machine pneumatique , il produit un éclair. 

■2° Le phosphore brûle dans un air raréfié soixante fois. 

3." Le soufre, qui s'enflamme à une température assez basse, 
mais cependant beaucoup plus élevée que celle qui fait brûler 
le phosphore, s'éteint dans un air raréfié vingt fois. 

4.° L'hydrogène cesse de brûler dans une atmosphère raré- 
fiée sept à huit fois. 

6.° Il en est à peu près de même de l'hydrogène percar^ 
buré , qui est aussi inflammable que l'hydrogène. 

6." L'acide hydrosulfurique est bien inflammable ; mai* 
comme la chaleur est enlevée par le soufre qui se sépare 



FLA Ti5 

d'abord de l'hydrogène et qui se vaporise ensuite, il cesse 
de brûler dans une atmosphère raréfiée sept fois (i). 

7.° L'oxide de carbone produit peu de chaleur en brûlant; 
mais comme il s'enflamme aussi facilement que l'hydrogène, 
il brûle dans une atmosphère raréfiée six fois (1). 

8." L'alcool et la cire, qui exigent plus de chaleur que les 
coujbustibles précédeus, parce qu'ils en absorbent une assez 
grande quantité pour se vaporiser et se décomposer, cessent 
de brûler dans une atmosphère raréfiée cinq à six fois. 

9.° L'hydrogène protocarburé , qui demande une tempéra- 
ture plus élevée que les gaz précédens , s'éteint dans un air 
raréfié quatre fois (i). 

En comparant la chaleur dégagée pendant la combustion 
de l'hydrogène percarburé, de l'hydrogène, de l'acide hydro- 
su Ifurique, de l'hydrogène protocarburé et de l'oxide de car- 
bone, avec les résultats que nous venons de donner, on verra 
que la deuxième conséquence que nous avons déduite de l'opi- 
nion énoncée au commencement de cet article , est , ainsi que 
la première, d'accord avec l'-expérience. 

Le mélange de chlore et d'hydrogène, qui brûle à une tem- 
pérature inférieure à celle qui faitbrûler le mélange d'oxigène 
et d'hydrogène, s'enflamme par l'électricité lorsqu'il est vingt- 
quatre fois plus rare que sous la pression ordinaire , tandis que 
le second mélange cesse de s'enflammer lorsqu'il est raréfié 
dix-huit fois. 

Un fait très-remarquable, et qui est parfaitement d'accord 
avec cette théorie , c'est que , si l'on met en contact avec un gaz 
inflammable un corps solide qui puisse s'échaufier jusqu'à un 
certain point par la combustion d'une partie de ce gitz, la 
combustion de l'autre partie pourra avoir lieu dans une at- 
mosphère plus raréfiée que celle où elle auroit cessé si le corps 
solide n'y eût pas été. C'est ainsi qu'en plaçant un fil de pla- 
tine mince , 1." dans l'hydrogène, celui-ci ne cesse de brûler 
que quand l'atmosphère est raréfiée treize fois; 2.° dans l'hy- 
drogène percarburé , celui-ci ne s'éteint que quand la pression 



(i) Dans cette expérience, la combustion du gaz étoit facilitée par un fil 
de platine roulé en spirale, cjui se trouvoit à Torifice du tube de verifc oit 
linflanimatioa avgit lieu, 

S. 



ii6 FLA 

est dix à onze fois moindre; 3." dans la mèclie d une lampe 
à alcool, d'une bougie, celles-ci brûlent dans une atmosphère 
raréfiée sept à huit fois. 

On observe encore que le naphte , qui s'éteint dans une at- 
mosphère raréfiée six fois, brûle dans une atmosphère raréfiée 
trente fois, lorsqu'on y a placé un fer rouge de feu-, qu'un mé- 
lange d'oxigène et d'hydrogène, contenu dans un tube de 
▼erie dont l'extrémité est échauffée jusqu'à le ramollir , 
raréfié dix-huit fois, s'enflamme par l'étincelle électrique dans 
les seules parties qui sont échauffées. 

Art. Jï. Effets que produit, relativement à V inflammation , l'éearte- 
meiit des particules des gaz déterminé par la chaleur. 

La raréfaction occasionée par la chaleur ne diminue pas la 
combustibilité des gaz ; elle la facilite plutôt : car tel mélange 
qui est dilaté par la chaleur, exige pour s'enflammer une 
température moins élevée que celle qu'il auroit demandée, si 
on l'eût enflammé en le prenant à la température ordinaire, 
et en y plongeant un corps chaud. 

M. H. I>avy a fait plusieurs expériences qui prouvent cette 
assertion; mais, avant de les exposer, il faut savoir que ce 
chimiste a observé que de l'air, chauffe dans un tubedeverre 
contenant du métal fusible, jusqu'à ce que celui-ci commence 
à être visible dans l'obscurité , occupe un espace qui est à 
celui qu'il occupoit à loo d. comme 2,26 est à 1 , et qu'à la 
•température rouge-cerise le même volume d'air en occupe uii 
qui n'excède pas 2,5o. 

1.° Un mélange de 1 partie oxigène et 2 parties hydrogène, 
chauffé dans un tube de verre avec une lampe à alcool jusqu'à 
ce que le volume du mélange tût devenu 2,6, a brûlé lors- 
qu'on a dirigé sur l'extrémité du tube, au moyen d'un chalu- 
meau, la flamme d'une autre lampe à alcool. 

2.° Un mélange semblable au précédent, contenu dans untf 
vessie à robinet, introduit lentement dans un tube de verre 
épais , de 3 pieds de longueur et de j- de pouce de diamètre . 
placé au milieu d'un feu de charbon , a détoné à une tempéra- 
ture où le tube n'étoit pas rouge. Or, il faut, à la tempéra- 
ture ordinaire , un corps rouge pour enflammer ce mélange. 
3.°Unmélange dei volume d'hydrog.èneprotocarburé et B vo- 



FLA 117 

lûmes d air, ont été mis dans une vessie armée d'un tube ca- 
pillaire; ce tube a été exposé à une chaleur suffisante pour le 
ramollir; ensuite on a pressé la vessie de manière à faire 
passer lentement le gaz dans le tube , et on a présenté à l'ori- 
fice la flamme d'une lampe à alcool : le mélange s'est enflammé 
et a continué de brûler, après qu'on a eu retiré la lampe , 
quoique l'extrémité du tube fût chauffée au rouge blanc. 
M. Davy s'est aussi assuré que les combustions lentes étoient 
tout-à-fait indépendantes de l'état de dilatation dans lequel 
on pourroit supposer les gaz; car ce genre de combinaison 
s'effectue lorsque les gaz exposés à la chaleur ne sont pas libres 
de s'étendre. 

Art. III. Effets que produit , relativement à l'inflammation, la pré- 
sence de divers gaz qui ne prennent point part à Vinjlammalion- 
dans an mélange gazeux combustible. 

Si, à 1 volume d'oxigéne et 2 volumes d'hydrogène, ou 
ajoute des gaz qui ne peuvent s'emparer de l'oxigène à l'exclu- 
sion de l'hydrogène , jusqu'à ce que l'inflammation de l'hydro- 
gène n'ait plus lieu, on observe qu'il faudra des proportions 
très-différentes de ces gaz, suivant Fespèce de chacun d'eux. 
M. H. Davy a trouvé que l'inflammation (i) d'une partie de 
ce mélange étoit empêchée par 

8 d'hydrogène environ ; 

9 d'oxigéne ; 

11 de protoxide d'azote; 

1 d'hydrogène protocarburé; 

2 d'acide hydrosulfurique ; 
^ d'hydrogène percarburé; 
2 de gaz hydrochlorique ; 

l de gaz phtorosilicique^ 
L'inflammation a eu lieu lorsque les mélanges contenoient 

6 d'Jiydrogènc; 

7 d'oxigéne ; 

10 de protoxide d'azote ; 



(1) Les gaz étoient soumis à une forte étincelle électrique tirée d'unr 
bouteille de Lejde. 



»^8 FLA 

I d'hydrogène protocarburé; 

l" d'hydrogène percarburé ; 
1 ^ d'acide hydrosulfurique ; 
1 7 de gaz hydrochlorique; 

I de gaz phtorosilicique. 
Il est bien certain que , quand ces gaz empêchent Tinflam- 
inaiion, cela tient surfout à la faculté qu'ont leurs particules 
d'enlever, plus ou moins rapidement, la chaleur aux parti- 
cules des mélanges inflammables qui leur sont contiguës. Il est 
probable que ce pouvoir refroidissant qu'ils exercent dépend , 
1.° de la rapidité plus ou moins grande avec laquelle ils 
absorbent la chaleur qui en élève la température; 2° de leur 
capacité, ou de la plus ou moins grande quantité de chaleur 
qni est nécessaire pour élever une unité de poids de chacun 
d'eux au même degré de température. Cependant, si l'on ap- 
plique, auxrésiiltatsdeM. H.Davy, les densités et les capacités 
des gaz déterminées par MM. Delaroche et Berard . on obser- 
vera qu'ils ne s'accordent point : car, 1.° le protoxide d'azote, 
dont la densité est environ un tiers plus grande que celle de 
l'oxigène, et dontla capacitéestà celle de ce dernier: : i,55o3 : 
0,9766 en volume, oppose moins d'obstacle que lui à l'inflam- 
mation; 2." l'hydrogène , beaucoup plus léger que l'oxigène, 
et ayant, à volume égal, une capacité plus petite , exerce plus 
de pouvoir refroidissant que ce dernier-. 5." enfin, le gaz hy- 
drogène percarburé a un pouvoir refroidissant beaucoup plus 
élevé que ne l'indiquent sa densité et sa capacité. 

Si la cause de la faculté refroidissante des gaz, pour em- 
pêcherrintlammation,n'estpas encore démontrée, l'expérience 
prouve, i.°qu^ils agissent de la même manière dans les différentes 
espèces de combustion ; 2.° que les mélanges ou les corps inflam- 
mables qui exigent le moins de chaleur pour brûler, exigent de 
plus grandes quantités de gaz différens pour ne pas être enflammés, 
et réciproquement : c'est ce que M. H. Davy a démontré de 
la manière la plus satisfaisante. 

(a) On introduit une bougie allumée dans une bouteille 
alongée dont le col est étroit; on l'y laisse brûler jusqu'à ce 
qu'elle s'éteigne, puis on la retire ; on bouche le vase, et 
quand il est refroidi, on y plonge une seconde bougie allumée» 
qui s'éteint avant d'être arrivée à la base du col. 



FLA iig 

(h) On met du zinc et de l'acide sulfurique à lo d, dans un 
petit tube de verre-, quand l'hydrogène s'en dégage, on l'en- 
ilamme ; puis on plonge le petit tube dans la bouteille : le gaz 
continue d'y brûler dans toutes les parties où on le met , mais 
il finit par s'éteindre. 

(c) Quand il est éteint, on plonge du soufre allumé dans la 
bouteille ; ce combustible brûle quelques insians. 

(d) Si, après qu'il est éteint, on met du phosphore dans la 
bouteille, ce combustible paroîtra aussi lumineux que dans 
l'air. 

On voit, parées expériences, que l'hydrogène, plus facile- 
ment inflammable que labougie, brûle dansune atmosphère où 
celle-ci s'est éteinte ; que le soufre , plus inflammable t}ue Thy- 
drogéne , brûle dans l'air où l'hydrogène ne brûle plus ; enfin , 
que le phosphore, plus combustible que le soufre, brûle dans 
un air où ce dernier a cessé de brûler. 

Lorsqu'un mélange exige peu de chaleurpour s'enflammer, 
l'interposition d'un gaz qui en empêche l'inflammation, n'em- 
pêche point les élémens de ce mélange de se combiner sans 
dégager de lumière. En effet, si l'on met i volume de chlore , 
1 volume d'hydrogène avec 2 volumes de gaz hydrogène per- 
carburé, et qu'on fasse éclater une étincelle électrique dans 
les gaz, il se forme de l'acide hydrochlorique ; il se dégage 
de la chaleur qui dilate les gaz, et qui est si promptement 
absorbée par l'hydrogène percarburé , qu'il n'y a point de 
lumière. Bientôt après l'expansion, les gaz reviennent à leur 
premier volume. 

Il est très-vraisemblable que , quand le phosphore brûle 
dans des mélanges où l'oxigène est peu abondant, la lumière 
se trouve seulement sur les particules de l'acide phosphorique, 
et que quand l'hydrogène phosphuré brûle dans un air très- 
rare , le phosphore seul est consumé. 

Il est évident que la condensation doit augmenter et la ra- 
réfaction diminuer le pouvoir refroidissant des gaz, tandis 
que la quantité de matière qui brûle dans des espaces donnés, 
augmente ou diminue dans le même rapport. 

M. H. Davy a observé, i." que la chaleur dégagée dam l'air ra- 
réfié pendant une combustion, diminue très-lentement par la raré- 
faction , parce que probablement le pouvoir refroidissant de Vazote 



FLA 

diminue plus rapidement que la chaleur dégagée par Les corps qui 
trâlenL; 2." que, dans le cas où iljy a condensation, le pouvoir refroi' 
dissant de l'azote croit moins vite que la chaleur dégagée n'est aug- 
mentée par l'accroissement de la quantité des corps qui brûlent: 
mais cette augmentation de chaleur n'est pas considérable; 
car lesfldmmes d'une bougie , du soufre et de l'hydrogène, brû- 
lant dans un air quatre fois plus dense que l'atmosphère, ne 
reçoivent pas un accroissement de combustibilité plus grand 
que si l'on eût ajouté ^ d'oxigènc à l'air ordinaire. 

M. H. Davy tire cette conclusion que , dans les limites d'élé- 
vation ou de profondeur où nous pouvons nous trouver dans 
l'atmosphère , celle-ci possède le pouvoir comburent à des 
degrés très-rapprochcs. 

Puisque les gaz qui ne prennent point part à la combustion 
d'un mélange combustible avec lequel ils se trouvent en con- 
tact, agissent en refroidissajit , il est évident qu'à de haute» 
températures l'inlluence de ces gaz pour empêcher la com- 
bustion, devra être moindre qu'à la température ordinaire. Il 
est encore évident qu'il en sera de même des vapeurs , qui 
exigent beaucoup de chaleur pour leur formation. 

§. V. 
Applications. 

Dans ce paragraphe nous donnerons quelques développe- 
mens à plusieurs points de l'histoire des flammes persistantes, 
et ensuite nous parierons de la lampe de sûreté de H. Davy, 
qui est une de.s plus utiles et des plus belles applications que 
l'on ait faites des connoissanccs physiques et chimiqoes au 
bien de l'humanité. 

En traitant des flammes persistantes, nous avons expliqué la 
manière dont la combustion d'une bougie, d'une chandelle, 
dune lampe, continue après qu'on Ta déterminée par une 
chaleur étrangère. Nous avons passé sous silence plusieurs 
développemcns, qui exigent, pour être bien entendus, l'en- 
semble des faits qui ont été exposés dans les paragraphes pré- 
céiens. 

Si une matière grasse, employée à l'éclairage, donne lieu à 
une production de noir de fumée et à une odeur plus ou 
moits dcsagré.'ible , cela tient à ce que la combustion du car- 



FLA 

bone et de l'hydrogène des élémens de la matière grasse n'est 
point complète ; car, si elle 1 etoit, il ne se formeroit que de 
l'eau et de l'acide carbonique , et la lumière que l'on obtien- 
droit dans ce cas seroit plus éclatante que celle qui est pro- 
duite dans le cas contraire. C'est pour atteindre ce but que 
l'ingénieux Argant a imaginé les lampes qui portent son nom , 
et auxquelles on donne plus communément celui dequlnquets. 
On sait que. dans ces lampes, une mèche circulaire est placée 
dans l'intervalle de deux cylindres dont l'un enveloppe l'autre; 
que cet intervalle, fermé au fond , communique avec un réser- 
voir d'huile. On sait encore que le cylindre inscrit est creux et 
ouvert aux deux extrémités; de sorte que, quand la mèche est 
allumée, il se produit deux courans d'air ascendans , un qui 
enveloppe la mèche extérieurement, un autre qui passe dans 
l'intérieur du cylindre, et qui touche la surface intérieure de la 
mèche. Par cette disposition , le corps combustible se présente 
par une plus grande surface à l'oxigène atmosphérique, que 
dans les lampes ordinaires: par conséquent il est placé dans des 
circonstances plus favorables à la combustion ; mais si la mèche 
n'étoit pas enveloppée d'une cheminée de verre, la lampe 
d'Argant seroit loin d'être parfaite. En effet, c'est cette che- 
minée qui détermine, tantà l'intérieur qu'à l'extérieur, des cou- 
rans d'air suffisans pour brûler toutes les parties combustibles 
de l'huile; c'est elle qui, en mettant obstacle à la dispersion 
de la chaleur, concentre celle prcfduite par la combustion 
dans le foyer de la lampe, et complète par là les conditions 
absolument nécessaires à la parfaite combustion de l'huile. 

L'on sait que, quand la mèche d'une bougie ou d'une chan- 
delle allumée n'a pas été mouchée, l'éclat de la lumière est 
diminué. Rumford prétend que celte circonstance diminue de 
moitié l'éclat d'une bougie ; et que l'éclat d'une chandelle . qui 
étoit exprimé par loo quand on venoit de la moucher, étoit 
déjà réduit à Sg après sept minutes, à 25 huit minutes plus 
tard , à 1 C après dix minutes. Mais , ce qui mérite encore d'être 
remarqué, c'est qu'une chandelle non mouchée fait une déper- 
^dition de suif plus considérable que celle qui l'a été. M. Porret 
explique ces deux effets, la diminution de l'éclat et la consom- 
mation plus grande du suif, par l'opacité et la couleur noire de 
la mèche, qui intercepte et absorbe la lumière d'une partie de 



FLA 

la flamme , et par Ja faculté conductrice de cette mèche, qui^ 
transmettant de haut en bas , une grande quantité de la chaleur 
de la flamme, détermine par là une grande volatilisation de 
suif. Ce dernier effet, joint au rayonnement de la mèche, con- 
tribue aussi à diminuer l'éclat de la flamme , parce qu'il la re- 
froidit, et que ce refroidissement s'oppose à ce qu'il y ait 
autant de charbon déposé qu'il y en auroit eu dans le cas où la 
mèche auroit été mouchée. Si on se rappelle que M. H. Davy 
attribue à ce dépôt de charbon l'éclat de la flamme des hydro- 
gènes carbures et des corps gras, on concevra sans peine 
pourquoi la lumière devient moins éclatante lorsque ce dépôt 
diminue. 

Lampe de sûreté. 

Dans les galeries des mines de charbon de terre, il se déve- 
loppe souvent du gaz hydrogène protocarburé , que l'approche 
d'un corps enflammé fait détoner après qu'il s'est mêlé à l'air. 
Si le volume du gaz inflammable est considérable, la détona- 
tion peut avoir les suites les plus dangereuses pour les ouvriers 
qui s'y trouvent exposés. M. H. Davy, consulté sur les moyens 
d'empêcher ces efi"ets, a imaginé ces ingénieux appareils, qu'il 
a appelés lanternes ou lampes de sûreté. Le mineur qui en fait 
usage n'a plus à craindre désormais que la lumière qui le guide 
dans l'obscurité des galeries qu'il a creusées , lui devienne 
funeste en allumant le gaz inflammable qui peut s'y trouver, 

M. H. Davy a construit trois sortes de lampes de sûreté. 

hampe delà première sorte. C'est une lampe à huile, dont le 
réservoir circulaire est placé dans lebas d'une lanterne de fer- 
blanc, garnie de quatre vitres-, l'air arrive à la mèche par 
plusieurs tubes métalliques, de ^ de pouce et de i pouce '- de 
hauteur, qui sont rangés autour d'elle. Une cheminée, formée 
de deux cônes ouverts, ayant une base commune percée de 
plusieurs petits trous, est adaptée au haut de la lanterne; 
les orifices inférieur et supérieur de la cheminée ont 5 de 
pouce de diamètre. 

Cette lampe a l'inconvénient de s'éteindre quand elle est 
agitée fortement. 

Lampe de la seconde sorte. Elle ressemble à la précédente , si 
ce n'est que l'air arrive à la mèche par des canaux de sûreté, an 



FLA 123 

lieu d'y arriver par des tubes. Ces canaux, aunombrede trois, 
sont formes par des cylindres de divers diamètres , placés l'un 
dans l'autre, de manière qu'ils forment des conduits de i ^de 
pouce de longueur, et depuis f^ jusqu'à-^ de pouce de largeur. 
La cheminée contient quatre canaux semblables, dont le plus 
petit a deux pouces de circonférence; elle est surmontée d'un 
cylindre creux, garni d'un chapiteau, dont l'usage est d'em- 
pêcher la poussière de pénétrer dans la cheminée. 

Lampe de sûreté de la troisième sorte. Elle est plus simple et 
meilleure que les deux précédentes; elle se compose d'une 
lampe ordinaire , dont la partie supérieure sert de base à un 
cylindre creux de toile métallique en laiton, épaisse de 7^- de 
pouce, et dont les interstices ont —^ de poi'.ce. Cette lampe 
est plus portative que les autres; l'air y circule plus librement, 
et la flexibilité de la toile la rend plus propre à résister aux 
chocs qu'elle peut éprouver. 

Lorsque l'hydrogène protocarburé est mêlé à l'air dans une 
proportion suffisante pour le rendre détonant, la lumière de 
la lampe s'agrandit (1) ,. puis s'éteint. Ce phénomène avertit 
les mineurs de se retirer, parce qu'il est nécessaire de renou- 
veler l'air de la galerie. Mais comment se guideront-ils P Par 
\in moyen très-simple, que nous devons encore au génie de 
Davy. On se rappelle qu'un fil, qu'une feuille de platine ou 
de palladium, deviennent rouges de feu lorsqu'ils sont placés 
dans un mélange gazeux susceptible d'éprouver une combus- 
tion lente : hé bien, qu'on dispose au-dessus de la mèche de la 
lampe de sûreté une petite cage de fils de platine d'une épais- 
seur de 7j de pouce, ou une petite feuille de ce métal ou de 
palladium ; à la combustion rapide et lumineuse succédera 
une combustion lente, qui sera déterminée parla température 
que la flamme de la lampe aura communiquée au métal placé 
au-dessus d'elle, et qui le mettra en ignition. Tant que Tigni- 
tion du métal aura lieu , le mineur peut être assuré qu'il ne 
court pas le risque d'être asphyxié. 

•yi) Dans cette proportion l'air est encore rcspirable. 



ï^4 FLA 

III.* SECTION. 

De la manière dont les Chimistes ont envisagé le feu , relativement 
à sa nature. 

Les anciens regardèrent le feu comme un élément. Stahl , 
adoptant cette idée , distingua, sous le nom de phlogistique, 
le feu combiné, du feu libre de toute combinaison. Stahl attri- 
huoit la manifestation du feuqui a lieu dans l'action chimique; 
au phlogistique qui étoit mis en liberté. 

Après que Lavoisier eut démontré que cette explication 
n'étoit pas fondée, on pensa assez généralement que la cha- 
leur n'étoit qu'un effet produit sur nos organes par un corps 
impondérable, que l'on désigna parle nom de calorique; et 
l'on admit que ce corps pénétroit toutes les substances pon- 
dérables , qu'il en tenoit les particules à distance, et que, 
suivant la proportion dans laquelle il s'y trouvoit , les corps 
étoient ou solides, ou liquides, ou gazeux. Les chimistes, 
pour qui le calorique et la lumière étoient deux corps impon- 
dérables distincts, pensoient que, dans les fluides aériformes, 
et spécialement dans l'oxigène , ces corps étoient unis à une 
hase pondérable. 

L'explication que Lavoisier donna du feu qui apparoît dans 
la combustion, ou plutôt des changemens de température 
qu'on remarque dans l'action chimique, étoit principalement 
basée sur la capacité des corps pour le calorique. Y avoit-il 
élévation de température ? le composé produit avoit une 
capacité moindre que ses élémens. Y avoit-il refroidissement? 
le composé avoit une plus grande capacité que ses élémens. 
Enfin, quand les capacités des élémens et celle du composé 
étoient les mêmes, il n'y avoit aucune variation de tempéra- 
ture. Quelques chimistes, sans admettre explicitement la 
capacité pour le calorique, expliquèrent les changemens de 
température parle seul principe de Tallinité élective; et, pour 
nous borner à citer un seul exemple , celui de la combustion 
d'un corps inflammable par l'oxigène, ils disoient que, dans 
cette circonstance , l'affinité du combustible pour l'oxigène 
l'emportant sur celle de ce corps pour le calorique et la lu- 
snière , qui le cônstituoicnt à l'état gazeux, ces corps impon- 



FLA i2ft 

dérabics , mis en liberté, nous devenoient sensibles sous la 
forme de feu. 

Ces explications, étant sujettes à beaucoup d'objections, 
reçurent d'autant plus de modifications, que Lavoisier, dans 
sa Théorie de la combustion par la fixation de l'oxigène , 
n'avoit point arrêté d'une manière bien positive quelle étoit 
l'origine du feu. Enfin , il arriva une époque où elles parurent 
si peu d'accord avec les faits électro-chimiques récemment 
observés, que plusieurs savans cherchèrent à les renverser. 
Parmi eux on doit distinguer Ritter, M. Berzelius, M. Ocrsted. 

Ces deux derniers savans ont cité beaucoup d'exemples de 
composés dont la capacité pour le calorique est égale , ou 
plus grande que celle de leurs élémens, quoique ceux-ci, en 
se combinant, donnent lieu au phénomène du feu. 

M. Berzelius pense que le feu produit dans l'action chi- 
mique, ainsi que celui qui est produit dans la décharge élec- 
trique, résulte de l'union des deux électricités. 

Il se fonde, i.° sur ce que la décharge électrique produit 
de la lumière en même temps qu'elle échauffe, qu'elle fond, 
qu'elle volatilise, qu'elle porte à l'incandescence les corps par 
rintcrmèdc desquels elle s'opère ; 2." sur ce que, suivant les 
observations de M. H. Davy , les corps que l'on met en contact 
développent d'autant plus d'électricité qu'ils ont plus d'affinité 
mutuelle: que cette électricité et cette affinité vont en crois- 
î^ant à mesure qu'on élève la température de ces corps; qu'au 
moment où ils se combinent, il y a , comme dans la décharge 
électrique , production de feu et neutralisation des électr'- 
cités ; enfin , sur ce que les corps qui se sont unis , se séparent 
de nouveau lorsqu'ils sont soumis à une décharge suffisante 
pour les rétablir dans leur premier état électrique. 

Ces vues de M. Berzelius ont reçu un nouveau degré de 
j)''obabilité par l'assentiment que leur ont donné deux savans 
français du plus grand mérite, MM. Dulong et Petit. (Ch.) 

FLAMME BLANCHE (Bot,), nom vulgaire d'une espèce 
d'iris. (L.D.) 

FLAMME DE JUPITER. {Bot.) On donnoit autrefois ce nom 
à la clématite droite. (L. D.) 

FLAMME DE MER ( Ichthfol. ) , nom vulgaire de la cépole 
bandelette. Voyez Cépole. ( H. C. ) 



\(> 



126 FLA 

FLAMME FÉTIDE. (Bot.) C'est Fins fétide. (L. D.) 

FLAMMETTE, Flammule (Bot.), nbm vulgaire de la renon- 
cule petite-douve et de quelques espèces de clématites. (L.D.) 

FLAMO. {Ichthjol.) SuivantM. RissOjà Nice, on donne ce 
nom au ruban de mer, cepola tcenia. Voyez Cépole. (H. C.) 

FLASCO-PSARO (Ichthjol.), nom que les Grecs modernes 
donnent au tetraodon Lineatus de Linnaeus , lequel est le fahaca 
des x\rabes , et habite le Nil. Voyez Tetraodon. (H. C. ) 

FLAT BROOK TURTLE. (Erpét.) En Pensylvanie , on 
appelle ainsi l'éuiyde peinte, suivant Schgeffer. Voyez Emyde. 
(H.C.) ^ 

" FLATEYFlata. (Entom.) M. Fabricius a désigné sous ce nom 
de genre un groupe de petites cigales, la plupart des pays 
chauds, qui ressemblent à des pyrales par leurs ailes disposées 
en toit, beaucoup plus longues que Fabdomen qu'elles re- 
couvrent en se dilatant, et se portent beaucoup en arrière -, ce 
qui avoit déjà fourni à M.'Latreille l'idée du nom ae poekilop- 
tère, tiré des mots grecs ttoiki^oç, singulières {di^ersi geneiis),et 
TrJ.Bpcv, aile. L'étyraologie du nom dejlata, s'il en a une, nous 
est inconnue. 

Les insectes de ce genre appartiennent à la famille des 
insectes hémiptères coUirostres, ou auchénorinques, dont le 
bec paroft naître du cou , qui ont les ailes d'égale consistance , 
trois articles à tous les tarses, et les antennes très-courtes. 

Nous avons fait figurer une espèce de ce genre dans l'Atlas 
de ce Dictionnaire, sous 1 en" 1 delà planche des auchénorinques; 
c'est lajlate blanche de l'Ile-de-France. 

Les liâtes ressemblent beaucoup anxfulgores et auxcercopes. 
Comme ces hémiptères, elles ont les antennes insérées au-des- 
sous des yeux, et non dans Forbite des yeux même, comme 
chez les delphaces ou asiraques de M. Latreille , ni entre les 
yeux, comme dans les cigales, les cicaddles ou les memhraces . 
Ces an tennessont courtes en soie ; leur tête est comme tronquée, ' 
et les yeux globuleux. La largeur et la dilatation des ailes le* 
éloignent des cercopes , et leur tête comme tronquée les sépare 
des fulgores dont le front toujours prolongé est souvent sin- 
gulièrement dilaté. 

Ainsi que nous l'avons dit , la plupart des espèces de ce genre 
sont étrangères à FEurope. Fabricius eu a décrit cinquante, 



FLA 127 

parmi lesquelles cinq ou six seulement se trouvent en France, 
encore ce sont de très-petites espèces. Telle est 

LaFi.ATE NERVEUSE, Flata nervosa, décrite sous le nom géné- 
rique de cicada par Linnseus et par Geoffroy, 1. 1.", p. 415, 
sous le n.° 1 , <i ailes transparentes , en remarquant le rapport 
qui existe entre cette espèce et les vraies cigales de Provence. 

Les autres espèces indiquées sont très-petites. On en trouve 
une sur le chardon des champs dont elle porte le nom. C'est la 
flata serratuhv, qui est jaune, à élytres pâles, blanchâtres avec 
un point et deux lignes noires. (CD.) 

FLAT-EEL (IchlhyoL) , nom anglois du plotose anguille. 
Voyez Plotose. (H. C.) 

FLAVE-FLIT {Ornith.), nom islandois du petit grèbe cornu, 
eolynihus auritus , Linn. (Ch. D. ) 

FLAVÉOLE. (Omi7Ji.) Buffon a appliqué à un bruant étran- 
ger cette dénomination tirée del'épithète donnée par Linnœus 
à son emheriza Jlaveola . épithète également employée par le 
même auteur pour désigner un de ses certhia , sucrier de 
Lufïbn ; et par M. Vieillot, pour indiquer l'une de ses fau- 
vettes. (Ch. D.) 

FLAVERIE , Ftayeria. (Bot.) [Corymbifères , Juss. — Sj'ngénésie 
polygamie superflue , Linn.j Ce genre de plantes, établi par M. de 
Jussieu, dans la famille des synanthérées , appartient à notre 
tribu naturelle des héliantliées, et à la section des liélianthées- 
millériées, dans laquelle nous le plaçons auprès des navenhur- 
gia, milleria, riencurtia; It est surtout très-voisin du navenbur- 
gia, dont il ne difl'ère presque point. Voici ses caractères, que 
nous décrivons d'après Cavanilles, et dont nous ne garantissons 
pas l'exactitude , parce que nous ne les avons pas vérifiés. 

La calathide est semi-radiée , composée d'un disque uni- 
quinquéflore, régulariflore , androgynillore , et d'une demi- 
couronne uniflore, liguliflore , féminiflore (rarement nulle). 
Le péricline est formé de deux à quatre squames égales, uni- 
sériées, appliquées, ovales ;, concaves, foliacées; le clinanthe 
est punctiforme, inappendiculé ; les ovaires sont oblongs , sil- 
lonnés longitudinalement , très-glabres, inaigrettés. 

Flavérie contre-poison : Flaveria contrajerba y Pers. ; MHleria 
conlrayerba, Cav. , Icon.. ; Vermifuga corjmbosa , Ruiz et Pav. 
C'est une plante herbacée , annuelle . haute de trois pieds, à 



3 28 FLE 

lige sillonnée, rougeàlre, divisée en rameaux opposés, croi- 
sés, étalés, un peu velus : les leuillcs sont opposées, amplexi- 
cauies, lancéolées, dentées en scie, glabres, glauques en 
dessous, munies de trois nervures saillantes sur la face infé- 
rieure ; les calathides sont terminales, agglomérées et corym- 
bées ; leur péricline est souvent accompagné à sa base de deux 
bractées'; leurs eorolles sont jaunes, velues à la base ; la lan- 
guette de la fleur femelle est dressée, concave, éehancrée. 
Cette plante habite le Pérou et le Chili, où on l'emploie à 
teindre en jaune. ( H. Cass.) 

FLAVERT (Ornjlh.) , nom donné par BufTon à un gros-bec 
du Canada, loxia Canadensis , Linn. (Ch. D. ) 

FLEAU. (Bot.) C'est la fléole des prés. ( L. D.) 

FLÉAU DU CHIEN. {Entom. ) Aristote , Hist. des Animaux, 
Jiv. V, chap. 3 1 , désigne sous ce nom traduit du grec {Kvuopa.i/1») 
la tique des chiens. Voyez Tique. (CD.) 

FLÈCHE ( IchfhYol. ) , nom spécifique d'un poisson du genre 
Callionyme. (H.C.) 

FLÈCHE D'EAU {Bot.), nom vulgaire de la flèchière. ( L. D. ) 

FLÈCHE-EN-QUEUE. (Ornjili.) C'est la version du mot pjl- 
slaart, dans la traduction faite par Demeunier du Voyage de 
Forrest aux Moluques et à la Nouvelle-Guinée, p. i55; et, 
quoiqueBrisson,t.VI, p. 2 53, rapporte le pylstaart ou pjlstert 
au harle étoile, rnergus minutus, Linn., il ne paroît pas dou- 
teux queroiseau dont il est ici question ne soitle paille-en-queue, 
ou oiseau du tropique, phaeton œthereu s, Linn. (Ch. D.) 

FLÈCHIÈRE {Bot.); Sagittaria, Linn. Genre de plantes 
monocotylédones, delà famille des alismacées, Juss., et de la 
monoécie polyandrie , Linn., dont les fleurs sont monoïques, et 
dont les principaux caractères sont ceux qui suivent : Fleurs 
mâles situées dans la partie supérieure de la plante, formées 
d'un calice de trois folioles ovales, persistantes; d'une corolle 
de trois pétales arrondis, plus grands que le calice, et de vingt 
étaminesou plus. Fleurs femelles situées a>!-dessous des mâles, 
ayant un calice et une corolle de la même forme, et des ovaires 
nombreux, supérieurs, ramassés sur un réceptacle commun, 
globuleux, terminés chacun par un style court, à stigmate 
simple. Chaque ovaire devient une capsule moaosperme et 
indéhiscente. 



FLE 129 

Les fléchières sont des plantes herbacées , à racines vivaccs, 
à feuilles radicales, et à fleurs disposées par verticilles sur une 
tige nue. Elles croissent dans les eaux sur les bords des rivières, 
des lacs et des étangs, dans les quatre parties du Monde. Une 
seule espèce est indigène de l'Europe. 

Fléchière sagittée, vulgairement Sagittaire, Flèche-d'eau, 
Queue d'arondelle : Sagitlaria sagittifolia , Linn., Spec. , 1410 ; 
F/. Dan,, t. 172. Sa racine , composée de fibres nombreuses, 
donne naissance à des tiges droites, ordinairement simples, 
striées, élevées d'un pied, ou environ, au-dessus de la sur- 
face de l'eau, et à plusieurs feuilles pétiolées, glabres, ayant 
la forme d'un fer de flèche, plus ou moins larges, ou plus ou 
moins étroites, selon les variétés, et s'élevant à peu près à la 
hauteur des tiges. Celles-ci se terminent par trois ou quatre 
verticilles de fleurs blanches, pédonculées, larges de dix à 
douze lignes, et d'un aspect agréable. Cette plante est com- 
mune en Europe; elle fleurit en juin et juillet. 

La flèche-d'eau a passé autrefois pour être rafraîchissante et 
astringente; aujourd'hui elle n'est plus employée en médecine. 
L'intérieur de ses tiges et des pétioles de ses feuilles est rempli 
d'une moelle douce et savoureuse, dont les cochons sont très- 
friands, et qui fait rechercher cette plante par ces animaux, 
une fois qu'ils en ont mangé. Les chevaux en sont aussi très- 
avides. 

On cultive en Chine une esp éce de fléchière dont les racines 
sont tubéreuses et bonnes à manger; et, sur la côte ouest de 
FAmérique septentrionale, à l'embouchure delà Colombia, les 
naturels du pays emploient aussi comme aliment, soit la même 
espèce de la Chine , soit une autre plante du même genre dont 
les racines sont également tubéreuses. 

Par la forme singulière de ses feuilles , et par ses jolies 
fleurs , notre fléchière commune fait un effet agréable dans les 
eaux des petites rivières et des bassins placés dans les grands 
jardins paysagers , où il faut la planter dans un terrain argi- 
leux, qui est celui qu'elle préfère. Dans les lieux où elle se 
trouve naturellement, elle est très-propre à produire de là 
tourbe, et à fixer les terrains d'alluvion, qu'elle transforme 
promptement en terres bonnesà cultiver. En la faisant arracher 
dans des endroits où elle est commune, et en emportant la bou» 

17. y 



1 5o F L E 

attachée àses longues racines, les cultivateurs peuvent en faire 
un engrais dont ils se serviront utilement pour fertiliser leurs 
terres sablonneuses et trop maigres. 

Sagittaire a feuilles larges ; Sagiitaria latifolia, Willd., 
Spec, 4, p. 409. Cette espèce diffère de la précédente par ses 
feuilles plus larges, dont les pétioles sont lisses, demi-cylin 
driques et non cannelés. Elle croit dans l'Amérique septen- 
trionale, depuis la Caroline jusqu'en Canada. 

SAcriTAiRE OBTUSE ; Sagiitaria oOtusa, VVilld,, Spec, 4 , p. 409. 
Cette plante est très-petite ; ses feuilles n'ont qu'un pouce et 
demi de long; leur lobe principal est ovale, arrondi et obtus, 
et les lobes latéraux sont alongés, droits, non divergens; la tige 
est simple. Elle se trouve dans l'Amérique septentrionale. 

Flbchièke A FEUILLES OBTUSES ; Sugittaria obtusifolia, Linn., 
Spec, 1410. C'est moins dans la forme obtuse de ses feuilles 
qu'ilfaut chercherles caractères qui dislinguentcette espèce de 
la fléchière commune, que dans la ramification de sa tige , dont 
le verticille inférieur a ses rayons munis eux-mêmes de deux 
autres verticilles. M. de Lamarck dit aussi que ses capsules sont 
à trois loges , dont deux constamment vides. Cette plante croît 
naturellement dans les Indes orientales. 

Fléchière u ageaste : Sagittaria natans , YViUd. , Spec, 4, 
p. 410. Ses feuilles sont longues d'un pouce à un pouce et 
demi, elliptiques, lancéolées, obtuses, rétrécies à leur base, 
ou légèrement en cœur; ses ileurs ressemblent à ceiles de la 
fléchière commune, mais elles sont un peu phis petites. Cette 
plante a été trouvée en Caroline par Michaux. 

Fléchière alpine; Sagiitaria alpina, Willd., Spec, 4, p. 4 10. 
Ses feuilles, longues de deux pouces et plus, sont lancéolées, 
aiguës, rétrécies à leur base, ou légèrement échancrées en 
cœur. Ses fleurs ressemblent, pour l'aspect et la grandeur, à 
celles de l'espèce commune. Cette plante habite dans les lacs 
des montagnes alpines de la Sibérie. 

Fléchière a feuilles lancéolées; Sagittaria lancijolia. Linn., 
Spec, 1411. Sa racine est grosse, comme tubéreuse , fongueuse 
intérieurement, odorante; elle produit des tiges hautes de 
trois à quatre pieds, et des feuilles longues de-deux, y com- 
pris leur pétiole, ovales-lanccolées, rétrécies » leurs dtux 
extrémités. Ses fleurs sont blanches, grandes et belles, à calice 



FLE i3i 

tougPc^tre, et (disposées dansia partie supérieure des tiges éhsiié 
verJiciiles ou plus, à rayons ternes et uniflores, excepté c,e<i* 
du verîicillc inférieur qui sont ramifiés. Cette pldnte croît à la 
Jamaïque et en Caroline. 

Fi.ÉCHiÈRE GR\Mit^uOKME; Sagittaria graminea,yS'ilUh , Spec, 
/, , p. 411. Dans cette espèce, qui croît en Canada, les feuilles 
tout lancéolées-linéaires, presque semblables à celles des gra- 
minées , et les pistils des fleurs femelles forment une très- 
petite tête. 

Fi.iÉGtiiÈRE A FEUILLES MCVEs ;Sagitta7-ia acutifolia, lAnn.ySup.^ 
419. Ses feuilles sont en alêne: elles diminuent insensiblement 
de la base à leur sommet, sans offrir dans leur longueur au- 
cune dilatation à la manière du limbe des -feuilles des autres 
espèces. Celle-ci croît dans l'Amérique méridionnale, aux. en- 
virons de Surinanl. 

FLÉcrti'èR'E A tiiois FEUïi-r.ES ; Sagittaria Irifolia, Linn-., Spec.^ 
I7fi3. Cette espèce, qui croit naturellement à la Chine, ditrère 
de toutes les précédentes par ses feuilles composées de trois 
folioles alotigées. ( L. D. ) 

FLECHTMUNO (Bot.), nom allemand donné par Briddati 
genre de mousse qu'il désigrte par sjntrichia , îoiidté &\it le 
brvùm stibatatiim, Lhi'rt. Voyez ÏOrtola. (Lem.) 

FLEDERMAUS [Élamm.), Flittermousse, Fladermos, Fla^- 
GERMUUS, VLEDERMÙys, cfé., signifient chauve-souris dans lés 
langues d'ôrigirté germanique. (F. C.) 

FLEGME. [Chim.) Les anciens chiftiislcs, qui regardoient 
ï'eau comme Un élément, donnoient le nom de flegme à celle 
qu'ils retiroient des corps, soit que ces corps la coritTnssérît 
toute formée, soit qu'ils en continssent seulement les prï&- 
cipes. Déflegmer un acide ou de l'alcool, cétôii en séparer 
l'eau, ou au moins une certaine quantité. Ce mot n'est plus 
usité. ( Ch. ) 

FLÉMINCE , F/cmnigm. (Bot.) Genre de plantes dicoty- 
lédones, à fleurs papillonacées , de la famille des légumi- 
neuses, de la diadelphie décandrie de Linnasus. Très-rapproché 
des sainfoins (hedjsarum) , dont il a été séparé par Roxburg , 
il offre pour caractère essentiel : Un calice à cinq divisions ; 
une coiolle papillonacée ; l'étendard strié ; dix étamines 



i52 FLE 

diadelphes ; une gousse sessile , ovale . renflée, à deux valves, 
contenant deux semences sphériqucs. 

Les principales espèces rapportées à ce genre, sont : 
Fli^mingea grandes bractées: Flemingia strobilifcra, Roxb., 
Corom., 3-, Hedysarum strobiliferum , Linn. ; Loj/rea, Jaum. , 
Saint-Hil. , Bullet. philom.; Moghania, id., Journ. de Bot. 
nat. ; Ostrj'odium , Desv. , Journ. de Bot. Cette plante, née 
dans les Indes orientales, est très-remarquable par la gran- 
deur de ses bractées et la longueur de ses épis. Ses tiges sont 
ligneuses; ses rameaux un peu pubescens; les feuilles amples, 
alternes, pétiolées, simples, glabres, ovales, longues d'en- 
viron trois pouces, sur un pouce et demi de large , vertes, 
pâles en dessous ; les nervures régulières et saillantes ; les 
veines ondulées, pubescentes. Les fleurs sont disposées en 
longs épis simples, axillaires et terminaux, garnis, dans 
toute leur longueur, de grandes et larges bractées renflées , 
arrondies, presque en cœur, aiguës, un peu velues, mar- 
quées déveines en réseau, d'un brun-clair, couvrant entiè- 
rement les fleurs et les gousses. 

Fléminge rayée : Flemingia lineata., B.oxh,j Corom., 5 -, Hedy- 
sarum lineatum , Linn.; Burm. , FI. Ind., tab. 55, fîg. i. Sous- 
arbrisseau à tige droite, glabre, cylindrique, purpurine ou 
rougeàtre •. les rameaux garnis de feuilles alternes, pétiolées, 
ternées; les folioles alongées, presque lancéolées, glabres à 
leurs deux faces, un peu pubescentes en dessous dans leur 
jeunesse, longues d'environ deux pouces, marquées de ner- 
vures saillantes, quelques unes prolongées en lignes droites 
dans toute la longueur des folioles ; les stipules membra- 
neuses , striées, alongées, aiguës. Les fleurs sont disposées en 
grappes presque simples ou en épis axillaires, de la longueur 
des feuilles; les pédicelles courts, capillaires, recourbés; 
le calice oblong , pubescent, à cinq découpures lancéolées, 
aiguës. Les gousses n'ont qu'une seule articulation de forme 
pyramidale , et ne renferment qu'une semence. Cette plante 
croît dans l'île de Ceilan. 

Flbmingeroide : Flemingia slricta, Roxb. , Cor., 3, tab. 248 ; 
Ait., Hort. Kew. Ed. nov., 4 , pag. 349. Ses tiges sont roides , 
presijue simples; ses feuilles glabres, ternées, les folioles ellip- 
tiques 5 les pétioles ailés; les fleurs disposées en grappe* 



FLE i33 

axîllaires, solitaires, delà longueur des pétioles. Cette plante, 
ainsi que les suivantes , croit dans les Indes orientales. Le 
Jlemingia semialata, Roxb., Corotn., 3, tab. 249, est un. 
arbrisseau à tige dressée et rameuse; les feuilles glabres, les 
folioles elliptiques; les pétioles à demi-ailés ; les fleurs dispo- 
sées en grappes paniculées , axillaires et terminales. 

Flémingb naine : Flemingia nana , Roxb., Corom. , n;" 3; 
Ait., Hort., 1, c. Petit arbuste, médiocrement rameux , à 
feuilles ternées ; les folioles en ovale renversé; les pétioles 
ailés ; les fleurs réunies en grappes épaisses ; les gousses glan- 
duleuses et visqueuses. Le Jlemingia congesta , Roxb., I. c., 
est un autre arbuste à tige dressée , dont les folioles sont 
élargies , lancéolées: les fleurs disposées en grappes axillaires 
et touffues. (PoiR. ) 

FLÉO LE (-BoL), Phleum, Linn. Genre de plantes monocoty- 
lédones, de la famille des graminées, Juss., et de la triandrie 
digynie, Linn., dont les principaux caractères 5ont les suivansî 
Calice uniflore, à deux glumes égales, creusées en nacelle, 
chargées, sur leur dos, d'une côte cartilagineuse; corolle à 
deux balles plus courtes que le calice ; trois étamines ; un ovaire 
supérieur siwmonté de deux styles à stigmates plumeux; une 
graine enveloppée par la balle florale. 

Les fléoles sont des plantes herbacées, à feuilles alternes, 
linéaires , et à fleurs disposées en panicule resserrée , ayant la 
forme d'un épi. Toutes les espèces connues jusqu'à présent 
croissent naturellement en France et dans plusieurs autres 
parties de l'Europe. 

* Glumes non ciliées sur leur dos. 

Flbole grêle ; Phleum tenue\ Schrad., FI. Germ., 1, p. 191, 
Sa lige est droite, grêle, haute de six pouces à un pied, tewninée 
par un épi cylindrique, formé de fleurs blanchâtres, rayées de 
vert, dont les glumes sont semi- elliptiques, à peine aiguës. 
Cette plante est annuelle ; on la trouve dans les champs du 
midi de la France, en Autriche, en Italie. 

Elle fleurit en mai et juin. 

Fléolb rude ; Phleum asperum , Jacq., le. rar., 1, t. 14. Sa 
racine , qui est fibreuse et annuelle , produit plusieurs chaumes 
qui croissent réunis en touffe, à la hauteur de six pouces à un 



1^4 FLE 

pied, et$ont terminés par un épi alongé , cylindrique, com- 
posé d'un grand nombre de fleurs verdàtres, dont les glumes 
sont cunéiformes, mucronées à leur sommet. Cette espèce 
fleurit en juin et juillet; elle se trouve sur les collines, dans le 
midi de la France et de l'Europe. 

"*"* Glumes ciliées sur le dos. 

Ft.f,OJ.E DES sables; Plileum arenarium, Linn., Spec, 88. Dans 
cette espèce, une racine fibreuse, annuelle , produit plusieurs 
chaumes rameux: à leur base, coudés, redressés, hauts de trois 
à six pouces, terminés par un épi ovale, composé de fleurs 
})}anchàtres, panachées de vert, dont les glumes sont lancéo- 
lées, aiguës. Cette fléole fleurit en mai et juin, et croit dans les 
sables des bords de l'Océan et de la Méditerranée. 

Flbole de MicHÉLi; Phleum M ichelii , AU. , F l. Ped. , n. 21 38. Sa 
racine est vivace; elle produit une lige redressée, ordinaire- 
pient simple, haute d'un pied et plus, portant à son sommet 
Vn f pi alongé, cylindrique, à fleurs verdàtres, dont les glumes 
5pnt lancéolées, très-aiguës et acuininées. Cette plante croit 
dans les prairies des Alpes, ''où elle fleurit en juin et juillet. 

FiÉoi.E DE BoHBMER : Phlcum BoJiemeri , Schrad., FI. Germ., 1, 
p. 186 ; Phalaris phleoides , Linn., Spec, 80. Ses racines sont 
Vivaces ; elles produisent plusieurs chaumes redressés, hauts 
d'un pied à un pied et demi, terminés par un épi alongé, cy- 
lindrique , à fleurs verdàtres ou quelquefois un peu rou- 
geàtres, à glumes lancéoJ^es, très-légèrement ciliées sur le dos, 
obtuses à leur sommet, terminées sur le côté par une pointe 
particulière, un peu divergente. Cette plante est commune 
dans les bois et les prés secs, où elle fleurit de mai en juillet. 
Fléole DES prés ; Phleum pratense , Linn., Spec, 87. Sa tige est 
droite, haute de deux à trois pieds, portant à son sommet un 
épi cylindrique, long de deux à six pouces, formé de fleurs 
blanchâtres, panachées de vert, dont les glumes sont oblon- 
gues , tronquées au sommet , chargées d'une poin te assez longue. 
Celte plante est vivace et commune dans les prëls, sur les 
bords des champs, où elle fleurit pendant une grande partie 
de l'été. 

La fléole des prés forme un très-bon fourrage que les chç- 
yaux préfèrent à toute autre espèce de graminées, mais qui nf 



FLE i55 

fournit pas beaucoup de foin, quoiqu'on puisse en retirer 
jusqu'à trois coupes lorsqu'on a la facilité (le l'arroser. 

Fléole nouelse; Phleuni nodosum, LÏHU., Spec. , 88. Cette 
plante cJitière de la précédente , parce que sa tige est beaucoup 
plus sensiblement renOée en bulbe à sa base, parce qu'elle 
s'élève moins, et que ses premières articulations sont coudées 
«t couchées-, ses fleurs forment un épi plus court, long seule- 
ment d'un à deux pouces. Elle croit sur les bords des champs, 
et fleurit en été. 

La fléole noueuse est recherchée des bestiaux comme la 
précédente, dont elle n'est peut-être qu'une variété ; mais 
comme ses tiges sont en grande partie couchées , elles ne 
sont pas bonnes à faucher , et ne peuvent qu'être broutées sur 
place. Les cochons sont très-friands des petits tubercules que 
forment les racines ; ils savent fort bien les trouver à la fin 
de Vêlé, lorsque la plante a perdu ses tiges, et on les voit 
souvent courir, pour les chercher, A-^ers les lieux où ces 
racines sont communes. 

Fléole D ES Ai.PES; Phleum alpinum, Linn., Spec, 88. Cette plante 
ressemble à l'espèce précédente; mais elle en diffère par son 
épi ovale ou ovale -oblong, dont les fleurs sont plus grandes , 
plus longuement ciliées, souvent d'un vert rougeàtre, et dont 
la pointe delà nervure dorsale estplus alongée. Elle croît dans 
les prés des Alpes, des Pyrénées et des hautes montagnes. 

Fléole DE Gérard: Phleum Gerardi, A\l.,Flor.Ped., n.aiSS; 
Jacq«, Icon. rar., 2, t. 3oi. Sa racine est vivace , horizontale, 
un peu ligneuse; elle produit une tige droite, haute de quatre 
à huit pouces, dont la feuille supérieure a sa gaîne lâche et 
renflée; cette tige est terminée par un épi ovale, à fleurs blan- 
châtres ou d'un rouge violet, dont les giumes sont lancéolées, 
acuminées, velues, et dont la balle extérieure est chargée 
d'une petite arête sur son dos. Cette plante se trouve dans les 
prairies des Alpes, des Pyrénées, etc. (L. D.) 

FLESSERA*. (Bot.) Adar.son a séparé du genre IVepe/a, sous 
ce nom, lenepetatuherosa, distinct, selon lui, parla lèvre supé- 
rieure de la corolle entière et les fleurs rassemblées eu épis 
serrés, accompagnées de bractées larges et colorées. (J.) 

FLET {IchthjoL) , un des noms vulgaires du plettronectes 
Jlesus. Voyez Plie. (H. C. ) 



i5(î FLE 

FLETAN. (Ichthyol.) M. Cuviera donné ce nom à iJn sous- 
genre dans le grand genre des pleuronectes des ichthyologistes. 
Il lui assigne pour caractères d'avoir les nageoires et la forme 
des plies, les mâchoires et le pharynx armés de dents aiguës ou 
en velours. La forme des flétans est généralement plus oblongue, 

La mer du Nord en produit un qui devient énorme; c'est 
le flétan qui a les yeux à droite. On le sèche , et on le vend, 
par morceaux dans tout le Nord. 

Il y en a de plus petits dans la Méditerranée , dont la plu- 
part ont les yeux à gauche. (H. C. ) 

FLÉTELET. {Ichthjol. ) Voyez Flet. (H. C.) 

FLÉTON. (Ichthjol. ) Voyez Flet. (H. C.) 

FE>EUR , Flos. (Bot.) La fleur est cette partie locale et transi- 
toire du végétal, existant par la présence et la jeunesse d'un 
ou de plusieurs organes mâles, ou bien d'un ou de plusieurs 
organes femelles , ou encore des organes mâles et femelles rap- 
prochés et groupés, nus, ou accompagnés d'enveloppes par- 
ticulières. 

Un organe mâle ou femelle peut donc à lui seul constituer 
une fleur; mais celte fleur est incomplète. Pour qu'une fleur 
soit complète, elle doit offrir les organes des deux sexes, en- 
vironnés d'une double enveloppe. 

La rose, l'œillet, sont des fleurs complètes: c'est ce qu'on 
reconnoît facilement si on examine les parties qui les com- 
posent. Prenons l'œillet pour exemple : ce qui attire d'abord 
les regards, ce sont cinq lames délicates et colorées, ou, si l'on 
veut, cinq pétales disposés en rosace ,et qui sortent d'un tube 
vert. Les cinq pétales constituent la corolle ; le tube vert est le 
calice ; le calice et la corolle forment le périanthe double , c'est- 
à-dire la double enveloppe de la fleur. 

Deux filets incolores, divergens et courbés, sortent du 
milieu de la corolle. En détachant le calice et la corolle, vous 
verrez que les deux filets surmontent un corps oblong placé 
au centre de la fleur. Si vous examinez, à l'aide d'une loupe, 
les deux filets, vous apercevrez des papilles très-délicates, 
placées sur une ligne longitudinale, d'un seul coté des tilets. 
Le corps oblong est l'ovaire; les tilets sont les styles; les 
papilles indiquent la place des stigmates : l'ovaire, les styles et 
les stigmates composent le pistil , ou l'organe femelle. 



FLE i37 

Avant que vous eussiez détaché le double périanthe, vous 
avez dû remarquer dix petites masses membraneuses et colo- 
rées, placées avec symétrie autour des styles : après lasupres- 
sion du périanthe, vous voyez clairement que ces dix petites 
masses sont attachées au sommet de dix supports grêles ; que 
cinq des dix supportssont fixés sous l'ovaire; que les cinq autres 
sont fixés à l'extrémité inférieure des pétales. 

Si la fleur est un peu avancée, une quantité innombrable de 
corpuscules jaunâtres, semblables à une poussière très-fine, 
s'échappent des dix petites masses par des fentes qui s'ouvrent 
d'elles-mêmes. Les corpuscules sont le pollen; les dix masses, 
ou , pour mieux dire , les dix petits sacs membraneux qui con- 
tiennent le pollen , sont les anthères ; les supports des anthères 
sont les filets, que j'appellerai, en employant une expression 
plus générale, les androphores. Le pollen, les anthères et les 
androphores composent les étamines, qui sont les organes 
mâles. 

Cet examen rapide et superficiel de la fleur de l'œillet 
nous suffit pour juger qu'elle est complète , et , par cous équent , 
hermaphrodite. 

La fleur du lis est moins complète que celle de l'œillet. Elle 
offre à la vérité les deux sexes réunis : le pistil se compose d'un 
ovaire , d'un style et d'un stigmate ; les étamines , au nombre de 
six, offrent chacune un androphore ou filet, surmonté d'une 
anthère remplie de pollen : ainsi, nul doute que la fleur du 
lis ne soit hermaphrodite, comme celle de l'œillet; mais le 
périanthe de l'œillet , composé d'un calice et d'une corolle , est 
double, tandis que celui du lis, formé d'une seule enveloppe, 
est simple. 

La fleur du saururus est plus incomplète encore: elle n'a pas 
de périanthe, car on ne sauroit reconnoitre cet organe dans 
la foliole à la base de laquelle elle est attachée. Un pistil à 
quatre stigmates roulés en dehors, six étamines à filets grêles 
et à anthères dressées sont les seules parties qui la constituent. 

A plus forte raison devons-nous estimer qu'une fleur est 
incomplète quand elle est mâle ou femelle, c'est-à-dire, 
quand elle ne présente qu'un des deux sexes, les étamines ou 
le pistil (chanvre, houblon, platane, etc.). 

La partie d'où naissent médiatement ou immédiatement les 



i38 FLE 

organes sexuels et la corolle, est le réceptacle de la fleur. 
Lorsqu'une fleur n'a pas de périanthe, le point de la plante- 
mère sur lequel elle repose est le réceptacle; lorsqu'une ileur 
n'a pas de périanthe simple, le fond de ce périanthe est le 
réceptacle; lorsqu'une fleur a un périanthe double, le fond 
du calice est le réceptacle. Nulle fleur n'est privée de récep- 
tacle , puisqu'il faut bien que les organes qui la composent soient 
attachés en quelque endroit. 

On distingue les fleurs en régulières et irrégulières. 

Pour qu'une fleur soit parfaitement régulière, il faut que les 
pièces de même nature qui composent chacun de ses systèmes 
organiques soient absolument semblables entre elles et placées 
$ur un plan régulier, à égale distance les unes des autres, et 
que les pièces de natures diverses qui appartienuent aux dif- 
férens systèmes organiques de cette même fleur, affectent entre 
elles une ordonnance symétrique; mais il suffit que cet état de 
choses existe dans le périanthe, pour que l'on considère la 
fleur comme régulière-, et, par opposition, on nomme fleur 
irrégulière celle dont les divisions ou les segmens du périanthe 
diffèrent entre eux par la grandeur, la forme et la position. 
Une seule de ces différences entraîne l'irrégularité de la fleur, 
et la plus grande irrégularité possible résulte du concours de 
toutes ces différences. 

Il y a des espèces qui portent habituellement des fleurs 
régulières (liseron, œillet, rosier, etc.), et d'autres des fleurs 
irrégulières (linaire, labiées ,etc. ). Les espèces à fleurs régu- 
lières produisent quelquefois, par accident, des fleurs irrégu- 
lières (reine-marguerite, œillet d'Inde, etc., à fleurs doubles); 
et les espèces à fleurs irrégulières, des fleurs régulières {teu- 
crium campanulatum , linaria officinalis, etc.). Dans les deux 
cas, ces fleurs sont sensées des monstres, c'est-à-dire, des êtres 
dont l'organisation s'écarte du type primitif de l'espèce. 

La dégradation du type primitif a lieu par surabondance, 
par défaut , par difformité. Un organe peut prendre un accrois- 
sement excessif, ou bien rester plus petit qu'il n'a coutume 
d'être ; le nombre des pièces peut augmenter ou diminuer; les 
formes peuvent même éprouver des altérations manifestes. 
L'extrême simplicité du tissu végétal se prête à toutes ces mo- 
difications: c'est comme une pâte molle, à laquelle on donne 



FLE ï3.9 

toutes les figures possibles, sa?is faire éprouver le moindre 
changement à sa substance. Il n'en est pas de même dans les 
animaux, parce que la forme extérieure des parties y est 
combinée de telle sprte avec la structure interne, qu'un chan- 
gement marqué dans l'une produiroit un dérangement total 
dans l'autre. 

L'antJière et le stigmate ne conservent pas long-temps leur 
fraîcheur; dès qu'ils sont fanés, ce qu'on nommoit Jleur 
n'existe plus. C'est pourquoi Linnaeus a dit, dans son style 
concis et dogmatique, que l'anthère et le stigmate font l'es- 
sence de la Ueur : Essenlia /loris in anthera et stigmate consistit, 
PhiL Bot.; Mirb., Elém. de Phys. vég. et de Bot. (Mass.) 

FLEUR. {Ornith.) Camus, ne sachant à quel oiseau d'evoit 
être rapporté lejlorus des Grecs modernes et des Latins, cor- 
respondant à Vanthos de$ anciens Grecs dont Aristote parle au 
liv. 8, chap. 3, et au liv. 9> chap. i de son Histoire des Ani- 
maux , a employé le mol fleur dans sa traduction. Aristote, 
après avoir comparé la taille de cet oiseau à celle du pinson, 
dit qu'il habite près des rivières et des marais, que sa couleur 
est belle, et il le met au rang des oiseaux qui se nourrissent 
de vers. Belon, p. 566, croit qu'il s'agit ici du bruant, embe- 
riza citrinella, Linn. Gesner, Scaliger, le P. Hardouin, etc., 
ont adopté cette opinion , et Brisson s en est peu écarté en 
rapprochant ï'ant^l^s ou flor us du verdier, loxia chlori$, Linn. 
Mais Camus, qui , dans ses Notes sur Aristote , t. 2 , p. 332 , 
attribue, par erreur, au dernier de ces auteurs l'ouvrage in- 
titulé, Système naturel du règne animal, lequel est, pour l'or- 
nithologie, une traduction de l'Ordo avium de Klein par la 
Chesnaye des Bois, donne la préférence au rapprochement 
qu'on y fait An Jlorus et de la bergeronnette de printemps, 
rnotàcillajlava, Linn.; et le genre de nourriture paroît être le 
principal motif de cette opinion, quoiqu'aux termes même 
de la traduction, t. 1, p. 469 , Aristote désigne le pinson, le 
passereau, le verdier, etc., comme se nourrissant de vers, ex- 
pression qui, dans sa généralité , ne distinguoitpas ceux-ci des 
insectes proprement dits , lesquels font partie de la nourriture 
du verdier, etc. Il résulte donc du sentiment presque unanime 
des ornithologistes, quele florus seroitle bruant ou le verdier. 
Cependant, on a vu au mot Anthus , dans le Supplément au 



140 FLE 

1." volume de ce Dictionnaire, que Bechstein a fait de ce 
terme la dénomination générique des farlouses. (Ch.D.) 

FLEUR ADONIS. (Bot.) C'est le Jlos Adonis de Clusius, 
rapporté par C. Bauhin au genre HeUeborus, par Tournefort 
au Ranunculus , maintenant rétabli avec raison par Linnœus 
comme genre distinct sous le nom d'Adonis vernalis. (J.) 
• FLEUR AIGLANTINE ou Colombine (Bot.) , un des noms 
vulgaires de l'ancolie commune. ( L, D. ) 

FLEUR AILEE (Bot.), nom vulgaire donné à plusieurs 
espèces d'ophrydes, dont le labelle paroît ressembler à une 
mouche, à un insecte volant. (L. D.) 

FLEUR D'AFRIQUE, Fleur d'Inde. (Bot.) Suivant Dodoens, 
ces noms sont donnés au tagetes, plus connu dans les jardins 
sous celui d'œillet d'Inde, qui paroît cependant originaire du 
Mexique, et dont Hernandez cite plusieurs variétés. C. Bauhin 
le nomme pour cette raison tanacelum, seu Jlos mexicanus. (J.) 

FLEUR AMBERVALE. (Bot.) Dodoens donnoit au polygale 
ordinaire le nom de Jlos amhervalis. ( J. ) 

FLEUR DE L'AMOUR [Bot,), nom donné dans la Provence 
à la dauphinelle ou pied d'alouette sauvage, delphinium sege- 
tum, suivant Garidel. Il est aussi donné en Allemagne, suivant 
Dalechamps , à quelques amarantes rapportées maintenant au 
genre Celosia,(J.) 

FLEUR D'ARAIGNÉE (Bo^), un des noms vulgaires de la 
nigelle de Damas. (L. D.) 

FLEUR D'ARMÉNIE. ( Bot. ) C'est un des noms donnés 
autrefois à l'œillet de poëte. (L. D. ) 

FLEUR CARDINALE. (Bot.) Ce nom est donné au quamo- 
clit , ipomœa quamoclit, suivant Rumph , soit parce que ses 
fleurs sont d'une belle couleur rouge, soit parce qu'il a été 
introduit dans l'Italie par un cardinal. (J. ) 

FLEUR DE CARÊME. (Bot.) On donne ce nom à une 
variété de renoncule dont la fleur paroît à cette époque de 
l'année. ( L. D. ) 

FLEUR EN CASQUE {Bot.) , nom vulgaire de l'aconit napel. 
(L.D.) 

FLEUR DE CHA ou DE THÉ. (Bot.) Pomet, dans son His- 
toire des Drogues, dit que le thé de première qualité est ainsi 
nommé dans la Chine. (J.) 



FLE 141 

FLEUR DE CHAIR. (Bot.) On donne vulgairement ce nom 
à trois plantes, le mélampyre des champs, la lyclinide fleur 
de coucou, et le trèfle incarnat. (L. D.) 

FLEUR DES CHAMPS (Bot.), nom vulgaire commun au 
liseron des champs et à la potentille anserine. (L. D.) 

FLEUR EN CLOCHETTE {Bot.), nom vulgaire donné aux 
campanules et aux ancoiies. (L. D.) 

FLEUR DE CONSTANTINOPLE. (Bot.) C'est le fychnîs 
chalcedonica des botanistes, nommé aussi Jleur de Jérusalem, 
Jleur d'écarlate et croix de Malle. ( J.) 

FLEUR DE COUCOU. {Bot.) C'est une espèce de lychnide, 
ÎYchnis flos cuculi. Le même nom est donné dans quelques 
provinces méridionales à la primevère ordinaire ; selon 
Dalechamps, au cresson des prés , cardamine pratcnsis , et selon 
Tragus, au buplevrum odontites. (J.) 

FLEUR DE CRAPAUD. {Bot.) On a donné ce nom au sfa- 
pelia variegata de la famille des apocynées,dont la fleur a des 
couleurs livides, et déplus une odeur très-désagréable. (J.) 

FLEUR AUX DAMES {Bot.) , un des noms vulgaires de 
l'anémone pulsatile. (L. D.) 

FLEUR DES DAMES. {Bot.) L'héliotrope du Pérou est 
quelquefois désigné sous ce nom.(Ii. D.) 

FLEUR DU DIABLE {Bot.), nom vulgaire de l'iris de Suze. 
(L.D.) 

FLEUR DORÉE. {Bot.) C'est le nom françois du chrjsan- 
ihemitm, dont il est la traduction. (J. ) 

FLEUR D'EAU {Bot.) , nom donné par Linnœus à une subs- 
tance surnageant sur Feau , qu'il plaçoit parmi les byssus, sous 
celui de bjssus flos aqucc. Weiss affirme que ce n'es! point une 
plante , mais une réunion de détrimens de plusieurs végétaux 
aquatiques. (J.) 

FLEUR D'ECARLATE. (£of.)V. Fleur deCokstantinople. (J.) 

FLEUR D'ECREVISSE. {Bot.) Dalechamps dit que quelques 

personnes nomment le balisier^os cancri, parce que ses fleurs, 

avant leur épanouissement complet, présentent la forme de 

pâtes d'écrevisse. (J.) 

FLEUR ÉPERONNIÈRE. (Bof.) Trois plantes ont été dési^ 
gnées sous ce nom, la capucine, la linaire et le pied d'alouette, 
ou dauphinelle. (L. D.) 



u^ FLE 

FLËURD'ESQUINANT. {Bot.) C'esde nom donné, suivant 
Pomet, à la fleur très-odorante du schenailte, andropogon 
schœnanthus. (J. ) 

FLÈUR-FÉUILLÉ {Bot.) , nom vulgaire de la sauge-ormin. 
(L.D.) 

FLEUR DES GRAINES ( Bot. ) , un des noms vulgaires du 
blupt, centaurea cjanus, Linn. (H. Cass. ) 

FLEUR DU GRAND-SEIGNEUR. {Bot.) Quelques personnes 
nomment ainsi l'aitibretfe ou centaurée musquée , centaurea 
moschafa. ( J. ) 

FLEUR DE GUIGNES {Bot.) , nom d'une variété de poire. 
(L.D.) 

FLEUR HÉPATIQUE. {Bot.) On doniioit autrefois ce nom 
à la parnassie des marais. (L. D.) 

FLEUR D'UNE HEURE {Bot.), nom vulgaire de la ketmie 
changeante , dont les fleurs sont de très-courte durée. (L.D.) 

FLEUR D'HIVER (fiof.), nom vulgaire de l'hellébore d'hi- 
ver. (L. D.) 

FLEUR HORAIRE. (Bot.) Ce nom , qui signifie fleurmarquant 
les heures, est donné, suivant Rumph, à Vhibiscus mutahilis , 
nommé aussi rose de Chine, dont les fleurs, blanches le matin , 
passent insensiblement à la couleur rouge dans le cours de 
la journée. (J.) 

FLEUR IMPIE. {Bot.) Chez les Malais, on donne, suivant 
Rumph , le nom de bonga-harain-tsjada , ou fleur profane, 
flos impius , au pentapetes pluvnicea de Linnœus, dont la fleur, 
disent les Malais , semble affecter de ne jamais regarder le 
ciel. (J.) 

FLEUR D'INDE. (Bof.) Voyez Fleur d'Afrique. (J.) 

FLEUR DE JALOUSIE. {Bot.) Ce nom, donné à l'amarante 
tricolore, paroît provenir du nom gelosia sous lequel Tragus, 
auteur ancien, le désigne. C'est le même qui est le sjmphonia 
et gomphena de Pline et de Dalechamps, Vherbadelamaraviglia, 
ou herbe des merveilles, chez les Toscans, le papagalli des 
Flamands. Cette plante est remarquable surtout par ses feuilles 
qui sont variées de toutes couleurs , et qui font un des 
ornemens des jardins. Le nom gelosia de Tragus est cité par 
C. Bauhin sous celui de celosia, adopté ensuite par Linn;eus 
pour uu autre genre voisin de l'amararitc. Celui de gomphena, 



FLE 145 

changé en gomphrena , a été appliqué par le même à un autre 
genre amarantacé. (J.) 

FLEUR DE JÉRUSALEM {Bot.), nom vulgaire du Ijchnis 
chalcedonica. (L. D.) 

FLEURDEJUVITER. (Bot.) Ccst\'agrosteTtiaJlosJovis.{L.'D.) 

FLEUR DE LIS. (Bot.) On donne ce nom au lis blanc et à 
deux espèces de phalangère , phalangium liUastrum et liliago. 
(L.D.) 

FLEUR DE MALLET. (Bot.) Dans quelques parties du midi 
de la France on donne ce nom à la pivoine oflicinale. (L.D.) 

FLEUR DE MANILLE. {Bot.) On trouve dans Rumpli , sous 
le nom dejlos maniUianus , le nyclanLhes acuminala de Burmann , 
quiavoitélé transporté de Manille à Amboine. ( J.) 

FLEUR DE MANORA. (Bot.) Le samh'dc, mogorium sambacy 
est nommé par les Malais bonga-manoor, ce que Rumph a tra- 
duit pur Jlos maiiorœ. C'est le inogori d'autres lieux de l'Inde, 
d'où est tiré son nom générique actuel. (J.) 

FLEUR DU MEXIQUE. (Bot.) Voyez Fleur n'A frique. (J.) 

FLEUR DE MIDI {Bot,), nom d'une espèce de ficoïde, 
mesembrjanthemum promeridianum , dont les fleurs s'ouvrent 
plusieurs jours de suite après midi , et se referment après 
minuit. (L. D.) 

FLEUR DE LA MISTELA. {Bot.) Dans le Chili on donne ce 
nom au talinum umbeUatum de la Flore du Pérou , dont la fleur 
est employée dans le pays pour colorer la mistela, qui est une 
boisson composée d'esprit de vin , d'eau et de sucre ; les femmes 
s'en servent aussi comme de fard. (J.) 

FLEUR A MOUCHE (iîof.), nom vulgaire de l'asclépiade de 
Syrie , et de quelques espèces d'ophrydes dont les fleurs oÉfrent 
une certaine ressemblance avec une mouche ou un autre in- 
secte. (L. D.) 

FLEUR MUSQUÉE. (Bot.) C'estFabelmosch, hibiscus abelmo- 
schus, que Sibille Mérian nomme ainsi parce que ses graines 
ont une odeur de musc très-marquée dont les parfumeurs 
tirent parti. (J.) 

FLEUR DE NOËL. {Bot.) C'est l'hellébore noir. (L. D.) 

FLEUR DE NUIT {Bot.), nom donné à quelques plantes qui 
fleurissent le soir, taies que la beile-d»>nuit, nyctago, le siien^^ 
noctijlora, etc. (.1.) 



'44 FLE 

FLEUR D'ONZE HEURES (Bot.), un des noms vulgairesde 
l'ornithogale à ombelle. (L. D.) 

FLEUR D'OREJEVALLA. {Bot.) Blegny, dans un de ses ou- 
vrages, dit qu'une fleur de ce nom entre dans la composition 
du chocolat; mais il n'a jamais pu l'indiquer ou la faire con- 
noître à Pomet, qui vouloit en faire mention dans son Traité 
des Drogues .• d'où celui-ci conclut que cette fleur n'existe 
pas. (J.) 

FLEUR DE PAQUES ou Liane rude. (Bot.) Je trouve dans 
mon herbier, sous ce nom, le petrœa volubilis, genre des ver- 
benacées. C'est aussi un des noms delà pâquerette vivace. (J.) 

FLEURDEPARADIS.(jBof.) Suivant Jacquin,lapoincillade, 
poinciana pulcherrima , est ainsi nommée dans les Antilles. A 
Surinam, suivant Sibile Mérian , elle porte le nom de fleur 
de paon , Jlos pavonis, et ailleurs , suivant Breynius, celui de 
crête de paon. (J.) 

FLEUR DE PARFAIT AMOUR {Bot.) , un des noms vulgaires 
de l'ancolie commune. (L, D.) 

FLEUR DU PARNASSE. {Bot.) La plante que Dioscoride 
citoit comme croissant sur le mont Parnasse , qui étoit nommée 
par tous les anciens gramen Parnassi , et par quelques uns Jlos 
Parnassi , est celle qui maintenant est généralement connue 
sous le nom de parnassia. Voyez Parnassie. (J.) 

FLEUR DE LA PASSION {Bot.), nom vulgaire de lagrena- 
dille, granadilla de Tournefort, dont les diverses parties de la 
fleur offrent une ressemblance un peu éloignée avec quelques 
instrumens de la Passion. Comme le nom adopté par Tour- 
nefort est un diminutif du mot espagnol granada, Linnaeus, 
rejetant les noms diminutifs, a substitué à celui-ci le nom de 
passijlora. (J.)j 

FLEUR PLEURÉTIQUE. {Bot.) Le pavot des champs, ou 
coquelicot, a été quelquefois désigné sous ce nom. (L". D.) 

FLEUR DEPLUME. {Bot.) C'est sous ce nom que l'on cultive 
dans quelques jardins la polemoine ou valériane grecque, po- 
lemonium cœruleum, suivant M. Decandolle. (J.) 

FLEUR DU PRINCE. {Bot.) On donnoit jadis ce nom au 
liseron tricolore. ( L. D.) 

FLEUR DE PRINTEMPS. {Bot.) C'est encore un des noms 
des primevères. (L» D.) 



FLE 145 

FLEUR PRINTANIÈRE(£û^), nom commun à la pâque- 
rette et à la primevère. (L. D.) 

FLEUR ROYALE. {Bot.) Dodoens donne ce nom à la dau- 
phinelle ou pied d'alouette des jardins, delphinium yljacis. (J). 

FLEUR SAINTE-CATHERINE. (Bot.) C'est la nigelle. (L.D.) 

FLEUR DU SAINT-ESPRIT, Flor del espiritu santo {Bot.), nom 
espagnol de l'areg-u/oa de la Flore du Pérou, genre de la famille 
des orchidées. (J.) 

FLEUR DE SAINT-JACQUES. {Bot.) Dalechampa cite sous 
ce nom la jacobée, senecio jacobœa. (J.) 

FLEUR SAINT-JEAN {Bot.), nom vulgaire du caille-lait 
jaune. (L. D.) 

FLEUR DE SAINT-JOSEPH. {Bot.) Le laurier-rose étoit 
autrefois ainsi appelé. (L. D. ) 

FLEUR DE SAINT-LOUIS. {Bot.) Suivant Commerson , ce 
nom est donné , dans l'île de Bourbon, à un arbrisseau de la 
famille des malvacées, dont il faisoit un genre sous celui de 
Cremontia , mais qui n'est qu'une espèce de ketmie, hibiscus 
liliflorus de Cavanilles. (J.) 

FLEUR DE SAINT-THOMAS. {Bot.) A Pondichéry, suivant un 
catalogue et un herbier communiqués à Commerson, ce nom est 
donné au guettarda speciosa, genre de rubiacées déjà cité ici sous 
celui de cadambaet fleur de Saint-Thomé. Hermann, dans son 
Paradisu&Batavus , nomme Thomaa arbor,Jlos SanctiThomœ le 
lauhinia acuminata , ainsi inscrit dans Fherbier de Vaillant. (J.) 

FLEUR DE SANG. {Bot.) On trouve dans plusieurs livres 
anciens la capucine, tropœolum , sous le nom àejlos sanguineus. 
Ce nom est donné aussi à la tulipe du Cap , hcemanthus. (J.) 

FLEURDE SCORPION.(iBo£.) C'est la traduction du nom/oz/Zf- 
lacra^ donné par les Portugais à une plante orchidée dont la fleur 
a, selon eux,lafigured'unscorpion. Kœmpferl'a décrite et figu- 
rée sous celui de katong-ging des Javanois, et Linnaeus Favoit 
nommée epidendrumjlos aeris. Plus récemment, Swartz en fait 
son genre Acrides, auquel il a ajouté quelques espèces. L'ori- 
gine du mot /Zos aerJ5 n'est point indiquée. Burmann , dans son 
i'iora Indica, dit seulement que cette plante est aussi nommée 
à Java angrec-cambaug , c'est-à-dire fleur d'araignée, parce 
que sa fleur a quelque ressemblance avec cet insecte. (J.) 

FLEUR DU SOLEIL. {Bot.) Ou donne ce nom à dts plantes 
17. 10 



»4(> FLE 

dont les fleurs se tournent du côté du soleil: telles sont ïe 
tournesol, croton linctorium, et rhélianthème , lielianLhemum 
vulgare, ainsi que plusieurs de ses congénères. On le donne 
aussi à celles dont la forme de la fieur représente le soleil, 
surtout aux divers hélianthes , helianthus , que Tournefort 
nouimoit pour cette raison corona solis, et particulièrement à 
Vhelianthus annitus , qui est le grand soleil des jardins. (J.) 

FLEUR DE SOUCI. {Ornith.) Traduction , faite par Salerne , 
Crnithol., p. 240, du fior rancio des Toscans, qui est le roi- 
telet, motacilla regulus , Linn., d'après la couleur des plumes 
dont sa fête est ornée. (Ch. D.) 

FLEUR DE SUSANNE. {Bot.) Rumph , dans son Herb.Amb., 
donne le nom de Jlos Susannœ à un orchis, orchis Susannœ, 
pour conserver la mémoire d'une amie qui l'avoit aidé dans 
«es recherches , et à laquelle il devoit particulièrement la 
première connoissance de cet orchis. (J.) 

FLEUR DE TAN ou DE LA TANNÉE (J3of. ) , nom vulgaire 
d'une espèce de moisissure qui croît sur le tan pouri; c'est le 
mucor septicus, Linn., ou fuli go vaporaria, Persoon , ou reticula- 
ria hortensisy Bull. Voyez Fiiligo. (Lbm.) 

FLEUR A TEINDRE (Bot.), nom vulgaire du genêt des 
leinturiers. (L. D.) 

FLEUR DES TEINTURIERS. (Bot.) Brunsfels et Fuchsius 
donnent ce nom à la genestrole ou genêt des teinturiers, 
genista linclorin , et Tragus à Yerigeron acre. (J.) 

FLEUR DU TIGRE ou Fleur tigrée. {Bot] Dodoens, Dale- 
champs et Hernandez citent et figurent sous ce nom une plante 
de la famille des iridées, dont nous avons fait le genre Tigri- 
dia,et que Linnaeusfils a voulu réunir au Ferraria, genre voisin, 
dont cependant il diffère suffisamment. (J.) 

FLEUR DE TOUS LES MOIS. ( Bot.) On désigne quelque- 
fois sous ce nom le souci des jardins. (L. D.) 

FLEUR DE TOUTE L'ANNÉE, Flor de todo el anno (Bot.), 
nom espagnol d'un an^rec, epidendrum cor} mbosuin , de la Flore 
du Pérou, qui fleurit toute l'année. (J.) 

FLEUR DES TREILLES. {Bot.) C'est la traduction du nom 
Jlos pergulanus, donné par Rumph à l'arbrisseau nommé pos- 
térieurement pergularia, faisant partie de la famille des apo- 
cynées, employéà Java pour former des treilles ombragées. (J.) 



F LE rtijf7 

FLEUR DE LA TRINITÉ. (Bot.) Ce nom, dans ÏHorlus Eys- 
letensis , est donné à la pensée des iardins, viola tricolor. (J.) 

FLEURDU VENT. (Bof.) C'est, suivant Dalechamps, l'ané- 
mone , qui est la même que ]eJlos Adoneiiis , cité par Ovide , 
qui étoit très-agité parle vent. (J.) 

FLEUR DES VEUVES. {Bot.) Une espèce de scabieuse, 
scabiosa atropurpurea, Linn., porte vulgairement ce nom. (L. D.) 

FLEURS. (Ckim.) Les anciens chimistes ont , en général , 
appelé fleurs des matières réduites en poudre, soit que la na- 
ture nous les présentât dans cet état, soit qu'elles y eussent 
été amenées par quelque opération de l'art. Ils ont particu- 
lièrement appliqué ce nom aux sublimés dont les parties 
étoient très-divisées , ou bien encore à des sublimés cristallisés 
et en aiguilles déliées. (Ch.) 

FLEURS ARGENTINES DE RÉGULE D'ANTIMOINE. 
(Chim.) C'est l'acide antimonieux sublimé, sous forme de 
longues aiguilles blanches qui ont un reflet brillant. Les 
anciens chimistes le préparoient avec l'antimoine pur, tandis 
qu'ils préparoient les fleurs d'antimoine avec le sulfure de 
ce métal. (Ch.) 

FLEURS D'ANTIMOINE. ( Chim.) C'est l'acide antimonieux, 
préparé par sublimation. (Ch.) 

FLEURS DARSENIC. (Min.) On a quelquefois donné ce 
nom à l'arsenic oxide pulvérulent ou capillaire. 

FLEURS D'ARSENIC. {Chim.} C'est l'acide arsénieux su-, 
blimé , dont les parties sont sous la forme de poussière. (Ch.) 

FLEURS D'ASIE. {Min.) On dit que c'est une terre ma- 
gnésienne, qui vient d'Orient. C'est, selon Bomare, le natron 
ou soude carbonatée. (jB.) 

FLEURS DE BENJOIN {Chim.), ancien nom de l'acide 
benzoïque obtenu par sublimation. (Ch.) 

FLEURS DE BISMUTH. {Min.) On a nommé ainsi l'oxidie 
de bismuth et efflorescent , ordinairement grisâtre, sur les 
minerais qui renferment en même temps ce métal natif. (B.) 

FLEURS DE CHAUX. {Min.) On assure qu'on a donné Cf: 
nom au calcaire farineux. (B.) 

FLEURS DU CIEL. {Bot.) Voyez Nostoc. (Lem,) 

FLEURS DE COBALT, Rome de Lisle. {Min.) C'est le 
cobalt arséniaté pulvérulent. ( B.) 

i 10. 



U8 FLI 

FLEURS DE CUIVRE. (Min.) C'est le cuivre oxide rouge 
capillaire. (B.) 

FLEURS DE FER. {Min.) C'est la traduction inusitée de/05- 
ferri. (B.) 

FLEURS DE NICKEL, Flos niccoli , de Vallerius. {Min.) 
C'est le nickel oxidé. (B. ) 

FLEURS DE SEL AMMONIAC. {Chim.) C'est l'hydroclilo- 
rure d'ammoniaque qui a été sublimé, et dont les parties ne se 
sont point assez rapprochées pour former une matière com- 
pacte. (Ch.) 

FLEURS DE SOUFRE. {Min.) C'est, comme on sait, le 
soufre sublimé. On le trouve ordinairement en cet état dans 
les fissures des montagnes volcaniques. (B.) 

FLEURS DE SOUFRE. {Chim.) C'est le soufre sublimé, 
sous forme de cristaux extrêmement petits : dans cet état , il 
est presque toujoursmêlé avec de l'eau et des acides sulfureux 
ou sulfuriques. (Ch.) 

FLEURS DE ZINC. {Chim.) C'est l'oxide de zinc, que l'on 
obtient en faisant brûler dans l'air le zinc qui a été chaufie 
au rouge. Cet oxide est fixe, ^'oyez Zinc. ( Ch. ) 

FLEURIEU. {Ichthyol.) M. de Lacépèfle a décrit, sous le 
nom d'ostorhinque fleurieu, un poisson que M. Cuvier rap- 
porte au genre Apogon. Voyez Ostorhinque. (H. C.) 
FLEURONÉE. {Bot.) Voyez Flosculecse. (Mass.) 
FLEUVE ( Mire.) , et en général cours d'eau. Voyez Eau. 
(B.) 

FLEZ '.{IchthjoL), nom vulgaire d'un pleuronecte. Voyez 
PtiÉ.(H.C.) 

FLIEGEN-ENTE ( Ornith.) , nom allemand du canard sou- 
chet, anas clfpeata, Linn. (Ch. D.) 

FLIEGENSCHNAPPER {Ornith.) , nom allemand du gobe- 
mouches à collier , muscicapa atricapilla, Linn. (Ch.D.) 

FLIN. {Min.) C'est sous ce nom qu'on désigne dans le com- 
merce une substance minérale , qu'on nomme aussi marcassite, 
qui est, dit-on , de couleur grise ou brune , et dont on se sert 
pour fourbir les lames d'épées. Esf-ce bien une pyrite ou fer 
sulfure P ou plutôt ne seroit-ce pas une hématite? (B. ) 

FLINDER {Ichlhyol.) , un des noms prussiens du flez,p/e(/- 
ronectcsjlesus. Voyez Pue. (H. C. ) 



FLT 149 

FLINDERSIA. [Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à 
fleurs complètes, polypétalées , régulières, très-rapproché de 
la famille des méliacées, de la décandrie monogynie de Lin- 
naeus, qui a des rapports avec les cedrela et les calodendrum. 
Son caractère essentiel consiste dans un calice à cinq divi- 
sions ; cinq pétales insérés à la base d'un disque staminifère; 
dix étamines , dont einq alternes , stériles; un style pentagone. 
Le fruit consiste en une capsule h cinq loges, hérissée de 
pointes coniques; deux semences ailées dans chaque loge. 

Flindeusia australe : Flindersia australis , Brow., Remark, 
lot. of ter. auslr., pag. 63 , tab. i5 ; Radulier , Poir. , Encycl. 
etIH. Gen. Suppl. , cent. 10, Icon. Arbre assez élevé de la 
Nouvelle-Hollande, mais d'une grosseur médiocre, terminé 
par une cime irrégulière, composée de branches étalées, et 
de rameaux cylindriques; les plus jeunes rapprochés presque 
en ombelle. Les feuilles sont alternes, pétiolées , réunies en 
touffes vers le sommet des rameaux; les unes ternées, les 
autres à deux ou à quatre paires de folioles avec une im- 
paire,- glabres, pédicellées, très-entières, elliptiques ou lan- 
céolées, parsemées de points transparens, longues de deux, 
ou trois pouces sur un pouce et plus de largeur; point de 
stipules ; les bourgeons gommeux. 

Les fleurs sont petites , blanchâtres, légèrement odorantes, 
disposées en panicules terminales et touffues, un peu pubes- 
centes, accompagnées de petites bractées subulées. Le calice 
est persistant, court, pubescent : la corolle composée de cinq 
pétales planes, ovales, obtus, légèrement pubescens, attachés 
à la base d'un disque staminifère ; dix étamines insérées un 
peu au-dessous du sommet d'un disque hypogyne, plus courtes 
que les pétales; cinq filamens stériles opposés aux pétales , 
les autres alternes; les anthères conniventes, en cœur, acu- 
minées ; le disque à dix plis ou crénelures ; un ovaire libre, 
globuleux, chargé de nombreux tubercules ; le style simple ; 
le stigmate pelté , à cinq lobes. Le fruit est une capsule li- 
gneuse, ovale, longue de trois pouces, couverte de pointes 
coniques très-nombreuses. Elle se divise, à l'époque de la 
maturité , en cinq loges profondes , naviculaires ; chaque 
loge à demi bifide au sommet : un placenta central, à cinq 
lobes 5 formant autant de cloisons dans les loges, contenant 



i5o FLO 

de chaque côté deux semences planes, convexes, surmontées 
d'une aile membraneuse ; point de périsperme ; les cotylé- 
dons épais, foliacés ; la radicule placée vers le milieu du 
bord intérieur de la semence. 

Flindersia d'Amboine : Flindersia Amhoinensis ; Radulier , 
Poir., Encycl., Suppl. ; Arbor radulifera, Rumph, Amboin. y 
vol. 5 , tab. 1 29. Il est très-probable que cette plante , quoique 
imparfaitement connue, appartient à ce genre, et qu'elle 
en est une espèce distincte. Rumph en parle comme d'un 
grand arbre des Indes , chargé de feuilles ailées avec une 
impaire; les folioles pédicellées, presque opposées, lancéo- 
lées, aiguës, glabres, entières, longues de trois à quatre 
pouces sur deux de large. Les fleurs sont odorantes , pen- 
dantes en longues grappes : il leur succède des fruits ovales, 
oblongs, à cinq laces, couverts de tubercules courts , aigus , 
divisés intérieurement en cinq loges , s"ouvrant en cinq 
valves. Cet arbre, assez rare, croît à l'ile d'Amboine. On 
construit des palissades avec son bois • Técorce de ses fruits 
est employée pour râper les racines tendres de certaines 
plantes dont on fait usage, soit comme alimens , soit comme 
remède ou assaisonnement. (Poir.) 

FLINT. ( Min.) C'est le nom anglais du silex pyromaque, 
employé quelquefois, sans être traduit, dans des relations de 
voyage ou de géographie physique. ( B.) 

FLIRUS. {Mamm.) On trouve dans Jonston, pi. 25, sous le 
nom de flirns, la figure d'un animal ayant tous les caractères 
d'une espèce de chèvre, mais pourvu à la fois d'organes mâles 
et d'organes femelles, ce qui ne peut être qu'une monstruosité 
de la nature, ou une erreur de Jonston. (F. C.) 

FLOCONNEE, Floccosl. {Bot.) Qualrième série du deuxième 
ordre, les gastromjciens , de la famille des champignons, dans 
la méthode de Link. Son caractère consiste dans les peri- 
dium situés sur une base floconneuse. Il comprend deux 
genres, Trichoderma et MjrotJiecium. (Lem.) 

FLOERKEA {Bot.), WiUd., Act. Soc. Nat. Cur. , Berol. , 
vol. 3,ann. 1801 j Floerkea palustris , Nuttal, Amer. 1, pag. 229. 
Genre jusqu'à présent peu connu , établi par Willdenow 
pour une plante qui croît dans les marais et dans les lacs 
de la Pe«syivanie, caractérisée par un calice à trois folioles, 



"'fLO iSi 

par une corolle à trois pétales , renfermant six étamines , un 
style bifide. Le fruit se présente sous la forme d'un utricule 
à deux coques. (Poir. ) 

FLOENDER SLAETER {Ichthjol.) , un des noms norwé- 
giens de la plie, plturonectcs platessa. Voyez Pub. (H. C.) 

FLONDER (Ichthyol.) , un des noms prussiens du flez, pieu- 
ronectesflesus. y oyez Plie. (H. C. ) 

FLONDREDE RIVIÈRE. {Ichthjol.) M.Noël dit que l'on 
nomme ainsi , dans les environs du Pont-de-l'Arche , les fiez 
que l'on pêche dans la Seine. Voyez Pue. ( H. C ) 

FLOQUET (Ornith.) , nom que , suivant 5alerne, on donne 
vulgairement, en Sologne, au tarier, motacilla ruhetra, Linn. 
( Ch.D.) 

FLORAISON, Florescentia. (Bot.) L'apparition des organes 
sexuels, par suite de la dilatation et de l'écartement naturel 
des enveloppes florales immédiates ou accessoires , est ce qu'on 
nommePépanouissement de la fleur. L'épanouissement successif 
et simultané des fleurs d'un végétal marque le temps de sa flo- 
raison. Quand toutes les fleurs sont passées, et qu'il n'en paroît 
pas de nouvelles, la floraison est terminée. 

Les fleurs des salviniées n'ont pas d'épanouissement; l'enve- 
loppe dans laquelle elles sont renfermées reste toujours close. 

Les plantes annuelles fleurissent peu de temps après la 
germination ; leurs fleurs sont quelquefois accompagnées de 
bractées, d'involucres, despathes, etc., mais jamais de pérules 
ëcailleuses, semblables à celles des boutons à fleurs des arbres 
et des arbrisseaux. Les pérules écailleuses sont des rudimens 
de feuilles arrêtées dans leur croissance par suite des vicissi- 
tudes des saisons. Or, les herbes ne vivent pas assez long-temps , 
et elles se développent dans des circonstances trop favorables 
pour que leurs feuilles ne prennent pas d'abord toute la crois- 
sance dont elles sont susceptibles. 

L'intensité et la durée de la chaleur ont une influence mar- 
quée sur la floraison des différens végétaux , selon leurs natures 
diverses, et déterminent visiblement les époques auxquelles 
elle s'effectue. 

De là vient que l'on hâte ou retarde la floraison des plantes 
annuelles, en les semant plus tôt ou plus tard; que certaines 
plantes bisannuelles des climats tempérés deviennent annuelles 



i5. PLO 

si nous les cultivons en serre chaude , en sorte qu'avant Tannée 
révolue elles germent, fleurissent, fructifient et meurent ; 
qu'au contraire, certaines atlantes annuelles des tropiques, 
portées dans les régions plus voisines des pôles, y demeurent 
bisannuelles, et, par conséquent, ne fleurissent que la seconde 
année: que, sous les mêmes parallèles, aux mêmes expositions 
et hauteurs, la floraison des individus d'une espèce quelconque 
s'opère, en général, dans un espace de temps compris entre 
des limites très-rapprochées , ce qui fait que les saisons, les 
mois, et je dirois presque les jours, ont en chaque pays leur 
floraison particulière : et que Tépanouissement des fleurs peut 
servir, aussi bien que le développement des boutons, à com- 
poser un calendrier de Flore. 

Le tableau suivant, que M. de Lamarck a publié, de la flo- 
raison annuelle de quelques végétaux indigènes ou exotiques 
qui croissent aux environs de Paris, offre un exemple de cette 
sorte de calendrier. 

Janvier: L'hellébore noir. 

Février : L'aune, le saule marceau, le noisetier, le daphne 
mezereum, le galanthus nii'alis. 

Mahs : Le cournouiller mâle, l'anémone hépatique, la sol- 
danelle, le buis, le thuya, l'if, Varabis alpiiui, la renoncule 
ficaire, l'hellébore d'hiver, l'amandier, le pêcher, Fabricotier, 
le groseillier épineux, le tussilago petasites , le tussilago far/ara, 
le ranunculus auricomus , la giroflée jaune, la primevère, la 
fumeterre bulbeuse, le narcissus pseudo-narcissus, Vanemone 
ranunculoides, le safran prinlanier, le saxifraga crassifolia , 
l'alaterne , etc. 

Avril: Le prunier épineux, le rhodora du Canada, la 
tulipe, le draha aizoides, ledrabaverna, le saxifraga granulata , 
le saxifraga tridactylites , le cardamine pratensis, Vasarum euro- 
pœum, le paris quadrifolia, le pissenlit, la jacinthe, le lamium 
album, les pruniers, Vanemone Jiemorosa, Forobeprintanier, la 
petite pervenche, le frêne commun, le charme, le bouleau, 
l'orne, la fritillaire impériale, le lierre terrestre, le juncus 
syivaticus , le juncus campestris , le cerastium arvense, les érables , 
le prunier mahaleb, les poiriers, etc. 

Mai : Les pommiers, le lilas , le marronier, le cercis ou 
bois de Judée, le merisier à grappes, le cerisier, le frêne à 



FLO i55 

fleurs, le faux ébenier, le spirœa filipendula , la pivoine, Verf- 
simum alliaria, la coriandre, la bugie, l'aspérule odorante, la 
brione, le muguet, l'épine-vinette, la bourrache, le fraisier, 
l'argentine, le chêne, les iris, et le plus grand nombre de 
plantes. 

Juin : Les sauges, l'allcekenge, le coquelicot, le leonurus 
cardiaca, la ciguë, le tilleul, la vigne, les nigelles, Vheracleuin 
sphondylium , les nénuphars, la bruuelle, le lin, le cresson de 
fontaine, le seigle, l'avoine, l'orge, le froment, les digitales, 
les pieds -d'alouette, les hjpericum, le bluet, l'amorpha, le 
melia azedarach , etc. 

Juillet: L'hysope, les menthes, l'origan, la carotte, la 
tanaisie, les œillets, le gentiana centaurium , le monotropa hj'po- 
pilhfs, les laitues, plusieurs inules, la salicaire, la chicorée 
sauvage, le solidago virga aurea, le bignonia catalpa, le ceplia- 
lanthus, le houblon, le chanvre, etc. 

Août : Le scahiosa succisa, le parnassia, la gratiole, la bal- 
samine des jardins, reuphraj,',e jaune, plusieurs actéiis, le 
viburnum tinus , les coreopsis , les rudhechia, les siLphium, etc. 

Septembre : Le ruscus racemosus , Varalia spinosa, le lierre, 
le cyclamen, l'amaryllis lutea, le colchique, le safran. 

Octobre : V aster grandijlorus , Vhelianthus tuberosus , ïaster 
miser, Vanthemis grandijlora, etc. 

L'art d'orner les jardins est fondé en partie sur la connois- 
sance des époques de la floraison. La succession non interrom- 
pue de fleurs diff'érentes par leurs couleurs, leurs formes et 
leurs odeurs, ajoute beaucoup, comme on sait, à l'agrément 
des parterres et des bosquets. Que ceux donc qui nient obsti- 
nément, et contre toute évidence, que l'étude du règne 
végétal a une utilité directes conviennent du moins qu'elle 
peut contribuer à nos jouissances. 

Si la chaleur seule agissoit sur les plantes, et que la force 
vitale n'eût aucune influence dans les résultats, il est évident 
que, sans aucune exception, tous les individus de la même 
espèce, dans des circonstances semblables, devroient fleurir en 
même temps. Mais les plantes ne sont pas des corps bruts, et 
une multitude de causes, dont la plupart nous échappent, 
concourent à avancer ou retarder les époques de leurs déve- 
loppemeris. 



»54 FLO 

En général, il semble qu'une grande vigueur dans les indi- 
vidus nuise à la production des organes de la génération, et 
que, pour que les fleurs se forment, il est nécessaire que la 
sève circule avec lenteur. Les arbres ne fleurissent pas dans 
leur première jeunesse -, ils donnent souvent alors des jets d'une 
longueur considérable ; et leur sève, s'élevant dans une tige 
droite, élancée, dépourvue de branches, court avec d'autant 
plus de vitesse , qu'elle suit des canaux plus directs pour se 
porter vers les feuilles. Par des raisons contraires, les vieux 
arbres sont plus précoces , et donnent quelquefois plus de 
fleurs que les autres. 

L'excès de nourriture est un obstacle à la floraison des végé- 
taux ligneux, et, par conséquent, nuit à leur fécondité. 

Qu'un arbre fatigué par un voyage de long cours, qu'une 
bouture nouvelle fleurissent dans la première année, il ne 
faut pas s'y méprendre , c'est symptôme de foiblesse, non de 
vigueur. 

Trop de foiblesse néanmoins peut devenir contraire à la 
floraison. 

Il arrive quelquefois que, dans une avenue, des arbres de 
même espèce, et placés dans des circonstances tout-à-fait 
semblables en apparence, fleurissent à des époques très-éloi- 
gnées. La raison peut en être dans des causes extérieures que 
nous ne sommes pas encore parvenus à découvrir, et aussi dans 
des différences individuelles de nature à échapper toujours aux 
recherches des observateurs. 

Les fleurs sont déjà toutes formées dans le bouton. Ecartez, 
en automne, les écailles d'un bouton de lilas ou demarronier 
d'Inde, vous trouverez au centre le thyrse qui se seroit déve- 
loppé le printemps suivant. 

Les fleurs sont quelquefois visibles pour le botaniste plu- 
sieurs années avant l'époque marquée pour la floraison. C'est 
ce que M. du Petit -Thouars remarque relativement aux 
palmiers ; Mirbel , Elémens de Physisique et de Botanique, 
(Mass.) 

FLORALE [Fkuille]. {Bot.) Feuille placée à la base des fleurs 
{lonicera caprifolium, etc.). Les feuilles florales prennent 
le nom de bractées lorsqu'elles diffèrent des autres feuilles 
^melampyrum cristatum, monarda didyma, etc.). 



FLO '55 

FLORx\LE [Glande]. Les glandes qui se trouvent sur les 
fleurs sont nommées glandes florales. On les distingue en 
épisépales , c'est-à-dire , naissant sur les sépales du calice {malpi- 
ghia, etc.); en épipétales, c'est-à-dire, naissant sur les pétales 
{delphinium, herberis, etc.); en épistaminales , ou naissant sur 
les étamines {geraniunt, dictamnus , etc.). Les glandes florales 
prennent pour la plupart le nom de nectaire. 

FLORALE [Bulbille]. Certaines espèces d'ail, et d'autres 
plantes, portent des petites bulbes à la place des fleurs. Dans 
le crinum aswhcum, Linn., elles se trouvent dans le péricarpe 
à la place des graines; dans le lis bulbifère, etc., elles sont 
placées aux aisselles des feuilles. Celles qui se trouvent à la 
place des fleurs sont des bulbilles/îora/es. (Mass.) 

FLORENTITE. ( Min.) M. De la Métherie a cru devoir faire 
une espèce particulière du calcaire marbre , dit marbre de 
Florence, et lui a donné ce nom. C'est une sorte de marne 
calcaire, dont les fissures, presque rectangulaires, sont rem- 
plies de filtrations argilo-ferrugineuses dures. (B.) 

FLORESTINE,F/ore5fina. {Bot.) [Corjrmhifères , Juss. — Syn- 
génésie polygamie égale, Linn. ] Ce genre ou sous-genre, que 
nous avons établi dans la famille des synanthérées (Bull. Soc. 
philom. , octobre 181 5 et janvier 1817), appartient à notre 
tribu naturelle des hélianthées, et à la section des hélianthées- 
héléniées, dans laquelle nous le plaçons entre Vhymenopappus 
et le schkuhria. 

La calathide est subglobuleuse , incouronnée , équaliflore , 
pluriflore, régulariflore, androgyniflore ; le péricline , infé- 
rieur aux fleurs, est formé d'environ huit squames utiisériées, 
à peu près égales, appliquées, oblongues , arrondies au som- 
met, foliacées, pourvues d'une bordure membraneuse, fran- 
gée. Le clinanthe est très-petit, plane et inappendiculé; les 
ovaires sont oblongs, subtétragones, hispidules, munis de plu- 
sieurs côtes longitudinales; leur aigrette est très-courte, et 
composée d'environ dix ou douze squamellules unisériées, pa- 
léiformes, orbiculaires, denticulées, membraneuses, portées 
chacune sur une base linéaire, épaisse, charnue, verte; les 
corolles ont le tube extrêmement court, et le limbe divisé par 
des incisions profondes et inégales en lanières hérissées de pa- 
pilles sur les bords ; les étamines ont l'anthère noirâtre et le 



'^^ FLO 

pollen blane. Le style a ses deux branches terminées chacune 
par un appendice subulé, hispide au sommet. 

Florestine pédalée : Florestina pedata, H. Cass., Atlas du Dict. 
des Se. nat. , 5* cahier, pi. 8 ;. Steviapedata, Cav., Icon. ; Willd. j 
Fers. ; Hjmenopappus pedatus , Cav., Herb.; Lag. , Gen. et Sp. pi. ; 
Kunth,Noi^. Gen.; Ageratum pedatum ^ Ori.^Dec. Cette plïinte, 
originaire du Mexique et de File de Cuba, est herbacée , an- 
nuelle, presque glabriuscule; sa tige , haute d'environ deux 
pieds, est dressée, rameuse , légèrement striée'; ses feuilles, 
alternes supérieurement et le plus souvent opposées inférieu- 
rement, sont pétiolées, longues de trois pouces, pédalées, à 
trois folioles, dont la moyenne estpéliolée, indivise, oblongue- 
elliptique , obtuse, et dont les deux latérales sont sessiles, et 
partagées chacune en trois divisions inégales , oblongues , 
obtuses; les calathides , composées d'une douzaine de fleurs 
à corolle blanche, sont irrégulièrement corymbées ou pani- 
culées au sommet des rameaux. 

Dans nos deux premiers Mémoires, sur le style et sur les 
étamines des synanthérées , nous avions remarqué que le ste- 
viapedata, étant une hélianthée, ne pouvoit pas être congé- 
nère des vrais stevia , qui sont des eupatoriées; c'est pourquoi, 
dans notre troisième Mémoire, sur la corolle, nous avons pro- 
posé d'en l'aire un genre , sous le nom de Jlorestina ( Journ. 
de Phys. , t. 82, p. 145). Depuis cette époque, M. Lagasca a 
publié Tin petit ouvrage , où il nomme cette plante hjnieno- 
pappus pedatus , à l'exemple de Cavanilles qui l'avoit étiquetée 
ainsi dans son herbier, Enbn M. Kunlh rapporte aussi notre 
florestine au genre Hjmenopappus de L'héritier, et il la nomme 
comme M. Lagasca. La réunion ou la séparation des genres 
immédiatement voisins étant une chose tout-à-fait arbitraire, 
on peut sans doute, si.l'on veut, confondre ensemble Vliyme- 
nopappus et le Jlorestina ; mais on peut aussi les distinguer, 
parce que les squames du péricline sont disposées sur plusieurs 
rangs dans ï'Iijmenopappus , tandis qu'elles sont sur un seul rang 
dans le Jlorestina. Au reste, le Jlorestina n'est ni plus ni moins 
analogue à l'hyinenopappus qu'au schkuhria ; car celui-ci ne 
difière de notre genre qu'en ce qu'une des fleurs de sa cala- 
thide est femelle et à corolle ligulée , et en ce que les squa-. 
inellules de l'aigrette sont lancéolées. ( H. Cass. ) 



FLO i57 

FLORICAN. (Ornith.) C'est Je nom que, suivant Robert 
Percival, Voyage à Ceilan , t. 2 , p. 89 , on donne à une espèce 
de grue de cette île. ^Ch. D.) 

Ff-ORICEPS. {Entoz.) M. Cuvier, Règ. anim. , tom. iv, 
p. 45, établit , comme une division des tœnias , une petite sec- 
tio»qui a pour caractère quatre petites trompes ou tentacules 
armés d'épines recourbées, par le moyen desquels ces vers 
s'enConcent dans les viscères. L'espèce qui lui sert de type, 
est le hothryocephalus corollatus de M. Rudolphi; elle a quelques 
pouces de long ; la tête est laciniée comme certaines fleurs. On 
Ja trouve communément dans les raies. 

M. Rudolphi , qui a adopté ce petit genre , le nomme antho- 
cephalc , qui n'est que la traduction grecque du nom proposé 
par M. Cuvier. Les caractères qu'il lui assigne sont les suivans : 
Corps alongé , se terminant en arrière par une vessie caudale 
élargie; la tête semblable à celle des tétrarliynques , pourvue 
de quatre trompes garnies de crochets et de deux ou quatre 
fossettes. Ces animaux sont, en outre, contenus dans une 
vessie mince, entourée elle-même d'une autre enveloppe plus 
dure et élastique. 

M. Rudolphi, dans son Synopsis Entozoorum, 18 iq, énu- 
mère cinq espèces de floriceps, et qui toutes ont été trouvées 
dans kl cavité abdominale de poissons : l'une est le Floriceps 
Ai.OîiGk,anthocep}ialus c/oRgafus , dont il vient d'être parlé, et 
les quatre autres , anthocephalus gracilis , granulum , macourus , 
et interruptus, sont nouvelles; mais M. Rudolphi paroit n'être 
pas trop certain qu'elles appartiennent définitivement à ce 
genre. (De 13.) 

FLORIDÉES. (Bot.) C'est le nom du second ordre de la 
famille des thalasslophytes non articulés de M.Lamouroux, qui 
comprend toutes les plantes de la famille des algues qui ne sont 
point articulées. Les floridées se font remarquer parleur couleur 
pourpre ou rougeàtre , souvent avec une légère teinte de vert i 
c'est par leur exposition à l'air que leur couleur se développe , 
et acquiert un éclat brillant dont elle est dépourvue pendant 
la vie de ces végétaux. 

Les floridées diffèrent des fucacées, autre ordre de la même 
famille des thahissiophytes non articulées, par l'absence d'ua 
canal médullaire. La substance de ces plantes se développe en 



i5s FLO 

frondes tan-tôt planes ou subcylindriques. La tige est formée 
d'un épidémie qui recouvre un tissu cellulaire à cellules très- 
petites et égales qui entourent un second tissu cellulaire, plus 
abondant, à cellules très-grandes et tellement alongées qu'elles 
ressemblent à des lacunes. Dans le centre de la tige on trouve 
quelquefois une lacune qui se prolonge dans toute sa 4on- 
gueur. La fronde ne présente point de tissu cellulaireà grandes 
mailles, ou de lacune centrale, si ce n'est lorsqu'elle offre des 
nervures. 

Deux sortes de fructifications s'observent dans les floridées. 
La première est formée par des tubercules capsulifères, le 
plus souvent très-saillans. I<a seconde, beaucoup plus rare , 
se développe sur le même pied ou sur des pieds différens; 
elle consiste en des capsules situées sous l'épiderme, et qui 
occupent un espace plus grand. Ces capsules forment peu à 
peu une petite élévation qui se déchire pour les laisser échap- 
per-, elles se divisent en trois parties. Les fructifications sont 
éparsesdans les floridées à frondes sans nervures j mais, dans 
celles qui en sont pourvues, les fructifications sont situées 
dessus ou à leur extrémité. 

Les floridées paroissent devoir leurs belles couleurs , compa- 
rées par M. Lamouroux à celle des fleurs pour l'éclat à l'oxi- 
gène dont elles laissent dégager une moindre quantité que 
les autres thalassiophy tes non articulées; elles sont divisées 
ainsi qu'il suit : 

§. 1." Floridées à frondes planes. 

Genres: Claudea^Delesseria, Chondrus. 

§. 2. Floridées à frondes non planes , subcylindriques , ou 
comprimées, ou linéaires. 

Genres : Gelidium, Laurenlia, Hjpnea, Acanthophora , Du- 
montia, Gigartina, Plocamium, Champia.Voy. ces divers noms. 

Agardh, en conservant l'ordre des floridées, n'y place que 
les genres suivans : Lamourouxia (claudea, Lmx.), Delesneria, 
Sphceroccus, Chondria, Champia, Ptilota, et Halymenia. (Lbm.) 

FLORIFÈRE (Bot.), portant les fleurs. Dans les chatons du 
peuplier, du noisetier, du saule, etc., les bractées sont flori- 
fères. Les feuilles du lemna, du xyiophylla falcata, etc., sont 
également florifères. Les boutons des arbres sont florifères , 
lorsqu'ils ne produisent que des ûenrs; folii/ères , lorsqu'ils ne 



FLO ,55 

produisent que des bourgeons à feuilles; mixtes^ lorsqu'ils 
produisent des feuilles et des fleurs. (Mass.) 

FLORILEGES ou ANTHOPHILES. (Entom.) Nous avons 
ainsi nommé (Voyez Anthopiiiles) une famille d'hyménop- 
tères voisine de celle des abeilles , qui comprend les scolies , les 
frelons ou crabrons , les philanthes. Cemot est emprunté d'Ovide , 
Métamorphoses: Florilegœ nascuntur apes, (CD.) 

FLORILIE, Florilus. \Conchjl.) Genre de coquilles multilo- 
culaires , établi par M. Denys de Montfort , pour une coquille 
microscopique , décrite et figurée sous le nom de nautilus 
asterizans , par Von Fichtel et Von MoU, tab. 3 , fig. e h de leur 
Testac. microscop. : elle est plane et ombiliquée d'un côté, 
avec un sommet mamelonné de l'autre. L'ouverture est trian- 
gulaire ; mais elle est presque complètement fermée par un 
diaphragme, si ce n'est contre le retour de la spire. Les cloisons 
sont unies; le syphon est inconnu. L'espèce qui sert de type 
au genre est turbinée, nacrée, diaphane, d'une demi-ligne de 
large, et son sommet offre un mamelon criblé de petits trous 
au milieu d'une sorte d'étoile. Aussi M. Denys de Montfort la 
nomme-t-il florilie étoilée ,Jlorilus stellatus. ( De B. ) 

FLORIPONDIO {Bot.), nom espagnol donné dans le Pérou 
au datura arborea , arbrisseau dont les fleurs sont très-grandes, 
en entonnoir, et pendantes, à cause de leur poids. (J.) 

FLORISPERSI. {Bot.) Micheli et Lancisi nomment ainsi les 
agarics et les bolets dont le chapeau est saupoudré de flocons 
semblables à des étamines. ( Lem.) 

FLORISUGA. {Ornh]i.) L'oiseau auquel celte dénomina- 
tion est donnée par Séba , t. 3 , p. 42 , est le trochitus mellisu- 
gus , Linn. , oiseau-mouche de Cayenne ou vert-doré de Buffon. 
(Ch. D.) 

FLORUM FASCICULUS. {Bol.) Sterbeeck donne ce nom à 
une espèce de boletus très-voisine des boletus frondosus , Pers. , 
et ramosissimus , Jacq. Gomme eux il est volumineux , et formé 
par la réunion d'une multitude de chapeaux imbriqués l'un 
sur l'autre, à la manière des coquilles. Aussi Paulet le classe- 
t-il dans le groupe qu'il désigne par poly pores coquilliers, et 
prétend que c'est le galUnaccia de Porta, C'est peut-être aussi 
celui que, dans les Vosges, on nomme pouU de bois et cou- 
veuse. ( Le.m.) 



i6o FLO 

FLORUS. {Ornith.) Voy. Flkuh. (Ch.D.) 

FLOS AFRICANUS. (Bot.) Dodorns nommoit ainsi le tagetes 
patula, Linn. (H. Cass.) 

FLOSCOPE, Ftoscopa. (Bol.) Genre de plantes dont les 
rapports naturels ne sont pas encore déterminés, établi par 
Loureiro pour un arbrisseau des Indes orientales, de 17ie.ran- 
drie monogjnie de Linnœus , et dont le caractère essentiel 
consiste dans un calice inférieur, pileux, à trois divisions 
profondes ; trois pétales ovales ; six étauiines ; un style ; une 
capsule à deux loges monospermes. 

Floscope grimpant -, Floscopa scandens , Lour. , FI. Coch., i, 
pag. 238. Ses tiges sont simples, grimpantes, ligneuses, cylin- 
driques; ses feuilles alternes, lancéolées, ciliées , très-en- 
tières, rudes en dessus, lisses en dessous, nerveuses, vagi- 
nales à leur base. Les fleurs sont petites, pédicellées, d'un 
violet clair\ réunies en épis grêles, roides, fascicules; le 
calice coloré: ses découpures ovales, réfléchies en dehors ; la 
corolle composée de trois pétales droits, ovales, de la lon- 
gueur du calice; les étamines plus longues que la corolle: les 
filamens subulés-, les anthères à deux lobes arrondis; l'ovaire 
ovale, comprimé , à deux lobes; le style subulé, plus long 
que les étamines, le stigmate épais. Le fruit est une capsule 
presque ovale, à deux lobes, à deux loges; chaque loge ren- 
ferme une semence ovale, aplatie, cornée. Cette plante croît 
à la Cochinchine, sur les montagnes. (Poir.) 

FLOSCULEUSE[Calathide], (Bot.), n'ayant que des fleurons 
(chardon, artichaut, centaurée, etc.) (Mass.) 

FLOSCULEUSES. {Bot.) Tournefort a divisé les synan- 
thérées en trois classes, sous les titres de Jlosculeuses , semi- 
Jlosculeuses et radiées. Cette classification, adoptée par M. Des- 
fontaines dans la distribution de l'école de botanique du Jardin 
du Roi , est à la vérité très-simple et très-commode , et elle sé- 
duit infailliblement au premier coup d'œil; mais elle n'est pas 
sans difficulté dans son application, et surtout elle est fort peu 
conforme à l'ordre naturel, qui ne reconnoît que le groupe 
des semi-flosculeuses, fondé sur la structure de la fleur pro- 
prement dite, et correspondant à notre tribu des lactucées. 
Le groupe artificiel des flosculeuses , fondé sur la composi- 
tion de la calathide, comprend toutes les synanthérées à ca- 



latliide dite flosculeuse. Les botanistes confondent sous celte 
dénomination de calathide flosculeuse , deux sortes de com- 
positions bien distinctes: i°. celle qui constitue ce que nous 
nommons la calathide incouronnée, équaliflore , comme dans 
le chardon , l'eupatoire ; 2". celle qui constitue ce que nous 
nommons la calathide discoïde, comme dans Vartemlsia, le 
carpesium. La plupart des botanistes assimilent aussi à leur'ca- 
lathide flosculeuse, la calathide vraiment radiée du bluet et 
de beaucoup d'autres centauriées. Enfin la calathide radiati- 
forme des nassauviées , quoique tout-à-fait analogue à la cala- 
thide dite semi-flosculeuse des lactucées,est rapportée parles 
uns à la calathide flosculeuse, et par les autres à la calathide 
radiée. Ce sont là les principaux motifs qui nous ont empêché 
de conserver, dans notre nouvelle terminologie, la dénomi- 
nation de calathide flosculeuse, qui est d'ailleurs insignifiante 
dans le sens distinctif qu'on lui attribue , puisqu'elle exprime 
une calathide composée de petites Jieurs , ce qui s'applique à 
toutes les calathides quelconques. Si le mot de flosculeuse est 
entendu par opposition à celui de semU flosculeuse, i[ est très 
impropre: car il se réfère alors à la distinction des fleurons 
et d'es demi-fleurons, qui est inadmissible pour tout botaniste 
jaloux de conformer le langage de la science à la nature des 
choses. Les calathides ne sont composées ni de fleurons ni de 
demi-fleurons, mais de petites fleurs, dont la corolle LfTecte 
des formes diverses. Le nom de demi-fleurons doit surtout être 
repoussé, parce qu'il confond deux natures de fleurs très-dif 
ferentes : en effet, si ce nom est tolérable jusqu'à un certain 
point quand on ne l'applique qu'aux fleurs extérieures des 
calathides radiées, dont la corolle* est ligulée, c'est-à-dire 
avortée d'un côté et luxuriante du côté opposé, il est tout- 
a-fait intolérable quand on l'applique aux fleurs des lactu- 
cees ou chicoracées, dont la corolle est fendue, mais très 
complète et dans un état naturel. Le nom de fleurons con- 
fond aussi tres-mal à propos les fleurs à corolle régulière et 
es fleurs a corolle tubuleuse, demi-avortée, qui composant 
la couronne des calathides discoïdes, et qui mériteroient peut, 
être, mieux que toute autre, le nom de demi-fleurons. Vov 
notre article Composées ou Svnanthérées. ( H. Cass. ) 

fLOSFERRf. {Min.) Nous avons placé cette variété de 
' " il 



,6, ILO 

calcaiï;e concrétîonné parmi celles qui appartiennent à la 
chaux carbonatée rhoniboiclale -, mais il paroit, d'après fie 
nouvelles observations, que les minéralogistes s'accordent à 
la considérer comme appartenant à la chaux carbonatée 
octaédrique ou arragonile. On a constamment désigné cette 
variété sous son nom latin dans les ouvrages de minéra- 
logie de presque toutes les langues. Voyez son histoire , à 
l'article delà C\iaux carbonatée rhornboïdale , 6/ variété, Ca;.- 
CAiRE coRALLOÏDE. On doit la désigner maintenant par le nom 
à'arragonile coratloïde. ( B. ) 

FLOS SOLIS. (Bot.) Ce nom a été appliqué, par plusieurs 
anciens botanistes, à diverses plantes, telles que les helian- 
thus tuberosus et anguslijolius , Vinuia hetenium, le cistus he- 
lianlhemum. ( H. Cass. ) 

FLOT. (Ph-ys.) C'est lamarée montante. Voyez Marée. (L. C.) 
FLOT. (Entorn.) C'est le nom donné par Geoffroy à une 
Boctuellequ'ila figurée tom. II, fig. 12 ,n.°IV, et décrite n.° 86, 
yag. i53.(C.D.) 

FLOTTANTES [Plantes]. (Bot.) Parmi les -plantes aqua- 
tiques, les unes nagent à la surface de l'eau sans tenir au sol 
(pistia slratiotes, lemna, salvinia, etc.). Lesautres sont fixées au 
fond de l'eau, et flottent au gré du courant [potainogelon lu- 
sens, etc.). (Mass.) 

FLOTWI [Ichtliyol.) , nom russe de la rosse, leuciscus ruti- 
ius.Voy.ABLE, dans le Supplément du premier volume. (H.C.) 
FLOUNDER BULET FLUKE [IchlhyoL.) , nom anglois du 
flételet. Voyez Flet. (H. C.) 

FLOUSSADO. {Ickthyol.) A Nice, suivant M. Risso , on 
donne ce nom à la raie bâtis. Voyez Raie. (H. C. ) 

FLOUVE {Bot.)-. Anthoxanthum , Linn. Genre de plantes de 
la famille des graminées , Juss. , et de la diandrie digynie , Linn. , 
dont les caractères principaux sont les suivans : Calice uni- 
ilore, à deux glumes inégales, aiguës; corolle double : l'exté- 
rieure composée de deux balles velues, égales, dont l'une est 
aristée sur son dos, et l'autre à sa base-, l'intérieure formée de 
deux petites balles mutiques ; deux étamines; un ovaire supé- 
rieur, chargé de deux styles filil'ormes, un peu velus, astigmates 
simples et divergens ; une graine oblongue , acuminée aux deux 
bouts , enveloppée par la balle florale. 



FLU iG5 

LesÛouves sont des plantes herbacées, vivaces, dontles tiges 
sont articulées, garnies de feuilles alternes, linéaires, et les 
fleurs disposées en panicule contractée en épi. Les botanistes 
en comptent six espèces : mais parmi celles-ci nous ne décri- 
rons que les deux qui croissent naturellement en Europe, les 
quatre autres n'ayant pas encore été suffisamment observées 
et devant peut-être se rapporter à des genres <iifFérens. 

Flouve ODORANTE : Anthoxatithuvi odoratum , Linn., Spec, 40 ; 
FI. Dan., t. 666. Ses chaumes sont droits, hauts d'un ou deux 
pieds: ils naissent ordinairement plusieurs ensemble, disposés 
en touffe, et sont garnis de feuilles légèrement pubescentes. 
Ses fleurs sont verdâtres, réunies cinq à six ensemble par 
petits épillets serrés les uns contre les autres, formant dans 
leur ensemble un épi cylindrique. Les glumes calicinalessoiit 
ordinairement glabres , quelquefois pubescentes. Cette espèce 
est commune dans Its prés et les bois ; elle fleurit en mai et 
juin. 

Cette plante, surtout quand elle est sèche, répand une 
odeur agréable, qui devient plus pénétrante dans les prairies 
des montagnes élevées. C'est en partie elle qui donne un si 
doux parfum au foin des Alpicoles; mais elle fournit peu de 
fourrage , parce qu'étant précoce , elle est sèche avant la matu- 
rité des autres plantes. Les bestiaux en sont très-friands. Quel- 
ques agronomes ont essayé de la cultiver seule: elle peut de 
cette manière fournir trois coupes. Elle n'est pas difficile sur 
la nature du terrain. 

Flouve amijre; Anihoxanthum amarum, Brot., Phjt. Lusit., 
yasc, j. Cette espèce ressemble beaucoup à la précédente j 
mais elle en diffère constamment par ses tiges et ses feuilles 
rudes; par son épi plus alongé, composé d'épillets plus gros, 
■d'un blanc cendré; par ses glumes toujours pubescentes, et 
par ses balles plus fortement velues. Elle croit naturellement 
en Portugal. (L. D.) 

FLOYERA. {Bot.) C'est sous ce nom générique que Necker 
veut séparer de l'exacur/i deux espèces d'Aublet, exacum guia- 
nense et tenuifolium , parce que le tube de leur corolle est évasé 
parle haut et non rétréci. Ce genre n'a pas été adopté. (J.) 

FLUATE DE CHAUX (Chim.) , ancien nom du phtorure 
ie calcium. (Ch.) 



^64 FLU 

FLUATES. (Chiin.) Ancienne dénomination des hydro- 
phtorates. (Ch.) 

FLUDER. iOrnilh.) L'oiseau que Gesner et Aldrovande disent 
être ainsi nommé sur le lac de Constance, est le grand plongeon, 
oolymbus immer, Linn. (Ch. D.) 

FLUEVOGEL(Omf£/i,) , dénomination allemande de la fau- 
vette des Alpes ou pégot, uwlacilla alpina , Gnïel. (Ch.D.) 

FLUGELBLATT (Bot.) , nom allemand donné par Bridel au 
genre Pterj gophjllum, de la famille des mousses, qui est le 
cjathopliorum deBeauvois, et 17ioofceriade Smith. (Lem.) 

FLUGGEE, Fluggea. [Bol.) Genre de plantes dicotylédones, 
à fleurs dioïques, de la dioécie pentandrie de Linnœus, qui me 
paroit tenir le milieu entre les rhamnées et les euphorbiacées , 
et dont !e caractère essentiel consiste dans des fleurs dioïques. 
Les mâles offrent un calice à cinq folioles; point de corolle; 
cinq étamines avec le rudiment d'un ovaire ; dans les fleurs 
femelles, un style bifide; deux stigmates bifides, recourbés j 
une baie à quatre semences pourvues d'une arille. 

Ce genre, borné à une seule espèce, a été établi par 
Wiildenow. Avant lui M. Richard (Schrad., Nouv. Journ. , 
pag. 8, tab. 2,fig. a) avoit emplo^'é le nom de fluggea pour 
la convallaria japonica , que M. Desfontaines a conservée parmi 
les convallaria dans la réforme qu'il a présentée sur ce genre : 
cette espèce est un ophiopogon, dans le Bot. Magaz. , tab. io65 ; 
un slaLeria, Desv. , Journ. Bot., i, pag. 245. Grâces soient 
rendues à nos réformateurs de noms : en voilà déjà trois pour 
un genre dont l'existence pourroit bien être contestée ! 

Fluggée a fruits blancs ; Fluggea leucopyrus , Willd. , 
Sjjec, 4, pag.ySy. Arbrisseau des Indes orientales, pourvu de 
rameaux cylindriques ou médiocrement anguleux, glabres, 
cendrés, terminés par une pointe épineuse, armés d'un grand 
nombre d'autres épines très-fortes, longues de trois pouces, 
souvent feuillées : ce sont déjeunes rameaux non développés. 
Les feuilles sont petites, alternes , pétiolées, presque orbi- 
culaires, longues de quatre lignes , glabres, entières, échan- 
crées au sommet; les tleurs petites, axillaires , pédonculées ; 
le caiice divisé en cinq folioles ovales, concaves, obtuses, 
membraneuses, un peu déchiquetées à leurs bords; point de 
corolle 5 les filamens subulés, une fois plus longsquelc calice; 



FLU i65 

les anthères ovales, sillonnées ; dans les fleurs femelles, un 
ovaire ovale ; le style très-court, bifide -. les stigmates à deux 
découpures réfléchies en dehors. Le fruit est une baie globu- 
leuse , d'un blanc de neige , à quatre semences trigones , 
recouvertes d'une arille. On distingue, dans les fleurs mâles , 
le rudiment de deux corps bifides et recourbés. ( Pom.) 

FLUIDES. (P/i/s.) Ce sont des corps dont toutes les parties, 
cédant à la plus petite pression , peuvent se mouvoir indépen- 
damment les unes des autres , ce qui n'a pas lieu pour les solides 
tant que leurs molécules ne sont pas désunies. Au reste , la divi- 
sion des corps en solides et en/luides n'est pas plus tranchée que 
toutes celles qu'on a tenté de faire dans les productions natu- 
relles. Entre les fluides parfaits et les solides, se trouvent les 
liquides visqueux, les poussières et les corps mous, qui par- 
tagent plus ou moins les propriétés de chacune des deux espèces 
de corps. 

Parmi les fluides, Veau, et tous ceux qui sont perceptibles 
à la vue, ont été les premiers remarqués. On les a regardés 
comme incompressibles, et, par conséquent, non élastiques, 
L'Académie dei Cimento (c'est-à-dire, de l'expérience), ayant 
renfermé de l'eau dans une sphère d'or, métal très-peu élas- 
tique, soumit ce fluide à une très-forte pression, et le vit 
suinter à travers les pores du métal , au lieu de rentrer sur lui- 
même. Malgré cette expérience, on ne peut concevoir que 
l'eau soit absolument dépourvue de compressibilité et d'élas- 
ticité, puisqu'elle transmet les sons. 

Sa grande fluidité est prouvée par le niveau exact qu'afi'ecte 
sa surface lorsqu'elle est en repos. Par ce mot on entend la 
perpendicularité de la surface à la direction de la pesanteur. 
Le fait est constaté par une immensité d'épreuves journalières, 
et il résulte de l'extrême mobilité des molécules fluides; car 
elles ne peuvent demeurer en équilibre à la surface , qu'autant 
que celle-ci est perpendiculaire à l'action de la force qui les 
sollicite, parce qu'alors il n'y a pas de raison pour qu'elles se 
meuvent dans une direction plutôt que dans toute autre. 

Au contraire, la surface des fluides visqueux, et surtout 
celle des poussières, peuvent rester en repos sur une obli- 
quité plus ou moins grande. îl faut observer cependant, par 
rapport à l'eau et aux fluides parfaits, que le niveau exact de 



ïCfi FLU 

leur surface n'a lieu que lorsqu'elle est d'une certaine étendue, 
car on voit sur les bords une courbure qui tient à l'attraction, 
et dont il sera parléà l'article Tubes Capillaires. 

La propriété qui caractérise particulièrement les fluides, et 
qui est la base de leur théorie mathématique, consiste en ce 
que toute pression, exercée dans un point quelconque d'une masse 
Jluide se répand également dans tous les sens. En voici un effet 
qui expliquera suffisamment l'énoncé ci-dessus. Si, à la paroi 
d'un vase rempli d'eau, par exemple, on fait deux ouvertures 
égales ensuperficie et placées à la même profondeur au-dessous 
de la surface , afin qu'elles soient chargées de la même quan- 
tité de fluide, et qu'on les bouche par des pistons ; qu'on 
applique ensuite à l'un de ces pistons telle force qu'on voudra , 
il faudra, pour empêcher le fluide de s'écouler par l'autre 
ouverture, y appliquer la même pression qu'à la première. 
Ici les forces égales se détruisent dans toutes les directions, 
tandis que celles qui agissent sur les solides doivent être 
directement opposées, et n'exercent aucun efTet dans le sens 
latéral. Si les ouvertures n'étoientpas toutes deux à la même 
profondeur au-dessous de la surface, celle qui en seroitleplus 
éloignée supporteroit, outre la pression appliquée à l'autre, 
l'effort qui résulferoit du poids de la portion correspondante 
du fluide compris entre leurs niveaux respectifs. Mais, en 
faisant abstraction de la pesanteur, on peut dire que, quelle 
que soit la situation dts deux ouvertures, dès qu'ellesont une 
égale superficie, il y faut appliquer une égale pression-, etque, 
si elles n'ont pas la même étendue, les forces nécessaires pour 
maintenir les bouchons qu'on y voudroit mettre, doivent être 
dans le rapport de leurs superficies. 

C'est ainsi qu'en ajustant au-dessus du fond supérieur d'un 
tonneau un tuyau très-étroit, et le remplissant de fluide, on 
augmente la pression qu'éprouve l'autre fond, du poids d'un 
volume de fluide ayant pour base ce fond et une hauteur 
égale à celle du tuyau ajouté. Cet accroissement de pression 
est le fondement de la machine nommée pre.«e hjiîroslatiquc , 
imaginée par Pascal. C'est par la même raison que, si deux 
plans de même étendue servent de base à deux vases de même 
hauteur, ils éprouveront la même pression, quoique l'un de 
ces vases s'élargisse par le haut, et que l'autre se resserre. C'est 



FLU 167 

encore par le même principe que lorsqu'un fluide est en 
équilibre dans xin siphon ou tuyau à deux branches, la cour- 
bure étant tournée paren-bas, quelles que soient la forme et la 
capacité de ces branches, la hauteur verticale du fluide au- 
dessus du point le plus inférieur est la même dans l'une et 
l'autre branche, pourvu toutefois que l'une des deux ne soit 
pas un tube capillaire. On voit ainsi comment les eaux qui 
coulent dans des canaux souterrains tendent a remonter à une 
hauteur égale à celle d'où elles sont parties; et telle est l'ex- 
plication des sources jaillissantes et des puits, dont il est parlé 
à l'article Eau, t. xiv, pag. 5o. 

Si les fluides contenus dans. les branches du siphon étoient 
de natures différentes, et nepouvoient passe mêler, alors leurs 
hauteurs seroient en raison inverse de leurs densités, afin 
que le poids de chacune des branches fluides fût le même : 
c'est ce qui arrive dans le BAROMiVrnE (voyez ce mot) entre 
l'air et le mercure. 

Nous ferons observer à ce sujet que si des fluides hétérogénej 
sont en équilibre les uns au-dessus des autres, les surfaces par 
lesquelles ils se touchent sont perpeudiculaires partout à la 
direction de la pesanteur; elles sont ce qu'on appelle des 
couclies de niveau. 

Lorsque le siphon est placé dans une situation inverse df 
la précédente, c'est-à-dire, ayant sa courbure tournée par en- 
liaut, comme quand on l'emploie à faire passer un fluide d'un 
vase dans un autre, le fluide s'écoule par la branche la plus 
longue , c'est-à-dire, dont l'ouverture est libre et placée plus 
lias que la surface du fluide dans lequel l'autre est plongée. 
Vour se rendre raison de ce phénomène , il sufîit de comparer 
les pressions qui s'exercent dans chaque branche , lorsque par 
la succion, ou autrement, on en a retiré l'air. Le fluide intro- 
duit dans la branche la plus courte, se comportant comme le 
mercure dans le baromètre, éprouve au sommet du siphon 
une pression égale à l'excès du poids de l'air sur celui de la 
colonne môaie de fluide, pression qui n'est balancée dans 
l'autre colonne que par l'excès du poids de l'air sur celui du 
fluide contenu dans celte dernière colonne. Le poids de l'air 
pouvant être regardé comme le même dans chaque colonne , 
lorsque la différence des niveaux est très-pe(i(e, il est visibie 



ib3 pjU 

que, si la seconde colonne est plus longue que la première, la 
pression y sera plus foible que dans celle-ci , et que par consé- 
quent le fluide s'écoulera. 

Les corps plongés dans un fluide y perdent une quantité de 
poids égale à celle du volume de fluide qu'ils déplacent, puis- 
qu'ils éprouvent, de la part du Quide environnant, toutes les 
pressions qu'il exerçoit sur la masse dont ils occupent le lieu. 
C'est là ce qui fait surnager les corps plus légers qu'un pareil 
volume de fluide, et diminue le poids des autres lorsqu'ils 
sont submergés. 

Lesfluides en mouvement exercent contre lessurfaces rigides 
en repos, une impulsion, et celles-ci, lorsqu'elles se meuvent 
dans les autres, éprouvent une résistance dont leslois sont encore 
bien peu connues. On a trouvé, par expérience, que dans les 
mouvemens un peu rapides ces pressions sont, toutes choses 
d'ailleurs égales , proportionnelles au carré de la vitesse rela- 
tive du fluide et de la surface choquée , et seulement à la simple 
vitesse quand les mouvemens sont très-lents : ce qui veut dire 
que l'expression rigoureuse de cette loi est complexe, et que 
l'une de sesparties prévaut dans les mouvemens lents , et l'autre 
dans les mouvemens rapides. 11 est d'ailleurs évident que cette 
pression diminue à mesure que les surfaces qui la reçoivent s'y 
présentent plus obliquement: mais c'est un phénomène très- 
compliqué, qui n'a pas encore été analysé d'une manière assez 
détaillée, pour parvenir jusqu'aux effets élémentaires dont se 
compose l'effet total, lequel, par conséquent, n'a pu être 
soumis au calcul. (Voyez le Bulletin des Sciences, par la So- 
ciété philomathique, tom. III, pag. 161.) 

On n'est pas plus avancé par rapport à la théorie des mou- 
vemens des fluides. L'un des cas les plus simples, l'écoule- 
ment d'un fluide par un orifice percé dans la paroi d'un vase, 
n'a été traité jusqu'ici qu'à l'aide d'une hypothèse qui rend 
les résultats du calcul très-inexacts, en sorte qu'il faut tou- 
jours recourir à l'expérience. On sent bien d'ailleurs que 
lorsqu'un fluide s'écoule par un orifice inférieur, il faut avoir 
égard à la charge, c'est-à-dire, à la hauteur de ce fluide au- 
dessus de l'orifice, et dont la pression contribue à chasser celfji 
qui sort du vase. Quand les fluides sont contenus dans des 
4uyauxtrès-étroits,Ieur écoulement offre des phénomènes donl 



FLU 160 

il sera question à l'article des tubes capillaires. Une des cir- 
constances les plus singulières que présente l'écoulement des 
fluides, est la contraction que la teirae ouïe jet fluide éprouve 
en sortant d'un vase par un orifice percé dans la paroi de ce 
vase , lorsqu'elle est assez mince. Au lieu de remplir la capacité 
de l'orifice, ce jet éprouve un étranglement considérable, et 
paroît se tordre sur lui-même à plusieurs reprises, effet qui 
est dû à la convergence des directions par lesquelles les molé- 
cules du fluide contenu dans le vase tendent vers l'orifice , et 
semblent ensuite s'entrelacer comme les brins dont se compose 
une corde. Il est visible que cette contraction diminue beau- 
coup l'écoulement des fluides ; mais on n'a encore pu en 
apprécier l'effet que par l'expérience. 

Les fluides élastiques, et par conséquent compressibles, 
ont, outre les propriétés que nous venons d'indiquer sommai- 
rement, celle de tendre sans cesse à occuper un plus grand 
espace, en vertu de la force intérieure qui constitue leur 
élasticité. Il suit de là que , renfermés dans des vases, et abs- 
traction faite de la pesanteur, ils exercent contre les parois de 
ces vases une pression qui n'auroit pas lieu de la part de fluides 
non élastiques. Cette pression dépend de la nature propre du 
fluide, de sa densité et de sa température. On voit aussi qu'un 
fluide élastique pesant doit se comprimer lui-même, c'est-à- 
dire que les couches inférieures, chargées du poids des couches 
supérieures, doivent être plus denses que celles-ci. On a rap- 
porté à l'article Air les diverses expériences par lesquelles Ic- 
îasticité de ce fluide a été reconnue-, nous ajouteronsseulement 
ici qu'entre des limites assez resserrées , l'expérience a montré 
que les volumes occupés par la même masse d'air étoienf en 
raison inverse des poids comprimans. Il suit delà que, lors- 
qu'on renferme de l'air ou un gaz quelconque dans un vase, 
quand le baromètre est élevé, le poids de cet air, ou sa 
masse , est plus considérable que celle de l'air qu'on y auroit 
fait entrer si le baromètre eût été plus bas , et par conséquent 
la pression intérieure moindre , la température étant d'ail- 
leurs la même. 

C'est en opérant la dilatation de l'air au moyen du vide 
formé dans le corps de pompe de la machine pneumatique, 
qu'on parvient à porter à un très-haut degré la raréfaction de 



»79 FLU 

l'air dans le récipient ; mais il est aisé de voir qu'on ne sauroî i 
de cette manière arriver à l'épuisement total de l'air, quand 
même la machine seroit parfaite. 

MM. Dalton et Gay-Lussac ont procédé, par des expériences 
très-exactes , à la recherche des lois de la dilatation des fluides 
élastiques par la chaleur. ( Voyez l'article Gaz. ) 

Les changemens de densité que peuvent éprouver les 
fluides élastiques, suffisent pour les mettre en mouvement; 
car leurs molécules se portent toujours de l'endroit où elles 
sont le plus comprimées , vers ceux où la pression est 
moindre. C'est ainsi que l'air froid, étant plus dense, s'intro- 
duit dans les lieux chauds , où il est raréfié , et que l'air chaud 
gagne le haut des appartemens , parce qu'il est, à volume 
égal, plus léger que l'air froid : de là naissent les divers 
courans qu'on observe dans une chambre, et qui ont leurs 
analogues dans notre atmosphère. 

Je n'ai voulu que rappeler ici les propriétés physiques des 
fluides citée» le plus souvent dans les articles de ce Diction- 
naire, établies pour la première fois dans;le Traité de l'Equi- 
libie des liqueurs, par Pascal, et formant aujourd'hui la base 
de ïhj'drostatique, ou science de l'équilibre des fluides, et de 
Vhydrodynarnique , ou science de leur mouvement. Ce n'est 
que beaucoup plus tard qu'on s'est formé des notions exactes 
sur la cause même de la fluidité ; elle est indiquée à l'article 
Corps (t. x, p. 619, art. 5). 

Il faut bien observer que tout ce qui* précède ne se rap- 
porte qu'aux fluides coercibles et pondérables : quant au ca 
lorique, aux ûuides électrique et magnétique, il faut chercher à 
leurs articles respectifs ce que les expériences ont appris sur 
les lois de leur mouvement et de leur équilibre; car, s'ils 
existent, ils paroissent dififérer trop des autres fluides, pour 
ne pas avoir leur théorie à part. Au reste, il faut remarquer 
que toutes les fois qu'on sort de la classe des corps palpables, 
un acquiert une grande liberté pour expliquer les phéno- 
mènes : aussi a-t-on souvent supposé des fluides doués des plus 
merveilleuses propriétés, sans que leur existence fût constatée 
autrement que par la commodité qu'on y trouvoit pour ne pas 
rester court dans l'exposition des faits les plus extraordinaires. 
(L. C.) 



FLU 17» 

FLUIDES. (Chim.) C'est un nom collectif qui comprend les 
liquides et les gaz : il a été souvent employé comme synonyme 
de liquides. (Ch. ) 

FLUIDES AÉRIFORMES ou ÉLASTIQUES ( Chim.) , nom 
générique qui comprend les gaz et les vapeurs. (Ch.) 

FLUIDITÉ. {Chim.) C'est l'état d'agrégation dans lequel se 
trouvent les corps liquides. ( Ch. ) 

FLULUTOIRE. (Omifh.) Voy. Fluteur. (Ch. D.) 
FLUNDRA {Ichthyol.) , un des noms suédois du fiez, pleu- 
ronectesjlesus. Voyez Pi.ie. (H. C. ) 

FLUOR. (C/um.) Autrefois ce nom a été employé, i." comme 
adjectif, pour désigner l'état liquide de certains corps; par 
exemple, on a appelé alcali volatil fluor l'alcali volatil dissous 
dans l'eau; acides Jluors , les acides qui sont ordinairement 
liquides. 

2.° Comme substantif, pour désigner plusieurs substances 
minérales, incombustibles, fusibles, particulièrement le phto- 
rure de calcium. 

Dans ces derniers temps, quelques personnes ont donné le 
nom de fluor au corps simple qui produit, avec l'hydrogène, 
l'acide fluorique, ou plutôt hydrophtorique; mais, pour éviter 
toute erreur dans la nomenclature, nous avons préféré, au 
nom de fluor, celui de phtore , qui n'a pas l'inconvénient 
d'avoir été appliqué à une autre substance qu'à celle qu'il 
désigne. (Ch. 

FLUOR FARNIEUX (Min.), Fluor farniosus , Bibl. Bank. 
On a réuni sous cette dénomination générale, et par oppo- 
sition avec la'jluor sputhosus, chaux flualée , les variétés ter- 
reuses de la Chaux phosphatée. Voy. ce mot, t. viii, p. 32 2. (B.) 
FLUORIQUE [Acide.] {Chim.) C'est l'acide hydrophtorique. 
(Ch.) 

FLUSHER. {Ornith.) Les habitans de la province d'Yorck, 
en Angleterre, nomment ainsi Fécorcheur, lanius collurio , 
Linn. (Ch. D.) 

FLUSTRE, Flustra. {Pofyp.) Genre de polypes et de polypiers 
établi depuis fort long-temps par Pall.ns, sous le nom d'eschara , 
adopté sous cette dénomination par Bruguières , quoique Lin- 
naeus , on ne sait trop pourquoi, l'ait changée en celle de 
flustre , que MM. de Lamarck, Bosc. I,amouroiix ont successî- 



FLU 

vemcnt admise. Les caractères de ce genre peuvent être ainsi 
définis: Polypes pourvus autour de la bouche de douze tenta- 
cules simples, et dont le corps, fort court, est contenu dans 
des cellules peu profondes, à ouverture subterminale, souvent 
dentée, se réunissant les unes contre les autres dans un ordre 
symétrique, S'irun ou deux plans adossés, et dont la réunion 
forme un po'ypier corné, ou presque membraneux, fixé eu 
forme de croûte ou de lobes frondescens à la surface des corps 
sous-marins. 

C'est à Spallanzani que nous devons les observations les plus 
exactes sur ces animaux , quoique la découverte en soit réelle- 
ment due à Peyssonell, Jussieu, Lœffling, Ellis. On trouve, en 
effet, dans son Voyage dans les Deux-Siciles, pag. i83, tom. 4 
de la traduction françoise, quelques faits fort curieux, non pas 
seulement sur leur forme, mais encore sur la manière dont ils 
croissent ; ce qui tendroit à faire croire que ce qu'on nomme le 
polype ou la cellule fait réellement partie de l'animal. Celui-ci 
ne peukt mieux être comparé, pour la forme générale, qu'à 
«ne sorte de petit calice porté sur un assez long pédicule beau- 
coup plus étroit, adhérent par son extrémité au fond de la 
loge qui renferme l'animal. L'espèce de calice qui forme ce 
corps a son bord entouré de douze tentacules bien symétrique- 
ment disposés et simples, c'est-à-dire, non pinnés. C'est au 
milieu que se trouve l'orifice buccal. Il paroît que le canal in- 
testinal se prolonge dans le pédicule ^ car Spallanzani parle 
d'une sorte de vaisseau qui le traverse, et dans lequel on voit 
ïin mouvement continuel, et alternativement montant et des- 
cendant, d'un fluide qui le remplit. L'animal peutsortir presque 
tout entier de sa cellule, lorsqu'il se trouve dans des circons- 
tances favorables, surtout pour saisir les corps qui doivent 
lui servir de nourriture. Quoiqu'il y ait adhérence organique 
de l'extrémité postérieure du polype avec la loge qui le con- 
tient, il ne paroît cependant pas qu'il y ait réellement com- 
munauté de vie entre les individus du polypier, comme cela 
a lieu dans les véritables zoophytes ; aussi , ce qu'on nomme le 
polypier dans les flustres ne semble-t-il n'être qu'un plus ou 
moins grand nombre de cellules calcareo - membraneuses , 
appliquées ou collées les unes contre les autres, et disposées 
suivant un ordre qui paroît ccnsiaîtt. Quelquefois les petites 



FLU ,75 

loges ne forment qu'une seule couche qui s'applique en forme 
de croûte sur les corps sous-marins; d'autres lois il se forme, 
pour ainsi dire, une sorte de pli ou de pincement à la surface 
de cette couche, et il en résulte une expansion plus ou moins 
élevée, quelquefois lobée, branchue ou divisée, mais toujours 
aplatie, qui est formée de deux couches de cellules appli- 
quées dos à dos. Ce que les cellules des flustres offrent de 
remarquable, c'est que leur orifice n'est pas au milieu, mais 
le plus souvent près d'une extrémité , qu'elle est comme 
oblique, et quelquefois comme bilabiée. Il paroît égalcmeut 
certain que quelques espèces offrent deux ouvertures; ce qui 
pourroit faire croire que le canal intestinal de l'animal en a 
autant, et que, par conséquent, il doit être placé plus haut que 
les véritables polypes, et peut être rapproché des animaux 
qu'on a nommés alcyons à double ouverture, c'est-à-dire des 
ascidies, ce qui est encore au moins fort hasardé. Nous devons 
encore à Spallanzani l'observation de la multiplication de Cis 
petits animaux : elle est tellement prompte, qu'on peut voir 
en assez peu de temps une suite nombreuse de générations. 
C'est seulement sur les bords ou à la circonférence du poly- 
pier que se fait l'accroissement. On voit, dit Spallanzani, 
comme pousser de ce bord de petites vésicules d'abord entière- 
ment closes, et rejetées très-probablement par l'animal voisin; 
elles s'accroissent peu à peu, se gonflent, prennent l'aspect 
d'une cellule-, et enfin on voit se former un orifice d'où sort le 
polype qui existoit préalablement dans la cellule, et dont on 
pouvoit voir aisément les mouvemensà travers sa paroi presque 
transparente. Au bout depeu de temps , c'est-à-dire de quelques 
heures seulement, les polypes développés produisent de nou- 
veaux œufs, et ainsi successivement, en sorte que lesgénératioiis 
semblent se hâter de se succéder sous les yeux même de l'obser- 
vateur. D'après cela, il paroît que dans un polypier de llustre 
il n'y a d'individus vivans que ceux qui approchent des bords, 
et que les autres ne sont que réduits à la cellule sans véritable 
habitant. 11 semble réellement que ces petits animaux ne sont 
que des œufs qui conservent toute leur vie leur enveloppe, soit 
fermée, soit ouverte. 

On trouve des flustres dans toutes les mers et à toutes les 
profondeurs, encroûtant les corps sous-marins de toute nature, 



'74 FLU 

mais surtout les thalassiophyles, ou s'éievantà une hauteur qui 
excède rarement dix centimètres. Il paroît qu'il en existoit 
aussi dans les mers qui ont anciennement couvert nos conti- 
nens , puisqu'on en trouve plusieurs à l'état fossile dans les 
terrains antérieurs à la craie, et dans celle-ci môme. 

On ne connoit aucun usage aux flustres. Olafsen etPolvesen 
disent bien, dans leur Voyage en Islande, que les habitans de 
cette île se servent d'une espèce d'eschare,pourc/if^uer, en place 
de tabac ; mais il est fort douteux que ce soit une véritable 
«schare. 

Les espèces de flustres sont au nombre detrente-cinqsuivant 
M. Lamouroux-, M. de Lamarck n'en compte que onze, regar- 
dant, à ce qu'il paroît, comme douteuses celles que M. Desma- 
rets et Lesueur ont décrites à l'état fossile. 

A. Espèces relevées et foliacées à deux couches de cellules. 

1 . La Fr.usTRE foliacée : Fluslra foliacea , Linn. ; EUis , Corail. , 
t. 2 9,fig. a, A, B, c, F. Espèce grande , frondescente : les expan- 
sions divisées à l'extrémité en lobes cunéiformes, arrondis au 
sommet; bords des cellules pourvus de quatre ou cinq épines 
courtes. 

Cette espèce, qui se trouve très-communément dans toutes 
les mers d'Europe, est celle dont on a le mieux observé les 
animaux. 

2 . La Flustretronquée : Fluslratruncata, Linn. ; Ellis , Corail., 
t. 28, fig. a, A, B. Plus petite et à divisions des expansions plus 
étroites et plus tronquées que la précédente, dont elle est du 
reste fort rapprochée. Elle vient des mêmes mers. Ses cellules 
sont très-longues. 

3. La Flustre pyriforme : Flustra pyriformis, Lmx. , Polyp. 
flex.jpl. 1, fig. h, a, B. Foliacée: dichotome; àsommets tronqués; 
cellules pyri formes, très-aiguës inférieurement. Mers dcTAus- 
tralasie, d'où elle a été rapportée par MM. Peron et Lesueur. 

4. La Flustre céranoïde: Flustra ceranoides, Lmx. Florides- 
cente ; dichotome; à sommets bifides et obtus à l'extrémité : 
cellules alongées, à orifice presque linéaire, à rebord con- 
tourné. 

5. La Flûstre cartonkière : Fluslra chartacea , Ellis etSoland. , 
pi. B, II; h.; Flustra papjracea. Gmel. Foliacée j les digitations 



FLU 173 

tronquées au sommet en forme de hache-, cellules courtes. 
Côtes de France et d'Angleterre. 

B. Espèces relevées et foliacées à une seule couche de cellules. 

6. La Flustre bombycine ; Flustra bombycina, Guiel., d'après 
Ellis et Soland. Frondescente; les expansions obtuses, dichu- 
tomes, Irichotomes, serrées, formant une sorte de touffe, et 
composées d'une seule couche de cellules qui sont mutiques 
et à orifice étroit en croissant. Des mers d'Europe et de celle» 
des Indes orientales et occidentales. 

7. La Flustre carbasséb : Flustra carbasea, Gmel.; Ellis et 
Soland., p. 14, t. 6 , fig. 6-7.Très-rapprochée de la précédente 
dont elle ne diffère guère que parce que les cellules sont 
oblongues-ovales, les orifices très-petits, non en croissant. 
Mers du Nord, M. de Laioarck donne à cette espèce le nom 
françois d« Fldstre voile. 

8. La Flustre A lobes étroits -.Flustra angustilola , Lmk.; Ellis, 
Corail., tab. 38, fig. 7. Petite espèce très-délicate, dichotome, 
à découpures très-étroites et linéaires , ne portant que d'un seul 
côté des cellules granifères. Des mers d'Europe. 

g. La Flustre pierreuse : Flustra folia petrea, Lmx. Foliacée, 
flabelliforme, prolifère, à sommets arrondis; cellules alternes, 
couvertes de papilles situées sur deux lignes, et opposées. 5ur 
les thalassiophytes de l'Australasie. 

10. La Flustre frondiculeuse : Flustra frondiculosa, Gmel.; 
Séba, Thés., 111, tab. 9C, fig. 6. Arborescente, à divisions 
obtuses, trichotomes, ramassées; cellules les unes au-dessus des 
autres, et d'un seul côté. Océan indien. 

C. Espèces arborescentes et spongieuses. 

11. La Flustre HISPIDE: Flustra hispida, Pall. Arborescente, 
spongieuse; à divisions rameuses, hérissées et entourées de 
poils. 

Cette espèce, de la Méditerranée , paroît être fort rare, et 
n'être connue que par ce qu'en dit Pallas. 

12. La Flustre spongiforme : Flustra spongiformis , Lmck. ; 
Flustra frondosa? Esp. , Suppl. , 2, tab. 8. Espèce rameuse, 
spongieuse , à lobes aplatis , cunéiformes , obtus; cellules oblon- 
gues, couvertes d'une croûte poreuse, percées au sommet. 



^76 FLU 

Cette espèce, fort singulière , de quatre à cinq centimètres 
de haut, se trouve dans la collection de M. de Lamarck, et il 
eu ignore la patrie. Diffère-t-elle beaucoup de la précédente ? 
D. Espèces suhfrondescentes. 

i3. La Flustre a^elue: Frustra pilosa, Gmel.; EUis, Corail., 
p. 88, tab. 3i , fig. a, A, b. Espèce souvent encroûtante, et 
quelquefois un peu subfrondescente, et subdivisée d'une ma- 
nière variable; l'ouverture des cellules dentée, et pourvue à 
son bord inférieur d'une ou plusieurs dents sétacées, ce qui 
rend cette espèce très-velue et comme tomenteuse. 

Très-commune dans les mers d'Europe, où elle recouvre ordi- 
nairement les thalassiophyles, mais sans y adhérer réellement. 

Moll en décrit trois variétés d'après le nombre des dents de 
l'ouverture. 

14. La Flustre verticillée : Flustra verticillata , Soland. et Ellis, 
p. 1 5 , t. 4 , fig. a. Adhérente , souvent frondescente ; les frondes 
linéaires subcomprimées; cellules tLirbinées, ciliées, dentées 
à leur bord , et disposées par anneaux. Commune dansles mers 
d'Europe, et voisine de la jQustre velue. 

i5. La FiusTRE PAPYRACÉB : Flustru papjTacea, Gmel.; Moll, 
Esch., fig. VIII, A, B, C. Espèce crustacée frondescente, à divi- 
sions cunéiformes multifides, composée d'une seule couche de 
cellules rhomboïdes oblongues , en forme de masque au sommet. 
Méditerranée. 

16. La Flustre dentée: Flustra dentala, Gmel.; Ellis, Corail. , 
p. 8g , tab. 29 , fig. C, D, D, 1. Encroûtante, quelquefois sub- 
foliacée, lapidescente; à cellules presque ovales, luisantes et 
multidentées sur leur boi-d qui est ovale et rarement pilifère. 

Mers d'Europe; enveloppant la tige des fucus. 
E. Espèces encroûtantes et ern'eloppantes, 

17. La Flustre TOMENTEUSE; FZus/ra fomefxiosa, Gmel.; Mull., 
Zool. Dan., p. 24, tab. 96, fig. 1-2. Tomenteuse , molle, velue, 
à cellules à peine visibles, formant des croûtes plus ou moins 
étendues à la surface des thalassiophytes et dessertulariées. Des 
mers d'Europe. 

18. La Flustre linéaire: Flustra lineata, Gmel.; Esper. , 
Zooph., tab. 6, fig. 1-2. Encroûtante : cellules situées sur des 
lignes transversales et obliques. Mers d'Europe. 



FLU 177 

53. La Flustre membraneuse : Flustra memlranacea, Lînn.- 
MuU,, Zool. Dan.^ p. 63, tab. 117, fig. 1-2. Encroûtante, et 
formant comme une toile mince, composée d'un réseau fin à 
mailles ou cellules oblongucs, quadrangulaires, à ouverture 
presque nue; à la surface des fucus. Mers d'Europe. 

Il est extrêmement probable qu'il faut rapporter à cette 
espèce la flustre toile-de-mer, Jlustra telacea de M. de La- 
marck. 

20. La Flustre perlée : Flustra haccata, Lmx. Encroûtante; à 
cellules alongées, gibbeuses, dont l'ouverture est très-petite. 

Elle recouvre qiielquefois la surface inférieure tout entière 
des padinas. De l'Australasie et des Antilles. 

21. La Flustre concentrique: Flustra concenfrica , Lmx. 
Encroûtante et formée.de cellules disposées en lignes coiirbcs, 
concentriques , dont l'ouverture est petite , irrégulière , 
arrondie. 

Fucus de l'Australasie. 

2j. La Flustre TUBULEUSE : F/ws/ra tuhulosa, Bose, p. 118, 
fab. 3o, fig. 2. Encroûtante; cellules simples, ovales-oblonguçs 
cisaillantes; ouverture marginée et presque pentagone. 

Sur le fucus natans. 

20. La Flustre dents épaisses: Flustra crassidentala, Lrack. Es- 
pèce crustacée, lapidescente, glabre; les cellules ovales , dont 
le bord épais est muni de deux ou quatre dents courtes , 
épaisses et obtuses. 

Mer de la Guiane, sur des fucus. 

24. La Flustre carrée : Flustra cjuadrata, Desm. et Lesueur. 
Encroûtante; cellules formant un carré long, régulier, abords 
unis. 

Sur le fucus pyriferus, Linn. MM. Desmarets et Lesueur ont 
trouvé cette espèce fossile dans les environs de Paris, 

2 5. La Flustre triacanthe: Flustra triacantha , Lmx. Encroû- 
tante; cellules rondes-ovales, avec deux épines latérales dans 
la partie supérieure, et une à l'inférieure. 

ïhalassiophyt(s de l'Australasie. 

26. La Flustre a plusieurs dents : Flustra multidenta, Lmx. 
Encroûtante; cellules larges, presque rondes; ouverture garnie 
de plusieurs dents longues et inégales. 

Des mPmes mers, 

i-j. 12 



,73 FLU 

27. La FLi;iTR£ ériophore : Flustra eriophora, Lmx., pi. 1 . 
fi"'. 5, a, B. Encroûtante; cellules très-petites, alternes, arron- 
dies au sommet , et couvertes rie poils inégaux et nombreux. 

Des mêmes mers. 

28. La Flustre mamiu-aire: Flustra mamillaris , Lmx., pi. 1 , 
fiff. 6,a, B. Cellules presque planes, avec deux mamelons obtus 
aux côtés de l'ouverture ; de couleur brune. 

Sur ]ezosteraaustralis de l'Australasie. 

2<). La Flustre hérissée: Flustra hirta, Fab. ; Flustra hispida , 
Gmel. Encroûtante, coriace, plane; cellules écartées, resser- 
rées et ciliées. 

Mers du Groenland. 

5o. La Flustre a une seule dent : Flustra unidentafa, Lmx. En- 
croûtante; cellules cylindriques, longues, larges, disposées par 
séries transversales ou longitudinales; ouverture aussi grande 
que la cellule, avec une large dent sur un côté de la buse. 

De l'Australasie. 

3i.La Flustre d'Italie: Flustra italica, Lmx.; Spallanz., 
Voyag. , t. 4, p. i85, tig. 9. Encroûtante, membraneuse-, cel- 
lules ovales, presque comprimées ;ouverture très-petite, située 
au semmet. 

Détroit de Messine. 

02. LaFLUSïRE ARBNACÉE:F/i/5fra arenacea, Gmel. ;E11., Cor., 
p. 89, tab. 25, fig. e. Crustacée, friable, jaunâtre; cellules 
simples, presque en échiquier. 

Cette singulière espèce , que l'on trouve dans toutes les mers 
d'Europe, et qui consiste en un certain nombre de cellules 
assez mal formées, a la surface d'une couche de sable, est-elle 
bien réellement une espèce de flustre P C'est ce qui est fort 
douteux; aussi M. Boys, Trans. Linn., tom. 5, p. 200, tab. 10, 
pense-t-il que ce n'est autre chose que les nids de quelque 
animal marin, ou des ovaires. 

53. La Flustre déprimée: F/u5tra deprewa, MoU, Esch., p. C9 , 
fig. 8 1 , A, B. Crustacée , lapidescente , à cellules ovales , alternes, 
horizontales, finement ponctuées, planes, divisées également, 
transversalement; ouverture semi-lunaire, fermée par une 
petite valve roussàtre. 

De la mer Adriatique. 

34. La Flustre paiellaire; Flustra patellaria, Moll , Esch., 



F LU J79 

p.'GS, fig. xx.Crustacée, lapidescerite; à cellules ovales, planes 
antérieureiçcnt, convexes postérieurement, presque isolées, 
ne se touchant en partie que par le bord, horizon taies, presque 
alternes, à orifice fermé par une petite membrane plus que 
Sfnii-ciroulaire. 

De la Méditerranée. 

35. La Fli^stre aplatie : Flustra planata, Moll, Esch., p. 67, 
fig. XIX. Crustacée, lapidescente ; à cellules ovales, alternes, 
planes, éloignées les unes des autres, bordées et fermée'i par 
une petite membrane 5 une sorte de petit casque lisse au som- 
met des cellules. 

Même mer. • 

Sur ces deux espèces M. Laraouroux fait l'observation que, 
les cellules étant presque pédicellées, on devra en former un 
petit genre que l'on pourroit, dit-il, nommer Mo/Zia, du nom 
de l'auteur qui les a fait connoître. Mais ne pourroit-on pas 
encore, avec plus de raison, les regarder comme des œufs de 
mollusques? Leur séparation plus ou moins complète, le pédi- 
cule qui les porte , ne sembleroient-ils pas le faire croire? En 
.général , il nous paroît fort probable qu'un assez grand nombre 
des espèces établies par M. Lamouroux sur des corps rapportés 
des mers de l'Austraiasie par MM. Peron et Lesueur, ne sont 
que des œufs de mollusques : aussi M. de Lamarck, qui a été 
cependant sans doute à portée de les observer, n'en dit-il 
absolument rien. (De B.) 

FLUSTRE. {Foss.) Les flustres à expansions foliacées, non 
encroûtantes, étant souvent flexibles, et peu ou point pier- 
reuses, se montrent rarement à l'état fossile. Il n'en est pas de 
même de celles qui ont la faculté de s'étendre et de s'attacher 
sur les corps, en ne formant des cellules que sur un seul plan. 
On les trouve assez communément sur les fossiles dépendant 
des différentes couches , et surtout des moins anciennes. 
Voici quelques unes des espèces qui ont été remarquées. 

Fx-usTRE A CELLULES CARRÉES 5 Flustra quadruta, Desm. et Le- 
sueur, Bulletin des Se, 1814, pi. 2 , fig. 10. Polypier incrus- 
tant, formant des expansions régulièrement radiées, à cel- 
lulesparallélogrammiques. Cette flustre a été fixé' sur un moule 
intérieur de coquille bivalve, dont on ignore la localité, et 
qui fait partie de la collection de M. de Drée. La dispositiou 

12. 



iSo FLU 

des cellules, dont on ne voit que le dessous, est tellement 
remarquable qu'elle suflit pour distinguer celte espèce. 

FiUSTRE A RÉSEAU ; Tluslra reticulala , Desm. et Lesueur, loc. 
cit., f]g. 4. Polypier frondescent, un peu épais, portant sur 
deux plans des cellules ovales-alongées , à cloisons tressail- 
lantes, ayant une ouverture transversale. Cette espèce a été 
trouvée aux environs de Valognes, département de la Manche, 
avec des baculites et des bélemnitcs. 

Flustre bifurquée; FlusLra bifurcata, Desm. et Lesueur, loc. 
cit., fig. 6. Polypier libre, à expansions dichotomes , bifur- 
quées aux extrémités, et garni de cellules hexagonales sur les 
deux faces. Il est voisin de la /lustra truncata dEllis. On le 
trouve à Grignon dans un banc calcaire tendre, appartenant 
aux couches moyennes de la formation du calcaire à cérites. 

Fllistre mosaïque; Flustra tessellata, Desm. et Lesueur, /oc. 
cit., iig. 2. Polypier incrustant , à cloisons arrondies antérieu- 
rement; ouverture en avant , petite, presque ronde; surface 
plane. On le trouve sur les oursins et sur les bélemnites de la 
couche de craie de Meiidon près de Paris. 

Flustrè épaisse-, Flustra crassa, Desm. et Lesueur, loc. cit., 
fig. 1. Polypier incrustant, épais, à cellules très-courtes, à 
ouverture large et en croissant. On le trouve à Grignon. 

Flustke crétacée; Flustra cretacea , Desm. et Lesueur, loc. 
cit., fig. 5. Polypier épais, incrustant, à loges ovales-alongées, 
sans doute pourvues d'un tympan membraneux dans Pétatde 
vie , mais qui en sont dépourvues à l'élut fossile. Celte espèce 
«e trouve sur une coquille fossile du Plaisantin, analogue au 
murex tritonis de nos mers. 

Flustre de Gerville; Flustra Gervilii , Def. Polypier incrus- 
tant, à cellules rhomboïdalcs ; ouverture très-petite, portée 
sur une petite éminence à l'un des bouts de chaque cellule. 
Il recouvre en grande partie une huître fossile, de Haute- 
ville, département de la Manche, et il est parfaitement con- 
servé. 

Flustre ancienne ; Flustra antiqua , Def. Polypier incrustant, 
à cellules oblongues, et fixe sur le moule intérieur d'une co- 
quille bivalve , trouvée dans le Jura. Il est assez remarquable 
que la coquille qui a servi à former ce moule intérieur a dis- 
paru , et que la flustre qui tapissoit son intérieur n'a point 



FLU 181 

été dissoute, en sorte que les cellules présentent leur partie in- 
férieure , et qu'où ne peut connoître leur ouverture ni leur 
forme supérieure. 

Flustre a petite ouverture; Flustra microstoma, Desm. et 
Lesueur, loc. cit. fig. g. Polypier peu épais, incrustant, à cellules 
ovales, légèrement bombées, avec une ouverture ronde , très- 
petite au milieu. Il se montre presque toujours dépourvu de 
la partie supérieure des cellules , dont il ne reste que les cloi- 
sons. On le trouve sur les grandes huîtres fossiles de Sceaux 
et des environs de Paris, qtii appartiennent à la formation 
marine supérieure à celle des gypses de ces environs. 

Les six dernières espèces se trouvent dans ma collection. 
(D.F.) 

FLUSTRÉES, Flustreœ (Polyp.). Nom d'ordre employé par 
M. Lamouroux, dans son ouvrage sur les polypiers flexibles, 
pour désigner les polypiers membrano-calcaires, phytoïdes ou 
formant des expansions plus ou moins étendues, couvertes de 
cellules sans communications entre elles, et dont l'ouverture, 
quelquefois double, est au sommet ou près du sommet : les 
polypes sont, par conséquent, isolés. Cette section ne com- 
prend , pour M. Lamouroux, que deux genres : les Cellépores 
et les Flustrës. Voyez ces mots. (De B.) 

FLUTE {Icluhyol.) , un des noms vulgaires de la murène 
hclène. Voyez Murène. (H. C.) 

FLUTE DU SOLEIL. {Ornith.) Traduction françoise de la 
dénomination espagnole Jlau ta del sol, qui correspond aux 
termes curahi-remembi, par lesquels les Guaranis désignent 
l'espèce de héron dont M. d'Azara donne la description, sous 
le n.° 356, dans son Ornithologie du Paraguay. Cet oiseau pa- 
roît être le même que le héron à tête bleue , de Molina, Hist. 
nat. du Chili , p. 2 14, ardea cyanocephala, Lath. (Ch. D. ) 

FLUTEAU {Bot.), Alisma, Linn. Genre de plantes monoco- 
tylédones, de la famille des alismacées, Juss. , et de Vhexandrie 
polygjnie, Linn., dont les principaux caractères sont les sui- 
Vans : Un calice de trois folioles ovales, persistantes; trois 
pétales arrondis, planes, et plus grands que le calice; six éta- 
mines , et quelquefois plus ; plusieurs ovaires supérieurs , à 
style simple et à stigmate obtus ; plusieurs capsules mono- 
spermes, indéhiscentes, ramassées en tête. 



i«2 FLU 

Les fluteaux sont des herbes aquatiques, à feuilles simples, 
souvent toutes radicales: à fleurs le plus ordinairement verti- 
cillées , formant une ombelle , ou une panicule. On en compte 
neuf espèces, dont cinq croissent naturellement en France. 

Fluteau plantaginé, vulgairement Plantain d'eau, Plantain 
aquatique; Alisma plantago , Linn., Spec, 486; Plantago aqiia- 
:iica, Fuchs. , Hist. , 42. Ses racines sont vivaces, formées de 
fibres nombreuses : elles donnent naissance à «ne tige cylin- 
drique , glabre comme toute la plante, .simple dans sa partie 
inférieure, rameuse dans la supérieure, haule de deux à trois 
pieds, entourée à sa base par un faisceau de feuilles cordi- 
formes, aiguës, longues de quatre à six pouces, larges de trois 
à quatre, d'un vert gai, et portées sur des pétioles de près 
d'un pied de longueur, engaînans à leur base. -Les fleurs sont 
blanches, ou légèrement purpurines, larges de trois à quatre 
lignes, portées sur des pédoncules inégaux, grêles , etdisposées 
par verticilles sur les divisions de la partie supérieure de la 
tige , qui se ramifie deux à trois fois. 

Cette plante se trouve communément en Europe, sur les 
bords des étangs et des ruisseaux, où elle fleurit en juin, 
ijuillet et août. Elle a une variété qui se distingue facilement 
à ses tiges et à ses feuilles moitié plus petites, et à ce que 
ces dernières sont lancéolées, larges seulement de neuf àdouze 
lignes, sur trois à quatre pouces de longueur. 

Le fluteau plantaginé passe pour avoir beaucoup d'à- 
crelé, et pour être capable de faire périr les bestiaux qui le 
broutent. Il y a deux ans que plusieurs journaux françois ont 
répété une note extraite des journaux de Saint-Pétersbourg, 
d'après laquelle ou présentoit la racine de cette plante comme 
.un spécifique contre la rage. Selon l'auteur de cette note, 
depuis vingt-cinq ans qu'on en fait usage dans le gouvernement 
deTula, soit pour les hommes, soit pour les animaux, on ne l'a 
jamais vue manquer de produire d'heureux elfets. La manière 
d'administrer cette racine est fort simple; elle consiste a. la 
donner lorsqu'elle est sèche et /éduife en poudre, en en sau- 
poudrant uiie tartine de pain et de beurre qu'on fait manger 
aux malades. D'après le même , il ne faut le plus ordinairement 
que réitérer deux à trois fois la même chose pour guérir l'hy- 
drophebie déjà déclarée. Mais, avant d'aionfer loi à celli? 



FLU i83 

propriété du plnntain d'eau, qui serolt si précieuse, il faut 
que des expériences positives, faites avec discernement et 
impartialité, nous mettent à même de juger de la valeur de ce 
nouveau remède-, car combien d'autres moyens préconisés 
pendant quelque temps comme ayant de semblables vertus, 
retombés dans l'oubli dès qu'on les a soumis à des observations 
exactes et rigoureuses qui ont bientôt démontré leur nullité 
absolue? 

Fldteau renonculoïde : Alisma ranitnciiloides , Linn., Spec, 
/i8j;Flor.Dan., t. 1 22. Les tiges de cette espèce sont redressées 
ou inclinées, longues de quatre ou six pouces: elles se terminent 
par quatre à dix fleurs d'un pourpre très-clair, pédonculécs, 
larges d'environ sixlignes, disposées en une ombelle simple , ou 
qui est quelquefois surmontée d'une seconde. Les feuilles sont 
radicales, étroites, lancéolées, pétiolées, nn peu pins courtes 
que les tiges. Les capsules sont très-nombreuses et ramassées en 
tête arrondie. Cette plante croitsur les bords des étangs etdans 
les lieux marécageux, où on la trouve en fleurs pendant une 
grande partie de l'été. 

Fldteau ramïwst: ; A lismarepens , Lamk., Dict.Enc. , 2, p. 5i 5. 
Cette espère a de si grands rapports avec la précédente, qu'on 
pourroit croire qu'elle n'en est qu'une variété; cependant elle 
en diffère, parce qu'elle est vivace et non annuelle, parce 
qu'elle est moitié plus petite dans toutes ses parties, excepté 
dans ses fleurs, qui sont au contraire plus grandes, et qui ne 
sont que deux à trois ensemble. Elle croit dans les lieux où 
l'eau a séjourné l'hiver, dans le midi de la Finance et en Bar- 
barie. 

Fluteau sVBVi.É; Alisma suhulata, Linn., Spcc, 487. Espèce 
encore peu connue , naturelle à la Virginie, et qui cet carac- 
térisée par sa petitesse et par ses feuilles en alêue. 

Fluteau a feuilles de parnassie-, Aliswa parnassifolia, Linn., 
Mant., 571. Cette plante aie port du fluteau plantaginé, mais 
elle s'en distingue parce qu'elle est plus petite, parce que ses 
ftMiilles cordiformes, larges d'un pouce au plus, munies de cinq 
à sept nervures convergentes, sont portées sur des pétioles 
articulés, ctparce queses capsules ont àleurcôté interne un 
prolongement en forme d'arétc. Elle croit en Dauphiné, sur 
le bord des étants et dans les mi'.rais. 



i84 FLU 

Fr-UTEAU A FEUILLES EN CŒUK ; AUsma cordifolia, Linn. , Spec.^ 
487. La tige de cette espèce s'élève à peu près à I;i même hau- 
teur, et se ramifie de la même manière que celle du fluteau 
plantaginé ; mais ses feuillessont en cœur, obtuses à leursommet, 
et les Heurs ont douze étamines. Cette plants croît en Amérique. 
Fluteau a fleurs jaunfs; Alismajlava , Linn., Spec, 486. Ses 
feuilles sont ovales, longues d'environ six pouces, molles, 
glabres, d'un beau vert, portées sur des pétioles beaucoup 
plus longs qu'elles, épais, anguleux à leur partie antérieure. 
Lts tiges sont nues, simples, hautes d'environ deux pieds, ter- 
minées par plusieurs Heurs jaunes, larges de plus d'un pouce, 
portées sur des pédoncules épaissis à leur sommet, et disposées 
en une ombelle simple; leurs étamines sont nombreuses, mais , 
par exception au caractère du genre, l'ovaire est unique, et 
il se change en une capsule globuleuse, divisée en dix loges, 
renfermant des graines réniformes , roussàtres et velues. 
Cette plante croît à Saint-Domingue le long des ruisseaux. 

Fluïeau a feuilles sagittkes ; AUsma sagittifolia , Willd., 
Spec, 2 , pag. 277. Ses feuilles sont ovales, prolongées à leur 
base en deux lobes aigus, ce qui leur donne un peu la forme 
d'un fer de flèche. La tige , plus courte que les feuilles , porte 
à son extrémité des fleurs verticillées, accompagnées de brac- 
tées lancéolées. Cette plante croît en Guinée. 

Fluteau nageant-, AUsma natans , Linn., Spec, /i^j. Cette 
espèce est bien caractérisée par ses feuilles radicales, nom- 
breuses, linéaires, très-longues y graminiformes; par ses tiges 
filiformes, flottantes dans l'eau, ou, lorsqu'elles touchent la 
terre, prenant racine à leurs nœuds supérieurs qui sont munis 
de feuilles alternes, pétiolées, nageantes à la surface de l'eau. 
Les fleurs sont blanches, larges de six à sept lignes, portées 
sur des pédoncules grêles . solitaires , ou deux à trois ensemble 
dans les aisselles des feuilles caulinaires. Ce fluteau croît dans 
les étangs, où il fleurit en juin et juillet. Il est annuel. (L. D.) 
FLUTEUR. (Ornith.) Ce nom vulgaire de l'alouette cuje'ier 
ou lu!u , alauda arborea et n^emorosa, Linn. et Gmel., se donne 
également au bouvreuil, à un gros-bec , à un merle d'Afrique. 
On appelle aussi l'alouette cu}e\ier JluUitoire. (Ch. D.) 

FLUTEUSE {Erpétol.)*, nom vulgaire d'une espèce de 
Raine. Voyez ce mot, (H. C.) 



FLY i85 

FLUVIALES. (Bot.) Quelques auteurs modernes donnent ce 
nom à la famille de plantes antérieurement désignée sous 
celui de naïades. (J.) 

FLUVIALIS. (Bot.) La plante que Vaillaut et Micheli nom- 
moient ainsi , est maintenant le naias de Linnœus. (J.) 

FLUVIATILES [Plantes]. (Bot.) Les plantes aquatiques ne 
croissent pas indifféremment dans toutes les eaux. Les mers, 
les lacs, les marécages, les fontaines, les rivières ont leurs 
plantes particulières. On nomme fluviatiies celles qui croissent 
dans les eaux courantes [potamogeton lucens, ranunciilus aqua- 
lilis, etc.). (Mass.) 

FLUX. ( Phys. ) C'est la marée montante. Voyez Marées, 
(L.C.) 

FLUX BLANC. (Chirn.) C'est un mélange de parties égales 
de nitrate de potasse et de lartre , que l'on a fait détoner. Dans 
celte détonation Toxigène de l'acide nitrique se porte sur le 
carbone et l'hydrogène de l'acide tartarique, et une portion 
d'acide carbonique forme un sous- carbonate avec la potasse 
qui étoit unie aux acides tartarique et nitrique. Il arrive 
presque toujours que ce sous-carbonate retient un peu de ni- 
trate ou de nitrite. Le flux blanc est employé pour faciliter la 
fusion de plusieurs mines dans les essais docimastiques. (Ch.) 

FLUX CRU. (Chim.) On donne ce nom à tout mélange 
de tartre et de nitre , tant qu'on ne l'a pas fait détoner pour 
en faire un flux. (Ch.) 

FLUX NOIR ou RÉDUCTIF. (Chim.) C'est le résultat de la 
détonation d'un mélange de 2 parties de tartre et d'une partie 
de nitrate de potasse. 11 ne diff'ère du flux blanc qu'en ce qu'il 
contient du charbon. Il agit par son alcali dans les essais doci- 
mastiques , en facilitant la fusion, et par son charbon, en 
prévenant l'oxidation de certains métaux, ou bien en leur 
enlevant l'oxigène auquel ils pourroient être unis. (Ch.) 

FLY-CATCHER. (Ornith.) Ce mot anglois, qui correspond 
à gobe-mouches, est appliqué par Edwards et par Castesby, 
avec diverses épithètes, à des oiseaux de plusieurs genres, 
tels que ceux qui, dans Buffon , portent les dénominations 
de moucherolle de Virginie à huppe verte , de gobe-mouches 
olive ^ dt Jiguier vert et jaune, de guit-guit vert et bleu à gor^e 
blanche, detodierde l'Amérique rruéridionale ou tic-tic, (Ch.D.) 



3 86 POE 

FLYDRA (IchtliYoL), nom islandois du IYétan. Voyez ce 
mot. (H.C.) 

FLYGANDE FISK (Ichtlifol.) , nom que l'on donne en 
Suède au dactyloptère pirapèbe. Voyez Dactyloptère. (H.C.) 

FLYGFISK {Ichthj'ol.) , nom que Ton donne en Suède à 
l'exocet volant, exocœtus volitans. Voyez Exocet. (H..C.) 

FLYNDRE (Ichthyol.) , nom vulgaire d'un pleuronecte , 
pleuronectes platessoides. Voyez Plie. ( H. C.) 

FLYVFLSKEN (Ichtlijol.) ^ nom parlequel, enDanemarck , 
on désigne l'exocet volant. Voyez Exocet. (H. C.) 

FNEMP (Bot.), un des noms japonois de l'oranger, cités par 
M. Thunberg. (J.) 

FOCA. {Bot.) Clusius dit que ce nom est donné chez les 
Arabes à la ileur de Vadhar, qui est ]e jiincus odoratus de Pline 
et d'autres anciens, plus connu maintenant sous le nom de 
schénante, andropogon schœnanthiis. (J.) 

FOCKE. (Ornith.) L'oiseau auquel ce nom et celui àefooker 
sont donnés en Silésie , est, suivant Schwenckfeld, le biho- 
reau, ardea nycticorax , Linn. (Ch. D.) 

FOCKII-FOCKII. {Bot.) La plante de Flnde citée sous ce 
nomparBontiu , et rapportée par Rheede à son nila-barudena , 
est, selon M. de Lamarck, le solanuin insanum dcLinnaeus. (J.) 

FOCOT-GUEBIT. {Bot.) Ce nom, qui signifie bois désiré, est 
cité par Fragosus et C. Bauhin comme un arbre résineux de 
l'Amérique, ressemblant au peuplier. Sa résine , plus blanche 
que l'encens, est employée aux mêmes usages par les naturels 
du pays, qui fabriquent leurs idoles avec son bois. Clusius le 
nomme locot-guehit ou bois du désir, et répète ce qu'a dit Fra- 
gosus. Il y a probablement une erreur d'orthographe dans un 
des deux noms. (J.) 

FŒDENLEIN {Ornith.), nom sous lequel est connu, en Alle- 
magne, le cini ou serin vert, fringilla scrintis, Linn. ( Ch.D. ) 

FOENE, Foenus. {Entom.) M. Fabricius a ainsi nommé un 
genre d'insectes hyménoptères, de la famille des cntomotilles 
ou insectirodes, voisin des ichneumons, avec lesquels on le - 
avoit confondus avant que M. Latreille les en séparât sous 1 
nom de gastéruption, qu'il a abandonné depuis comme mai 
sonore, pour adopter ceIuide/oc«e, qui n'est ni grec ni latin. 

Nous avons fait figurer une espèce de ce genre, sous le n." 2 



FOH ï^ 

de la planche des entomotilles; comme le dessin en est grossi 
et très-exact, le lecteur y reconnoitra facilement les carac- 
tères que nous allons indiquer. 

Hyménoptères à antennes longues, en fi! , non brisées, dres- 
sées et dirigées en avant , à tête comme portée sur un cou , à 
ventre comprimé en massue, terminé par une longue tarière 
dans les femelles, à pâtes postérieures très-grandes. 

Les foenes diffèrcnlfi^ainsi ries évanies qui ont aussi les an- 
tennes en fil, parce q1i#*dans celles-ci la tête est sessile et 
l'abdomen excessivement court; des ichneumons, ophions et 
tanches, qui ont les antennes en soie. 

On ne connoit pas encore bien les mœurs des foenes ; il 
paroît qu'ils déposent leurs larves, ou plutôt leurs œufs, dans 
les trous que se pratiquent lesmellites dans l'argile et le vieux 
bois, et que ces larves s'y développent en parasites, comme 
celles des ichneumons. On trouve souvent ces insectes sur les 
fleurs, dans leur état parfait. Fabricius n'en a décrit que trois 
espèces, dont on trouve deux à Paris; ce sont : 

Le FoENE LANCIER, Focnus jaculator. C'est richneumon tout 
noir, à pâtes postérieures très-longues et grosses, de Geoffroy, 
tom. 2 , pag. 328 , D.° 16, et dont nous avons fait figurer la 
femelle. Le premier article des tarses postérieurs est blanc ; 
il y a aussi un petit anneau blanc à la base des jambes. 

Le FoENE AFFECTATEUR, Focnus ajf'ectator. Il est figuré par 
M. Jurine, dans son ouvrage sur les hyménoptères. GeoffVoy 
(ouvrage cité) l'a nommé ichneumon noir, à pâtes posté- 
rieures grosses, et à milieu du ventre fauve. Il est de moitié 
plus petit que le précédent. (C. D.) 

FŒNICLÎLUM. {Bot.) Voyez Aneth. (L. D.) 
FŒNUM-GRtECUM. [Bot.) Voyez Trigonelle. (L. D.) 
lŒTELA ( Ichthjol. ) , nom d'une variété de Vholocentre 
gcterin, de M. de Lacépède. Forskal et Linnaeus en avoicnt 
fait une espèce de sciène, sous le nom de sciœna fœlela , et 
i'avoient distinguée delà sciana sofat et de la sciœna abou mga- 
terim , ou gaterina, qui ne diifèrent que sous le rapport de 
l'âge. Voyez Holocentre. ( H. C. ) 

FOETTA (Mamm.) , nom italien du putois, viœna putorius^ 
lînn. (F. C.) 

FOHONELO (Ornitli.), un des noms italiens de la UnoUt 



i88 POJ 

commnneyfringilla linota, Linn. , qu'on appelle aussi /ane/Io. 
(Ch.D.) 

FOIE D'ANTIMOINE. { Chim.) Suivant M. Proust, le foie 
d'antimoine des anciens est un composé de protoxide d'anti- 
moine et de sulfure d'antimoine. Ces deux corps peuvent 
s'unir en des proportions indéfinies. (Ch.) 

FOIE D'ARSENIC. (Chim.) Macquer a donné ce nom à la 
solution de l'acide arscnieux dans une lessive concentrée de 
potasse, c'est-à-dire, à une forte solution d'arsenite de potasse : 
ce qui engagea Macquer a lui donner ce nom, c'est que les 
anciens noaimoient foie de soufre la combinaison du soufre 
avec la potasse. (Ch.) 

FOIE-DE-BŒUF (Bot.), nom vulgaire d'un champignon 
placé long-lemps parmi les bolets de Linnœus, et qui main- 
tenant constitue un genre particulier nommé Fistulina par 
Bulliurd, et adopté par DecandoUe, Persoon, Link, Fries,etc. 
Voyez FisïunNA. (Lem.) 

FOIE DES ANIMAUX. {Chim.) Tous les travaux chimiques 
que l'on a entrepris sur le foie se bornent à deux analyses : la 
première, du foie de raie, faite en 1791 par M. Vauquelin -, 
la second.-, du foie de bœuf, faite en i8iy par M. Braconnot. 
Nous allons présenter un extrait de ces analyses. 

§. I.*' Foie de hceuf. 

123 " , 36, pris dans le milieu du grand lobe du foie, broyés 
dans un mortier de marbre, se sont réduits en une bouillie 
demi - liquide qui a été délayée dans l'eau tiède: le tout, 
passé dans un tamis de soie très-fin , a laissé dedans 23 ^\ 56 
d'un tissu vasculaire blanchâtre et de membrane du péritoine. 
Par conséquent il y a eu 100 grammes de parenchyme du foie 
qui ont passé au travers du tamis, dissous ou délayés dans l'eau. 

Ce liquide étoit coloré en rougeàtre par un peu de sang; il 
avoit un aspect très-légèrement laiteux : exposé à la chaleur, 
il s'est coagulé ; le coagulé, égoutté et séché, pesoit 24 ^% 65. 

A. Examen du coagulé. 

Ce coagulé étoit principalement formé d'albumine et d'une 
matière huileuse. M. Braconnot a isolé ces matières, en les 
traitant par l'huile volatile de térébenthine, qui a dissous 
Fhuile, et a laissé l'albumine. 



FOI ,Sg 

Albumine. Cette substance avoit l'aspect d'une matière ter- 
reuse, d'un blanc un peu fauve; elle pesoit^o^', 66; la com- 
bustion apprit qu'elle étoit formée d'albumine pure, 20'', ig, 
et de phosphate de chaux ferrugineux, o ^', 47. 

Matière huileuse. Cette matière, séparée de l'huile de téré- 
benthine, pesoit 3 ^\ 89; elle avoit la consistance de l'huile 
d'olive à moitié figée; elle étoit d'un rouge brun, et elle ne se 
combinoit'pointimmédiatementaveclcsalcalis; mais , chauffée 
quelque temps avec la soude, elle formoit un savon brna 
solide. Elle étoit soluble à froid, en toutes proportions, dans 
l'alcool à 55 degrés. Elle ne rougissoit pas le tournesol, et 
on ne pouvoit y découvrir la présence d'aucun phosphate; 
cependant, en la brûlant, elle iaissoit un charbon dont la 
combustion fournissoit de l'acide phosphorique: quand on le 
traitoit par l'acide nitrique, il se produisoit de l'acide phos- 
phorique et une matière cireuse. M. Braconnot conclut que 
cette matière huileuse est analogue à celle que M. Vauquelin 
a découverte dans le cerveau ; cependant je ferai observer 
que l'huile du cerveau ne se saponifie point, ou qu'avec la plus 
grande difficulté et d'une manière incomplète. 

B. Liquide d'où le coagulé s'était produit. 

11 étoit opalin, acide au papier de tournesol; il a fourni un 
extrait qui pesoit 6 =',.81 , dont la saveur rappeloit celle de 
l'extrait de la chair musculaire, mais il n'en avoit point le 
goût piquant et salé. L'extrait de foie contenoit o^"^, 64 de 
chlorure de potassium, sans mélange de chlorure de sodium, 
o^', 10 d'un sel insoluble dans l'alcool formé de potasse et d'un 
acide organique; et enfin, 6^"^, 07 d'une matière peu azotée 
soluble dans l'eau et peu soluble dansFalcpol. 

Le foie de bœuf est donc composé : 

Tissu vasculaire, 20,56. 

S Eau .T 68,64 
Albumine séchée 20,19 
Huile phosphorée 3,89 
Matière peu azotée 6,07 
j. , Sur sel organique o,io 

100. j Chlorure de potassium 0,64 

I Phosphate de chaux lèrrvi- 

1 gineux Oi47 






; 00.00 



iyo FOÎ 

§. II. Foie de raie. 

Il est ordinairement d'un gris légèrement rosé lorsqu'il est 
frais; sa saveur est huileuse et salée-, son odeur estcelle qui se 
répand dans les poissonneries de poissons de mer. 

Il se délaye dans l'eau avec facilité quand on le triture avec 
ce liquide dans un mortier de marbre. Au moyen d'un tamis 
de soie on sépare la membrane de péritoine qui enveloppoit 
le foie : le liquide a l'aspect d'une émulsion; en l'abandon- 
nant quelques heures à lui-même , il s'en sépare à la surface 
une couche d'huile. Quatre onces de foie recouvert de sa 
membrane, écrasées et chauffé, s doucement, se sont coagu- 
lées en grumeaux, desquels suintoit beaucoup d'une huile 
légèrement jaune. En pressant ces grumeaux dans un linge , 
iiprès les avoir séehés avec précaution, M. Vauquelin a 
obtenu 4 gros 56 grains de grumeaux qui conlenoient beau- 
coup d'huile, et 8 grains de phosphate de chaux; 1 gros 
7 grains d'huile : il s'étoit volatilisé 2 onces 5 gros 56 grains 
d'eau. 

§. III. 

Fourcroy, ayant examiné un foie humain qui avoit été 
exposé pendant dix ans à l'air libre, observa qu'il étoit presque 
entièrement changé en gras, c'est-à-dire, en une matière 
analogue à celle qu'on trouva en 1786, en si grande abon- 
dance , dans le cimetière des Innoceiis. 

Fourcroycrut que cette matière étoit de la cétine. Les expé- 
riences que j'ai faites ayant prouvé que le gras des cadavres 
étoit principalement formé d'acide margarique , et que cette 
substance différoit, sous tous les rapports, de la cétine, il 
s'ensuit qne, si l'gjiglogie établie i)ar Fourcroy existoit réelle- 
ment entre la mâSre grasse du foie et celle des cadavres, la 
première devoit être principalement formée d'acide marga- 
rique , et non de cétine. ( Cn. ) 

FOIE DE SOUFRE. (Chim.) Les anciens chimistes ont 
appelé foie de soufre , 1.° le sulfure de potasse, fait en chauf- 
fant dans un creuset parties égales de soufre et de sous-carbo- 
nate de potasse; 2.°le sulfure hydrogéné dépotasse, obtenu en 
faisant bouillir du soufre dans une lessive de cet alcali. (Ch.) 

FOIN. (Bot.) C'est l'herbe des prairies lorsqu'elle est fauchée 



FOL 191 

et séchée. Ce mot, lorsqu'il est joint à un autre , désigne plus 
spécialement quelques plantes particulières. Le gros foin ou 
foin de Bourgogne est le sain -foin, ainsi nommé parce qu'il 
croit naturellement dans la Bourgogne. Dans plusieurs pro- 
vinces il est aussi nommé bourgogne, sans préposition. Lobel 
et Dalechamps donnent mal à propos ce nom à la luzerne, 
medica. Quelques varecssont aussi nommées/oin de mer. Le fe- 
nu-grec.yrtTit/ni grœcum de Tournefort , frigoneZ/a de Linnatius , 
peut ici être également cité. (J.) 

FOINA ou Fouina (Mamm.), nom italien de notre Fouine. 
Voyez ce mot. (F. C.) 

FOIN DE BOURGOGNE (Bot.). Voy. Foin. (L.D.) 
FOIN MARIN (Zoophyt.), Fœnum marinum. Rumph a désigné 
ainsi, Amh., vi , p. 208 , pl. 8t), fig. 3 , une espèce d'antipathe, 
dont les rameaux, extrêmement nombreux, sont sétacés ou 
très-fins : c'est Yantipatha fceniculata de Pallas et de Gmelin. 
(De B.) 

FOIRANDE, ou Foirolle {Bot.) , noms vulgaires de la mer- 
curiale annuelle, plante purgative. (L.D.) 

FOIREUSE ( Ornith.), dénomination sous laquelle on désigne 
vulgairement, dans le département de la Somme, le rouge- 
gorge, motacilla rubecula, Linn. (Ch.D.) 
FOIROLLE. {Bot.) Voyez Foirande. (L. D.) 
FOLA. (Ornif/i.) L'oiseau auquel ce nom et ceux defolaga, 
folega^follata, sont donnés en Italie et en Catalogne, est le 
i'oulque .fulica atra, Linn. (Ch.D.) 

FOLE. (Mamm.) D'anciens voyageurs, dit Sonnini , ap- 
pellent ainsi un animal de forme humaine, velu, dont les bras 
sont très-longs , et qui dévore l'espèce humaine en riant. II 
s'agit, sans doute, de quelque singe dont on a défiguré l'his- 
toire. (F. C.) 

FOLIACES [ CoTYi.ÉnoNs]. {Bot. ) Les cotylédons des végé- 
taux qui ont peu ou qui n'ont point depérisperme, sont épais 
et d'un tissu succulent ; la substance dont ils sont remplis sert, à 
défaut du périsperme , à la nourriture de l'embryon dans les 
premiers temps de la germination. Les cotylédons qui sont 
accompagnés d'un périsperme, sont au contraire minces et 
souvent relevés de nervures à la manière des feuilles : on les 
dit foliacés (belle-de-nuit; tilleul, etc.). 



Ï92 FOL 

Les stipules qui accompagnent les feuilles, sont tantôt mem- 
braneuses , tantôt scarieiiscs, tantôt spinescentes : lorsqu'elles 
ont la couleur et la consistance des feuilles, on les dit folia- 
cées (latli^rus aphaca, lotus corniculatus . etc.). 

Les involucrcs, également, sont dits /o//ace's , lorsque les 
bractées qui les composent sont minces et vertes à la manière 
de la plupart des feuilles (cartliamus lîhclorius, etc.). 

La spathe, tantôt molle et colorée à la manière des pétales 
{calla, etc. ), tantôt membraneuse ( ail , etc. ) , tantôt ligneuse 
(dattier, etc.), est foliacée dans le glaïeul commun et beau- 
coup d'autres plantes. (Mass.) 

FOLIAIRE. {Bot.) Naissant sur les feuilles. Le pinguicula, 
Vamjgdalus , etc.. ont des gland es yb/i'a/rei; le solanum melon- 
gena, le carduus marianus , etc., ont des épines foliaires ; le 
xylophylla , le ruscus ont les fleurs foliaires. ( Mass. ) 

FOLIATION ou Feuillaison, Foliatio. (Bot.) On indique par 
ce mot le moment où les boutons commencent à bourgeon- 
ner et à développer leurs feuilles. Ce moment varie suivant 
la latitude, et sous la même latitude il varie encore suivant 
les espèces. La table suivante dressée par Adanson , d'après 
dix années d'observations sur un certain nombre d'arbres, 
marque le terme moyen de l'époque de la foliation de ces 
arbres sous le climat de Paris. 

Sureau, chèvrefeuille 16 février. 

Groseillier épineux , lilas , aubépine 1 mars. 

Groseillier, fusain, troène, rosier 5 mars. 

Saule, aune, aubier, coudrier, pommier 7 mars. 

Tilleul, marronier, charme 10 mars. 

Poirier, prunier, pêcher 20 mars. 

Nerprun, bourgène, prunelier 1 avril. 

Charme , orme , vigne , figuier, noyer, frêne . 20 avril. 

Chêne 1 mai. 

Non seulement l'époque de la foliation des arbres varie 
d'espèce à espèce, mais elle varie encore dans la même es- 
pèce d'individu à individu. Les cultivateurs savent tirer parti 
de cette observation pour se procurer des variétés précoces 
ou tardivivs. 

Toutes choses égales, la foliation dans une espèce donnée a 
lieu en raison de l'intensité de la chaleur et du temps durant 



FOL ,g5 

lequel cette chaleur agit. Si la température est très-basse 
l'année sera tardive, parce qu'il faudra que la chaleur soit 
plus long-temps prolongée pour produire un effet marqué j 
mais, si la tem])érature est très-élevée, par la raison inverse 
l'année sera hâtive. 

En général , la foliation commence par l'extréniifé des 
branches, parce que la sève se porte par la route la plus 
directe; mais quand l'année est tardive, il arrive quelque- 
fois que les feuilles des boutons latéraux se développent avant 
les autres, parce que la sève, lente à s'élever, pénètre les par- 
ties inférieures avant de gagner la cime. (Mass. ) 

FOLIIFÈRE [Bouton ]. ( Bot. ) On nomme/or//ère le bouton 
à fleurs -j/o/iz/ère le bouton qui produit un bourgeon à feuilles; 
mixte, le bouton qui produit des feuilles et des fleurs. (Mass.) 

FO-LIM. (So/.)SeIon Jacques Breyne,botanistedeDautàck, 
qui écrivoit en i<^73 , les Chinois donnent ce nom, qui si<^nifie 
lait de tigre, à un champignon semblable à une grosse truffe , et 
d'où sort un champignon stipité avec un chapeau en parasol. 
On trouve cette plante dans les terrains sablonneux de la 
Chine, et son nom lui vient sans doute de l'opinion où Ton est 
qu'il doit sa naissance à du lait de tigresse qui s'est coai,'ulé, 
ou bien parce que l'on présumé que les tigres s'en régalent. 
Selon Breyne et Kircher, les Chinois emploient ce champignon 
comme un puissant remède contre différensmaux, et particu- 
lièrement contre les fièvres ardentes inflammatoires, la petite 
vérole, etc. On prescrit ceremède, comme la racine de ginseng 
en poudre , à la dose de trois gra^s dans un verre d'eau ; lors- 
qu'il agit efficacement, il provoque les sueurs. Mais on peut 
croire, d'après des expériences faites à Vienne avec ce bolet, 
qu'on doit beaucoup rabattre de ses vertus. Faulet croit que 
ce champignon peut être celui qu'il nomme la truffe ou la 
pierre à champignon, espèce de la famille des cèpes polypores , 
et le holeius tuberaster, Pers., Sjnops., maintenant placée danâ 
le genre Polyporus. Voyez ce mot. (Lem.) 

FOLIO. ( Ichthj'ol.) Rondelet a décrit sous ce nom une es- 
pèce de pleuronecte , qui nous paroit appartenir au sous-genre 
des flétans, et être le KvBxpcç des anciens Grecs. Le mot folio 
est employé à Rome. Voyez Flétan. (H. C. ) 

FOLIOLÉE [ FEoiLtEJ. {Bot. ) Feuille formée de feuilles par- 
i7- j3 



»o4 FOL 

tielles attachées à un pétiole commun. Le trèfle, le haricot, 
le pois, etc. ont des feuilles foliolées. ( Mass. ) 

FOLIOLÉENNE [Epine]. (Bot. ) Devant son origine à une 
foliole métamorphosée. Les feuilles du chamœrops en offrent 
un exemple. Il y a des épines qui doivent leur origine à des 
stipules ( berberis , etc. ) , à des pétioles ( mimosa verlicil- 
lata, etc.), à des rameaux {elœagnus angustifolia , prunus spi- 
nosa , etc. ). (Mass.) 

FOLIOLES. [Bot. ) Feuilles partielles qui , par leur réunion 
sur un pétiole commun , forment la feuille composée. Lu 
feuille du trèlle a trois folioles; celle delà vigne vierge en a 
cinq; celle du marronier en a neuf. Lorsque les folioles sont 
disposées des deux côtés d'un pétiole commun , la feuille 
composée est pennée , et les folioles prennent le nom de 
pinnules. 

On nomme aussi , mais improprement , folioles , les pièces 
d'un calice polyphylle. On commence à les désigner par le 
nom de sépales. ( Mass. ) 

FOLLA-MALLEGA (Bot.) , nom javanois de la pervenche 
de l'Inde, v'inca rosea, suivant Burmann. (J.) 

FOLLADO- {Bot.) Voyez Dcrillo. (J.) 

FOLLATA. (Ornith.) Voy. Fola. (Ch.D.) 

FOLLE-AAROS. {BoL.) A Java,suivantBurmann, on nomme 
ainsi une espèce de mogori , qui est le njctanthes undulala de 
Linnaeiis. (J). 

FOLLE- AVOINE ( Bot.) , nom vulgaire d'une espèce 
d'avoine. ( L. D.) ^ 

FOLLE- FEMELLE. (BotT) On trouve quelquefois Torchis 
bouffon désigné sous ce nom. (L. D.) 

FOLLERA. {Ornith.) La fauvette des Alpes, motacilla Al- 
pma, GmeL, est ainsi nommée à Lanao en Piémont. (Ch. D.) 

FOLLETE. (Bot.) Ce nom et celui de bonne -dame sont 
donnés à l'arroche cultivée, atriplex hortensis , plante pota- 
gère employée comme la poirée. (J.) 

FOLLICULE. ( Bot. ) Péricarpe partiel du fruit composé, 
auquel M.Mirbel a donné le nom de double follicule. Le fol- 
licule est formé par une valve pliée dans sa longueur, et sou- 
dée par ses bords ; les graines sont fixées le long de la suture 
sur un placentaire qui se détache dans la maturité. La per- 



FON 195 

vcnche, le laurler-rosc , l'apocyn , etc., ont le fruit composé 
de deux follicules. ( Mass. ) 

FOLLICULIFORME [Capsule]. {Bot. ) Formée d'une seule 
valve soudée par les bords comme dans le follicule. ( at^icc- 
nia, etc. ). (Mass.) 

FOLLICULINE, FolUculina. (?o/>p.) Genre d'animalcules 
assez mal connus , établi par M. de Lamarck. pour quelques 
esj)èces de vorticelles de Muller, qui paroissent être contenues 
dans une sorte de fourreau transparent. Les caractères que le 
premier assigne à cette petite coupe, sont: Corps contractile, 
oblong, renfermé dans un fourreau transparent; bouche ter- 
minale ample , munie d'organes ciliés et rotatoires. C'est à 
Muller seul que nous devons le peu que nous savons sur ces 
corps organisés , qui sont, suivant M. de Lamarck , aux urcéo- 
laires , ce que les vaginicoles sont aux trichocerques et aux 
triciiodes; ils sont assez rarement fixés sur des corps étrangers , 
et se trouvent dans les eaux de la mer. M. de Lamarck en carac- 
térise trois espèces : 

1." La Folliculine ampoule ; FolUculina avipulla, Mull., In/I, 
t.4o,fig. 47, et Encycl.méth., pi. 21, fig. 5, 8. La têtebilobée : 
le fourreau en forme d'ampoule et transparent. Des eaux delà 
mer. 

2.° La Folliculine engagée ;Fo//ic(///rea«ag-mafa, Mull. Jw/I, 44, 
lig. 1 2 , i3 , et Enc. méth., pi. 25, f. 52. Animalcule court, ter- 
miné en arrière par une sorte de queue, tronqué en avant, 
et contenu dans une gaîne subcylindrique, assez longue et 
hyaline. Eaux de la mer. 

3.° La Folliculine adhérente; FolUculina folliculata, Brug. 
Animalcule oblong, contenu dans une gaîne cylindracée, 
hyaline, adhérente. 

Cette espèce a été trouvée attachée à la queue d'un cyclope 
pygmée. (De B.) 

FOL OISEAU. (Orraif/i.) Suivant Salerne, on nomme ainsi, 
dans les environs d'Orléans , le hobereau ,falco suhbuteo , Linn. 
(Ch.D.) 

FOLUN D'AQUA. (Ornith.) On nomme ainsi, sur le lac 
Majeur, le merle d'eau ou cincle, sturnus cinclus, Linu.^ et 
■turdus cinclus, Lath. (Ch.D.) 

FON (Bot.), nom japonois, signifiant légitime, préposé à 

j3. 



igS FON 

d'autres noms de plantes. Le fon-mahi est un if, faxus macro- 
phflla, de Thunberg. Le fon-gomi est un chalef, elœagnus 
macrophylla, du même. Lefon-tsta est le lierre, hederahelix. 
On ne peut déterminer le genre des fon-utsugi et fon-kuroji 
cités par Kaempfcr. (J.) 

FONDANT. (Chim.) Le nom de fondant se donne, en chi- 
mie, à toutes les substances qui sont susceptibles d'en faire 
entrer d'autres en fusion, (Ch.) 

FONDANT DE ROTROU. (Chim.) C'est l'antimoine dia- 
phorétique, non lavé, qui est employé en médecine pour 
résoudre les obstructions. (Ch.) 

FONDANTE DE BREST. {Bol.) C'est le nom d'une variété 
de poire. (L. D.) 

FONDANTE MUSQUÉE. (Bot.) C'est une autre variété de 
poire. (L. D.) 

FONET. ( Conchjl.) C'est une espèce de moule , décrite et 
figurée sous ce nom par Adanson , Sénégal, p. 21 a, pi. i5; 
mjtilus ungulatus , Linn. (De B. ) 

FONGE, Fungus. (Bot.) Nous traiterons ici du genre nommé 
Agaricus par Linnaeus et par Ja presque totalité des bota- 
nistes ses successeurs, et non pas du genre Boletus de Linnaeus, 
comme on l'a fait dans ce Dictionnaire à l'article Agaric, 

L'on pense assez généralement que Théophraste, Diosco- 
rlde, Pline, ont désigné par agarikon des champignons po- 
reux de consistance ligneuse, et qui croissent sur les mélèzes, 
les chênes ou autres arbres. Jusqu'à Linnaeus, les botanistes 
ont eu la même opinion, et cependant ils étendirent ce nom 
à tous les champignons poreux en dessous, et même à des 
champignons qui n'offroient pas ce caractère. Tournefort lui- 
même est dans ce cas. Linnaeus, trouvant une sorte de confusion 
et d'inexactitude dans l'application de ce nom, en précisant 
les caractères de ses genres de champignons, se trouve avoir 
donné le nom d'agaric à d'autres cham|,ignons que ceux pré- 
sumés être les agarics des anciens, ce qui est sans doute une 
faute; mais sa méthode descriptive, les espèces présentées 
avec exactitude, la synonymie établie, avoient de si grands 
avantages, qu'ils tirent bientôt oublier les travaux des prédé- 
cesseurs de Linnaeus, et il fut suivi par tous les naturalistes. Son 
genre Agaricus, compris dans Its fungus des anciens botanistes, 



FON J97 

prévalut, malgré Adanson, qui fit remarquer le premier que 

Vagarikon et le mison des anciens n'étoient pas des agarics de 
Linnaeus. mais ses bolctus, autre nom queLinnasusavoit ôtéaux 
morilles pour leur donner celui de phallus. A présent que Ton 
coimoit sous le nom d'agancMS plus de 65o espèces décrites et 
figurées, et sous celui de boletus plus de i5o espèces; que les 
travaux des ciassificiitions des anciens sont à peu près oubliés , 
il est très-utile de s'en tenir aux genres de Linnaeus. Il est bien 
plus facile , en effet , de se rappeler que Vagarikon de Diosco- 
ride est un bolet de Linnaeus , que de se charger la mémoire 
de mille à douze cents changemens de noms. 

Le genre Agaric, Jgaric//5, Linn., l'un des genres déplantes 
cryptogames les plus nombreux en espèces, comprend les cham- 
pignons qui ont un chapeau garni en dessous de lames ou feuillets 
rayonnans , rarement anastomosés, et qui portent les séminules (gon- 
gyles ou sporules) . Ce genre de la division des champignons 
gymnocarpes, c'est-à-dire à fruits nus, est très-voisin des bo- 
lets. Quelques espèces rapportées soit à l'un soit à l'autre genre 
forment le D.edalea de Persoon (voyez ce mot), que nous n'avons 
point conservé, à l'imitation de M. Decandolle. Adanson avoit 
nommé voU-a un genre dans lequel il rapportoit les agarics 
munis d'un volva. M. Persoon l'a conservé, mais en changeant 
son nom en celui (ïamanita (voyez Dict. , t. 2 , p. i o , et Supp.), 
créé par Haller pour désigner le genre Agaricus tout entier, 
et qu'Adanson avoit laissé aux seules espèces d'agarics qui 
ont, 1 ° le chapeau hémisphérique ou turbiné, doublé en dessous 
de lames simples et parallèles, et 2.° le pédicule central. Enfin, 
les espèces munies d'un collier ou anneau, forment le genre 
Fungus d'Adanson. Il ne sera question , dans cet article , que du 
groupe des agarics sansvolva, c'est-à-dire du genre Agaricus 
de M. Persoon, 

L^s agarics sont des champignons charnus ou membraneux, 
ordinairement fragiles, rarement spongieux, coriaces ou tube- 
reux, communément semblables à un parasol. Il en est d'extrê- 
mement petits et délicats, et d'extrêmement grands, leur cha- 
peau ayant jusqu'à un pied de diamètre; mais cette dimension 
est rare. Leurs couleurs sont très-variées, luisantes et vives 
dans le jeune àgc. Rien n'est plus variable que la durée de la 
vie dans ces champignons: certaines espèces ont parcouru en 



igB FON 

quelques heures toute la période de leur existence ; la vie est 
plus longue dans les autres espèces, mais généralement an- 
nuelle. Les bois onribragës, les arbres, les prés, les endroits 
humides, les fumiers , les murailles, les caves et souterrains, 
sont autant de localités où croît et prospère une multitude de 
ces champignons. En naissant ils ressemblent à une moisissure 
qui se gonfle bientôt : le chapeaii s'élève et prend de l'ampleur. 
Quelques espèces imitent alors des échaudés ou des œufs. L;i 
dilatation du chapeau met à jour les nombreuses lames qui le 
garnissent en dessous, et qui sont ordinairement de couleur 
différente. Cette époque est le bel âge du champignon. Les 
lames finissent par se couvrir d'une poussière très-fine, com- 
posée de séminules solitaires ou géminées, qui contiennent 
les graines. La surface du chapeau est tantôt gluante ou vis- 
queuse, tantôt sèche et pelucheuse. Après rémission des sémi- 
nules, les agarics coriaces se dessèchent, et les membraneux 
se détruisent promptement ou se fondent en utie liqueur fétide 
et nauséabonde. Cette rapide décompositioa est due à des 
substances animales que l'analyse chimique a fait reconnoître 
dans les champignons: et à ce propos nous rappelleronsqu'elle 
a trouvé que ces champignons étoient composés d'une substance 
propre nommée fongine, d'adypocire, de corps graisseux, de 
sucre; de matières animales, de gélatine, dalhumine, d'osma- 
zone-. de muriates. phosphates et sulfates dépotasse ; de divers 
acides nouveaux, notamment d'acicîcs fongiques, hydniques et 
Lolétiques ; de bassorine, de chaux, de gomme, de résine et 
d'eau. Cette multiplicité de principes a lieu, sans doute, d'é- 
tonner, dans des végétaux que l'on se plail à regarder comme 
les plus si-mpks, et dont la vie est quelquefois si courte. La 
fongine est la partie nourrissante du champignon ; elle est 
composée de carbone, d'azote, d'hydrogène, d"oxigène et même 
de soufre, se putréfie comme les matières animaks, et paroit 
moins animalisée que le gluten. 

Les agarics croissent solitaires , ou par bouquets, ou bien 
en société et dans des places circonscrites. Leur apparition 
subite étonne ; elle a fait croire à quelques naturalistes qup 
le véritable champignon étoit souterrain et rampant, et qu'il 
donnoit naissance à l'agaric, qu'on pourroit alors regarder 
comme lu partie fructifère de la piaule : c'est une erreur, 



FON 199 

car il suffit d'arracher des agarics pour se convaincre que les 
pieds sont isolés et n'ont aucune relation entre eux. Pourroit-on 
Tadmettre pour les agarics et pour les bolefs qui croissent au 
sommet des arbres P Cette opinion a été principalement sug- 
gérée par quelques espèces (agaric échaudé, n" Sa) qui vivent 
en famille et par cantonnemens circulaires, comme si on ne 
pouvoit pas supposer qu'un pied primitif leur avoit donné 
naissance en lançant ses graines autour de lui. 

Les espèces de ce genre sont extrêmement nombreuses ; 
beaucoup d'entre elles servent d'alimens dans quelques con- 
trées : il est impossible de concevoir, à moins que de l'avoir 
vu, la prodigieuse consommation que Ton en fait en Italie, à 
Turin, Florence, Naples, etc. Dans les marchés de ces villes, 
on vend les champignons en tas ou dans des paniers de trois 
pieds de hauteur. Malgré l'extrême abondance de ces cham- 
pignons en Italie, c'est encore un objet de spéculation que de 
chercher à les multiplier. Tout le monde connoît les couches 
à champignons, et ce qu'on nomme à Florence la pierre à 
champignons , pietra fungaia , sorte de pierre poreuse de 
l'Apennin, sur laquelle on jette une première fois du blanc 
de champignon .- la pierre, mise dans la cave, se couvre au 
bout de quelques jours de beaux champignon», qu'on enlève 
en ratissant la pierre, et il en reste assez pour qu'il se repro- 
duise de nouveaux champignons au bout de quelque temps. 
Les gourmets de champignons ontsoin de se munir d'une pierre 
aussi précieuse. II paroît que les anciens en étoient encore 
plus friands, car ils ont laissé des recettes assez bizarres pour 
faire naître et pour multiplier les bonnes espèces. Ce que nous 
disons ici des agarics peut s'appliquer aussi aux bolefs , aux 
amanites. 

Cependant c'est dans ce genre qu'on trouve aussi les végétaux 
les plus pernicieux: plusieurs agarics ont acquis un nom célèbre 
par leurs redoutables effets. Ces champignons sont d'autant plu s 
terribles, qu'ils sont difficiles àreconnoitre d'espèces voisines 
très-innocentes. Il faut généralement se méfier des espèces qui 
ont un suc laiteux que la moindre déchirure fait extravaser. 
On doit faire remarquer que le principe délétère est très-vo- 
latil, puisqu'on peut manger impunément des champignons 
vénéneux après les avoir fait griller : il pareil aussi résider daas 



200 P0]y 

un suc soliible, dans l'eau chaude ou dans le vinaigre , puisque 
presque tous ces agarics ne sont plus ou presque plus nuisibles 
lorsqu'on les a fait bouillir dans de l'eau ou épuiser dans du 
vinaigre. Les agarics vénéneux agissent comme poison acro- 
narcolique, et en général quelques heures après qu'on en a 
mangé. Les plus meurtriers n'occasionent la mort que vingt- 
quatre heures après, ou plus tôt, selon la quantité que l'individu 
en a mangé. Les réiablissemens sont longs. L'autopsie cada- 
vérique ne montre point de lésion de partie. Lorsque des 
symptômes d'empoisonnement occasionés par ces végétaux se 
manifestent, les meilleurs remèdes sont d'abord les évacuans 
et l'émétique, puis les adoucissans. 

Les agarics vénéneux sont dévorés par une multitude de 
larves d'insectes coléoptères et diptères; ils servent aussi de 
nourriture à quelques animaux : BuUiard cite de asgarics rongés 
par les lièvres. 

Linnaeiis n'a connu et signalé qu'un très -petit nombre 
d'espèces d'agarics, bien que l'ouvrage de Micheli eût été pu- 
blié. Batsch, Schaeffer, BuUiard, Sowerby, et plusieurs autres 
botanistes en ont décrit et figuré un très-grand nombre d'es- 
pèces , qui se trouvent portées, dans le Synopsis fungorum de 
Persoon, à quatre cent quarante, sans y comprendre seize 
espèces d'amanites. Depuis, ce nombre s'est encore consi- 
dérablement accru par les découvertes de M. Persoon lui- 
même, de Lamarck, Paulet, Willdenow , Decandolle, Vahl, 
Hornmann (dans le Flora Danica), Pries, Nées, etc. de sorte que 
l'on en compte actuellement plus de 65o espèces, toutes d'Eu- 
rope, et desquelles 3oo croissent en France. On ne connoît 
presque pas les espèces qui croissent en Amérique, en Afrique 
et dans l'Asie, et qui paroissent devoir être très-nombreuses. 
Ln classification de ces espèces a donné naissance à des groupes 
qu'on peut regarder comme autant de sous-genres, fondés sur 
la nature, la présence ou l'absence de certaines parties. Ces 
coupes ont été étaldlcs par M. Persoon, et nous al'ons les faire 
connoître dais l'ordre adopté par M. Decandolle, en même 
temps que nous s'gnalcrons les rspèces les plus remarquables 
dans chacune. Nous devons ''aire remarquer que la plupart de 
ces divisions ont été considérées comme autant de genres par 
plusieurs botanistes. Voyez les divers noms de ces divisions 



FON 201 

dans ce Dictionnaire, et l'exposé du travail de Paulet sur ce 
genre , à la fin de cet article. M. Otto a proposé dernièrement 
une classification des agarics d'après la forme et la disposition 
des lames ou feuillets du chapeau ; mais elle ne paroît pas 
admissible. 

I/* Section. Pleurope; Fleuropus, Pers. 

Stîpe nul, latéral ou excentrique. 

Obs. Espèces en général coriaces et sessiles. A cette section 
appartiennent quelques dœdalea, Pers., et les genres Striglia, 
Sesia , Serda, Gelona, Pelrona et Kuema d'Adanson, et les 
Agarics labyrinthes et plaqués de Paulet. 

1. L'Agaric du chêne : Agaricus quercinus, Linn.; Decand., 
FI. Fr., n.° 353 ; Agaricus labyrinthijformis , Bull., Herb. , t. 352 
et t. 442, f. 1 ; Dœdalea quercina, Pers. ; Striglia, Adans. ; vul- 
gairement le Labyrinthe, l'Etrille. Scssile, roux, subéreux, 
appliqué contre le bois par toute sa surface supérieure, l'in- 
férieure externe, garnie de porcs larges, sinueux, anastomosés. 
Commun dans toutes les saisons sur les troncs d'arbres et les 
vieilles solives, il varie beaucoup de grandeur. Cet agaric est 
employé comme brosse pour décrasser le dessus de la tète. 
Césalpin dit que les baigneurs, en Italie, l'emploient à cet 
effet; d'autres s'en servent comme d'une étrille pour les che- 
vaux. Les gens de la campagne le nomment peigne de loup, 

2. Agaric de i,'aune : Agaricus alneus , Linn. ; Bull., Herb., 
t. 546 et 681 ; Vaill., Bot. , t. 10, f. 7. Presque sessile, un peu 
coriace; chapeau hémisphérique , lobé , recouvert d'un duvet 
blanc- grisâtre; feuillets rougeàtres, épais , en gouttière. Petit 
et joli agaric, commun, en hiver, sur les troncs de l'aune et 
quelques autres arbres. Ce champignon est le type du genre 
Schizophjllus de Pries. 

3. Agaric STYPTiQUE ; Agaricus stypticus , Bull., Herb., 1. 140 et 
t. 557, f. 1. Champignonde couleur de cannelle, ou fauve claire, 
à stipe plein, nu, un peu comprimé, dilaté au sommet et 
continu avec le chapeau; celui-ci hémisphérique, un peu co- 
riace, émarginé; feuillets entiers, se séparant du chapeau et 
se terminant tous à une ligne circulaire commune. Il se trouve , 
en automne, en hiver et quelquefois au printemps, sur les troncs 
d'arbres en touffes épaisses. Il a d'abord une saveur douce et 



202 PO^^ 

fade, puis acre , styptiquc, et cause des sentimens d'astrictîn» 
au gosier; donné aux animaux, il les purge, les inconimode 
beaucoup , mais ne les tue pas. 

4- Agaric transparent ; Agaricus trnnshicens , Dec. , FI. Fr. , 
Suppl., 11,° 355. Stipe nul, ou très-court et latéral ; feuillets 
inégaux et libres ; d'abord pâle, puislilas, puis roussàtre; cha- 
■peau arrondi, irrégulier, très-mince et transparent, d'un blanc 
roussàtre. 11 croit aux environs de Montpellier, sur les vieux 
troncs de saule ; les pauvres gens le mangent, confondu avec 
beaucoup d'autres champignons, sous le nom de pivoulade de 
.saule. 

5. Agaric de l'olia'ier : Agaricus olearius, Decand. . FI. Fr. , 
Suppl., n.^SGiS ; vulgairement Champignon de l'olivier, l'O- 
reille ou l'Œil de l'olivier, Paul. D'un roux doré très-vif, un 
peu brun en dessous; stipe central, ou excentrique, ou latéral, 
plein, filandreux, haut d'un à trois pouces; feuillets inégaux, 
décurrens; chapeau très-variable. Ce champignon croît dans 
le midi de la France, solitaire ou en touffe, sur l'olivier, le 
charme , le lilas , le laurier-rose , l'yeuse. Il est vénéneux. Lors- 
qu'il se gâte, il jette, dit-on, une lumière phosphorique. 

IL* Section. Russule; Russula, Pers. , Link. 

Stipe central; feuillets égaux entre eux et point terminés 
sur un bourrelet annulaire. 

Obs. Les espèces sont toutes vénéneuses. 

6. Agaric fétide -. Agaricus fœtens , Pers., Sj'n.^ p. 443;- ^gc-- 
ricus piperafus, Bull., Herb. , t. 292. D'un jaune fauve ; stipe 
nu , plein, très-gros, de plus de deux pouces; chapeau déprimé , 
de neuf à dix pouces de diamètre, siriué sur les bords, et mar- 
qué , tout du long de son contour, de cannelures articulées, 
gluant et ayant peu de chair; feuillets libres, rares, épais, sou- 
vent fourchus. Ce champignon se trouve en automne, après les 
grandes pluies, au milieu des gazons des bois. On le trouve 
rarement entier, l'intérieur du stipe étant presque toujours 
rongé par les limaçons qui sont très-friands de ce champi- 
gnon. Il a une odeur de brûlé assez sensible. Sa saveur est acre 
et trcs-poivrée. Il est vénéneux. 

7. Agaric rouge: Agaricus ruher\ Decand., FI. Fr. , n.°572; 
Jgaricus sanguineus, Bull., Herb., t. 42. Stipe blanc, strié 



FON 2o5 

de noir ou de rose, d'abord plein , puis creux, nu, long ne 
deux pouces environ; chapeau d'un rouge sanguin, large de 
trois pouces el demi j feuillets blancs, continus sur le stipe, 
divisés en deux ou trois. En été, dans les bois. U est acre, 
caustique et très-vénéneux. La cliair du chapeau est souvent 
rongée par les vers. 

III.* Section. Lactaires : Lactijluus et Laclarius, Fers,: 
vulgairement Champignons laitiers ou meurtriers. 

Stipe central; feuillets très-inégaux ; suc laiteux blanc, 
quelquefois jaune ou rouge. 

8. Agaric acre : Agaricus acris, Bull., Herb.. t. 538 et 200 ; 
Agaricus amarus,Schasfr.,t. 83; le Laiteux poivré blanc , Paul. 
Feuillets quelquefois jaunâtres ou roussàtres, frès-nombreux , 
souvent fourchus; stipe long d'un pouce: chapeau à bords 
sinueux et onduleux, charnu, large de trois pouces et demi. 
Ce champignon croît dans les forêts; il abonde d'un suc laiteux, 
douceâtre dans la plante jeune, et fort acre et très-vénéneux 
(ians les individus adultes. Selon Paulet, on le mange en Russie, 
en Allemagne et même en France. Darislcs Vosges on le nomme 
Aubuzon et Vache blanche. On corrige son àcreté avec du 
sel, de l'huile, du beurre et du poivre. 

9. Agaric zoî^è: Agaricus 2onarfu5, Dccand.. FI. Fr., n.° 07 5; 
Agaricus lactijluus zonarius , Bull., Herb., t. :o4; Vaill., Bot., 
t. 1 2 , f. 7. Stipe et feuillets blancs ; chapeau velu , large de trois 
pouces et demi, d'un jaune ter-te, marqué de zones concen- 
triques plus foncées , sinueuses couîmelebord du chapeau. La 
plante entière abonde à'\in .suc très-âcre et caustique. Elle 
croît dans les bois, en été et en automne. 

10. Agaric déiicieux : Agaricus deliciosus , Linn. : Schaeff. , 
Fung., 1. 11. Stipe jaune, ferme , long de deux pouces et demi; 
chapeau orbiculaire, large de deux à quatre pouces, jauae 
dan/sajeunesse, puis fauveou rouge de brique, uni ou zone de 
jaunâtre ; feuillets plus pâles, inégaux , recouverts d'une pous- 
sière séminale verdàtre. Cette espèce, au rapport deLinnaeus. 
se trouve dans les bois montueux et stériles. M. Persoon ajoute 
qu'elle croît en automne danslesbois de pins, en famille, dans 
des espaces circulaires. Tl doute que ce soit le véritable aga- 
ricus deliciosus de Linnaeus. Lorsnu'ou blesse cette plante, pHp 



ao4 FON 

laisse transsufler une liqueur laiteuse , jaunâtre selon Linnaeus, 
acre et couleur de safran selon Di'Ien et Micheli (qui donne 
ce champignon comme pernicieux), orangée stjlon M. Persoon ; 
enfin douce et d'un rouge prononcé, d'après MM. de Lamarck. 
et Decandolle. II est probable que plusieurs espèces sont con- 
fondues sous le nom d'agaricus deliclosus , et que l'espèce qu'on 
donne pour un mets délicieux n'y est pas comprise. 

1 1 . Agaric meurtîiier : Agaricus necator, Bull; , Herb. , t. 5 2g , 
f. 2 et t. 14; Decand., FI. Fr. , n."38o; vulgairement le Morfon. 
D'un rouge tirant sur le jaune; stipe cylindrique épais, long 
de trois pouces et demi; chapeau large de trois pouces environ, 
couvert de peluchures plus foncées qui disparoissentavec l'âge, 
marqué de zones concentriques ocracées, à bords repliés et 
velus; feuillets inégaux, blancs. Dans une variété de ce cham- 
pignon {Vagaricus necator, Fers.), Je chapeau est olive-foncé, 
et les feuillets sont roses. Cette espèce croît dans les bois et 
dans les champs, dans les lieux gazonneux ; elle paroit à la fin 
de Tété et durant l'automne. Elle est gorgée d'un suc laiteux , 
acre et caustique. Une très-petite quantité de ce champignon 
produit les effets les plus funestes : le remède le plus usité est 
l'huile, prise en lavemens et en boisson. 

IV.^ Section. Les Coprins ; Coprinus , Fers. , Link; vulgairement 
les Encriers. 

Stipe central, nu ou muni d'un collier; feuillets inégaux, 
se fondant en une eau noire dans leur vieillesse; chapeau 
membraneux, généralement coniqvie ou campaniforme. 

12. Agaric drapé : Agaricus tomentosus , Boit., Fung., t. i56; 
Bull., Herb., t. i38. Stipe blanchâtre cylindrique, atténué 
aux deux bouts, nu, fistuleux, un peu cotonneux, long de 
deux pouces; chapeau d'abord cylindrique, puis conique et 
acéré, haut d'un pouce sur autant de diamètre, à surface 
peluchée et cotonneuse, qui, en se détruisant, met à nu les 
feuillets; ceux-ci très-nombreux, blancs, formés chacun par 
une double lame. Cette espèce croit dans les jardins, les bois, 
sur le terreau ; elle vit deux ou trois jours , et se résout en une 
î'iqueur noire ou brune. 

i3. Agaric encrier : Agaricus atramentarîus , Bull.. Herb. , 
t.j64; Vaill.jBot., t. 12, f. 10-11. Stipe blane, nu, cjlin- 



FON 2q5 

drique, lisse, long de six pouces; chapeau mînce, d'abord 
globuleux, puis en cloche alongée , large de deux pouces et 
demi environ, siiiueuxsur le bord, à surlace humide jaunâtre, 
striée vers le bord, marquée au sommet de taches rousses; 
feuillets inégaux, formés d'une lame repliée sur elle-même, 
d'abord blancs, et ensuite couleur de bistre. Il se fond en une 
eau noire, arec laquelle BuUiard a fait de l'encre pour le lavis. 
Ce champignon paroit en automne dans les lieux humides, et 
en touffes composées d'un grand nombre d'individus : on en h 
compté jusqu'à quarante sur la même souche. 

i4- Agaric éphémère -.Agaricus ephemerus , Decand., FI. Fr., 
n." 394 ; Agaricus ephemerus , Bull., Herb. , t. 642 , f. 1 , et Aga- 
ricus monlanus ^ id., 1. 128. Stipe grêle , blanchâtre, fistulcMix, 
long de trois pouces sur une ligne de diamètre; chapeau lisse 
ovoïde ou en cloche, puis ouvert et dZ-chiré en cinq ou six 
parties rayonnantes, qui finissent par s'enrouler en dessus; 
disque roux, bord jaunâtre à stries noirâtres; feuillets libres, 
blancs, inégaux, étroits. Ce champignon vit à peine un jour. 
On le trouve sur les fumiers; il est d'une consistance molle ; 
à sa mort il se réduit en une eau noirâtre. 

V.* Section. Los Phatelles; Pratella, Fers. 

Stipe central, nu ou muni d'un collier; chapeau charnu ; 
feuillets noircissant, sans se fondre, dans leur vieillesse. 

i5. Agaric amer : Agaricus amarus , Bull. Heib. , t. 3o et 
t. 562; Agaricus auratus , FI. Dan., t. 820. Stipe nu, cylin- 
drique, tortueux, long de deux pouces et demi, jaune, avec 
des peluchures noires; chapeau d'abord hi'misphérique, jaune, 
plus foncé au centre, peu charnu, à surface sèche, large d'un 
pouce et demi; feuillets gris -verdàtre, inégaux, distincts; 
collier fugace, noirâtre. Ce champignon exhale une odeur 
agréable, mais sa saveur est fort amére. Il croit dans les bois, 
en touflFes, sur les vieux troncs d'arbres. 

16. Agaric azuré -.Agaricus cydneus, Bull., Herb., t. 170 et 
63o , f. 1 ; Berjllus, Batsch, Fung., f. 2i3. Stipe glatineux, 
bleuâtre; chapeau d'abord globuleux, puis convexe, azuré, 
ensuite jaunissant au sommet, puis totalement, à surface gluti- 
neuse; feuillets d'un jaune roux, inégaux, recouverts d'une 
membrane dans leur jeunesse. Cette belle espèce n"a pas deux 



2o6 FOX 

poucesdc liaiitcur; elle croil solilaire sur les troncs, dans les 
bois. On la trouve eu automne. 

17. Agaric comestibles At^aricux edulis , Bull., Herh., f. 5i4 
el i34: Dec, FI. Fr., n."4i8; vulgairement Champignons de 
eouche. Boule de neige et Chanipignons de Bruyère, Paul.; 
i'tataiolo des Italiens. Stipe ferme, plein, charnu, quel- 
quefois tubéreux à la base, long d'un à deux pouces, très- 
épais; chapeau blancou d'un jaunepàle et terne, ayant jusqu'à 
trois pouces et demi de diamètre, à chair ferme et cassante; 
feuillets d'abord blancs ou rougeâtres . puis bruns ou noi- 
râtres, iufgaux, distincts du stipe, recouverts à leur nais- 
siiDce d'une membrane blanche, qui, en se déchirant, laisse 
des lambeaux aux bords du chapeau et autour du pédicule, 
eo forme de collier. Dans une A'^ariété {X'agaricus campesiris , 
Linn., Sehaeff., t. 55, cliampignon de couche franc, Paul.), 
le chapeau cstécailleux, blanc moucheté de jaune, elles lames 
sont brunes. 

Cette espèce est fort commune partout, en automne , dans 
les bois, les prés, les champs, les jardins et parcs, les cours 
où il y a du fumier, etc. On la trouve cependant plus fréquem- 
ment dans les endroits découverts; elle a un goût et une odeur 
agréables, qui la font rechercher comme aliment, et l'on sait 
quelle consommation Ton en fait. Cette espèce est cultivée 
dans toute l'Europe, et plus dans les pays du Kord que dans 
le Midi; on la cultive sur des couches ou des meules entière- 
ment faites de iumier de cheval, le seul de tous les fumiers 
qui paroisse convenir à son développement. Voyez Couches 

A CHAMPIGNONS. 

Vl.^Section. Les Rotules ou Anprosaces; Rotula, Vers. 

Stipe central; feuillets égaux, terminés sur un bourrelet 
annulaire qui entoure le stipe. 

18. Agaric e\ roue : Agaricus rotula . Pers. , Syn. , t. 167 : 
Sowerb., Fung. Brit. , t. <ji ; Agaricus androsaceus , Bull., Herb.. 
t. 64. Champignon blanc , à stipe violet-foncé à la base, grêle, 
luisant, long d'un pouce; chaj)eau ombiliqué, strié, plus ou 
moins convexe, mince et ondulé, ou crénelé sur le bord , large 
de quatre à cinq lignes; quinze à vingt feuillets saillans. Dans 
iine variété le chapeau est couleur d'ocre. Se trouve en été et 



,FON 207 

en automne sur les feuilles morlts et le bois pourri; il naît eu 
toutfe-. 

VII.' Section. Les Mycènes ; Afjcena, Pers. 

Point de collier; stipe central fistuleux ; feuillets ne noir- 
cissant point en vieillissant; chapeau non oinbiliqué. 

ig. Agaric a pied noir ; Agaricus nigripes, Decand. Cham- 
pignon gris, moucheté de fauve ou de hruu; stipe noiràti e 
à sa base, velouté, long de trois pouces; chapeau sinueux, un 
peu charnu, large de deux pouces, à surface gluante; feuillets 
libres, inégaux, jaunâtres. Ce champignon est d'une saveur 
gommeuse. On le trouve dans les temps froids, en automne et 
en hiver. Il croît solitaire, ou en touffe de dix à douze pieds. 
20. Agaric ci.00 .- Agaricus cluvus , Linn. ; Bull., Hcrb., t. 669 , 
f. 1 et t. i48;Vaill. , Bot., t. 2 1, f. 19-20; vulgairement le Clou. 
Champignon roussâtre ou fauve, long d'un pouce et demi ; 
jtipe grêle, plein 5 chapeau arrondi, souvent goudronné, 
presque plane, un peu charnu et translucide; feuillets peu 
nombreux, blancs , entiers, ou coupés en deux demi-feuillefs. 
On le trouve, au commencement de l'automne, sur les feuilles 
mortes, les mousses, le bois pourri , la terre , etc. Scion Wulfen , 
aux environs de Vienne, en Autriche, il paroît en avril, et 
on le porte alors au marché. Il est fade , et demande à être 
assaisonné. 

21. Agaric alliacé : Agaricus alliaceus, Bull., Herb. , 1. 158 
et 524, f. 1 ; vulgairement l'AilIier des bois. Champignon haut 
de trois à quatre pouces, roussâtre ou d'un blanc jaunâtre ; 
stipe un peu velu à la base, aminci au sommet; chapeau long 
d'un pouce et demi, plane, ou convexe, ou bossu dans le 
centre ; feuillets libres , roussàtres , terminés en pointes du côté 
du stipe. Il croit dans les bois humides, et exhale l'odeuç 
d'ail. On le trouve , en automne, sur les feuilles mortes, le 
terreau , etc. 

VIII.* Section. Les Omphalies ; Omphalia , Pers. 

Point de collier ; stipe central, fistuleux ou plein; chapeau 
ombiliqué ; feuilletspresque toujours décurrens , ne noircissant 
point en vieillissant. 

22. Agakicviroiî^al: Agaricus virgineus,Jacq., Mise, 2, t. 1 5 , 
£ 1 3 Agaricus ericeus , Bull. , Herb. , t. 1 8 8 et t. 5 5 1 , f. 1 . Cham- 



2o8 FON 

pignon blanc déneige ou légèrement roux, haut d'un pouce; 
stipenu,- cylindrique et creux; chapeau d'un pouce et demi de 
diamètre, d'abord convexe, puis plane ou convexe, avec les 
bords rabattus, quelquefois transparens; feuillets rares, entiers, 
et entremêlés de demi-feuillets prolongés sur le stipe. Cette 
espèce vient, pendant tout l'automne, en groupes, dans les 
bruyères, les prés secs, les collines gazonnées et les friches. On 
le mange sous le nom de Mousseron. Son goût est agréable. 

23. Agaric tigré : Agaricus tigrinus , Bull., Herb., t. 70. 
Champignon blanc, avec de petites peluchurcs brunes, haut 
d'un pouce au plus; stipe nu, plein, tortueux; chapeau 
large d'un pouce et demi à deux pouces; feuillets inégaux, 
nombreux, prolongés sur le stipe et y adhérens. On mange 
aussi ce champignon, agréable au goût et à l'odorat; il croît 
solitaire ou par groupe, dans les bois, sur les troncs d'arbres, 
tandis que le précédent y est fort rare. 

24. Agaric améthyste: Agaricus ainelliysteiis, Bull., Herb., 
t. 198 et 670, f. 1; vulgairement l'Améthyste des bois. Champi- 
gnon d'abord d'un beau violet améthyste , puis grisâtre dans la 
vieillesse, haut de deux à trois pouces ; stipe long, plein, 
filandreux, garni, par le bas, de fibrilles radicales; chapeau 
large d'un pouce et demi à deux ; d'abord hémisphérique , puis 
sinueux, à surface presque veloutée; feuillels peu nombreux, 
rarement entiers. Ce joli agaric se trouve, lui commencement 
de l'automne, dans les bois couverts, çà et là , solitaire ou 
groupé, sur les vieux troues d'arbres ou sur le terreau qui les 
entoure. 

IX.^ Section. Les Gvmnopes; Gjinnopus, Pers. 

Stipe plein; chapeau charnu; feuillets ne noircissant pas 
dans la vieillesse j collier nul. 

Obs. Cette section est la plus nombreuse en espèces, dont 
beaucoup sont bonnes à manger. 

1 .■"* Division. Feuillets décurrens sur le stipe. 

25. Agaric vineux; Agaricus vinosus , Bull., Herb., t. 64. 
Champignon haut de deux pouces et demi , d'un roux brun ; 
stipe presque cylindrique; chapeau large de deux pouces 
au plus, d'abord arrondi , puis sinueux , lobé et recouvert d'un 
duvet très-fin -. feuillets nombreux et roux. 11 croît en automne. 



FON 209 

dans les bois sablonneux; il a un goût salé et comme vineux; 
il n'est point dangereux. 

:ib. Agaric odorant : Agaricus odorus , Bull. , Herb,, t. 17G, 
et t. 556 , f. 3 : As;aricus anisatus , Pers. Champignon blanc , ver- 
clàtre ou bleuâtre, haut de deux pouces; stipe flexuenx ; 
chapeau large de plus de trois pouces , charnu, lisse; feuillets 
écartés, blancs. Il croît dans les forêts de chênes, parmi les 
feu'lles mortes ; il exhale une forte odeur de musc; dans une 
variété, qui croit dans les bois de pins, cette odeur approche 
de celle de la giroflée ou de l'anis. 

27. Agaric oheillette : Agaricus Lauricula, Dub. , FI. d'Orl. , 
p. i58 ; vulgairement Oreillette et Escoubarde. Champignon 
d'un gris plus ou moins foncé; stipe court; chapeau arrondi, 
un peu roulé en ses bords; feuillets blancs. lise trouve en au- 
tomne, sur les pelouses, aux environs d'Orléans. On le mange: 
il a, dit-on, bon goût. 

28. Agaric mousseron : Agaricus mousseron, Bull., Herb. , 
t .^l^2•, Agaricus alhellus, SchœS'., Fung., t. j8 ; Mousseron gris 
Paul. Champignon d'un blanc jaunâtre, à surface sèche , sem- 
blable à de la peau ; stipe nu ,1e plus souvent renflé à la base, 
et velu, long d'un à deux pouces; chapeau large d'un pouce 
et demi au plus, sphérique ou bien en forme de cloche , très- 
charnu , replié en dessous ; feuillets très-nombreux , inégaux, 
aigus aux deux bouts. Le mousseron croit abondamment, au 
printemps et dans une partie de l'été , dans les bois découverts , 
les friches, les prés secs, etc. C'est un des meilleurs champi- 
gnons qui se mangent : on le recueille avec soin pour le con- 
server. Sa chair est d'une saveur agréable, surtout dans les 
jeunes individus, et lorsque le champignon est frais. Il sert 
principalement comme assaisonnement. Lorsqu'on veut le con- 
server, onl'enfilepar le pied, et on le laisse dessécher ainsi. Il 
s'est refusé jusqu'à présent à la culture. 

Obs. A celte division appartiennent l'agaric social, agaricus 
socialis, Dec, FI. Fr. , Suppl. , n." 47 3, et l'agaric de l'yeuse , aga- 
ricus ilicinus, Dec. , 1. c. ,n.°475, que l'on mange à Montpellier 
sous les noms de pivoulade d'éouse et de frigoule. 
2.* Division, Feuillets adhérens au stipe. 

39. Agaric des devins : Agaricus hariolorum, Bull. , Herb., 

17. 14 



210 rois 

t. 56 et t. 585 , f. 2 -. Aguricus sagarum , Pers. , Syn. , 35 1 . Cham- 
pignon d'un jaune pâle , haut d'un pouce et demi; stipe 
velu ou lisse; chapeau large d'un pouce et demi, presque 
plane , lisse , glabre ; feuillets inégaux , nombreux et tortueux. 
On le trouve durant Tété, en touffes, parmi les feuilles mortes, 
dans les bois. Selon Bulliard, dans quelques endroits, les ha- 
bitans superstitieux n'osent pas fouler aux pieds ce champi- 
gnon. Son goût est agréable. 

. So.AcARic PARASITE ;Jgaricus parasj7/c«5,Bull.,Herb.,t. 574. 
Champignon blanc, haut d'un à trois pouces ; stipe courbe, 
poilu à la base; chapeau campanule, sinueux, large de huit à 
neuf lignes; feuillets écartés, épais et rougeàtres. Il croît par 
touffes sur liis agarics et les bolets à moitié pourris. 

3.* Division. Feuillets non adhérens au stipe. 

01. Agaric rampant; Agaricus repens , Bull., Herb. , t. 90, 
Champignon rampant, à souche rougeàtre , poussant de nom- 
breux stipes simples ou rameux, ioags de trois pouces et 
demi; chapeau orbiculaire , puis sinueux, jaunâtre, large de 
neuf lignes; feuillets nombreux, jaunes, inégaux, plus larges 
vers le centre. Cette espèce croit sous les feuilles pourries, 
dans les bois, en automne. 

32. Agaric échavbè : Agaricus crustuliniformis ,B\û\. , Herb., 
t. 3o.8 et t. 5/|6 ; Agaricus fastibilts , Pers. , Sjn, , p. 3a6. Cham- 
pignonsemblable,parsa forme et par sa couleur, à un échaudé, 
haut de deux pouces; stipe nu, glabre, taché de noir; cha- 
peau convexe, bosselé et sinueux, jaunâtre, lisse, gluant dans 
les temps humides, large d'un à trois pouces ; feuillets roux, 
inégaux. Ce singulier champignon croit en société dans les bois 
et les prés, où il forme des ronds très-réguliers, de huit à dix 
pieds de diamètre, ou bien des bandes serpentantes de deux 
à trois pieds de largeur sur trois cents de longueur. On le trouve 
en automne. M.Persoon en décrit six variétés. 

33. Agaric faux-mousseron -.Agaricus tortitis, Dec, FI. Fr. , 
n." S25 ; Agaricuspseudo-mousseron , Bull. ^Heth. , t. 144 et t. 628, 
f. 2 ; Mousseron godaille ou de Dieppe, Paul.; vulgairement 
faux Mousseron, Mousseron d'automne, Mousseron pied dur. 
Il ressemble beaucoup au véritable mousseron ci-dessus, n.^aS. 
Champignon d'un blanc roux ou fauve , haut d'un pouce et 



demi: slipe nu, se tortillant parla dcèsiccation; chapeau un 
peu charnu, liémisphérique , puis conique, large d'un pouce 
et demi; feuillets lilires, inégaux, nombreux , plus colorés sur 
la tranche. Il croît en automne, dans les prés et les bois décou- 
verts. On le mange .sa chair est molle et se déchire avec peine, 
comme celle du mousseron, dont elle a un peu la saveur, 
quoique moins délicate. 

54. Agaric palo.met: Agaricus palometus, Thor. , Chl, Land. . 
477 ' vulgairement Palomette eiBlavet, Crussagen. Il ressemble 
tiu mousseron. Chapeau mince, fragile, irréguliér, arrondi , 
blanc sur les bords, d'un vert-œillet au centre, changeant en 
roux; feuillets blancs ; stipe renflé à la base. Ce champi- 
gnon croit en Gascogne; il vient à terre, et est ordinairemeilt 
solitaire; il se pèle assez facilement; son odeur est des pîtis 
agréables et des plus flatteuses, sans être pénétrante. Son goût 
est exquis; il est généralement servi sur toutes les tables. Selon 
M. Decandolle , le verdone de Micheli , p. 162 {V agaricus virens 
de Scopoli), qu'on mange en Toscane, ne paroit différer dV 
palomet que par son chapeau d'un vert' plus décidé. " ' ' 

X.* Section. Les Cortînaires ; Corf /reana, Pers. , ■;■ 

Stipe central; feuillets ne noircissant pas en tiéillissaiït, 
recouverts dans leur jeunesse d'une membrane incomplèté'j 
qui laisse sur le stipe un collier lilamenteux. ''• 

55. Agaric aranreux : Agaricus araneosus , Dec. , FI. Fr., 
n.° 654; Bul!., Herb. , t. 96 et t. 260. Champignon polymoi^- 
phe, violet, couleur de marron, jaunâtre ou noirâtre; bords 
du chapeau recourbé en dedans, uni au stipe par une mem- 
brane lâche , semblable à une toile d'araignée étendue sur les 
feuillets ; feuillets d'abord blancs , puis couleur de cannelle ; 
stipe plein, un peu renflé à la base. M. Decandolle indiqué 
huit variétés de cet agaric, toutes figurées dansBulliard : elles 
croissent en automne dans les bois. 

56. Agaric A PETIT RÉSEAU ; Agaricus cortineltus , Dec, Fl.Fr. , 
Suppl. , n.° 541. Champignon haut d'un pouce ; stipe blanc et 
creux, poilu à la base; chapeau ovoïde , puis convexe, jaune- 
paille ou gris ; feuillets recouverts , dans la jeunesse, par un 
voile en réseau et blanc, qui adhère pendant quelque temps au 
chapeau sous forme de franges; feuillets d'abord blancs, puis 



212 PO]>f 

roux, vineux ou lilas. On mange ce champignon à Montpellier, 
avec beaucoup d'autres, sous le nom àe pivoulade. Il croit sur 
le bois des vieux saules, ou à leur pied. 

XI.* Section. Les Lépiotes ; Lepiofa , Pers. 

Stîpe central; feuillets ou lames ne noircisisant pas en 
vieillissant, recouverts dans leur jeunesse par une membrane 
qui se déchire ordinairement, et qui laisse un collier ou an- 
neau sur le stipe. 

■ Zj. Agaric annulaire : Agaricus annularius, Bull., Herb. , 
U^pyj, 340? f- 3 et 543 ; Agaricus polymjces y Pers.; Tête de 
Méduse, Paul. Champignon fauve ou de couleur rousse, haut 
de trois à quatre pouces; stipe charnu, muni d'un collier 
entier, épanoui en forme de godet, vert cendré; chapeau con- 
vexe, glabre ou tacheté de petites écailles noirâtres, à bords 
entiers ou sinueux non étalés,' feuillets blancs ou jaunâtres, 
inégaux, se prolongeant un peu sur le pédicule. Cette espèce 
croît dans les bois, en automne, et par groupes, sur les vieux 
troncs d'arbres ou à leur pied. 

38. Agaric navet; Agaricus radicosus , Bull. , Herb., t. 160. 
Champignon compacte, dur , semblable, dans la jeunesse, à 
un œuf, haut de deux à trois pouces et plus ; racine forte , per- 
pendiculaire, garnie de longues fibres produisant de nouveaux 
individus; stipe plus épais à la base, écailleux ; chapeau un 
peu convexe, large de quatre à cinq pouces , blanc jaunâtre, 
moucheté de roux ; feuilles roussâtres. Il a une saveur agréable , 
et croît dans les bois. 

39. Agaric élevé : Agaricus procerus , Pers. ; Schaeff. , Fung. , 
t. 2 2-2 3; Agaricus colubrinus, Bull., t. 78 et t. 588; Grande 
Coulemelle , Paul. Champignon haut de douze à quinze pouces ; 
stipe grêle, creux, cylindrique, tubéreux à la base, taché 
en travers de gris, ou de brun, ou de blanc ; chapeau d'abord 
ovoïde , puis convexe , et finissant par se relever par le bord , 
large de trois pouces et demi, blanc grisâtre, ou gris panaché 
de brun ou de roussâtre, à peau se soulevant par lambeaux; 
feuillets inégaux, blanchâtres, couverts, dans leur jeunesse, 
d'une membrane qui , en se détachant, forme souvent un col- 
liermobileautourdu pédicule. Ce champignon élégant est com- 
mun en France et dans le nord de l'Europe. On le mange par- 



FON 5i5 

tout. Il se dessèche facilement. On le trouve, dans les bois sa- 
blonneux et les moissons, à la fin de l'été et en automne. En 
France on lui donne les noms de grisette , couleuvrée, couleuvrettc, 
coulemelle, grande coulemelle, cormelle, goimelle , parasol , butarot, 
poturon, coulsé, vertet, etc. 

Obs. L'agaric cylindrique et l'agaric atténué de M. Decan- 
dolle (FI. Fr., Suppl., n."' 647 et 648), qu'on mange aux en- 
virons de Montpellier, et qu'on nomme encore pivoulade, 
appartiennent à cette onzième section. 

Nous terminerons cet article par l'indication des familles 
établies par Paulet dans le genre Agaricus. On trouvera dans 
ce Dictionnaire, à chacune de ces indications, les noms des 
espèces que Paulet a observées, et dont il a reconnu les proprié- 
tés par des expériences multipliées. Nous avons cru d'autant 
plus nécessaire d'extraire le travail de ce médecin philan- 
thrope, que presque toutes les espèces qu'il a décrites croissent 
en Finance, et qu'il leur donne des noms qui peuvent les faire 
reconnoître sur-le-champ. 

Agaric labyrinthe. Voyez Labyrinthe. 

Bassets creux ou en creusets. Voyez Bassbt , quatrième vol. 
Suppl. 

Bassets à crochets. Voyez Pain-de-vache. 

Bonnet perché ou de la liberté. Voyez Perché en bonnets. 

Bossilons bulbuleux. Voyez Semi-bulbuleux. 

Calotins des arbres ou de couleur. Voyez Calotins. 

— de terre ou des bois. Voyez Téterons. 

Champignons de couche. 

Champignons d'épice. 

Champignons d'ivoire. 

Cheville en clou. Voyez Cheville. 

Cheville en coin. Voyez Cheville. 

Clous de charrette ou les gros clous. 

Clous (petits) dorés. 

Collets en famille. 

Collets solitaires. 

Coquilles (petites) pétoncles. 

Cotonneux tors, ou les perchés pivotans. Voyez Cotonneux. 

Coulemelle ou Couamelles de terre. Voyez Coulemelle. 

Coulemelle àt& arbres. Voyez Coulemelle. 



-2^4 FON 

Demi-champignons feuilletés des arbres. Voyez Oreilles des 

ARBftES. 

Demi-champignons feuilletés de terre. 

Dentelés. 

Encriers farineux. 

Encriers à pleurs, ou bouteilles à l'encre. 

Encriers secs, ou champignons de couche. 

Entonnoirs fernies. 

Entonnoirs mous. 

Escudardes bistres, ou d'Allemagne en partie» 

Eteignoirs d'eau ou hydrophores. 

Eteignoirs secs. 

Feuillets faucilleurs. 

Girandets, ou girolles, ou chanterelles. 

Glaireux. 

Jambiers. 

Jumeaux. 

Mamelles de chair. 

Mamelons carnés de Vaillant. 

Mamelonnés de couleur. 

Mamelonnés foncé. 

Mamelonnés gris. 

Mtimelonnés pâle. 

Mamelons plateaux. 

Mousserons d'eau , ou les petits chapeaux, 

godailles des prés ou des friches. 

des bois, ou faux mousserons-godaillci^. 

tête-ronde. 

Oreilles des buissons, ou grandes girolles. 

Peauciers parasols. 

Peauciers quenouilles. 

Peaux douces. 

Pieds-bots. 

Pigeonniers. 

Plateaux queue torse. 

Plateaux tige unie. 

Poivrés laiteux. 

Poivrés secs ou sans laiL 

Retroussés. 



FON ^'5 

Rougeoles juteuses. 
Sauvage nivelleur. 
Serpentins en famille. 
Serpentins solitaires. 
Soucoupe peau douce ou de liége. 
Soyeux tors. 
Tête d'épingle. (Lem.) 

FONCES ou CÈi>ES A TIGE EN FUSÊAtJ. ( »o^) Paulct donne ce 
nom à une petite famille qu'il forme sur deux espèces de bolet 
remarquables par leur couleur orangée ou marron, parleur 
stipe long ou ovale-alongé, et par leur chapeau qui a peu 
d'étendue. Ces champignons s'appellent fonges dans quelques 
campagnes: il yen a deux espèces: lefonge orangé et le fonge 
cuve. 

FoNGE ORANGÉ, PauI, , t. 2 , p. 583, pi. lyP), fig. 1, 2. Cîiampi- 
gnons hauts de quatre pouces «environ; stipe ovale-alongé. 
blanc avec des élevures brunes ou noires: cliapeau de trois à 
quatre pouces d'étendue, de couleur d'or, ou orangée, ou de 
marron , clair en dessus, blanchâtre, ou gris de lin, ou cou- 
leur de chair pâle en dessous. 11 est commun dar.s les bois anx 
environs de Paris. Les habitans de la campagne le mangent 
sans inconvéniens. 

Fonce cave, Paul., I.c, p. 3o4, pi. 178 , fig. 3. Champignon 
de même hauteur que le précédent; stipe fusiforme, blan- 
châtre, moelleux, puis presque creux; chapeau en forme de 
soucoupe, de couleur fauve ou marron en dessus, d'un blanc 
citronné en dessous; tubes très-6ns.Il se trouve à Vincennes, 
et n'est point suspect. (Lem.) 

FONCIE , Fongia. {Polyp.) Genre de polypiers établi par 
M. rie Lamarck pour quelques espô'ces de madrépores simples 
de Linnœus, qui ne consistent qu'en une seule grande cellule , 
formant unemasse pierreuse, simple, orbiculaire o)i oblongiie , 
concave et raboteuse en dessous, convexe en dessus, etoffraiit 
au centre un enfoncement oblong d'où partent en rayonnant 
des lames dentées ou hérissées latéralement : d'où il est aisé de 
voir que c'est un genre fort voisin des turbiuolies et des cyclo- 
lites, etsurtoutde.ee dernier genre dont il rte diffère guère que 
parce que, dans celui-ci, la partie inférieure offre des lignest. 
saillantes et concentriques, au lieu d'être concave et raba- 



2iG FON 

teuse. Du reste, on ne conçoit en aucune manière l'animal 
qui produit les fonglcs.Il est cependant Tort probable quïl est 
f rès-rapproché de celui des autres madrépores étoiles , et entre 
autres des CARyorHvtLiES (voyez ce mot), et qu'il vit à d'assez 
petites profondeurs dans les mers des pays chauds. M. de 
Lamarck caractérise huit espèces de fongies à l'état vivant; ce 
sont : 

1 ."LaFoNGiE COMPRIMÉE ; Fongia compressa, Lmk. Cunéiforme, 
comprimée sur les côtés, lisse, papilleuse inférieurement ; 
lames inégales, dentelées, échinulées sur les faces, et formant 
une étoile alongée, étroite, partagée par un sillon. Hauteur, 
29 millim. Océan indien. 

2° LaToNGiE cYCLOLiTE;. Fongia cjclolitcs, Lmk. Très-petite 
espèce orbiculaire, subelliptique, légèrement concave et 
striée en dessous, très- convexe en dessus: les lamelles iné- 
gales, crénelées et rudes sur les côtés, formant une étoile 
élevée, ayant au sommet un sinus oblong. Rapportée des mers 
australes par MM. Peron et Lesueur. 

3.° La FoNGiE PAïELLAiRE : Fougia patellaris, Lmk ; Madrepora 
patellaris, Soland. et Eli., p. 148 , t. 28, fig. 1 h. Orbiculaire, 
mutique, étrécie en rayons, et quelquefois subpédiculée en 
dessous; les lamelles inégales, hérissées sur les côtés. Mers de 
rinde et Méditerranée. 

4.° La FoNGiE AGARiciFORME : Fongia agariciformis, Lmk. ; Ma- 
drepora fungites, Linn. ; Soland. et EU., p. 1495 tab. 28, fig. 6,6. 
Orbiculaire , scabre en dessous; lamelles inégales , denticulées, 
la plus grande de la longueur du rayon , formant une étoile 
convexe. Mer Rouge et de l'Inde. 

6 " La FoNGiE BOUCLIER : Fongia scutaria , Lmk. ; Rumph , 
Amh.,6 ,t.8li, fig. 4. Elliptique, obIongue,un peu aplatie en 
dessus; lamelles presque entières, inégales, ondulées, la plus 
grande de la longueur des rayons. Océan indien. 

G.° La FoNGiE LIMACE : Fongia limacina, Lmk. ; Madrepora pileux, 
Linn.; Soland. et Eli., p. 169, t. 40 ; vulgairement la Limace de 
mer. Oblongue, convexe, concave et hérissée en dessous ; la- 
melles inégales, formant une étoile alongée. 

Cette espèce commune dans les collections vient de l'océan 
des Indes orientales. 

7." La FoNGiE TAUfE : Fongia lalpa, Lmk,: Seba, Thés., 3, 



FON 217 

t. 1 1 1 , 6g. 6 , et t. 1 1 2 , fig. 3 1 ; vulgairement la Taupe de mer. 
Assez rapprochée pour la forme de la précédente, mais plus 
petite; les lamelles subsériales, très-courtes et scabres.-' Indes 
orientales. 

8.° La FoNGiE BONNET : Fongia pileus , Lmk. ; Mitra poîonicay 
Rumph.^mt., 6 , t. 88, fig.3 ; vulgairement le Bonnet deNep- 
tune. Conique , hémisphérique en dessus , concave en dessous ; 
des lames amoncelées par places, et formant des étoiles 
nombreuses, imparfaites et éparses, et par conséquent point 
de sillon. 

Cette espèce, qui vient de l'océan des Grandes-Indes, 
s'éloigne déjà un peu du genre tel qu'il a été défini plus haut, 
et fait une sorte de passage auxPAVONiES. Voyez ce mot. (De B.) 

FONGIE ou FoNGiTE. (Foss. ] Sous cette dernière dénomi- 
nation on avoit rangé autrefois non seulement les polypiers 
fossiles que M. Lamarck a placés dans le genre Fongie, mais 
encore les alcyons , les turbinolies, les caryophyllies, certaines 
espèces d'astrées , et même des explanaires. On leur avoit 
donné le nom de fongipores, bonnet de Neptune, champi- 
gnons de mer pétrifiés, fungites , fungoides , alcyonium agari- 
cum ^ Jicoides , Ijcoperdites, carjophylloides , et autres. 

Les fongies proprement dites se sont présentées rarement 
à l'état fossile, et on n'en connoit qu'un très petit nombre 
d'espèces à cet état. 

FoNGiE croissante; Fungia semilunata (Lamk. ), Anim. sans 
vert., tom. 2 , pag. 235. Polypier en forme de croissant, à 
côtes comprimées, strié en dessus, à bords arrondis, à étoile 
alongée , et à pédicule court. Ce joli polypier est dans la 
Collection du Mus. d'Hist. naL de Paris, et on ignore où il a 
été trouvé. 

Fongie aplatie; Fungia complanata, Def. Polypier hémi- 
sphérique, à lames très-fines, à étoile oblongue, et à dessous 
concave. Largeur, six lignes. On en voit une' figure dans l'ou- 
vrage de Knorr sur les Fossiles, vol. 3, part. 2, tab. E 3, 
fig. G et 7. 

Fongie hétéroclite; Fungia heleroclita , Def. Cette espèce ne 
diffère de la précédente que parce que les lames , au lieu de 
se terminer au bord, se continuent jusqu'au centre inférieur, 
qui u'est pas concave. 



2x3 FON 

Ces trois dernières espèces se trouvent dans ma collection. 
Il paroît qu'elles proviennent des couches aucicnnea : mais 
j'ignore où elles ont été trouvées. (D. F.) 

FONGIVORES, ou Mvcétopies. {Entom.) Nous avons ainsi 
nommé (voyez ce dernier mot) une famille de coléoptères 
hétéromérés, dont les espèces font leur principale nourriture 
de champignons, tels'que les diapèrcs, bolétophages, tétra- 
tomes, etc. (CD.) 

FONGO et FUNGO. (Bot.) Synonymes de champignon en 
italien. Parmi les/uragi ou champignons que Micheli décrit, il 
faut noter ceux que les Italiens nomment 

l'ongo appasionato , ou le Passionné. Voyez Bistre blanc. 
Bovsara d'imperato. C'est le clatlirus cancellatus , Linn. 
Bozzolo. C'est Vagaricus ovatus , SchaelF. 
Canapone. Voyez Mamelles jbrdnes. 
Carbonajo, Voyez Poi.ypore brun. 

Chiodo. C'est une espèce d'agaricus , voisine de Vagaricus 
Jlavus, Linn. 

Cor^'o. Voyez PoLYPORE brun. 

Di Fungo morto. Voyez Foncoides en pomme , à l'article Fon- 
goïdes. 

Di Oretarao. Voyez PoLYPORE de l'aune. 

Di Pietra d'Irnperaio. C'est la pierre à champignon [holetus 
tuheraster , Linn.). 

Dormiente. C'est Vagaricus jacobinus de Scopoli. Voyez 
Jacobin. 

Furfuraro d'Imperaïo. C'estVagaricus quercinus , Linn., type 
du genre DœdaLea, Pers. 

Giallone di ontano. Voyez Tout-jaune. 
Greco. Voyez Bistre a crochet. 
Joszoio. Voyez Mousserons blancs (grands). 
Mazzuolo. Voyez Fungo dormilme. 
Mugnajo. Voy'ez Meunier. 

Olivo dorato. Voyez Oreille jaune de l'olivier. 
Vedovo. C'est Vagaricus vioUiceus . Linn. 
Verdino. C'est l'éteignoir vert doré de PauleL ( Lem.) 
FONGOIDE uni de VAILLANT, ou Coccigrue en cham- 
pignon. (/îof.)Paulet donne ce nom à Fhelvella gélatineuse de la 
Flore françoise, par MM. de Lcim:!rck et Decandolle . qui est 



FON 5i'j 

figurée pi. i5,n°'7, 8 et 9 du Botanicon parisiense de Vaillant. 
Selon l'observation de Paulet, ce champignon, donné à poi- 
gnées aux animaux, ne les incommorle point du tout. Toute la 
plante a un goût fade, semblable à celui d'une gelée insipide. 
Voyez CocciGRL'E. (Lem.) 

FONGOIDES ou FuNcoinEs. (Bot.) La plupart des groupes 
de champignon^ que Paulet désigne sous cçs noms avec une 
épithète particulière, contiennent des espèces de peziza. Ces 
groupes sont les suivans; 

FuNGOÏDEs EN coDi'K , cspcce de pezize en forme de coupe sli- 
pitée, d'une couleur rouge de feu en dedans ei blanchâtre en 
dehors ; c'est le fungoides pyxidatum , Mich., tab. 86 , f. 5. 

FiiNGOÏDES CRECx : uom générlquc sous lequel Paulet classe 
presque toutes les espèces de pezizes, et il en porte le nombre 
à une soixantaine. 

FuNGOÏDES EN DISQUE, Comprenant, Mielvella clavus^Schœ^., 
tab. 279, espèce blanche; ïhelvella sepulchraLis.Batsch , espèce 
brune ou noire ; et\es peziza sulfurea, hircedo et carpini^ Batsch, 
.espèce jaune. 

FuNGOÏDES €Ni OU GÉLATINEUX dc Vaillant. C'est Vlieliiella gela- 
tinosa de DecandoUe. 

FuNGOiDES EN FORME DE LRNTiixE. Cc sont de très-pctites 
espèces de peziza, abords ciliés, comme les fungoïdes, n.°22, 
tab. 86, fig. 19, et n.°26, de Miclieli, ou à bords ciliés, comme 
les peziza minima, Murray, et /lava, Willd. 

Fungoïdes a nervures. C'est Vagaricus cornu copiai des de 
Bulliard. 

Fungoïdes en* pomme. Paulet en distingue deux avec Michel). 
Le premier est Xçfungo di fungo morto des Italiens , parce qu'it 
croit sur les champignons morts; c'est lefungoidaster, que Mi- 
cheli a figuré pi. 82 , f. 1 de son Gênera • le second est le fim- 
goides, tab. 86 , f. 3 de l'ouvrage de Micheli , qui est marqué 
de côtes ou raies, et àstipe long. Ces plantes paroissent être 
des espèces d'helvelles. 

Fungoïdes tète de maure. Paulet nomme ainsi deux espèce;? 
de champignons figurés par Cimel, et dont les dessins fonf 
partie des vélins de la bibliothèque du Jardin du Roi. Cimeî 
Je nomme hel.'ella paviœ et helvellafusca. 

FoNGOÏPeSEN FORME DE VERRE A BOIRE OU d'eNTONNOIR. Paulef 



220 FON 

y ramène les peziza infundibulum et tenella, Batsch , et les fun- 
goides, n.°^ 2 et 5 de Micheli. (Lem.) 

FONGOSITÉS A QUILLES. (Bot.) Les champignons que 
Pauletnommeainsisoiit très-petits et au nombre de trois: l'un 
est le Lycoperdonvesparium de Batsch, et le trichia rubiformis , 
Pers. ; le second est le stemonitis ferruginosa, Batsch, ou tubii- 
lina fragiformis , Fers.; et le troisième, lefungoides de Rai,Syn., 
3, tabl. 3 , f. 4, qui paroît une espèce voisine. (Lem^) 

FONGOSITÉS DURES ou CRUSTACÉES. (Bot.), Panlet 
établit, sous ce nom et sous celui dlïjpoxjlon, un genre qui 
répond au sphœria d'Haller , adopté par les botanistes, mais 
qui ne fait plus partie de la famille des champignons. Voyez 
Hypoxylées. (Lem.) 

FONKES. (Mamm.) Ludolphe, dans son Histoire d'Ethiopie , 
désigne par ce nom une espèce de quadrumane, qu'il n'est 
pas possible de reconnoître parmi ceux que nous possédons, 
d'après la description qu'il en donne; et c'est à tort que les 
éditeurs de cet ouvrage ont donné comme sujet de cette des- 
cription la figure d'un ouistiti. Cet animal ne se trouve point 
en Ethiopie. (F. G.) 

FONNA. (Bot.) Adanson nomme ainsi le genre qui étoit le 
lychnidea de Dillenius, et qui est maintenant le phlox de Lin- 
iiaeus , généralement adopté. (J.) 

FO-NO-Kl. {Bot.) M. Thunberg cite sous ce nom japonois 
une variété du magnolia glauca , désignée aussi par lui et par 
Kaempfer sous celui de mokivurèn. (J.) 

FONOS. (Bot.) C'est, suivant Adanson, l'un des anciens 
noms du carthamus lanatus , Linn. , cités dans le livre de Théo- 
phraste. ( H. Cass. ) 

FONTAINE. (P/1J5.) Voyez Source. (L. C.) 
FONTAINE DES OISEAUX. {Bot.) On donne ce nom à 
plusieurs plantes dont les feuilles, connées à leur base, con- 
servent l'eau des pluies comme un petit bassin; la cardère à 
foulon, ou chardon à bonnetier, est dans ce cas. (L. D.) 

FONTANESIA. {Bot.) Genre déplantes dicotylédones, à 
fleurs complètes, polypétalées, régulières, de la famille des 
jasminées , de la diandrie monogynie de Linnaeus, qui a des 
rapports avec les chionanthus , et caractérisé par un calice à 
quatre divisions profondes ; deux pétales bifides ; deujc éta* 



FON 2 = 1 

jtnîncs; un style. Le^ fruit est une capsule supérieure, mem- 
braneuse , indéhiscente, à deux loges monosperraes. 

Ce genre a été établi par M. Delabillardiére , pour un ar- 
brisseau qu'il a découvert en Syrie , et que l'on cullive au 
Jardin du Roi depuis 1788. L'amitié l'a consacré à M. Des- 
fontaines : ses nombreux élèves ont applaudi avec reconiiois- 
sance à un hommage si bien mérité. Cet arbrisseau est au- 
jourd'hui très-commun dans les jardins de l'Europe. Ses fleurs 
se montrent au mois de mai : il entre dans les bosquets de 
printemps, et y forme des buissons assez agréables. Il ne craint 
pas le froid, et vient avec facilité à toute exposition, dans 
.»ous les terrains, pour peu qu'ils soient légers sans être hu- 
mides. On le multiplie de boutures ou de marcottes, et d'éclats 
séparés en automne, ou de graines semées au printemps. 
M. Desfontaines assure, d'après Michaux, que dans l'Orient 
ses feuilles étoient employées à la teinture. 

FoNTANESiA A FEUILLES DE FiLARiA : Foutanesia phUljreoides , 
Labill. , le, Syr, fasc. , 1 p. 9, tab. i; Lamk,, III. gen. , tab. 22. 
Cet arbrisseau s'élève à la hauteur de huit à dix pieds: il se 
divise, dès sa base, en rameaux glabres, opposés, un peu cen- 
drés, presque tétragonesdans leur jeunesse, grêles, nombreux 
et flexibles. Les feuilles sont opposées, pétiolées, glabres, 
ovales, lancéolées, très-entières, longues d'un pouce au plus, 
aiguës il leur base, mucronées à leur sommet, persistantes dans 
leur pays natal, les pétioles courts, géniculés; les fleurs petites, 
nombreuses, d'un blanc jaunâtre, disposées en petites grappes 
dans les aisselles des feuilles supérieures; le calice persistant, 
à quatre divisions obtuses et profondes; la corolle plus longue 
que le calice, composée de deux pétales à deux divisioi;8 
oblongues, concaves; les étamines un peu plus longues que 
la corolle , insérées à la base des pétales; les anthères oblon- 
gues, à deux sillons; l'ovaire supérieur, ovale; le style plus 
court que les étamines ; deux stigmates aigus, courbés en dedans. 
Le fruit est une capsule comprimée, membraneuse, un peu 
ovale, obtuse à ses deux extrémités, échancrée, à deux loges 
ailées, quelquefois trois. Chaque loge renferme une semence 
oblongue, presque cylindrique. (Poir.) 

FONTE DE FER. {Chim,) On donne ce nom à la substance 
fondue que l'on obtient en premier lieu d'une mire de fer 



:... FON 

réduite dans les hauts fourneaux , ;iu moyeu du cliarbdn. Nous 

allons en décrire les propriétés, et donner en même temps 

quelques détails théoriques sur Ja manière dont on l'obtient, 

et sur l'opération au moyen de laquelle on la convertit en fer 

malléable. 

1." Grillage. 

Le grillage qu'on fait subir à plusieurs minesde fer en roche 
qui contiennent du soufre ou de l'arsenic, a pour objet d'en 
séparer ces substances. On fait aussi subir la même opéra- 
tion aux mines spathiques, afin de les rendre propres à 
éprouver, delà part de l'atmosphère à laquelle on les expose 
ensuite, une action qui en rend la réduction plus facile. Eu 
grillant ces mines, on en dégage de l'acide carbonique, de l'eau 
de cristallisation: l'oxide de fer qui s'y trouve absorbe en même 
temps l'oxigène , et elles perdent leur compacité. Si elles 
conlieunent à la fois du soufre à l'état de pyrite et de la ma- 
gnésie, il se produit du sulfate de cette base. Descotils prétend 
querexposition de ces mines à l'atmosphère, après le grillage, 
a pour ob)ct d'en séparer la magnésie: que celle-ci est entraî- 
née par les eaux pluviales, soit à l'état de sulfate, soit à l'état 
dé carbonate, et qu'en perdant cette base, elles perdent leur 
propriété réfractaire. 

2." Fondage. 

A. Lorsqu'on traite par la méthode catalane une mine qui ne 
contient que de l'oxide de fer, celui-ci cède son oxigène au 
carbone du charbon que Ion a mêlé à la mine ; il en résulte de 
l'acide carbonique, de l'oxide de carbone et du fer métal- 
lique. 

B. Lorsqu'une mine contient, outre l'oxide de fer, de la 
silice, de l'alumine et de la chaux, on la traite dans les hauts 
fourneaux, afin de réduire l'oxide de fer, et de séparer les 
autres substances à l'état de laitier. Pour que ce but soit 
atteint, il faut que ces dernières soient dans une proportion 
telle qu'elles puissent se vitrifier. Coaséquemment, si la mine 
contient trop d'alumine, on y ajoute du sous-carbonate de 
chaux (castine) ; si elle est trop calcaire, on y ajoute de l'ar- 
gile (erbue), c'est-à-dire, de la silice et de l'alumine. 

La mine de fer introduite par le gueulard dans un fourneau 
d'e i5 mètres de haut, met de 60 à 71- heures pour descendre 



dans le creuset. Presque jusqu'uu uîomcnt où elle arrive vis-n- 
A'is delà luyèredu fourneau, elle se trouve précisément diinsle 
même cas que si elle étoit chauffée dans une cornue ; car, l'oxi- 
pène de l'air qui sort de la tuyère se portant sur le carbone . 
l'air se trouve bientôt changé en un mélange d'acide carbo- 
nique, d'oxide de carbone et d'azote, qui ne peut exercer au- 
cune action comburente sur le fer: conséquemment, la réduc- 
îion de l'oxide de fer, et, suivant M.Berzélius, celle d'un peu de 
silice, doivent avoir lieu comme dans un appareil clos. Lorsque 
la matière arrive devant la tuyère, elle présente un mélange 
de laitier et de fer, dont une partie est à l'état de carbure et 
d'oxide Jioir. Ces matières, ne restant qu'un instant exposées au 
vent du soufflet, ne peuvent guère éprouver l'action de l'oxi- 
gène, d'autant plus qu'il y a toujours un grand excès de char- 
bon ; alors elles se déposent dans le creuset; le laitier /i) , 
plus léger que le fer réduit, le surnage pour la plus grande 
parlie ! cependant le fer en relient toujours une portion. 

Quand les mines de fer, outre la silice , l'alumine , la chaux , 
contiennnent de la magnésie, de l'oxidede manganèse, desacides 
phosphorique et chromique, ainsi que cela a lieu le plus sou- 
vent dans les mines terreuses, suivant l'observation de M.Vau- 
quelin, ou trouve dans la fonte une certaine quantité de ces 
matières à l'état de laitier, ainsi que du phosphore, et proba- 
blement du manganèse et du chrome, qui ont été désoxigénés 
en même temps que le fer. 

C'est la présence de ces matières dans le fer qui lui donne 
la propriété de casser, soit à chaud , soit à froid, La conversion 
delà fonte en fer malléable, ou Vaffmage.a doncpour but d'eu 
isoler ce métal. Mais, avant de parler de l'affinage, nous 
exposerons les observations chimiques auxquelles la fonte a 
donné lieu. 

On a distingué les fontes enfantes Hanches , enfantes noires , 
en fautes grises, et enfantes traitées. 

Fontes blanches. 

Les fontes blanches peuvent avoir trois origines : ou elles 



CO Formé de silice, d'alumine, de cliaux et d'une eertaine quantité 
d'oïide de fer. 



224 FON 

proviennent de mines qui contiennent du soufre, du phos- 
phore, de Tarsenie, du chrome, en un mot, des substances 
qui donnent de la fusibilité à la mine ; ou elles proviennent de 
mines de fer carbonate , ou des fontes grises. 

Fontes blanches de laprernièreorigine.EUessoïittrès-àuTes, très- 
cassantes, plus fusibles que les autres fontes-, elles contiennent 
peu de carbone, beaucoup de laitier, beaucoup dephosphure 
et d'oxide de fer qui a échappé à l'action du charbon. 
L'existence de cet oxide dans la fonte, et le peu de car- 
bone qui s'y trouve , sont les conséquences de la fusibilité que 
les corps étrangers donnent à la mine ; car celle-ci , se fondant 
promptcment, ne reste pas assez de temps en contact avec le 
charbon pour que tout l'oxide de fer perde son oxigène, et 
pour que le fer réduit se combine à du carbone. 

Pour traiter avantageusement les rnines qui donnent ces 
fontes blanches , il faut les mêler à des substances qui en dimi- 
nuent la fusibilité. La chaux en excès peut être employée avec 
succès; elle s'empare de l'acide phosphorique , et en rend la 
désoxigénation par le charbon très-difficile. 

Fonte blanche de la seconde origine. Elle provient des mines 
de fer spathique. De toutes les fontes , c'est celle qui donne 
Vacier naturel de meilleure qualité. Sa conversion en fer doux 
est difficile. 

Fonte blanche de la troisième origine. Lorsqu'on fait refroidir 
brusquement la fonte grise , celle-ci prend la couleur, la dureté 
de la fonte blanche. 

Fontes noires. 

Elles sont moins dures, moins fusibles, que les fontes 
blanches ; elles se liment très-bien ; elles sont presque tou- 
jours ductiles; elles contiennent beaucoup plus de carbone 
que les fontes blanches, moins de laitier, moins d'oxide de fer 
et moins de phosphore et de chrome. Il est évident que, moins 
une mine sera fusible, plus de temps l'oxide de fer sera ex- 
posé au contact du carbone; par conséquent, plus il y en aura 
de réduit, plu» les circonstances seront favorables pour que 
le fer absorbe du carbone , et pour que le laitier se forme et se 
sépare d'avec la fonte. 

Fontes grises. 

Elles se rapprochent beaucoup des fontes noires; elles 



FON ,33 

en<Ii[rérent en .jf^néral par ur«.> moindre quantité de carbone, 
11 y a de la fonte grise aigre, il y en a de douce. 

Fontes truitées. 

Elles résultent d'une agrégation de fonte blanche et de 
fonte grise on noire, dont les parties de chacune d'elles sont 
assei: considérables pour être distinguées à la vue simple. Il est 
probable qu'il existe beaucoup de fontes grises qui ne sont 
qu'un mélange intime de fonte blanche et de fonte noire. 

Passons au moyen qu'on peut employer pour analyser les 
fontes, et supposons qu'il s'agisse d'y recounoître la pré- 
sence du fer, du carbone, du phosphore, du chrome, du manga- 
nèse, de Voxigène et du laitier, formé principalement de silice, 
d'' alumine et de chaux. 

Analyse des fontes. 

On met dans un ballon lo grammes de fonte; on le ferme 
avec un bouchon percé de deux trous: dans Tun on adapte un 
tube en S, afin de porter dans le ballon l'acide qui doit atta- 
quer la fonte; dans l'autre un tube qui se rend dans un flacon 
plein d'eau. 

Quand tout est ainsi disposé, on verse dans le ballon une 
quantité d'acide sulfurique à 20 d. (1) , suffisante pour enlever 
à la fonte tout ce qu'elle contient de soluble dans cet acide. 
Après que l'acide a agi, on a trois produits : 1.* une poudre 
noire insoluble dans V acide sulfurique, 2." la dissolution suif u- 
rique, 5." un gaz. 

i." Poudre noire. 

Lorsqu'on a séparé la poudre noire de la dissolution sul- 
furique , qu'on l'a lavée avec soin et séchée, ou la traite par 
lalcool. On filtre et on laisse évaporer spontanément la liqueur 
filtrée; il reste une huile claire, légèrement citrine, ayant 
une saveur acre et un peu piquante. C'est à M. Proust que nous 
devons la découverte de cette huile. Elle se produit par 
l'hydrogène provenant de la décomposition de Peau, qui ren- 
contre à l'état naissant du carbone très-divisé. Il est probable 
que cette combinaison fixe un peu d'eau. Toute cette huile 
ne se trouve pas dans le résidu : il y en a une portion qui s'est 
déposée dans le tube i gaz. La matière indissoute dans l'alcool 



^ Celui qui résulte d'un mélange d'une partie d'acide avec 3 partie» d eau 
^7- i5 



^26 \o^ 

est formée dp carbone, Je phosphore de fer, de chrome, dont 
une partie au moins p;iroit a l'état métallique, et de silict- , 
d'alumine de chaux, d'oxlde de mangauèse , et peut-être 
doxide de chrome. Ces six substances étoient probablement 
dans la fonte à l'état de laitier. 

En faisant détoner ce résidu, avec trois parties de nitraie 
de potasse, dans un creuset d'argeut, on obtient du sous-car- 
honate, du phosphate, du chromate, du silicate, de l'alumi- 
natede potasse-, on ajoute deux parties de potasse à la matière 
qui a détoné, et on fait chauffer jusqu'à la fusion; puis on 
fait bouillir le tout dans l'eau , et on filtre. 

Résidu. Il est principalement formé d'oxidcs de fer et de 
manganèse, de chaux, et peut-être de silice, d'alumine et 
d"oxide de chrome. On dissout dans l'acide hydrochlorique; 
on fait évaporer àsiccité, et on reprend par Teau : ce qui n'est 
pas dissous est la silice qui peut retenir de l'oxidc de chrome, ce 
qu'on reconnoit à la couleur verte qu'elle communique au bo- 
rax aveclequel on la fond. On précipite la chaux par la quantité 
f'roxalate d'ammoninque strictement nécessaire: on précipite 
les oxides de fer et de manganèse par la potasse caustique en 
excès, qui dissout l'alumine. On sépare celle-ci de la potasse 
au moyen de l'hydrochlorate d'ammoniaque. Enfin on redissout 
les oxides de fer et de manganèse dans l'acide hydrochlorique, 
et onpiTécipite le premier par lesuccinate d'ammoniaque. 

Solution. On la neutralise par un excès de nitrate d'ammo- 
niaque; on fait chauffer légèrement: la silice et l'alumine sont 
précipitées-, on filtre. On précipite l'acide phosphorique de la 
liqueur filtrée par l'eau de chaux ou le nitrate de chaux: on 
filtre le liquide ; on neutralise par l'acide nitrique l'excès 
de chaux , si l'on a employé cette base pure : en y ajoutant 
préensuite du nitrate de protoxide de mercure, on obtient un 
cipité qui, étant calciné, laisse de l'oxide de chrome. 
2." Dissolution sulfurique. 

En saturant l'excès d'acide de cette liqueur par le carbonate 
de potasse, on en précipite du phosphate de fer tenant un peu 
de chTomate. Le phosphate provient de ce qu'une portion du 
phosphure de fer de la fonte s'est dissoute en s'oxigénant aux 
dépens de l'eau -, mais cette portion est très-petite comparati- 
vement à celle qui reste dans la poudre noire. 



FON 2.7 

La dissolution séparée du phosphate de fer peut contenir 
avec le sulfate de fer, du sulfate de manganèse. Pour s'en, 
assurer, il faut en prendre une portion ; la faire bouillir avec 
de l'acide nitrique, afin de suroxider lefer; faire disparoitre 
l'excès d'acide; précipiter celui-ci par le succinate de po- 
tasse, et rechercher dans la liqueur la présence du manga- 
nèse. Il est nécessaire aussi d'y rechercher la présence de la 
chaux, de la magnésie et de l'alumine. 
5.' Gaz. 

11 est très-odorant; il brûle en bleu , et produit alors beau- 
coup d'eau et un peu d'acides carbonique et pliosphorique : 
il doit son odeur à du phosphore et à un peu d'huile. Si on 
le fait passer dans de 1'» au de chlore , le phosphore est 
converti en acide phosphorique, l'huile est décomposée, 
et le gaz, après cette opération, n'a plus d'odeur: il brûle 
en blanc rougeàtre, en produisant cependnrjt encore un 
peu d'acide carbonique. En mesurant le volume du gaz hy- 
drogène, on connoit la quantité d'eau qui a été décompo- 
sée, par conséquent la quantilé d'oxigène qui s'est fixée au 
fer, au manganèse et au phosphore qui ont été dissous : en 
déterminant la proportion de l'acide phosphorique , de l'oxide 
de fer et de l'oxide de manganèse ( la quantité de ce dernier 
est touiours très-foible) , on voit s'ils contiennent plus d'oxi- 
gène que l'eau qui a éié décomposée. Dana ce cas, l'excès 
d'oxigène fait conr.oître la quantilé de fer qui étoit dans la 
fonte à l'état d'oxide. 

Pour apprécier la proportion du carbone delà fonte d'une 
manière rigoureuse , il faut la dissoudre par l'acide sulfu- 
reux. Le résidu noir pouvant retenir du soufre , il est bon de 
le faire bouillir dans l'eau de potasse. 

Ajjlnage. Amener à l'état métallique l'oxide de fer qui se 
trouve dans la fonte, séparer du ferles corps qui en altèrent 
la ductilité ; tel est, ainsi que nous Pavons déjà dit, l'objet 
de l'affinage. 

Les substances qu'on sépare du fer par l'affinage, sont à 
l'état de laitier, crasses ou scories, et à celui de sublimé. 

La fonte est, comme on sait, chauffée dans un fourneau 
appelé ouvras,t , renardière^ tic. ^ jusqu'à ce qu'elle soit liqué- 
fiée. En la tenant quelque temps fondue, il s'en sépare des 

2 5. 



.2i; rOJN 

toories, qui ne sont que du laitier mêlé de plus eu moins de 
fer métallique ;. en même temps, la plus grande partie du char- 
bon contenu dans la fonte réduit l'oxide de fer : à mesure que 
le laitier, le charbon et l'oxigène abandonnent le métal, la 
fonte perd de sa fluidité-, elle se réduit en grumeaux, que l'crM 
réunit en une masse poreuse appelée loupe .- en battant la 
loupe sous le martincl, on en expulse presque fout le laitier 
qui y restoit, et en même temps les parties métalliques se rap- 
prochent et se soudent. 

Les scories varient suivant la nature des mines. Dans celles 
qui contiennent le plus de substances étrangères , comme les 
mines terreuses de Drambon , examinées par M. Vauquelin. 
on trouve beaucoup de fer métallique, de l'oxide de man- 
ganèse, de la silice, de l'alumine, de la chaux, de l'acide phos- 
phorique , et du chrome à l'état d'oxide ou d'acide. On trouve 
à peu près les mêmes watières que celles des scories dans le 
fer plus ou moins oxidé, qui se condense dans les cheminées 
du fourneau d'afîinage. Il est vraisemblable que la plus grande 
partie de ces matières est plutôt entraînée mécaniquement 
3)ar le courant d'air, que réduite à l'état gazeux par la force 
expansive de la chaleur. L'opinion émise dans la plupart des 
ouvrages qui parlent del'afiinage du fer, qu'une partie du char- 
Ion de la fonte est hrûlée par Pair atmosphérique que les souf- 
flets portent sur la surface de la fonte , ne nous paroît pas suf- 
fisamment prouvée; car, à cette haute température, le fer 
brûlant très-facilement et le carbone ne se trouvant dans la 
fonte que dans une foible proportion , n"arrive-t-il pas qu'il 
doit y avoir plus de fer brûlé que de carbone,- qu'en consé- 
quence l'air ne doit pas contribuer à diminuer la proportion 
du carbone par rapport au fer ? 

Les fers contiennent toujours, ou presque toujours, de pe- 
tites quantités de carbone, de silice ou de laitier, et quelque- 
fois du phosphure de fer. On peut les analyser comme les fontes. 

Nous terminerons cet article en présentant plusieurs ré- 
sultats d'expériences analytiques de Bergman, sur les fontes, 
les aciers et le fer. 

joo grains (i) des matières suivantes ont été dissous dans 
l'acide sulfurique d'une densité de 1,129, et ont donné : 
(»} Poids etmesHres de Paris. 



FON 229 

Gaz hjdrogèiie. 

Pouces cubes (i). Durée en niinuiei 

de ladissolulion. 

Fonte noire de Lewfstad. .. 66,9 4^ 

grise........... 5 1,6 4^ 

Fer de Lewfstad 66,1 1^ 

Fonte d'UUefors &4,2 4^ 

Fer 66, 1 1 5 

Fonte d'Akcrby 5o,2 5o 

Ferd'Akerby 65,5 1 ^^ 

Fonte de Formark 52, 9 55 

Acier de Formark 

recuit ou trempé 63, S lO' 

Fer de Formark 67,6 i5 

Fonte d'Halk fors 

bien réduite », 63,5 i5 

Fonte d'Husaby 63,5 3o 

Acier aimanté d'Husaby . . 58,2 25 

Ferd'Husaby 66,i 6 

Acier angloisrefondu .. .. 69,6 12 

Résidu noir obtenu par l'acide snlfurique , d'une densité de 1,129. 
de i 00 parties des substances suivantes : 

Fonte noire de Lewfstad 4 

Fonte grise de Lewfstad 3,3 

Fer battu provenant de cette fonte ►. o,3 

Fonte d'Ullefors ......,.._.... 2,0 

Ferbattu d'Ullefors o,î 

Fonte d'Akerby 2,6 

Ferbattu d'Akerby, o,& 

Fonte de Formark , 3,o 

Acier de Formark o,5 

Fer de Formark 0,1 

Fonte d'Hallefors bien réduite 5,3 

Fonte d'Hallefors mal réduite 4, 5' 

Acier d'Husaby 1,7 

Fer forgé d'Husaby 0,6 

Acier anglois 0,4 

(1) Poids et mesures de Paiii. 



23o TON • - 

Ces rôsulns noirs calcinés, brûlés sous une moiino , ne 
pprck-nt jam.iis plus de la moitié de leur poids de charbon, 
L(? résidu {ixe esl de la silice blanche. 

Des parties constiluaiites de roo grains ds fer clans ses divers 
ctals . d 'après Bergman. 



E.XTr.f.MI KXTRtlI» 

en moins en plus. 



Ma/ièrcs contenues dans la fonte. 



Silice i,io 3,40 2,25 

(-harbon ou p!oiub.if;ine i,to 3,3o 2,20 

Manganèse o,5o 3u,oo i5,25 

Fer 97, 3o 63,3o 80, 3o 

Total 100 100 100 

Pouces cubes J'air inflamnïable 5o,2 63,>.> 56,85 

Pesanteur spécifique moyenne 7>76o 

Matières contenues dans r mit r. 

Silice 0;3 0.90 0,60 

('.iiarl)on ou plombagine 0,2 0,80 o,5o 

T*<n'iganèse o,5 3o,oo i5,25 

Fer c|q,o 6S,3o 83,65 

Total 100 100 100 

Pouces cubes d'air inflammable 58,2 63, .5o 6o,85 

Pesanteur spécifique moyenne 7,720 

Matières contenues dans le fer. 
Fer ductile. 

Siiice o,o5 o,3o 0,175 

Charbon ou plombagine o,o5 0,20 o,i25 

Manganèse o,5o 3o,oo i5,25 

Fer 09,4*5 69,50 84,4^ 

ToT,..L 100 100 100 

Pouces cubes il'air inflammal)le 65,5 67,5 66,5 

Pesanteur spécifique moyenne 7j782 



FOJN 23i 

«Il moins. en plus. muycii. 

Fer cassant à chaud. 

«Siiice 0,3 

(>'(iarbon ou plonibai^iiip 0,7 

Manganèse o,5 

Fur 98.0 

Total. ». 100 

Pouces cuhes d'nir inflammaMc 63,5 63,5 

Pesanteur spécifique moyenne 7>753 

Fer cassant à froid. 

Silice o,o5 o,3o OjiyS 

Cfia'rbon on plombagine o,o5 o,3o 0,175 

IvTrtnganèse o,5o 2.00 a.sSo 

Fer 99-4o 97,40 97,400 

ToTAt 100 iOO 100 

Pouces cubes fl'nirin{lammalile. 66, i G8,8 67,45 

Pesanteur spécifique moyenne ,- r^,-g 

M. Vauquelin , ayant examiné plusieurs sortes de fonte et 
(le fer, y a trouvé du manganèse, mais clans nne proportion 
très-foible. Il est généralement reconnu aujourd'lnii que la 
proportion de 60 de manganèse, pour 100 de fonte, d'acier 
et de fer, donnée dans la table précédente, est beaucoup 
irop forle. 

Densités de plusieurs sortes de fonte ^ fer et acier, par Bergman. 

!S<" I. nj'.inclie , p.auvre , 6,6or 

2. Fonte \ grise , riche 6850 

3- (noire, supcrsal urée -r^aGa 

4. Al-Husaby ''42 

5- HeM.Qmsl 7,643 

^- Acier ;an.2;Iois rj^rjrjS 

7- ' ' \ de Formark r -707 

8. d'Ostcrby ^:^8^ 

9- U*^ même, trempe'.. 7,693 

ïO. ( de Lrwf.tad 7,754 

; •• Fer ductile { ^ S''''fc '"'"''" ''""''^ '^^^H 

12. l c\f Braiitfors -,798 

ï3. ( d'OsItrl.y 7,827 

14. Fer cassant à chaud de Norrberli 7,753 

\l- Fer cassant à froid \ l\?"f 7^792 

^''- i à Husaby 7,791 

( C"- ) 



S.Z2 FON 

FONTENELLE, d'Adanson {Bot. ). Voyez Fontinale. (Lem.) 
FONTILAPATHUM. (Bot.) C. Bauhin dit que Burser lui 
avoit envoyé d'Autriche, sous ce nom, le potamogeton pecti' 
natum. (J.) 

FONTINALE, Fontinalis. (Bot.) Genre de plantes de la 
famille des mousses , qui tire son cararfère essentiel de la 
structure de son péristome qui est double : l'extérieur a seize 
dents droites, un peu élargies; l'intérieur est membraneux, 
conique et réticulé. 

Les lontinalts sont des mousses qui . comme l'exprime leur 
nom, vivent dans les eaux des iontaineset des ruisseaux. Elles 
y prennent un grand développement; et, comme presque toutes 
les mousses qui croissent dans l'eau, on les trouve rarement 
avec leur fructification , la nature opérant leur multiplication 
par les nombreux bourgeons dont elles sont garnies, et qui 
se développent avec rapidité, au point que l'espèce la plus 
commune forme , en grande partie , les masses tourbeuses qui 
se forment de nos jours dans certains marais. Les fontinales 
ont une tige très-rameuse , qui s'élève à la surface de l'eau , et 
s'alonge beaucoup lorsque l'eau est courante. Cette tige et 
ses ramifications sont garnies dans toute leur longueur de 
feuilles petites, disposées sur deux ou trois rangées, ou même 
éparses, et presque touiours imbriquées. 

Les fontinales sont monoïques et quelquefois dioiques. Les 
gemmules, qu'Hedwig regarde comme les fleurs mâles, sont 
axillaires, ainsi que les flenrs femelles ou les urnes. Celles-ci 
sont presque sessiles et presque entièrement cachées par les 
folioles de la collerette ou périchœtium, qui l'entourent à la 
base , en forme de godet. La coiffe qui recouvre l'urne est 
lisse. 

La floraison de ces plantes s'opère à la surface de l'eau j 
alors les rameaux élèvent leurs sommités. 

Le nombre des espèces n'est pas très-considérable ; Bridel 
le porte à cinq , et peut-être faudra-t-il y ajouter une sixième 
espèce, le fontinalis juliana, deSavi(ou skitophyilumfontantim, 
Bach. delaPyl.,Journ. Bot. 1814, 2, p. 1 58, tab.o.f. 2); mousse 
qu'on n'a pas encore trouvée en fleurs, qui a le port des 
fontinales, et qui, comme elles, croît et flotte dans les eaux 
des fontaines et des ruisseaux. M. Gratcloup l'a trouvée à 



rois ^^5 

Dax ; M. Hecfot, à Nantes -, M. Duvau. à Rennes ,' à Laval , 
à Porithiyy . M Bachelôt, à Angers; etM.Savi, dans les fossés 
des eaux thermales de Saint-Julien. 

Les botanistes ont éliminé de ce genre le fontinalis minor 
de Dillen et de Linnaeus, qui, d'après ïurner, n'est autre 
chose que le trickostomum foatinaloides d'Hedwig, comme il 
s"en est assuré par la comparaison des échantillons conservés 
dans l'Herbier de Linnaeus avec ceux de la mousse d'Hedwig. 
C'est aussi le fontinalis alpina de Dickson ou cicclidotas de 
M. Palisot - Beauvois ; mais cette plante , que Bridel place 
dans son genre Racomitrum, et qui constitue le genre Sekra 
d'Adanson, n'est point le fontinalis minor de Villars et de la plu- 
part des auteurs, lequel est une véritable espèce defontinale, 
déjà décrite par Linnaeus sous le nom de /bn.iinaZis squammosa. 

Il y a encore le fontinalis pennata , Linn. , qui n'appartient 
pas à ce genre ; cette mousse est le nechera pennata^, Hedw» 
C'est aussi au genre Necfcera qu'on rapporte les fontinalis crispa 
et dislicha de Swartz. Voyez Harrisona , et Pilotrichum. Ce 
dernier genre , établi par Beauvois , renferme aussi les fon- 
tinalis flicina et filiformis , Sw. Enfin, le fontinalis albicans ^ 
Gmel, est placé dans le genre Hedv^igia, par M. Beauvois. 

Voici les espèces qui composent le genre Fontinale. 

La Fontinale incombustible ; Fontinalis antipyretica , Linn. y 
Hedw. , Lamk. , Illust. , tab. 873 ; Sowerb. , English Bot.,. 
tab. 33g ; Fontinalis , Dillen. , Musc. , tom. 33 , f. 1 ; Muscus , 
Vaill. , FI. Par. , tab. 33 , f. 5. Tige très-rameuse, ayant jusqu'à 
un pied et demi de longueur; feuilles disposées sur trois rangs, 
lâchement imbriquées, ovales -lancéolées , pointues, pliées 
et courbées en forme de triangle caréné , légèrement dentelées 
sur le bord, se divisant en deux parties dans leur vieillesse 
seulement; urnes presque sessiles, subcylindriques; opercule 
conique, obtus, quelquefois alongé; péristome externe rouge , 
à dents élégamment striées et réticulées ; péristome interne 
rougeàtre, membraneux, conique, réticulé. Cette mousse se 
trouve presque partout dans l'hémisphère septentrional , 
depuis la Propontide jusqu'en Laponie ; elle aime les eaux 
pures et courantes , et flotte à leur surface ; elle est verte ; 
mais, par la dessiccation, elle noircit. Ses rameaux florifères 
se redressent hors de l'eau , lors de la floraison , puis ils s'en- 



^^^^ FON 

foncent de nouveau. Elle croit quelquefois, en immense 
quantité, dans les marais et sur le bord des rivières; sur les 
roues des moulins, même celles en activité, ainsi que ncTus 
l'avons vu sur les rouages de la machine de Marly. Cette mousse 
n'a aucun usage important ; cependant Linnaeus rapporte que 
les Lapons en revêtissent leurs cheminées de bois pour em- 
pêcher que le feu n'y prenne. Voilà pourquoi Linnfcus lui 
a donné le nom spécifique (Vantipjretica. Ce n'est pas toutefois 
que cette mousse soit incombustible, car elle est aussi com- 
bustible que toute autre mousse; mais, comme elle conserve 
beaucoup d^humidité, et long-temps, elle peut empêcher la 
communication du feu. 

Lefontinalis erecta de Villars n'en est qu'une variété droite , 
selon Decandolle. 

La FoNTlNALE ÉCATLLF.tiSB : Fonfinalis squammosa , Lînn., 
Hedw., St.Ojpt., 0, tabl. 12 : Dill. , t. 33, f . 3 ; Fontinalis 
minor, Villars et Auctor. , non Linnaeus. Tig'e grêle , rameuse 
à Texlrémité ; feuilles disposées sur trois rangs , lancéolées en 
alêne: urnes presque sessiles, axillaires , cylindriques; oper- 
cule conique , obtus , court. Cette espèce se trouve dans les 
ruisseaux et les torrens des montagnes alpines ou avoisi- 
nantes , dans toute l'Europe septentrionale, et même dans 
l'Amérique boréale, si l'on en croit Schwsegriehen. Adanson 
place cette mousse dans son genre Harrisona. 

La FoNTiNALE FALCiFORME ; Fontiiialis falcata , Kedw., Musc, 
/rond., V, m, p. 67 , tab. 24, Bridel. Tige un peu rameuse ; 
feuilles disposées sur trois rangs, mais toutes rejetées du même 
côté , en manière de faux, carénées, à une seule nervure; 
feuilles du périchœtium engainantes, lancéolées, terminées 
en pointes alongées ; urnes ovales-oblongues, portées sur des 
pédicelles saillans. Cette mousse n'a pas encore été trouvée 
ailleurs qu'en Laponie , en Suèdp et en Frise, dans les ruis- 
seaux et les rivières, attachée aux pierres. 

La FoNTiNALE capillaCée ; Fontinalis capillacœa , Smith, FI. 
Brit. Tige rameuse ; feuilles éparses, linéaires, sétacées, caré- 
nées et falciformes; feuilles du périchœtium aiguës , réu- 
nies en une pointe piquante; urnes droites, presque cylin- 
driques, à opercule conique, subulé , très-pointu. Cetle 
mousse est indiquée dans les ruisseaux des montagnes de la 



FOR 05 

Suède et dans les eaux de la Pensylvanie aux Etats-Unis. 
Bridel se demande si ce n'est pas une espèce du genre 
Anectangium, 

La FoNTiNALE SUBULÉE : FouHnalis sululata , Pal. Beauv. ; Brid. 
Tige flottante , très-rameuse , à rameaux étalés; les supérieurs 
recourbés en dedans; feuilles imbriquées sur deux rangs, éta-^ 
lées. lancéolées-subulées, carénées, a nervures continues, 
feuilles du péricliœtium formant une espèce de gaine qui 
enveloppe l'urne. Cette espèce a été observée par M. Palisot- 
Beauvois, dans les eaux pures de l'Amérique septentrionale, 
en Géorgie. ( Lem.) 

FONTINALIS. [Bot.) J. Bauhin est un des premiers botanistes 
qui aient fait usage de ce nom pour désigner la fontinale 
incombustible, espèce de mousse décrite au genre Fontinale. 
Dillen et, après lui, presque tous les botanistes, ont nommé 
fontinalis le genre qui comprend cette mousse, et auquel les 
botanistes ne rapportent pas tous les mêmes espèces. (Voyez 
Fontinale.) Anciennement le nom de fontinalis a été appli- 
qué à diverses plantes aquatiques. (Lem.) 

FONTON. (Ornith.) L'oiseau de Guinée qui porte ce nom, 
et dont il est fait mention dans la Description de l'Afrique 
par Dapper, p. 268 , et dans la relatian de la même partie du 
monde, par de la Croix, t. 2, p. 52 5, est vraisemblablement 
le coucou indicateur, cuculus indicator,hev. (Cii. D.) 

FONTSI, Ontsi. (Bot.) Une variété de bananier, distincte 
par ses fruits gros et longs comme le bras, est ainsi nommée à 
Madagascar, suivant Flacourt. (J.) 

FOO, Moo , Itzingo (Bot.) : noms Japonois d'une ronce , rubus 
cœsius, suivant Kaempfer etThunberg. Celui defoosen est donné 
à deux roses, rosa canina et indica, ainsi qu'à la belle de nuit, 
nyctago; ceux de/00-sfci et foo-dsuki à un coqneTet , phfsalis 
angulata; celui àe fooki^gusa à une anserine , chenopodium scO' 
parium. (J.) 

FOOAHA (Bot.), nom arabe de la garance, suivant Shav/, 
M. Delile l'indique sous celui defouah (J.) 

FOORAHA. {Bot.) Voyez Fouraha. (J.) 

FORA-0 (Mamm.), nom du furet en Portugal -. de Ikfora-o 
de Scythia est le nom de la martre-zibeline dans la même con- 
trée. (V. C.) 



^^-^> FOR 

FORAS-L'BON (Mamm.), noui de l'hippopotame, dans lar- 
Basse-Egypte, suivant Zerenghi. (F.C. ) 

FORBESfNx\(J5o/,), nom italien donné dans les environs de 
Bologne, suivant Gesner, cité par C. Bauhin, au bidens tripar- 
lita: Césalpin le nomme verhesina- Dodoens, hepaturium aqua- 
êile et pseudo-hepatorium. (J.) 

FORBICINE, Forbicina {Entom.) , nom d'un genre d'in- 
sectes aptères à mâchoires, de la famille des séticaudes ou 
nématoures , à corps aplati , à six pâtes, à antennes longue* 
en soie, et à ventre ou abdomen distinct du corselet, ter- 
miné par des soies alongées. 

Ce nom de forbicine se trouve dans Aldrovande, de In- 
sectis, lib. r, cap. Î5. D'après la figure , il convient a l'insecte 
qui fait l'objet de cet article : aussi Geoffroy, qui a carac- 
térisé le genre, a-t-il adopté le nom d'Aldrovandc , qui l'avoit 
appelé ainsi pour indiquer ses rapports avec le perce- 
oreille, en laun forficula. Quoique les forbicines soient ap- 
tères, elles ne paroissent cependant pas éloignées, par l'or- 
ganisation, les mœurs et les habitudes, des insectes de ce 
dernier genre, ou plutôt des blattes et autres orthoptères. 

Fabricius a donné aux forbicines de Geoffroy le nom de 
lepisma.Ce nom indique l'une des particularités de ce genre, 
donttoutes les espèces sonten effet couvertes de petites écailles 
brillantes, comme celles des poissons, du mot grec Xivrtç, 
écaille. 

Les forbicines sont des insectes qui fuient la lumière, comme 
les blattes; qui se retirent dans les lieux secs et obscurs, et 
qui courent, pendant la nuit et dans le danger, avec une 
grande vivacité. Cette célérité dans la fuite, et les écailles 
nacrées dont la plupart des espèces sont couvertes , les ont fait 
désigner sous le nom de petits poissons de terre par les enfans; 
et , comme on les rencontre souvent dans les armoires où l'on 
conserve le linge, les vcteaiens, les provisions, on leur a 
aussi donné le nom de lingères. 

Comme le remarque Geoffroy, ces insectes ont trois carac-, 
tères essentiels, dont un seul suffiroit pour les distinguer de 
tous les autres genres. Le premier de ces caractères consiste 
dans la forme des pâtes qui sont larges et aplaties, surtout 
a leur origine, et qui, de plus, à cet endrort de leur nais- 



FOR .5; 

sance dont elles s'écartent à angle droit , comme dans les 
lézards, sont recouvertes de grandes etlargesplaquesminccs, 
semblables à de grandes écailles, comme dans les biaties de 
cuisines; une partie de la cuisse de l'insecte est cachée sous 
ces écailles; et lorsqu'il replie les articulations de ses pâtes . 
en les ramenant sous le corps, il peut les tenir presque en- 
tièrement à couvert. Le second caractère des forbicines cou-' 
siste dans les deux palpes alongés et très -mobiles, qui gar- 
niv'^scnt la bouche de ces insectes. Enfin , le troisième et 
dernier caractère dépend de la conformation de la queue , 
qui est garnie de trois longs filets , dont l'un, qui est celui 
du milieu , est droit et dans la même direction que le corps. 
Les deux latéraux peuvent rester et restent presque cons- 
tamment dans une direction différente, et forment, avec le 
corps et le filet du milieu , un angle presque droit. Outre 
ces trois grands filets , les parties latérales du ventre de la 
forbicine sont encore garnies d'une rangée de petits appen- 
dices soyeux, articulés à leur base; l'animal s'en sert pour 
s'appuyer sur le sol et courir plus rapidement. 

On ne connoît pas encore le mode de réunion des sexes, et 
on n'a pas observé les différences qu'ils présentent. Les œufs 
passent probablement l'hiver; car on voit au printemps de 
petits individus qui ne paroissent pas éprouver de véritable 
métamorphose , mais seulement une mue , comme cela arrive 
à la blatte des cuisines, qui ne prend jamais d'ailes. 

Les espèces de ce genre sont les suivantes : 

FoRBiciNB LiNGÈRE OU DU SUCRE ; Lepismu saccharina. 

Aplatie, alongée, d'un gris argenté. Geoffroy, Insectes des 
environs de Paris , tom. ii, pl. 20, fig. 3. 

L'insecte est demi-cylindrique, d'un gris argenté, bleuâtre 
ou blanchâtre, Linnfeus dit que cet insecte est originaire de 
l'Amérique; qr.'on le trouve dans les habitations, dans les 
meubles, et surtout avec le sucre; qu'il est venu en Europe 
avec cette denrée, et qu'il s'y est propagé; qu'en 1770 à peine 
avoit-il pénétré en Suède. De Villers croit que cet insecte ne 
fait pas tort aux livres ; qu'au contraire il fait sa nourriture 
principale des cirons, qui se développent dans la matière 
amylacée cuite, et qu'on comme des psoques ou des poux da 
3)ois, 



^38 FOU 

FoRBiciNE RL'BANNjéÈ ; Lcpisma vittata. 

Grisâtre, à points noirs, très-irréguliers , et a cinq lignes Zon- 
gitudinales blanches. 

Cette espèce est devenue très-commune à Paris : on la trouve 
le soir sur les murs élevés, exposés au midi ou au levant; elle 
se retire de jour dans les fentes des murailles et dans les boi- 
series qui garnissent et formentles croisées : elle atteintquatre 
fois la longueur de la vulgaire. 

FoaBiciNE rayée: Forbicina lineata. 

Brune, avec deux lignes blanclies longitudinales, blanche en- 
dessous. 

De Villers l'a observée en Suisse. 

M. Latreillea désigné, sous le nom de Machile (voyez ce 
mot), des espèces de forbicines, entre au 1res la polypode, celle 
que Geoffroy a nommée la sauteuse, parce qu'elle a le corps 
cylindrique, et qu'elle saute à l'aide d'une sorte de fourche 
qui se replie sous le ventre, à peu près comme da&s les po- 
dures. Nous en avions fait le genre Lépisme, dans le tableau" 
analytique de la famille des séticaudes , de la Zoologie analy- 
tique. Pour éviter la confusion, nous adopterons le nom de 
machile. (CD.) 

FORELLE , FoHRE ( Ichlhjol.) , deux des noms allemands 
de la truite. (H. C.) 

FORELKRA ( Ichthyol. ) , un des noms norwégiens de la 
truite. (H.C.) 

FORESTIÈRE, Forestiera. {Bot.) Genre de plantes dicoty- 
lédones, à fleurs incomplètes, dioiques-, de la famille des jas- 
minées, de la dioécie diandrie de Liiinaeus , qui présente pour 
caractère essentiel : Des fleurs dioïques: dans les fleurs mâles , 
un calice à quatre folioles lancéolées; point de coro.le; deux 
ou trois étamines: dans les fleurs femelles, un calice à quiilre 
folioles, deux opposées plus grandes; un ovaire supérieur, 
pédicellé, contenant deux ovules; un style ; un stigmate en 
tête, à deux lobes : le fruit est une baie drupacée , ordinai- 
rement monosperme. 

Ce genre a été établi par Michaux sousle nom d'flcZeZia; Will- 
denow y a substitué celui de borja -. mais ces deux noms ayant 
été déjà employés, le premier par Linnœus , le second par 
M. de Labiilardière (voyez Adklie et Vincerole ; Borya) , 



FO R 2:-.c, 

Torn. V, Suppl.) , j"al été forcé d'eu adopter un autre, que 
j'ai consacré à la mémoire de mon estimable ami Forestier, 
dont j'ai à regretter la perte presque récente. Il exerçoit la 
médecine à Saint-Quentin-, il aimoit beaucoup la botanique, 
et s'est toujours fait un plaisir d'en inspirer le goût et d'en 
faciliter l'étude à ceux qui s'y livroient : c'est de lui que j'en 
ai reçu les premières leçons, et je lui dois les momens bien 
agréables employés à l'étude de cette aimable science. Ce 
genre comprend des arbrisseaux à feuilles opposées, dont les 
tlenrs sont fort petites, axillaires, agglomérées. 

Forestière ACUMiNÉE: Forestiera acuminata , Poir. ,Encycl.Sup. 
et m. Gen. Sup.Icon.; Adelia acuminata, Mich., Amer. ,2, tab. /,8 ; 
Borja acuminata , Willd., Spec. Arbrisseau glabre sur toutes 
ses parties, dont les tiges se divisent en rameaux étalés, par- 
semés de points blancs , garnis de feuilles opposées, pétiolées , 
ovales -lancéolées, à peine denticulées, longues de deux ou 
trois pouces : souvent de l'aisselle des feuilles sortent sous la 
forme d'une longue épine, de petits rameaux nus ou feuilles. 
Les fleurs sont dioïques-, les fleurs mâles sessiles; les femelles 
longuement pédonculées , droites, réunies par fascicules dans 
l'aisselle des feuilles. Il leur succède une baie ou plutôt un 
drupe alongé, un peu arqué, terminé en forme de bec, ren- 
fermant une semence oblongue, rétrécie à ses deux extrémités. 
L'embryon est renfermé dans une substance épaisse, charnue, 
un peu cornée. Cette plante croît sur les bords des rivières, 
à la Caroline, et dans la Géorgie. 

Forestière A feuilles de troène : Forestiera ligustrina, P»ir., 
Encycl. Sup.; AdelicuUgustrina, Mich. , 1. c. : Borja, "\Villd. , Spec, 
Arbuste d'un aspect élégant, qui ressemble au troène par ses 
feuilles et son port. Ses rameaux sont glabres, garnis de feuilles 
glabres, opposées, pétiolées, un peu membraneuses, oblon- 
gues-lancéolées, très- entières, aiguës au sommet , rétrécies à 
leur base; les pétioles très-courts. Les fleurs sont axillaires, 
fasciculées, accompagnées à leur base de quelques petites 
écailles en forme de bractées. Les fruits sont courts et ovales. 
Cet arbuste croît parmi les broussailles, au pays des Illinois 
et à Tennassée. 

Forestière poreuse : Forestiera porulosa , Poir., Encycl. Sup.; 
J.deliaporulosa.Mich., I.c.;ifor^a., Willd. j5pec,Arbrisseaugarui 



=4o FOR 

de feuilles sessiles, coriaces, opposées, oblongu es -lancéolées 
ou un peu ovales , glabres à leurs deux faces , obtuses au 
sommet, réirécies vers leur base , vertes en dessus, presque 
couleur de rouille en dessous, un peu roulées à leurs bords, 
parsemées de pores transparens. Cette plante croît dans la 
tioride , sur les bords de la mer. 

Forestière A FEUILLES de cassine : Forestiera cassinoides , Poir., 
Encycl.Sup.; AàeliafoUis ovatis, etc.,Brown, Jam., 36 1, tab.56, 
lig. 5; Lamk., III. gen. , tab. 83 1 , fig. i. Cette plante croît aux 
Antilles. Elle a le port d'un cassine; ses rameaux sont glabres 
et cendrés; ses feuilles opposées, pétiolées, coriaces, en ovale 
alongé, entières, obtuses, roulées à leurs bords, glabres à leurs 
deux faces, veinées et réticulées en dessous. Les fleurs sont 
petites, dioïques, réunies dans l'aisselle des feuilles en petits 
paquets pédoncules. (Poir.) 

FORESTIERS. (Ornith,) Ce terme qui, dans la traduction 
donnée par Sonnini de la seconde partie des Voyages de 
M. d'x\zara dans l'Amérique méridionale , correspond aux 
monteses de Fauteur espagnol, tom. i , p. 429 de son Orni- 
thologie du Paraguay, ne saureit caractériser avec précision 
aucune famille particulière; et M. d'Azara ne Fa employé 
qu'à défaut d'une dénomination plus convenable, pour dési- 
gner des oiseaux qui habitent constamment les bois épais et 
fourrés, sans même se poser sur les branches sèches. Il leur 
a trouvé des rapports avec les becs-en-poinçon ; mais leur bec 
est plus pyramidal, comprimé sur les côtés et un peu courbé, 
par où ils diffèrent surtout des derniers, qui Font tout-à-fait 
droit. Les narines sont placées dans un enfoncement, et la 
langue, dont la forme n'est indiquée que pour la première 
espèce, est un peu grosse et étroite. L'auteur espagnol fait aussi 
Fénuméretion d'autres particularités par lui observées ,■ et 
qui, quoique d'une importance secondaire, lui paroissent 
propres à mieux établir la séparation entre les becs-en- 
poinçon et les forestiers. Ceux-ci ont le corps plus gros, 
ainsi que la tête, dont le sommet , comme le dos, est moins 
garni de plumes j les douze pennes caudales sont plus foibles, 
plus longues, et ont Fextrémité un peu pointue; l'aile, éga- 
lement pointue, est plus courte et moins forte; la plus longue 
de ses dix-huit pennes est la quatrième} la janïbe, le tarse et 



FOR 

les doigts sont un peu plus longs; les mouvemens n'ont pas 
autant de vivacité, et l'instinct paroît être doué de moins de 
finesse. Ces oiseaux sédentaires ne se rassemblent que par 
jjaires, et même peut-être point pendant l'année entière. 

Ces caractères rapprochent les forestiers desfnngiUes; mais, 
celles-ci ayant le bec droit, tandis qu'il est courbé chez les 
autres, cette circonstance est suffisante pour les en séparer. 
M. Vieillot leur a aussi trouvé de grands rapports avec ses 
némosies ; mais ces derniers oiseaux ont, à l'extrémité de la 
mandibule supérieure, une petite échancrure dont M. d'Azara 
ne parle point, et ilseroit nécessaire d'avoir des détails plus 
étendus pour former des forestiers un genre distinct. On se 
bornera donc provisoirement à indiquer ici les cinq espèces 
que M. d'Azara a décrites sous ce mot. 

Le Forestier a tête dorée, Az. , n." i i3, est long de cinq 
pouces et demi; sa queue est étagée -, il a la tête d'un beau 
jaune, qui jette des reflets d'or jusqu'aux yeux; la gor<'e, 
les côtés du corps et les plumes anales , sont d'un blanc doré; 
le reste des parties inférieures est blanc, et les parties su- 
périeures sont brunes. Le bec, d'un brun clair en dessus , est 
d'un bleu de ciel en dessous ; l'iris est brun, et les tarses sont 
plombés. Le naturaliste espagnol regarde comme la femelle 
un individu dont les ailes avoient moins d'envergure, dont la 
tête étoit d'un roux doré avec quelques taches plus vives, et 
dont les autres parties étoient d'un brun jaunâtre, plus clair 
en dessous. Ces oiseaux sautillent presque sans cesse à la 
moitié des arbres touffus. 

Le Forestier a tête écarlate , Az. , n." 1 1 4 , qui est très-rare 
au Paraguay, et qui, suivant Sonnini, seroit le même que 
l'oiseau figuré dans la Zoologie danoise , pi. 04 , n.° 284 , sous 
le nom de mésange grise, couronnée d'écariate, parus griseus, 
Gmel. et Lath. , n"a que cinq pouces deux lignes de longueur : 
son bec , noirâtre en dessus et d'un bleu terreux eu dessous^ 
tst, ainsi que les yeux, entouré de noir; le reste de la tête e^t 
d'un rouge écarlate. Les couvertures supérieures des ailes sont 
noires, et les couvertures inférieures blanches. Leurs peniies 
sont noirâtres, et le plumage est, sur les autres parties du 
corps , d'un bleu d'ardoise plus clair en dessous. 

Le Forestier vert a tètjï rousse, Az., h." 1^, est long de 
1". iC 



M2 FOR 

six pouces. La penne exiérieurede la queue , de chaque c6té, 
est de deux lignes et demieplus courte que les intermédiaires-, 
1« bec, brun en dessus et blanchâtre en dessous, est presque 
droit. Le sommet de la tête est roux; les côtés sont cendrés, 
et le derrière du cou est verdàtre, ainsi que le dos; le devant 
du cou , les ceuverturi-s des ailes et le bord des pennes sont 
jaunes; la poitrine et le ventre sont d'un blanc roussàtre , et 
les plumes anales offrent une teinte mélangée dejaune , de vert 
et de blanc. 

LeFonEsriER rouge et noirâtre, Az. , n.° 116, dont le ra- 
mage est agréable, a cinq pouces et demi de longueur, et la 
penne extérieure de la queue , de chaque côté , est plus 
courte que les autres de quatre lignes. Le dessus de la tête, 
ses côtés et le haut du cou, sont d'un noir bleuâtre; il y a 
an-deftsus des yeux un trait blanchâtre ; un autre , de la même 
coulèar, part du coin de la bouche, et un troisième, au- 
dessous , est d'une teinie noirâtre; le bas du cou et la moitié 
du dos sont d'un roux brun , et l'autre moitié est rougeàtre , 
ainsi que le croupion; les couvertures des ailes sont plombées, 
■et les pennes alaires et caudales sont noirâtres , avec une bor- 
dure rousse; l'extérieure de ces dernières pennes est terminée 
par une tache blanche. La gorge et le devant du cou sont 
d'un brun clair; le ventre est blanchâtre, et les plumes anales 
sont d'un noirâtre brillant. 

Le Forestier dohé et noirâtre, Az., n.° 1 17 , est de laméme 
taille que le précédent. Le bec , noirâtre en dessus et blan- 
châtre en dessous, est jaune à sa base, et la même couleur 
s'étend sur les côtés de la tête €t les parties inférieures; une 
portion de l'aile est de couleur d'or. L'oiseau a le dessus du 
corps d'un vert sombre, raison pour laquelle, sans doute , 
M. Vieillot a substitué, à Tépithète de noirâtre, celle de ver- 
dàtre, qui paroît en effet lui mieux convenir. M. d'Azarafait 
mention d'un autre individu , moins long de trois lignes et 
demie, dont le bec n'étoit pas comprimé, etdontles couleurs 
présentoient quelque différence. 

Trois chipius de l'auteur espagnol ont été réunis par 
M. Vieillot aux forestiers , quoiqu'ils ne pénètrent point dans 
les bois, dont ceux-ci ne quittent jamais les parties les plus 
épaisses. Ce sont les chipius noir et rougeàtre , brun et roux, 



FOR .43 

noir et blanc, n.'" 142 , i45 et 144 des Oiseaux du Paraguay^ 
qui sont décrits sous le mot Chipiu , pag. 691 du tom. via" d^ 
ce Dictionnaire. (Ch. D.) 

FORET {Conchyl.) , nom marchand d'une espèce de coquille 
du genre Vis, le murex slrigillatus de Linnéeus. (DeB.) 

FORFICULE, ou Perce-oreili.e, Forficula. {Entomol.) Lin- 
naeus a désigné ainsi un genre d'insectes orthoptères, déjà 
décrits par Mouffet sous ce nom latin et sous celui d'auricu- 
laria, et qui paroît correspondre aux orsodacnes {opffoS'otx.v» , 
prêts à mordre) d'Aristote. 

Ce genre est réellement tout-à-fait anomal ; aussi en avons- 
nous formé une famille disfincte parmi les orthoptères, sous 
ce même nom françois de perce-oreilles, ou labidoures, des 
mots grecs XstCiç tS"oc, tenaille, et de oupa, queue. Il nous 
paroît que le nom de perce-oreilles tient à la conformation 
de l'extrémité du ventre, qui ressemble à une sorte de te- 
nailles ou de petites pinces courbées dont se servoient 
autrefois les orfèvres pour percer le lobe inférieur de l'oreille 
et y introduire l'anneau des boucles d'oreilles. On nommoit , 
•en vieux françois, les forficules, aureilliez-perceaureiltes , oreil- 
lières , auriculaires , et ce nom leur est resté; mais il a donné 
lieu à beaucoup de préjugés. On a supposé que l'insecte, qui 
fuit la lumière, et qui cherche les cavités étroites , s'intro- 
duisoit pendant le sommeil dans le conduit auditif; qu'il y 
perçoit le tympan , et qu'il pénétroit même jusqu'au cerveau ; 
et le peuple en est encore persuadé. Linnaeus a dit de cet 
insecte : Aures dormientium interdum intrans , spiritu frumenti 
pelleada. De sorte qu'une proscription générale est étendue 
sur cette race d'insectes, soit en raison des torts réels qu'elle 
fait dans nos jardins, soit à cause de ceux dont on l'accuse 
bien faussement. 

Les perce-oreilles ont , pour la forme générale , quelques 
rapports avec les staphylins : comme eux, ils sont alongés , 
avec la tête, le corselet et l'abdomen à peu près de même 
largeur. Sous l'état parfait leurs élytrcs sont courtes , peu 
«paisses et flexibles: mais elles sont voûtées, et elles re- 
couvrent des ailes membraneuses presque aussi longues que 
l'abdomen , qui se plient et se plissent admirablement, et qui 
s'étendent rapidement, comme par un mouvement de ressort, 



244 FOR 

lorsque l'insecte fait agir les muscles, dont les tendons sont 
logés dans une coulisse pratiquée au-dessous des nervures 
^principales qui soutiennent une membrane d'une ténuité telle 
que la lumière s'irise en la traversant. Ces ailes suffisent 
cependant pour transporter l'insecte dans les airs. Les ner- 
vures, au nombre de dix-huit, dont neuf plus courtes , repré- 
sentent les touches des éventails; mais elles peuvent se couder, 
sans perdre de la solidité dont elles ont besoin pour s'ap- 
puyer sur l'air, et elles donnent ainsi à l'insecte la faculté de 
voler ou plutôt d'être transporté par l'air k de grandes dis- 
tances. La manière dont ces ailes membraneuses sont pliées 
en travers, mais en présentant trois articulations , les rapproche 
des coléoptères, qui n'ont qu'un coude, et les éloigne des 
orthoptères, qui, comme ce nom l'indique, n'ont pas les 
ailes coudées : cependant ce sont de véritables orthoptères, 
par les métamorphuses qui sont incomplètes et qui ont leurs 
nymphes motiles, ainsi que les larves qui, en apparence, 
sont semblables à Tinsecte parfait, sauf les élytres. 

La tête des forficuks est, en général, aplatie un peu 
en cœur; mais la partie qui est en arrière , n'est pas échan- 
crée i on n'y voit pas de stemmates : les antennes sont en 
til , composées de treize articles, dont le premier est le 
plus long , et le second le plus court; elles sont insérées laté- 
ralement au-dessous des yeux, qui sontarrondis et à surlace 
chagrinée. La bouche est composée d'une lèvre supérieure, 
arrondie, appliquée sur des mandibules saillantes, pointues 
et comme fourchues à leur extrémité libre. Les mâchoires 
sont garnies en dehors d'une gaiète , comme dans tous les 
orthoptères , avec un palpe de cinq articles alongés-, la lèvre 
inférieure est divisée en deux, et ses palpes n'ont que trois 
articulations. Le corselet est un peu plus étroit que la tête et 
la poitrine; il est tronqué en avant, arrondi sur les côtés et 
derrière; il ne supporte pas d'écusson, et il semble s'appli- 
quer sur les élytres , comme dans les lampyres. Les pâtes sont 
courtes , aplaties, à hanches arrondies : elles sont terminées 
par trois articles, dont le premier est beaucoup plus long 
que le second, qui offre deux petits lobes en dessous; le troi- 
sième supporte deux crochets. 

L'abdomen se termin« constamment par deux crochets ou 



FOR 2.',=i 

Lranches dans les deux sexes; ces crochets forment une pince 
qui offre, dans la plupart des espèces, des différences chez 
le mâle, où elles sont plus développées, autrement courbées, 
et quelquefois conformées d'une manière toute particulière. 

On trouve les forficules , sous leurs trois états, dans les jar- 
dins et les potagers, où elles font de très-grands ravages, en 
rongeant pendant la nuit les jeunes pousses, les fleui's et les 
fruits des végétaux. Elles attaquent principalement les fruits 
à noyaux et à pulpe molle et sucrée : elles sont la peste des 
fleuristes, dont elles détruisent toutes les jouissances; les 
œillets en sont particulièrement attaqués. On n'a trouvé 
d'autres moyens jusqu'ici pour se débarrasser de ces fâcheux 
insectes, que de leur procurer des retraites obscures et 
sèches, dans lesquelles l'animal se retire pendant les heures 
du jour pour s'abriter de la lumière et de la pluie. On se 
sert pour cela de coquilles d'escargot et de sabot des pieds de 
mouton et de cochon , dont on garnit l'extrémité libre des 
tuteurs, ou de baguettes que Ton place au milieu des touffes 
de plantes que les forficules attaquent. Ces insectes s'y re- 
firent, et chaque matin on enlève ces retraites, on les jette 
protnptement dans l'eau, et tous les animaux qu'elles recèliMit 
ne tardent pas à périr submergés. C'est le meilleur moyen que 
connoisscnt encore les jardiniers. 

Mais, si les perce-oreilles sont nuisibles aux amateurs de 
jardins, en cherchant à subvenir à leur existence, elles four- 
nissent aux naturalistes des particularités de mœurs fort inté- 
ressantes. 

Degéer a observé leur reproduction. Il a vu que , dans la 
réunion des sexes, qui dure des journées entières, les deux 
individus se trouvoient opposés et sur une même ligne, les 
pinces placées respectivement sur leur abdomen , celle de la 
femelle entre celle du mâle. La femelle pond ses œufs dans les 
lieux humides et obscurs, par tas, au-dessus desquels on la 
voit constamment se tenir comme une poule sur ses œufs; et 
si on les dérange, ou s'ils se trouvent dispersés, la mère les 
recueille, en les soulevant et les transportant délicatement 
avec les mandibules. Les petits qui en proviennent, vers le 
mois de mai, sont d'abord blancs, mous, presque transpa- 
rens. Les antennes sont beaucoup plus courtes , proportioiir- 



=4«5 FOR 

nément ; elles n'ont même alors que sept à huit articles. Elles 
changent souvent de peau : aussi frouve-t-on , autour et dans 
la retraite où elles vivent en famille, un gi-and nombre de dé- 
pouilles hlanches transparentes; la mère ne quitte les larves 
que quand elles peuvent subvenir complètement a leurs besoins. 

Le genre des forficules est peu nombreux en espèces ; les 
principales sont les suivantes : 

FoRFicuLE GÉANTE, Forficula gigantea. Elle a près d'un pouce 
de longueur. On a compté vingt-neuf articles cà ses antennes. 
Sa couleur est d'un jaune pâle: les pinces sont presque droites, 
denticulécs, noires à l'extrémité, et portant une dent obtuse 
vers leur milieu interne. On la trouve dans le midi de l'Eu- 
rope, en Italie. 

FoRFicuLE OREiLLÈRE, Forficulu auriculariu. Ccst l'espèce la 
plus commune, figurée par Degéer, tom. m, pi. 26 , f.° 16. 
Elle n'a guère que six lignes de long : elle est brun-jaunàtre^ 
avec les pâtes pâles , les pinces arquées , simples et sans den- 
telures, excepté à la base. C'est celle dont le développement 
a été suivi avec le plus de soin. 

FoRFicuLE BIPONCTUÉE, Forficiila hipunctata. Chaque élytre 
porte d€ux taches plus pàks. 

FoRFiCDLA PERALLÈLE, Forficulu parallela.'Nous avoxis fait figu- 
rer cette espèce dans l'Atlas, dais la planche des orthoptères, 
.'ivec les anomides : les élytres sont mal enluminées; elles ne 
sont pas vertes, mais d'un jaune pâle. 

FoRFicuLE NAINE, Forficula /nnzor. C'est une très-petite espèce 
qui n'atteint guère que trois lignes. Elle est brune , plus for- 
cée en avant : le dessous et les pafes sont pâles ; les pinces 
sont droit{s, ou non arquées. Elle vole le soir, surtout sur 
les bords des routes. Elle vient souvent se brûler Tété , en se 
jetant la nuit autour des lumières de nos appartemens. (CD.) 

FORGAA, Frœkohl [Bol.), noms égyptiens du jussiœa dif- 
fusa de Forskal, qui est, selon Vahl, le jussicea. erecta de Lin- 
naeus. (J.) 

FORGERON. (Ichtliyol. ) On a donné ce nom à deux pois- 
sons de genres différens. Voyez Dorée et Ephippus. ( H. C. ) 

FORGERON. [Ornith.) Turpin dit, dans son Histoire de 
Siam, t. 1, p. 338, que les hal)itans de ce royaume donnent 
ce nom à un oiseau qui se fait entendre la nuit, et dont Je 



FOR 247 

cri a du rapport a^c le bruit du fer battu sur l'enclume par 
un forgeron. (Ch. D.) 

FORGESIA (fiof.) Voyez Desforge et Defforgia. (Poitu) 
FORKEERT {Ornith.) , un des noms danois de l'avocette , 
Teciirvirostra avoceltay Linn. (Ch. D.) 

FORMEON. (Bot.) Adanson nomme ainsi Vandryala de 
Linnaeus, genre de la famille des ehicoracées. (J.) 

FORMIATES (Chim.) , combinaisons de l'acide formique 
avec les bases salifiables. Voyez Formique [ Acide]. (Ch.) 

FORMICA. (Entom.) C'est le nom latin du genre des four- 
mis. (CD.) 

FORMICA rCHNEUMQN.( Erafom.) If paroît que l'insecte 
décrit sous le nom de fourmi rouge, à la Louisiane et à 
Cayenne , et que Valmont de Bomare , d'après le docteur 
Mauduyt, avoit cru se rapporter aux termites ou poux des 
bois, est une espèce de mutille. (C. D.) 

FORMICAIRES (Entom.) , l'un des noms sous lesquels nous 
avons désigné la famille des hyménoptères, à ventre non sessile, 
à antennes en fil et brisées, qui comprend les fourmis y- les 
doryles et les mutilles. Voyez Myrmèges. (C. D.) 

FORMICA-LEO. (Entom.) C'est le nom latin du fourmi-lion 
(voyez Myrméléon), doat la larve dresse des embûches aux 
fourmis , dont elle se nourrit, ( C. Di) 

FORMICA -VULPES, se« Vermileo , Ver-Lion. { Entom.) 
On a donné ce nom à la larve d'une espèce de rhagion . in- 
secte diptère. Elle creuse un entonnoir dans le sable, comme 
celle du fourmi-lion. (C. D.) 

FORMICULA.- (Orn.i//i.) Les Napolitains nomment ainsi le 
torcol , yunx torquilla , Linn. (Ch. D.) 

FORMIGUE. lOrnith.) Le guêpier que, suivant Barrère, 
Ornilhologiœ Spécimen, p.-47, les Catalans nomment ainsi, est 
•ionmerops cinereus, correspondant au merops congener de Jonston 
et de Linnaeus, et au guêpier à tête jaune de Brisson. (Ch.D.) 
FORMIQUE [Acide], {chim.) Acide qui existe dans la 
fourmi rouge. 

Composi/iort,. d'après l'analyse de M. Berselius : 

Oxigène 64,76 

Carbone 62,40 

Hydrogène. 2,84. 



24» FOR 

Préparation. On fait infuser les fourmis rouges dans trois 
fois leur poids d'eau ; on distille l'infusion dans un alambic 
d'argent ou dans une cornue de verre, et on arrête l'opéra- 
tion dès qu'il se manifeste une odeur empyreumatique. Le 
produit est de l'acide formique étendu dans beaucoup d'eau : 
on le neutralise par l'eau de baryte ; on fait évaporer presque 
à siccité. On verse le résidu dans une petite cornue de verre , 
tabulée à l'émeri, où il y a assez d'acide phosphorique étendu 
pour dissoudre toute la baryte; on adapte un récipient à la 
cornue, et on distille ensuite, à une douce chaleur : le pro- 
duit est de l'acide formique. 

Gehlen l'a préparé en neutralisant le produit de l'infusion 
des fourmis par le sous-carbonate de cuivre -, faisant cristalliser 
leformiate de cuivre-, endistillant 400 grammes de cristaux de 
eeselavec environ 260 grammes d'acide sulfurique concentré, 
il a obtenu 212 grammes d'acide formique pur. 

Propriétés. Il est à l'état liquide ; on n'a pu le faire cristal- 
liser, même en l'exposant à un froid artificiel : en cela il 
diffère de l'acide acétique. 

A 20 deg. sa densité est de 1,1168; celle de l'acide acétique 
le plus concentré est de i,o3. Il a une saveur aigre. 

Lorsqu'on le distille avec de l'alcool, il se produit un éther 
qui a l'odeur des fleurs de pêcher. 

Suersen a vu que des poids égaux d'acide formique et d'a- 
fide acétique, ramenés tous deux à la densité de i,o525, neu- 
iralisoient des quantités de 

Arid. form. Acid.acét» 

Sous-carbonate de potasse 336,8 465,1 

chaux iG6,o 201 

magnésie j 5o,o 2i5 

Gehlen a observé que les formialcs de soude et de cuivre 
étoient absolument différens des acétates des mêmes bases ; 
le formiate de cuivre cristallise en prismes à six pans, d'un 
vert bleuâtre. La densité de ces cristaux est de i,8i5; ce qui 
diffère beaucoup de 1*914, qni e&t celle des cristaux d'acétate 
de cuivre. Le formiate de cuivre pst plus soluble dans l'eau , 
et moins soluble dans l'alcool, que Tacétate. 

Suivant M. Berzelius, le formiate de plomb contient, poiir 
:co d'acide, •J'jS.i de base 



FOU 3/,9 

Nous avons puisé dans Thomson ce que nous venons de dire 
de l'acide formiquc , et nous extrayons du même auteurce qu'il 
dit des travaux auxquels cet acide a donné lieu. En 167 1 , Ray 
publia des observations et des expériences de Nalse et Fisher 
sur la liqueur acide des fourmis. En 1749, Margraff publia 
un procédé pour extraire l'acide de la fourmi rouge. Les con- 
clusions de Margraff furent confirmées en 1782, par Avridson 
et Œhrn. Hersbstat, en 1784, dit avoir trouvé dans les fourmis 
de l'acide malique avec l'acide formique. En 1795 , Richter 
publia de nouvelles expériences, et donna un procédé pour 
obtenir cet acide concentré. M. Deyeux fit observer que l'a- 
cide formique avoit de l'analogie avec l'acide acétique. En 
1802, MM. Fourcroy et Vauquelln prétendirent que l'acide 
formique étoit un mélange d'acide acétique et d'acide malique. 
Suersen, en i8o5, Gehlen, en 1812, réfutèrent l'expérience 
des deux chimistes françois , par de nouvelles expériences 
qui ne laissent aucun doute sur la nature différente des acides 
formique et acétique. (Ch.) 

FORNEUM. ( Bot. ) Adanson appelle ainsi le genre nommé 
Eriophorus par Vaillant, etAndrjala par Linnaeus et tous les 
botanistes modernes. ( H. Cass. ) 

FORNICION, Fornicium. (Bot.) [ Cinarocéphales , Juss.; Syn- 
génésie polygamie égale, Linn.] Ce nouveau genre de plantes, 
que nous avons établi dans la famille dessynanthérées, appar- 
tient à notre tribu naturelle des carduinées. 

Lacalathideest.incouronnée, équaliflore, multiflore , obrin- 
gentiflore, androgyniflore : lepéricline, inférieur aux fleurs 
et ovoïde, est formé de squames nombreuses, régulièrement 
imbriquées, appliquées, oblongues, coriaces, surmontées d'un 
appendice inappliqué , scarieux, roux, uninervé, très-entier, 
cilié, à partie inférieure ovale-lancéolée, concave et infléchie, 
à partie supérieure subulée, plane et réfléchie. Le clinanthe 
est large, épais, charnu , planiuscule, garni de fimbrilles nom- 
breuses , longues, inégales, libres, filiformes-laminées j les 
ovaires sont oblongs,un peu comprimés, glabres et lisses j 
leuraigrette est longue, composée de squamellules nombreuses, 
inégales, plurisériées, libres, filiformes, un peu laminées, hé- 
fisséesde barbes capillaires, médiocrement inégales, longues, 
et irrégulièrement disposées. Les corollessont peu obringenlcs ^ 
mais ti'ès-urquées en delicrs ; les étamines ont le filet garni , sii 



3 5(> Fon 

lieu de poils, de très-petites papilles ; l'appendice apicilaire 
de l'anthère est oblong, obtus au sommet ; les appendices- 
basilaires courts 5 le style a ses branches libres en leur partie 
supérieure. 

FoRNiciON rhaponticoïde; Fornicium rkaponlicoides , H.Cass., 
Bull. Soc. philom. Juin iSig.C'est une plante herbacée, dont la 
tige très-simple, haute de deux pieds, dressée, épaisse, cy- 
lindrique, striée , pubescentc, est garnie de feuilles inférieu- 
remenf , et presque nue supérieurement. Les feuilles sont d'une 
substance ferme, munies de grosses nervures eu dessous, et 
pulvérulentes sur les deux faces: les radicales ou primordiales 
sont longuement pétiolées, elliptiques- aiguës , crénelées; les 
caiilinaires sont alternes, et presque toutes sessiles^ semi-am- 
plexicaules, à base un peu décurrente sur la tige ; les infé- 
rieures longues de cinq pouces, comme pétiolées, à limbe 
ovale-lancéolé, pinnatitide inlerieurement; les intermédiaires 
sessiles, oblongues, aiguës au sommet, ui> peu étrécies en leur 
partie moyenne, presque corJiformesàla base, qui est denti- 
oulée ; les supérieures d'autant plus courtes qu'elles sont si- 
tuées plus haut, sessiles, ovales-lancéolces-acuininées , un peu 
denticulées inférieurement. Il n'y a qu'une seule calathide , 
qui est très-grosse, située sur le sommet dilaté de la tige, et 
composée de fleurs à corolle purpurine. 

Nous avons observé cette belle plante au Jardin du Roi, où 
elle est cultivée depuis îong^temps sous le faux nom de cen- 
taurea rhapontica , et où elle fleurit au mois de mai. Elle cons- 
titue un genre immédiatement voisin du Rhaponticum et sur- 
tout du Leuzea, mais bien distinct du premier par le péricline 
et par l'aigrette, et suffisamment distinct du second par le pé- 
ricline. ( H. Cass.) 

FORRESTIA. (Bot.) Le genre publié sous ce nom par 
Schweack, paroît congénère du ceanothus, dont il ne diffère 
que par un style divisé plus profondément en trois. (J.) 

FORREYCH {Bot.), un d«s noms égyptiens de Yheliotropium 
lineatum deYahl, que M. Delile a trouvé en abondance autour 
des Pyramides. On le nomme aussi ragkleh et netech, ou, suivant 
Forskal. roç^hlœ et nœtœfi. (J.) 

FORSKALE . Juss. ; Forskatea , Linn. ( Bot. ) Genre de 
plantes dicotylédones, à fleurs incompîè(rs , monoïques j de 



FOR ^5i. 

la famille des iirticées, de la monoécie monandrte de Linnœus, 
offrant pour caractère essentiel: Un involucre lanugineux, à 
cinq ou six folioles, renfermant plusieurs fleurs entourées de 
laine, environ sept à dix fleurs mâles à la circonférence, 
trois à cinq femelles dans le centre. Dans les fleurs mâles, 
un calice tubulé , en forme d'écaillé , le limbe entier ou denté , 
garni d'un tissu laineux qui en joint les bords-, point de co- 
rolle: une étamine insérée au fond du calice; le filament et 
l'anthère élastiques : dans les fleurs femelles, une laine car- 
dée, qui tient lieu de calice et environne le pistil; un ovaire 
supérieur, surmonté d'un style simple et d'un stigmate la- 
nugineux comprimé. Le fruit consiste en une semence ovale, 
laineuse; l'embryon droit, dépourvu de périsperme. 

Ce genre comprend des herbes à feuilles simples, rudes, un 
peu piquantes et alternes, à fleurs fort petites et axillaires, 
remarquables par la quantité de poils roides qui rendent 
toutes leurs parties rudes , hispides, très-accrochantes. 

FoRSKALE A URGES FEUILLES : Forskalca tetiacissima , Linn.; 
Lamk., III. gen. , tab. 388 , fig. i ; Jacq. , Hort. , tab. 48 ; Pluk., 
^/mflg-.,tab.2 7 5, fig.6; Caidbeia adhœrens , Forsk., jEgjpt., 88. 
Cette plante croît en larges touffes , hautes d'un à deux pieds. 
Ses tiges sont rougeâtres, diffuses, hispides, très-rameuses j 
les feuilles nombreuses, alternes, pétiolées , presque pvales, 
dentées en scie à leur partie supérieure, hispides en dessus ^ 
un peu cotonneuses et blanchâtres en dessous. Les fleurs sont 
axillaires, réunies en paquets sessiles, lanugineux. Cette plante 
croit dans l'Arabie, la Numidie. Le forskalea candida du cap 
de Bonne-Espérance ne paroît différer de la précédente que 
par sa tige un peu ligneuse à sa partie inférieure. Ses feuilles 
sont ovales-lancéolées, bordées de quatre à six dents : les fleurs 
semblables à celles de la première espèce, mais plus petites j 
les divisions du calice ovales , obtuses. 

l'oRSKAi.E A FEUILLES ÉTROITES : Forskalca augustifoUa , Linn.; 
Murrai, Comm. Gcttt. , 1784, Icon. ; Lamk. , lU.gen., tab.388y 
fig. 2. Plante herbacée, à tige droite, rougeâtre , un peu 
grêle, haute d'un pied et plus, chargée de poils blancs très- 
courts. Les feuilles sont étroites, lancéolées, distantes, vertes 
et un peu rudes tant en dessus qu'en dessous, hispides et ci- 
liées en leurs bords et sur les pétioles, bordées de chaque côté 



^i2 ror^ 

de quatre à cinq dents ; les paquets de fleurs axîUaîres , tres"- 
Jaineux. Cette plante croît dans l'Afrique. (Poir.) 

FORSTERA. (Bot.) Trois genres ont reçu ce nom qui rappelle 
la mémoire des deux Forster, botanistes, compagnons du cé- 
lèbre Cook dans son second voyage , et surtout du fils, auteur 
de l'ouvrage sur les genres et espèces recueillis dans le cours 
de cette navigation. Linnaeus fils donna le premier à un de» 
genres de cette collection, le nom de forstera, qui a dû lui 
rester. Scopoli voulut le substituer à celui de hrejnia, donné 
par Forster lui-même à un autre de ses genres ; et Gaertner, 
par inadvertance, l'a gravé sur la planche, où il a repré- 
senté un fruit qu'il nomme athecia dans le texte. (J.) 

FORSTÈRE, Fors tem. (Bot.) Genre déplantes dicotylédones , 
à fleurs complètes , monopétalées, régulières, dont la famille 
naturelle n'est pas encore déterminée, appartenant à la g-/nan- 
drie diandrie de Linnaeus, offrant pour caractère essentiel: Un 
calice double, l'extérieur infère, à trois folioles latérales; 
l'intérieur supère, d'une seule pièce, à six divisions; une 
corolle monopétale, supère, campanulée, tubu[ée;le tube 
de la longueur du calice, le limbe à six découpures égales : 
deux écailles pétaliformes, attachées sur le style au-dessous du 
stigmate; deux étamines;les filamens très-courts, insérés sur 
le style; les anthères opposées, placées sous le stigmate; un 
ovaire infère; le style cylindrique, terminé par deux stig- 
mates un peu barbus. Le fruit est une capsule ovale, aune 
loge , contenant des semences nombreuses , fort petites, atta- 
chées à un réceptacle central. 

FoRSTKRE A FEUILLES d'orpin : Forsteva sedifolia, Forst. , Act. 
Vps.f vol. 3 , pag. 184, tab. 9; Linn. fils, Suppl. , 407. Petite 
plante à tige herbacée , couchée à sa partie inférieure , puis 
ascendante, un peu rameuse, haute de quatre à cinq pouces, 
garnie de feuilles nombreuses , petites, presque imbriquées, 
surtout les supérieures , ovales, sessiles , un peu aiguës , lisses , 
charnues, entières, un peu réfléchies à leur sommet; les 
inférieures moins rapprochées. Les fleurs terminales , soli- 
taires-, les pédoncules rougeàtres , alongés , filiformes, uni- 
ilores, rarement biflores ; le calice double-, la corolle blanche 
ffu couleur de chair , rouge en dedans . longue d'environ neuf 
lignes; le tube de la longueur du c.ilice ; le limbe parfaire en 



FOR 2^0 

SIX découpures oblongues, égales, obtuses, ouvertes à leur 
sommet. Cette plante croît dans la Nouvelle-Zélande , sur le 
sommet des hautes montagnes. 

FoasTÈRE A FEUILLES DE BîOussE : Forsteru musoifoLia, "Willd., 
Spec. } Phj'llachne uliginosa, Forst. , Gen. , tab. 58; Lamk. , lU. 
gen. , tab. 741 ; Swartz, in Schrad. Diar. Bot., 1799, pag. 27J, 
tab. 1. Cette petite plante, d'un aspect fort agréable, croit 
en touffes gazonneuses, et présente le port d'une mousse, 
particuliérementdu polytric commun. Ses racinessontcourtes, 
fibreuses; elles produisent un grand nombre de tiges prolifères, 
très-serrées, un peu rameuses, couvertes de feuilles nom- 
breuses , imbriquées , sessiles , subulées , cartilagineuses et un 
peu crénelées à leurs bords. Les fleurs sont fort petites, ses- 
siles, terminales, monoïques; leur calice composé de trois 
folioles droites, subulées; la corolle monopétale; le tube 
élargi à son orifice , étalé en un limbe à cinq ou six divi- 
sions presque lancéolées , obtuses , de la longueur du 
tube. Dans les fleurs femelles , l'ovaire inférieur, turbine, 
surmonté d'un style de la longueur de l'étamine , muni d'un 
stigmate tétragone , à quatre tubercules : il lui succède une 
capsule uniloculaire , polysperme ; les semences très-petites. 
Cette plante croît à la Terre de Feu. (Poir.) 

FORSTU-SVALE ( Ornith.), nom danois de l'hirondelle de 
cheminée, hirundo rustica, Linn. (Ch. D.) 

FORSYTHIA. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à 
fleurs complètes, monopétalées, de la famille des jasminées , 
de la diandrie monogynie de Linnasus, offrant pour caractère 
essentiel : Un calice à quatre découpures; une corolle cam- 
panulée, à quatre divisions profondes; le tube presque nul; 
deux étamifies ; un ovaire supérieur; un style; un stigmate ea 
tête, à deux lobes : fruit inconnu. 

Ce genre avoit d'abord été rapporté aux lilas (sjringaj 
Linn.) par Thunberg : la forme de sa corolle paroissoit de- 
voir l'exclure de ce genre, quoique le fruit n'ait point été 
observé. Cette réforme a été établie par Vahl. Waltherius, 
dans sa Flore de la Caroline, avoit présenté sous le même 
nom, et comme genre nouveau, une plante qui appartient 
évidemment au decumaria de Linnasus. 

Forsythia bu Japon : Forsythia perpen$aj Vahl, Enum.j 1 j 



254 FUS 

pag. 3o9 j Sjringa suspensa, Thunb. , F/. Jap., 19, tab, 3 ; Ken- 
gio, Kasmpf. , ^m^re e-iof. , pag. 907. Petit arbuste rameux , 
courbé à son sommet, hérissé de petits tubercules épars. Ses 
rameaux sont distans , opposés , divergens , glabres , tétragones , 
garnis de feuilles pétiolées, ovales, dentées, les unes simples, 
les autres composées de trois folioles sortant plusieurs en- 
semble du même bourgeon. Les fleurs sont jaunes, pédon- 
culées, disposées en grappes très-làches, simples et pendantes. 
Leur calice est petit, à quatre découpures-, la corolle campa- 
nulée, presque sans tube; son limbe partagé au-delà de la 
moitié en quatre découpures ovales, obtuses; deux étamines 
plus courtes que la corolle ; un ovaire supérieur, glabre , 
ovale; le style de la longueur du calice, surmonté d'un stig- 
mate en tête et à deux lobes. Les fleurs s'épanouissent avant ie 
développement des feuilles. Cette plante croit au Japon. (Poia.) 

FORTALITIA. {Foss.) Klein a donné ce nom aux pointes 
d'oursins fossiles, droites et cylindriques, qui présentent une 
petite cavité à leur base. (D. F. ) 

FORTERESSE (ConchjL), nom vulgaire de \a patella gra- 
nalina , Linn. (De B. ) 

FORTKAIL. ( Ichthj'ol. ) En Ecosse , on donne ce nom aux 
saumons de quatre ans. ( H. C. ) 

FORZANA. {Ornith.) On donne, à Venise, ce nom et celui 
de porzana au râle d'eau, rallus aquaticus, Linn. La marouette 
ou petit râle d'eau, à laquelle cette dénomination sembleroit 
plus applicable, puisque c'est le rallus porzana des auteurs, 
est le porzana minore des Italiens, qui paroissent au surplus 
confondre, sous la dénomination générale de porzana, les 
râles et les poules d'eau. (Ch. D.) 

FOSEI, FuDsiNA {Bot.), noms japonois du pissenlit, taraxa- 
cum officinale. (J.) 

FOSO {Bot.), nom japonois, suivant M. Thunberg , de son 
erigeron japonicum. (J.) 

FOSS A ou FossANE {Mamm.) , nom donné à Madagascar à 
iine espèce du genre Genette , viverra fossa , Gmel. Voyez 
Genette. (F. C.) 

FOSSAR {Concliyl.), dénomination donnée par Adanson à 
une espèce de natice ; c'est F^ic/jj: amiigua de Gmelin. (De B.) 
•! FOSSEFALD. {Ornith.) X^'oisejiu que, suivant Pontoppidan, 



FOS 255 

t. 2, p. 73, on appelle ainsi en Norvvége, est la lavandière j 
motacilla alba,Linn.; et Muller, Zoologice. danicœ Prodromus^ 
n.° 256 , dit que dans le même pays fosse -kold est un des 
noms du cincle, sturnas cinclus, Linn., et turdus cinclus ^ Lath. 
(Ch. D.) 

FOSSELINIA. (Bof.) Allioni nomme ainsi le jonthlaspi c]e 
Touruefort et Adanson , cljpeola jonthlaspi de Linnaeus , dil- 
férant du clypeola maritima par ses fleurs jaunes et par ses 
deux courtes étamines, appendiculées à leur base. Mais, si 
Arduini et M. de Lamarck ont raison de rétablir, avec Tour- 
nefort, les clypeola maritima et tomentosa dansle ^enre Alfssum^ 
le nom d'Allioni pourroit être adopté pour ie jonthlas[)i. (J.) 

FOSSET. {Mamm.) Flacourt rapporte ce nom madécasse , 
comme étant celui d'un marsouin. (F. C.) 

FOSSEITTE (Avicept.), piège destiné à prendre les merles 
et les griv^es, et qui consiste à pratiquer une petite fosse, large 
de cinq pouces et longue de huit, dont le fond se garnit de 
baies ou de vers de terre attachés ensemble, et que l'on re- 
couvre d'une tuile soulevée par un petit bâton, de manière 
que l'oiseau ne puisse parvenir à l'appât sans la faire tomber 
sur le trou, dans lequel il se trouve enfermé. (Ch.D.) 

FOSSILE {Ichthyol.) , nom d'un poisson du genre RTis- 
cuRNE. Voyez ce mot. (H. C. ) 

FOSSILES. (Foss.) Quoiqu'on ait quelquefois désigné sous 
ce nom toutes les substances qui se trouvent dans le sein 
de la terre, il ne sera question dans cet article que des corps 
qui ont appartenu à des êtres qui ozit vécu à différentes épo- 
ques tellement éloignées, que nous n'avons aucunes données 
pour en connoître l'ancienneté ; mais tout porte à croire 
qu'elles sont antérieures à l'existence du genre humain. 

L'on voit, par l'inspection des différentes couches qui ren- 
ferment des fossiles, qu'elles se présentent en général dans 
«n ordre constant, et que la mer dont toute la terre paroit 
avoir été couverte, après avoir séjourné dans les lieux où 
elle a eu la faculté, pendant un temps, de rassembler cer- 
taines substances, et d'entretenir la vie de certains genres et 
de certaines espèces d'animaux , a été remplacée par une 
autre mer, qui a rassemblé d'autres substances et nourri 
(^'autres animaux. 



L'on pourroit croire que les terrains primitifs, où l'on ne 
rencontre aucuns corps organisés , ont été formés tous en- 
semble-, mais l'étude des fossiles a démontré clairement que 
dans la formation du terrain qui les recouvre, il y a eu des 
<^poques différentes, pendant chacune desquelles il a existé des 
animaux différens de ceux qui existoient à d'autres époques , 
<'t presque de tous ceux qui existent aujourd'hui, ou du moins 
de tous ceux qui sont connus. 

Les causes qui ont produit les montagnes, ont pu déranger 
Tordre établi dans les couches des pays qui en sont voisins; 
mais dans les pays unis on voit qu'elles se sont formées par un 
long séjour de la mer, et sans bouleversement , comme se 
forment aujourd'hui les dépôts qui tapissent le fond des mers. 

On trouve quelquefois des végétaux, ou d'autres corps fos- 
siles, à trois ou quatre mille pieds de profondeur, et même 
au-dessous de la mer, comme dans les houi'léres de White- 
Haven, dans lesquelles Franklin est descendu. On rencontre 
dans toutes les parties du monde des produits de la mer à 
l'état fossile; on en trouve à de très-grandes hauteurs sur des 
montagnes qui en sont très-éloignées. Ils sont si nombreux 
dans certains endroits, qu'ils constituent à eux seuls la masse 
du sol dans de très-grandes étendues. L'ignorance avoit sou- 
tenu autrefois que ces restes de corps organisés étoient de simples 
jeux de la nature, conçus dans le sein de la terre par ses 
forces créatrices; mais l'examen approfondi de leurs formes, 
de leur composition, a démontré qu'il n"y a aucune différence 
de contexture entre ces corps et ceux que la mer nourrit au- 
jourd'hui. 

Les genres des corps marins que l'on trouve dans les plus 
anciennes couches, ne paroissent pas être aussi nombreux 
que dans les couches plus nouvelles ; et l'on a remarqué que 
-îes corps organisés fossiles de toute espèce diffèrent d'autant 
plus de ceux qui existent vivans aujourd'hui, que les couches 
où on les trouve sont plus anciennes. Celles-ci, auxquelles on 
a donné le nom de terrains de transition , reposent sur le gra- 
nité ou sur les autres substances primitives dans lesquelles on 
ne rencontre jamais de corps organisés. Elles présentent les 
grandes orthocératites, les crustacés si singuliers auxquels on 
a donné les noms de tribolites. de calymènes, d'ogygies 5 les 



FOS .57 

encrinites, les espèces si multipliées Je cornes d'ammon de 
térébratules ; les bélemiiites, les trigonies, quelques espèces 
d'oursins, lesgryphiles et d'autres genres dont un grand nombre 
ne se retrouve plus dans les couches moins anciennes. Les té- 
rébratules se trouvent dans les couches anciennes, dans les 
craies qui sont au-dessus , dans le calcaire coquillier qui les 
recouvre, .et à l'état vivant; mais j'ai cru remarquer que le 
nombre des espèces et même des individus de ce genre, di- 
minuoit en raison inverse de l'ancienneté du temps où elles 
vivoient. 

Les couches à cornes d'ammon ne se présentent pas dans 
les environs de Paris; si elles s'y trouvent, elles sont cou- 
vertes par un banc de craie si puissant qu'on n'a pu aller 
au-delà. En s'éloignant du département de la Seine, on ne 
commence à apercevoir ces anciennes couches que dans ceux 
de l'Eure, d'Eure-et-Loir, de la Seine-Inférieure, des Ar- 
dennes, de la Meuse, de la Haute-Marne et de l'Yonne. 

L'étude des corps marins fossiles n'étant suivie attentive- 
ment que depuis peu de temps, et cette étude présentant des 
difficultés beaucoup plus grandes que celle de ces mêmes corps 
à l'état frais , on est loin d'avoir découvert une aussi grande 
quantité des premiers que des autres; mais je soupçonne que 
le nombre des espèces anciennes qui ont pu se conserver 
dans la terre, pourra égaler celui d'espèces à peu près ana- 
logues qui vivent aujourd'hui. Il pourra peut-être le surpas- 
ser, attendu que ces dernières n'appartiennent qu'à l'époque 
où nous nous trouvons, tandis que les fossiles dépendent de 
plusieurs époques qui ont fourni des êtres différens. 

Il est rare que Ton rencontre à l'état fossile des espèces qui 
aient des analogues parfaitement semblables, à l'état vivant, 
et, comme il a été dit dans cet ouvrage, à l'article Coquilles 
rossiLES, on ne connoît presque d'exception à cet égard que 
pour les fossiles que l'on rencontre dans les collines basses 
de l'Apennin , dont on retrouve un assez grand nombre à 
l'état vivant dans la Méditerranée qui en est voisine; mais il 
est très-remarquable que dans cette mer il existe un grand 
ïiombre de mollusques et de polypiers, dont quelques uns, 
comme le corail, sont très-communs, et qu'on' ne retrouve 
point à l'état fossile 5 comme aussi on trouve dans l'Apenni» 
17. ir 



258 FOS 

des espèces fossiles qu'on ne rencontre point à l'état vivant. 
On ne doit cependant pas être étonné de rencontrer si ra- 
rement des analogues parfaitement semblables, quand on voit 
fort souvent que dans les mêmes couches ou dans la mer, les 
mêmes espèces ne sont pas parfaitement semblables lorsqu'elles 
ont vécu dans des contrées différentes. 

Les dépouilles des mollusques et des zoophytes sont incom- 
parablement plus multipliées que les autres fossiles ; les couches 
où on les trouve sont quelquefois changées en pierre calcaire. 
On les rencontre dans le falun , dans les marnes, dans les 
glaises et dans les grès. Des coquilles à peu près semblables à 
celles de nos marais et de nos ruisseaux se trouvent dans les 
couches les plus nouvelles. 

Entre les couches qui sont composées de corps marins fos- 
siles, on en rencontre qui contiennent des productions ter- 
restres animales ou végétales, et qui prouvent le séjour et le 
retour, à plusieurs époques, des eaux de la mer et des eaux 
douces, et même , entre ces époques, l'absence , pendant un 
temps, des unes et des autres, puisque certaines espèces 
d'animaux terrestres , dont on retrouve les débris , paroissent 
y avoir vécu. 

La présence, dans les glaces du Nord, des cadavres d'élé- 
phans et de rhinocéros avec leur chair et leur poil, prouve- 
roit que la retraite des eaux, à l'époque de leur destruc- 
tion , auroit été prompte. Elle suppose aussi un changement 
subit dans la température de ces contrées; car ces cadavres 
se sont trouvés déposés dans des lieux où ils ne pourroient 
être introduits aujourd'hui, puisqu'ils sont glacés, et qu'il 
fallut plusieurs années pour approcher de l'éléphant qui fut 
découvert en lygg.parunTungus, dans un morceau de glace. 
Si les eaux se fussent retirées lentement, toute la surface 
de la terre que la mer a abandonnée auroit été rivage ; tout 
porteroit la trace des eaux, comme aujourd'hui sur les bords 
de la mer ; on trouveroit d'anciennes falaises partout où il 
y a des élévations; les coquilles fossiles abandonnées seroient 
frustes, comme celles que l'on trouve sur les rivages : et on 
ne remarque rien de tout cela. On trouve beaucoup de co- 
quilles fossiles qui sont brisées , mais non usées; leurs angles 
ne sont point émoussés ; et je ne trouve d'exception à cet égard,. 



FOS 25^ 

pour celles de la France , de l'Italie, de l'Angleterre et de 
l'Amérique septentrionale, que j'ai eu occasion d'examiner, 
que les faluns de la Touraine , qui ressemblent en tout au 
sable coquillier des rivages de la mer. Les coquilles qu'on y 
trouve sont presque toutes brisées; leurs angles sont émoussés, 
et les univalves ont souvent, dans leur ouverture, des pierres 
ou d'autres coquilles qu'on en retire difficilement, comme il 
arrive seulement à celles que l'on ramasse sur les bords de la 
mer. On y trouve même des hélices terrestres d'une espèce 
inconnue dans le pays , qui sont remplies de débris de poly- 
piers et de coquilles marines. Il y a tout lieu de croire que le 
terrain de la Touraine où l'on trouve le falun, étoit exposé à 
être battu par les vagues de la mer qui couvroit les lieux de 
la France où l'on trouve la couche du calcaire coquillier gros- 
sier, avec lequel le falun de la Touraine a les plus grands 
rapports. 

On rencontre des poissons fossiles dans les couches marines 
anciennes , ainsi que dans les nouvelles. Il en est de même 
des crustacés qui les accompagnent souvent. Il y a lieu de 
croire qu'une révolution prompte , comme celle occasionée 
par un volcan , aura saisi ceux qu'on trouve en grande abon- 
dance dans certaines localités On rencontre souvent des dé- 
bris de poissons osseux ; mais on ne retrouve , du squelette 
des poissons 'Cartilagineux, que des vertèbres et des dents de 
squales. Le calcaire coquillier grossier, ainsi que les couches 
plus nouvelles, contiennent une grande quantité de débris 
de pinces de crustacés , et des os de l'oreille de différentes 
espèces de poissons. 

Les débris d'animaux terrestres que Ton trouve à l'état fos- 
sile, mais rarement pétrifiés, consistent en ossemens, en bois 
appartenant à des espèces du genre du cerf, et en dents ; 
mais on ne trouve point de cornes de sabots, de becs, ni 
d'ongles. 

Les quadrupèdes ovipares, tels que les crocodiles de Hon- 
fleur et d'Angleterre , les monitors de Thuringe, se sont 
trouvés dans de très-anciennes couches. Les sauriens et les 
tortues de Maestricht se sont rencontrés dans la formatioa 
crayeuse qui est plus nouvelle ; on trouve des os de lamentina 
et de phoques dans un calcaire coquillier grossier, qui paroî^ 

*7« 



2^0 FOS 

être analogue à celui qui recouvre la craie dans les environs 
de Paris; mais, d'après les observations de M. Cuvier, auquel 
on doit tant de belles découvertes sur les ossemens fossiles, 
jusque-là on ne rencontre aucuns os de mammifères terrestres. 
C'est à partir de cette époque, et dans des temps moins an- 
ciens, que, dans les terrains qui sont déposés au-dessus de 
cette formation, on en a trouvé. Ce savant a observé qu'il y 
a une succession très-remarquable entre les espèces. Les débris 
des genres inconnus aujourd'hui , d'anoplotheriums,depalœo- 
theriums trouvés dans le terrain de formation d'eau douce , 
se présentent les premiers au-dessus du calcaire coquillier. On 
trouve aussi avec eux quelques espèces perdues de genres 
connus, des quadrupèdes ovipares et des poissons. Les lits où 
on les trouve sont recouverts par des lits remplis de produc- 
tions marines fossiles. 

Les éiéphaiis, les rhinocéros, les hippopotames et les mas- 
todontes fossiles ne se trouvent point avec ces genres plus 
anciens. On ne les trouve jamais que dans les terrains de 
transport, tantôt avec des productions marines, tantôt avec 
des •coquilles d'eau douce, mais jamais dans des bancs pier- 
reux réguliers. Les espèces de ces animaux, comme tout ce 
qui se trouve avec elles, sont inconnues aujourd'hui, ou au 
moins douteuses, et ce n'est que dans les derniers dépôts d'al- 
luvion qui' l'on rencontre les ossemens d'espèces qui paroisseut 
semblables à celles qui existent aujourd'hui. 

Parmi les choses étonnantes que présente l'étude des fos- 
siles, on doit ranger les brèches osseuses , qui, quoique éloi- 
gnées de plusieurs centaines de lieues les unes des autres, 
présentent des particularités analogues entre elles. Des rochers 
épars. formés de la même pierre, sont fendus en différens 
sens ; leurs tissures sont remplies d'une concrétion calcaire 
d'un rouge de rouille à cassure terreuse, fort dure, renfer- 
mant (les os mêlés avec des coquilles de limaçons terrestres. 
Ces os, qui ne sont pas pétrifiés, ont été presque tous brisés 
avant d'être incrustés. On trouve des brèches osseuses dans le 
rocher de Gibraltar, à Cette, à Nice, à Antibes , en Corse, 
en Dalmatie et dans l'île de Cérigo ; des dépôts à peu près 
semblables se trouvent à Concud, près deTerruel en Aragon, 
dans le Vicentiu et dans le Véronnois, 



FOS s6i 

Dans le rocher de Gibraltar on trouve les os d'un ruminant , 
que M. Cuvier a cru devoir appartenir au genre des anti- 
lopes, et des dents d'une espèce du genre des lièvres. 

On trouve dans le dépôt de Cette des ossemens de lapins de 
la taille et de la forme de ceux d'aujourd'hui ,- d'autres , du 
même genre , d'un tiers plus petits ; de rongeurs semblables au 
campagnol ; d'oiseaux de la taille de la bergeronnette, et de 
couleuvres. 

Dans les brèches osseuses de Nice et d'Antibes , on trouve 
des os de chevaux ou de ruminans , et des dents de ces der- 
niers , d'espèces de la taille du cerf. 

Les brèches de Corse renferment des débris de lagomys , 
qui ne vit que dans la Sibérie et d'ossemens d'un rongeur 
qui ressemble parfaitement au rat d'eau , excepté qu'il est 
plus petit. 

On trouve dans celles de Dalmatie des os de ruminans de 
la taille du daim. 

Dans l'ile de Cérigo on trouve des os parmi lesquels Spaï- 
lanzani avoit cru reconnoître des os humains , mêlés avec des 
os de quadrupèdes dont il n'a pu reconnoître le genre ; mais , . 
d'après ce qu'en dit lui-même ce savant, rien n'est moins 
prouvé que l'existence d'ossemens humains dans ce dépôt. 

Dans celui de Concud, on a trouvé des os d'ânes et de bœufs 
semblables à ceux d'aujourd'hui, et de moutons de très-petite 
taille. 

Dans le Vicentin et dans le Véronnoîs , on a trouvé des bois 
et des ossemens de cerfs, de bœufs et d'éléphans. Une défense 
de ces derniers devoit avoiraumoins douze pieds delongueur. 

Les carrières à plâtre des environs de Paris présentent des 
squelettes de^ genres inconnus à l'état vivant d'anoplothe- 
riums, de palœothcriums, des ossemens d'un animal voisia 
des sarigues, de quatre espèces de carnassiers et d'oiseaux, 
des débris de tbrtu*es et de poissons. 

Les terrains meubles présentent des ossemens, des dents et 
des défenses d'éléphans mêlés avec des os de chevaux dans 
presque tous les pays, de mastodontes dans l'Amérique , dans 
la petite Tartarie , en Sibérie, en France, en Italie; de rhi- 
nocéros en France, en Angleterre, en Italie, en Allemagne 
et en SiJ>érie ; d'hippopotames, près de Montpellier et e« 



a62 FOS 

Italie ; d'une petite espèce de cerf à bois grêle , près d'E- 
tampes; d'un animal ressemblant au tapir, dans le midi de 
la France ; d'une espèce d'élan, dont le bois a plus de neuf 
pieds d'envergure, en Irlande, en Angleterre; de bœufs 
musqués qui vivent aux Indes, dans la Sibérie ; de daims 
d'une espèce inconnue, en Scanie; d'hyènes, près d'Eichstadt; 
de baleines dans le Plaisantin, et du très -grand animal du 
genre des paresseux, auquel on a donné le nom de megathe- 
rium , et dont l'espèce n'est point connue à l'état vivant, près 
de Buenos-Ayres. 

Dans les tourbières du département de la Somme , on a 
trouvé des débris d'aurochs, de bœufs qui surpassent beau- 
coup en grandeur celle de nos bœufs domestiques , de castors, 
de cerfs, dont les espèces sont inconnues; de chevaux, de 
chevreuils et de sangliers. 

Les cavernes d'Allemagne et de Hongrie présentent un 
phénomène bien étonnant par les débris d'animaux fossiles 
qu'on y trouve , et par la ressemblance qu'elles ont entre 
elles. La plus anciennement célèbre est celle de Bauman , 
près de la ville de Brunswick. Nous en donnerons la des- 
cription , d'après l'ouvrage de M. Cuvier sur les Ossemens 
fossiles , tome 4, quatrième partie, premier Mémoire , pag. 2. 

« L'entrée regarde le nord, mais la direction totale est 
«d'orient en occident. Elle est fort étroite, quoique percée 
« sous une voûte naturelle assez ample. On n'y pénètre qu'en 
« rampant. La première grotte est la plus grande : de là, 
« dans la seconde, il faut descendre dans un nouveau cou- 
« loir, d'abord en rampant, et ensuite avec une échelle. La 
« différence de niveau est de trente pieds, La seconde grotte 
« est la plus riche en stalactites de toutes les formes. Le pas- 
« sage à la troisième grotte est d'abord le plus pénible de 
« tous; il faut y grimper avec les pieds et les mains ; mais il 
-< s'élargit ensuite, et les stalactites de ses parois sont celles 
« où l'imagination des curieux a prétendu voir les figures les 
« plus caractérisées. Il a deux dilatations latérales, dont la 
<f carte des Acta Erud. fait la troisième et la quatrième grotte. 
« A son extrémité on trouve encore à remonter pour arriver 
« à l'entrée de la troisième grotte qui forme une espèce de 
« portail. Behreus dit, dans son Hercjnia curiosa, qu'on n'y 



FOS 265 

« pénètre point, parce quM faudroit descendre plus de 
« soixante pieds ; mais la carte ci-dessus, et la description 
« de Van der Hardt, qui l'accompagne, décrivent cette trei- 
ze sième grotte sous le nom de cinquième , et placent encore 
« au-delà un couloir terminé par deux petits antres. Enfin, 
« Silbcrschlag, dans sa Géogénie, ajoute que l'un d'eux con- 
« duit dans un dernier couloir qui , descendant beaucoup, 
« mène sous les autres grottes, et se termine par un endroit 
« rempli d'eau. Il y a encore beaucoup d'ossemens dans cette 
« partie reculée et peu visitée. » 

On trouve d'autres cavernes, à peu près semblables, dans 
la chaîne du Hart-:. On en trouve en Hongrie , sur les pentes 
méridionales des monts Krapach ; mais la plus célèbre de 
toutes est celle de Gayknreuth , sur la rive gauche de la 
Visent. Elle est composée de six grottes, qui forment une 
étendue de plus de deux cents pieds. Ces cavernes sont jon- 
chées d'ossemens, gi'ands et petits, qui sont les mêmes dans 
toutes sur une étendue de pins de deux cents lieues. Les trois 
quarts de ces ossemens, et davantage, appartiennent à des 
ours grands comme nos chevaux, dont l'espèce ne se trouve 
plus à l'état vivant. La moitié , ou les deux tiers du quart 
restant, vient d'une espèce d'hyène de la taille de nos ours. 
Un plus petit nombre appartient à une espèce du genre du 
tigre ou du lion , et à une autre du genre du loup ou du chien. 
Quelques uns viennent de petits carnassiers, comme le re- 
nard, le putois, ou d'espèces très -voisines. M. Cuvier pense 
que ces os proviennent de débris d'animaux qui habitoient 
CCS demeures, et qui y mouroient paisiblement, et que l'éîa- 
blissement de ces animaux dans ces cavernes est bien posté- 
rieur à l'époque où ont été formées les couches pierreuses 
étendues, et peut-être même à celle de la formation des tei-- 
rains d'alluvion. « Quelétoit donc le temps, dit ce savant, où 
des éléphans et des hyènes du Cap, de la taille de nos ours, 
vivoient ensemble dans notre climat, et étoient ombragés de 
forêts de palmiers, ou se réfugioienf dans des grottes avec 
des ours grands comme nos chevaux? ^> 

On a encore trouvé dans une caverne, du côté de Grecn- 
Briar, dans l'ouest de la Virginie, les débris fossiles d'un 
animal du genre des paresseux, auquel on a donMé le nom 



264 FOS 

de megalonix , et dont Tespèce n'est pas connue à l'état 

vivant. 

On trouve à l'état- fossile des débris d'oiseaux, dont les 
genres sont difficiles à déterminer : il en a été traité à l'ar- 
ticle Oiseaux fossiles. 

Les reptiles fossiles présentent des genres bien caracté- 
risés, tels que les tortues, les crocodiles ou sauriens, les 
monitors, les salamandres, les protées, les grenouilles, et 
un lézard à ailes de chauve-souris, auquel on a donné le 
nom de ptéro-dactyle, desquels il a été fait des articles par- 
ticuliers. 

Les insectes se présentent à l'état fossile dans des pierres 
calcaires feuilletées et dans l'ambre jaune ou succin , où ils se 
sont conservés sans aucune altération. Ces insectes sont étran- 
gers au climat de la Prusse , où l'on trouve le plus souvent 
cette sorte de résine fossile. 

On trouve des débris de végétaux fossiles dans les couches 
anciennes, ainsi que dans les nouvelles; mais il semble qu'ils 
sont plus communs dans ces dernières, et même à la surface 
de la terre. Ils consistent en troncs ligneux , qui sont presque 
toujours changés en silex, en noyaux, en semences et en 
empreintes de feuilles disposées entre les feuillets de pierres 
fissiles. Celles que l'on trouve dans les mines de houille appar- 
tiennent , le plus souvent, à des plantes de la famille des 
fougères , à celles des bambous , des casuarinas , et d'autres 
étrangères au climat où on les trouve. Ces mines , qui se 
trouvent placées entre les schistes granitiques ou porphy- 
riques, sont très-anciennes, et ne renferment pas de co- 
quilles marines. Il n'en est pas de même des mines qui se 
trouvent dans le calcaire ; il paroît qu'elles ne sont pas aussi 
anciennes; et, au lieu d"y rencontrer des empreintes de fou- 
gères, on voit dans quelques unes, comme dans celles des 
environs de Saint-Paulet , département du Gard, du succin 
et des coquilles du genre Ampullaire , qui paroissent appar- 
tenir aux dépôts marins. On a rencontré des bois de palmiers 
fossiles aux environs de Paris , auprès de Soissons et dans 
beaucoup d'autres endroits de la France. On a découvert, 
auprès de Canstadt, dans le duché de Wirtemberg , une 
forêt entière dj palmiers couchés , de deux pieds de diamètre. 



FOS 26S 

Dans le pays de Cologne, depuis Bruhl, Liblar, Kierdorf, 
Bruggen, Balkausen, jusqu'à Watterberg , on trouve, sur 
plusieurs lieues d'étendue , des dépôts immenses de bois 
presque entièrement changés en terreau, et recouverts d'une 
couche de cailloux roulés de dix à vingt pieds de hauteur. 
Ce dépôt, dont l'épaisseur excède cinquante pieds, sans le 
moindre mélange de matières étrangères, contient aussi des 
troncs d'arbres et des noix qui ont beaucoup de rapport avec 
celles du palmier areca, qui croît dans l'Inde. Dans les déserts 
de l'Afrique, on trouve, au milieu des sables quarzeux les 
plus arides, et sur un sol frappé à présent de stérilité, des 
quantités considérables de troncs d'arbres changés en silex. On 
a aussi trouvé ensevelis dans la tourbe , sur une montagne du 
département de l'Isère, des bois fossiles à huit cent cin- 
quante mètres au-dessus de la ligne la plus élevée où des 
arbres puissent croître aujourd'hui. 

Comme on a pu le voir, on trouve à l'état fossile des qua- 
drupèdes de dilFérens genres, des cétacés, des oiseaux, des 
reptiles, des poissons, des insectes, des mollusques et des 
végétaux; mais jusqu'à présent on n'a rencontré aucuns débris 
de corps humains, ni aucuns ouvrages des hommes dans les 
couches ou dans les terrains où l'on a trouvé ces différens 
corps organisés fossiles. Plusieurs auteurs ont parlé de débris 
de l'espèce humaine, ainsi que de leurs ouvrages trouvés à 
l'état fossile ; mais les faits sur lesquels ils avoient fondé leur 
assertion , examinés avec soin , ont prouvé qu'ils s'étoient 
trompés. On remarque cependant que les os humains se con- 
servent dans les champs de bataille, aussi bien que ceux des 
chevaux. 

Tout porte à croire que l'espèce humaine n'existoit pas à 
l'époque où vivoient les êtres dont on trouve les débris fos- 
siles ; car il n'y a aucune raison pour que ses restes ne se 
retrouvassent pas aujourd'hui comme ceux des autres ani- 
maux. Si Fhomme existoit à ces époques , il pouvoit habiter 
quelque petite contrée d'où il a repeuplé la terre, après les 
événemens qui ont fait disparoître les eaux des lieux qu'il 
habite aujourd'hui : dans ce cas, on n'a point encore décou- 
vert cette contrée. 

Nous terminerons cet article par le tableau de gisseraent 



des différens corps fossiles que Ion trouve dans les terrains 
des environs de Paris. 

La craie , qui est la plus ancienne couche visible de ces 
environs, présente des corps marins en petite quantité, parmi 
lesquels on remarque une seule espèce de telemnite , qui 
diffère de celles que l'on trouve dans les couches à cornes 
d'amrnon -, quelques espèces de téréhratules -, de petites es- 
pèces de coquilles cloisonnées j des débris fortcommuns d'une 
grande coquille bivalve, à laquelle on a donné en Angleterre 
le nom d^inoceramus, et que mal à propos on avoit regardée 
comme une pinnite ; des cranies ; des ananchistes -. des poly- 
piers 5 des vertèbres, et des dents de squales, et quelques 
autres corps qu'on ne retrouve pas dans les couches qui sont 
au dessus. On trouve ces fossiles à Meudon , à Bougival , à 
Neauphle, à Mantes, et dans d'autres endroits. Il est très- 
remarquable qu'on ne trouve point dans cette craie de co- 
quilles univalves , à spire simple, comme des fuseaux et des 
cérites, qui sont si nombreux dans les couches supérieures. 

Au-dessus de la craie on trouve d'abord un banc d'argile, 
vin autre de sable sans coquilles, ensuite le calcaire coquillier 
grossier, dans lequel on rencontre plus de mille espèces de 
coquilles ou autres corps marins de toutes les grandeurs , de- 
puis celle du cérite géant, qui a quelquefois dix-huit à vingt 
pouces de longueur, jusqu'à celle de certaines espèces de 
miliolites, dont nous avons fait entrer quatre-vingt-quatorze 
coquilles dans une mesure d'une ligne cube. Ce calcaire se 
présente dans toutes les carrières des environs de Paris , et 
ibrme les pierres dont cette ville est bâtie. On le trouve à 
Grignon , à Courtagnon , à Mantes, à Château-Thierry, à 
Epernay, Montmirail, et dans beaucoup d'autres endroits, 
sur une grande étendue. Dans quelques localités, comme à 
Grignon , les corps marins, ainsi que les débris des mêmes 
corps dont ils soat environnés, n'adhèrent presque point 
ensemble, et dans quelques endroits, comme à Hauteville 
(département de la Manche) et en Touraine, Ton se sert de 
te sable marin fossile pour fertiliser les terres. 

Cette couche de corps marins est surmontée par la forma- 
lion gypseuse, qui a quelquefois jusqu'à vingt mètres d'épais- 
seur. Ce dépôt, dans lequel se trouvent des couches de marne, 



FOS =C7 

renferme deslymnées et autres coquilles univalvcs d'eau douce , 
des troncs de palmiers changés en silex, et d'un volume con- 
sidérable; des ossemens de quatorze espèces de quadrupèdes, 
dont quelques genres n'existent plus à l'état vivant ; des débris 
d'oiseaux, de tortues et de poissons. On trouve cette forma- 
tion à Montmartre, à Mesnil-Montant , à Antony, à Triel, et 
dans d'autres lieux. 

Au-dessus de ce terrain d'eau douce, on trouve d'abord un 
banc de cyfhérées, et d'autres coquilles; ensuite deux bancs 
d'huîtres, dont le plus inférieur est composé de grandes huîtres 
très-épaisses, différentes de celles que nous connoissonsà l'état 
vivant. Ce banc couvre les environs de Paris, dans une assez 
grande étendue, et nous l'avons suivi jusqu'à Pontchartrain, 
à huit lieues à l'ouest de Paris. Dans quelques endroits on 
trouve, au-dessus de ces huîtres, des grès ou des sables qaar- 
zeux, qui contiennent, à leur partie supérieure seulement, 
des coquilles marines à peu près semblables à celles du cal- 
caire coquillier, mais en moindre quantité ; des palais et des 
queues de raies, et des débris de poissons. Souvent ces sables 
sont sans coquilles, soit qu'ils n'en aient jamais contenu, ou 
qu'elles y aient disparu sans y laisser de. trace, à cause de la 
mobilité du sable, comme dans certains grès, où elles n'ont 
laissé que leur moule. On trouve de ces sables et grès coquil- 
liers à Romainville , à Montmartre , à Nanteuil-le-Haudouin. 

Ces huîtres et ces sables coquilliers sont recouverts par un 
terrain de formation d'eau douce, qui contient des coquilles 
terrestres, des coquilles fluviatiles univalves, presque tout-à- 
fait semblables à celles que nous trouvons dans nos marais; 
des bois pétrifiés, des graines et des tiges de plantes. Ces ter- 
rains se présentent dans la plaine de Trappes, près de Ver- 
sailles; dans celle de Gonesse, dans toute laBeauce, dans la 
forêt de Montmorency, et sur le sommet des collines dans 
beaucoup d'autres endroits aux environs de Paris. 

Enfin, au-dessus de ce terrain on trouve une formation qui 
paroît encore appartenir à l'eau douce, à laquelle MM. Bron- 
gniart et Cuvier ont donné, dans leur bel ouvrage sur la 
géographie minéralogique des environs de Paris , le nom de 
limon d'atterrissement, et dans laquelle on a trouvé des troncs 
darbres, des ossemens d'élans, d'éléphans, et d'autres grands 



2C8 ^ FOS 

quadrupèdes , mêlés avec des cailloux roulés : ces cailloux 
sont des morceaux de granité de différentes sortes, des pou- 
dingues pesant quelquefois plusieurs milliers, des silex et des 
coquilles des craies changées en cette substance, des bois 
fossiles, des coquilles usées par le frottement dépendant des 
couches du calcaire coquillier, et étrangères aux couche* 
voisines du lieu où on les trouve; des pierres calcaires coquil- 
lières, des nummilites et des grès. On aperçoit ce terrain 
dans le bois de Boulogne, dans la plaine de Nanterre , dans 
la forêt de Saint-Germain , dans la plaine de Montrouge , et 
à Sevran. 

Quelles réflexions ne fait pas naître l'examen de ces diffé- 
rentes couches, et des corps qu'elles contiennent, dont une 
partie des genres n'existe plus à l'état vivant, et dont l'autre 
est étrangère au climat que nous habitons ! 

« En reprenant ces couches , depuis la craie , disent 
MM. Brongniart et Cuvier, on se représente d'abord une mer 
qui dépose sur sou fond une masse immense de craie et des 
mollusques d'espèces particulières. Cette précipitation de 
craie et des coquilles qui l'accompagnent cesse tout à coup j 
des couches d'une tout autre nature lui succèdent, et il ne 
se dépose d'abord que de l'argile et du sable : mais bient6t 
une autre mer, ou la même, produisant de nouveaux habi- 
tans, nourrit une prodigieuse quantité de mollusques testacés, 
tous dififérens de ceux de la craie-, elle forme sur son fond 
des bancs puissans , composés , en grande partie , des en- 
veloppes testacées de ces mollusques. Peu à peu cette pro- 
duction de coquilles diminue et cesse aussi tout-à-fait ; la 
mer se retire, et le sol se couvre d'eau douce; il se forme 
des couches alternatives de gypse et de marne, qui enve- 
loppent et les débris des animaux que nourrissoient ces lacs, 
et les ossemens de ceux qui vivoient sur leurs bords. 

« La mer revient; elle nourrit d'abord quelques espèces 
de coquilles bivalves et de coquilles turbinées : ces coquilles 
disparoissent, et sont remplacées par des huîtres. Il se passe 
ensuite un intervalle de temps, pendant lequel il se dépose 
une grande masse de sable. On doit croire, ou qu'il ne vivoit 
encore aucuns corps organisés dans cette mer, ou que leurs 
flépouilles ont été complètement détruites ; car on n'en voit 



FOS 2C9 

aucuns débris dans ce sable. Mais les productions variées de 
la seconde mer inférieure reparoissent , et on retrouve, au 
sommet de Montmartre , à Romainville et à Nanteuil-le- 
Haudouin, et dans d'autres endroits, les mêmes coquilles 
qu'on a trouvées dans les couches moyennes du calcaire 
grossier. 

« Enfin, la mer se retire entièrement pour la seconde 
fois; des lacs ou des mares d'eau douce la remplacent, et 
couvrent des débris de leurs habitans presque tous les som- 
mets des coteaux, et les surfaces même de quelques unes des 
plaines qui les séparent. >' (1) 

Tout, jusque-là, paroft avoir été déposé dans des eaux tran- 
quilles; mais nous ajouterons qu'après tous ces dépôts alter- 
natifs de la mer et de l'eau douce , il y a eu une inondation 
ou une débâcle qui a couvert de cailloux roulés tout le ter- 
rain depuis Montrouge jusqu'aux hauteurs de Sanois et de 
certaines parties de la forêt de Saint-Germain ; cette débâcle 
à laquelle on doit peut-être la formation du limon d'atter- 
rissement des environs de Paris, a enlevé des débris à toutes 
les formations, et a transporté jusque .dans la plaine de 
Grenelle des morceaux de granité rouge , qui paroissent 
appartenir à la Bourgogne. 

C'est aux fossiles seuls qu'est due la naissance de la 
théorie de la terre ; sans eux l'on n'auroit peut-être jamais 
songé qu'il y ait eu, dans la formation du globe, des époques 
successives et une série d'opérations différentes. Eux seuls, 
en effet , donnent la certitude que le- globe n'a pas toujours 
eu la même enveloppe, par la certitude où l'on est qu'ils ont 
dû vivre à la surface avant d'être ainsi ensevelis dans la pro- 
fondeur. Ce n'est que par analogie que l'on a étendu aux 
terrains primitifs la conclusion que les fossiles fournissent 
directement pour les terrains secondaires ; et s'il n'y avoit que 
des terrains sans fossiles, personne ne pourroit soutenir que 
ces terrains n'ont pas été formés tous ensemble. 

C'est encore par les fossiles, toute légère qu'est restée leur 



CO Discours préliminaire de l'ouvrage de MM. Brongniart et CuTier, 
déjà cité. 



2^o FOT 

connoissance, que nous avons reconnu le peu que nous savons 
sur la nature des révolutions du globe. Ils nous ont appris que 
les couches , au moins celles qui les récèlent, ont été déposées 
paisiblement dans un liquide ; que leurs variations ont corres- 
pondu à celles du liquide ; que leur mise à nu a été ocea- 
sionée par le transport de ce liquide; que cette mise à nu a 
eu lieu plus d'une fois : rien de tout cela neseroit certain sans 
les fossiles. (D.) 

FOSSOYEUR, Scarabée. (Entom.) C'est le nom d'un né- 
crophore , qu'on nomme aussi l'enterreur, necrophorus vespillo. 
(CD.) 

FOSTUK. (Bot.) Suivant Forskal, le lentisque , pisfacia len- 
tiscus, est ainsi nommé dans l'Egypte, où l'on apporte seS 
fruits cueillis aux environs d'Alep. M. Delile indique la même 
origine pour la pistacia vera , qu'il nomme Jestoq. (J.) 

FOTEI-SO. (Bot.) Le cjpripediumjaponicum. de Thunherg , 
est ainsi nommé au Japon. (J.) 

FOTERNE(Bof.), nom ancien de l'aristoloche, aux environs 
de Narbonne, cité par Dalechamps. (J.) 

FOTERSBÉ. {Bot.) Voyez Fotert. (J.) 

FOTERT ou Foutra. (Bot.) A Madagascar, un hutonica est 
nommé grand fotert, et un stravaàium petit fotert ou foutra, 
suivant des indications trouvées dans un herbier de M. Poivre. 
C'est un des deux qui est cité par Rochon sous le nom de 
fotersbé , et l'autre sous celui de voua-foutra, qui est peut-être 
le même que le mafoutra ou vouafoutra cité par Flacourt. (J.) 

FOTETENIS. (Ornith.) Kaempfer se borne à dire que cet 
oiseau nocturne du Japon est d'un goût exquis, et qu'on ne 
le sert qu'aux tables des grands et dans des occasions extraor- 
dinaires. (Ch.D.) 

FOÏGE (Oraith.) , nom catalan de la foulque, /u/ica û/ra, 
Linn. ( Ch. D.) 

FOTHERGILLA. {'Bot.) Genre de plante,-» dicotylédones, à 
fleurs incomplètes, de la famille des amentacées, de la polyan- 
drie digjnie de Linnaeus , caractérisé par des fleurs disposées 
en chatons ; un calice d'une seule pièce, à cinq ou six petites 
dents inégales; point de corolle; les étamines nombreuses et 
saillantes; un ovaire supère , bifide, chargé de deux styles 
longs, en massue. Le fruit est une capsule à deux lobes, à 



FOU 271 

deux loges inonospermes , s'ouvrant à leur sommet en quatre 
valves ; les semences osseuses. 

FoTHERGiLLA A FEUILLES d'aune : FothergHla alnifolia , Linn. 
fils., SuppL, 267; Jacq., Icon. rar. , lab. 1005 Lamk. , III. gen.^ 
lab. 480; Bot.magaz., tab. i34i, etVar., tab. 1642 ;Fothcrgilla, 
gardent , Linn. , Sjst. veg. , 418 ; FothergHla latifolia , Buch'oz , 
Icon., tab. 17 ; Miller, Op. nov., tab. 1. Arbrisseau d'un port 
assez agréable, touffu, rameux, haut d'environ deux ou trois 
pieds , dont le feuillage ressemble assez bien à celui de l'aune. 
Les rameaux sont alternes, glabres, cylindriques; les feuilles 
pétiolées, ovales, cunéiformes, la plupart émoussées, quel- 
quefois lancéolées , dentées vers leursommet , vertes en dessus , 
blanchâtres en dessous , un peu cotonneuses dans leur jeu- 
nesse , longues d'environ deux pouces et demi ; les pétioles 
courts, tomenteux, ferrugineux; les stipules opposées. 

Les fleurs se montrent au commencement du printemps , 
avant le développement des feuilles -. elles sont blanches, dis- 
posées en petites grappes, verticales, au sommet des rameaux, 
longues d'un pouce et plus ; chaque fleur située dans l'aisselle 
d'une écaille concave, tomenteuse et ferrugineuse. Le calice 
est presque tronqué, très-court, velu, persistant; les étamincs 
environ au nombre de quinze ; les filamens beaucoup plus longs 
que le calice, rangés comme en éventail, portant de petites 
anthères jaunâtres; l'ovaire court, ovale, velu ; les styles de la 
longueur des étamines : les capsules velues, à deux lobes co- 
niques , à deux loges ; une semence osseuse dans chaque loge. 
Cette plante croît à la Caroline : on la cultive au Jardin du 
Roi. Elle aime l'ombre et le frais. On la multiplie de marcottes 
et de graines dans le terreau de bruyère. 

Le Fortkergilla mirahilis, mention'né par Aubîet , dans ses 
Plantes de la Guiane , appartient au Mélastomes. Voyez ce 
genre. (Poir. ) 

FOTO, Jebi , BuDO {Bot.), noms japonois de la vigne ordi- 
naire. Le lierre est nommé fotogi-tsia. Vuvularia hirta de 
Thunberg est le jamma-fotogis. (J.) 

FOU. {Ornith.) On a déjà exposé sous le mot Cormoran, 
que Linnœus avoit compris dans son genre Pelecanus , non seu- 
lement les pélicans proprement dits, mais encore les cormo- 
rans, !es frégates, les fous, et Ton a mis eu opposition les 



272 FOU 

signes auxquels on peut les distinguer les uns des autres. Ceux 
qui caractérisent particulièrement les fous , sont : un bec 
fendu jusque derrière les yeux, un peu plus long que la 
tête, droit, C])ais à sa base, arrondi en dessus, comprimé 
vers la pointe, qui est foiblement courbée; les deux bords 
des mandibules finement incisés , et dont les dents sont dirigées 
en arrière ; les narines linéaires, oblitérées et se prolongeant 
de chaque côté du bec en un sillon qui semble diviser la man- 
dibule supérieure en trois parties ; la langue ovale et très- 
couverte : le tour des yeux nu ainsi que la gorge , qui est peu 
extensible; les pieds courts et soutenant le corps presque en 
équilibre ; les quatre doigts engagés dans la même membrane , 
et celui du milieu pectine intérieurement; les deux premières 
rémiges les plus longues, et la queue conique et composée de 
douze pennes. 

Ces oiseaux sont appelés en anglois hoohy, d'où l'on a fait 
l>oubie, en portugais bobos, dans l'iJe de Ferroë sula, et en 
françois fous ; mais les qualités morales de ces êtres indo- 
lens étant tout-à-fait opposées à la pétulance et à l'extrava- 
gauce, attributs ordinaires de la folie, ils auroient été plus 
convenablement désignés par un terme exprimant la stupi- 
dité , l'imbécillité. On est bien éloigné toutefois de proposer 
un changement de nomenclature; et même, quoiqu'ils aient 
reçu assez récemment, en latin, les noms de djsporus, lUig., 
et morus , Vieill. , on croit devoir préférer, avec Brisson, la 
dénomination plus ancienne de 5u/a. Au reste, si les oiseaux 
dont il s'agit paroissent avoir les organes très-peu développés , 
s'ils montrent une inertie presque incroyable à la vue des 
dangers les plus imminens, et si cette sorte d'abandon de 
^oi-même a fait douter qu'ils fussent doués de l'instinct 
de la conservation, n'y a-t-il pas d'autres considérations 
propres à expliquer, jusqu'à un certain point, comment ils 
se laissent tuer à coups de bâton sur les lies et les côtes où 
ils ont rarement l'occasion de se trouver en présence de 
l'homme, qu'ils ne soupçonnent pas être leur plus dangereux 
ennemi, et comment ils se laissent prendre sur les vergues 
di's bàtimens qu'ils rencontrent en mer ? Fait-on assez d'atten- 
tion, dans le premier cas, à la difficulté qu'ils ont pour 
s'élever, d'après la longueur de leurs ailes et la brièveté de 



FOU ' a73 

leurs jambes , et flans le second , à l'ignorance assez na- 
turelle du péril qu'ils courent sur ces vais:jeaux, dont la ren- 
contre n'est que i)assagère? Quant à la facilité avec lacjuoUe 
on leur reproche de rendre gorge à lu frégate , dont ils 
semhlent destinés à être le» pourvoyeurs, il y a d'autres oi- 
seaux, dans la famille même des rapaces , qui se trouvent 
également obligés de céder le fruit de leur pêche à de plus 
fortes espèces ; et ., lorsque la frégate, témoin de la capture 
qu'ils viennent de faire des poissons nageant à la surface de 
l'eau, fond sur eux d'un vol bien plus rapide, et les attaque 
à coups redoublés de ses puissantes ailes et de son bec vi- 
goureux, leurs cris témoignent assez la peine qu'ils ressentent 
de se voir contraints d'abandonner la proie dont celle-ci a 
l'adresse de s'eniparer dans sa chute. Plusieurs marins parlent 
d'ailleurs de la longue résistance qui souvent précède l'issue 
inévitable d'un combat aussi inégal; et si les choses se pas- 
soient de la manière dont les raconte Catesby, qui a été à 
portée de voir plusieurs de ces combats pendant un loiigséjour 
à la Caroline, la défense opposée parle fou seroit encore bien 
plus rema;-quable. L'auteur anglois prétend qu'au moment où 
la frégate se précipite sur lui , il ploege sous l'eau, où elle 
ne peut le suivre; que celle-ci , le retrouvant à sa sortie , re- 
nouvelle ses attaques jusqu'à ce qu'il perde haleine. Mais 
une circonstance qui sembleroit infirmer ce récit, est que 
les fous, qui nagent rarement, n'ont pas l'habitude ni peut- 
être la faculté de se submerger. 

On a rencontré de ces oiseaux sur toutes les mers et dans 
toutes les parties du globe. Ils volent le cou tendu , la queue 
étalée et les ailes presque immobiles. Leui's cris participent 
de ceux de l'oie et du corbeau. Lorsqu'ils aperçoivent des 
poissons à la surface de l'eau, ils se précipitent dessus pour 
les siisir. lis s'éloignent beaucoup moins des terres que les 
frégates, et l'on pense généralement qu'ils se retirent sur les 
îlots déserts et les rochei-s couverts d'un peu de terre , pour 
y passer la nuit ; cependant , d'après les circonstances rap- 
l)ortées par divers navigateurs, on ne peut tirer de leur pré- 
sence des inductions bien positives sur le voisinage des côtey. 
M. Vieillot, ayant observé, dans ses voyages en Amérique , 
,^ne lc8 foi:s éf(»ieiit. eu lever du solcW. à peu près dans Ici 



274 FOU 

mêmes parages qu'à la chute du jour, et ne pouvant se figurct 
qu'ils eussent couché à terre, et en fussent revenus dans l'in- 
tervalle d'un crépuscule à l'autre, pense qu'ils se reposent sur 
la mer pendant les nuits, durant lesquelles il les entendoit 
souvent crier. 

Dans plusieurs contrées ces oiseaux se perchent sur les 
arbres , et , suivant Dampier , Nouveau Voyage autour du 
Monde, Rouen, 1716 , t. i, p. 66 , c'est aussi sur eux qu'ils 
nichent dans l'île d'Aves; mais leur ponte se fait le plus sou- 
vent dans des îles solitaires, sur les rochers et sur les falaises 
qui bordent la mer : elle ne consiste qu'en un ou deux œufs 
également pointus des deux bouts, à surface rude et blanche. 
Quoiqu'ils préfèrent, pour y nicher , les îles situées entre les 
tropiques, on en voit aux Hébrides, en Ecosse, en Norwège, 
et jusqu'au Kamtschatka ; mais ils n'y reetent que l'été ; et 
quand l'hiver approche, ils retournent au sud avec leurs 
petits. Ceux-ci restent long-temps couverts d'un duvet fort 
doux, et, en général, très-blanc. 

M. Temminck dit que la peau du cou n'est point adhérente 
aux muscles, mais qu'elle tient seulement au corps par un 
tissu cellulaire très-làche, c'est-à-dire d'un tissu composé de 
quelques fibres placées à des distances inégales, et qu'elle est 
susceptible de beaucoup d'extension. Il ajoute que , dans les 
deux sexes , la trachée cartilagineuse a son tube vers la glotte , 
et se dilate en forme d'entonnoir comme dans le cormoran ; 
mais que le larynx est garni, de chaque côté, d'une membrane 
iympaniforme. 

Plusieurs auteurs reconnoissent, dans le genre Fou, diverses 
espèces, qu'ils nomment fou proprement dit, ou fou com- 
mun , pelecanus sula, Gmel. et Lath.; fou de Bassan, pelecanus 
hassanuSj id.j pi. enl. de Buff'on , n.° 278 ; fou hlanc , pelecanus 
piscator , id.; petit fou, pelecanus parvus , id. j pi. enl. , 973. 
Buffon et Brisson font aussi une espèce particulière du grand 
fou, que Latham regarde comme une simple variété du fou 
de Bassan. D'un autre côté, l'on a reconnu que le fou tacheté 
n'étoit qu'une variété d'âge du même, malgréla circonstance , 
remarquée par Mauduyt, qu'il est représenté dans la planche 
enluminée de Buffon, n.° 386 , comme ayant la queue bien 
plus courte que les autres j ce qui provient, selon M. Tem- 



FOU ^75 

mînck , de ce que l'individu , but lequel la figure a été faite , 
ctoit en mue , et que les rémiges n'avoient pas leur longueur 
ordinaire. On a aussi vérifié que le petit fou brun, pi. enl., 
974, pelecanus Jiber , Gme]. etLath., étoit un jeune de l'espèce 
du cormoran nigaud. Enfin, l'on trouve, pi. 18 du Voyage 
autour du Monde du capitaine Krusenstern , la figure d'un 
individu portant la dénomination de Fou du Brésil, et ayant 
le dessus du corps brun , des reflets bleus sur le dos, les parties 
inférieures blanches, le bec et les pieds bleuâtres; mais il 
paroît n'être qu'une variété d'âge du petit fou, ou fou de 
Cayenne, dont le corps a un pied et demi de longueur, et 
dont le plumage est noirâtre , à l'exception des parties infé- 
rieures qui sont blanches. 

II résulte de ces circonstances que la seule espèce de fou qui 
soit bien déterminée est le fou de Bassan, ainsi nommé parce 
qu'on a trouvé les individus sur lesquels la description en a été 
faite dans l'ile de Bass ou Bassan , au golfe d'Edimbourg, où ii 
passe la belle saison , et niche dans les trous des rochers , pour 
en repartir à l'automne. C'est cette espèce que Meyer nomme 
sula alba, fou blanc , et qui est décrite par M. Temminck, 
dans son Manuel d'Ornithologie, pag. ôgS et suiv. , avec des 
détails propres à faire remarquer les variations du plumage 
depuis la sortie de l'œuf. 

Au bout de quelques jours , ces oiseaux sont couverts d'un, 
duvet blanc et lustré. Pendant la première année le dessus du 
corps est d'un brun noirâtre , sans taches ; les parties infé- 
rieures sont d'un brun varié de cendré ; le bec , les parties nues 
et l'iris sont bruns, et la queue est arrondie. A la seconde 
mue, ou à l'âge d'un an, la tête, le cou et la poitrine sont 
d'un brun cendré, avec de petites taches blanches très-rap- 
prochées et en forme de fer de lance ; les plumes du dos, du 
croupion et des ailes sont du même brun , et portent des 
taches blanches plus distantes; les parties inférieures sont d'un, 
blanc varié de brun cendré; les rémiges sont brunes , ainsi que 
la queue , qui est conique , et dont les baguettes sont blanches , 
le bec est d'un cendré brun, et l'iris jaunâtre ; les tarses et le 
dessus des doigts sont d'un brun verdâtre ; les membranes d'un 
brun cendré, et les ongles bruns. A l'âge de deux ans, et 
pendant l'époque de la mue , on trouve des individus dont le 



276 FOU 

plumage est blanc sur plusieurs parties, tandis que d'autre* 
sont brunes et tachetées de blanc. Ce sont vraisemblablement 
des fous de l'âge d'un et de deux ans, qui ont été décrits 
comme espèces sons les noms latins de suia major, Criss., et 
pelecanus maciilatus , Gmel., et sous les noms François de grand 
feu et fou tacheté, Bufl". , pi. enl. , 072 et 58G. 

Les individus des deux sexes, à l'âge de trois ans, sont longs 
de deux pieds sept à huit pouces; ils ont la queue en cône 
alongé; le sommet de la tête et l'occiput sont d'un jaune d'ocre 
clair, et le reste du plumage est d'un beau blanc, à l'exception 
des rémiges et de l'aile bâtarde, qui sont noires. Le bec, d'un 
bleu cendré à sa base, est blanc à la pointe ; la peau nue qui 
entoure les yeux est d'un bleu clair, et celle qui s'étend du bec 
jusqu'au milieu de la gorge, est d'un bleu noirâtre; l'iris est 
jaune; les tarses et les doigts sont d'un vert clair: les mem- 
branes sont noirâtres elles ongles blancs. La femelle est d'une 
taille moins forte que celle du mâle. 

Tel est le fou de Bassan ; et, quoique dans la synonymie, 
qui paroît avoir été établie par M. Temminck. d'après l'exa- 
men d'un grand nombre d'individus de tout âge , cet orni- 
thologiste ne parle point précisément du fou commun, les 
auteurs comparant sa taille, et celle du fou de Bassan et du 
grand fou , à la tailîe de l'oie , on est d'autant plus fondé à le 
regarder comme n'étant pas d'une espèce difiérente, qu'on 
les trouve tous dans les mêmes régions de l'ancien et du nou- 
veau monde. A l'égard du petit fou de Cayennc , les auteurs le 
décrivent comme n'ayant qu'environ un pied et demi de lon- 
gueur; et s'ils donnent au fou blanc, pelecanus piicator , 
Gmel. et Lath. , une aussi forte taille qu'aux autres, ils le pré- 
sentent comme ayant la peau nue dont les yeux sont en- 
tourés, et le bec , ainsi que les pieds, rouges ; mais les mêmes 
parties so?ît jaunâtres dans le fou tacheté, et ces nuances ne 
paroissent pas suffire pour écarter les motifs qui, d'ailleurs , 
font naturellement pencher vers Videnlité. Le genre Fou a 
donc besoin d'un examen plus particulier pour en déterminer 
Its espèces avec quelque certitude. (Ch. D.) 

FOUAH. (Co/.) Voyez FooAHA. (J.) 

FOUAi^lE {Bot.) , nom ancien donné à la paille quand on 
tn a séparé le blé. Ou lit dans les F'sîais sur Paris, de Saint- 



FOU 277 

Toix, qu'ancienne-menl les élèves en inéfîccine ou autres qui 
fréquentoient les écoles voisines de la place Maubtrt, se ras- 
sembloient en partie dans une rue qui porte le nom de rue 
du Fouarre, parce que l'on y apportoit des fouarres ou bottes 
de paille pour asseoir les éludians. Il paroît que le nom de 
feurre, donné à la paille dans quelques lieux, a la même 
origine, ainsi que les termes de far etfarrago, qui sont aussi 
des parties de plantes céréales. (J.) 

FOUCAULT. (Ornlth.) Ce nom, qui s'écrit uus^'i foiicaud, 
est donné par les chasseurs à la petite bécassine, qu'an appelle 
encore sourde, scolopax galLinula^ Linn. (Cit. D.) 

FOUCHE, FouTciu (Bot.), noms indiens du figuier. (J.) 

FOUCQUE. (Ornith.) Ancienne orthographe du mot_/"oM/(j(/e, 
désignant l'oiseau autrement appelé morel!e,/'«/(ca afra, Linn. , 
qu'on nomme aussi vulgairement/oH^cre. (Ch. D.) 

FOUDI. (Ornith.) Ce nom désigne, 1.° un oiseau de Mada- 
gascar, qui est le Icxia madagascariensis , Linn. ; n." Je gros-bee 
orix, loxia orix , Linn. On nomme aussi foudi-jata un rossignol 
de Madagascar, sjl^iamadagascariensis , Lath. (Ch.D.) 

FOUDONNE. (liot.) La plante qui nous a été envoyée du 
Sénégal sous ce nom, et dont les Maures se servent pour rougir 
leurs ongles, est le henné ou alkanna , lawsoaia inerniis. (J.) 

FOUDRE ( Conchfl.) , nom marchand du volitta versperlilio , 
Linn., ainsi nommé à cause des lignes rouges flexueuscs dont 
il est orné. 

Foudre alongée, ] 

, Foudre a tubercules en bec de pehroouet, f ''^'''' ^^ *; ^ 

Foudre fascée , '""^'^'^ ^^P^^'^ 

Foudre rouge, ) de volute. 

Voyez Fulgur. (De B.) 

FOUÉNE. [Bot.) Voyez Faine. (J.) 

FOUET DE L'AILE. {Urnitli.) On nomme ainsi la troisième 
partie, ou la plus extérieure , de l'aile des oiseaux. (Cir. D.) 

FOUET EPINEUX. (Bot.) Espèce d'hydnum trouvée par 
Paulet dans la forêt de S.Miard. Elle forme de petits bouquets 
composés de plusieurs individus à tige blanche, mince, a!ou- 
gée: le reste du champignon est de couleur de noisette pâle 
avec des papilles blanches. Le fouet épineux fait partie de la 
famille des chevrettes ou chevrots nés, de Paulet. Il n'est point 



fc7S FOU 

malfaisant 5 et rien n'annonce en lui de mauvaise qualité. 
(Lem.) 

FOUETTE-QUEUE. (Erpétol.) M. Cuvier a donné ce nom 
aux stellions bâtards, de Daudin. Voyez Stellion. (H.C.) 

FOUETTEUX. {Omith) L'oiseau auquel on donne ce nom 
vulgaire et celui àe fouette merle, est l'émerillon ,falco Œsalon^ 
Linn. , parce qu'il chasse ou fouette les merles. (Ch.D.) 

FOUGERE MUSQUEE (Bot.), nom vulgaire du cerfeuil 
musqué. (L. D.) 

FOUGERES. (Foss.) On trouve dans les mines de houille 
des empreintes d'une très-grande quantité d'espèces de ce genre. 
Voyez au mot Végétaux fossiles. (D. F. ) 

FOUGÈRES. (Bot.) Cette famille de plantes, très- natu- 
relle , avoit été examinée assez superficiellement par les au- 
teurs anciens, et même par plusieurs modernes. Cependant 
tous les ont laissées réunies dans leurs diverses méthodes de 
distribution des végétaux. Tournefort en forme la première 
section de sa seizième classe, composée de dix genres, ety ren- 
ferme la série nombreuse des fougères des Antilles, publiées 
par Plumier dans un ouvrage spécial. La première section de 
la cryptogamie de Linnaeus est aussi consacrée aux fougères, 
dont il décrit environ deux cents espèces reportées dans douze 
genres différens de ceux de Tournefort ;ineur en adjoint quatre 
au tresformant maintenant d'autres familles. Nous avions adopté 
en 1789 la distribution de Linnaeus , et fait à peu près les 
mêmes additions dans des sections distinctes, devenues plus 
récemment des familles détachées, mais toujours voisines. 
M. Smith, en Angleterre, a reconnu le premier, en 17..., 
que les caractères génériques adoptés jusqu'alors étoient in- 
suffisans, et qu'on devoit y ajouter la considération de l'an- 
neau élastique unissant les valves des capsules dans beaucoup 
d'espèces, ainsi que de la structure et de la déhiscence delà 
membrane qui, dans un grand nombre, recouvre les organes 
reproducteurs ; et il a publié plusieurs genres fondés sur ces par- 
ties. Swartz, auteur suédois dont la mort récente nous laisse 
des regrets, a travaillé sur le même plan, et publié en 1806 
une monographie des vraies fougères, distribuée en trente- 
huit genres, contenant environ sept cents espèces caractéri- 
sées, sans compter un grand nombre d'autres seul'^ment rap- 



FOU 579 

pelées à la suite. "Willdenow, que la science a aussi perdu 
trop tôt, et qui avoit entrepris une grande édition des Spe- 
cies de Linnaeus, a donné en 1810 le premier volume de la 
cryptogamie, contenant les seules fougères, avec Vequisetum 
qui ne doit plus leur rester associé. Il a adopté les genres de 
S wartz, auxquels il en ajoute quatre nouveaux, en élevant le 
nombre des espèces à plus de mille. Ce nombre a été augmenté 
plus récemment par MM. Schkuhr, R. Brown , Humboldt et 
Kunth , Mirbel, Bory Saint-Vincent, Desvaux, etc., qui ont 
ajouté à cette série dix nouveaux genres. C'est avec ces addi- 
tions de caractères et de genres que nous devons aujour- 
d'hui présenter la famille des fougères, dégagée des genres 
accessoires, en exposant d'abord son caractère général. 

Comme sa fructification est peu connue , on l'avoit primi- 
tivement placée parmi les acotylédones; mais de nouvelles 
observations sur les corps regardés comme graines, et sur leur 
développement dans la germination, les feront peut-être trans- 
porter parmi les monocotylédones. 

Les organes de la fructification , nommés sporanges par 
Hedwig, capsules par le plus grand nombre, sont des folli- 
cules très -petits, ordinairement uniloculaires (rarement 
multiloculaires ) , s'ouvrant très-souvent dans une direction 
transversale en deux valves unies le plus souvent par un 
anneau élastique ( annulas de M. de Beauvois , gjrus de 
Swartz., sjmplokium de Hedwig), lequel manque dans plu- 
sieurs genres. Ces capsules remplies chacune de graines me- 
nues , nommées spores , sont ordinairement adhérentes à la 
surface inférieure de quelques parties du feuillage , quel- 
quefois distinctes , plus souvent rassemblées en paquets ou 
sores , sori , de forme arrondie, ou plus ou moins alongée , 
ou quelquefois semblables à de simples lignes. Ces sores sont 
nus dans quelques genres; dans un plus grand nombre ils sont 
cachés sous une membrane ( indusium de la plupart , involu- 
crum de Swartz , tegumentum de Cavanilles , perisporangium. 
de Hedwig), laquelle, pour mettre les capsules à découvert, 
s'ouvre de différentes manières qui aident à désigner des 
genres. Elle se fend tantôt au côté extérieur, dirigé vers les 
bords du feuillage, ou au côté intérieur opposé; tantôt dans 
tout son contour, restant adhérente par le milieu j quelque- 



ig« FOU 

fois elle se diWse dans sa longiieur en deux valveS; (Quelque- 
fois, ouverte au sommet, elle prend la forme d'un petit vase 
contenant les capsules. La structure intérieure des spores ou 
graines n'est pas déterminée. On a seulement observé que , 
mises en terre, elles s'étendent en divers sens, se prolorgent 
en quelques appendices, et deviennent de nouveaux indivi- 
dus semblables à ceux dont elles ont été tirées. On ne con- 
noît point les organes mâles, ce qui peut laisser quelques 
doutes sur leur existence j et par suite sur la nature des or- 
ganes reproducteurs de cette famille. 

Les fougères sont herbacées, ou quelquefois ligneuses , et 
même arborescentes dans les pays chauds. Les tiges simples 
ou rameuses se rapprochent de celles des monocotylédones 
par leur structure intérieure. Le feuillage est simple, ou di- 
versement partagé en lobes et en folioles palmées, ou plus 
souvent pennées. Ce feuillage, avant son développement, est 
roulé en spirale intérieure de la pointe à la base : les cap- 
sules, isolées ou réunies ensorcs, sont placées ordinairement 
surla surface inférieure des feuilles ; plus rarement elles sont 
portées sur une tige distincte» Pour la distribution des genres 
iious avons adopté le,s divisions tracées par Swartz , et fondées 
sur la présence ou l'absence , soit de Tanneau élastique des 
capsules, soit des membranes qui les recouvrent. 

Les genres qui ont cet anneau très-marqué, peuvent être 
répartis dans deux sous-divisions. La première, caractérisée 
par les sores nus , renferme les genres Poljbotria de M. Kuuth , 
Acrosliclium , Meniscium Hemionitis , Cjiirnogramrna de M. .Des- 
vaux, Grammilis., CcLerach , Nolholann .de M. R. Broun ^ Cy-r 
cloph or u s c]c M. Desvaux, Pj-rrhosia de M. Mirbcl , Tccnitis , 
Polypodium, 

Dans rautre sous-division, plus nombreuse . dont les sorcs 
sont cachés sous une membrane , indusium, doivent être rap- 
portés les genres , PLeopeltis de M. Kunth , Aspidium . Aspleniijm, 
Ccenopteris^Scolopendr'U'.m, Diplaziurn,, Lonahitis^Pteris, VitLaria, 
Monogramma de M. Desvaux , Onoclea , homaria , Blechnam , 
JVoodwardia , Doodia de M. Brov/n , Lindsca, Adiantiim, Cliei- 
lanlhcs, DavalUa ^ D'ulymoclilana. de M. Desvaux, DicboTim, 
Cyathea^l'P'oodsiaàa M.Brown, Trlcliomancs ^ l-lymenophjUum^ 

A une scc&ndc Section, dans hiqu elle les capsules, privécÉ 



Ï^OÛ 281 

<rahneaiix élastiques remplacés par de simples stries, s'ou- 
vrent seulement par une fente denii-circulaire, on rattache 
les genres , Schizea , Lygoditim , Mohria^ Anémia, Osmunda , 
Todea , Mertensia et Gleichenia peut-être congénères, An- 
giopterisi 

La troisième Section , qui contient les genres Marattia, Da- 
ncea, Botrjchiiim , Ophioglossiiïii , est absolument dépourvue 
d'anneau élastique, oli de ce qui peut en tenir lieu* 

A cette famille, maintenant circonscrite, nousavions ajouté 
en 1789, dans trois sections distinctes, des genres déjà rap- 
prochés en partie par Linnaeus, différens cependant des fou- 
gères par plusieurs caractère? iniportans. mais ayant avec 
elles plus d'affinité qu'avec d'autres séries : tel est Veqiiisetum , 
qui forme seul maintenant la famille des équisétacées, men- 
tionnée précédemment ; tels sont l'isoefes , le salvinia , le mar^ 
silea ou lemma, et le piiularia dont on a fait la familie des 
rhizospermesousalviniées, qui sera décrite sous uii de ces noms. 

Une de ces sections, caractérisée par des fleurs diclines, 
des anthères portées sur des écailles réunies en cône, et des 
ovaires visibles , contenoit l'es genres Crra5 et Zamm. rappro- 
chés des fougères, parce que leurs jeunes feuilles sont de 
même roulées en spirale, et que leurs anthères sont confor- 
mées comme les capsules des fougères, prises auparavantponr 
des anthères. Postérieurement MM. Persoon et R. Brown ont 
fait avec raison de cette section Ja famille des c^'cadées, dont 
on a oublié de faire mention dans ce Dictionnaire, lorsqu'il a 
été question du cjcas, qui avoit été indiqué comme apparte- 
nant à la famille des palmiers, parce qu'il en a le port. Nous 
réparons aujourd'hui cette omission , en présentant ici le cr.- 
l'actère général des cycadées, formé de la réunion de ceu>: 
qui sont communs aux deux genres; avec l'addition de ceu*: 
qui ont été observés sur l'embryon par MM. R. Brov/n et 
Mirbcl. 

I,cs CrcADÉEs ont des fîci.'rs mâles et des femelles, portées 
sur des pieds différens, disposées les unes et les autres en 
cônes ou chatons composés d'écaiîles qiii silpportent et re- 
couvrent les organes sexuels. Les écailles des cônes mâles sont 
couvertes d'anthères plus ou moins nombreuses, unilocu- 
laires, s'ouvraut en deux vahcs d'un côté. Les écailles d*''! 



25. FOU 

cônes femelles , diversement conforinées , supportent des 
ovaires diitincls, munis chacun d'un style et d'un stigmate 
très-courls. Ils deviennent des brous minces et secs, recou- 
vrant une noix monosperme assez grosse. La graine contient 
un périspcrme charnu et volumineux, au centie duquel est 
l'embryon. Celui-ci est renversé à radicule montante, divisé 
inférieurement en deux lobes un peu inégaux , qui restent 
unis supérieurement près de la radicule dans le tiers de leur 
longueur; on aperçoit la plumule descendante entre ces deux 
lobes entrouverts. La tige est ligneuse, cylindrique , confor- 
mée intérieurement comme cel!e des monocotylédones , et 
particulièrement des palmiers. Elle est simple, terminée su- 
périeurement par une touffe de feuilles pennées, au milieu 
desquelles s'élèvent les cônes de fleurs. Ces feuilles , avant 
leur développement, sont roulées en spirale de la pointe à la 
base, comme dans les fougères. 

Cette famille, qui ne renferme que le zamia et le cjcas , 
a le port des palmiers, dont elle se rapproche aussi par la 
structure intérieure de ses tiges , et par ses graines périsper- 
mées; mais elle en diffère par ses fleurs et par son embryon, 
que plusieurs auteurs regardent comme dicotylédone ; et 
M. Richard, se fondant sur cette organisation, sur la dispo- 
sition et conformation des fleurs, ainsi que sur d'autres ca- 
ractères, place les cyeadées près des conifères. Cependant, si 
l'on rappelle la structure des tiges, et si l'on observe avec 
M. R. Brown que les deux lobes de l'embryon ne sont pas 
séparés jusqu'à la base, on sera peut-être disposé à n'admettre 
ici qu'un cotylédon singulièrement conformé, ou un viiellus 
semblable à celui du nelumbo sur la nature duquel les bota- 
nistes ont été partagés, mais qui paroît définitivement appar- 
tenir aux monocotylédones. ( J. ) 

FOUGÈRE , Filix. [Bot.) En France on désigne par ce nom 
le fteris aquilina, la plus grande des espèces de fougères 
d'Europe. On lui donne aussi les noms de fougère impériale 
et de fougère femelle. Elle partage ce dernier avec une autre 
espèce, le polypodiumjilix fœmina , Linn. (Voyez Atyrium.) La 
fougère mâle est une espèce différente de cette dernière ; c'est 
le polypodiumfilix famina , Linn. (Voy. Polystichum.) 

L'on nomme : Fougère aquatique. Fougère fleurie. Fougère. 



FOU 285 

TE MARAIS, Fougère royale, Vosmunda regalis, Linn. , la plus 
belle des fougères d'Europe ; 

Fougères grimpantes et Fougères rameuses, diverses espèces 
volubles de fougères, placées par Linnaeus dans son genre 
Osmunda, et rapportées actuellement au genre Hydroglossum. 
L'espèce la plusremarquablc est l'Jydrogios5«m,<icanden.s,Wilid.; 

Fougères en arbre : les fougères dont le stipe s'élève à la 
manière de celui des palmiers , et forme un petit arbre ; 
Plumier et Rumphius en donnent de belles figures; l'espèce 
la plus remarquable est le poljpodium arboreum, Linn. ; 

Fougère cornue , Vacrostichum septentrionale , Linn., petite 
fougère d'Europe, dont la fructification forme de petites 
languettes pointues. Voyez Filix et Filicula. (Lem.) 

FOUGERIE, Fougeria. (Bot.) [ Corymbifères , Juss. — Syngé-:- 
nésie polygamie nécessaire , Linn. ] Ce genre déplantes, établi 
par Mœnch dans la famille des synanthérées , appartient à 
notre tribu naturelle des hélianthées, et à la section des hé- 
lianthées-rudbeckiées , dans laquelle nousle plaçons auprès du 
laltimora , dont il diffère très-peu. Voici ses caractères, que 
nous décrivons d'après Mœnch , car nous n'avons point vu la 
plante qui constitue ce genre. 

La calathide est très-courtement radiée : composée d'un 
disque quinquéflore , régulariflore , mascuiiflore, et d'une 
couronne unisériée, quinquéflore, liguliflore, féminiflore. Le 
péricJine est formé de sept squames bisériées, égales, ovales, 
lancéolées, foliacées, les extérieures au nombre de deux, les 
intérieures au nombre de cinq; le clinanthe est plane et garni 
de squamelles égales aux fleurs , linéaires , dentées, colorées. 
Les ovaires sont subtriquètres , obcordiforines , nus ; leur 
aigrette est coroniforme , et figure un rebord. Les corolles de 
la couronne ont la languette ovale ,. large , bi-tridentée. 

FovGERiBiÉT:R\GOSE,Fougeriatetragona, Mœnch, Suppl. C'est 
une plante herbacée, annuelle, dont la tige est dressée, ra- 
meuse , sillonnée, scabre, tétragone, à angles obtus ; les feuilles 
sont opposées, pétiolées, ovales, larges, aiguës, dentées eu 
scie, poilues, scabres, trinervées en dessous; les calathides 
sont portées sur des pédoncules simples, nus , cylindriques, 
scabres , rassemblés au nombre de trois dans Faisselle des 
feuilles , et dont Fintermédiaire est beaucoup plus long que 



s 84 rou 

les deiix autres; le péricHne est garni de poils; les cdrolleâ 
sont jaunes. 

Mœnch n'indique point la patrie de celte plante, qu'il a 
dédiée à la mémoire de Fougeroux, botaniste François, au- 
teur du genre Gaillarda , ou Galardia. (H. Cass. ) 

FOUGEROLE,F(/icM/a. (Bot.) On donne ce nom aux petites 
espèces de fougères, et particulièrement au po(}-podi(/m/rao^(7c, 
Linn. Voyez Aspidium. (Lem.) 

FOUILLE-MERDE. {Entom.) C'est le nom vulgaire des 
bousiers, des scarabées, des hannetons. (C. D.) 

FOUILLET (Ornilh.), nom vulgaire du pouillot ou chantre, 
motacilla trochilus , Linn. ( Ch. D. ) 

FOUIiSE (Mamm,) , nom François d'une espèce de martes^ 
mustella foina , Linn. Voyez Marte. (F. C.) 

FOUISSEURS, ou Oryctères. [Entom.) Nous avons désigné 
sous ces deux noms, mais particulièrement sous le dernier, 
une famille d'insectes hyménoptères, comprenant les sphèges 
fentre autres, et réunissant des espèces qui, outre l'habitude 
qu'elles ont de creuser le sable pour y déposer leurs œufs , ou 
pour y enterrer deslarves, se trouvent i"approchées entre elles, 
et séparées de tous les autres genres par d'autres caractères. 
Voye?. Oryctères. (CD.) 

FOUL, Fut {Bot.), nom arabe et égyptien de la fève de 
inarais, cité par Forskal et M. Delile. (J.) 

FOULCRE. (Ormf/î.)' Voyez Foucque. (Ch. D.) 
FOULE -CRAPAUD. ( Ômith. ) Traduction faite par Sa- 
lerne du mot calcahotto, qui désigne en Italie Fengoulevent, 
caprimnUius europrcus , Linn. (Cn. D. ) 

FOULEHAIO ( Ornilh. ) , nom que porte, à Tongotabo , une 
desîlcsdesAmis, le grimpereau caroncule, certhia carunculata, 
Lath.-, ou creadion musicus , Vieil. ( Ch. D.) 

FOULI-LACRA. {Bot.) Ce nom portugais, qui signifie fleur 
de scorpion, a été donné dans le Japon, suivant Ka^mpfer, 
à un angrec, epidendrum Jlos aeris de Linnasus, à cause de sa 
forme , qui a, dit-il, quelque rapport avec un scorpion. Plus 
récemment Swartz, dans sa réforme des orchidées, en a fait 
un nouveau genre sous le nom d'aerides , en lui réunissant 
plusieurs autres espèces. C'est la même plante qui est nommée 
katonf^.ging a Java. (J.) 



FOU 28S 

FOULIMÈNE. {Ornifli.) Flacourt,qui parle de cet oiseau, 
pag. i65 de son Histoire de l'ile de Madagascar, où il le nomme 
aussi oiseau de feu , se bonie à dire que son plumage est d'un 
rouge éoarlatc; qu'il a vainement tenté d'en élever en hiver, 
et que les individus de la même espèce se batlent continuelle- 
Kient les uns les autres. (Cn. D. ) 

FOULING {Bol.) C'est une racine très- employée dans la 
Chine comme sudorifique, et propre à purifier le sang. Il est 
dit dans le Recueil des Voyages , que la plante qui la fournit 
croît particulièrement dans la province de Su-Chuen. (J.) 

FOULON. {Entom.) On nomme ainsi une très-grosse espèce 
de hanneton ou de inélolontlie , qui se trouve dans les sables 
des dunes. (C. D.) 

FOULON. (Ornith.) Camus traduit, par ce mot, le nom 
d'un oiseau dont Aristote parle au chan. 6 du g.' livre deson 
Histoire des Animaux , et qu'il dit avoir une bonne voix, une 
belle couleur, et être industrieux. (Ch.D.) 

FOULQUE. (Ornith.) Les pouîes d'eau ou galiinulcs, les 
poules sultanes ou talèves, et les foulques ou tnoreUes, ont 
toutes les pieds très-longs, et une plaque lisse et colorée qui 
s'étend, plus ou moins, en forme de bouclier, sur le front. 
Linnaeus les a réunies daiis son genre Fulica; mais, tandis que 
la membrane , dont les doigts sont bordés, est à peine sensible 
chez les talèves, porphjrio , plus apparente et unie chez les 
poules d'eau, gallinula, elle est festonnée chez les foulques , 
qui, comme les phalaropes, sont pinnatipèdes. Les foulques 
oiit, d'ailleurs, des caractèrels particuliers, qui con'-istent dans 
un bec épais à la base, plus court que la tête, comprimé laté- 
ralement, dont la mandibule supérieure offre un sillon large 
et. concave, et s'incline à son extrémité sur Finférieure. qui 
est un peu renflée vers la pointe. Lvs narines, pLicées d;ins le 
sillon et vers le milieu du bec, qu'elles traversent de part en 
part, sont longitudinales, oblongues, et couvertes dune mem- 
brane-, la langue est comprimée et entière; les pieds, assez 
longs, sont nus au-dessus du genou ; les trois doigts nnlérieurs 
sont garnis d'une membrane part."g?e en deux lobes sur le 
doigt interne, en trois sur celui du milieu, et eu quatre 
moins profondément découpés sur l'externe; le pouce, qui 
pose sur l;t terre, n'a de membrane qu'à In partie infériture ; 



28G FOU 

les ongles sont courts et aigus; les ailes sont concaves et arron- 
dies, et lesdeuxième et troisième rémiges sontlespluslongues; 
la queue est composée de douze ou de quatorze pennes, qui, 
depuis les deux du milieu, diminuent de longueur. 

Quoique ces oiseaux n'aient pas les pieds entièrement pal- 
més, ils nagent et plongent avec une facilité extrême; ils pré- 
fèrent les eaux douces et stagnantes aux rivières, et ils ne 
quittent celles-là que pour passer d'un étang à l'autre : ils se 
plaisent même si peu à terre, qu'ils font souvent la traversée 
au vol , dont l'action se soutient par la force des muscles , qui 
supplée au désavantage de leurs très-courtes ailes. Comme ils 
ont la vue foible, ce n'est que le soir qu'ils entreprennent ces 
petits voyages. Pendant le jour on ne parvient qu'avec peine 
à leur faire abandonner les roseaux dans lesquels ils s'en- 
ioncent, et où ils construisent leur nid. Des insectes aqua- 
tiques, de petits poissons, des sangsues, sont la base de leur 
nourriture; mais ils recueillent aussi les graines et les sommités 
des joncs. 

Les foulques se trouvent dans toute l'Europe, depuis l'Italie 
jusqu'au Groenland; en Asie, en Amérique; et, malgré les 
légères différences que présentent les individus observés, sur- 
tout dans nos climats, elles ne forment pas des espèces bien 
distinctes. 

La Foulque ou Morelle, Fulica atra, Linn., pi. enlum. de 
Buffon, n.° 197, est, à peu près, de la grosseur d'une poule. 
Sa longueur , depuis le bout du bec jusqu'à celui de la queue, 
est d'environ quatorze pouces et de dix-huit jusqu'à celui des 
ongles. La plaque du front, ordinairement blanche, est rouge 
dans la saison des amours; le bec est d'un blanc rayé, l'iris 
d'un rouge cramoisi; le bas de la jambe, dégarni de plumes, 
est entouré d'un cercle qui est rendu sensible dans la figure 
qu'en a donnée J. Graves, tom. I.^' de son Ornithologie bri- 
tannique; les tarses, les doigts et leurs membranes, sont d'un 
cendré verdàtre. La tête et le cou sont noirs; les parties supé- 
rieures d'un noir d'ai'doise , à l'exception des pennes moyennes 
de l'aile , dont la bordure estbl?nche, et les inférieures d'un 
cendré bleuâtre. Les vieux mâles ont le plumage d'un noir 
plus profond, la plaque frontale plus large, ainsi que ks 
liiembranes digitales, et le bec plus long ; on les a long-temps 



POU .87 

regardés comme une espèce particulière, qui a été Hési-^née 
en François par le nom de macroule, et en latin parrépiihèttî 
d'aterrima , Llnn. et Lath. 

Sparrman a figuré, pi. i3, du Muséum carlsonianum, une 
jeune foulque avant la mue, époque à laquelle la plaque fron- 
tale, peu apparente, est, ainsi que le bec et les pieds, d'un 
cendré bleuâtre, et où les parties inférieures sont d'un gris 
nuancé de blanc. Le naturalistesuédois ayant présenté ce jeune 
âge comme une espèce distincte ,sous le iiomdeyu/;ca «.'hiopî, 
Gmelin l'a adoptée sans un assez mûr examen. Il eu est de même 
d'une variété accidentelle que Sparrman a aussi fait figurer, 
^)1. 12 du même ouvrage, sous le nom de fulica Ir.ucoryx y 
quoique ce ne soit qu'une variété accidentelle, aux ailes en- 
tièrement blanches, et dont on n'a trouvé qu'un seul individu. 
Latham cite encore, mais comme simples variétés , deux indi- 
vidus, yù/ica alba etfulicafusca, dont le premier avoitlecor;>s 
blanc, et des taches éparses sur la tête et les ailes, et dont le 
second avoit des taches brunes, de forme ovale , sur la gorge; 
des taches blanches sur la tête, les plumes anales de la mê^ne 
couleur, et le reste du corps brun. 

On trouve plus de foulques dans les marais, sur les lacs et 
les golfes de France, de Hollande et d'Angleterre, que dans 
ceux d'Allemagne et de Suisse. Cctti , dans ses UccelU di Sar- 
degna , pag. 28? , dit que ces oiseaMX sont si nombreux sur les 
étangs de cette île, qu'on ne sème pas de blé dans leur voisi- 
nage , où, sortant de l'eau pendant la nuit, ils couperolent 
tout ce qui seroit à leur portée; mais qu'on remplace ce végé- 
tal par du lin auquel ils ne touchent pas. Elles n'abandonnent 
guère les contrées qui les ont vues naître , mais elles fréquentent 
en été les étangs moins vastes, et les quittent à l'automne pour 
ae réunir en grandes troupes sur ceux qui ont plus d'étendue, 
et sont moins sujets à geler. Quand les frimas et le manque 
d'eau les en chassent, elles se répandent même dans les plaines 
où la température est plus douce. Elles s'apparient au mois 
de février, et choisissent , pour y former leur nid, des en- 
droits couverts de roseaux secs , sur lesquels elles en entassent 
d'autres; lorsque la touffe est élevée au-dessus de l'eau, elles 
en garnissent l'intérieur de petites herbes sèches , et il résulte 
du tout une assez forte masse qu'on aperçoit de loin. Les fe- 



288 FOU 

melles pondent, suivant les uns, dix-huitàvingtœufs, etselort 
d'autres seulement six ou sept; ce qui pourrojt, jusqu'à uu 
certain point, se concilier en supposant que ceux-ci n'ont vu 
que deseeondes couvées, moins considérables que les premières. 
Cependant M. Temminck assure que le nombre u'excàde jamais 
douze à quatorze. Les œufs, qui sont représentés dans [esOva 
q.vium de Klein, pi. 12, n.° 5 , ont la forme d'une poire, et 
sont presque aussi gros que ceux de la poule domestique; 
leur couleur est un blanc sale et teint de brun, avec des 
taches de rouille : on les vend dans les marchés en Hollande, 
où ils sont aussi estimés que ceux de canards. L'incubation 
dure vingt-deux à vingt-trois jours; et dès que les petits sont 
éclos , ils sautent hors du nid pour n'y plus rentrer. La mère 
les conduit à l'eau , où ils nagent et plongent très-bien ; la nuit 
ils couchent autour d'elle sous les joncs. Ces petiîs sont cou- 
verts d'un duvet noir enfumé, et paroissent très-laids ; on ne 
voit alors sur ieur front que l'indice de la plaque blanche 
qui doit lorner. Les busards, qui mangent souvent les œufs 
dps foulques, et enlèvent quelquefois la mère, font aussi une 
chasse cruelle aux petits, et détruisent des couvées entières. Il 
y a alors une seconde ponte , et les vieilles foulques, que 
plusieurs pertes de la même nature ont instruites , choisissent, 
pour y établir leur nid , des endroits où il est mieux caché 
par les glaïeuls; elles tâchent de retenir leurs petits dans les 
grandes herbes, et c'est ainsi qu'elles parviennent à préserver 
l'espèce d'une dépopulation générale. 

La foulque a, dans l'état de liberté, deux cris différens , 
dont l'un est traînant, et l'autre coupé. BuHbn pense que c'est 
le premier qu'a voulu désigner Aratus , en parlant du présage 
qu'on en tiroit , et que Pline a entendu parler du second lors- 
qu'au livre 8 , chap. 35 de son Histoire naturelle, il a dit quïl 
annonçoit la tempête j mais , en captivité, cet oiseau est ab- 
solument muet, 

La chair des foulques est noire , et a un goût de marais fort 
dés.igriable. Cependant on leur l'ait la chasse en hiver, lors- 
qu'elles se sont rassemblées sur les grands étangs ; et pourcc^ 
effet des personnes réunies dans plusieurs nacelles, les poussent 
du centre vers les joncs qui bordent une des rivcs; etlesforceujt 
à se lever et à passer sur leurttte pour se rendre à uneautre;, 



FOU 289 

Cette traversée ne peut s'exécuter sans que les morelles ne 
soient exposées à une décharge de fusils, et, la même ma- 
nœuvre se renouvelant à l'autre extrémité, il s'en fait une 
grande destruction. C'est ainsi qu'on en tue plusieurs centaines 
dans les étangs de Tiaucourt et de l'Indre. Malgré le bruit des 
armes et la mort de leurs compagnons, ces oiseaux ne se déter- 
minent à quitter des lieux aussi funestes que la nuit suivante. 
On prend aussi les foulques au tramail et à la pince d'Elvaski, 
dont il est parlé au mot Filets. 

M. d'Azara a trouvé au Paraguay deux oiseaux qu'il a dé- 
crits, sont les n."' 447 et 448, comme étant des espèces dis- 
tinctes de fouUjTies, et queSonnini a rapportés à la morelle et 
à la macroule d'Europe , c'est-à-dire aux individus de divers 
âge», qu'on a long-temps considérés comme formant, sinon 
des espèces, au moins des races particulières. Le premier de 
ces oheaux, fil lica leucoptera^ Vieill. , avoit environ treize 
pouces de longueur; la queue étoit composée de douze 
pennes pointues; le tarse étoit très-comprimé, et la plaque 
frontale presque à demi circulaire ; les couvertures infé- 
rieures de la queue, l'extrémité des pennes de l'aile les plus 
rapprochées du corps étoient blanches; les pennes de l'aile en 
dessous, et les grandes couvertures inférieures argentées; les 
parties nues de la jambe d'un vert jaunâtre, l'iris d'un rouge 
de saiig. Le second ,/(//ica rtrmi7/ttte, Vieill. , avoit environ 
quinze pouces et demi de longueur; sa queue, non terminéeen 
pointe, étoit composée de quatorze pennes; le tarse n'étoit 
pas très-comprimé, et la base du bec n'étoit pas circulaire à 
son insertion dans la tête; les pennes des ailes les plus rappro- 
chées du corps n'avoient pas de blanc à leur extrémité, et la 
j.inib'° avoit des jarretières d'un orangé vif. 

M. Descourtilz a aussi vu à Saint-Domingue des foulques 
qu'il a décrites, tom.a de ses Voyages , pag. 262 , comme ayant 
le dessous delà queue d'un blanc éblouissant, l'œil d'un rouge 
vif, le bec marqué, presque à l'extrémité de ch;ique mand:- 
bule, deux taches brunes, tandis que la pointe étoit d'un bleu 
turquoise, et le bas de la jambe ceint d'une zone membra- 
neuse rouge-vermillon. 

Il paroit résulter de ces différentes descriptions, comme 
de celles des foulques d'Europe . que ces oiseaux , qui se res» 



29° FOU 

semblent en général , éprouvent dans la couleur et la taille „ 
à leurs âges divers et suivant les saisons, des difiFérences qu'on 
a reconnu , pour nos morelles et nos macroules , ne pas cons- 
tituer des espèces distinctes, et qui vraisemblablement n'ea 
Ibrment pas de plus réelles en Amérique. On se bornera, sur 
ce point , à faire observer que la blancheur des pennes alaires 
qui a motivé la dénomination de la foulque leucoptère, ne 
lui est point particulière, puisque la même couleur existe sur 
une plus ou moins grande partie des ailes chez les morelles et 
les macroules. 

Plus anciennement les auteurs avoient aussi placé au rang 
des espèces du genre Foulque, appartenant à l'Amérique , 

1.° LefuUca mexicuna, Br., Lath. et Gmel., correspondant 
à Vyoalcoachillin de Fernandez , Hist. Nov. Hisp. , p.3o , cap. 74, 
dont la membrane frontale est décrite comme fort épaisse et 
d'un beau rouge-, la tête, la gorge, le cou, la poitrine, le 
rentre, le haut des jambes, les couvertures du dessous de 
la queue , et les côtés comme étant de couleur pourpre, et 
les parties supérieures variées de bleu et de fauve, à l'excep- 
tion des pennes alaires et caudales, annoncées comme étant 
d'un vert pâle. Cet oiseau , à peu près de la taille de la ma- 
croule, est rangé par M. Vieillot parmi ses porphyrions. 

2° LefuUca americana, ou foulque cendrée , queLatham a 
décrit d'après un individu de la collection de sir Lever, dont 
tout le plumage étoit cendré, à l'exception de la gorge et du 
milieu du ventre, lesquels étoient blanchâtres , et qui avoit 
le bec d'un vert pâle et les pieds bleuâtres. 

Outre ces espèces, fort douteuses, l'auteur angloîs qu'on 
vient de citer en a décrit, sous le nom de foulque de Mada- 
gascar ,/uh'ca cri&tatay une autre qui sembleroit mériter une 
attention particulière, et qui se trouve aussi à la Chine, où 
elle porte le nom de Izing kje. Cet oiseau , figuré dans le Sj- 
nopsis de Latham, tom. 3 , part, i, pi. go, et dans les planches 
enluminées de Bufifon , n.° 797, a le plumage d'un bleu noi- 
râtre et la plaque du front charnue, relevée et détachée en 
deux lambeaux formant une crête rouge. Bufibn met en ques- 
tion si cette foulque, plus grande que la macroule , neseroit 
pas au fond la même que celle d'Europe, agrandie et déve- 
loppée par l'influence d'un climat plus actif et plus chaud. 



FOU . .91 

On a enfin donné improprement le nom de foulque à des 
oiseaux étrangers à ce genre. C'est ainsi que la foulque à ai- 
grette, à cornes ou à oreilles d'Edwards, est le grèbe cornu, 
aolymbus cornutus , Gmel. ; que la foulque noire et blanche dii 
même auteur est le petit grèbe, coljnibus minor , et que la 
fouHque à bec varié de Catesby est le grèbe à bec cerclé, 
colymbus podiceps , Gmcl. (Ch. D. ) 

FOUMA. (Bot.) Dans l'herbier de Vaillant on trouve sous 
ce nom un solanum. des Antilles, qui paroît être le solanum 
tr(s/e de Jacquin. (J.) 

FOIJMART ou FuMMAR. (Mamm.) C'est, dit-on , dans 
quelques endroits de l'Angleterre, le nom de notre belette. 
mustella vulgaris , Linn. Voyez Martes. (F. C.) 

FOUNINGO. (Ornith.) On trouve a Madagascar des pigeons 
Tamiers, connus dans cette île sous ce nom, avec l'additioa 
de ména-rabou pour Pun d'eux, et de maïtsou pour l'autre. Ce 
sont les 36.* et Sy." espèces deBrisson,qui les a figurés, tom. i, 
pi. 14 de son Ornithologie, avec les dénominations depige<wi 
ramier bleu et pigeon ramier vert de Madagascar. Ils sont aussi 
représentés dans les planches enluminées de Buffon, n.""!! et 
m , et cet auteur n'ayant trouvé entre eux d'autre dijfférence 
que celle de la couleur, et peut-être de iàge, Linnœus les ^ 
u compris l'un et l'autre sous la dénomination commune de 
columbok madagascariensis ; mais M. Temminck les a placés dans 
deux sections distinctes. Le founingo-ména-rabou, ou sim- 
plement founingo , a tous les cai'actères propres aux co- 
lombes, et il se fait remarquer par la peau nue dans laquelle 
ses yeux sont placés; c'est le coLumba madagascariensis de 
Latham , ou ramier founingo de Levaillant , pi. 266. Le 
founingo-maïtsou, columba australis , Lath., ou columbar maït- 
sou de Temminck, a le bec en pince solide et racornie, les 
doigts larges et réunis à leur origine, et la plante des pieds 
épatée comme dans les calaos; de sorte que le seul caractère 
par lequel ces espèces se ressemblent est d'avoir chacune iç 
tarse couvert de plumes jusqu'à l'origine des doigts. (Ch. D.) 

FOUQUE (Ornith.), orthographe du mol foulque , dans 
certains ouvrages. (Ch. D.) 

FOUQUET. (Ornith.) Ce nom, suivant le vicomte de Quer- 
koent, est donné, dans l'Isie-de France , à deux oiseaux dç 

/»3» 



292 . FOU 

la grosseur d'un petit canard, qui ont le bec recourbé et les 
pieds palmés, et dont un est tout noir, et l'autre a le ventre 
et le dessous des ailes blancs. Ces oiseaux, qui ne sortent que" 
la nuit des rochers par eux habités pour aller pêcher à la 
mer, paroissent être de la même espèce que ceux dont on a 
parlé au mot Diable, tom. i3, pag. 1:29 de ce Dictionnaire. 
Celui que Sonnerat a bguré, p>. 86 de son Voyage à la Nou- 
velle-Guinée, sèus le nom de petit fouquet des Philippines , 
est une hirondelle de mer, sterna philippina , Lath.; et la 
même dénomination, qui n'est peut-être pas spécifique, est 
appliquée par les marins au goéland brun , ou poule du port 
Egmont des Anglois. (Ch.D.) 

FOURAHA. {Bot.) Arbre de Madagascar et de quelques 
autres lieux de l'Inde, duquel découle un baume vert très- 
estimé pour les plaies et contusions, connu sous le nom de 
baume vert ou baume de Marie. Cet arbre est le calophjllum 
ca'aha. Flacourt le nomme /oora/ia. (J.). 

FOURANG-DRA. (Bot.) Liane de Madagascar, citée par 
Rochon, qui dit qu'elle a les feuilles de persil et le fruit à 
trois angles. C'est peut-être une espèce de serjania dans la 
famille des sapindées. (J.) 

, FOURBISSON. {Ornith.) Ce nom, qui s'écrit aussi /our- 
luisson, est vulgairement donné au troglodyte d'Europe, 
motacilla troglodytes , Linn., à cause de son habitude de se 
fourrer dans les buissons. (Ch. D.) 

FOURCHU (Ornitli.) , dénomination par laquelle on dé- 
signe le canard à longue queue ou pilet , anas acuta, Linn. 
(Ch.D.) 

FOURCROY. ( Ichthyol. ) M. de Lacépède a dédié au cé- 
lèbre chimiste de ce nom une espèce de poisson qu'il â ran- 
gée parmi les perches sous l'appellation de perça Fourcroi. 
(H.C.) 

FOURDINIER. {Bot.) Dans la Picardie et le Boulonois, on 
donne ce nom au prunier épineux. (L. D.) 

FOURDRAINES. [Bot.) On donne ce nom , en Picardie , aux 
prunelles, ou fruits du prunier épineux. (L. D.) 

FOURMEIROU. (Ornith.) Ce ternie, qui est cité, ainsi 
que celui de foumeirou , aux articles de l'Hîstoire des Oiseaux 
oîi Buffon parle du rossignol de muraille et du traquet, est 



FOU , 293 

écrit dans le premier avec un u terminal , et avec une n dans 
le second. Mais, comme c'est, d'après M. Guys, une dénomi- 
nation provençale, il y a Heu de penser que la première 
terniinaison est la véritable. D'un autre côté, on ajoute au 
mot foitrneirou ceux de cheminée, qui contribuent à jeter du 
doute sur l'oiseau désigné. En effet, si les fourmis peuvent 
être considérées comme faisant partie de la nourriture des 
deux espèces, également insectivores, il n'en est pas de même 
de l'habitude de se poser au-dessus des tuyaux de cheminée, 
qui ne peut appartenir au traquet, lequel n'approche pas des 
maisons. (Cir. D.) 

FOURMI , Formica (Entom.), nom d'un genre d'insectes hy- 
ménoptères, de la famille des myrmèges. 

Ce nom de fourmi , qu'on écrivoit autrefois/broa ou /burm/i, 
vient évidemment du mot latin /orm/ca, qu'on trouve dans 
Plante, Térence , Cicéron, Sénèque, etc. Aristote désignoit 
ces insectes sons le nom de ^Jp^t»^. Linnœus les avoit rappro- 
chés sous ce nom de fourmi; mais, dans ces derniers temps, 
MM. Latreille, Jurine . Fabricius les ont distribués dans plu- 
sieurs autres genres, ainsi que nous l'indiquerons par la suite 
de cet article et au mot Myrmèges , auquel nous renvoyons le 
lecteur. 

Le genre Fourmi, tel que nous l'étudions ici, comprend tous 
les hyménoptères à abdomen pédicule arrondi, dont le premier 
anneau est noueux ou écailleux; à antennes à peu près Jili/ormes , 
à premier article très-long, commebrisées ; à lè\>re inférieure courte. 
Tous ces caractères éloignent ces insectes des autres familles 
des hyménoptères, dont les uns ont le ventre sossile, les autres 
la lèvre inférieure plus longue que les mandibules, quelques 
uns l'abdomen concave en dessous, et enfin de ceux qui n'ont 
pas les antennes brisées. Les seuls ptérodiples, comme les 
guêpes, se rapprocheroient des fourmis; mais ceUes-ci , quand 
elles ont des ailes, ne les ont jamais comme doublées sur leur 
longueur, ainsi que les premiers, mais éfalées. 

Les fourmis composent un genre dont les espèces sont fort 
difficiles à réunir, car la plupart présentent trois modifica- 
tions de forme, de grosseur, et quelquefois de couleur, 
déterminées par le sexe, beaucoup plus différentes entre elles 
que ne le sont les abeilles à miel. En effet, il y a parmi les 



«94 FOU 

fourmis des femelles , des neutres et des rnâles. Ces derniers 
sont en général plus petits; ils vivent pendant moins de temps. 
Les femelles sont plus grosses et en assez grand nombre: elles 
ont des ailes , au moins pendant une certaine époque de 
leur vie, tandis que les neutres sont constamment dépourvus 
"d'ailes : particularité qui rapproche les fourmis des termites, 
et qui les éloigne des abeilles et des guêpes, parmi lesquelles 
il se trouve aussi des neutres. 

Tout le monde connoît les fourmis, ces insectes qui vivent 
en familles, en sociétés nombreuses, que l'on nomme/ourmi- 
lières- qui tan lot se creusent des trous souterrains dans un sol 
ferme et solide , au bas des murs exposés au midi , au pied des 
arbres ou dans les souches que les bûcherons laissent dans nos 
taillis; et qui tantôt réunissent en commun une masse énorme 
de brins de bois , de feuilles desséchées ou de matières recueil- 
lies sur les végétaux, pour se construire une sorte de ville , où 
sont pratiqués des routes, des rues, des sentiers qui mènent 
à des places. Ici, les unes se réunissent et déposent la nourri- 
ture; là, les œufs pondus parles femelles sont gardés à vue et 
protégés, jusqu'au moment où ils produisent des larves sans 
pâtes, que les neutres se chargent de nourrir et de surveiller 
jusqu'à leur complet développement. Mais n'anticipons pas 
sur les faits que l'histoire des fourmis va nous faire exposer. 
jVous emprunterons à l'ouvrage (i) de M. Pierre Huber, de 
Genève , fils de l'observateur célèbre qui a si bien fait con- 
noître les abeilles, les faits principaux que nous allons indi- 
quer. Nous analyserons également le travail publié en 1802 
par M. Latreille, sous le titre d'Histoire naturelle des Fourmis, 
et l'excellent article qu'il a composé, en 1817, pour le dou- 
zième volume du nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle. 
Il nous étoit impossible de puiser à de meilleures sources. 

Les fourmis, ainsi qu'on le verra au mot Myrmèges, ont 
beaucoup de ressemblance avec les mutilles et les doiyles , et 
même avec les tiphies^ qui ont aussi les antennes entil, et non 
brisées. Mais, dans les doryles, le ventre est presque sessile , 
et dans les mutilles, le pétiole de l'abdomen est court, sans 
nœud ni écailles. C'est en effet le pédicule alongé du ventre, 

■'1') RECHERCHES STR Lrs ForRMis iNDiGr>'rs. Genève, 1812; in-S.** 



FOU .95 

tantôt offrant des renflemens , tantôt tme sorte d'écaille 
concave ou dressée, qui caractérise les fourmis. 

Les fourmis des trois sortes, neutres ou ouvrières, femelles 
fécondes, et mâles, présentent quelques variétés de fonnes dans 
les diverses parties du corps, comme nous allons l'indiquer 
en considérant sucessivement leur conformation. 

Dans les femelles, la tête est à peu près de la même largeur 
que le corselet ; dans les mâles elle est plus étroite sensible- 
ment , et surtout beaucoup plus arrondie presque dans tous les 
sens, tandis que généralement, dans les neutres, la tête, surtout 
en arrière, est plus large que le corselet, plus alongée en 
avant, pour supporter les longues mandibules, ce qui lui donne 
une forme ovale ou triangulaire. Les antennes des ouvrières , 
ou des femelles infécondes, sont semblables à celles de véri- 
tables mères, composées presque constamment de douze arti- 
culations, dont la première est à elle seule de la moitié de la 
longueur totale de l'antenne ; les articles qui viennent ensuite 
sont à peu près d'égales grosseur et longueur. Chez les mâles, 
il y a un article de plus aux antennes, qui sont en outre beau- 
coup plus longues relativement à la tête. Ces antennes sont 
constamment insérées entre les yeux, vers le milieu du front. 

Comme dans la plupart des insectes, dont les mâles sont 
difFérensdes femelles, les yeux des mâles sont plus gros et plus 
saillans. Les stemmates sont apparens dans les sexes féconds j 
ils sont disposés en triangle •.' sur le sommet delà tête : mais, 
chez la plupart des neutres, on ne peut pas les distinguer ; ce 
qui devient un moyen à peu près assuré de discerner les fe- 
melles, qui sont souvent dépourvues d'ailes, d'avec les indivi- 
fVus neutres. 

Les parties dont la bouche se compose dans les fourmis , 
offrent les dispositions suivantes .- Dans les mulets ou ouvrières , 
les mandibules sont solides, presque aussi longues que la tête , 
pointues à rextrémifé, et un peu dentelées du côté intérieur. 
Chez les femelles, ces parties sont de même forme, mais moins 
développées; dans les mâles, les mandibules, beaucoup plus 
courtes , n'offrent plus de dentelures intérieures. Les mâchoires 
sont petites, et ofirent à leur extrémité libre une languette 
mince, élargie, dont la forme varie. Les palpes ou barbillons 
que ces mâchoires supportent, sont composés de six article;^ 



^9*> FOU 

en fil ou en soie. La lèvre inférieure représente une sorte de 
langue, reçue dans une coulisse cornée, qui se termine par 
une sorte de cuiller arrondie. Elle supporte latéralement des 
palpes courts en fil ,de quatre articles chacun. Toute la bouche 
est recouverte par une grande lèvre supérieure, presque car- 
rée , qui s'appuie sur les mandibules. 

Le corselet est, en général, comprimé dans les trois sortes 
d'individus; plus étroit en arrière et comme tronqué dans les 
neutres, offrant de chaque côté deux stigmates ou ouvertures 
de trachées, propres à la respiration , et vers la partie dorsale 
et postérieure, dans un très-grand nombre d'espèces, des épines 
ou pointes cornées , qui servent probablement de moyens 
de défense. Les mâles et les femelles ont le corselet petit en 
proportion. 

Les ailes des fourmis ne s'observent que dans les individus 
féconds; les supérieures sont souvent plus longues que l'abdo- 
men. D'après la figure qu'en adonnéeM. Jurine , on voit qu'elles 
ont une cellule radiale alongée, étroite; deux grandes cellules 
cubitales, dont la seconde atteint l'extrémité libre de l'aile: 
le plus souvent il n'y a pas de cellules récurrentes. Les ailes 
adhèrent très-peu au corselet; elles s'en détachent au moindre 
effort, et souvent les femelles les perdent après la fécondation, 
lorsqu'elles ne sont plus utiles à l'insecte, qui n'en a besoin 
qu'à l'époque de l'accouplement qui paroît s'opérer dans les 
airs. 

Le ventre ou l'abdomen des mâles est composé de sept an- 
neaux, c'est-à-dire d'un article de plus que dans les deux autres 
sortes d'indiAàdus. Le premier article forme la base où le pé- 
dicule s'applique sur le corselet; il a le plus souvent la forme 
d'une écaille ovale ou arrondie, quelquefois carrée, dont les 
dimensions sont plus grandes chez les femelles. Il paroît que 
les individus neutres et les femelles sécrètent une liqueur acide 
qui sort par l'extrémité de l'abdomen, et dont l'odeur est ex- 
trêmement pénétrante; c'est cette liqueur qu'on avoit d'abord 
regardée comme un acide animal particulier, mais que l'on 
considère aujourd'hui comme analogue à celui que les chi- 
mistes nomment acétique. C'est aussi à l'extrémité du ventre 
qu'on peut apercevoir, en y exerçant une légère pression, les 
organes propres à la reproduction. 



FOU 297 

Les pâtes des fourmis sont alongées à peu près <1e même 
étendue que le corps; les cuisses et les jambes sont compri- 
mées. Les tarses, composés chacun de cinq articles, se termi- 
nent par deux ongles, entre lesquels ou remarque une sorte 
de disquevelouté, qui adhère fortement aux corps les plus lisses. 

Les fourmis proviennent de petits œufs blancs, tantôt cylin- 
driques, petits et opaques, tantôt transparens, plus gros, et 
arqués sur leur longueur. On distingué, sous la peau coriace 
<{ui les enveloppe, une matière liquide, plus ou moins blan- 
châtre, dont la disposition varie. Il paroit que la matière 
I)lanche est le germe ou même la peau de la petite larve. Les 
femelles pondent ces œufs comme au hasard, en changeant ae 
place dans l'intérieur des galeries souterraines : les neutres les 
recueillent avec beaucoup de soin; elles les saisissent délicate- 
ment avec leurs mandibules, les tournent et retournent comme 
en les léchant, et les disposent Comme par tas dans certains 
espaces préparésKravance. La chaleur fait éclore ces œufs, soit 
que la larve ait pris plus de volume ou de force pour briser 
sa coque; soit que l'enveloppe elle-même, s'étant desséchée, se 
fende dans un sens pour ainsi dire déterminé d'avance. M. Hu- 
ber a fait la remarque que les œufs nouvellement pondus sont 
plus blancs ou moins transparens, et même d'un moindre 
volume; il pense que ces œufs prennent de l'accroissement- 
qu'ils changent de forme, parce que les neutres les abreuvenf 
d'une humeur nécessaire. Il a constaté, par des expériences 
réitérées, que la plupart de ces œufs périssent et se dessèchent 
quand on les enlève de la fourmilière, ou quand on les 
soustrait aux soins que semblent en prendre constamment les 
individus delà race des neutres. 

Dans notre climat, l'espèce d'incubation dont les œufs ont 
besoin, est d'une quinzaine de jours environ. I-es petils vers 
ou les larves qui en proviennent, sont alongées; leur corps est 
translucide. A peine donnent-elles quelques signes de mou- 
vement et de vie, que des neutres s'empressent de leur pro- 
diguer les soins les plus assidus, soit pour les proléger de toute 
espèce de contact, soit pour les maintenir dans un isolement 
et \ine propreté très-soignée. Si la chaleur extérieure , et sur- 
tout si la lumière du soleil pénètre sur la fourmilière, les 
gardes ou sentinelles extérieures viennent en donner la nou- 



^■?S FOU 

velle aux fourmis neutres, auxquelles l'éducation des larves 
est confiée; elles les entraînent, et les obligent à transporter 
ces larves dans les galeries supérieures , qui reçoivent une 
influence plus active de la température élevée de l'atmo- 
sphère. 

Ces larves sont apodes , comme la plupart de celles des hy- 
ménoptères , les uropristes exceptés. On distingue à l'extré- 
mité antérieure de leur corps une sorte de tête écailleuse, où 
l'on voit deux petits crochets qui correspondent probablement 
aux mandibules, et des rudimens à peine ébauchés des mâ- 
choires et des palpes, au centre desquels est un mamelon 
<"ontractile , souvent ouvert, qui est la bouche par laquelle 
l'animal absorbe la matière alimentaire que les neutres lui 
apportent, et à l'approche de laquelle ce mamelon semble se 
dresser et se diriger vers la bouche de l'individu , qui vient la 
dégorger: de manière que cet aliment paroît avoir subi une 
sorte de digestion stomacale préparatoire dans l'individu 
neutre, qui auroit ainsi en quelque sorte la faculté de ruminer. 

La plupart des larves des fourmis, lorsqu'elles ont acquis 
à peu près l'accroissementdéterminé par la nature pour chaque 
•espèce, et lorsqu'elles doivent et qu'elles sentent qu'elles vont 
se transformer en nymphes, se filent une sorte de cocon très- 
léger, d'une soie dont les fils, excessivement déliés, se collent 
cependant les uns aux autres , de manière à constituer une 
sorte de tissu tellement lisse et serré, qu'il ressemble tout-à- 
fait à une membrane ou à une couche très-mince d'un vernis 
ou d'une gomme formant une coque alongée, pâle, jaunâtre 
ou grisâtre, selon les espèces. On distingue, à travers cette sorte 
de peau ou de coque, la métamorphose que subit la larve. D'a- 
bord elle se vide du résidu de sesalimens, et cette matière , des- 
séchée et noirâtre occupe, ordinairement l'extrémité de la coque 
opposée à celle où l'on voit, par la suite, la tête de l'animal. 
La peau de la larve quitte l'animal, qui présente alors abso- 
lument à nu toutes les parties de la fourmi future, mais dans 
un état de mollesse et de transparence extrême ; il semble 
que l'animal soit encore tout liquide ou même gélatineux. 
Cependant tous les membres, toutes les articulations, tous les 
organes sont distincts, quoique renfermés dans une sorte de 
gaîned'une ténuité telle que la lumière se décompose ou s'irise 



FOU 299 

«n les traversant. Peu à peu , et vers l'époque de l'éclosion de 
l'insecte parfait, les parties deviennent de plus en plus colo- 
rées, suivant que l'animal doit l'être lui-même davantage. 

Il paroît, d'après les observations réitérées de M. Huber, 
que le plus souvent les fourmis neutres hâtent l'époque natu- 
relle de la sortie des individus delà coque qui les renfermoit. 
Elles déchirent la coque extérieure, enlèvent délicatement 
les débris de la gaîne translucide qui enveloppe leurs membres, 
en alongent les parties, et surtout étendent avec soin la mem- 
brane qui doit former l'aile par son dessèchement ; et aussitôt 
que l'animal est assez consolidé pour se soutenir sur les pâtes, 
on s'empresse de lui apporter une nourriture qui paroît des- 
tinée à le corroborer. 

Les fourmis neutres, les mâles et les femelles éclosent à peu 
près en même temps. Toutes restent pendant quelques jours 
dans l'intérieur de l'habitation, soignées, surveillées, proté- 
gées, instruites et nourries par les anciens neutres, qui les 
suivent et semblent les diriger dans tous leurs mouvemens. 
L'émigration n'a lieu que pour les mâles et les femelles. L'é- 
poque en est déterminée et fixée , pour chaque espèce , à quel- 
ques jours de distance dans les diverses saisons, mais surtout 
en été et en automne ; car il faut que l'atmosphère soit élevée 
en température à seize degrés à peu près du thermomètre de 
Réaumur, pour que les essaims se forment. C'est ordinaire- 
ment vers la chute du jour, dans les belles soirées , que s'opère 
cette émigration. Nous allons emprunter à M. Huber les 
détails qu'il a donnés sur ce grand événement , qu'il a 
observé dans la race de l'espèce de fourmi dite des gazons 
( cespilitm ). 

« Les mâles des fourmis sortent par centaines de leurs sou- 
terrains, et promènent leurs ailes argentées et transparentes. 
Les femelles, en plus petit nombre, traînent au milieu d'eux 
leur large ventre bronzé, et déploient aussi leurs ailes , dont 
l'éclat changeant et irisé ajoute encore à l'effet agréable que 
produit le mouvement d'une si grande masse d'individus. Un 
nombreux cortège d'ouvrières les accompagne sur soutes les 
plantes qu'ils parcourent; déjà le désordre et l'agitation régnent 
sur la fourmilière. L'effei*vescence augmente à chaque instant: 
les individus ailés montent et grimpent avec vivacité le long 



3oo FOU 

des brins d'herbes , et les ouvrières les y suivent , courent d'un 
mâle à un autre, les touchent àe leurs antennes, et semblent 
leur offrir encore de la nourriture. liCS mâles quittent enfin 
le toit de la famille ; ils s'élèvent dans les airs, comme par une 
impulsion générale, et les femelles ne tardent pas a les suivre. 
La troupe ailée a disparu, et les ouA'^rières retournent encore 
sur les traces de ces êtres favorisés, qu'elles ont soignes avec 
tant de persévérance, et qu'elles ne reverront jamais. 

« Parvenues dans les airs, les fourmis ailées se réunissent et 
s'accouplent. Les femelles semblent rester immobiles et planer, 
tandis que les maires, plus légers, viennent se placer sur leur 
dos ; et bientôt ces insectes réunis tombent, soutenus par leurs 
ailes, comme sur un parachute: la terre, les plantes en sont 
jonchées. L'accouplement dure une ou plusieurs heures. Les 
femelles restent le plus souvent immobiles, et lorsqu'elles 
cheminent, elles se séparent des mâles. Toutes les femelles et 
quelques mâles vont à quelque distance se réunir en un essaim, 
comme une peuplade naissante. 

« Au reste, toutes les races de fourmis ne se séparent pas 
ainsi. 11 en est qui restent fécondées dans les airs , où elles for- 
ment des sortes de nuées et de tourbillons que les vents en- 
traînent à des hauteurs considérables dans l'athmosphère, d'où 
elles se précipitent ensuite sur la terre, souvent à de très- 
grandes distances des lieux qui les ont vues naître. 

<!c Lorsque les fourmis femelles sont fécondées, il semble que 
leurs ailes sont devenues pour elles des organes tout-à-fait 
inutiles ; elles ne cherchent qu'à s'en débarrasser. Oii les voit 
en effet les saisir avec les mandibules, les tirailler avec les 
pâtes , et surtout , au moindre danger, il semble qu'elles 
s'empressent de les arracher, pour s'échapper plus facilement 
par la fuite. 

« Il y a des races de fourmis qui ne sont pas fécondées dans 
l'air. I,es sexes se rapprochent dans la demeure commune ou 
dans les environs, et les neutres semblent s'opposer à leur 
émigration. Le grand but de la nature étant rempli, les ou- 
vrières saisissent les ailes des femelles fécondées, les leur arra- 
chent, et les forcent de rentrer dans les galeries souterraines, 
où elles les gardent à vue, les nourrissent et les soignent. Bientôt 
ces mères, dont l'abdomen a pris bea,ucoup d'étendue par le 



FOU 5oi 

développement des œufs, sentent le besoin de les déposer; et 
les neutres, comme nous l'avonsdit plusluiTit, reçoivent chacun 
d'eux, se les transmettent, et les amoncèlent dans des espaces 
où leur éclosion ne tarde pas à s'opérer. C'est surtout dans 
la race des fourmis fuligineuses que ces particularités ont été 
observées. ^ 

Les fourmis , comme nous l'avons déjà annoncé , se réu- 
nissent et vivent en sociétés nombreuses. Nous emprunterons 
à leur célèbre historien , M. Huber, les détails qui vont 
suivre. 

On trouve dans les fourmilières des réunions d'individus des 
trois sortes de la même espèce : c'est le cas le plus ordinaire ; 
mais il en est d'autres qui sont composées en outre d'un très- 
grand nombre d'individus ouvriers , d'une ou de deux races 
ou espèces tout-à-fait distinctes. C'est sous ce rapport que 
M. Huber a considéré les fourmilières. 

La grande fourmi des bois , qui paroit être la fourmi rousse 
ou fauve de Linnaeus, est celle dont notre auteur a étudié les 
mœurs avec le plus de soin. Il en distingue deux variétés: l'une, 
dont la partie supérieure du corselet est noire ou de même 
couleur que le ventre , que l'on rencontre le long des haies et 
dans les prairies; Tautre, dont le corselet est roux en dessous, 
qui se plaît plus particulièrement dans les taillis, et dont les 
larves et les nymphes, que l'on appelle assez improprement 
des œufs de fourmis , sont principalement recueillies par les 
gens de la campagne pour servir à la" nourriture des dindon- 
neaux, des faisans et des perdrix qu'on élève en domesticité. 
Cette race de fourmi rassemble, comme nous l'avons dit, des 
tas considérables de débris, de végétaux, et d'autres corps 
organisés bien secs. Le tout est disposé de manière à composer 
une sorte de voûte ou de dôme, dont la forme varie suivant 
que l'édifice est adossé ou non contre une souche ; une pierre , 
ou fout autre corps solide. 

Quand on examine avec attention cette sorte de construc- 
tion, on voit que son architecture est disposée suivant toutes 
les règles qu'exigeoit l'hygiène la mieux raisonnée. En effet, 
toutes les eaux pluviales seront déversées et recueillies de 
manière à préserver l'habitation de toute humidité ; les ave- 
nues ne seront abordables que pour la population, et inter- 



0O2 FOC 

dites à tous ses ennemis ; les habitations intérieures seront dis- 
posées de manière à recueillir et à conserver une température 
élevée et à peu près constante. 

Ordinairement ces fourmis, après avoir choisi le lieu con- 
venable à l'établissement de leurs peuplades, où elles ont 
probablement découvert une cavité plus ou moins spacieuse , 
semblent s'entendre entre elles pour travailler en commun à 
cette construction. Les unes travaillent en mineuses, transpor- 
tent isolément, ou en se réunissant par groupes de trois nu 
quatre individus, les parcelles de terre ou d'autres fragmens 
du sol qu'elles se creusent; elles les disposent de manière à 
consolider les matériaux venus du dehors, soit en les gâchant 
avec une sorte de bave qu'elles rejettent par la bouche , soit 
en les entassant dans les espaces libres que laissent entre eux 
les fragmens de broussailles que d'autres individus ont été re- 
cueillir dans les lieux circonvoisins. Si , pendant cette époque , 
il survient des pluies , qui semblent avoir été prévues , la 
peuplade profite de cette circonstance pour travailler avec 
plus d'ardeur aux travaux intérieurs et profonds. La terre est 
pétrie avec le liquide; elle devient une sorte de pisé ou de 
mortier, qui va être transporté dans les parties basses de l'édi- 
fice , et celui-ci se trouve bientôt divisé en galeries et voûtes 
souterraines , destinées à conduire dans des chambres spa- 
cieuses ,. dans des salles communes, où la famille dépose et 
conserve les alimens, les provisions et l'espoir d'une génération 
nouvelle. Plus ou moins rapprochés de la surface, des espaces 
vides, où viennent aboutir des galeries horizontales, sont 
destinés à recevoir les œufs, les larves ou les nymphes, suivant 
que sous ces divers états la famille encore au berceau a besoin, 
pour son développement ultérieur, d'une température plus 
ou moins élevée. 

Des orifices extérieurs servent, pour ainsi dire, de portes à 
des villes, et mènent de la surface de l'édifice à ses divisions 
profondes. Leur forme apparente est celle d'un cône irrégulier 
ou d'un entonnoir, dont la base est plus ou moins large; il 
n'y en a souvent qu'une seule principale, située au centre ou 
sur le sommet du monticule, avec un grand nombre de pas- 
sages plus étroits, ou de.poternes, qui ne livrent d'issue qu'à 
deux ou trois individus à la foii. Souvent même, vers le décUa 



FOU 3o5 

du jour, toutes ces portes sont barricadées, de manière à ne 
laisser pénétrer que des êtres pour ainsi dire du même calibre 
et dont des sentinelles mises en vedettes à l'entrée de ces ori- 
fices semblent venir explorer les desseins. Dès les premiers 
rayons du jour les entrées sont débarrassées de toutes ces en- 
traves, à moins que l'état du ciel ne s'oppose à la sortie des 
travailleuses, qui paroissent alors occupées aux constructions 
intérieures. 

D'autres espèces de fourmis , que M. Huber appelle maçonnes , 
se construisent, uniquement avec de la terre, des habitations 
plus ou moins solides. 

C'est ainsi que l'espèce que M. Latreille appelle brune {for- 
mica fusca), bâtit, sans aucun mélange de matériaux, une 
demeure composée d'un grand nombre d'étages superposés, 
chacun de quatre à cinq ligues d'élévation, dont les cloisons 
horizontales, qui servent par conséquent de planchers et de 
plafonds, sont formés d'une sorte de mortier qui, lorsqu'il 
est desséché, présente une pâte d'un grain fin homogène, dont 
l'épaisseur atteint au plus une ligne. M. Huber a suivi le 
travail de ces insectes, qui ne s'opère guère que lorsque la 
terre a été humectée, soit par la pluie, soit par la rosée du 
matin, et il nous a fourni les détails suivans. 

L'insecte creuse la terre, où il travaille en ratissant et mor- 
dant le terrain avec ses mandibules ; il en détache ainsi quel- 
ques parcelles pulvérulentes, qu'il mouille d'une sorte de bave 
pour en former une petite pelotte, qu'il saisit et qu'il trans- 
porte vers le point où le travail commun exige quil soit ap- 
pliqué, pour former une cloison soit horizontale, soit verticale. 
Les pâtes, les antennes et les palpes sont continuellement en 
action pendant ce travail. Les premières pétrissent, étendent 
et affermissent le mortier dans tous les vides, et sur une sur- 
face que les autres organes semblent palper, pour en affermir 
la surface et en diriger l'épaisseur. Ce sont des cloisons, des 
piliers, des colonnes, des arcs-boutans, des murs de refend, 
des voûtes qui se forment et se solidifient à vue d'œil. Un étage 
complet a été construit sous les yeux de notre observateur, 
dans un espace de sept à huit heures. 

Une autre espèce de fourmi maçonne, la noire cendrée^ 
emploie des matériaux plus grossiers dans ses conslructions. 



3o4 FOU 

Il paroît, d'après les recherches curieuses de notre observa- 
teur, que chaque fouruii de cette race agit indépendamment 
de ses compagnes. Cliacune travaille isolément; mais à peine 
un plan a-t-il un commencement d'exécution sur la moindre 
esquisse, que d'autres individus viennent aider le premier dans 
son travail. L'eau fournit le ciment dont elles ont besoin; la 
chaleur de l'air et du soleil vient donner la solidité à la matière 
df leurs édifices : elles n'ont d'autres ciseaux que leurs man- 
dibules, d'autres compas que leurs antennes, d'autres truelles 
que leurs pâtes de devant, dont ellesse servent d'une manière 
admirable pour mélanger , pétrir et consolider leur terre 
mouillée. Elles savent toutes ébaucher, construire, polir et 
retrancher leur ouvrage selon l'occasion. Des brins d'herbes, 
de chevelu de racines, qu'elles rencontrent dans leurs nids, 
sont employés habilement pour lier entre elles et consolider 
les loges et les autres parties de leur modeste édifice. 

■Les fourmis menuisières ou sculpteuses, comme celles que 
l'on nomme fuligineuse , éthiopienne , hercule, établissent leur 
république dans le tronc même de vieux arbres, des chênes 
vermoulus, des châtaigniers, des saules. Elles y travaillent de 
manière à y construire des chambres disposées par étages ho- 
rizontaux, et séparées entre elles, soit sur les côtés par des 
espèces de murs verticaux , soit en dessus et en dessous par 
des plafonds et des planchers, dont l'épaisseur est à peu près 
celle d'une carte à jouer. Quelquefois ces cloisons sont percées à 
jour, et représentent une sorte de colonnade; mais toutes ces 
cloisons sont imprégnées d'une bave noirâtre, qui leur donne 
beaucoup de solidité. Les couches du bois, qui sont plus ou 
moins régulièrement concentriques, donnent à l'ensemble de 
ce travail une très-grande réguiarilé, quand on en examine 
séparément quelques débris. Voici comme M. Hubert décrit 
cette sorte d'habitation. 

Des galeries horizontales , cachées en grande partie par 
leurs parois, suivent la forme circulaire des couches ligneuses. 
Ces galeries parallèles, séparées par des cloisons très-minces, 
n'ont de communication que par quelques trous ovales pra- 
tiques de distance en distance. Telle est r«bauche de ces 
ouvrages si délicats et si légers. Ailleurs ces avenues ouvertes 
latéralement conservent encore entre elles des fragmeus de 



FOU 3o5 

paroi qui n'ont pas encore été abattus, et l'on remarque que 
les fourmis ont aussi ménagé ça et là des cloisons transversales, 
dans l'intérieur même des galeries, pour y former des cases 
par leur rencontre avec d'autres. Quand le travail est plus 
avancé, on voit toujours des trous ronds, encadrés par deux 
piliers pris dans la même paroi. Avec le temps ces trous de- 
viennent carrés, et les piliers, d'abord arqués à leur extré- 
mité, se changent en colonnes droites parle ciseau de nos 
sculpteuses : c'est le second degré de l'art. Peut-être une partie 
de l'édifice doit-elle rester dans cet état. 

Mais voici des fragmens tout autrement ouvragés, dans 
lesquels ces mêmes parois, percées de toute part, maintenant 
soutiennent les étages, et laissent cependant une communica- 
tion parfaitement libre dans toute leur étendue. On conçoit 
aisément que des galeries parallèles, creusées sur le mêuieplan, 
et dont on abat les parois en ne laissant , de distance en dis- 
tance, que ce qu'il faut pour soutenir leurs plafonds, doivent 
former ensemble un seul étage ; mais, comme chacune a été 
percée séparément, leur parquet ne peut pas être très -plan , 
tfès-bien nivelé. Au contraire, il est creusé fort inégalement, 
avantage d'ailleurs précieux pour nos fourmis, puisque les 
•sillons les rendent plus propres à retenir les larves qu'elles y 
déposent. 

Quand le travail est creusé dans de grosses racines, il est 
moins régulier, mais dune construction plus légère et plus 
délicate^ les cloisons prennent alors la ténuité d'une feuille 
de papier, et forment des cases de huit à dix pouces d'éten- 
due carrée, subdivisées elles-mêmes en d'autres petites cases 
intérieures. Il paroit que ces fourmis recueillent les fragmens 
du bois qu'elles ont divisé, qu'elles les collent avec une bave 
visqueuse, qui se consolide en se séchant, et qu'elles s'en 
servent ainsi pour calfeutrer les cases et pour boucher les 
ouvertures inutiles ou nuisibles. 

Les fourmis , à quelques races qu'elles appartiennent , 
offrent encore de» létails de mœurs et d'habitudes extrê- 
mement curieux à connoître, et dont nous allons indiquer 
quelques uns. 

D'abord elles paroissent avoir une sorte de langage muet 
ou de geste ^our exprimer leurs besoins mutuels, et pour en 



3o6 FOU 

transmettre la connoissance à ceux des individus de la famille 
qui peuvent y avoir quelque intérêt. C'est ainsi que , quand on 
attaque des fourmis à l'entrée de leur habitation, quelques 
unes d'entre el'Cs se portent en dedans de la fourmilière, sem- 
blent y sonner l'alarme , pendant que celles qui ont été d'abord 
attaquées cherchent à se défendre vaillamment, comme pour 
donner le temps aux habitans de la ville assiégée de faire leurs 
arrangemens intérieurs, de transporter plus profondément , 
et dans les caves de sûreté, les œufs et les larves qui avoient 
été déposés dans les parties supérieures de l'édifice pour y 
recevoir l'influence vivifiante de la chaleur atmosphérique. 
L'alarme devient bientôt générale ; les fourmis quittent leur 
retraite, vont et viennent, et semblent courir tumultueuse- 
ment. Elles laissent échapper un acide très-fort, dout l'odeur, 
plus ou moins musquée ou aromatique , afifecte vivement 
l'odorat, comme le vinaigre distillé. 

Si ces insultes, ces ravages se répètent plusieurs fois, les 
fourmis quittent leur habitation pour aller l'établir ailleurs. 
C'est une sorte d'émigration générale, qui cependant est pri- 
mitivement déterminée par la volonté de quelques unes. Dans 
sesRecherchessurles Mœurs des Fourmis, M. Huber s'explique 
ainsi, en parlant des migrations des fourmis fauves. 

Les fourmis sont quelquefois exposées à changer de domi- 
cile. Une habitation trop ombragée , trop humide , exposée aux 
insultes des passans ou voisine d'une fourmilière ennemie , 
cesse-t-elle de leur convenir , elles vont ailleurs porter Us 
fondemens d'une nouvelle patrie. C'est ce que j'ai cru, dit-il , 
devoir appeler du nom de migration, celui de colonie n'of- 
frant pas une idée aussi juste dans ce cas, puisqu'il ne s'agit 
pas ici d'une portion de la métropole, mais de la nation en- 
tière qui se transporte dans une nouvelle cité. 

M. Huber, ayant un jour dérangé l'habitation d'une peu- 
plade de fourmis fauves, s'aperçut qu'elles changeoient de 
domicile. Il vit à dix pas de leur nid une nouvelle fourmilière 
qui communiquoit avec l'ancienne par un sentier battu dans 
l'herbe, et le long duquel les fourmis passoient et repassoient 
en grand nombre. Il remarqua que toutes celles qui alloicnt 
du côté du nouvel établissement étoient chargées de leurs 
coinpagnes, taudis que celles qui se dirigeoient dans le sens 



FOU 3o7 

contraire, revenoient une à une : celles-ci alloient sans coûte 
dans l'ancien nid chercher des habitans pour le nouveau. 

Il falloit voir, dit-il, arriver les recruteuses sur la fourmi- 
lière natale, pour juger avec quelle ardeur elles s'occupoicnt 
de leur colonie : elles s'approchoient à la hâte de plusieurs indi- 
vidus , les flattoient tour à tour de leurs antennes , les tiroient 
avec leurs mandibules, et sembloieot en vérité leur proposer 
le voyage. Si l'invitée acceptoit le voyage, la porteuse se retour- 
noitpour enlever celle qu'elle avoit gagnée; celle-ci se suspen- 
doit et se rouloit autour de son corselet: tout cela se passoit 
ordinairement de la manière la plus amicale. Quelquefois 
cependant celles qui vouloient établir la désertion saisissoicnt 
les autres fourmis par surprise, et les entraînoient de force 
hors de la fourmilière, sans leur laisser le temps de résister. 

Ce n'est que quand la nouvelle habitation est préparée , 
quand les cases , les voûtes , les avenues y sont pratiquées , que 
les nymphes et les larves y sont apportées, puis les mâles et les 
femelles. Dès lors l'ancienne habitation est pour toujours aban- 
donnée. 

Quand la nouvelle fourmilière est fort éloignée de l'an- 
cienne, M. Huber a vu des relais établis sur la route : ce sont 
des cavités percées dans la terre, et composées de plusieurs 
cases assez spacieuses, où les larves, les femelles et les mâles 
sont déposés momentanément. 

L'un des faits les plus curieux de l'histoire des fourmis, c'est 
l'art avec lequel ces insectes tirent des pucerons leur princi- 
pale nourriture. Réaumur avoit déjà fait connoître quelques 
uns de ces détails, et c'est d'après lui que Linnseus avoit dit 
des pucerons : Ce sont les vaches des fourmis {hœformicarum 
«accœ). Mais M. Huber, dans le chapitre qu'il a intitulé Liaisons 
des Fourmis avec les Pucerons , nous en a plus appris que tous 
les naturalistes qui avoient jusqu'alors obs ivé ces insectes. 
Nous allons en extraire les idées principales. 

On sait que les pucerons se fixent sur les plantes pour les 
sucer, en insinuant dans leur tissu l'extrémité de leur trompe. 
On sait aussi que la plupart des espèces, différentes pour chaque 
genre de plante, portent en arrière deux sortes de cornes, 
qui sont des sortes de conduits par lesquels l'animal laisse 
suinter une humeur plus ou moins sucrée et traosparente , qui 



3o8 FOU 

souvent est lancée à une distance assez considérable, et qui. 
en se desséchant sur les feuilles, y forme une espèce de vernis 
que Ton nomme la miellée, et qu'on a cru long- temps être 
sécrétée par la plante elle-même. (Voyez Poceron.) M. Bois- 
sier de Sauvages avoit déjà observé que les fourmis attendoient 
le moment où les pucerons faisoient sortir de leur ventre cette 
manne précieuse, et qu'elles savoient la saisir aussitôt. M. Hu- 
ber a découvert que c'étoit là leur moindre talent, et qu'elles 
savoient encore se faire servir à volonté j et il a ainsi fait con- 
noître leur secret. 

Une branche de chardon étolt couverte de fourmis brunes 
et de pucerons. M. Huber observa quelque temps ces derniers , 
pour saisir, s'il étoit possible, l'instant où ils faisoient sortir 
■de leur corps cette matière; mais il remarqua qu'elle ne sor- 
toit que très-rarement d'elle-même, et que les pucerons, 
éloignés des fourmis, la lançoient au loin. Comment se faisoit-il 
donc queles fourmis, errantes sur les rameaux, eussent presque 
toutes des ventres remarquables par leur volume, et remplis 
évidemment d'une liqueur? Une seule fourmi, observée avec 
soin , lui expliqua ce mystère. Il la suivit dans sa marche : elle 
passoit, sans s'arrêter, sur quelques pucerons, que cet attouche- 
ment ne dérangeoit pas. Bientôt la fourmi s'arrêta auprès d'un 
des plus petits pucerons; elle sembioit le flatter avec ses an- 
tennes, en touchant alternativement de l'une et de l'autre 
l'extrémité de son ventre, avec un mouvemement très-vif. 
Notre observateur vit avec surprise la liqueur paroître hors 
du corps du puceron , et la fourmi saisir aussitôt la gouttelette , 
qu'elle faisoit passer dans sa bouche. Un autre puceron, ca- 
ressé de la même manière, fit sortir le fluide nourricier en 
plus grande dose, parce qu'il étoit plus gros. La fourmi passa 
ensuite à un troisième, et même à un cinquième. Rassasiée, 
sans doute , la fourmi redescendit sur la tige du chardon , pour 
rejoindre sa demeure. 

M. Huber a vu mille et mille fois , et nous avons répété nous- 
même cette observation. 11 est constant que les fourmissavent 
obtenir à volonté des pucerons cette liqueur, que l'animal sait 
aussi recueillir quand elle a été lancée sous forme de miellée. 
La fourmi brune est une des plus habiles à se procurer sa 
subsistance par ce moyen j mais toutes les espèces ont ce talent. 



FOU 3o9 

et M. Huber termine ce chapitre en disant : Je ne connois pas 
de fourmis qui n'aient l'art d'obtenir des pucero 'S le soutien 
de leur vie ; on diroit qu'ils ont été créés pour elles. 

Les cochenilles femelles ou les gallinsectes fournissent aussi 
des sucs nourriciers aux fourmis. M. Huber lésa observéessur 
les pêchers, la vigne, l'oranger et le mûrier. Mais ce qu'il y a 
de plus étonnant dans cette particularité de l'histoire des 
fourmis, ce sont les faits suivans, qui en sont pour ainsi dire 
la conséquence, et que M. Huber a décrits comme le résultat 
d'une industrie presque humaine. 

11 y a des fourmis qui ne sortent presque jamais de leurs de- 
meures; on ne les voit aller ni sur les arbres, ni sur les fruits.- 
elles ne se livrent même pas à la chasse d'autres insectes. Ce- 
pendant elles sont extrêmement multipliées dans nos prés et 
dans nos vergers. Elles n'ont pas deux lignes de long ; leur 
corps est d'un jaune pâle , un peu transparent , et comme légè- 
rement velu. Ce sont les fourmis jaunes , qui auroient mieux 
mérité le nom de souterraines. 

M. Huber, désirant savoir comment ces fourmis, qui ne 
quittent guère leur demeure, pouvoient se sustenter, prit 
le parti de remuer la terre où il savoit qu'étoit leur nid : il fut 
fort étonné d'en tirer des pucerons, et, en examinant avec 
plus de soin, il reconnut que les racines des graminées qui pous- 
soient au-dessus de la fourmilière , étoient couvertes de pu- 
cerons de différentes espèces. Il y en avoit d'étiolés, de blan- 
châtres ou couleur de chair, de verts, de violets, de rayés 
de noir et de vert. 

Cette découverte expliquoit fort bien pourquoi les fourmis 
de cette espèce ne s'éloignoient pas de leur demeure, puis- 
qu'elles y trouvoient tous les besoins de la vie. En effet, ces 
fourmis étoient fort soigneuses de leurs pucerons : elles les 
prenoient souvent à la bouche pour les emporter au fond du 
nid ; elles les suivoient avec sollicitude. 

M. Huber a vu les fourmis de deux habitations voisines se 
disputer leurs pucerons. Quand celles d'un nid pouvoient en- 
trer dans l'autre, elles les déroboientaux premiers possesseurs, 
et souvent ceux-ci se les disputoient et s'en emparoient à leur 
tour-, car les fourmis connoissent tout le prix de ces petits 
animaux : c'est leur trésor, leurseule possession. Une fourini- 



Sio FOU 

liére est plus ou moins riche, suivant qu'elle a plus ou moins 
de pucerons: c'est leur bétail, ce sont leurs vaches et leurs 
chèvres. On n'eût pas deviné, ajoute- t-il, que les fourmis 
vécussent comme les peuples pasteurs. 

Il paroît que ce sont les fourmis elles-mêmes qui trans- 
portent ainsi les pucerons, pour les nourrir dans cet état de 
domesticité , comme dans des étables. M. Huber a observé que 
ces mœurs sont communes à quatre ou cinq races de fouripis; 
mais les jaunes sont beaucoup plus prévoyantes: elles ont cons- 
tamment des pucerons dans leur nid : elles ne les mangent pas : 
elles paroissent au contraire les réunir, afin de jouir plus 
commodément de la liqueur qu'ils en obtiennent. 

Les fourmis ont un si grand intérêt à la conservation de 
leurs pucerons, que les œufssnêmede ces insectes deviennent 
l'objet de leurs sollicitudes. Un jour du mois de novembre, 
M. Huber, curieux de savoir si les fourmis jaunes commen- 
çoient à s'enfoncer dans leurs souterrains, démolissoit avec 
précaution leur domicile case par case. Il n'étoit pas bien 
avant dans son exécution, lorsqu'il découvrit une loge conte- 
nant un amas de petits œufs, la plupart de couleur noire 
foncée. Ils étoient environnés de plusieurs fourmis qui parois- 
soient en prendre soin, et qui cherchèrent aussitôt à les em- 
porter. Les fourmis n'abandonnèrent pas cette loge, dont notre 
observateur s'étoit emparé pour les examiner à loisir. Pendant 
le transport, ces fourmis "disposèrent les œufs autrement, 
comme pour les soustraire aux recherches. Ces œufs étoient 
évidemment des œufs de pucerons : M. Huber a eu souvent 
occasion d'en voir sortir l'insecte sous l'état parfait. 

En suivant toujours pour guide, dans cette histoire des 
fourmis , le patient et habile observateur dont nous avons déjà 
emprunté tant de faits curieux, il nous reste à faire connoître 
les populations des fourmis dans lesquelles on trouve réunies 
des espèces différentes, qui semblent ainsi composer des so- 
ciétés mixtes, c'est-à-dire, où l'on observe en même temps 
des individus neutres qui appartiennent évidemment à des 
paces différentes. Ces fourmis, ouvrières différentes, ont été 
enlevées de vive force, dans leur premier âge , à la république 
où elles étoient nées. Elles sont devenues esclaves; elles sont 
iiniquement chargées des travaux, des soins domestiques, de 



FOU 3ii 

l'éducation des larves, tant de la famille de leurs ravisseurs 
que de celles de leur propre race, qui, comme elles, seront 
enlevées à leur famille par les individus auxquels elles sont 
maintenant subordonnées. Ce sont ces espèces ravisseuses que 
M. Huber a fait connoître , dans sou Histoire des Fourmis 
indigènes, sous le nom de guerrières , d'amazones ou de légion- 
naires. 

On reconnoit ces fourmis amazones à leurs longues mandi- 
bules arquées, étroites, sans dentelures, très-peu propres à 
l'arrangement et au transport des matériaux qui composent 
leur habitation. Ces instrumens sont devenus des armes et non 
des outils, comme chez les individus travailleurs. Aussi ces 
fourmis ne respirent-elles que les combats. M. Huber a décrit 
avec soin plusieurs de ces assauts dont il a été le témoin. 

Lorsque, dans un beau jour serein , la chaleur de l'atmo- 
sphère commence à diminuer, et régulièrement à la même 
heure et pendant plusieurs jours consécutifs, qui sont proba- 
hlement marqués par l'instinct, les fourmis amazones quittent 
leurs habitations ; elles s'avancent en colonnes serrées , et se 
dirigent, comme un corps d'armée, vers la fourmilière dans 
laquelle elles veulent s'introduire, et dont elles ont probable- 
ment reconnu d'avance les distributions intérieures et la dispo- 
sition. Malgré la vive opposition et la résistance opiniâtre des 
habitans, les guerrières y pénètrent, et leur seul but est de 
s'emparer des larves et des nymphes qui doivent produire des 
ouvrières, pour les transporter, dans le plus grand ordre, 
vers leur habitation. C'est une véritable traite de nègres, ou 
plutôt de négrillons, que font là les fourmis amazones. Aussi 
M. Huber, en décrivant ce manège, fait-il remarquer que 
ces insectes n'ont qu'un seul objet dans leurs excursions , celui 
d'enlever des fourmis ouvrières encore pour ainsi dire an 
maillot, et de s'en faire des ilotes qui travaillent pour eux , 
qui élèvent leurs petits, et qui leur fournissent des vivres. 
C'est pour cela qu'ils ne s'emparent jamais que des larves on 
des nymphes, individus neutres, c'est-à-dire , des travailleuses ; 
les mâles et les femelles ne leur seroient bons à rien. 

Ces détails, que nous venons d'extraire des recherches de 
M. Huber, sont relatifs aux fourmis roussâtres, qui mettent 
ainsi en esclavage les neutres de l'espèce qu'on a nommée 



3i2 FOU 

noire cendrëe (fusca Linnœi) ; mais une autre race , celle des 
fourmis sanguines, offre un autre exemple de sociétés mixtes, 
danslesqueiîes on trouve encore des esclaves faits sur l'espèce 
des noires ceiidrées, d'outrés dans les familles des fourmis 
mineuses. Il faut lire, dans l'ouvrage même, les détails inté- 
ressans que M. Hubsr a donnés dans son chap. xi. 

Op est loin de counoitre aussi bien l'histoire des fourmis 
étrangères que celles de notre Europe ; cependant il en est 
plusieurs dont les .formes bizarres, la grosseur de la tête, l'a- 
loi'getnent el les courbures variées des mandibules, les épines 
plus ou moins aiguës du corselet, la disposition des pâtes et 
des ailes, doivent être la conséquence de mœurs et d'habi- 
tudes très-variées. Il est en Amérique et eu Asie des fourmis 
qui occasionnent les plus grands dégâts, en particulier dans 
les sucreries et dans les campagnes où l'on cultive les cannes. 

Nous allons donner la description de quelques espèces de 
fourmis, principalement de celles de France. Mais ces descrip- 
tions seront longues, car elles exigent des détails pour faire 
connoître les trois individus qui composent chaque race. 

Fourmi ronge-bois, perce-bois ou Hercule 5 /brmica Hercu- 
lanea , Linn. 

Ouvrière ou neutre. Noire ; à corselet, base de l'abdomen, 
cuisses d'un rouge de sang. 

Femelle. Noire ; à côté du corselet, écaille, base de l'abdomen , 
d'un rouge bai -, ailes supérieures totalement enfumées. 

Mâle. Très-noir; écaille épaisse , échancrée ; tarses et genoux 
ferrugineux. 

On trouve ceite espèce dans les troncs d'arbres. C'est la plus 
grande du pays, elle atteint quelquefois près d'un demi-pouce 
de longueur. On ne la trouve guère que dans les bois, jamais 
dans les champs. 

Fourmi éthiopienne -, formica crthiops, Latreille. 

Ouirière. Alongée, très -noire, luisante; abdomen velu; 
mandibules et jambes d'un brun noirâtre. 

l'emeZ/e. Très-noire, luisante ; écaille presque en cœur; ailes 
blanches, les supérieures avec an poil sur le bord; abdomen 
cave, ové, poileux. 

Mâle. Très -noir; abdomen pubescent ; écaille tronquée, 
échancrée ; ailes comme dans la femelic. 



FOU 

Fourmi enfumée ou fuligineuse, /bmica/iii/g^in.osa. 
Ouvrière. Courte, très -noire, luisante; antennes depuis 
l'angle, genoux et tarses d'un brun noir-, tête grosse, échan- 
crée en arrière; écaille petite, abdomen globuleux : longueur 
une ligne et demie. 

FerneWe. Très-noire, courte; mandibules, antennes et pâtes 
roussàtres : ailes et écaille comme dans le mâle. 

Mâle. Couleur de l'ouvrière; écaille entière presque ovée, 
ailes antérieures obscures à leur base. 

Cette espèce se trouve sur les arbres; elle construit dans le 
bois des labyrinthes admirables. 

Fourmi jAUNE;yôrmica lutea. 

Ouvrière. D'un jaune rougeàtre; yeux noirs ; écaille petite, 
presque carrée et entière; le corps un peu pubescent. 

Femelle. Testacée, obscure, luisante ; antennes et pâtes pâles ; 
écaille échancrée, carrée, veiue ; abdomen à anneaux jau- 
nâtres, plus luisans sur les bords ; ailes inférieures un peu 
obscures à la base. 

Mâle. Noirâtre, luisant; antennes et pâtes pâles; écaille 
légèrement échancrée; abdomen paroissant foiblement duveté; 
ailes transparentes. 

La fourmi jaune construit des murailles de terre-, elle élève 
des pucerons en domesticité. Elle est très-commune dans les 
Alpes, où son habitation sert de boussole aux montagnards, 
parce que la direction de la fourmilière -est constamment 
dirigée de Test à l'ouest, et que son sommet et la pente la 
plus rapide sont tournés au levant d'hiver, tandis qu'elles vont 
en talus du côté opposé. 

Fourmi fauve; formica rufa, Linn. 

Ouvrière. Noirâtre, avec une grande partie delà tête, le 
corselet et l'écaillé fauves. 

Femelle. Semblable à l'ouvrière par la tête ; corselet ovalaire, 
d'un fauve vif, avec le dos noir; écaille grande, ovée; abdo- 
men court, d'un noir un peu bronzé, avec le devant fauve; 
ailes enfumées ; pâtes noirâtres , à cuisses rouges. 

Mâle. Plus étroit, noir, à tête petite; écaille épaisse, presque 
carrée; abdomen et pâtes roussàtres; ailes obscures, à ner- 
vures jaunes. 

C'est l'espèce la plus commune dans nos bois, où elle ra- 



FOU 

■nioïse des fas considérables de débris de bois, de feuilles, de 
tiges de graininée>., en une sorte de dôme de deux ou trois 
pieds d'élévation. Elle fournit beaucoup d'acide. 

I-es autres espèces sont la fourmi mineuse (cunicularia) , 
des gazons ( cespitum ), roussàtre [fusca) , sanguine (sangui- 
nea). 

Voyez Myrmègës, et surtout consultez l'ouvrage de M. Hu- 
ber, déjà indiqué, et dont voici le titre exact : Recherches 
sur les Mœurs des Fourmis indigènes. Paris et Genève, 1812 ; 
un vol. in-8° de 328 pag., avec 2 pi. ( C. D.) 

FOURMI BLANCHE. (Entom.) C'est le nom vulgaire des 
termites. (CD.) 

FOURMILIER. ( Ornith.) On a expaçé, dans le Supplément 
du tome v."^ de ce Dictionnaire, les motifs qui ont empêché 
fi'adopter d'une manière absolue, avec un grand naturaliste, 
la réunion en un seul genre des brèves de l'ancien continent et 
des fourmiliers d'Amérique; et l'on a décrit, sous le mot brèwe, 
les espèces des grandes Indes, dont les habitudes ne sont pas 
encore connues, en réservant la dénomination de fourmiliers 
pour les autres, dont on sait que les fourmis sont la principale 
et presque la seule nourriture. Ces divers oiseaux se recon- 
noissent tous à leurs jambes hautes et à leur queue courte ; 
mais le bec n'olfre pas des formes aussi constantes : toujours 
cependant il est plus haut que large à la base. La mandibule 
supérieure est échancrée et arquée vers le bout, qui déborde 
la mandibule inférieure, laquelle est entaillée et retroussée à 
la pointe: mais, chez les uns, le bec est plus fort; chez d'autres 
plus droit, et chez plusieurs il est grêle et aiguisé; tantôt aussi 
il est garni à sa base de petites soies qu'on ne trouve pas dans 
l^lusieurs espèces. Les narines, ovales, ont leur partie posté- 
rieure close par une membrane ou par des poils, et la partie 
antérieure découverte. La langue est courte, et en général 
terminée par de petits filets cartilagineux et charnus. Les 
jambes, presque toujours emplumées jusqu'au tarse, sont 
quelquefois nues au-dessus du genou. L'intermédiaire des 
doigfs antérieurs est joint à l'externe, presque jusqu'au mi- 
lieu , et seulement par la base au doigt interne, qui est plus 
court que le pouce , dont l'ongle est plus alongé et plus crochu 
que celui des autres. La première rémige est la plus courte,. 



FOU 3i5 

et les quatrième et cinquième sont les plus longues. Les fe- 
melles sont, chez ces oiseaux, plus fortes que les mâles. 

Les fourmiliers, rangés parmi les turdus de Linnaeus et de 
Latham, ont reçu, à cause de leïir principale nourriture, les 
noms de myrmecophaga par M. de Lacépède, de mjiothera par 
lUiger , et de myrmothera par M. Vieillot. La seconde de ces 
dénominations a été adoptée pour les fourmiliers et les brèves 
réunis , en supprimant la troisième lettre du mot , par 
M. Cuvier, qui d'ailleurs a établi parmi les fourmiliers plu- 
sieurs sections, en plaçant le roi des fourmiliers et le gi-and 
béfroi dans la première, qu'il caractérise par un bec fort et 
arqué; le petit béfroi, le palikour et le colma, non séparé 
spécifiquement du tétéma , dans la deuxième, dont les espèces, 
à bec plus droit mais encore assez fort, se rapprochent de 
certaines piegrièchesj le bambla et l'arada dans la troisième, 
laquelle comprend les espèces qui ont le bec grêle et aiguisé, 
et ressemblent à notre troglodyte par leur queue striée. 
Le même naturaliste pense, en outre, qu'on doit renvoyer 
aux merles plusieurs espèces que Buffon a accolées aux four- 
miliers, d'après quelques rapports de couleurs, et nommé- 
ment le carillonneur, turdus tintinnabulatus, Gmel. ; le merle a 
cravate , turdus cinnamomeus , id. ; et le tanjpus , décrit par 
M. Oppel, dans les Mémoires de l'Académie de Bavière pour 
1 8 1 1 et 1 8 1 2 , pi. 8 , ce dernier oiseau ne différant des merles 
que par les jambes, un peu plus hautes. 

Illiger, en avouant que son genre Mjiothera ne repose pas 
encore sur des bases bien fixes, déclare qu'outre les fourmi- 
liers de Buffon, il y comprend aussi presque toutes les pie- 
grièches étrangères dont les foibles mandibules ne sont point 
armées de dents saillantes; et M. Vieillot, qui a formé, sous le 
nom de grallarie, un genre séparé pour le roi des fourmiliers, 
a placé les fourmiliers tacheté et à oreilles blanches parmi 
ses conopophages , et les fourmiliers rossignols, c'est-à-dire le 
coraya et l'alapi , ainsi que le fourmilier huppé , avec les 
bataras. 

Les ailes des fourmiliers étant peu propres au vol, on ne 
les voit jajJiais prendre leur essor dans les airs ; mais ils n en 
sont pas moins agiles, et sans cesse ils courent ou sautent légè- 
rement sur des branches peu élevées. Ils vivent en troupes 



3;/î FOU 

iians les bois épais, loin des lieux habités, et on les y pen- 
contre presque toujours sur les grandes fourmilières, si com- 
munes dans l'intérieur de la Guiane , où elles ont plus de vingt 
pieds de diamètre. Comme on remarque souvent des diffé- 
rences entre les individus, qui, par beaucoup de rapports, 
annoncent toutefois être de la même espèce, Mauduyt pense 
qu'on peut en attribuer la cause à des mélanges résultant de 
l'union plus intime des individus habitués à vivre ainsi dans 
une société perpétuelle. Quoique la voix ne soit pas semblable 
dans les espèces différentes, elle est , en général , forte et sin- 
gulière. Leurs nids, construits avec des herbes sèches , et assez 
grossièrement entrelacés, sont hémisphériques, et ont de deux 
à quatre pouces de diamètre. Les femelles déposent trois ou 
quatre œufs, presque ronds, dans ces nids, attachés ou sus- 
pendus, par les deux côtés, sur des arbrisseaux, à deux ou ^ 
trois pieds de terre. 

Si le climat chaud et humide de l'Amérique méridionale 
devoit la peupler de myriades d'insectes propres à y détruire 
toutes les productions végétales, on peut remarquer aussi 
que la nature a pris des moyens pour en diminuer le nombre , 
en plaçant à côté d'eux les fourmiliers et les mammifères du 
même nom, qui ne vivent tous que de cette sorte d'alimens. 
On se doute bien que leur chair en refient une odeur et un 
goût huileux fort désagréables ; cependant celle du roi des 
foul'miliers et du grand béfroi peut se manger. 

Les colons de la Guiane donnent aux fourmiliers le nom 
de petites perdrix , et les naturels celui de palikours. 

La plus grande espèce est le Rot des Fourmiliers, turdus rex ,. 
Gmel. , dont , comme on l'a déjà observé, M. Vieillot a fait un 
genre , et qui , en la laissant parmi les fourmiliers, seroit le 
niyothera grallaria , est représentée dans la planche enluminée 
de Bufton, n.° 702. L'oiseau , long de sept à huit pouces, 
est plus haut monté que les autres ; son bec , fort , a quatorze 
lignes de longueur et cinq d'épaisseur à sa base ; la mandibule 
supérieure est convexe et échancrée, et il y a une zone assez 
étroite, dégarnie de plumes, au bas des jambes. Ses ailes, 
dans Tétat de repos, aboutissent à l'extrémité de la queue. 
Sa taille est celle d'une caille, et son plumage est assez agréa- 
blement bigarré. Les partie»; supérieures ont , sur un fond 



FOU 5,7 

d'un roux brun , des nuances noirâtres et d'un brun clair -. la 
gorge et Je devant du cou sont d'un brun sombre ; deux bandes 
blanches descendent des coins du hec sur les côtés du cou , et 
la poitrine présente une plaque de la même couleur ; les 
plumes abdominales et anales sont d'un roux blancUàtre ; le 
bec et les pieds sont bruns : mais les dimensions et les couleurs 
sont sujettes à varier chez les divers individus. 

Le nom de roi a été donné à cet oiseau de Cayenhe, parce 
qu'il semble dominer, à raison de sa taille, les autres four- 
miliers. Du reste, si sa nourriture est la même, et si, par 
conséquent, on le rencontre dans les mêmes lieux, toujours 
isolé et rarement par paires, il est loin d'avoir les habitudes 
sociales des autres, et il est beaucoup moins vif qu'eux. Son 
nid, construit dans des buissons, ne renferme que deux ou 
trois œufs : c'est Je plus rare de tous les fourmiliers. 

Le Fourmilier grand Béfroi : Mjothera tinniens , D. ;. pî. 
enl. de Buffon , 706, fig. i; Turdus tinniens , Gmel. et Lath. , 
a six pouces et demi de grandeur moyenne , et sa queue . qui 
n'a que seize lignes, dépasse les ailes de six. La mandibule 
supérieure, un peu échancrée et crochue, n'est pas plus longue 
que l'inférieure. Tout le dessus du corps est d'un brun pâle , 
et le dessous blanc ; cependant les plumes de la poitrine sont 
bordées de gris. Les tarses et les doigts sont de couleur plom- 
bée , et le bec, noir en dessus, est blanchâtre en dessous. 

Chez les jeunes individus, les côtés de la têie sont rayes 
longitudinalement de noirâtre et de gris; les ailes sont tache- 
tées de roux; la gorge «st d'un blanc pur, la poitrine mou- 
chetée de noir, les flancs sont roux,- le devant du cou, le 
ventre et l'anus, sont bruns, avec des lignes rousses, étroites. 

Cet oiseau fait entendre, le matin et le soir, pendant en- 
viron une heure, dans les déserfs montueux et boisés de la 
Guiane, une voix très-forte qui retentit au loin comme les 
sons précipités d'une cloche d'alarme. 

Le Fourmiiier petit Béfroi : Mjothera lineata , D.; Turdus 
lineatus , Gmel. et Lath., représenté dans les pi. enl. de 
Buffon , n." 823 , fig. I, a cinq pouces et demi de longueur, et 
la queue dépasse les ailes de dix lignes. Le dessus de son corps 
est d'une couleur olivâtre , moins foncée sur le croupion ; les 
jpennes alaires et caudales sont brunes, la gorge est blanche. 



3)8 FOU 

la poitrine et le ventre sont taclietés debruni'oussâtre sur un 
fond gris. Le nom donné à cet oiseau, d'après des rapports 
de conformation avec le grand béfroi , pourroit induire en 
erreur , vu qu'on ignore si sa voix a le même son que celle du 
premier. 

Le Fourmilier palikour, ou, proprement dit, de BufTon, 
pi. eul. , n.° 700, fig. I ; Mjothera formicivora , D. , est le 
turdus formicivorus de Gmelin et de Latham ; et c'est pour ne 
pas introduire d'innovations dans la nomenclature que l'on 
conserve ici des épithètes qui ne présentent aucun caractère 
distinctif, puisque le mot palikour a une acception générale 
en Guiane, et que les fourmis ne sont pas un aliment parti- 
culier à l'espèce. Cet oiseau a environ six poucesde longueur. 
Les plumes qui couvrent la tête et le dessus du corps sont d'un 
gris brun avec une bordure roussâtre, à l'exception du milieu 
du dos, où se trouve une tache noire, oblongue ; le pli de 
l'aile est blanc-, les moyennes couvertures sont brunes et en- 
tourées de roussâtre ; les grandes sont noires , et leur bordure, 
d'un jaune roussâtre , forme sur l'aile une bande transversale 
de cette couleur; la queue, roussâtre, est terminée de noi- 
râtre; la gorge, le devant du cou et le haut de la poitrine 
sont couverts d'une plaque noire, entourée d'une bordure 
blanche, tachetée de noir, laquelle remonte des deux côtés 
du cou en s'élargissant, et ceint les joues. Le bec et les pieds 
sont noirâtres, et les yeux, rougeâtres, sont entourés d'une 
peau d'un bleu céleste. La gorge est rousse chez les jeunes. 

Quoique, en général, les habitudes de cette espèce soient 
les mêmes que celles des autres fourmiliers , Sonnini , qui a 
trouvé ceux-ci dans les forêts humides de la Guiane , a observé 
qu'ils ne volent pas plus que les autres en plein air , mais 
qu'ils grimpent sur les arbrisseaux à la manière des pics, et 
en étendant les pennes caudales. Le fredonnement qu'ils font 
entendre est coupé par un petit cri aigu et bref. Leur nid, 
mieux tissu que ceux de leurs congénères , est revêtu à l'exté- 
rieur d'une couche de mousse, et la femelle y pond des œufs 
bruns et parsemés de taches plus foncées, qui sont de la 
grosseur de ceux du moineau. 

Buffou regarde comme de simples variétés de cette espèce 
ie me^le à cravate, pi. enl. ;56o, fig. 2;. le merle roux de 



FOU 310 

Cayenne, pi. 644, f . i , et le peiit merle brun, à gorge 
rousse, de Cayenne, pi. enl. , 644, f. 2 ; mais on a déjà vu que 
M. Cuvier n'est pas de cet avis. 

Le Fourmilier, colma; Mjothera colma , D.; Turdus colma , 
Gmel. et Lath., pi. enl., 7o5 , f . i , dont le nom est rormé, par 
contraction, de collum maculatum , a cause des taches de gi'is- 
brun qu'on voit sur la gorge blanche de plusieurs individus, 
a six à sept pouces de longueur. Le dessus du corps est brun , 
et cette couleur est mélangée en dessous d'un gris cendré; il 
y a, de plus, une tache blanche entre !e bec et l'œil, et der- 
rière le cou une espèce de demi-collier roux. Le tétéma, 
pi. enl., 821 , qui , comme le précédent , se trouve à Cayenne, 
a tant de rapports avec lui, que Cuffon , Latham et Gmeliii 
n'en font qu'une variété. Le premier pense même qu'ils 
n'offrent qu'une différence de sexe, et que le dernier, qui n'a 
pas la gorge tachetée , et dont le plumage est , en général , 
plus foncé, est le mâle de l'autre. 

On range au nombre des espèces de fourmiliers, dans le 
nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle, 1.° un individu à 
calotte brune , qui a les joues elles côtés du cou roux, le man- 
teau , les ailes et la queue d'un bleu d'ardoise foncé; la gorge 
noire -, le dessous du corps d'un noir bleuâtre , et mélangé de 
blanc sur le ventre, dont le bas est totalement de cette cou- 
leur: 2° un autre à tète noire^ dont le plumage est, en gé- 
néral, d'un gris bleuâtre, et dont la tête, la gorge et le cou 
sont noirs, ainsi que les petites couvertures des ailes, qui 
sont terminées par un croissant blanc. Mais l'auteur lui-même 
avoue que ces oiseaux, qui se trouvent dans les mêmes lieux 
que le tétéma , sont de sa taille , et ne paroissent présenter que 
d^ simples variétés d'âge. 

Le Fourmilier CARiLLONNEUR ; Turdus tintinnabulatus , Gmel., 
el turdus campanella, Lath., pi. enl. , 700 , lig. 2 , que M. Cuvier 
regarde comme un merle, n'a que quatre pouces et demi de 
longueur-, son plumage est d'un gris brun sur le dos, d'un brun 
roux sur le croupion et le ventre; les petites couvertures des 
ailes sont brunes et terminées de blanc ; les pennes alaires et 
caudales sont brunes et bordées extérieurement de roussâtre ; 
le dessus de la tête, la gorge, le cou et la poitrine , sont variés 
de taches noires, oblongues, sur un fond blanc j^ Il y a ; ^ux 



iV FOU 

deux côtes de la tête, un Irait noir qui passe au-dessus des 
yeux. 

Quoique les carillonneurs se nourrissent de fourmis, et 
habitent , comme les autres fourmiliers . les forêts de l'inté- 
rieur de la Guiane, où ces insectes sont le plus abondanSjils 
ne se mêlent pas avec eux, et vivent en petites compagnies 
de quatre ou six. Leur voix, bien plus foible que celle du 
grand béfroi, quoiqu'elle soit très forte pour leur taille, ne 
s'entend distinctement qu'à cinquante pas ; mais elle formé j 
pendant des heures entières, un petit carillon semblable à 
celui de trois cloches d'un ton différent : on ne s'est pas en- 
core assuré si chacun d'eux rend successivement les troii 
tons. 

Le FoDRMiLiER bambla; Myothera bamhla, D.; Turdus bamblaf 
Gmel., pi. enl. , n.'yoSjfig. 2 , a environ quatre pouces de 
longueur. Buffon a tiré son nom, par syncope, d'une bande 
blanche qui lui traverse l'aile, dont les petites couvertures 
sont, comme les autres parties supérieures, d'un brun rous- 
sâtre , et les grandes, ainsi que les pennes, noires; le dessous 
du corps et la queue sont d'un gris blanchâtre. 

Le Fourmilier arada; Turdus cantans, Gmel., représenté, 
dans les planches enluminées de Buffon , n.° 106 , f. 2 , sous la 
dénomination de musicien de Cayenne, est de la même taille 
que le précédent : il a le dessus de la tête et du cou d'un brun 
foncé avec des nuances rousses ; le dos et les couvertures des 
ailes sont d'un brun sans mélange ; les pennes alaires sont 
rayées transversalement de roux brun et de noirâtre, comme 
la queue , qui les dépasse de sept lignes-, la gorge , le devaul 
du cou et le haut de la poitrine sont roux ; les côtés du cou 
sont noirs et tachetés de blanc. 

M. Vieillot a rangé cet oiseau parmi les troglodytes ; et il 
s'en rapproche en effet , en même temps qu'il n'a pas les habi- 
tudes des fourmiliers. Toujours solitaire, il se perche sur les 
arbres, et ne descend à terre que pour y prendre les fouraiis 
et autres insectes dont il se nourrit. D'un autre côté , au lieu 
des sons sans modulation que les fourmiliers font entendre , 
il a le ramage le plus brillant, et prélude, par les sept notes 
de l'octave, à des airs modulés sur des tons différens , plus 
graves que ceux du rossignol . mais plus flûtes et plus tendres. 



FOU 5m 

Son chant lient néanmoins du genre de voix dés fourmiliers 
par un coup de sifflet ressemblant à celui d'un homme qui en 
appelle un autre, et dont la parfaite imitation a contribué à 
égarer dés voyageurs , par l'habitude qu'a l'oiseau de s'éloignet 
peu à peu en le répétant de temps en temps. 

Les fourmiliers tacheté et à oreilles blanches, pipra nœvia, 
et titrdus auritus ,■ hath., pi. enl. 820, fig. 2, et 822, f. 1, 
dont M. Vieillot a formé le genre Conopophage , et que 
M. Cuvicr a placés avec ses moucherolles , se trouvent à la 
Guiane, et se distinguent spécifiquement : le premier, par 
une taille de quatre pouces; le dessus du corps et les ailes 
bruns, ainsi que la queue ; deux bandes blanches sur les ailes, 
et les pennes caudales terminées par une bordure de lamême 
couleur; la gorge noire, la poitrine blanche, et les plumes 
abdominales et anales orangées : le second , par une taille de 
quatre pouces neuf lignes, une queue longue de quinze 
lignes ; le dessus de la tête brun , les côtés et la gorge noirs ; 
le dessus du corps mélangé d'olive et de roussàtre , et le 
dessous de roux et de gris ; et surtout par les plumes blanches 
qui, de l'angle postérieur de l'œil, descendent jusqfu'au bas de 
la tête. 

Les Fourmiliers huppé, coraya et alapi ; Turdus cirrhalus ^ 
coraya et alapi, Gmel. et Latham , que M. Vieillot a rangés 
parmi les Bataras , ont déjà été décrits sous ce mot, page 36 
du Supplément au tome iv." de ce Dictionnaire. Ce dernier 
auteur fait, de plus, mention des sept autres fourmiliers, 
qu'il considère comme espèces; savoir : 1.° le fourmilier ar- 
doisé, mjrmothera cœrulescens , qui est long de quatre pouces 
et demi, et dont tout le plumage est d'un gris d'ardoise, à 
Texception des ailes et de la queue, qui sont noires et tache- 
tées de blanc; 2.° le fourmilier à flancs blancs, mjrmothera 
ax i llari s, Vie'ûL, qui n'a que trois pouces et demi de lon- 
gueur, dont le plumage , d'un gris bleuâtre sur le corps , est 
^oir sur le devant du cou, la poitrine , les grandes pennes des 
ailes et les pennes latéraleis de la queue, lesquelles sont ter- 
minées par une petite tache blanche , et dont les flancs 
portent des plumes d'un beau blanc, qui sont longues, effilées 
et.très-fouffues ; 3.° le fourmilier longipède, mjrmolhera lon- 
gipes, Vieiil. , dont la taille est celle de l'alouette, mais plus 

TJ. 21 



3.:., FOU 

déliée, ùoniles pieds sont très-longs et ia queue fort courte; 
qui a le dessus de la tête , le cou , le dos et les ailes d'un gris rous- 
sàtre; le front, les sourcils, la gorge, le ventre et l'anus blancs : 
la poitrine, la queue, le bec e't les tarses noirs; 4.° le fourmi- 
lier roux , mjrmothera ru/a , Vieill., de trois pouces et demi de 
longueur, lequel a les plumes du capistrum noir, et le resle 
du corps d'un roux plus foncé en dessus et plus clair en dessous-, 
S." le fourmilier noir et blanc , mjrmothera melanoleucos , 
Vieill. , de trois pouces et demi de longueur, dont les parties 
supérieures sont noires et frangées de blanc , et les inférieure» 
blanches, avec des taches longitudinales noires; 6." le four- 
milier à sourcils blancs , mjrmothera leiicoplirjs , Vieill. , un peu 
plus petit q»ie le bambla , dont la gorge, les côtés du cou , le 
milieu du ventre et les ailes sont noii's, ainsi que la queue, 
blanche à son extrémité; les côtés du ventre et les sourcil» 
blancs, et le reste des parties supérieures d'un gris terne-, 
•j." enfin, le fourmilier à tête noire, mjrmolhera atricapilla ^ 
Vieill. , de la même taille que le précédent, et ayant le bec , la 
tête, la gorge et les petites couvertures des ailes noirs, et le 
surplus d'un gris bleuâtre. 

Tous cçs oiseaux, que l'on se borne à indiquer dans le Nou- 
veau Dictionnaire d'Histoire naturelle, comme se trouvant à 
la Guiane, et sans donner à leur égard aucun autre rensei- 
gnement , appartiennent à une famille dans laquelle le plu- 
mage des individus est sujet à beaucoup de variations, et ion 
est très-éloigné de les présenter ici comme autant d'espèces 
différentes. (Ch. D.) 

FOURMILIER (Mamm,.) ; Mj-rmecophaga , Linn. Ce nom 
a été donné à des animaux d'une organisation très-singulière, 
qui se nourrissent principalement de fourmis, et dont on a 
formé un genre particulier, dans le groupe assez peu naturel 
qui constitue l'ordre des Edektés. (Voyez ce mot.) 

Ces animaux sont tous d'Amérique ; et, jusqu'à présent, ils 
sont assez imparfaitement connus pour que les naturalistes 
ne Soient pas d'accord sur le nombre d'espèces qu'on doit 
ndiiieltre; et ceux, que l'on a eu occasion de bien observer tt 
de bien décrire, diffèrent assez entre eux par leur organisation 
( t pu- leur genre de vie, pour (|u'on soit autorisé à en former 
■ÀcuK groupes distincts, deux sous-genres peut-êfre. En effet, 



FOU 325 

les uns ont une queue prenante, qu'ils emploient comme un 
cinquième organe du mouvement; tandis que les autres , au 
contraire , ont une queue lâche, qui ne peut leur être d'au- 
cune utilité pour se mouvoir ; et ils diflerent tous les uns 
des autres par le wombre des doigts. 

Quoi qu'il en soit, les Fourmiliers sont des animaux d'une 
taille moyeiine, dont les formes sont épaisses, les allures très- 
lentes, et les facultés de l'intelligence très-bornées-, et leur 
museau extrêmement alongé, leur bouche, qui ne consiste 
que dans une ouverture de quelques lignes, leurs petits yeux 
donnent à leur physionomie un air si particulier, qu'où les 
distingue d'abord de tous les autres mammifères. 

Ils sont tous couverts de poils épais, et ils sont privés de 
dents ; aussi leur mâchoire est dépourvue de la faculté de se 
mouvoir. lisse nourrissent par lemo} en de leur langue étroite, 
gluante et trés-alongée , qu'ils dirigent sur les insectes dont 
ils veulent se saisir, et au moyen de laquelle ils les ramènent 
dans leur bouche. Leurs doigts, surtout ceux de devant, sont 
armés d'ongles très-forts et propres à déchirer; mais ils ne les 
emploient pas pour marcher .- habituellement ils sont reployés 
et appuyés sur une large callosité du poignet. Ces animaux 
marchent en posant à terre le côté externe du pied. Leurs 
sens et leurs organes de la génération sont peu connus. Ce sont 
des animaux ({ui ont essentiellement besoin d'être examinés 
de nouveau , autant pour bien établir feurs rapports entre 
eux, que ceux qu'ils ont avec les autres édentés. 

Le plus grand et le plus remarquable des fourmiliers est le 
Tam AKOifi, Myrmecophagajubata, Linn.,- Buffon, t.X, pi. 21), 
et Suppl. , U III, p. 55. C'est un animal grand comme un 
fort chien, et dont la tête fait le tiers de la longueur de son 
corps. Il a quatre pieds du bout du museau à lorigine de la 
queue, qui en a trois ; son museau est presque cylindrique, 
et sa bouche, d'un coin à l'autre, n'a que quatorze lignes; ses 
narines ont la figure d'un C ; sa langue est douce, pointue, 
flexible, plus large qu'épaisse, et l'anijnal peut la faire 
sortir de près d'un pied et demi; ses oreilles sont petites et 
arrondies, et sou œil est petit et sans cils aux paupières. U h 
quatre doigts aux pieds de devant; l'interne est petit, et n'a 
qu'un ongle assez foible: mais les trois autres sont très-forts et 



^^=4 FOU 

armés d'ongles plus forJs encore à proportion. Les doigls de 
derrière sont an nombre de cinq , et n'ont rien de remarquable ; 
ils ont les proportions qui s'observent ordinairement, et ce sont 
les trois moyens qui sont les plus grands. La queue est extraor- 
diiiairement épaisse à sa base , et aplatie sur les côtés ; l'animal 
la porte horizontalement. De chaque côté de la poitrine il a 
«ne mamelle. La vulve de la femelle n'a rien de particulier; 
et M. d'Azara parle d'un jeune mâle qui n'avoit point de 
scrotum. 

Cet animal est couvert d'un poil grossier, plat à son extré- 
mité, et sec comme celui du cerf commun, très-court sur 
toute la tête, et devenant de plus en plus long, des parties 
antérieures aux parties postérieures; le long du dos, il forme 
une espèce de crinière, et à la queue un grand panache. Sa 
couleur générale est d'un gris brun, plus foncé sur la tête 
qu'aux autres parties , et une bande noire bordée de blanc , 
qui naît sur sa poitrine, se dirige en arrière, et se termine 
aux lombes. Les pieds de devant sont blancliâtres , et ceux 
de derrière presque noirs. Chaque poil a des anneaux blancs, 
noirs et jaunes-sale. 

La principale nourriture du fourmilier, comme nous 
l'avons dit, sont les fourmis; mais tous les insectes lui con- 
viennent-, et l'on assure qu'on peut le nourrir en esclavage, 
avec de la mie de pain, de petits morceaux de viande ou de 
la farine délayée dans de l'eau, et que c'est ainsi qu'on est 
parvenu à en amener en Europe. 

Cet animal vit toujours seul, et ne se réunit à sa femelle 
qu'an temps des amours. Tous ses moyens de défense paroissent 
être dans la force de ses ongles et dans les muscles vigoureux 
de ses jambes de devant. Lorsqu'il est attaqué, il s'assied sur 
son train de derrière, et embrasse son ennemi, qu'il serre 
jusqu'à ce que l'un ou l'autre périsse. Lorsqu'un homme le 
rencontre, il peut le chasser devant lui comme une bête de 
somme, sans que cet animal montre de colère; mais, dès 
qu'on le presse, son humeur se manifeste par les violens 
mouvemens de sa queue. Enfin, on peut l'assommera coups 
de bâton en toute sécurité, et sans qu'il puisse, par aucun 
moyen , se soustraire à la mort. 

Il paroîl que la femelle ne fait habituellement qu'un seul 



FOU 325 

petit , qui s'attache à sa mère, et se fait ainsi porter partout 
avec elle. 

D'Azara nous apprend que les Guaranis nomment cet animal 
gnouroumi et foqoui, qu'il habite les lieux humides, et ne 
monte jamais sur les arbi-es. 

LcTamandua : Mjrmecophaga telradactyla et tridactjla,Llnn.; 
Schreber, pi. 66. Cette espèce se distingue d'abord de la pré- 
cédente par sa queue prenante et entièrement nue à soa 
extrémité, et par sa taille, qui est de moitié plus petite : il a deux 
pieds du nez à la queue , et celle-ci a seize pouces. Du reste , il 
a toute la physionomie et les proportions du tamanoir ; et la 
description que nous avons donnée des organes de celui-ci, 
convient entièrement au tamandua. Il est revêtu de poils 
courts, laineux et luisans , généralement d'un gris jaunâtre, 
avec une bande plus foncée sur l'épaule. On voit de chaque 
côté du museau une ligne brune qui entoure les yeux. Mais 
il parojt que, dans cette espèce, les couleurs varient, soit 
par Tàge , soit par le sexe : on en trouve de fauves à 
bande noire ; de fauves à ventre , croupe et bande noirs, et 
de presque entièrement noirs. 11 pourroit cependant arriver 
que ces différences fussent spécifiques, et c'est ce qu'a pensé 
M. Geoffroy-Sainl-Hilaire, qui a décrit ces variétés sous des 
noms d'espèces. L'une est son Fourmilier noir ; l'autre soa 
Fourmilier a deux bandes, etc. 

Le tamandua se trouve au Brésil, et vit , comme le tama- 
noir, de fourmis et d'autres insectes, et peut-être aussi de 
miel. Il se fient sur les arbres, et se suspend aux branches par 
sa queue ^ on le voit s'y balancer, et ses petits s'attachent 
aussi par leur queue à leur mère. Le nom qn.'il a reçu des 
naturalistes, est celui qu'il porte en Amérique,- et dAzara 
nous apprend qu'au Paraguay on le nomme caaiguaré ou ca- 
guaré, qui signifie habitant des bois et des lieux infects. 

Le Fourmillier a deux doigts : Mjrmecophaga diiactyla^ 
Linn. ; BufTon, t. X, pi. 3o. Cette espèce est très-petite ; sa 
taille ne surpasse guère celle du rat, et elle a la queue de la 
longueur du corps. Sa physionomie diffère beaucoup de celle 
des espèces précédentes. Ce fourmilier aie museau bien moins 
alongé , proportionnément à sa taille ; mais il a la queue prenante 
comme le tamandua, et nuC; mais eti dessous seulement : ses 



32$ FOU 

pieds de devant ont deux doigJs armés d'ongles foris et cro- 
chus, surtout l'interne; les pieds de derrière ont quatre doigts 
à peu prés égaux et de moyenne grosseur, ainsi que leurs 
ongles. 11 est revêtu d'un poil court et laineux, généralement 
fauve blond, et une ligne roussàtre s'étend le long du dos 
chez la plupart des individus ; car quelques uns en sont privés. 
Cette espèce se dislingue encore des deux autres par uii 
caractère anatomiqtie assez important; ce sont deux petits 
cœcums, dont le tamanoir et le tamandua sont dépourvus. 

Ce petit fourmilier se trouve h. la Guiane. Il vit sur les 
arbres, auxquels il se suspend au moyen de sa queue. On 
dit que la femelle ne met au monde qu'un seul petit, qu'elle 
dépose dans le creux des arbres, sur un nid de feuilles. Son 
nom, à la Guiane, est ouafiriouaou. 

FouRMiLUsa PETIT. L'cspèce que nous venons de décrire a 
quelquefois été désignée par ce nom. 

Fourmilier a longues oaEiLLES. Brisson a nommé ainsi le 
tamandua, d'après une figure de cet animal donnée par Seba. 

Fourmilier STRIÉ, Buffon, t. III, pi. 56. C'est un nom donné 
par erreur à un coati défiguré par l'empaillage et par la mau- 
vaise foi, et que Buffon avoit pris pour un fourmilier. 

Nous pensons que l'animal représenté dans le Voyage de 
Krusenstern , sous le nom de 

Fourmilier a queue variée, n'est aussi qu'un coati. 

Fourmilier ÉPINEUX. C'estréchidné.VoyezMoNOTREMF». (F.C.) 

FOURMILIÈRF. {Entom.) On nomme airisi les habitations 
des fourmis. (CD.) 

FOURMILION , Mjrmcieon. (Entom.) La plupart des au- 
teurs avoient employé ce nom François pour désigner un genre 
d'insectes névroptères dont les larves creusent dans le sable 
des fosses coniques, au fond desquelles elles restent cachées 
pour y saisir les insectes, et en particulier les fourmis, dont 
elles sucent les humeurs. Linnœus ayant donné à ces insectes 
ïe nom grec de myrmeleon , on l'a adopté comme pouvant être 
employé dans toutes les langues. Voyez Myrmeleox. (CD.) 

FOURMILIONS , M^rmeZeomdes. [Entom.) M. Latreille dé- 
signe sous ce nom un groupe, ou, comme il le nomme, une 
tribu d'insectes névroptères, correspondant aux genres -^sca- 
laphe et Mjrméléon que nous avons rangés parmi les tectipennes 



FOU 3.7 

ou sf(^goptèpes. Ce sont fies névroptèrcs à bouche découverte , 
dontlt'S parties sont très-distinctes, qui ont cinq articles à tous 
les tarses et les antennes renflées. Voyez Stégoptères et Mvr- 
MÉLÉOM. ( C. D.) 

FOURMILLET. {Ornith.) Suivant Salerne, pag. loS de son 
Ornithologie, on nomme ainsi , en Provence, le torcol, >un,x 
torquiUa, Linn. ( Ch. D.) 

FOURMILLON. {Ornith.) On trouve dans Salerne, p. 119, 
le mot afourmilliou , indiqué comme un des noms vulgaires du 
grimpereau d'Europe, certhiafamiliaris, Linn. Ce mot, écrit 
fourmiLlou dans les notes de Buffon sur la nomenclature du 
grimpereau, tom. v, in-4.°, pag. 4iS2, et dans la table géné- 
rale fourmilion, a reçu, chez d'autres auteurs, la dernière 
orthogra|)he , et il est devenu doublement fautif , puisque les 
termes fourmillou ou fourmilion n'existent pas plus l'un que 
l'autre, et qu'il n'est question que du mot afourmilliou, qui se 
trouve, mais mal à propos, avec une n terminale, au t. I.*', 
p. 274, de ce Dictionnaire. (Ch. D.) 

FOURNEAUX. (C/um.)Ce sontdes vaisseaux dans lesquels on 
opère la combustion d'une matière ligneuse ou charbonneuse, 
afin de se procurer la température , plus ou moins élevée , qui est 
nécessaire, soit pour liquéfier ou vaporiser un corps, soit pour 
réduire un composé à ses élémens, soit enfin pour mettre des 
corps dans une circonstance favorable à leur action mutuelle. 

Les fourneaux sont presque toujours en terre cuite, ou en 
jriques, plus rarement en fonte ou en tôle. On en distingue 
le plusieurs sortes, suivant les usages auxquels ils sont desti- 
îés. Nous ne parlerons, dans cet article, que des principaux 
tui se trouvent dans les laboratoires de chimie ; nous n'en 
parlerons que très-succinctement, parce qu'une description 
létaillée exigeroitdes figures que la nature de cet ouvrage ne 
comporte point. 

FourneaH 5tmpZe. Il est essentiellement composé de deux capa- 
cités, qui sont séparées par une grille horizontale en terre ou 
enfer. La capacité supérieure, dans laquelle on met le combus- 
tible , est \t foyer; la capacité inférieure , dans laquelle tombent 
h s cendres résultantes delà combustion, est le cendrier -. l'air y 
pénètre par une large ouverture ou par plusieurs trous. 
Les fourneaux simples , quon a nommés éy'aporatoires , sont , ea 



3=» FOU 

général, cylindriques, ou presque cylindriques. A pareil" de ïa 
base jusqu'à la grille , et delà jusqu'en haut, ils vont en «'élar- 
gissant. Les plus grands, qui sont destinés à recevoir des 
alambics, des bains de sable ou des bains-marie, ont toujours 
deux ouvertures qu'on fernie à volonté avec des portes. Ces 
.ouvertures sont pratiquées l'une au-dessus de l'autre ; la partie 
inférieure de l'une est de niveau avec le plan du cendrier, et 
la partie inférieure de la seconde est de niveau avec le plan du 
foyer. C'est parcelle du foyer qu'on introduit le combustible^ 
c'est par celle du cendrier qu'on enlève les cendres. La pre-^ 
mière est toujours fermée, unefoisquele fourneau est chargét 
la seconde est libre pour donner passage à l'air nécessaire à la 
combustion ; mais, si Ton veut ralentir la combustion , ou la 
diminue plus ou moins, en plaçant sa porte devant elle, et plus 
ou moins près de l'ouverture. Les fourneaux simples, qui re-! 
çoivent des alambics, sont en général en briques ; ils ont une' 
cheminée dans leur foyer: on les chauffe presque toujours avec] 
du bois. Les fourneaux àbains desable ou à bain-marie, portent, 
quatre échancrures ou rainures dans la partie supérieure du 
foyer, afin que le produit delà combustion puisse s'échappcri 
du foyer lorsque les bains se trouvent dessus. Ces fourneauxi 
sont en terre, d'une seule pièce: pour les remuer plus facile- 
ment, ils portent, aux deux tiers environ de leur hauteur, 
deux appendices ou anses : on les chauffe avec du charbon. 
Ils servent principalement à faire des évaporations. 

Les petits fourneaux simples n'ont point d'ouverture à leur 
foyer; ordinairement on place dessus une grille ou un triangle 
en fer, sur lequel on met des fioles ou des capsules. On in- 
troduit le charbon au travers de la grille. 

Il y a des fourneaux simples quadrangulaires , tels que ceu; 
des cuisines, qui sont pratiqués dans une maçoojieric e 
briques; il y en a qui ont la forme d'unparallélipipède alongé, 
Ceux-ci sont très-bons lorsqu'on veut faire réagir des corps' 
dans des tubes de verre , à une température qui ne passe point 
le rouge obscur. Pour atteindre à ce but , il faut fermer toutes 
les ouvertures de la grille et celles qui sont pratiquées dans les 
parois du foyer. 

Les fourneaux simples peuvent encore être employés pour 
les fusions, les décompositions, les combinaisons qui n'exigent 



FOU 239 

pas une température plus élevée que le rouge-ceiise. Ou met 
alors ces corps dans des creusets d'or, d'argent , de platine, ou 
de terre, que Ton place sur uu petit cylindre de terre, appelé 
fromage, au milieu des charbons. 

Fourneau de réverbère ou à réverbère. Ce fourneau est compose , 
1 .° d'un cendrier, j." d'un foyer, 3." d'un laboratoire , 4.° d'un 
dôme, 5.° d'une cheminée. 

Le cendrier et le foyer, disposés comme dans le fourneau 
simple, avec cette difïérence que l'ouverture du cendrier est? 
beaucoup plus grande, sont cylindriques; le laboratoire estuu 
cylindre ouvert aux deux bouts, d'un diamètre égal à celui, 
du foycF sur lequel il se place. Le dôme, cylindrique dans sa 
partie inférieure, qui se met sur le laboratoire, est terminé 
envoûte dans sa partie supérieure; cette voûte est ouverte, 
atin de donner passage à l'air qui a servi à la combustion ; elle 
porte un cylindre de quelques pouces, sur lequel on place 
un ou plusieurs tuyaux en terre ou en tôle, qui font l'office 
d'une cheminée. Le laboratoire a une échancrure demi-circu- 
laire dans la partie supérieure, laquelle correspond à une 
échancrure demi-circulaire pratiquée à la partie inférieure 
du dôme. Cette ouverture est destinée à laisser passer le col 
de la cornue que Ion veut chauffer dans ce fourneau. La cor- 
nue est soutenue par deux barres de fer mobiles, horizontales, 
dont les extrémités sont reçues dans des échancrures ménagées 
dans la paroi du foyer. Quelquefois la cornue, au lieu de 
s'appuyer immédiatement sur les barres de fer, est reçue dans 
une petite capsule de fer ou de terre qui est remplie de sable. 

On chauffe, dans le fourneau de réverbère , des cornues de 
verre ou degrés, qu'on recouvre ordinairementd'unechemise 
d'argile , afin qu'elles ne soient pas exposées à l'action immé- 
diate du feu. 

Le dôme du fourneau est destiné à réfléchir le calorique 
rayonnant sur la partie supérieure de la cornue, afin d'em- 
pêcher que le produit qui s'en volatilise ne s'y condense et 
n'obstrue le col de la cornue , si ce produit est susceptible de 
se condenser en solide, ou né retombe dans la cornue , si ce 
produit est liquide. C'est de la propriété qu'a le dôme de ré- 
fléchir le calorique rayonnant qu'est dérive le nom de fourneau 
de réverbère ou à réverbère^ 



33o FOU 

Fourneau de coupelle , ou fourneau d'essai. C'est un véritable 
fourneau de réverbère ; mais la matière que l'on veut 3-^ ex- 
poser à l'action de la chaleur, doit recevoir en même temps 
l'action comburente de l'oxigène atmosphérique. Le labora* 
toire a une ouverture demi-circulaire ou demi-elliptique, 
par laquelle on introduit dans le fourneau une espèce de 
petit four appelé moufle. (Voyez Essais, tom. xv , pag. 365.) 

Fourneau de fusion. Ce fourneau , ainsi nommé de l'usage 
qu'on en fait pour chauffer les corps que l'on veut fondre, 
est composé d'un cendrier, d'un foyer, d'un dôme et d'une 
cheminée. Pour en augmenter Feifet , on ne laisse au cendrier 
qu'une ouverture suffisante pour recevoir le bout du tuyau 
d'un soufflet de forge. 

Fourneau de fusion de La^oisier. Il paroît être préférable à 
fous ceux de son espèce , lorsqu'on veut exposer les corps aux 
températures les plus élevées des fourneaux. Il a la forme d'un 
sphéroïde elliptique, dont les deux extrémités sont coupées 
par un plan qui passeroit par chacun des foyers perpendicu- 
laires au grand axe. Ce sphéroïde comprend essentiellement 
le foyer et le dôme. Le creuset se place dans le foyer, au 
milieu des charbons; il a deux ouvertures demi-circulaires , 
placées Tune au-dessus de l'autre. Le foyer est entièrement 
ouvert en dessous-, cette ouverture est garnie d'une grille à 
claire-voie et en fer méplat, dont les barreaux posent sur le 
côté le plus étroit, afin qu'ils présentent moins de résistance 
à l'air qui pénètre dans le foyer. Ce fourneau est soutenu sur 
un trépied. Sa cheminée a dix-huit pieds de hauteur; elle est 
en terre, et son diamètre intérieur est presque de moitié de 
celui du fourneau. 

Nous ne saurions trop recommander aux personnes qui vou- 
droient prendre une idée de ce qu'on a écrit de mieux sur les 
principes que l'on doit suivre dans la construction des four- 
neaux de chimie, et particulièrement dans celle du fourneau 
de fusion, ce que Lavoisier en a dit dans ses Elémens de 
Chimie. 

Fourneau de forge, ou forge. Ce fourneau est un cylindre 
creux, dont les parois sont en briques Irès-réfractaires, sur 
lesquelles on a étendu une couche d'argile également très- 
réfractaire. Il se compose d'un foyer et d'un cendrier. L'élé- 



FOU 33i 

vafion de température y est au moins aussi grnndc que dans le 
Iburncau de fusion de Lavoisier. Les corps que 1 on soumet à 
1 expérience se mettent dans des creusets de terre réfrac- 
•laire, qui sont fixés avec de l'argile sur un fromage qui est 
lui-même fixé, par le même moyen , sur la grille qui sépare 
les deux parties du fourneau. On porte l'air dans le fourneau 
au moyen d'un vaste soufilet à deux vents, auquel est adapté 
un long tuyau dont l'ouverture se trouve dans la partie infé- 
rieure du cendrier. La grille est percée de trous, disposés 
symétriquement, afin que l'air se répande également dans 
toutes les parties du foyer. 

Le tuyau porte un registre qui sert à modérer la rapidité 
du courant d'air qu'on dirige dans lo fourneau. 

Quand on commence une opération à la forge , on place 
quelques charbons ardens autour du creuset; on remplit le 
foyer de charbon noir, et on laisse le charbon s'allumer. Si on 
souffle a/ors, ce n'est que pour empêcher l'extinction. Quand 
tout le charbon est allumé, on commence à souffler, et l'on a 
.soin de ménager le vent du soufflet, en tenant le registre en 
partie fermé : ce n'est qu'à la fin de l'opération qu'on l'ouvre 
toul-à-fait. 

Les anciens employoient plusieurs fourneaux dont nous ne 
parlerons pas, parce qu'ils ont disparu des laboratoires-, tels 
sont le fourneau (Valhanor ou des paresseux , le fourneau de di- 
gestion, le fourneau pol^creste, etc. (Ch.) 

FOURNEIROU. (Omi7/i.) Voyez Fouhmeirou. ( Ch. D.) 

FOURNIE. ( Ichthjol.) A Nice, d'après M. Risso, on donne 
ce nom au crénilabre melops , qu'il range parmi les lutjans. 
Voyez Crénilabre. (H. C. ) 

FOURNIER. (Ornith.) L'oiseau de Buenos-Ayres , ainsi 
nommé primitivement par Commerson , qui eu faisoit un 
merle , turdus , a paru à Gueneau de Montbeillard former un 
passage entre la famille des proraérops et celle des guêpiers. 
L'opinion de ce dernier naturaliste étoit fondée sur ce que la 
queue du fournier est plus courte, que ses doigts sont plus 
longs que ceux des proniérops, et que son doigt extérieur n'est 
pas, comme chez les guêpiers, soudé avec celui du milieu 
dans presque toute sa longueur. Néanmoins Gmelin et La- 
tham ont rangé l'oiseau dont il s'agit avec les guêpiers ; me- 



332 FOU 

rops; et M. d'Azara, qui l'a trouvé darts les mêmes contrées 
que Commerson , a av^ué qu'il ignoroit à quelle famille on 
devoit l'associer. M. Cuvier en a fait une section de ses su- 
criers , ncctarinia , lilig. , en y ajoutant un guit-guit, un pro- 
mérops et plusieurs héoro-taires. Enfin M. Vieillot a, d'après 
les caractères assignés par M. d'Azara, formé un genre parti- 
culier du fournier, sous le nom latin furnarius , et il s'est 
borné à y joindre, comme espèces, deux annumbis de l'au- 
teur espagnol. 

Ce genre a pour caractères un bec aussi épais que large, 
entier, de longueur médiocre , arqué , pointu et comprimé la- 
téralement ; des narines longitudinales, une langue médiocre , 
étroite, usée à la pointe; des ailes foibles, à penne bâtarde 
courte, et, en général , les deuxième , troisième et quatrième 
rémiges les plus longues; quatre doigts, dont trois devant et 
un derrière. 

Le genre Fournier fait partie des épopsîdes de M. Vieillot, 
tous insectivores, et cette famille, qui comprend les promérops, 
les huppes et les polochîons , est bien distincte de celle des an- 
thomj'ses , dont la langue est extensible et fibreuse , et dont le 
miel est lu principale nourriture. Cette dernière renferme le& 
guit-guits, les foui-mangas, les colibris et les héoro-taires. La 
différence dans la nourriture , qui en entraîne de considé- 
rables dans les mœurs et les habitudes, semble devoir rendre 
très-circonspect pour admettre parmi les fourniers des oiseaux 
qui ne présenteroient que certains rapports extérieurs avec 
eux ; et, comme on ne connoît guère que les dépouilles de 
ceux qui sont relatés dans une simple note de M. Cuvier, sous 
le mot Fournier, tom. i'\ p. 4 iode son Règne Animal , ce ne sera 
qu'avec réserve qu'on les indiquera à la suite des trois espèces 
décrites par M. d'Azara, dans son Ornithologie du Paraguay y. 
les seules dont le genre de M. Vieillot est composé. 

Le Fournier proprement dit, Azara , n.° zui , pi. 709 de 
Buffon , est le tardas fulvus de Commerson, le merops rufus, 
Gmel. etLath., et le furnarius rufus ,VieiU. De la taille d'une 
rousserole ; sa queue est , suivant Commerson , d'un peu moins 
Je trois pouces, et elle dépasse les ailes d'environ un pouce; 
ses douze pennes, plus fortes que celles des ailes, sont éta- 
gées et coupées carrément: Les dimensions indiquées pai* 



FOtr 535 

M. d'Azara sont un peu moindres. Quant au plumage , les 
côtés et le dessus de la tête, la partie supérieure du cou, le 
dos et les ailes sont d'un roux plus foncé au verlex et à la 
J)artie extérieure de l'aile, qui est traversée par une bande 
de roux foible ; la couleur de la queue est celle du tabac 
d'Espagne, et les parties inférieures sont blanches. 

Ces oiseaux, qui portent à la rivière de la Plata le nom de 
7iorr<,ero , et au Tucuman celui de casero (ménagère), sont ap- 
pelés , au Paraguay, alonzo garda. Ils ne sont ni voyageurs ni 
farouches; ils approchent des habitations, et ne pénètrent 
point dans les grands bois. Constamment éloignés des endroits 
élevés, ils se tiennent ordinairement dans les buissons. On les 
rencontre toujours par paires, et jamais en familles, ni en. 
troupes. La foiblesse de leurs ailes ne leur permet pas de 
beaucoup prolonger leur vol. Les deux sexes font entendre 
pendant toute l'année une voix qui consiste dans la répétition 
de la syllabe chi , prononcée d'abord par intervalles, et en- 
suite assez vivement pour ne plus former qu'un fredon qili 
s'entend à un demi-mille. Lorsque l'oiseau chante, il avance 
le corps , alonge le cou , et bat des ailes. 

Le nid des fourniers est hémisphérique ; il est construit 
avec delà terre, et a la forme d'un four à cuire du pain. Ces 
oiseaux le placent dans un endroit apparent, sur une grosse 
branche dégarnie de feuilles, sur des croix ou des poteaux 
de plusieurs pieds de hauteur, sur les palissades des cours, 
sur les fenêtres des maisons, et quelquefois même dans leur 
intérieur. Le màle et la femelle y travaillent de concert; ils 
apportent et arrangent alternativement des boulettes d'ar- 
gile, grosses comme de petites noix, et souvent deux jours 
suffisent pour achever l'ouvrage. Le nid a six pouces et demi 
de diamètre et un pouce d'épaisseur : l'ouverture, du double 
plus haute que large, est pratiquée sur le côté, et l'intérieur 
est divisé en deux parties par une cloison qui commence dès 
l'entrée, et se termine circulairement à la partie intérieure, 
en laissant une ouverture pour pénétrer dans une sorte de 
chambre où sont déposés, sur une couche d'herbe , quatre 
œufs un peu pointus à un bout , piquetés de roux sur un fond 
blanc, et dont les diamètres sont de dix et neuf lignes. 

M. d'Azara ajoute à ces détails que les hirondelles brunes, 



354 FOU 

les chopis (espèce de troupiale), les perruches et d'aulrts 
oiseaux , se servent , pour y faire leur nichée , des vieux nids 
de fourriiers , que les pluies ne détruisent qu'au bout d'uu 
certain temps-, mais que ceux-ci, qui ne se donnent pas la 
peine de taire chaque année de nouveaux nids, chassent les 
usurpateurs lorsqu'ils ont besoin des anciens. 

Le FouRMER ANNUMP-i, Furn,arju5 annumbi, Vieilh, ou sim- 
■plement Annumbi de M. d'Azara, n." 221, n'excède que de 
quelques lignes la longueur du fournier proprement dit : il 
a les dix pennes caudales étagées ; le front est d'un rouge qui 
s'affoiblit en avançant sur la tête, et n'est plus à la nuque que 
d'un brun clair; cette dernière couleur est celle du cou, des 
plumes uropygiales , de quelques unes des pennes alaires et 
de leurs petites couvertures, ainsi que des deux pennes du 
milieu de la queue : les piumes dorsales ont des taches noi- 
râtres; les grandes couvertures des ailes et plusieurs de leurs 
pennes sont un peu lavées de rouge, et les pennes des côtés 
de la queue sont noirâtres, avec une bordure brune et uin 
tache blanche à leur extrémité ; les côtés de la tête , presrjue 
blancs, ont un trait brun derrière l'œil ; une ligne variée de 
blanc et de noir, qui part des coins de la bouche, entoure la 
gorge , dont le centre est blanc; le reste des parties inférieures 
est varié de blanchâtre et de brun; les ailes sont argentées 
en dessous, avec une nuance de rouge; l'iris est roussàtre , 
le bec d'un brun rougeàtre, et le tarse d'un olive peu foncé. 

Cet oiseau , que M. d'Azara soupçonne mal à propos être le 
même que le guira-guainumbi de Marcgrave , rapporté gé- 
néralement au momot, n'est pas rare. Il aie vol court, bas 
et horizontal, et les insectes forment sa principale nourri- 
ture ;. mais l'auteur espagnol pense qu'il mange aussi de pe- 
tites graines. Il fréquente les plaines découvertes, ainsi que 
les halliers épais, et niche dans les endroits les moins cachés, 
comme le précédent, en donnant la préférence à un opuntia, 
ou à quelque autre arbre isolé dans la campagne et dépouillé 
de ses feuilles ; souvent l'on voit appuyés l'un contre l'autr:,' , 
sur le même arbre , deux et jusqu'à six de ces nids , qui sont 
travaillés avec des rameaux épineux, surmontés d'une asse.': 
grande couverture, et qui ont deux pieds de hauteur et un pied 
et demi de largeur. La femellt', dont le plumage est le mèiw^ 



FOU 335 

qiie celui du mâle, et qui l'accompagne toujours, pond au 
fond du nid, surune couche de feuilles et de bourre, quatre 
auCs blancs, plus pointus à l'un des bouts , et qui ont onze et 
huit lignes de diamètre. 

Le FouRMBa rouge , Furnarius ruber. Vieil!., ou Annumhi 
rouge de M. d'Azara, n.° 220, est long de huit pouces. Il aies 
douze pennes caudales étagées, etles dix-neuf pennes alaires 
foiblcs et concaves. Les plumes de la tête et du haut du cou 
sont rKdes, parce que leurs liges dépassent les barbes, et le 
cou paroît fort gros à cause de ses plumes nombreuses et peu 
couchées. Le dessus de la têle et la queue sont d'une belle 
couleur de carmin, ainsi que les ailes, dont les pennes ont la 
pointe noirâtre. Les côtés de la tête et du cou, le dessus du 
cou et du corps, et les plumes anales sont d'un brun rouge; 
les partieS^inférieures sout blanchâtres ; le bec , un peu courbé 
dans toute sa longueur, est noirâtre en dessus, blanchâtre en 
dessous; l'iris est d'un beau jaune, et les tarses sont d'un 
bleu argenté. 

M. d'Azara observe que ces oiseaux se rapprochent des ba- 
(aras par leur genre de vie dans les halliers épais, par la 
forme de leurs ailes et de leur queue, par le vol court, par 
l'habitude d'être seuls ou par paires ; mais il résulte de l'ex- 
position des caractères génériques , et des autres circons- 
fances par lui rapportées, que l'analogie est encore plus 
grande avec les fourniers , auxquels M. Vieillot a été fondé à 
les réunir. Leur nid volumineux est construit de la même 
manière et des mêmes matériaux ;. il est placé le long des 
t hemins, à peu de hauteur, sur de petites branches épineuses , 
tiexibles , et, vu son poids, il est toujours balancé par les 
vents : la femelle y pond quatre oeufs blancs, de la forme 
et de la grosseur de ceux des fourniers proprement dits. 
On remarque dans son contour plusieurs trous ou entrées 
qui renferment des débris de végétaux , en apparence des- 
tinés à servir de lit pour les œufs et les petits; mais ceux- 
ci sont dans un endroit ^us caché, ce qui a fait penser à 
quelques uns que les aiirres ouvertures éloient pratiquées 
itfin de soustraira la progéniture aux recherches des curieux, 
tjudis que plus vraisemblablement ces oiseaux ne fabriquent 
d«s nids aussi spacieux que pour faciliter aux petits l«s moyens 



r^s FOtJ 

»îe sautiller, et de faire les exercices cixqucls ils aiment à se 
livrer dès qn'ils ont leurs premières plumes. Ces petits sont 
lie la même couleur que les père et mère. 

Les espèces que M. Cuvier trouve susceptibles d'être réu- 
nies au même genre , sont : 

ii° Le promérops olivâtre de M. Vieillot, pi. 5 de l'Histoire 
naturelle des huppes et des promérops, tom. i.^'des Oiseaux 
dorés, et actuellement son polochion olivâtre, merops olU'a- 
beus, Sh., qui offre en effet de très-grands rapports aveo le 
fournier. Cet oiseau est long de sept pouces, et a la presque 
totalité du plumage olivâtre; il a été apporté des îles de la 
mer Pacifiqne. 

2.° Vhéoro-taire neghoharra de M. Vieillot, pi. 64 de ses 
Grimpereaux, lequel est le certhia sannio de Gmelin et de La- 
tham , et a la queue fourchae. Le plumage de cet oiseau, très- 
nombreux aux environs du canal de la Reine-Charlotte, dans 
la Nouvelle-Zélande, est d'un vert- olive, qui prend une 
nuance jaune sur les parties inférieures. Il a un chant très- 
varié. 

3." Vhéoro-tairc vert-olive, pi. 67 et 68 de M. Vieillot, cer- 
thia virens , Gmel. , qu'où trouve aux îles Sandwich. 

^° Vhéoro - taire à collier blanc, pi. 66 de M. Vieillot, qui 
habite aussi les terres australes. 

5." Le sucrier de Buffon , ou guit-guit sucrier de M. Vieillot . 
pi. 5i; certhia Jlaveola, Linn. 

6.° Enfin le grimpereau varié, pi. 74 de M. Vieillot , ou 
figuier varié de Buffon, motacilla varia, Linn. (Ch. D.) 

FOURRAGE DE DISETTE. (Bot.) C'est la spargoutte des 
champs. ( L. D.) 

FOURREAU. {Ornith.) L'oiseau auquel on donne, dans la 
Sologne (Loir-et-Cher), ce nom et celui de gueule-de-four, 
est la mésange à longue queue, parus caudatus, Linn. (Ch. D.) 
FOURREAU DE PISTOLET. (Conchyl.) On trouve quel- 
quefois ce nom employé pour désigner quelque espèce de 
jambonneau ou de pinne-marine. /De B. ) 

FOURRE-BUISSON. {Ornith.) C'est le troglodyte, mota- 
cilla troglodytes. Voy. Fourbisson. ( Ch. D. ) 

FOUTCHI (Bot.), nom donné à quelques figaiers dans l'île 
de jlidagîîscar. selon Poivre. (J.) 



FOV ZZf 

FOUTEAU. Voyez Fayard. (J.I 

FOUTERLO {Bot.), nom de l'aristoloche ordinaire, aris- 
tolochia clematis, dans quelques lieux de la Provence, suivant 
Garidel. M. Gouan dit que dans le Languedoc les diverses 
espèces de ce genre sont nommées faouterna. (J.) 

FOUTIVENTO. (Ornith.) Un des noms que, suivant Be- 
Jon , delà Nature des Oiseaux, pag. 126 , on donne en Italie 
à la cresserelle , /aico tinnunculus , Linn. (Ch. D.) 

FOUTON ( Ornith.), nom vulgaire qui, suivant Selon, 
pag. 217, est donné , sur les rives de l'Océan , à la petite bé- 
cassine ou sourde, scolopax gallinula.hinn. ( Ch. D.) 

FOUTRA. {Bot.) Voyez Fotbrt. (J.) 

FOVEOLARIA. {Bot.) Dans la Flore du Pérou on trouve sous 
ce nom un genre qui est le même que le strigilia de Cavanilles , 
genre de la famille des méliacées, qui a cependant beaucoup 
d'afllnifé avec le styrax, surtout avec le styrax glabrum de 
Vahl, ce qui peut faire présumer que le stjrax , mieux exa- 
miné, pourroit être ramené dans la même famille. (J.) 

FOVÉOLIE , FoveoUa. {Arachnod.) Genre de la famille des 
méduses, établi par MM. Perron et Lesueur, et fort voisin des 
équorées des mêmes auteurs , dont en effet il ne diffère que parce 
que l'ombrelle est pourvue de petites fossettes à son pourtour-, du 
reste l'estomac estsimple, avec une seule ouverture oubouche, 
et il n'y a ni pédoncules, ni bras, mais seulement des ten- 
tacules; les mœurs, les habitudes et l'organisation sont tout- 
à-fait celles des Méduses. (Voyez ce mot.) 

Les espèces de cette division sont au nombre de cinq: 

1.° La FovÉOLiE piLÉAiRE : Foveolia pilearis , Per., Les.; Me^ 
dusa pilearis , Linn. Ombrelle orbiculaire surmontée d'une 
espèce de bonnet : huit cavités à la circonférence du rebord j 
estomac cilié à son pourtour. Haute mer. 

2.° La FovÉOLiE BUNOGASTRE : FoveoUa bunogaster, Fer., Les. 
Hyaline; ombrelle bossue à sa partie centrale et supérieure ; 
une grosse tubérosité saillante au fond de Festomac; neuf fos- 
settes autour de Fombrelle ; neuf tentacules : 2 et 3 centira. 
Côtes de Nice. 

3.° La FovÉOLiE mollicine : Foiieolia moUicina, Per., Les'^.; 
Médusa mollicina, Forsk. , Faun. Arab., p. 10g ; Icon. anim. , 
t, 33, fig. C. Ombrelle orbiculaire sans renflement au sommet j 

17. 22 



S53 FRA 

seize bandeleUes au pourtour de l'estomac ; douze petites 
fossettes ovales; dix tentacules très-courts; couleur hyaline : 
4 centim. Méditerranée. 

Zj." La FovÉOLiE diadème; Foveolia diadema, Per. et Les. 
Espèce, de 5 centim.. dont l'ombrelle bleu hyaline , subcanipa- 
niforme , est pourvue d'un estomac simple, très-pointu , avec 
six petites fossettes et seize tentacules, formant une espèce de 
diadème à sa base. Océan atlantique austral. 

.5°. La FovÉOLiE linéolée ; Foveolia Uneolata, Per. et Les. 
Ombrelle hyaline, cérulescente, subhémisphérique, déprimée 
au sommet, resserrée sur le milieu de son pourtour: dix-sejjt 
fossettes : dix-sept tentacules et autant de lignes subombrel- 
laires intérieures : 3, 4 centim. Nice. (De B.) 

FOX {Mamm.), nom anglois du renard commun, canis 
vulpes, Linn. Voyez Chien. (F. C.) 

FOYER. {Chim.) C'est en général un lieu plus ou moins cir- 
conscrit, où l'on a produit une température plus ou moins 
élevée. Ainsi, le foyer d'un fourneai^est la cavité dans la- 
quelle s'opère la combustion; le foyer d'une lentille, le foyer 
d'un miroir sont les points oii se réunissent les rayons du soleil 
réfracté parla première ou refléchi par le second. (Ch.) 

FKACASTORA. {Bot.) Adanson désigne sous ce nom le 
slachys palastina, qu'il distingue par son calice plus longue- 
ment tubulé et à dix angles, sa corolle à lèvre supérieure 
entière , ses fleurs plus rares dans chaque rameau, et accom- 
pagnées de deux soies à leur base. (J.) 

FR.î:KAHL. (Bot.) Voyez Forgaa. (J.) 

FRAGA. (Bot.) Voyez Comaroides. (J.) 

FRx\GA et Fragl'm. (Bot.) Les Latins donnoient ces noms à 
la fraise. La Peyrouse (Histoire abrégée des Plantes des Pyré- 
nées , pag. 287) a adopté le premier de ces noms pour un 
genre particulier qu'il a formé avec le fragaria sterilis , Linn., 
que la plupart des botanistes placent maintenant dans.le genre 
Potenlille. (L. D.) 

FRAGARIA {Bot.), nom latin du fraisier. (L.D.) 

FRAGILAR1A. {Bot.) Genre de plantes cryptogames, de la 
famille des algues, voisin des diafoma, et établi par Lyngbye 
dans son Tentamen hjdrophjtologiœ danicœ . pour placer quel- 
ques espèces de conférées, dont les filamens articulés, plans, 



"FRA 339 

«impies, frès- fragiles, offrent des articulations qui, en se 
détachant, ne se tiennent point par un angle, comme dans 
les diatoma. 

M. Lyngbye place dans ce genre les huit espêcessuivantes , 
qu'il a observées sur les côtes du Danemarck ou de Norwège, 
attachées aux plantes marines et aux rochers. 

Fragilariafascié ; Fragilariafasciata, Lyngb., Tent. hydrop., 
p. 182, pi. 6-2. Transparent; articulations d'un mtme diamètre, 
marquées dans le milieu d'une bande rougeàtre, se détachant 
alternativement après la fécondation. Celte espèce se trouve 
en hiver sur les ceramium, dans le golfe d'Othinie. 

pRAGir.ARiA LATRDNCULATRE ; FragHariti latruncuhiria , Lyngb., 
1. c. Transparent ; articulations deux fois pins longues que 
larges, marquées dans le milieu d'tni point carré, se détachant 
après la fécondation. Cette plante se trouve en hiver, <?cmme 
Ja précédente , dans le même golfe. 

Fragilaria vt^ifO'scrvÉ; Fragilaria unipiinclata , Lyngb. , 1. c, 
p. i83- pi. 62. Filamens convexes, cristallins, très-fraî:iles; ar- 
ticulations aussi longues que larges, marquées d'il n point rouge. 
Cette espèce se trouve en été sur les plantes marines , dans le 
golfe d'Oxetiord en Norwège. Lorsqu'elle est desséchée, elle 
ressemble à une croûte blanche cristalline. 

Fragii-aria striatulé : Fragilaria sfriatula, Lynrb. , 1. c. , 
fig. 63 ; Conferva striatula, Dilhv. , English Bot., tah. 1928? 
Filamens bruns ou jaunâtres; articulations très-courtes, striées 
en travers , se détachant çà et là. Cette espèce se trouve en été 
sur les côtes de Féroë, adhérente aux rochers et aux plantes 
marines, sur lesquelles elle forme des touifes d'une à six ligneS 
de diamètre. 

Fragilaria rayé : Fragilaria lineata , l,yngb. , 1. c. , pag. 1 84 , 
tab. 63; Conferva lineata, Dilhv.; Conf. moniliformis , MuU. ; 
Conf, ivjlexa, Roth. Filamens très-fins; articulations presque 
deux fois plus longues que larges; marque d'une ou d-eux raies 
transverses. Cette espèce forme au printemps des touffes jau- 
nâtres, épaisses, et de deux à trois pouces d"étendue, sur les 
rivages et dans les fossés et étangs remplis d'eau de mer. 

Fragilaria nummuloïde : Fragilaria nummuloides , Lyngb, , 
1. c. , l^ib. 63 ; Conferva nummuloides , Dillw. , Intr. Sup, , tab. B. 
Filamens très-fins; articulations presque aussi longues que 



§4® PRA 

larges , contenant des globules hexagones ou elliptiques rap- 
prochés en forme de chapelet. Cette espèce croît en hiver et 
au printemps dans les fossés et les mares près de la mer. 

Fragilaria pectine: Fragilaria pectinalis , Lyngb., pag. 184, 
labl. 63 ; Conferva pectinalis , Mull. ; Conferva bronchialis , Roth ; 
Diatêma pectinalis, Agardh. Filamens roides , grêles, très-fra- 
giles, atténués à l'extrémité; articulations trois fois plus larges 
que longues, brillantes dans le milieu, se détachant çà et là. 
On rencontre cette espèce sur les plantes aquatiques et sur le» 
roues des moulins; elle paroît au printemps et à l'automne. 
Elle forme des touffes d'un vert jaunâtre, qui deviennent gri- 
sâtres par la dessiccation ; ses filamens ont six lignes environ 
de longueur. 

Fragilaria d'hiver ; Fragilaria hfemalis , Lyngb. ,1. c. , 
pag. ]85, lab. 63. Filamens mucilagineux, très-fragiles ; arti- 
culations un peu moins longues que larges, de couleur d'or, 
se détachant çà et là. Cette plante est la même que le conferva, 
hyemalis de Roth -. elle croît dans les ruisseaux des montagnes 
alpines, en touffes longues de 3 à 4 pouces, attachées aux 
pierres. Lyngbye Ta observée en été dans les îles Féroë , etc. 
(Lem.) 

FRAGMOSA [Bot,), un des anciens noms de la conyze, 
cités dans le livre de Dioscoride. (H. Cass.) 

FRAGO. {Bot.) Suivant Garidel, les Provençaux nomment 
ainsi la quinte-feuille ordinaire, potentilla reptans. (J.) 
FRAGOLINO. (Ichthyol.) Voyez Francolino. (H. C.) 
FRAGON {Bot.), Ruscus, Linn. Genre de plantes mono- 
cotylédones, de la famille des asparaginées, Juss. , et de la 
dioécîe monadelphie , Linn. , dont les fleurs sont hermaphro- 
dites dans quelques espèces, et dloïques dans plusieurs autres. 
Leur calice est composé de six folioles, ordinairement ou- 
vertes en étoiles. Les filamens des étamines sont réunis en un 
tube ou godet, nu dans les fleurs femelles, et portant trois à 
six anthères en son bord dans celles qui sont mâles ou her- 
maphrodites. L'ovaire est supérieur, renfermé dans le tube, 
et surmonté par trois stigmates. Le fruit est une capsule bac- 
ciforme, globuleuse, à trois loges, contenant chacune une 
ou deux graines, et souvent uniloculaire par l'avorteraent 
des deux autres loges. 



FRA 541 

Les fragons sont des arbustes à feuilles simples et alternes , 
munies à leur base de stipules membraneuses, et dont les 
fleurs naissent sur les feuilles mêmes, eu disposées en grappes 
terminales. On en connoît aujourd'hui sept espèces : 

Fragon PIQUANT; Vulgairement Houx frelon, HouSson, Petit- 
Houx, Buis piquant, Myrte épineux: Ruscus aculeatas , Linn., 
Spec, 1474; Bull., Herb., t. 243. Sa racine est horizontale, 
vivace , blanchâtre , munie de plusieurs grosses fibres qui s'en- 
foncent perpendiculairement ; elle produit une ou plusieurs 
tiges cylindriques, glabres, hautes d'un pied à un pied et 
demi, nues dans leur partie inférieure, divisées, dans la su- 
périeure, en rameaux garnis de feuilles nombreuses, sessiles, 
ovales-lancéolées, d'un vert luisant, aiguës et piquantes à 
leur sommet. Ses fleurs sont dioïques , très-petites, d'un blanc 
verdàtre , mélangées de violet paie , portées sur un court 
pédoncule qui nait sur la partie inférieure des feuilles. Les 
fruits, d'un rouge éclatant, ont la forme et la grosseur d'une 
petite cerise. Cette plante , dont les tiges durent deux ans , 
fleurit en mai ; elle croît en France et dans une grande partie 
de l'Europe , dans les bois à l'ombre. 

Les fleurs du fragon piquant sont très-petites et très-peu 
remarquables; mais ses fruits, d'un rouge vif, et qui restent 
sur les tiges pendant tout l'automne et l'hiver, font un joli 
effet par le contraste qu'ils forment avec le vert foncé des 
feuilles : cela rend cette plante propre à être employée 
pour la décoration de certaines parties des jardins paysagers , 
où on peut la placer sous les grands arbres. Comme ses graines 
sont un an à lever, et qu'on trouve trop long ce moyeu de 
propagation, on préfère en général la multiplier en divisant 
en éclats les racines des vieux pieds. 

La racine du fragon piquant est un- peu acre et amère; on 
s'en sert fréquemment en médecine comme diurétique , et 
on la compte au nombre des cinq racines dites apéritives ma- 
jeures. On l'emploie en décoction , à la dose d'une demi-once 
à une once pour une pinte d'eau. Ses jeunes pousses peuvent 
se manger cuites comme celles des asperges , et on en fait usage 
ainsi dans plusieurs cantons. 

Il y a quelques années, lorsque les denrées coloniales s'é- 
toient élevées à un très-haut prix, on a essayé de substituer 



34» FRA 

ses graines au café, en les faisant lorréfier comme celui-ci -,61 
des personnes qui en ont fait usage, nous ont assuré que, 
de toutes les différentes substances indigènes avec lesquelles 
on avoit voulu remplacer la fève arabique , les graines du petit- 
houx étoicnt réellement celles qui s'en rapprochoient le plus. 

Fragon HYPropHYLLE. ; Vulgairement Laurier alexandrin: 
Ruscus hjppoph-yliuiii, Lmii. , Spec. , 1474; liuscus latifolius , 
fructu inmediofoliorum exLrapendente; Dill. , EUh., ^33 , t. 25i, 
f. 323. Ses tiges sont simples, anguleuses, hautes d'un pied 
et demi , garnies de feuilles ovales-lancéolées, pointues, d'un 
vert gai , un peu pétiolées , la plupart alternes. Ses fleurs sont 
dioïq^ues, pédicellées, d'un vert blanchâtre, violettes dans 
leur centre , disposées deux à cinq ensemble sur un petit 
tubercule écailleux, et au milieu de la surface inférieure des 
feuilles. Cette espèce croit naturellement sur les collines en 
Italie. Quelques auteurs ont cru que c'étoitle laurier dont on 
couronnoit, dans l'antiquité, les vainqueurs et les poètes. 

FaAGON hyvoglosse: Ruscus hjpoglossum .L'inn., Spec, 1474; 
Laurus alexandrina, Clus., Hist,, 278. Cette CvSpèce ressemble 
beaucoup à la précédente ; mais elle en diffère par ses feuilles 
plus alongées , moins larges , et surfout parce qu'elles portent , 
vers le milieu de leur surface supérieure, une languette dans 
l'aisselle de laquelle naissent les fleurs. Cette plante croit 
naturellement clans les lieux ombragés des moatagnes, en 
Italie , en Hongrie, etc. 

Fragon androgyn : Ruscus androgynus , Linn., Spec, 1474 ; 
Ruscus latifolius e foliorum sinu Jlorifer et haccifer , DIU. , 
Elth. , 352 , t. 235 , f. 322. Ses tiges sont sarmenteuses , hautes 
de cinq à six pieds, divisées en rameaux garnis de deux rangs 
de feuilles alternes , ovales, pointues, luisantes , d'un vert 
gai, portées sur un pétiole très-court et un peu contourné. 
Les fleurs sont androgynes ou monoïques, blanchâtres ou 
jaunâtres, pédicellées et disposées six à douze ensemble dans 
les crénelures latérales des feuilles. Cet arbrisseau est origi- 
naire des îles Canaries, et il est cultivé dans les jardins de 
botanique. On le rentre dans l'orangerie pendant l'hiver. 

Fragon a grappfs : Ruscus raceinosus , Linn., Spec, 1474; 
Jjiurus alexandrina angustifolia ramosà, fructu ad extremum 
racemoso , Moris. j Hisl. 5 , p. 64 1 , sect. 1 3 , t. 5 , f. 4 . Ses tiges 



FRA 343 

sont grêles, flexibles, frès-ramcuses , liantes de trois à quatre 
pieds, oarnies de feuilles alternes, lancéolées, luisantes, 
presque sessiles. Ses fleurs sont petites, globuleuses, herma- 
phrodites, vcrdàtres ou blanchâtres, et disposées au sommet 
des rameaux eu grappes peu garni'.-s. Cette espèce croit 
naturellement dans les ilcs de l'Archipel. 

Les deux autres espèces de fragonsoiit encore peu connues; 
elles ont été trouvées au cap de Boane-Espérance par Thun- 
berg, qui les a désignées sous les noms deruscus reticulalus et 
de ruscus volubilis. ( L. D.) 

FRAGOSA. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs 
complètes , polypélalées, de la famille des ombellifères , de la 
pentandrie di^j'nie de Linna^us , très-voisin des azorella , auquel 
il conviendroit peut-être de le réunir. Il ofifre pour caractère 
essentiel un involucre à cinq ou huit folioles; un calice à cinq 
dents aiguës , persistantes ; cinq pétales inégaux , réfléchis ; deu^c 
styles. Le fruit est composé de deux semences ovalesj planes , 
comprimées, marquées de trois stries. 

Ce <^enre comprend les espèces suivantes découvertes au 
.Pérou, sur les hautes montagnes des Andes. 

Fragosa A coRYMBES ; Fnigosa corjmbosa, Ruiz et Pav. , 
.Flor.Per., 3, pag. 27, tab. 260. Cette espèce a le port d'un 
lYcopodiiim. Ses racines sont fusiformes; ses tiges hautes de 
deux pouces, dichotomes; les rameaux réunis en forme de 
corymbe; les feuilles imbriquées, triûdes , cunéiformes, pi- 
leuses à leurs deux faces; les terminales ouvertes en étoile., 
renfermant daris leur centre des tleurs sessiles, en ombelle, 
au nombre de deux ou quatre ; la corolle d un blanc jaunâtre. 
Fragosa épineux : Fragosa spinosa , Fl.Per., 1. c. Ses tiges 
sont couchées, nombreuses, réunies en touftes gazooneuses,, 
rameuses, cylindriques, garnies de feuilles sessiles , cunéi- 
formes, à trois, quelquefois à cinq ou sept pointes en forme 
d'épines. Los fleurs sont disposées en une ombelle simple, 
presque sessile ; Tinvolucre composé de huit folioles subulées 
et ciliées. Quelques fleurs stériles se trouvent parmi les fleurs 
fertiles, de la longueur de l'iiivolucre. Cette plante croît au 
Chili, aux lieux arides et parmi les buissons. 

Fragosa découpé ; Fragosa multijîda, FI. Pcr.,l. c. , tab. 249, 
fig. a. Ses racines perpendiculaires et profondes produisent 



344 FRA 

une tige courte, rampante, presque dichotome; les rameaux 
cylindriques , produisant de petites racines capillaires. Les 
feuilles sont longues de trois lignes, nombreuses, ovales, cu- 
néiformes , profondément incisées, parsemées en dessus de 
longs poils blancs , glabres en dessous ; les pétioles comprimés 
et ciliés ; l'ombelle simple , peu garnie ; les folioles de l'invo- 
lucre subulées ; les pédicelles très-courts , un peu compri- 
més ; les corolles blanches ; les semences ovales, d'un jaune 
obscur. 

Fragosa a feuilles crénelées ; Fragosa crenata , FI. Per. , 
1. c. , tab, 2/49 , fig. c. Cette espèce a des tiges courtes, pi- 
leuses, divisées en rameaux étalés, munis de petites racines 
fibreuses; les feuilles sont nombreuses, pétiolées, presque 
rondes, cunéiformes , pileuses à leurs deux faces, ciliées, à 
crénelures aiguës : les pétioles au moins de la longueur des 
feuilles, élargis à leur base. Un pédoncule unique supporte 
une ombelle simple , composée d'environ quatorze fleurs pédi- 
cellées ; Tinvolucre à huit découpures linéaires-lancéolées; les 
corolles blanches ; les semences purpurines. 

Fragosa a racines rameuses ; Fragosa cladorhiza , FL Per. , 
I. c. , tab. 260, fig. b. Ses tiges sont très-courtes , rameuses, 
munies de racines épaisses, très-ramifiécs; les feuilles imbri- 
quées, pétiolées, cunéiformes, crénelées, obtuses, un peu 
mucronées , longues de six lignes , luisantes en dessus ; les 
pétioles, comprimés , ailés à leur base, très-pileux ; l'ombelle 
simple, terminale, presque sessile ; l'involucre composé de 
plusieurs folioleslancéolées, pileuses, ciliées; toutes les fleurs 
fertiles; le fruit orbiculaire, un peu comprimé. 

Fragosa a feuilles en rein ; Fragosa reniformis , FI, Per. , 1. c. 
tab. 249 , f. b. Ses racines sont épaisses , fusiformes , un peu ra- 
meuses; les feuilles remarquables par leur grandeur e4 leur 
forme ; elles sont toutes radicales , longuement pétiolées , ré- 
niformes, presque orbiculaires , crénelées à leur contour, pi- 
leuses, ciliées , longues d'environ un pouce et demi; il n'y a 
point de tige. Du milieu des feuilles s'élève un pédoncule court, 
terminé par une ombelle simple, à fleurs blanches, toutes fer- 
tiles ; l'involucre composé de plusieurs folioles linéaires, pres- 
que aussi longues que l'ombelle; les semences brunes, ovales, 
comprimées, striées. (Poir.) 



FRA 345 

FRAGOUSTA, Frambouesa (Bot.), noms vulgaires du fram- 
boisier, dans le Languedoc, selon M. Gouan. (J.) 

PRAGUE (Bot.), ancien nom françois de la fraise. (L. D.) 

FRAGUM. (Bot.) Voyez Fraga. (L.D.) 

FRAI ou Fray. (Bot.) On donne vulgairement ce nom au 
frêne dans quelques cantons. (L.D.) 

FRAI DES GRENOUILLES, DES CRAPAUDS. {Erpétol.) 
On appelle ainsi les œufs de ces reptiles batraciens. Voyez 
Batraciens, Crapaud, Grenouille. (H. C.) 

FRAI DES POISSONS. [Ichthyol.) On appelle ainsi les œufs 
des poissons. Voyez Poisson. (H. C.) 

FRAIÈRE. {Bût.) La fraise portoit anciennement ce nom. 
(L.D.) 

FRAILECITOS. ( Ornith. ) Les Espagnols de Saint-Do- 
mingue , voyant le pluvier à collier, charaârius hiaticulay 
Linn. , habillé de noir et de blanc , comme leurs moines , lui 
ont donné cette dénomination. (Ch. D.) 

FRAILILLOS. (Bot.) Ce nom espagnol, qui signifie /rafer- 
culus, petit- frère, a été donné à l'arum arisarum, probable- 
ment, selon Dalechamps, parce que la spathe qui entoure ses 
fleurs présente la forme d'un petit capuchon de moine. (J.) 

FRAISE. (Bot.) C'est le fruit du fraisier. (L. D.) 

FRAISE ( Con,c/y'/.), nom marchand de deux espèces de 
cardium, le cardium fragarium et le eardium unedo , à cause 
des petits tubercules rouges dont elles sont ornées. (De B.) 

FRAISE (Ornith.) , nom donné à' une caille de la Chine, 
telrao sinensis, Linn., et perdix sinensis, Lath. , à cause d'une 
fraise blanche qu'elle a sous la gorge. Cet oiseau est figuré 
dans les planches enluminées de Buffon , sous le nom de 
caille des Philippines. ( Ch. D. ) 

FRAISE ANTIQUE. (Entom.) C'est le nom que GeoEFroy a 
donné à une petite espèce de punaise qui vit en société suc 
les feuilles de poirier. C^est Facanthie du poirier, décrite 
pag. 104, n." 12, dans le premier volume de ce Dictionnaire. 
(CD.) 

FRAISÉE (J5of.) , nom vulgaire du diotis deM.Desfontaîncs. 
(H.Cass.) 

FRAISÉES. (Bot.) Dans un mémoire de Guettard, faisant 
partie du Recueil de l'Académie des Sciences, année i74S> 



546 FRA 

on trouve, p. 417, ce nom Trançois donné au gnaphalium de 
Linnaeus. (J.) 

FRAISERAT. {Bot.) On donne ce nom, dans le midi de la 
France, nu fragaria sterilis de Linnaeus, rapporté maintenant 
au genre Potenlillf. (L. D.) 

FRAISETTE. (Concliyl.) Dénomination assez rarement em- 
ployée pour désigner le turbo delpliinus de Linn.; type du 
genre Dacphinule. Voyez ce mot. (De B.) 

FRAISIER ( Bof. ), fVûtgaria , Linn. Genre de plantes di- 
cotylédones, de la famille des rosacées, Juss. , et de la polyan- 
drie poiygynie , Linn., dont les principaux caractères sont les 
suiA^ans : Calice monophylle , persistant, à dix découpures al- 
ternativement plus grandes et plus petites; cinq pétales ovales 
ou arrondis, ouverts, insérés sur le calice-, vingt étamiues ou 
plus , ayant leurs filamens plus courts que les pétales , et atta- 
chés comme eux sur le calice ; ovaires très-nombreux, rassem- 
blés en tête sur un réceptacle convexe, et munis chacun d'un 
style latéral, à stigmate tronqué; graines portées sur le récep- 
tacle qui devient succulent , bacciforme, coloré , et qui tombe 
à la maturité des fruits. 

Les fraisiers sont des plantes herbacées , vivaces, à tige très- 
basse, dont les feuilles sont presque toutes radicales , compo- 
sées le plus souvent de trois folioles, portées sur un pétiole 
assez long et muni de deux stipules adnées de chaque côté de 
sa base, et dont les fleurs sont disposées en bouquet terminal , 
sur des pédoncules souvent divises. 

Les botanistes ne son^ pas d'accord sur le nombre des es- 
pèces contenues dans ce genre. Linnaeus en avoit établi trois ; 
Willdenow en porta depuis le nombre à huit ; mais M. de 
Lamarck et la plupart des auteurs françois , d'après M. Du- 
chesne qui a fait une élude particulière des fraisiers, les ont 
en général réduits à deux espèces seulement , en rapportant, 
il est vrai , \c fragaria sterilis de Linnasus aux potentiiles, et 
en subdivisant leurs deux espèces en de nombreuses variétés. 
Ne trouvant pas de meilleur guide que le travail de M. Du- 
chesne, nous allons en donner ici l'abrégé, d'après l'Encyclo- 
pédie méthodique et le Dictionnaire d'Agriculture. 

Fraisier commun : Fragaria vesca , Linn. ,Spec., 708 -, Fragaria, 
Jjîackw-, Herb.^t. 77. Sa racine est une petite souche demi- 



FRA 'Hi 

ligneuse, d'un brun roiigeàtre , divisée inférieurement en 
plusieurs fibres menues et nombreuses ; elle produit une toulTe 
de feuilles longuement pétiolées, composées de trois folioles 
ovales, fortement dentées, d'un vert gai en dessus, soyeuses 
et blanchâtres en dessous. Le collet de la racine donne nais- 
sance à plusieurs jets grêles, fort longs, rampans, prenant 
racine et poussant des feuilles de distance en distance , ce qui 
par la suite forme autant de nouveaux pieds qui multiplient 
la plante. Du milieu des fe\iilles naissent une, deux ou trois 
tiges simples, grêles, soyeuses, hautes de quatre à six pouces, 
portant, à leur sommet, quatre à six fleurs ou plus , blanches, 
pédonculées et disposées en une sorte de corymbe. Après la 
floraison, le réceptacle prend de l'accroissement, acquiert 
une consistance pulpeu#et succulente, et devient une sorte 
de fruit orrlinairement d'un rouge vermeil , connu sous le 
nom de fraise. Cette plante crpit naturellement dans les bois 
taillis et les buissons ; elle fleurit eu avril et mai; ses fruits sont 
mûrs en juin et juillet. 

La substance de la fraise est une pulpe très-odorante , lé- 
gère , poreuse, fondante, et cependant peu aqueuse. L'in- 
fluence du sol et du climat se fait très-peu «entir sur cette 
espèce , qui se trouve la même dans toute l'Europe , et est en- 
core, au jugement des sens, intrinsèquement la même, mal- 
gré les différences que l'obseuvateur s'étonne de trouver entre 
quelques unes de ses races. L'inconstance est au contraire un 
des caractères des fraisiers de la seconde espèce. 

Les variétés reconnues par M. Duchesne dans le fraisier 
commun , sont les suivantes : 

Fraisier des Alpes, ou de tous les mois , ou de toute saison. 
La vivacité de la végétation est en quelque sorte la seule chose 
qui distingue ce friKsier de celui de nos bois-, il est en fleur 
et en fruit dans les Alpes pendant toute la belle saison. Ap- 
porté du Mont-Cenis en France, en 1764, il y a produit 
quelques sous-variétés, tant pour la couleur blanche ou rouge 
pâle du fruit, que pour sa forme. Cultivé dans les jardins , il 
donne des fleurs même en hiver, et ne cesse de porter des 
fruits que pendant les gelées. Les jeunes pieds produits par 
les courans fleurissent souvent avant d'avoir pris racine , 
et ils peuvent servir à multiplier la plante ; mais ce fraisier a 



548 FRA 

toujours bien plus de vigueur lorsqu'on l'élève de graines. En 
le semant sur couches tt sous châssis à la fin de Janvier, il 
produit abondamment dèsl'ajitomne , et recommence au prin- 
temps suivant jusqu'à la fin de l'été. 

M. Villemorin, dans le Suplément au Bon Jardinier pour 
l'année actuelle (i 820) , vient de faire connoître une nouvelle 
variété provenant du fraisier des x^Vlpes, et obtenue de se- 
mences. Cette nouvelle variété, à laquelle il donne le nom de 
fraisier des Alpes, sans filets, forme des touffes arrondies, 
comme la variété anciennement connue sous le nom de frai- 
sier-buisson , recherchée jusqu'ici par cette seule qualité, qui 
la rendoit propre aux bordures, quoiqu'elle fût d'ailleurs 
médiocre en fruits . et peu productive. La nouvelle variété sera 
plus précieuse, puisqu'au mérite du ||aisier buisson elle joint 
toutes les qualités de la fraise des Alpes. 

Fraisier des bois. Cette race croît naturellement dans toute 
l'Europe, et surtout dans les régions septentrionales; elle se 
plaît particulièrement dans les bois taillis. Le parfum de la 
fraise des bois égale celui de la fraise des Alpes , et surpasse 
celui de toutes les autres variétés; mais on lui reproche de 
n'avoir pas assez d'eau , surtout lorsqu'elle est sauvage. Cul- 
tivée , elle devient plus grosse , quelquefois anguleuse , et alors 
creuse et un peu moins parfumée. Ce fraisier, élevé de graines, 
ne fleurit que laseconde année, ainsi que la plupart des autres 
fraisiers. Il a une variété à fruit blanc, qui a un peu moins de 
parfum. 

Ï'raisier d'Angleterre, ou Fraisier à châssis. Cette variété 
réussit mieux que les autres sous les châssis, parce qu'elle est 
plus basse. Son fruit est bien arrondi, très-parfumé et d'une 
couleur foncée. Sa sous-variété blanche est la plus estimée; 
son fruit, qui a une nuance ambrée, est en outre très-luisant 
et d'un goût fin. 

Fraisier pressant, ou Fraisier de Montreuil. Cette variété 
est l'opposé de la précédente. Plus haute , plus forte que le 
fraisier des bois , son feuillage est plus blond , et ses fruits sont 
plus pâles, alongés ; les plus gros aplatis, anguleux et comme 
cornus. 11 s'en trouve aussi à fruit blanc, et on en distingue 
encore une autre sous-variété qui produit moins, mais dont 
îa fraise est haute en couleur, très-anguleuse, et se nomme la 



FRA 549 

grosse noire. On lui donne par erreur, à Paris, le nom de ca- 
peron, et on l'estime peu, parce qu'elle est creuse et fade. 
Le fraisier fressant est presque le seul dont les fruits se trouvent 
dans les marchés de Paris. On en fait des pépinières en plein 
champ dans plusieurs villages voisins de Montlhéri, et dans les 
bonnes terres de Montreuil , Bagnolet , Romain ville , et autres 
lieux voisins. 

Fraisier buisson, Fraisier sans coulans. Celui-ci forme des 
touffes très-fortes, sans produire des coulans ou rejets ram.- 
pans, à la manière de toutes les antres variétés. U paroît être 
originaire du Maine ; son fruit est alongé , médiocrement 
gros, assez bon, mais rarement abondant. On en a obtenu 
une sous-variété à fruits blancs. 

Fraisier a feuilles simples, ou Fraisier de Versailles; Fraga- 
ria monophjlla. Linn. , Sjst., i3 , p. 34g. La race de ce fraisier 
s'est formée à Versailles, en 1761 , par un premier individu 
né dans un semis de fraisier des bois, et elle s'est depuis propa- 
gée constamment par ses filets ; elle s'est même reproduite par 
ses graines, mais en donnant aussi naissance à quelques indi- 
vidus remontés à l'espèce primitive. Au reste, ce fraisier est 
foible dans toutes ses parties, et ne produit communément 
que des feuilles simples. Il est plus propre qu'un autre à for- 
mer une tige, en supprimant ses feuilles inférieures avant 
le temps où elles périroient. Cette culture lui donne même 
de la vigueur, et lui fait produire beaucoup de fruits, mais 
qui sont alongés, quelquefois anguleux et toujours petits. Ou 
en a obtenu une sous-variété à fraises blanches. 

Fraisier double. Ses fleurs ont vingt-cinq à trente pétales 
disposés sur cinq à six rangs , et seulement cinq à six étamines. 
Il arrive à quelques fleurs de produire, entre les divisions 
du calice, d'autres fleurs sessiles ou pédiculées., incomplètes, 
mais qui nouent cependant, et forment par leur réunion des 
fruits monstrueux en couronne ou en trochet. Les Bauhin 
n'ont point connu le fraisier à fleurs doubles; Simon Paulli 
l'a annoncé en 1640, comme nouveau , à Copenhague. 

Fraisier de Plymouth, ou Fraisier-arbrisseau à fleur verte et 
fruit épineux. Cette variété monstrueuse, trouvée à Plymouth, 
par Tradescant, vers 1620, a été cultivée pendant soixante à 
quatre-vingts ans dans les jardins de botanique de l'Europe, 



350 FRA 

où l'on a fini par la négliger et la perdre. Ses feuilles étoieni 
velues, ses tiges fortes, et elles ne portoient que desfleurssans 
pétales, dont les dents du calice, devenues foliacées, for- 
moient toute la fleur, à laquelle succédoit un fruit difforme , 
acerbe , ayant à peine le goût de fraise. 

Plusieurs des variétés du fraisier commun se multiplient 
d'une manière assez constante parleurs graines, pour qu'on 
puisse employer ce moyen de propagation , qui produit tou- 
jours des individus d'une végélation plus vigoureuse. Le frai- 
sier des Alpes est celui dont les cultivateurs et les jardiniers 
font le plus habituellement des semis; mais le fraisier fressant 
est constamment propagé pàrses courans dans les pépinières. 
Tous peuvent se diviser en ailletons comme le fraisier- buis- 
son , qu'on ne peut multiplier d'une manière assurée que par 
ce moyen. Pour se procurer le fraisier des bois, on se con- 
tente le plus souvent d'en faire arracher du jeune plant, au 
printemps ou à l'automne, dans les endroils où il croît na- 
turellement, et dans les cantons qui passent pour produire 
les fraises les plus parfumées. 

On cultive les fraisiers en planches ou en bordures, et 
sous châssis. La culture en planches est principalement celle 
des cultivateurs en grand , qui destinent leurs fruits à être 
vendus dans les marchés des villes, et surtout dans ceux de 
la capitale. On donne de préférence aux planches des frai- 
siers l'exposition du levant, et on les met à l'abri du midi 
par un mur ou par des paillassons. 

Dans les petits jardins, on plante le plus souvent les fra'i- 
siers en bordures; celles-ci exigent beaucoup desoins, parce 
que, sans cela, les coulans, qui sortent de chaque pied, 
couvriroient en peu de temps toutes les plates-bandes voi- 
sines. 11 faut donc supprimer soigneusement tous ces rejets 
rampans plusieurs fois dans le courant de chaque été, et en 
multipliant les binages et les arrosemens, ces bordures don- 
neront de bonnes récoltes. 

C'est le fraisier d'Angleterre qu'on cultive pour avoir des 
fruits pendant l'hiver, et des primeurs. Il se plante en pot 
plus tôt ou plus tard, suivant l'époque à laquelle on veut le 
placer sur couche. Les pieds qu'on y destine pour l'hiver, se 
plantent au printemps , deux: à trois ensemble dans le même 



FRA 35i 

pot, et les vases dans lesquels on les a placés, s'enterrent à 
l'ombre et au nord jusqu'au moment où l'on veut les chauffer. 
On a soin en outre de ne leur donner que peu d'eau , et 
de supprimer toutes les fleurs qui voudroient paroitre. A 
l'autoaine on les dépote ; on retranche une portion de leurs 
vieilles racines, et on renouvelle en partie leur terre; aiirès 
quoi on les place sous châssis et sur une couche tempérée. 
Four avoir des primeurs on ne plante ces Irai.siers en pot qu'à 
lautomue , et on les tient dans une oraiigi-rie, ou enferrés en 
pleine terre, mais en ayant soin de les couvrir pendant les 
gelées, jusqu'à ce que ce soit le tem^^s de les placer sur 
couche el sous chàisis. 

Une saveur exquise, un parfum agrrable rendent la fraise 
un des meilleurs fruits de nos climats. C'est peut-être en 
cueillant les fraises une à une sur leur tige, et en les man- 
geant de même, qu'on goûte le mieux la finesse de leur par- 
fum ; celles surtout qu'on trouve sauvages au milieu des bois, 
quoique plus petites que celles des jardins, l'emportent, pour 
beaucoup de personnes, sur ces dernières, par l'excellence 
de leur goût et de leur odeur. Dans les villes et chez les gens 
aisés, les fraises se servent au dessert , et on les mange s;iupou- 
diées de sucre et arrosées d'un p^u de vin. Ainsi assaisonnées, 
elles sont plus faciles à digérer; car, naturellement froides, 
elles donnent quelquefois des coliques aux personnes qui en 
mangent en trop grande quantité. 

Le suc exprimé des fraises, auquel on ajoute de l'eau et 
du sucre, fait une boisson agréable et très- rafraîchissante , 
propre à apaiser la soif, et qu'on peut employer avec avan- 
tage dans les maladies inflammatoires. Les limonadiers , les 
distillateurs , les confiseurs préparent avec les fraises , ou avec 
leur suc, des glaces, des liqueurs, des pastilles, etc. Ce suc 
acquiert, ])ar la fermentation, une saveur vineuse; mais il ne 
se conserve pas et passe facilement à l'état d'acide, et l'on 
peut en faire alors une sorte de vinaigre. Dans le premier état 
on en obtient de l'alcool par la distillation. 

Les fraises sont peu employées comme médicament, quoi' 
qu'on puisse, comme nous l'avons dit plus haut, faire avec 
leur suc une tisane très-rafraîchissante , et quoiqu'on leur ait 
attribué plusieurs autres propriétés. Ainsi le célèbre Linneeus 



S52 FRA 

assure être parvenu, parTusage des fraises , à se guérir d'une 
goutte qui lui avoit fait éprouver de violentes douleurs pen- 
dant plusieurs années; et Gesner, ainsi queBoerhaave, n'a pas 
craint d'avancerqu'elles peuvent être employées avec avantage 
contre les calculs de la vessie. 

Les feuilles et surtout les racines de fraisier sont plus sou- 
vent employées en médecine que les fruits; elles sont diuré- 
tiques et apéritives. 

Les chèvres et les moutons mangent assez volontiers le? 
feuilles du fraisier ; mais les vaches s'en accommodent diffici- 
lement, et les chevaux n'en veulent point du tout. 

Fraisier cATEKOfiiER; Fragaria polymorpha, Duch. Cette se- 
conde espèce diffère du fraisier commun , par ses étamines 
plus longues , par ses ovaires plus gros et plus rares ; par son 
fruit adhérent au calice, dont la peau est moins colorée que 
les graines, et dont la pulpe, plus solide, plus juteuse, ne se 
dessèche pas complètement. M. Duchesne divise toutes ses 
variétés en quatre races principales , sous les noms de ma- 
jaufes, breslinges , caperoniers et quoimios. 

Les majaufes semblent faire la nuance entre les fraisiers 
proprement dits et les breslinges. La couleur des feuilles, 
leur substance, la petitesse des fruits, leur pulpe tendre et 
fondante , et leur couleur d'un rouge foncé les rapprochent des 
fraisiers : mais ils tiennent des breslinges par leurs rameaux 
grêles et alongés-, parla multiplicité et par la disposition des 
coulans; par Palongement des pointes du calice, qui s'ouvrent 
moins et se resserrent sur le fruit; par l'eau abondante dont 
est remplie la pulpe. 

On connoît deux variétés dans les majaufes : nous n'en don- 
nerons ici que les noms, ainsi que des autres variétés du ca- 
peronier, parce que leur description nous entraîneroit trop 
loin j ces variétés des majaufes sont : i". le majaufe de Cham- 
pagne , ou la fraise vineuse de Châlons; 2°. le majaufe de 
Provence, ou le ffaisier de Bargemont, ou la fraise à étoile. 

La culture des majaufes ne diffère pas de celle des 
fraises. 

Les breslinges , qui forment la seconde division dans la 
deuxième espèce , ont le feuillage d'un vert foncé, ferme; les 
conrans très-abondans: les fleurs sujettes à .couler; les fruits 



FRA 55i 

d'une couleur obscure ; les graines rares , très-grosses ; la pulpe 
ferme , mais juteuse et bien parfumée. 

On distingue sept variétés dans les breçlinges ; savoir :i.' le 
breslinge borgne, ou le fraisier coucou, ou le fraisier aveugle 
des Angloisj 2." le breslinge de Versailles, ou la fraise mi- 
gnonne ; 3." le breslinge noir ou d'Allemagne, ou fraisier à 
cinq feuilles ; 4." le breslinge de Bourgogne, ou la fraise-mar- 
teau ; 5." le breslinge de Longchamp, ou fraisier du bois de 
Boulogne ; 6.° le^breslinge d'Ecosse, ou fraisier vert d'Angle- 
terre ; 7." le breslinge de Suède, ou fraise-brugnon. 

Les trois premières variétés ne méritent point d'être cul- 
tivées-, les trois autres peuvent l'être, mais il faut une sur- 
veillance continuelle pour la destruction de leurs couraas. 
Le breslinge de Suède ne se trouve plus dans les jardins. 

Les caperoniers proprement dits, qui forment la troisième 
division, font des touffes très-fortes, dont les tiges sont plus 
longues que les feuilles ; leurs fleurs sont ordinairement 
dioïques , à calices courts, évasés, se recourbant sur les pé- 
dicules-, leurs fruits sont très-gros, à pulpe peu ferme. 

Les .variétés de cette division sont les suivantes : 1." le 
caperonier commun, le caperon, le fraisier haut -bois des 
Anglois j 2.° le caperonier-abricot , le caperonier abricoté , 
la fraise abricotée -, 3.' le caperonier- framboise , la fraise- 
framboise ; 4.° le caperonier parfait. 

La dernière variété est la plus commode à cultiver, parce 
qu'elle est hermaphrodite comme les autres fraisiers ; mais le 
caperonier-framboise, quoique son fruit soit moins gros que 
celui du caperonier parfait, est plus ordinairement préféré, 
parce qu'il est plus fondant et plus parfumé. Le boursoufle- 
ment de la pulpe entre les graines le rend difficile à trans- 
porter sans le flétrir. Il se passe du màle de sa propre variété, 
quand on le place dans le voisinage du caperonier parfait. 
Les pieds des caperoniers doivent être espacés beaucoup plus 
que ceux des autres fraisiers , et ils ont besoin qu'on sou- 
tienne leurs fruits. 

La quatrième division du fraisier-caperonier comprend six 

variétés désignées par M. Duchesne , sous le nom général de 

quoimios, et chacune en particulier sous les noms suivans; 

1.° le quoimio de Virginie; la fraise écarl ie de Virginie ou 

}7' 23 



354 FRA 

de Canada, le caperon ; 2." le frutiller, la fraise tlti Chili; 
3.° le quoimio de Harlem, la fraise-ananas ; 4.° le quoimio- 
Cerise, la fraise de Caroline, la fraise-ananas de Paris, la 
fraise - bi «carreau ; 6." le quoimio de Cantorbéry , la fraise- 
quoiinio ; 6." le quoimio de Bath , la fraise de Bath , l'écarlale 
double, l'écarlate de Batli. 

Les quoimios en général ont pour caractère commun de 
grandes dimensions dans presque toutes leurs parties; des 
feuilles non plissécs, de substance ferme, et d'une couleur 
verte bleuâtre ; des fleurs à six divisions, ou souvent plus ; 
un ca'ice grand, peu évasé, se refermant sur le fruit , dont 
la pulpe est légère et juteuse. Ces plantes sont originaires 
de rAmérique. 

Tons les quoimios ont besoin d'être espacés comme les ca~ 
peroniers , excepté cependant le frutiller, qui est moins grand , 
quoique ses fruits soient plus gros. ( L. D. ) 

FRAISIER EN ARBRE (Bot.) , nom vulgaire de l'arbou- 
sier une lo. (L. D. ) 

FRAISIER DE L'INDE. {Bot. ) Voyez Duchesnea fraisier, 
vol. i5 , V,. 5^5. (L. D. ) 

FRAISIER DE MONTAGNE. (Bo^) Les Provençaux donnent 
ce nom à l'arbousxer unédo. (L. D.) 

FRAISIER STÉRILE. {Bot.) Voyez Potentille fraisier. 
(L.D.) 

FRAISSE ou Fraysse. (Bot.) En Languedoc on donne ce 
nom au frêne, et on appelle fraissine un terrain planté en 
frênes. (L. D.) 

FRAISSINETO. {Bot.) La pimprenelle porte ce nom en 
Languedoc. ( L. D.) 

FRAMBOISE. {Bot.) C'est le fruit du framboisier. (L.D. ) 
FRAMBOISIER {Bot.), nom vulgaire d'une espèce de 
ronce, rubus idceus , Linn. Voyez Ronce. ( L. D.) 
FRAMBOUELA. {Bot.) Voyez Fr^golsta. (J.) 
FRANCA. {Bot.) Le genre que Micheli avoit établi sous ce 
nom, en mémoire du botaniste Francus de Frankenau, a été 
ensuite nommé /ranfcenm parLinnseus. (J.) 

FRANCBASIN {Bot.), nom vulgaire d'une espèce de basilic, 
Qcimum. (J.) 

FRANCELLO ( Ornith.), nom donné par les EspHgnols. 



FRA 355 

suivant Gesner et AWrovande, au mâle de l'épervier com- 
nmn , falco nisus , Linn. ( Ch. D. ) 

FRANC-RÉAL. (Bot.) C'est une vari'étp de ï^oire. (L.D.) 

FRANCHE- BARBOTTE {IchthjoL), nom vulgaire d'un 
poisson de nos ruisseaux, lequel est décrit à l'article Cûbite, 
genre auquel il appartient. (H. C.) 

FRANCHIPANE. {Chim.) Ce n'est, à proprement parler, 
que l'extrait de lait obtenu en faisant évaporer ce liquide au 
bain-marie. (Ch.) 

FRANCHIPANE ( Bot. ) , nom d'une variété de poire. 
(L.D.) 

FRANCHIPANIER , Plumeria. {Bof.) Genre de plantes dico- 
tylédones, à fleurs complètes, monopétalécs , régulières, de- 
là famille des apoc^aiées , de la pentandrie moiiogjnie de 
Linna'us, offrant pour caractère essentiel : V,u calice très-j)etit, 
à cinq divisions peu profondes ; une corolle infuiidibuliforine^ 
le tube grêle, alongé, l'orifice nu; le liuihe aaipie, contourné, 
à cinq divisions obliques, étalées; cinq étamincs; les anthères 
conniventes ; un ovaire supérieur, bifide, entouré à sa base 
d'un anneau charnu: le style bifide. Le fruit est composé de 
deux longs follicules, un peu ventrus, étalés horizontalement, 
uniîoculaires , s'ouvrarit d'un seiil' côté , contenant des se- 
mences nombreuses , côinprimées, membraneuses à un de 
leurs côtés, imbriquées sur un placenta libre. 

Ce genre , très - rapproché des cameraria et des nerium , 
comprend des arbres et arbrisseaux laiteux , remarquables 
par leurs belles et grandes fleurs réunies en corymbes ter- 
minaux, la plupart exhalant une odeur très-agréable; les 
feuilles sont grandes, alternes, entières, éparses, ou ra- 
massées au sommet des rameaux. Quelqtîes espèces sont cul- 
tivées, comme plantes d'agrément , dans les jardins de bota- 
nique. Elles exigent la serre-chaude, et se multiplient assez 
facilement de boutures, vers la fin du printemps, dans des 
pots mis sur couche et sous châssis: Elles veulent une terre lé- 
gère, plutôt sèche qu'humide ; des arrosemens peu fréquens : 
elles donnent des fleurs au bout de cinq à six aiTs , lorsqu'on Its 
tient constamment dans la tannét-, La liqueur laiteuse qui 
sort des plaies lorsqu'on les coupe , est trés-corrosive. On 
distingue les espèces suivantes : 

23. 



3 56 FRA 

pRANCHiPAMEa ROUGE : Plumeria rubra , Lînn. ; Lamk. , lU. 
gen, , tab. 175, fig. 1 ; Jacq. , Amer., 55, et Icon. pict. , 23; 
Catesb., Car., 2, lab. 92; Ehret , Pict. , tab. 10; Trew ; 
Ehret , tab. 41. Arbre de quinze à vingt pieds, dont le bois 
est amer et jaunâtre; la cime ample, médiocrement rameuse ; 
les rameaux tortueux , couverts de cicatrices ; les feuilles 
éparses, rapprochées en touffes ou en rosettes, pétiolées, ovales- 
oblongues, planes, glabres, très-entières, longues de huit à 
neuf pouces sur trois de large ; les pétioles longs de deux. Les 
fleurs sont grandes, fort belles, rouges ou couleur de chair, 
et répandent une odeur très -agréable ; l'entrée de leur tube 
est couleur de safran, pileuse en dedans : les fruits composés 
de deux follicules longs d'un demi-pied , presque de l'épaisseur 
d'un pouce dans leur partie moyenne , et parsemés de tuber- 
cules qui rendent leur superficie raboteuse. Cet arbre croît 
dans l'Amérique méridionale : on le cultive aux Antilles, dans 
les jardins , à cause de la beauté de ses fleurs ; il y fleurit 
pendant presque toute l'année. Il est également cultivé au 
Jardin du Roi, ainsi que le suivant. 

Franchipanier blanc ! Plumeria alba , Linn.; Jacq., \Amer., 
tab. 174, fig. 12, et Icon. pict., tab. 38; Burm., Amer. ,Uih. 
'sSi; Commel. , Hori. , 2, tab. 24. [Arbre d'environ quarante 
pieds, dont le bois est blanc, moelleux; l'écorce cendrée et 
laiteuse-, les rameaux nus, terminés par une touffe de feuilles 
ovales-lancéolées, médiocrement acuminées, très-étroites à 
leur base , longues de douze à quinze pouces , larges de quatre , 
glabres et vertes en dessus, nerveuses et blanchâtres en des- 
sous , pubescentes sur leurs nervures. Les fleurs sont termi- 
nales , disposées en épis paniculés; le tube de la corolle long 
de neuf à dix lignes , ventru à sa base , jaune et pileux en 
dedans à son orifice; les filamens très-courts et pileux; les 
follicules longs de six pouces , d'un demi-pouce d'épaisseur, 
coriaces , noirâtres , lisses à leur superficie. Cet arbre croît 
aux lieux pierreux et maritimes de la Martinique. D'après le 
P. Nicolson , son suc laiteux est blanc , très-abondant , tache 
et brûle tout ce qu'il touche. On l'emploie pour la guérison 
des verrues, des dartres, des malingres ulcérés, et même pour 
celle des pians. Sa racine, prise eu tisane , passe pour apé- 
ritive. 



FRA 357 

Fhanchipanier a paniculbs : Plumeria obtma, Linn.; Lamk., 
m. gen., tab. 173 , fig. 2 ; Burm., Amer., tab. aSa ; Catesb. , 
CaroL, 2, tab. gS. Arbre d'une médiocre grandeur, dont les 
feuilles sont pétiolées, éparses et rapprochées au sommet de» 
rameaux , lancéolées, obtuses, un peu acuminées; les pédon- 
cules terminaux, divisés en un panicule corymbiforme ; 
leurs ramifications tuberculeuses. Cette plante croît dans 
l'Amérique méridionale. Lejlos convolulus de Rumph , Amh., 4 , 
tab. 38 , qu'on avoit d'abord rapporté à cette plante, ne doit 
pasy être réuni. C'est \e plumeria acuminata , Ait. , Hort. Kew.y 
td. ROf . , 1 , pag. 70 ; plumeria oblusa , Lour. , non Linn. Ses 
feuilles sont aiguës ; ses fleurs réunies en un corymbe presque 
ombelle. Cette espèce croît dans les Indes orientales. 

Franchipanibr a feuilles iAiOLLES : Plumeria mollis , Kunth, 
m Humb. et Bon pi. iVof. Gen., 3, pag. aSo. On pourroit 
peut-être considérer cette espèce comme une variété du plu- 
meria alla. Ses tiges sont rampantes ou couchées, rarement 
redressées; ses feuilles planes, pétiolées, en ovale renversé, 
aiguës, entières, cunéiformes à leur base, veinées, réticulées^ 
vertes et glabres en dessus, plus pâles en dessous, et cou- 
vertes d'un duvet mou, longues de six pouces et plus, larges 
de trois. La corolle est blanche, assez semblable à celle du 
plumeria alba. Cette plante croît dans l'île de Panumana. 

;M. de Lamarck cite , dans l'Encyclopédie , deux autres 
espèces de franchipanier : i ." le p/umeria retusa, rapporté par 
M. Sonnerai , de l'ile de Madagascar. Ses feuilles sont oppo- 
sées , ovales-cunéiformes , nerveuses , obtuses , presque ses- 
siles; les fleurs disposées en corymbes rameux. Cette plante 
paroit être la même que le lois- de -lait de l'Ile-de-France , 
Vantafara de Poivre ; 2." plumeria longifolia, arbre découvert 
par Commerson , à l'île de Madagascar, très-voisin du pré- 
cédent, dont il diffère par ses feuilles oblongues, étroites, 
aiguës, presque longues d'un pied, sans nervures apparentes; 
les fleurs sont disposées en un corymbe panieulé, terminal. 
On remarque , sous chaque ramification du corymbe, deux: 
petites écailles opposées, concaves. 

Les auteurs de la Flore du Pérou ont mentionné plusieurs 
autres espèces; mais comme la plupart sont cultivées dans les 
jardins du pays, il est à présumer que quelques unes ne sont 



358 YRK 

que âe& variétés, n'offrant d'ailleurs de différence essentielle 
que aans la couleur de leurs fleurs. On doit néanmoins distin- 
guer le plumeria purpurea , FI. Per. , 2 , tab. 1 37 , dont les fleurs 
sont purpurines , très-odorantes , bordées à leur orifice d'un 
liséré un peu jaunâtre, d'ailleurs plus petites que celles des 
autres espèces. Les feuilles sont ohlongues , ovales, un peu 
roulées à leurs bords. Duns le plumeria incarnafa, FI. Per., 2, 
tab. i38, les fleurs sont de couleur incarnate , jaunâtres dans 
leur disque, disposées en une cime presque ombellée -, les 
feuilles sont aiguës, plutôt ovales que longues. Le plumeria 
carinata , FI. Per. , l. c. , a des feuilles oblongues, ovales, 
acurainées , relevées en carène dans leur milieu , planes et 
souvent rougeàtres à leurs bords. La corolle est jaune en de- 
dans vers son centre, blanche en dehors, rougeâtre à ses 
bords. Outre ces espèces on cultive encore au Pérou le plu- 
meria tricolor , FI. Per., 2, tab. 139, très-belle espèce dont 
la corolle est rouge à son tube , d'un blanc lavé de rose à son 
limbe. Les feuilles sont oblongues, aiguës, veinées, planes à 
leurs bords. ( PorR.) 

FRANCISCAIN {ConchjL) , nom vulgaire françoisdu conus 
franciscarius , Linn. (De B.) 

FRANCK ( Ornith. ), un des noms allemands du grand-duc, 
strix buho , Linn. (Ch. D.) 

FRANCKLINITE. (Min.) M. Berthier a donné ce nom à 
un minéral composé d'oxide de fer, d'oxide de manganèse et 
d'oxide de zinc, qui a été trouvé près du lieu nommé Francklin , 
dans les Etats-Unis d'Amérique. On reviendra sur ce minéral 
à l'article Zinc Voyez ce mot. (B.) 

FRANCOA. ( Bot. ) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs 
complètes, polypétalées , régulières, de Voctandrie tétragjnie 
de Linnœus, dont le caractère essentiel est d'avoir : Un calice 
persistant, à quatre divisions profondes-, quatre pétales, huit 
étamines ; un ovaire libre, à quatre sillons; point de style; 
quatre stigmates courts ;. autant de capsules conniventes à leur 
base , relevées en carène ; des semences nombreuses , attachées 
aux sutures des carènes- 

FRAîico \ ArvBNDicvLÉ : Francoa appendiculata, Cav. , Icon. 
rar, , 6 , pag. 77, tab. 696. Cette plante a des racines dures, 
ligueuses , perpendiculaires, de la grosseur du petit doigt, 



FRA 359 

ratneuses et flexueuses : elles produisent plusieurs feuilles 
étiilées sur la terre, molles, (omcnteuscs , ovaks en creur , 
lobéts , longues d'environ quatre pouces sur trois de large ; 
les lobes obtus, deiiticults; les pétioles charnus, presque ai- 
lés, munis de chaque côté de deux ou trois petites folicles 
opposées, ovales, sesslles, denticuléef. De leur centre s'élève 
une tige, ou plutôt une hampe nue, longue d'un pied, rou- 
geàtre. velue, terminée par une ou deux grappes de fleurs 
pédicellées ; les pédioeltes courts, velus, accompagnés d'une 
bractée suLuléc. Le calice est velu; ses découpures lancéolées, 
aiguës ; la coroUe d'un rouge clair; les pétales trois fois plus 
longs que le calice , ovales, aigus, rétrécis en onglet; les fila- 
mens rougeâtres, plus courts que la corolle , insérés sur le 
réceptacle ; les anthères droites, à deux loges ovales; à la base 
des filamens, et entre chacun d'eux, on distingue un corpus- 
cule court et ovale. L'ovaire est libre , ovale : les stigmates 
sessiles , courts, planes, ovaJes, étalés. Le fruit est tétragone , 
à quatre sillons profonds, couronné par les stigmates, com- 
posé de quatre capsules conniventes , comprimées, navicu- 
laires , à une seule loge , s'ouvrant en deux valves au sommet 
et sur leur carène , contenant des semences nombreuses, fort 
petites, brunes, ridées, attachées le long de la suture des 
carènes. Cette plante croît dans l'île de Saint-Charles , au 
Chili. 

11 paroît que la plante nommée par le P. Feuillée , llaupanke 
awpUssiino sonchifolio , Observ. phys., 2 , pag. 742, tab. 3i , 
doit appartenir à ce genre, comme espèce distinguée de la 
précédente par ses feuilles sessiles, plus amples, les unes 
radicales, d'autres caulinaires, pubescentes , un peu blan- 
châtres, longues d'environ un pied, lobées, semées et denti- 
culées à ieur contour. 5es tiges sont feuillées, hautes de trois 
pieds, terminées par un épi de fleurs d'un rouge cramoisi , 
les unes a quatre, d'autres à six pétales, autant d'éfamines et 
de divisions au calice. Cette plante croit dans les montagnes 
du Chili. Willdenow l'a réunie au genre Panke de Molina. 
(PoiR. ) 

FRANÇOISE. {Entom.) Geoffroy a nommé ainsi une espèce 
de demoiselle à quatre taches sur les ailes, libellula quadri- 
macuLata. (C. D.) 



56o FRA 

FRANCOLIN. ( Ornith. ) Linnaeus a rëuni , sous la déno- 
tnination de tetrao , un grand nombre de gallinacés que des 
caractères particuliers permettoient de diviser en plusieurs 
genres ; et Latham , d'après Brisson , en a séparé les perdrix, 
perdix. M. Temminck a encore subdivisé les perdrix de La- 
tham en trois genres, savoir : ] ." les cailles, coturnix , dont 
les pieds sont tétradaclyles, et qui n'ont pas d'éperons; 2.°les 
crypfonix, également tétradactylcs , mais qui n'ont pas d'ongle 
au doigt postérieur ; 3.° les tridactyles de M. de Lacépède , qui 
manquent de pouce, et auxquels M. Temminck donne, d'a- 
près Reinwardt , le nom d'hemipodius. A l'égard des franco- 
lins , quoique leur bec soit plus long que celui des perdrix 
proprement dites, et que les éperons, qui n'existent que chez 
les mâles, soient plus forts, ces différences relatives n'ont 
point paru suffisantes pour les séparer génériquement des per- 
drix. La forme recourbée de la mandibule supérieure, qui , 
taillée en pioche, facilite aux francolins les moyens de dé- 
terrer les plantes bulbeuses , leur principal aliment, se re- 
trouve d'ailleurs chez les perdrix africaines, qui n'en sont 
pas moins de véritables perdrix; et l'absence des éperons chez 
les francolins femelles est une circonstance qui se rencontre 
également chez les femelles des perdrix. Malgré des diffé- 
rences frappantes dans les mœurs et les habitudes des per- 
drix proprement dites , qui vivent dans les champs , sans 
jamais se percher, et dans celles des francolins qui se plaisent 
<lans les lieux humides , et passent sur les arbres les nuits 
entières et une partie du jour, on ne peut donc les isoler 
jusqu'à ce que Ton ait trouvé des signes extérieurs plus 
frappans et plus exclusifs , qui sont indispensables d'après 
les principes sur lesquels nos méthodes sont établies. Ces 
oiseaux formeront ainsi une des sections du genre Perdrix. 

La dénomination de francolin a été donnée à des oiseaux 
étrangers à ce genre. Le francolin à poitrine rouge, d'Ed- 
wards, est la barge fédoa , scolopax fedoa , Linn. Son fran- 
colin blanc de la baie d'Hudson , est la barge blanche, que 
Linnaeus et Latham, ne considérant que lajforme de son bee 
un peu recourbé en haut, ont regardée comme une avocette, 
et nommée recurvirostra. alha , quoiqu'elle n'ait point les 
pieds palmés. Des voyageurs ont encore donné le nom de 



FRA 5ffi 

francolm duSpilzlerg à nn oiseau de la grosseur d'une alouette > 
qui se nourrit de vers gris et de chevrettes , et qui est vrai- 
semblablement un chevalier ou une alouette de mer. C'est le 
même qu'on appelle aussi coureur de rivage dans l'Histoire 
générale des Voyages, tom. i5 in-4% p. 226. (Ch. D.) 

FRANCOLINO. {Ichthyol.) A Rome, on appelle ainsi le 
pagel, sparus erj'thrînus, Linn. Voyez Pagre. (H. C.) 

FRANC -OSIER. (Bot.) Espèce de Saule. Voyez ce mot. 
(J.) 

FRANCOULO. (Ornith. ) Voy. Grandodle. ( Ch. D.) 
FRANCOURLIS. ( Ornith. ) L'oiseau qui est ainsi nommé 
dans Rabelais , est le courlis d'Europe, ou grand courlis, 
scolopax areuata , Linn. (Ch. D.) 

FRANC-PICARD. (Bot.) Dans le nord de la France, on 
donne ce nom à une variété du peuplier blanc. (L. D.) 

FRANGÉ. (Ichthyol.) On a donné cette épithète, comme 
nom spécifique, à un poisson, qui est le cjprinus Jimhriatus de 
Bloch, pi. CCCCIX, et que M. Cuvier fait rentrer dans son 
sous-genre Labi^on. Voyez ce mot. (H. C.) 

FRANGE BIGARRÉE , POURPRÉE. (Entom. ) Ce sont les 
noms que GeofiFroy a donnés à deux espèces de son genre 
Phalène ; l'une e&t la Jimhriata , et l'autre la tesselata. (CD.) 

FRANGÉE. (Ichthyol.) M. de Lacépède à donné le nom de 
frangée, raja Jimhriata, à une raie dont le dessin a été trouvé 
dans les papiers de M. de Montéclair, officier supérieur de la 
marine Françoise. Ce dessin avoit été fait sur un individu pris 
dans les mers d'Amérique , en 1 782 , et qui étoit long d'environ 
dix-sept pieds depuis le bout du museau jusqu'à l'extrémité de 
la queue , et large d'à peu près dix-huit pieds, de la pointe 
d'une nageoire pectorale à l'autre. Cette raie gigantesque a 
deux appendices particuliers sur le devant de la tête, ce qui 
doit la faire rentrer dans le genre Céphaloptère ; sa queue est 
très-déliée, et excède le tiers de la longueur totale; l'extré- 
mité latérale de chaque nageoire pectorale se termine en une 
pointe mobile à la volonté de l'animal. La partie supérieure 
du poisson est d'un brun noiràtrej Bartram paroit en avoir 
parlé sous le noiîi de grande raie noire, et dit que c'est un 
vrai fléau pour les pêcheurs de la côte de Géorgie. Voyeî 

CÉPHALOPTiEBE. (H, C.) 



362 FRA 

, FRANGOEL. (Ornith.) On donne, en Piémont, ce nom et 
ceux de frangoui et fringuel au pinson ordinaire , fringilla 
calebs. Linn. (Ch. D.) 

FRANGUELLO. ( Ornith. ) Ce nom, qui s'écrit aussi fren- 
guello , est donné en Italie au pinson ordinaire ,//Jngif/a cœ- 
lebs , Linn. ; et les dénominations de fringuel del re tt fringuel 
montano désignent particulièrement , dans le même pays , 
le gros'bec, loxia coccothraustes , Linn. Le terme de fringuel , 
avec l'addition d'in^'emengk, est aussi employé, dans les Alpes , 
comme dénomination du bouvreuil , loxia pjrrhula , Linn. 
(Ch. D. ) 

FRANGULA (Bot.), nom lafin de la bourgène ou aulne 
noir, que Tournefort distinguoit du nerprun, mais qui lui a 
été réuni par Linnœus sous celui de rhamnus frangula. On 
trouve encore dans Dalechamps un camerisier ( lonicera 
alpigena), cité sous les noms d'idcea feus et frangula. Ce 
dernier nom a aussi été donné au cassine maurocenia , par 
Dillen. (J.) 

FRANKÉNIE ou Franquenne (BoL); Frankenia.L'mn. Genre 
de plantes dicotylédones de l'hexandrie monogynie , Linn., et 
que M. de Jussieu regarde comme ayant de l'affinité avec la 
famille descaryophyllées. Ses principauxcafflctèreshontfravoir 
un calice monophylle , presque cylindrique, persistant, à cinq 
divisions ; une corolle de cinq pétales ovales-arrondis , à onglels 
canaliculés; cinq ou six étamines, plus courtes que les pétales-, 
un ovaire supérieur, surmonté d'un style à deux ou trois stig- 
mates; une capsule ovale, à trois valves, à une seule loge, 
contenant plusieurs graines très-menues. 

Les frankénies sont de petites pliintes herbacées et ligneuses, 
à tiges diffuses, à feuilles opposées, et à fleurs axillaires ou 
terminales. Elles ne présentent aucun intérêt, ce qui fait que 
sur neuf espèces connues nous n'indiquerons que les trois sui- 
vantes, qui croissent naturellement sur les bords de la mer, 
dans les parties méridionales de la France et de l'Europe. Des 
six autres, deux ont été trouvées au cap de Bonne-Espérance, 
deux en Barbarie, une dans l'Amérique méridionale, et la 
dernière dans la Nouvelle-Hollande. 

Frankénik lisse : Fran\enia lœvis, Linn., Spec, 473; Franca 
maritima , supiiia, aaxatilis , glauca , ericoides, sempervirens , etc., 



FRA 3(;5 

Mich., Gen., s5, t. 32,flg. i. S;i tige est menue, longue de 
quatre à six pouces, ordinairement couchée, très-r;imeuse , 
garnie de feuilles petites, nombreuses, linéaires, vertes, un 
peu ciliées à leur base. Ses Heurs sont axillaires et presque 
sessiles, ordinairement d'un ronge violet, quelquefoisblanches. 
Cette espèce est vivace ainsi que la suivante. 

Frankénie HÛB.issûF. : F ranlcenia hir su ta, Linn., Spec, 470; 
Franco, maritima , supina , multijlora , candida , etc. , Mich. , Gen. , 
93, t. 22, Kg. 2. Ses tiges rameuses et diffuses, comme dans 
l'espèce précédente, sont chargées de poils courts; la base de 
ses feuilles, et surfont les calices, sont hérissés de poils blancs; 
ses fleurs sont violettes, réunies deux à quatre ensemble au 
sommet des rameaux. 

Frankénie pulvérulente : Franhenia pulverulenta, Linn. , Spec, 
iijé^;AuthyLlis valenfina , Clus. , Hist. , CLXXXVJ, Ses tiges son(t 
longues de trois à six pouces, étalées, très-rameuses, garnies 
de feuilles petites, ovales, pétiolées , d'un vert blanchâtre, et 
comme chargées de poussière en dessous -, ses fleurs sont ses- 
siles, axillaires, petites et d'un pourprq clair. Cette plante est 
annuelle. (L.D.) 

FRANKLANDIE, Franklandia. (Bot.) Genre de plantes di- 
cotylédones , à fleurs incomplètes, de la famille desprotéacées, 
de la tétandrie monogjnie de Linna^us , offrant pour caractère 
essentiel : Point de calice ; une corolle hypocratériforme ; 
le limbe divisé eji quatre découpures profondes, planes, 
caduques ; quatre étamines non saillantes; des écailles réunies 
en gaine autour du pistil ; une noix pédicellée , fusiforme, 
dilatée et aigrettée à son sommet. 

Franklandie a feuilles de varec : Franlclandiafucifolia., Rob. 
Brown, Nov. Holl., 1, p. 370 ; et Rem. , ofTerr. Austr. , p. 72, 
tab. 6. Arbrisseau de la Nouvelle-Hollande, glabre sur toutes 
ses parties, parsemé de glandes en forme de pustules et d'un 
jaune orangé. Ses rameaux sont garnis de feuilles alternes, 
glabres, entières, dichotomes, filiformes, semblablesà celles 
de certaines espèces àcfucus. La fructification est disposée en 
épis simples, axillaires, point ramifiés, chargés de fleurs 
alternes, d'un jaune-sale, munies d'une bractée. La corolle est 
plane, tubulée, hypocratériforme à son limbe, à quatre di- 
visions profbndes ; elle renferme quatre étamines plus courtes 



3^4 FRA 

que la corolle; le pollen des anthères est sphérique ; le pî«tîl 
entouré d^écallles réunies en gaine : il lui succède une noix 
fusiforme, pédicellée , élargie et surmontée d'une aigrette à 
son sommet. Les cotylédons sont très-courts. (Poir.) 

FRANKLINIA. (Bot.) Genre établi par Marschall pour un 
arbrisseau de l'Amérique, que L'héritier a réuni au genre 
Gordoreia. Voyez Gordon. (PoiR.) 

FRANQUENNE. (Bot.) Voyez FRANKéNiE. (L.D.) 

FRANQUISE. (Ichthjol.) Suivant M.Noël, on donne, à 
Caen , ce nom à une variété de la Plie. Voyez ce mot. 
(H. G.) 

FRANSÉRIE, Franseria. (Bot.) [Corfmhifères, Juss.? Mo- 
noécie pentandrie , Linn.] Ce genre de plantes, établi par Ca- 
vanilles, dans la famille des synanthérées, appartient à notre 
tribu naturelle des ambrosiées, dans laquelle nous le plaçons 
entre l'amirosia et le xanthium. Voici les caractères que nous 
avons observés , au Jardin du Roi , sur le franseria artemi- 
sioides. 

Les calathides sont unisexuelles. La calathide mâle est orbi- 
culaire, subglobuleuse, incouronnée, équaliflore, multiflore, 
régulariflore, masculiflore. Le péricline, égal aux fleurs, orbi- 
eulaire, subhémisphérique , plécolépide , est formé de plusieu rs 
squames unisériées, égales, cntre-greffées , libres au sommet, 
oblongues, foliacées. Le clinanthe est convexe, et garni de 
squamelles longues, très-étroites, linéaires ou filiformes-lami- 
Tiées, membraneuses. Les faux-ovaires sont presque entière- 
ment avortés et inaigrettés. Les corolles sont verdâtres et à 
cinq divisions. Les étamines ont les anthères libres, et les 
filets ordinairement plus ou moins entre-greffes. Le style est 
simple, tronqué au sommet, qui est bprdé de collecteurs fili- 
formes très-longs. La calathide femelle est incouronnée, uni- 
flore , apétaliflore , féminiflore. Le péricline supérieur à 
Tovaire , mais inférieur au style, est plécolépide, formé de 
plusieurs squames paucisériées, inégales, imbriquées et entre- 
greffées , à l'exception de leur partie supérieure, qui est 
libre, corniforme, spinescente, crochue au sommet. Le cli- 
nanthe est ponctiforme, inappendiculé. L'ovaire est ovoïde- 
oblong, glabre, lisse, inaigretté. La corolle est nulle. Le style,, 
articulé par sa base sur le sommet de l'ovaire , est formé d'une- 



FRA 56Î 

tîge très-courte et de deux ou trois branches très-longues. Les 
calathides femelles sont réunies en capitules: chaque capitule 
est composé ordinairement de deux, quelquefois de trois cala- 
thides, lesquelles sont confondues en un seul corps, au moyen 
de leurs përicllnes qui sont entre-greffes depuis la base jusqu'au 
sommet; la partie des périclines par laquelle ils sont entre- 
greffes est tellement oblitérée qu'elle se trouve réduite à une 
lame mince, qui même s'évanouit tout-à-fait avant d'atteindre 
le sommet. Chaque individu porte des calathides mâles et de* 
capitules de calathides femelles. Les calathides mâles sont dis- 
posées en épis terminaux, simples et nus; elles sont pédoncu- 
lécs,et ne sont accompagnées d'aucune bractée. Les capitules 
de calathides femelles sont situés au bas de l'épi des calathides 
mâles ; ils sont sessiles , accompagnés de bractées , et rap- 
prochés en un ou plusieurs groupes irréguliers. 

Fransbrie fadsse- armoise : Franseria artemisioides ,yVilld. , 
Pers. ; Ambrosia arboresccns , Lamk. , Eue. -, Xanthium fruticosum 
Linn. fils. C'est un arbuste du Pérou , haut de cinq à six pieds , 
à tige cylindrique, sillonnée, pubescente ; les feuilles sont 
alternes^ un peu pubescentes en dessus, blanchâtres et t©- 
menteuses en dessous; leur pétiole est long de deux pouces; le 
limbe, long de sept pouces et large de cinq, est bipinnatifide, 
ù pinnules lancéolées, acuminées, dentées; les calathides mâles 
sont dispesées en épis terminaux ; leurs corolles sontverdâtres- 
les capitules femelles sont en groupes au bas de l'épi mâle, et 
chaque groupe est situé dans l'aisselle d'une bractée linéaire- 
aiguë. 

Fransérie FACSSB-AMBROSiE : Fraiiscria amhrosioides , Cav. , 
Icon.; Willd.; Pers. Sa tige, haute de quatre pieds et plus, est 
cylindrique, scabre, peu rameuse ; ses feuilles sont alternes, 
oblongues, acuminées, inégalement dentées en scie, scabres, 
un peu glutineuses ; leur pétiole est long d'un pouce, cylin- 
drique, et porte deux pinnules ovales; le limbe des feuilles 
inférieures est sinué et presque pinnatifide ; celui des feuilles 
supérieures est indivis ; les calathides mâles sont disposées en 
un épi terminal long d'un demi-pied ; leurs corolles sont d'un 
jaune blanchâtre ; les capitules femelles sont disposés en épis 
plus courts, situés plus-iras, et axillaires : chaque capitule est 
composé de quatre calathides confondues en un seul coras au 



36d FRA 

moyen de leurs périclines entre-greffes d'un bout à l'autre, 
Cet arbuste, qui habite le Mexique, ne nous est connu que 
par la description et la figure de Cavanilles. 

Le genre Franseria, exactement intermédiaire entre Vam- 
hrosiaet le xanthium, participe de l'un et de l'autre, et se dis- 
tingue de chacun d'eux par plusieurs caractères. Dans Vani' 
brosia, les calathides mâles ont le clinanthe dépourvu de 
squamelles ; les calathides femelles ont le péricline formé de 
squames à sommet non crochu m spinescent, et ces calathides 
sont parfaitement libres, distinctes, non entre-greffées. Dans 
le xanthium, les calathides mâles ont le clinanthe cylindracé 
et garni de squamelles beaucoup plus manifestes que dans le 
franseria; leur péricline est formé de squames entièrement 
libres; les capitules de calathides femelles sont constamment 
composés de deux calathides ; leurs périclines entre-greffes 
sont libres au sommet, et la partie de ces périclines sur la- 
quelle la greffe s'opère, ne s'évanouit pas supérieurement, 
mais subsiste d'un bout à l'autre. 

Les caractères génériques que nous avons exposés, d'après 
nos observations sur le franseria artemisioides, semblent au 
premier coup d'œil n'avoir pas la moindre analogie avec les 
caractères donnés par l'auteur du genre, qui les avoit observés 
sur le franseria ambrosioides. Cependant la seule différence 
réelle consiste en ce que, dans l'espèce observée par nous, 
chaque capitule femelle n'est composé ordinairement que de 
deux ou quelquefois trois calathides entre- greffées , tandis 
que, dans l'espèce observée par Cavanilles, chaque capitule 
est, suivant lui, constamment composé de quatre calathides 
entre-greffées. Toutes les autres différences entre les deux des- 
criptions ne sont qu'apparentes, et résultent de ce que nos 
idées sur la structure des ambrosiécs sont loin de s'accorder 
avec celles de Cavanilles. Nous ne pouvons pas nous dissijnuler 
que notre système sur les ambrosiées doit paroître aussi para- 
doxal que notre système sur Vechinops. Cependant nous per- 
sistons avec quelque confiance dans notre manière de voir, 
même après avoir lu dansle quatrième volume (encore inédit) 
des Noya Gênera et Species Plantarum , les descriptions des xan- 
thium et ambrosia, où M. Kunth a présenté un système abso- 
lument opposé au nôtre, et que nous avons fait connoîtfe dans 



FRA 367 

une Analjse critique et raisonnée , insérée au Journal de 
Physique, juillet 1819. 

Adawson avoit très-judicieusement formé, dans la famille 
des syiianthérécs , une section des ambrosles, composée des 
deux genres Ambrosia et Xanthium. M. de Jussieu , en Us 
admettant parmi ses corymbifères, mais dans une section 
distincte, et sous le titre de corymbifères anomales, a énonce 
l'opinion que ces plantes étoient peut-être des urticées voi- 
sines du chanvre. Cette conjecture a été trop légèrement 
regardée comme une chose prouvée par MM. Ventenat , Des- 
fontaiues, DecandoUe , Lamarck. M. Richard , au contraire, a 
fort bien jugé que les amhrosia et xanthium n'étoient point 
des urticées ; mais il a cru que ces deux genres dévoient former, 
près des synanlhérées, une famille distincte. Dans nos Mé- 
moires sur les organes floraux des synanthérées, nous avons 
pleinement démontré que les ambrosia, franseria, xanthium.^ 
étoientde véritables synanthérées, etnousavons pensé, comme 
Adanson , que ces genres constituoient, dans la famille dont il 
s'agit, une tribu naturelle, que nous avons nommée ambro- 
siées, et que nous avons placée entre les hélianthées et les an- 
thcuîidécs. Cette tribu n'est point adoptée par M. Kunth, qui 
range les xanthium et ambrosia parmi les hélianthées. (Voyez 
notre article Amerosiacées , tom. II , Supplém. , pag. 9. ) 
(H.Cass.) 

FRAOUCO ( Ornith.) , nom provençal de la poule d'eau , 
suivant le nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle. (Ch. D.) 
FRAOUME. (Bot.) L'arroche portulacoide porte vulgaire- 
ment ce nom en Provence. (L. D.) 

FRASERE, Frasera. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, 
à fleurs complètes, monopétalées , qui se rapproche delà fa- 
mille des gentianées, appartenant à la tétrandie mono gj nie dii 
Linnaeus , offrant pour caractère essentiel : Un calice à quatre 
divisions profondes; une corolle monopétale, à quatre divi^ 
sions, munies dans leur milieu d'une glande barbue; quatn 
étamines; un ovaire supérieur; un style. Le fruit consiste eu 
une capsule uniloculaire , polysperme , s'ouvraiit en deux 
valves à sou bord. 

M. de Jussieu fait observer que ce genre de Walther, auteur 
de la Flore de la Caroline, pourroit être réuni au swertia , 



368 FRA 

dont il ne diffère que par l-e retranchement d'une cinquième 
partie dans la fructification, par une glande velue élevée au 
dedans de chaque lobe de la corolle, et par des graines mem- 
Jjraneuses dans leur contour. 

Frasère de Walther : Frasera FTallheri , Mich. , Amer., i , 
pag. 97; Gœrtn., F., lab. 224. Plante herbacée, très -haute, 
à tige droite , garnie de feuilles opposées ou verticillées , 
ovales, oblongues. Les divisions du calice sont profondes, 
lancéolées, aiguës* la corolle beaucoup plus grande que le 
calice ; ses divisions étalées , ovales , un peu acuminées ; une 
glande orbiculaire et barbue, placée vers le milieu de cha- 
cune des divisions de la corolle ; les étamines plus courtes 
que la corolle , alternes avec chacune de ses divisions ; les 
anthères ovales, oblongues, à demi bifides à leur partie in- 
férieure ; l'ovaire ovale , oblong , comprimé ; le style terminé 
par deux stigmates divergens, épais, glanduleux; la capsule 
assei: grande, ovale, très-comprimée, un peu cartilagineuse, 
légèrement échancrée à son bord , mucronée par la base du 
style , à une seule loge, à deux valves, contenant huit à 
douze semences planes , elliptiques, comprimées. Cette plante 
croît aux lieux marécageux dans la Caroline. ( Poir. ) 

FRASIUN [Bot.), nom égyptien d'un marrube, qui est le 
marrubium plicatum de Forskal. Le même, écrit frasjoun , est 
donné au marruhium alysson, suivant M. Delille. (J.) 

FRASSINELLA. {Bot) C'est ainsi que le sceau de Salomon, 
polj'gonatum , est nommé dans la Toscane , suivant Césalpin. 
(J.) 

FRATERCULA. (Orniih.) Ce nom, donné par Gesner au 
macareux , aica arciica , Linn. , a été employé comme terme 
générique parBrisson, tom. 6, p. 81 de son Ornithologie. 
(Ch. D.) 

FRATINO. {Ornith.) On nomme ainsi à Bologne la mé- 
sange bleue , Y-arus cœruleus, Linn. (Ch. D.) 

FRAUDIUS AVIS. {Ornith.) Albert-le-Grand désigne par 
cette dénomination la sittelle ou torchepot, sitta europea, 
Linn. ( Ch. D. ) 

FRAUENÏAUBLING et SCHAFTAUBLING (Bo/.),noms 
que l'on donne en Autriche et en Barière à l'ag-aric verdoyant , 
a^arieus virsscens , SchaiGF, ( Lem. ) 



FRE 3(?o 

FRAXINELLA. (Bol.) Conlus, Dalechamps , Clusîus , d 
après euxTouruefort, noninioient ainsi la fraxiuelle. Tragw.s , 
Brunsfels, Gesner. C. Bauiiiii lui donnoient le nom ("e diclatn- 
nus, qui a été adopté par Linnaius. Voyez Dictame. (J.) 
FRAXINUS (Bot. ) , nom latin du genre Frêne. ( L. D.) 
FRAYE {Ornith. ), nom vulgaire de la grive draine, turdi.s 
viscii'orus, Linn. (Ch. D.) 

FRAYEUSE {Ornith.), un des noms vulgaires du rougc- 
gorge, m o/aci7/a rubecuUi, Lijin., qu'on appelle aussi frilleusi^ 
et fuireuse. (Ch. D.) 

FRAYLETES. {Ornith.) Don UUoa dit, dans ses Mémoires 
philosophiques sur FAuiérique, lom. i , p. igS de la tradur- 
tion de M. Lefcbre de Viliebrune, qu'on trouve à la Loui- 
siane, dans Ils contnées humides, des oiseaux assez resseni- 
blans aux vanneaux , qui portent ce nom et celui de griladores , 
su crieurs , lesquels s'envolent en jetant des cris aigus qui 
avertissent les autres de l'approche des chasseurs. Cetta 
remarque n'est pas suffisante pour mettre à portée d'eu 
reconnoître l'espèce. ( Ch. D.) 

FRAYONNE. ( Ornith.) Voyez Freux. ( Ch. D. ) 
FRÉDÉRIC {Ichthjol.) , nom spécifique d'un characin de 
Bloch et de M. de Lacépède, characinus Friderici, lequel ap- 
partient au sous-genre des Curimates. Voyez ce mot. (H. C.) 
FREDOCHE. {Bot.) Voyez Bois d'ortie. (J.) 
FRÉGATE. ( Ornith. ) Cet oiseau fait partie de la famille 
des stéganopodes d'IUiger, ou syndactyles de M. Vieillot , 
dont les quatre doigts sont réunis dans la même membrane, 
et qui comprend les pélicans , les cormorans, les fous, les 
pailles-en-queue et les anhingas. Les frégates sont plus rap- 
prochées des cormorans qui ont les tarses totalement em- 
plumés, que des autres dont les jambes sont en partie nues ; 
et le caractère qui les distingue plus spécialement des pre- 
miers, est la courbure égale des deux mandibules, très-cro- 
chues l'une et l'autre chez les frégates, tandis que l'inférieure 
est tronquée chez les cormorans. Brisson avoit joint la frégate 
aux fous, sula , en donnant toutefois à celle-ci le nom de 
fregata. lUiger a réuni, sous la dénomination générique d'ha- 
lieus , les frégates et les cormorans , qu'il n'a distingués que 
par la forme de la queue , arrondie d»ns ceux-ci et fourchue 
17' 24 



Syo ' FRE 

dans les autres. M. Cuvier a aussi rangé les frégates à la suite 
des cormorans, en observant d'ailleurs que les pieds courts 
des premières ont les membranes profondément échancrées , 
et que leurs ailes ont une excessive envergure. Les autres ca- 
ractères des frégates sont d'avoir le bec plus long que la tête , 
robuste , suturé, et. dont le croc semble former une pièce dé- 
tachée: les narinespeu apparentes et placées dans une rainure; 
les orbites nues, la bouche très-ample, la langue courte et 
lancéolée, la gorge expansible , les quatre doigts dirigés en 
avant, les ongles aigus, et les deux premières rémiges les plus 
longues. 

Les frégates ont le vol extrêmement rapide , et si puissant 
qu'il leur permet de se porter au large à plus de quatre cents 
lieues de toute terre , de braver les tempêtes en s'élançant au- 
dessus des orages, et de rester dans les airs, où elles se sou- 
tiennent sans mouvemens sensibles, la nuit comme le jour, jus- 
qu'à ce qu'elles rencontrent des pointes de rochers, ou des iloîs 
boisés, sur lesquels seuls il leur est possible de se reposer, 
puisque la longueur de leurs ailes ne leur permettroit pas de 
reprendre leur essor, si elles se laissoient abattre sur les Ilots 
ou même sur la terre. Leur vue doit aussi être très-perçante, 
pour leur faire remarquer, lors même qu'elles se trouvent à 
des distances telles qu'elles échappentà nos yeux, les endroits 
où passent des colonnes d'exocets ou poissons volans. C'est 
néanmoins de distances aussi grandes qu'elles fondent quel- 
quefois avec la rapidité d'un trait , et que , parvenues près de 
la surface de la mer, elles ont la force de s'arrêter et de chari- 
ger la direction de leurs mouvemens de manière à raser l'eau 
pour enlever ces poissons , soit avec le bec, soit avec les serres, 
ou même avec les deux à la fois. Au lieu de se précipiter lu 
tête la première , comme les oiseaux qui ont la faculté de 
plonger, la frégate tient les pâtes et le cou danis une si- 
tuation horizontale; elle frappe la colonne supérieure de 
l'air avec ses ailes, puis, les. relevant et les fixant l'une contre 
l'autre au-dessus du dos , elle se lance sur sa proie avec tant 
d'adresse et de vélocité, que rarement celle-ci lui échappe, 
et les exocets qui ont voulu se soustraire à la poursuite des 
thons, des bonites et des dorades , trouvent ainsi la mort 
dans l'élément où i-^s croyoient l'éviter. 



FRE 371 

Ce n'est qu'entre les tropiques, ou un peu au-delà, qu'on 
rencontre les frégates dans les rners des deux Mondes, où ces 
oiseaux joignent au produit de leurs propres captures celui 
des pêches fuites par les fous, qu'ils contraignent, en les 
frappant de l'aile ou les pinçant de leur bec , à dégorger le 
poisson dont ils se saisissent dans sa chute. Les frégates 
que les navigateurs ont surnommées guerrières , ont une telle 
confiance dans la force de leurs armes, qu'elle les rend té- 
méraires au point de braver l'homme même. Le vicomte de 
Querhoënt rapporte , en effet , que l'une d'elles s'est assez 
approchée de lui au moment où il tenoit un poisson à la 
main, qu'il l'a terrassée d'un coup de canne, et que d'autres 
voloient à quelques pieds d'une chaudière où Ton en faisoit 
cuire, quoiqu'une partie de l'équipage; fût à Tentour. Ces 
oiseaux si hardis se laissent néanmoins assommer comme les 
fous, loisqu'on les surprend dans un lieu où ils n'ont pas la 
faculté d'étendre leurs ailes, et cette circonstance est propre 
à appuyer If s observations faites dans ce Dictionnaire, eu 
parlant de ces derniers. 

Les frégates placent leur nid sur les arbres, dans les lieux 
solitaires et voisins de la mer. Leur ponte consiste en un ou 
deux œufs d'un blanc teint de couleur de chair, avec de- 
petits points d'un rouge cramoisi. 

Les insulaires de la mer du Sud se font des bonnets avec 
les plumes assez longues que les frégates portent sur le cou. 
La graisse de ces oiseaux passoit aussi dans les Antilles, au 
rapport de Dutertre, pour un médicament utile dans la 
goutte sciatique et dans les affections rhumatismales. Les 
flibustiers faisoient même une branche de commerce de cette 
graisse , extraite par l'ébuliition dans des chaudières, et 
qu'on appeloit huile de frégate. 

On ne connoît proprement qu'une espèce de frégate, le 
pelecanus aquiius , Linn. etLath., ou tachjpetes aquila, Vieill., 
pi. enl. de Buffon, n." 961 , dont le corps n'est pas plus gros 
que celui d'une poule, mais qui a huit, dix et même jusque 
quatorze pieds d'envergure , suivant M. Poivre. Son cou est 
d'une longueur médiocre, sa tête est petite, et son bec , de 
couleur noire , ainsi que les pied^i et leurs membranes, est 
long de six a sept pouces. Tout le plumage du mâle est de la 



3-2 FRE 

même couleur ; et lorsqu'il est vieux, deux lueiiiltranes «har- 
nues, d'un rouge vif, lui pendent sous la gorge. La femelle 
diffère du luàle en ce qu'elle a le ventre blanc-, les petits, 
dans leur premier âge, sont couverts d\m duvet gris blanc; 
leurs pieds sont de la même couleur, et leur bec est presque 
blanc, mais il devient ensuite rouge et noir, ou bleuâtre 
dans son milieu , et il en est de même de la couleur des doigts. 
On trouve des individus qui ont la tête et le ventre blancs, 
et le dessus du corps d'un brun foncé. 

Latham a décrit, sous le nom de pelecanus minor , une fré- 
gate moins grosse que la précédente, et qui a été figurée par 
Edwards, GlanuTes, pi. 309; elle n'avoit que deux pieds dix 
pouces de longueur, et cinq pieds sept pouces et demi d'en- 
vergure. Les parties supérieures étoient d"ua brun ferrugi- 
neux , et les inférieures blanches. Les narines étoient plus 
apparentes, et placées plus près de la tête. M. Cuvier pense 
qu'on a trop légèrement considéré cet oiseau comme une es- 
pèce particulière, et qu'il en est de même des pelecanus Icu- 
cocepluilus et palmerstoni de Gmelin et de Latham. ( Ch. D. ) 

FREGGIA. {Ichthjol.) Dans quelques unes de nos provinces 
méridionales , on donne ce nom au ruban de mer, cepola 
titnia. Voyez Cépole. (H. C.) 

FREGILUS ( Ornidi.), nom latin donné par M. Cuvier aux 
craves , formant, dans soa Règne animal, une division des 
huppes. ( Ch. D.) 

FREINO {Bot.), nom portugais du frêne , selon Grisley. 
(J.) 

FRELON (Bot.), un des noms vulgaires du fragon piquant. 
(L.D.) 

FRELON, Fucus. {Entom.) Ce nom a été donné par le 
▼ulgaire à deux insectes hyménoptères de genres très-dilfé- 
rens. 

Ilparoit qu'anciennement onappeloit/re/07i5, en lutin fuci, 
les abeilles mâles qui ne font pas de miel. Voici le passage 
de Pline, livre XI, chapitre xi : « Fuci sunt sineaculeo, velut 
imperfectœ apes , noifissimaque àfessis et jam emeritis inclioata, 
serolinus fœtus , et quasi servitia verarum apum : quamobrem im- 
perant Us, primosque in opéra expellunt , tardantes sine clementia 
puniunt. » Et Virgile, dans ses Bucoliques, livre IV, ver* 242, 



FRE ."75 

en parlant (Tes animaux qui font tort aux ruches, cite It» 
léïards, les blattes, les frelons et les crabrons. 

Nam saepè favos ignotus adedit 

StcHio, lucifugis congcsta cubilia blattis ; 
Immunitque scdens aliéna ad paliula fucus. 
Au» asper crabro iinparibus se iraïuiscujt armi?. 

Ce qui a donné lieu à l'idée que les mâles des abeilles, qui 
en tffct diffèrent beaucoup des femelles et desneutres , étoient 
des espèces absolument parasites , c'est l'observatioa que l'on a 
fiiite de la guerre à mort que livrent à certaines époques les 
«beilles neutres aux mâles, que l'on appelle aussi les freloiu. 
{Voyez tom. I, pag. 69 et 60.) Mouffet décrit très-bien cette 
particularité. lii autem neque mel coLtlgunt, nequeeeies eriguntr 
neque quiequam taboris mutui cum apihus suscipiunt :qua de causa 
custodes habcnt, qui diuturno tempore defessas noctu observant et 
afuribus tutas faciunt et securas; qui sifurem vidèrent ingressum , 
aggrediuntur et verherant, et pro foribus exanimem aut semiani- 
mum rclinquunt. 

C'est donc à tort que Geoffroy a donné le nom de frelon 
ou de freslou, en latin crabro, aux hyménoptères uroprisles 
du genre Cimbece d'Olivier ou Tenthrède de Linnaeus, 

On a aussi donné le nom de frelon aux guêpes; Geoffroy a 
traduit ainsi le nom spécifique de la vespa crabro de Linuœus, 
guêpe frelon. 

Enfin les espèces du genre Crabron ont encore reçu le nom 
de frelon. C'est en effet ainsi que Mouffet dit qu'on tradnisoit 
en France le nom latin de crabro , freslons, froilons ou fou- 
lons ; et les figures qu'il en donne paroissent être celle* de 
grosses guêpes ou de scolies. 

Ainsi, tantôt le nom de frelo-n est pris comme celui du 
mâle des abeilles à miel, en latin /«eus ; tantôt comme le mot 
françois correspondant au nom latin crabro. Four éviter la 
confusion, nous avons décrit ce dernier genre sous le nom iîe- 
Crabron. Voyez ce mol, et ceux d'AeEiLLs a iMibl , de Guèi'e. 
(CD.) 

FRELOT. (Ornith.) On donne, daiîs la Sologne, Ciisant 
partie du département de Loir et Cher, ce nom et celui de 
/relotte, au pou*illot ou chanJre , motaciÛa. trorchilus^ Lion. 
(Ch.D.) 



374 FRE 

FREMIUM. (Bot.) Cluslus nous apprend que Gaza nommoit 
ainsi l'anémone, qui étoit le phenion de Pline. (J.) 

FRENCH-PIE. {Ornilh.) Cette dénomination anginisc de la 
pie-grièche grise, lanius excubitor , suivant Montagu , a été 
appliquée, par Brisson et BufTon, au pic varié , f>ic«s rnedius ^ 
Linn. (Ch. D.) 

FRÊNE {Bot.) , Fraxinus, Linn. Genre de plantes dicoty- 
lédones, delà famille des jasminées de Jussicu, et de la po/y- 
gamie dioécie de Linmsus , dont les fleurs sont polygames; les 
unes hermaphrodites sur certains individus, les autres seu- 
lement femelles , par l'avortement des étamines , et placées 
sur des pierls différens. Les principaux caractères de ce 
genre sont les suivans : Calice le plus souvent nul, ou fort 
petit, et à quatre divisions ; corolle ordinairement nulle, plus 
rarement composée de quatre pétales; deux étamines à fila- 
mens opposés, terminés par des anthères droites; un ovaire 
supérieur, ovale-oblong, surmonté d'un style droit, terminé 
par un stigmate bifide; une capsule plane, ovale-oblongue , 
surmontée d'une aile membraneuse, et à une loge mono- 
sperme, indéhiscente. 

Les frênes sont, en général, de grands arbres dont les 
feuilles sont opposées, presque toujours ailées avec impaire, 
et dont les fleurs sont disposées en panicules terminaux ou 
latéraux. Ils habitent les climats tempérés du nord de l'ancien 
et du nouveau continent. Willdenow , dans le quatrième 
volume de son Species Plantarum , ne fait mention que de 
quinze espèces de frênes, si on n'y comprend pas le fraxinus 
ornus , dont plusieurs botanistes font maintenant un genre 
particulier sous le nom d^ ornus • d'autres auteurs , au con- 
traire , les ont beaucoup plus multipliées. M. Bosc, par 
exemple, en compte au-delà de trente; mais, comme dans 
la plupart de ces nouvelles espèces les fleurs et les fruits 
n'ont point encore été observés, nous ne cro)rons pas que la 
forme des feuilles, qu'on sait être assez variable, puisse suffire 
pour bien caractériser ces plantes ; et, d'après cela, nous ne 
parlerons ici que de celles qui sont les plus connues. 

Frêne élevé : Fraxinus excelsior, Linn., Spec. , i5og ; Lamk., 
Jlliist., t. 858, f. 1. Arbre de futaie, dont la tige droite 
^"élève à nne grande hauteur, en se terminant par une tête 



FRE Ô75 

iàche, mëdiocre, dont les rameaux sont lisses, d'un vert 
cendré. Ses feuilles sont ailées avec impaire, composées de 
onze à treize folioles ovales, pointues, dentées, légèrement 
pédicellées , glabres et d'un vert foncé. Les fleurs , qui paroissent 
en avril, n'ont ni calice ni corolle, et elles viennent en grappes 
lâches et opposées, sur les rameaux de l'année précédente. Les 
fruits sont des capsules ovales-oblongues , comprimées, ter- 
minées par une aile membraneuse , linéaire-lancéolée. Cet 
arbre croit spontanément dans les forêts des pays tempérés 
de l'Europe. Une longue culture lui a fait produire plusieurs 
variétés, parmi lesquelles on distingue les suivantes : 

Frêne argenté. Ses feuilles sont d'un gris cendré, comme 
argenté. 

Frêne graveledx. L'écorce de ses rameaux est rude et ra- 
boteuse ; celle des plus jeunes est lisse et striée de blanc. 

Frêne a bois jaspé. Son écorce , surtout celle des jeunes 
branches , est rayée de jaune. 

Frêne doré. Son écorce est d'un jaune assez foncé. 
Frêne horizontal. Ses branches, au lieu de se redresser 
plus ou moins verticalement, s'étendent horizontalement. 

Frêne parasol ou pleureur. Ses branches se recourbent vers 
la terre, et sont pendantes. 

Frêne a feuilles déchirées. Les folioles de ses feuilles sont 
profondément et irrégulièrement dentées, comme si elles 
avoient été déchirées en leurs bords. 
Frêne a feuilles panachées de blanc. 

On a encore, depuis quelque temps , le frêne horizontal et 
le frêne parasol à bois doré. Toutes ces variétés se greffent sur 
le frêne commun, et on les plante comme arbres d'ornement 
dans les parcs et les grands jardins paysagers. 

Le bois de frêne est estimé pour beaucoup d'usages; il est 
blanc, veiné longitadinalement , assez dur, fort uni, liant 
et très-élastique tant qu'il conserve un peu de sève. On l'em- 
ploie de préférence pour les grandes pièces de charronnage , 
qui ont besoin d'avoir du ressort et de la courbure, comme 
brancards , limons et timons de voitures de dififérentes sortes. 
Les tourneurs s'en servent pour faire des échelles, des chaises , 
des queues de billard, des manches d'outils. On en fabrique 
des cercles pour cuves , tonneaux ou autres vaisseaux de ce<tle 



5-6 FKE 

espèce. Le bois des frênes venus dans les terrains montagneux 
«Il pierreux, de même que celui de ceux qui ont été souvent 
èinondés, est sujet à être chargé de gros nœuds, qui, en 
dérangeant l'ordre des fibres, occasionnent une plus grande 
dureté et des nuances différentes dans la couleur et les veines 
<\u bois. Les ébénistes et les tabletiers recherchent ces sortes 
d'arbres , pour en faire différens meubles , comme bois de lit , 
commodes, secrétaires, fûts de fauteuils, boites, cofTrets, etc. ; 
depuis quelques années même, ces ouvriers sont parvenus à 
fabriquer, avec ce bois indigène, des ouvrages qui peuvent 
rivaliser avec les plus beaux bois exotiques. 

Quoique Je frêne devienne assez gros pour qu'on puisse s'en 
servir pour la charpente , ce n'est cependant que fort rare- 
ment qu'on l'emploie à cet usage, parce qu'il est sujet à la 
vermoulure quand il a perdu toute sa sève. Son aubier est 
assez épais. Nouvellement coupé, il brûle mieux que la plu- 
part des autres bois qui seroient dans le même cas-, il donne 
beaucoup de chaleur, et fournit de bon charbon. 

Les divers avantages qu'on relire du frêne le font cultiver 
dans beaucoup d'endroits, soit en avenue, soit dans les haies. 
Le terrain qui lui convient le mieux est une terre légère et 
limoneuse, mêlée de sable et traversée par des eaux courantes. 
C'est dans cette situation qu'il acquiert rapidement toute l'élé- 
vation qu'il est susceptibicdeprendre.il peut d'ailleurscroître 
dans la plupart des expositions, depuis le fond des vallées 
jusqu'au sommet des montagnes, pourvu qu'il y ait de l'hu- 
midité. Les terres trop argileuses , et celles qui sont crayeuses, 
ne lui conviennent pas. Quoique ses racines pivotent natu- 
rellement, cependant elles ont la faculté de s'étendre au loin 
à la superficie du sol, et l'arbre peut se contenter d'un ter- 
rain peu profond. On le voit quelquefois réussir dans les terres 
caillouteuses et graveleuses, même dans les fentes des rochers. 

Le frêne pousse assez souvent des rejetons de ses racines; Il 
reprend aussi facilement de marcottes : mais on néglige ces 
moyens de multiplication; on préfère employer la voie des 
semis, qui fournissent toujours des arbres plus vigoureux. On 
sème les graines de frêne en automne ou à la fin de l'hiver , 
dans un terrain bien labouré , et un peu ombragé autant qu'il 
est possib'e. Le jeune plrfnt peut être relevé à un an, pour 



FRE 377 

être mis en pëpiniérr; mais il vaut mieux ne faire cette opé- 
ration qu'au bout de la dcjixième année. Les soins nécessaires 
à ces semis sont de les débarrasser des mauvaises herbes par 
deux à trois sarclages dans le courant de chaque été, s'ils ont 
été faits à la volée , ou par autant de binages s'ils ont été faiis- 
en rayons. Lorsque le plant a deux ans, comme nous venons 
de le dire , on arrache les jeunes frênes pour les replanter eu 
pépinière , à deux ou trois pieds de distance les uns des autres , 
et on les y laisse en continuant de leur donner les soins con- 
venables , jusqu'à ce qu'ils aient acquis assez de force pour 
être plantés à demeure , en avenue ou autrement, ce qui n'ar- 
rive guère avant la sixième année . ou lorsqu'ils ont par le bas 
environ cinq à six pouces de tour. On ne doit jamais couper 
la tête des frênes en les plantant; car, une fois que ces arbres 
ont perdu leur bourgeon terminal , il est rare qu'ils puissent 
se redresser complètement , et leur végétation en est toujours 
retardée. 

Le dégouttement du frêne paSse pour endommager tous les 
A'égétaux qui en sont atteints, ce qui a fait dire que^son ombre 
étoit dangereuse. Il n'en est pas de même à son égard ; il ne 
craint d'être surmonté par aucune autre espèce d'arbres ; lewr 
égout ne lui cause aucun préjudice : aussi le frêne réussit-il à 
l'ombre et dans les lieux resserrés , et l'on peut s'en servir à 
la place des autres arbres qui refusent d'y venir. 

Le frêne, sous beaucoup de rapports, mériteroit d'être 
employé comme arbre d'ornement dans les jardins paysagers: 
il s'élève bien droit sur sa tige : sa tête est régulière ; son 
feuillage léger, qui est d'un vert brun et luisant, contraste 
agréablement avec la verdure des autres arbres : mais il est 
sujet à un si grand inconvénient, qu'on est obligé de Técarter 
de tous les lieux d'agrément, ou de ne l'y placer que rare- 
ment. Les cantharides, qui se nourrissent particulièrement 
de ses feuilles, le dépouillent presque tous les ans de sa ver- 
dure vers le milieu de juin, et ces insectes exhalent en même 
temps une odeur très-désagréabîe , et à laquelle il pourroit 
même devenir dangereux de rester exposé pendant quelque 
temps. Les frênes repoussent, à la vérité, de nouvelles feuilles 
qui subsistent jusqu'aux gelées-, mais il «st désagréable devoir 
des arbres dépouillés comme çn hiver, d'ins la plusbelle saisor» 



^78 FRE 

tle l'année , lorsque toutes les autres productions de la terre 

sont dans leur plus grande beauté. 

D'après les expériences de MM. Coste et Willemet, les 
feuilles du frêne commun sont purgatives, à la dose de trois 
à six gros , en décoction. 

Avant qu'on eût découvert le quinquina, on employoit 
assez fréquemment en médecine lécorce du frêne comme 
fébrifuge; mais elle a été bientôt abandonnée, une fois qu'on 
eut reconnu combien l'écorce du Pérou lui étoit supérieure. 
Quelques médecins ont inutilement tenté , il y a quelques 
années, de rappeler la première dans la pratique. 

En Angleterre, les gens du peuple sont dans l'usage défaire 
confire , dans le vinaigre et le sel , les fruits du frêne avant 
leur maturité, pour les employer comme assaisonnement dans 
la cuisine. 

Les bestiaux et les chevaux broutent les feuilles du frêne 
avec assez d'avidité, et plusieurs agronomes conseillent d'eu 
récolter pendant l'été et d'en faire sécher à l'ombre, pour les 
faire servir à la nourriture de ces animaux pendant l'hiver, 
et surtout à celle des bœufs et des moutons. Miller dit que 
cette espèce de fourrage donne un mauvais goût au lait et au 
beurre ; mais Rozier et M. Bosc , qui ont vécu dans des cantons 
9Ù on l'emploie , assurent ne s'être pas aperçus de ce mauvais 
goût. 

Frêne A FEUILLES SIMPLES •,Fi-ax/?i/;s5f/nphc{/ôZia,"Willd.,Spec.,Z|, 
p. 1 098. Cet arbre a le même bois , les mêmes bourgeons , que le 
frêne commun, et ses fleurs sont également dépourvu es de calice 
et de corolle: ce qui l'a fait considérer par plusieurs auteurs 
comme n'en étant qu'unesimple variété : maisd'autresontpensé 
qu'il doit être regardé comme une espèce distincte , parce qu'il 
se reproduit constamment le même par ses graines. Ce qui le 
caractérise, c'est la forme particulière de ses feuilles. Ordinai- 
rement celles-ci sont simples, ovales ou ovales-lancéolées, 
pétiolées, longues de quatre à cinq pouces, et larges de deux 
à trois, profondément dentées en scie; quelquefois cependant, 
sur certains individus, le même pétiole porte trois et même 
jusqu'à cinq folioles : dans ce cas, la foliole terminale est tou- 
jours beaucoup plus grande que les autres. Cet arbre estcultivé 
dans les jardins 3 l'on ignore de quel pays il est originaire. 



FPiE 379 

fftÊNG A FEUILLES DE LENTiSQUE : Fraxinus lentiscifolia,'\'Vi]\à. , 
Si»ec. ,4, p. iioi ; Fraxinus parvifolia, Lamk. ,Dint. encycl.,.}, 
pag, 646. Cette espèce s'élève beaucoup moins que le frêne 
commun-, ses rameaux sont courts, rapprochés , comprimés à 
leur partie supérieure et d'un pourpre brun, garnis de (euilles 
composées de onze ou de treize folioles ovales , denrées en 
scie, sessiles ou presque sessiles, rétrécies à leurs deux extré- 
mités, glabres des deux côtés. Ses Qeurs se développent avant 
les feuilles ; elles sont très-pelifes , d'ua ])ourpre foncé ou 
noirâtre, dépourvues de calice et de corolle, et disposées en 
grappes latérales. Les capsules sont étroites, terminées par 
une aile très-obtuse et légèrement échancrée. Cet arbre est 
originaire d'Alep en Syrie, et cultivé depuis assez long-temps 
on France, en Angleterre et en Allemagne. Son feuillage, 
plus léger que celui du frêne commun , fait qu'il produit un 
ellet plus agréable. 

FnÈNE A FEUILLES RONDES ; Fraxinus rolundifolia , Lamk. , 
Dict. encycl., 2 , p. 646. Ses feuilles sont composées de neuf 
ou de onze folioles ovoïdes ou ovales-arrondies, pétiolées, 
dentelées, inégales à leur base, d'un vert foncé, presque 
noirâtres en dessus, d'une couleur beaucoup plus claire en 
dessous. Cet arbre croît naturellement en Italie , d'où il a 
été apporté à Duhamel, sous le nom de frêne de Palerme. 
Aujourd'hui il est cultivé au Jardin du Roi et dans plusieurs 
autres jardins. 

C'est principalement cette espèce qui fournit la manne, subs- 
tance dont on fait beaucoup d'usage en médecine. En Sicile et 
en Calabre, pendant les mois de juin ou de juillet, il découle 
du tronc et des branches de ce frêne, soit naturellement, soit 
par des incisions qu'on y pratique , un suc clair qui s'épaissif , 
à l'air et par l'impression de la chaleur, en grumeaux blan- 
châtres et roussâtres; c'est la manne qu'on ramasse en la déta- 
chant avec des couteaux de bois, et qu'on expose au solei! 
pour achever de la sécher. Un brouillard humide, ou une 
petite pluie , survenus pendant la nuit ou le matin, sufliscn»; 
pour faire perdre la récolte ce jour-là. On distingue , dans les 
pharmacies, trois espèces de manne, d'après le degré de pu- 
reté et la couleur plus ou moins foncée de cette substance, 
lesquelles dépendent des procédés qu'on a employés et du plus 



36^0 FPxE 

•u moins de soin qu'on a mis pour en faire la réeolte. La pre- 
mière, nommée manne en larmes , est blanche, figée enlbruie 
de stalactites ; c'est la plus belle, mais la plus foible quant à 
sonaction : la seconde est d'un blanc jaunâtre ou un peu rous- 
sâtre ; on la nomme manne en sorte , et c'est celle dont Tusage 
est le plus multiplié : la troisième , dont la couleur est d'un 
roux brunâtre, et qui est souvent chargée d'ordures, est la 
moins estimée; on l'appelle manne grasse, et on ne s'en sert 
guère que pour les lavemens. La manne a une saveur fade , 
douceâtre et nauséeuse-, c'est un doux purgatif qui convient 
principalement aux enfans , aux femmes enceintes et aux 
vieillards ; on la donné selon l'âge et le tempérament , depuis 
une demi-once jusqu'à trois onces. 

Frêne a feuilles de sureau , ou Frêne noir : Fraxinus sam- 
hucifoUa , Lamk. , Dict. encycl. , 2, p. 54g; Mich. , Arb. 
Amer. , vol. 3 , p. 122 , t. 12. Dans son pays natal et dans les 
bons terrains , ce frêne s'élève à soixante ou soixante-dix 
pieds de haut, sur environ deux pieds de diamètre; mais il 
ne paroît pas, jusqu'à présent, avoir atteint en France plus 
de trente-six à quarante pieds. Ses bourgeons sont d'un bleu 
très-foncé, et ses jeunes pousses d'un beau vert. Ses feuilles 
sont longues de dix à quinze pouces , composées de sept ou 
neuf folioles sessiles , ovales ou ovales-lancéolées, dentées,, 
glabres, ridées et d'un vert foncé en dessus, plus pâles en 
dessous, où leurs principales nervures sont couvertes d'un 
duvet roux : ces feuilles ont une odeur de sureau lorsqu'on 
les froisse entre les doigts. Ses fleurs n'ont ni calice ni corolle ; 
elles sont disposées en grappes presque paniculées et laté- 
rales. Les capsules sont aplaties, à peu près aussi larges à leur 
base qu'à leur sommet. Cet arbre croît dans le nord de l'Amé- 
rique septentrionale, depuis la Pensylvanie jusqu'en Canada, 
principalement dans les lieux humides. 

Le bais du frêne noir est de couleur brune , et il a le grain 
assez {in. Il a beaucoup de ténacité, et est très-élastique; mais 
il dure moins long-temps que le frêne blanc, dont nous par- 
lerons plus bas , lorsqu'il est exposé aux alternatives de la 
sécheresse et de l'humidité: ce qui fait que, dans les pa3s où 
il croît naturellement , ses usages sont assez limités. Il es( plus 
siijet qu'aucune autre espèce de ce genre à se charger de 



nodosUês o\i de loupes, qui sont quelquefois très-grosses, et 
qui, (l;ms leur coupe, présentent, par le tortillement de 
leurs libres ligneuses, des accidens fort singuliers. Divisées en 
lames ircs-niinces et bien polies, ces parties du bois de frêne 
noir pourroient être employées à faire de beaux meubles. 

Fkêne ruBESCÊNTOuFrêue rouge -. Fraxinus pubescens , Lamk. , 
Dict. encycl. , 2 , p. 648; Fraxinus tomentosa, Mich. , Arb. 
Amer. , 5, p. 112 , t. 9. Dans les marais et les terrains sub- 
mergés de la Pensylvanie , du Maryland et de la Virginie , 011 
cette espèce croit spontanément, elle s'élève à cinquante ou 
soixante pieds de hauteur. Ses rameaux ïontcouverts, surtout 
dans leur jeunesse , d'un duvet cotonneux, cendré et doux au 
toucher. Ses feuilles sont composées de sept ou neuf folioles 
pédicellées , ovales-lancéolées, pubescentes en dessus, blan- 
châtres et légèrement cotonneuses en dessous, plus ou moins 
dentées en leurs bonis. Ses fleurs sont petites, dépourvues de 
corolle, mais munies d'un calice et disposées latéralement eu 
g^rappes rameuses, paniculécs, opposées, pubescentes, accom- 
pagnées de bractées oblongues, roussâtres, membraneuses et 
velues. Les capsules sont cylindriques dans leur tiers inférieur, 
surmontées d'une aile obtuse et souvent échancrée. Cet arbre 
est cnliivé au Jardin du Roi et dans plusieurs jardins par- 
ticuliers. 

L'ccorce du tronc de ce frêne est d'une couleur très-rem- 
brunie , et le cœtir du bois a une teinte rougeâtre. Ce bois est 
très-estimé dans les parties des Etats-Unis d'Amérique où il 
croît 5 il est employé pour beaucoup d'ouvrages, et les usages 
multipliés qu'on en a fait sont à peu près les mêmes que ceux 
auxquels on fait servir l'espèce suivante. 

Frêne d'Amérique, ou Frêne blanc: Fraxinus americana y 
Willd. ,5pec., 4, p. 1102 ;Mich., Arb. Amer. , 3 ,p. 106, t. 8. 
Cette espèce est très-commune dans les parties septentrionales 
de l'Amérique, depuis la Pensylvanie jusqu'en Canada; elle 
croît principalement sur les bords des rivières et des marais, 
ou même sur le penchant des coteaux qui les îivoisinent, et 
elle y acquiert quelquefois quatre-vingts pieds d'élévation sur 
un diamètre de trois pieds. Sa tige est parfaitement droite , 
et ses rameaux sont glabres, d'un gris cendré tirant un peu 
sur le bleu clair. Ses feuilles sont très-grandes, composées 



582 FRE 

de cinq ou de sept folioles pédicellées, ovales-oblongues ou 
lancéolées, peu ou point du tout dtntées , légèrement pubes- 
centes dans leur jeunesse, glabres dans l'âge adulte, blan- 
châtres et presque glauqu»s en dessous, i^es fleurs, qui forment 
des panicules courts, touffus et latéraux, n'ont point de 
corolle , mais elles sont pourvues d'un petit calice à quatre 
folioles courtes. Les fruits sont cylindriques dans leur partie 
inférieure, et élargis ensuite en une languette souvent échan- 
crée à son extrémité. 

Dans les parties des Etats-Unis d'Amérique où le frêne blanc 
se trouve fréquemment, son bois est employé à une multi- 
tude d'usages, comme le frêne commun l'est en Europe. De 
même que celui-ci , il réunit la force , la souplesse et l'élasticilé. 
On en fait les brancards et les jantes des roues de cabriolets et 
de carrosses; on en fabrique des rames, des barriques, des 
chaises, des manches pour différens outils, de ces espèces de 
vases nommés sébilles , des cercles et différentes choses de bois- 
sellerie, des poulies, etc. Dans les gros arbres, le cœur, oa le 
vrai bois, est rougeàtre ; l'aubier est très-blanc. 

Le frêne blanc , cultivé depuis assez long-temps en France, 
en Angleterre et en Allemagne , y réussit très-bien, surfout 
dans les lieux humides. On a remarqué qu'ilétoit moins sujet 
que les autres espèces du même genre à être attaqué par les 
cantharides; ce qui est un avantage pour le placer dans les 
parcs et les grands jardins. 

Frêxe de Caroline; Fraxinus caroliniana, WiHd. , Spec, /) , 
p. i]o3. Ses rameaux sont glabres, d'une couleur cendrée, 
garnis de feuilles composées de sept folioles lancéolées, acu- 
minées , bordées de dents nombreuses et très-aiguës, glabres 
des deux côtés, luisantes en dessus. Les fleurs, disposées 
en un panicule latéral et lâche, ont un calice campanule à 
quatre divisions courtes et aiguës. Cet arbre croît naturelle- 
ment dans la Caroline. On le cultive au Jardin du Roi. Ses 
fleurs paroissent en mai, en même temps que les feuilles. Il 
craint le froid plus que la ])Iupart des autres espèces, et les 
fortes gelées l'endommagent quelquefois. 

Frêne A feuilles de noyer ; Fraxinus juglandifolia, "WiHd., 
Spec, 4 , p. 1 104 ; Duham., Arb. , nouv. édit. , vol. 4, p. 63 , 
1. 16. Cet arbre est d'une hauteur médiocre ; ses rameaux sont 



FRE 583 

glabres, d'une couleur cendrée, garnis de feuilles composées 
de cinq ou de sept folioles ovales-lancéolées , pédicellées , 
vertes et glabres en dessus, blanchàti-es et un peu glauques en 
dessous, légèrement pubescentes , principalement sur leurs 
nervures. Ses Heurs , disposées en panicule latéral et pen- 
dant, sont munies d'un calice à quatre dents, et ordinaire- 
ment dépourvues de corolle. La capsule est surmontée d'une 
aile cunéiforme, obtuse à son sommet. Cette espèce est ori- 
ginaire de l'Amérique septentrionale. On la cultive au Jardin 
du Roi , et chez quelques particuliers. 

Frêne vert ; Fraxinus viridis , Mich. , Arb. Amer. , 3 , p. 1 1 5 , 
t. 1 G. Cet arbre n'a guère plus de vin*t à vingt-cinq pieds ; on 
1 e reconnoît facilement à la belle couleur verte et luisante dt- 
ses jeunes pousses et de ses feuilles, dont la teinte diffère 
très-peu dans les deux surfaces. Ces feuilles sont composées de 
sept à onze folioles pétiolées, ovales-acuminées , très-sensible- 
ment dentées. Les capsules sont arrondies dans leur tiers in 
férieur, aplaties dans le reste de leur étendue, légèrement 
échancrées à leur extrémité. Ce frêne croîtnaturellementdans 
plusieurs parties de la Pensylvanie, du Maryland et de la Vir- 
ginie. Il y a trente et quelques années qu'il est cultivé en 
France, de graines envoyées par Michaux père. Il supporte 
bien les froids de nos hivers dans le climat de Paris. La teinte 
particulière de son feuillage forme un contraste agréable avec 
les autres arbres près desquels il est planté. 

Frêne QUADUANGULAiRE , ou Frêne bleu : Fraxinus quadrangu- 
lala , Mich., Flor.Bor.Amer., 2 , p. 2 56 ; Mich., Arb. Amer., 3, 
p. 118, t. II. Dans son pays natal, les contrées des États- 
Unis situées à Pouest des monts AUéghanis, cet arbre s'élève 
souvent à soixante et soixante-dix pieds. Il est très-facile à 
distinguer des autres espèces par ses branches et ses rameaux 
quadrangulaires , à angles légèrement ailés. Ses feuilles sont 
composées de cinq ou de sept folioles pédicellées, ovales ou 
ovales-lancéolées, sensiblement dentelées, d'un vert sombre 
en dessus , plus pâles et pubescentes en dessous. Les cap. 
suies sont aplaties dans toute leur longueur, et un peu plus 
étroites vers leur base. 

On doit la connoissance de cette espèce à Michaux pèrp. 
Les individus qti'on cultive au Jardin du Roi proviennent dts 



3«A Fllli 

graines qu'il y a envoyées , et qui , ayant lrè3-l)it;n réussi, ont 
permis de rppandre cet arbre tant en France ijue chez les 
difFérens amateurs et cultivateurs de l'Europe. 

Le bois du frêne bleu réunit la solidité et la force à l'élas- 
ticité ; dans les parties des Etats- Unis où il est répandu , il sert 
à peu près aux mêmes usages que le frêne blanc dans les pays 
où celui-ci est commun. 

Frêne a FRurr large : Fraxinus plaficarpa, Mich. ,Flor.Bor. 
Amer, y 2 , p. 266 ; WiHd., Spec, 4 , p. 1 io3. ; Mich. , Arb. 
Amer., 5 , p. 128 , t. 1 3. La plus grande élévation à laquelle 
cet arbre puisse atteindre, paroît être celle de trente pieds. 
Ses jeunes pousses et ses feuilles, dans leur premier âge , sont 
blanchiltres et couvertes en dessous d'un duvet assez épais, 
mais qui disparoît entièrement à mesure qu'on avance vers 
i'été. Ces feuilles sont rarement composées de plus de cinq 
folioles pédicellées, ovales , dentées en scie , rétrécies à leurs 
deux extrémités. Ses fleurs sont très -petites, disposées en 
grappes courtes, presque simples. Les fruits sont ovales, com- 
primés, obtus, beaucoup plus larges que dans aucune autre 
espèce. Ce frêne croît naturellement sur les bords marécageux 
des rivières dans les deux Carolines. Il est cultivé au Jardin 
du Roi et chez quelques particuliers. 

Frêne vert-noir ; Fraxinus atrovirent , Desf. , Hort. Par. 
Cet arbre, qui ne paroît devoir s'élever qu'à une hauteur 
médiocre, est remarquable parla couleur d'un vert sombre de 
ses feuilles. Celles-ci sont composées de onze folioles pédicel- 
lées , ovales - obtuses , glabres, d'un vert très-foncé en dessus, 
plus pâles en dessous, légèrement pubescentes , surtout en 
leurs nervures, irrégulièrement crépues et dentées en leurs 
bords. Cette espèce est cultivée au Jardin du Roi, et elle passe 
pour être originaire de l'Amérique septentrionale. 

Frêne nain ; Fraxinus nana, Desf., Hort. Par. Cette espèce 
n'est qu'un arbrisseau , dont la tige est divisée en rameaux 
nombreux, glabres, d'un bleu noirâtre, garnis de feuilles 
composées de neuf à onze petites folioles, ovales, aiguës, 
presque sessiles, glabres, à peine dentées en leurs bords. Elle 
est cultivée au Jardin du Roi , sans que l'on connoisse son lieu 
natal. 

Tous les frênes exotiques se cultivent de la même manière 



FRE 335 

que le frêne commun. On multiplie par les semences toutes 
les espèces qui en produisent; mais celles qui en donnent eu 
France nesont encore qu'eu petitnombre. Toutes cellesdonton 
ne peut se procurer des graines , de même que les variétés que 
les semences ne reproduiroientpas, se multiplient en les gref- 
fant sur le frêne commun , soit en fente , soit en écusson. 
(L.D.) 

FRENEAU. (Ornilh.) C'est, en vieux françois, le nom de 
l'orfraie, ^/co ossifragus, Linn. (Ch. D.) 

FRESACO {Ornitli.) , nom donné, dans l'ancienne province 
de Guyenne, à la chouette effraie ou fresaie , strix Jlammea , 
Linn. (Ch. D.) 

FRESAIE. {Ornilh.) Ce nom, suivant Ménage, dans son 
Dictionnaire étymologique de la langue françoise, vient du 
latin prœsaga, et il a été donné à la chouette effraie, strix 
Jldmmea, Linn., parce que cet oiseau est regardé comme de 
mauvais augure. D'autres le tirent de ce que les plumes de 
son cou présentent la forme d'une fraise. Salerne dit que l'en- 
goulevent, caprimulgus europeus , Linn., est aussi appelé/resai« 
à Loudun et dans l'ancienne province de Saintonge. (Ch.D.) 

FRESH WATER HERRING. {Ichthjol.) En Ecosse, ces 
mots , qui signifient hareng d'eau douce , servent à désigner 
le corégone clupéoïde du lac Lochlomond. Voyez Corégone. 
(H. C.) 

FRESNE ÉflNEUX. (Bot.) C'est le clavalier, zanthoxjum 
clava Herciilis , qui est ainsi nommé. (J.) 

FRESNO. (Bot.) Dans les Andes du Pérou, ce nom est 
donné au teeoma azalœfolia de la Flore équinoxiale de MM. de 
Humboldt et Kunth. (J.) 

FRESRAN. {Bot.) Voyez Caracher. (J.) 

FRET, Frett, Frettel, Friti, Frettchbn {Mamm.) , noms 
du furet, dans les langues germaniques. (F. C.) 

FRETADOUS. (Bof.) Voyez- Coussoudos. (J.) 

FRETILLET. (Bot.) Ce nom est donné, dans les campagnes 
de la Bourgogne, au pouliot. (J.) 

FRETILLET ( Ornitli.) , nom donné par les Champenois au 
pouillotou chantre, motacilla trochilus , Linn. (Ch. D.) 

FRETIN. (Ichthjol.) Les pêcheurs donnent ce nom à tout 
poisson trop petit pour être mangé autrement qu'en friture, 
17. 25 



585 FRE 

ou pour élTC cmploj'ë à autre chose qu'à servir d'appât 
pour la pêche des poissons voraces. Il diffère de l'alvin, qui 
n'est composé que de poissons propres aux étangs. Voyez 
Poisson. (H. C.) 

FRETT BAR , Frett bor {Mamm.), nom que quelques auteurs 
allemands donnent au coati, et qui signifie propremenl/uref- 
ours, (F. C.) 

FREUX. {Ornilh.) Celte espèce de corbeau , qu'on nomme 
aussi /rajon.fie, est le corvus frugilegus , Linn. (Ch. D.) 

FREYERA. (Bot.) Scopoli donne ce nom au mayepea d'Au- 
blct, genre que Vahl a supprimé et réuni au chionanthus de 
la famille des jasminées, mais à tort, puisqu'il a quatre pétales 
et surtout quatre étamines, non alternes avec les pétales, mais 
placées au-devant de chacun ; d'où il résulte que ce genre doit 
être conservé, et rester dans la famille des rhamnées. Il faut 
ne pas confondre avec lema-yepea le genre Ceranthus deSchre- 
ber, qui doit être réuni au chionanthe. (J.) 

FRÉZIÈRE, Fresiera. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, 
à fleurs complètes, polypétalées, de la famille des ternstro- 
miées, de Ici polj-andrie monogjnie de Linnœus, offrant pour 
caractère essentiel : Un calice à cinq folioles; cinq pétales ; 
environ trente étamines insérées sur un disque au fond du ca- 
lice; un ovaire supérieur; un style à trois ou cinq divisions; 
une baie à trois ou cinq loges polyspermes. 

Ce genre avoit d'abord été établi par Swartz sous le nom 
d'eroieum ■ il y a substitué, depuis, celui de freziera , plus 
généralement adopté. II comprend des arbres de diverse 
grandeur, de l'Amérique méridionale, à feuilles alternes , 
coriaces; les fleurs sont axillaires, quelquefois solitaires et 
sessiles. On remarque les espèces suivantes. 

FRiiziÈRE FAUX-THÉ : Frcziera iheoides , Swartz, Fl.Ind. occid.^ 
2 , pag. 972 ; Eroleum , Prodr. , 85. Arbre des hautes mon- 
tagnes de la Jamaïque, qui s'tlève à la hauteur de vingt à 
quarante pieds. Ses rameaux sont glabres, cylindriques, gar- 
nis de feuilles alternes, pétiolées , glabres, ovales -lancéolées, 
luisantes en dessus, à dentelures obtuses. Les fleurs sont blan- 
châtres, solitaires, axillaires, pendantes, pédonculées; les 
divisions du calice profondes, ovales, membraneuses: deux 
plus petites ; les pétales ovales, arrondis, un peu ondulés à 



FRE S87 

leurs bords, ciliés, étant vus à la loupe; l'ovaire puhescent; 
le fruit est une baie arrondie , à trois loges, de couleur fer- 
rugineuse, et de la grosseur d'un pois. 

Fréziere a feuilles ondulées : Freziera undulata, Swartz 
Flor. Ind. occid., 2, pag. 974-, Eroteum , Svvarlh , Prodr., 85- 
Vahl , Symb.,z,^a§. 61. Arbre élégant qui croit sur les hautes 
snontJignes de l'Amérique méridionale, et s'élève jusqu'à la 
Jiauleur de cinquante pieds. Ses rameaux sont bruns, parse- 
més de points blancs; ses feuilles pétiolécs, elliptiques, lan- 
céolées, acuminées, dentées et ondulées à leurs bords, longues 
-de quatre pouces, glabres à leurs deux faces. Les lleurs sont 
réunies en petites ombelles axillaires; les divisions du calice 
rarroiidies , iégèremeiit ciliées, accompagnées de deux petites 
Lractées ovales, concaves; les pétales blancs, oblongs ; les 
fruits presque ronds, un peu coniques, glabres ,^à trois 
J-oges, de la grosseur d'un pois; les semences anguleuses et 
ponctuées. 

Frézière réticulée : Freziera reticulata , Hunib. et Bonpl. 
PL ^quin. , 1 , pag. 22 , tab. 5 ; Poir. , III. Gen. , Suppl. , cent, 
jo. Arbre de dix-huit pieds, dont les rameaux sont couverts 
d'un duvet tomeuteux, parsemés de petits tubercules ovales 
presque charnus ; les feuilles j)étiolées , coriaces, ovaies-lan- 
céolées , tomenteuses en dessous; les veines réticulées: les 
fleurs blanches, axillaires, au nombre de trois ou cinq; les 
pédoncules uiùflores, tomenteux , munis d'une petite écaille 
à leur base; le calice tomenteux, pourvu de deux bractées 
orbiculaires. Le fruit est une baie longue d'un demi-pouce 
à quatre loges poîyspernies. Cet arbre croit au Pérou dans la 
grande chaîne des Andes. 

Frézière blanchâtre; Freziera canescens , PL jEquin., n. 25 
lab. 6. Cet arbre , haut de dix-huit pieds , aie tronc lisse, le 
bois flexible, peu poreux, susceptible de prendre un beau 
poli , employé avec avantage par les layetiers. Ses rameaux 
sdnl g'abres, étalés, pubescens vers leur sommet dans leur 
jeunesse; les feuilles coriaces, lancéolées, luisantes en dessus 
légèrement dentées, revêtues en dessous d'un duvetd'iin blanc 
sale: les pétioles très-courtsj les feuilles presque solitaires . 
axillaires; le calice tomenteux; ses découpures concaves 
orbiculaires; la corolle blanche; les pétales. ovales , parsemés 



^S8 FRE 

de poils en dehors; les baies très-grosses, ovales, à trois loges 

polyspermes. Cet arbre croît dans les Andes, au Pérou. 

FftÉziÈRB A FEUILLES d'or ; Frczicra chrfsophjila, PL jEquin.y 
p. 27, tab. 7. Arbre de quinze à dix-lmit pieds, chargé de ra- 
meaux distans, couverts, dans leur jeunesse, de poils d'un 
jaune d'or; les feuilles sont à peine pétiolées , étalées, ellip- 
tiques, entières, très-aiguës, glabres et d'un vert foncé en 
dessus, tomenteuses et d'une belle couleur d'or en dessous, 
longues de quatre pouces. Les fleurs sont axillaires, pédicel- 
lées, réunies deux ou trois, accompagnées de deux petites 
bractées ovales , tomenteuses; les divisions du calice orbicu- 
laires-, cinq pétales lancéolés ; une baie petite, ovale, soyeuse, 
acuminée, à quatre loges; les semences très-petites, en rein, 
d'un jaune-cannelle. Cette espèce croit dans les environs de la 
ville oe Popayan , au Pérou. 

Fréziere soyeuse; Frezierasericea, PL Mquin., p. 29 , tab. 8. 
Arbre de trente pieds de haut, dont les rameaux sont glabres, 
à angles peu saillans, garnis de feuilles étalées, lancéolées, 
aiguës, légèrement dentées, glabres en dessus, couvertes en 
dessous de poils blancs et soyeux. Les fleurs sont axillaires, 
réunies deux ou trois, munies de deux petites bractées; le 
calice glabre ; les découpures orbiculaires ; la corolle blanche ; 
les pétales ovales , obtus ; le fruit ovale , de la grosseur d'un 
pois, glabre, à trois loges; les semences brunes, ovales, lui- 
santes. Cet arbre croît au Pérou. 

Fréziere nerveuse; Freziera nen'osa , PL /Equin., p. 3i, 
tab. 9. Le tronc de cet arbre s'élève à plus de trente pieds ; il 
s'emploie au 'Pérou pour la construction des maisons: on le 
trouve sur les hautes montagnes de la province de Pasto, dans 
les Andes. Ses rameaux sont droits, tortueux, et presque 
glabres dans leur jeunesse; les feuilles alternes, lancéolées, 
aiguës, étalées , membraneuses, quelquefois un peu pileuses 
en dessous. Les fleurs sont axillaires , fasciculées; les pédon- 
cules tomenteux, munis de deux petites bractées ovales; la 
corolle blanche; les pétales ovales, obtus; Povaire glabre; le 
style trifide; les stigmates aigus. (Poir.) 

FREZILLON {BoL) , nom vulgaire du troëne dans quelques 
cantons (L. D.) 

FREZOS {BoL), nom vulgaire des fèves en Languedoc. (L. D.) 



FRl 33g 

FRIAND. (Entom.) Goëdaert a nommé ainsi une espèce de 
bombyce voisine delà méticuleuse. (CD.) 

FRICATOR [qui frotte], (Mamm.) , surnom donné par Lin- 
Baeus au chien doguin. (F. C.) 

FRICHLING {Mamm.), nom que l'on donne au marcassin 
en Allemagne. (F. C.) 

FRICON. (Bot.) Le fragon piquant porte ce nom en Bour- 
gogne. (L. D.) 

FRIDATUTAH. (Ornith.) L'oiseau auquel on donne, au 
Bengale, ce nom qui s'écrit aussi fridjtutah , et qu'Albin a 
décrit et figuré , tom. 3 , pag. 7 , et pi. 14, est le psittaca ben-' 
galensis de Brisson , tom. 4, p. 348, et la petite perruche à 
tête couleur de rose et à longs brins, de Buffon , var. B du 
psitlacus erythrocephalus de Gmelin et de Latham- C'étet du 
même oiseau qu'il est question dans le Dictionnaire des Ani- 
maux de la Chesnaye-des-Bois, sous le nom de fridatulari. 
(Ch. D.) 

FRIEZLAND. (Ornith.) Suivant Marsden , tom. i , pag. 188 
de son HistQire de Sumatra, traduction Françoise, l'oiseau 
qu'on appelle ainsi dans cette île est la poule nègre. (Ch.D.) 

FRIGANE ou Phrygane , Phrjganea. [Entomol.) Genre 
d'insectes névroptères, de la famille des agnathes, près dc& 
éphémères, dont ils se rapprochent par les mœurs et la dispo- 
sition des parties de la bouche. En effet, comme le nom de 
la famille l'indique, les mâchoires et les mandibules sont à 
peine développées, l'insecte ne prenant pas ou presque pas 
de nourriture sous l'état parfait. Ces deux genres diffèrent 
l'un de l'autre par la disposition des ailes , qui sont disposées 
en toit sur l'abdomen dans les friganes, et étalées ou redres- 
sées dans les éphémères; et par les antennes, qui sont plus 
courtes que la tête dans ces dernières , tandis qu'elles sont 
longues, en soie, et souvent plus étendues que le corps, dans 
les friganes. 

Ce nom, emprunté du grec parLinnœus, Çûvya.viov,s\gmùs 
un petit fagot ; il indique une particularité des larves d'où 
proviennent plusieurs espèces de ce genre, qui collent au 
fourreau, qu'elles se filent au milieu des eaux, des brins dic 
jonc et d'autres fragmens de plantes aquatiques , dont l'en- 
semble représente ainsi une petite hourvce -. (^pvyan^ofxah vir- 



gulta arida eolligo, je ramasse de petits boîs secs. Aussi quel- 
ques auteurs, comme Kéaumur, ont- ils nommé ces larves 
des teignes aquatiques. Ce célèbre observateur a consacré 
plusieurs planches de son bel ouvrage à représenter ces four- 
reaux des friganes. ( Mémoires pour servif à l'Histoire des 
Insectes , tom. m , pag. 204 , pi. 1 2 , i 3 et 1 4. ) Nous avons fait 
figurer iious-même l'un de ces fo\irreaux. Voyez planches de 
l'Atlas, Névropières agnathes , n.'S, et un autre, sous le n.°2 , 
recouvert de particules de sable agglutinées. D'après cette 
ëtymologie, c'est donc à tort que Geoffroy, qui a traduit le 
mot phi jganea deLinnseus, l'a écrit en françois/r/gane, et non 
phrjgane. Nous avons même été indécis si nous ne renverrions 
pas le mot à son rang alphabétique, et nous écrirons inditfé- 
renimciit ce nom des deux manières , comme nous l'avons 
déjà fait dans plusieurs mots de renvois : Charée, Caset. 

Les phryganes, sous l'état parfait, ressemblent de prime 
abord à de petites noctuelles ou à des pjrales , ce qui a fait 
nommer ces insectes mouches papilionacées. Leur corps est 
alongé, étroit et velu ; leur .tête est petite, à ye^ux saillans ; 
leur front, quoique poilu, laisse cependant apercevoir chez 
quelques espèces deux stemmates ou petits yeux lisses; les 
antennes en soie sont très-longues, portées en avant dans le 
repos le plus ordinairement, et très-mobiles ; la bouche ne 
porte pas de trompe, mais des palpes aîongés , que l'insecte 
meut avec activité. Les mandibules et les mâchoires sont 
membraneuses, à peine distinctes. Leur corselet est formé de 
trois parties : la première , qui ne paroit presque pas en 
dessus, supporte la paire des pâtes antérieures; la seconde 
pièce reçoit à la fois la paire de pâtes intermédiaires et les 
ailes supérieures; enfin c'est sur la troisième pièce du cor- 
seletqiie les ailes inférieures et la paire de pâtes postérieures 
sont articulées. Ces pâtes sont grêles, alongées, surtout les 
dernières. Toutes ont les jambes épineuses ou garnies d'épe- 
rons, et leurs tarses sont composés chacun de cinq articles. 
Les ailes supérieures sont triangulaires, à grosses nervures 
longitudinales, le plus souvent poilues, velues ou écailleuses, 
quelquefois colorées ou tachetées. 

On observe les phryganes dans les lieux humides, aux envi- 
rons des rivières ou des étangs, où leurs larves se développent. 



FRÎ 391 

Elles ne volent guère que le soir; i)endant le jour, elles restent 
fixées et immobiles comme les noctuelles : elles présentent 
cette particularité que y quand elles se sont ainsi tapies, elles 
portent directement en avant leurs longues antennes, dans 
Taxe du corps et parallèles 5 au moindre mouvement, à la 
moindre crainte qu'on leur inspire , ces antennes s'écartent 
l'une de l'autre , s'agitent vivement , et semblent vibrer. Alors 
l'insecte se meut avec rapidité, et bientôt il s'envole. Comme 
tous les insectes nocturnes, les friganes sont attirées par la 
kimière: aussi, dans les soirées d'été, viennent-elles, comme 
les éphémères et les phalènes , se jeter sur les bougies allu- 
mées , et nous avons vu plusieurs fois les glaces des réver- 
bères des ponts placés sur la Seine , couvertes entièrement 
de ces insectes. 

Nous avons déjà dit que les friganes provenoient des larve» 
aquatiques, qui vivent dans des fourreaux; c'est ce qui a 
fait sans doute que Charleton , dans ses Exercitationes physico- 
med/cfc, a cru devoir rapportera ces larves ce qu'a dit Aristote 
des insectes qu'il nomme ^yAo^ôo'pof , xylophtoron , qu'il regarde 
comme les -phrj ganians de Belon, que les pêcheurs appellent 
vulgairement les charrées ou casets. C'est principalement sous 
celte forîne de larves, en effet, que ces insectes offrent beau- 
coup d'intérêt aux naturalistes. 

Ces larves ou ces chenilles aquatiques sont alongées, ordi- 
nairement de couleur blanche, parce qu'elles sont étiolées 
par la privation de la lumière, leur corps étant constamment 
renfermé dans un fourreau. Elles n'ont que six pâtes articu- 
lées, placées près de la fête, et qui servent au mouvement ; 
mais leur corps se termine en arrière par deux crochet» 
ëcailleux , forts et courbés en manière dp crampons, dont 
l'insecte se sert pour se fixer solidement dans l'intérieur de 
son fourreau , quand on fait quelques efforts pour l'en tirer. 

La tête de ces larves est écailleuse comme celle des che- 
nilles; leur bouche estmuniededeux mandibules tranchantes, 
dont l'insecte se sert pour couper les particules des végétaux 
qui servent à sa nourriture, et pour disposer convenablement 
les matériaux qui doivent être façonnés, afin d'entrer dans la 
construction de leur domicile transportable. On y voit en ou de 
les filières dont la larve fait sortir les filamens déliés qui 



3<j» FRI 

doivent former le tissu de soie intérieur qui sert de base à leur 
fourreau. 

Les trois premiers anneaux qui viennent après la tête, 
supportent chacun une paire de pâtes qui vont successive- 
ment en augmentant de longueur, la première paire étant la 
plus coyrte. Ces pâtes sont bien articulées; on y distingue 
■une sorte de cuisse, une jambe et un tarse. Quand l'insecte 
change de place , ces trois premiers anneaux sortent du 
fourreau. 

Neuf autres anneaux forment le reste du corps, qui est 
toujours blanchâtre. On voit sur le premier de ceux-là, e» 
dessus ou du côté du dos, trois tubercules charnus, plus ou 
moins saillans, dont l'insecte paroît se servir pour s'appuyer 
dans l'intérieur de son fourreau et pour y cheminer, comme 
les larves des cicindèles dans les tuyaux qu'elles se creusent 
pour s'y tenir en embuscade. Les anneaux qui viennent en- 
suite sont chacun , à l'exception du dernier, garnis en dessus 
d'un grand nombre de filamens blanchâtres , disposés par 
faisceaux doubles, susceptibles de se dresser. Ces filamens 
paroissent être de véritables branchies. On voit en effet que 
l'insecte, renfermé dans son fourreau, y fait entrer de feau , 
qui en sort brusquement quelque temps après. Réaumur, qui 
les avoit observés, dit qu'il seroit tenté de croire qu'ils ont 
quelque analogie avec les branchies de poissons. Ils ont en 
effet le plus grand rapport avec les panaches des larves d'éphé- 
mères, si bien observées par Swammerdam. C'est à tort que 
Vallisnieri a cru ces filamens propres à faire adhérer la larve 
à son fourreau. 

Réaumur, qui a décrit parfaitement ces larves , a reconnu 
que,lorqu'on les retire brusquement de leur fourreau, comme 
le font les pécheurs à la ligne, lorsqu'ils veulent s'en servir 
pour amorcer leurs hameçons, ces larves, placées de nouveau 
près de leur fourreau, y rentrent d'elles-mêmes, la tête la 
première, quoique ce fourreau soit fermé par l'extrémité 
opposée : heureusement qu'il est en général assez large pour 
que l'insecte puisse se retourner dedans. 

Mais, dit cet auteur, si ces larves rentrent volontiers dans 
leurs fourreaux, ce n'est pas qu'elles soient paresseuses à s'en 
faire de neufs, mais il leur est plus commode de se servir de 



FRI 595 

«elui qui est tout fait, que de commencer à travailler sur 
nouveaux frais. Cependant, voulant les voir à l'ouvrage, il en 
a mis plusieurs dans cette nécessité , et il décrit avec beaucoup 
d'intérêt les procédés qu'il leur a vu mettre en usage en cette 
occasion, soit pour se faire, comme il le dit, des habits neufs, 
soit pour alonger les leurs, y ajouter des pièces, les alléger 
ou les lester, suivant les cas, comme nous le dirons. 

Ces tuyaux varient beaucoup pour la forme et la disposi- 
tion extérieure; il paroit que chaque espèce offre des parti- 
cularités dans l'art avec lequel elle construit sa demeure, et 
que la nature des eaux dans lesquelles la larve est appelée a 
se développer, exige des précautions et des arrangemens 
différens. 

Ces fourreaux, qui sont en général un peu coniques, en 
dedans au moins, sont ouverts par le bout qui donne issue 
a la tête et aux pâtes; ils sont fermés par l'autre. Les uns , 
et ce sont ceux des larves qui habitent des eaux courantes, 
sont couverts en dehors de graines, de petites pierres et de 
particul'es de coquilles , que l'insecte agglutine et colle exac- 
tement au dehors: souvent, et c'est encore une observation 
de Réaumur qu'il est facile de vérifier, on en trouve qui sont 
entièrement recouverts de planorbes, de bulimes, de petites 
tellines, quelquefois d'une même espèce, et dans chacune de 
ces coquilles se trouvent les mollusques vivans ; et ces coquilles 
y sont si bien attachées, qu'il n'est pas possible au véritable 
propriétaire de se séparer de l'enveloppe dont il fait partie. 
Aussi l'auteur auquel nous empruntons ces détails fait-il cette 
réflexion, en parlant des fourreaux ainsi construits : « Ces 
« sortes d'habits sont fort jolis, mais ils sont de plus très-sin- 
« guliers. Un sauvage qui , au lieu d'être couvert de fourrures, 
4f le seroit de rats musqués, de taupes et d'autres animaux 
« vivans, auroit un habillement bien extraordinaire : tel est 
« en quelque sorte celui de nos larves. ^^ 

Parmi les larves, celles qui se développent dans les étangs, 
dans les mares et dans toutes les eaux stagnantes, garnissent 
leurs fourreaux de parcelles de roseaux, de brins d'herbes 
ajustés avec un art admirable. Le cylindre de soie intérieur 
est inscrit dans un pentagone, un hexagone, un heptagone 
ou tout autre polygone, de manière que chacun des brins se 



594 FRI 

pmlongpant, se croise de part et d'autre avec un des brins 
qui touchent le même tuyau. Il résulte de là des fourreaux 
extrêuieinent hérissés, qui ont jusqu'à douze fois le diamètre 
du cylindre extérieur. C'est à ces sortes de fourreaux que con- 
viendroit plus particulièrement le nom de ph.r}-gariion., puis- 
qu'il ressemble véritablement à une petite bourrée. 

D'autres découpent en spirale des lames de feuilles de pota- 
mogëtons, de nymphsea ou d'autres plantes aquatiques; quel- 
ques unes ajustent les folioles des lemnas, des callitrichcs, 
qui restent long-temps vivantes, quoique submergées, et dé- 
guisent ainsi la présence des insectes aux poissons , qui en sont 
fort avides. 

Nous en avons fait nous-même travailler plusieurs dans des 
circonstances obligées, où nous ne leur livrions que des sables 
colorés, du verre, du cobalt, du mica, du grès à grains régu- 
liers cubiques, et il résultoit de leur travail une sorte de 
mosaïque dont nous avons conservé quelques échantillons. 

Au reste , ce n'est pas la seule industrie de nos larves ; elles 
en manifestent une autre, non moins admirable, par la pré- 
caution et l'espèce de prévoyance qu'elles emploient avant 
de se changer en nymphes, ou dans cet état de chrysalide qui 
ne leur permettroit plus de se défendre contre les animaux 
même les plus foibles , qui voudroient en faire leur pâture. 
Sous cet état de sommeil apparent la nymphe respire encore, 
et pour permettre à l'eau un libre accès par les deux extrémi- 
tés du fourreau qui la renferme, elle avoit besoin d'y construire 
une sorte de grillage ou de diaphragme qui, semblable à un 
tamis grossier, permettroit à l'eau de pénétrer par l'une des 
extrémités pour sortir par l'autre. Réaumur compare cette 
cloison à une porte grillée qui, cependant, est assez mobile 
pour devenir concave d'un cAté quand l'animal semble y atti- 
rer l'eau pour inspirer, et pour paroitre convexe à l'extré- 
mité opposée, lorsque l'eau la traverse dans l'expiration. La 
plupart de ces larves ont aussi prévu qu'il valoit mieux , pen- 
dant cet état de sommeil , que leur fourreau fût assujetti pour 
ne pas être entraîné par le liquide ; c'est ce qui fait qu'elles 
le fixent à quelque corps solide avant de l'obturer à ses 
extrémités. 

Les nymphes des friganes ressemblent à peu près à celles 



' FRI 3ç)5 

des hémérobes et des fourmilions; cependant ce mode de séjour 
dans l'eau sous cet état a nécessité des particularités fort cu- 
rieuses a connoitre. 

D'iibord,etquoiqu'on puisse distinguer au dehors, surtout cî 
une époque un peu éloignée de la transformation en nymphe, 
tous les rudimens des membres nouveaux que doit prendre 
l'insecte en passant de l'état de larve ou de chenille à celui 
d'une frigane ailée, avec de longues antennes en soie, de 
très-longues pales et une tête, et surtout avec une bouche tout- 
à-fait différentes de celle qui se remarquoit dans la larve , il 
y a sur le dos de cesfilamens blancs, de ces panaches qui sont 
de véritables branchies, les ailes, encore en moignon ,j sont 
placées sur le ventre; l'extrémité de l'abdomen se termine 
par deux crochets dont la n3'mphe peut encore se servir pour 
se cramponner dans son fourreau quand on veut l'en extraire 
de force .- mais on n'aperçoit pas du côté de la tête ce qui 
pourra servir à l'animal pour percer le grillage qu'il s'est f51é, 
avant sa métamorphose, à celle des extrémités de son tuyau 
par laquelle il doit sortir , puisqu'il correspond à la tête. 
Vallisnieri et Réaumur ont appris qu'il en étoit de ces larves 
comme des petits poulets renfermés dans la coquille , qui 
portent sur la pointe de leur bec une matière solide, à l'aide 
de laquelle ils incisent la coque en dedans pour faire sauter 
la voûte qui les a protégés avant et pendant l'incubation. De 
même aussi ils ont sur le sommet de leur tête une aigrette , 
une sorte de huppe formée par une touffe de poiis roides , 
qui recouvrent deux crochets dont les pointes réunies forment 
une sorte de bec qui ne sert à l'animal que pour cette cir- 
constance où il percera son grillage. En effet, ces nymphes 
sont mobiles vers l'époque où elles sont appelées à devenir 
insectes parfaits. Nous en avons observé plusieurs fois , et nous 
allons même donner des détails que nous n'avons pas trouvés 
indiqués dans les auteurs: le hasard seul nous les a appris; 
mais nous avons reproduit volontairement les mêmes cir- 
constances, qui nous ont fait assister à un spectacle des plus 
merveilleux. 

Comme nous l'indiquions tout à l'heure, nous avons élevé 
des larves de friganes d'espèces diverses, et nous les avions 
obligées de construire devant nous leurs fourreaux avec des 



3^6 FRI • 

matériaux donnés. Le bocal qui les renfermoit conteiloit de- 
puis plus de quinie jours toutes ces nymphes dans l'immobi- 
lité la plus grande , lorsqu'un matin , à notre grande surprise , 
nous aperçûmes dans Teau un grand nombre d'insectes qui y 
nageoient par bonds et avec vélocité; nous ne tardâmes pas à 
reconnoitre que c'étoient des nymphes de friganes. Après les 
avoir examinées avec quelque soin , nous prîmes , à l'aide d'une 
large barbe de plume, une de ces nymphes agiles , et nous 
l'examinions depuis quelques minutes, lorsque tout à coup et 
sous nos yeux , il survint à l'animal , qui étoit en repos , et qui 
paroissoit souifrir, une sorte de gonflement emphysémateux; 
il se boursoufla comme une vessie remplie d'air; sa peau des- 
séchée se creva du côté du dos; il se forma là une déchirure 
alongée par laquelle nous vîmes bientôt saillir le corselet de 
l'insecte ; les ailes se dégagèrent, s'alongèrent, s'étendirent; 
l'abdomen sortit de son fourreau, les antennes se déroulèrent 
comme par un ressort; bientôt les pâtes elles-mêmes se dé- 
gainèrent d'un:étuitrès-mince , etl'insecte s'éloignade quelques 
pas. 

Nous avions été témoin de cette sorte d'accouchement, 
qui s'opéra en moins d'une minute. Nous répétâmes l'expé- 
rience sur un autre individu, péché de la même manière à 
l'aide de la barbe de plume, et la métamorphose réussit aussi 
bien. Tendant deux ou trois jours nous eûmes cette année-là 
le même spectacle produit à volonté, et nous nous sommes 
assuré, l'année suivante, que ces larves pouvoient ainsi 
rester jusqu'à huit jours dans l'eau sans y périrj que la cir- 
constance qui s'opposoit à leur métamorphose étoit l'impossi- 
bilité dans laquelle nous avions placé ces larves de s'accrocher 
sur quelque corps solide pour changer d'élément. C'est un fait 
très-curieux, et que nous sommes bien aise d'avoir occasion 
de consigner ici. 

Les entomologistes qui ne s'occupent que de la classification 
drs insectes, sont forcés d'éloigner beaucoup dans leurs sys- 
tèmes les friganes sous l'état parfait, des espèces de névroptères 
à bouche garnie de mâchoires, telles que les perles et les sem- 
blides. Cependant la forme de ces larves et leurs habiturles 
sont à peu près semblables, surtout dans les espèces du pre- 
mier genre. 



FRI 3,j7 

Nous avons décrit les caractères des frîgancs; mais les voici 
d'une manière plusabrégée : névrop tères buccellés, ou agnathes, 
ou à bouche très-petite, distincte seulement par les palpes; à 
antennes plus longues que la tête -, à ailes en toit , plus longues 
que l'abdomen , qui ne se termine pas par des soies. Ces carac- 
tères suffisent pour distinguer les friganes de tous les autres 
névroptères. 

Les espèces principales de ce genre sont les suivantes : 

Frigane strij^.e , Phrjganea striata. 

C'est la frigane couleur fauve figurée par Geoffroy, tom. Il, 
pi. xiiijfig. v;et par Réaumur, tom. III, pi. xiij, fig. 8, 
9 et n. 

Elle a le port d'une phalène noctuelle alongée; sa couleur 
est fauve , avec les yeux bruns ; les ailes sont d'un gris jaunâtre, 
avec des veines saillantes d'un roux brun et une tache blanche 
à l'extrémité ; ses pâtes sont longues et épineuses. On la 
trouve sur les bords de l'eau, mais elle ne vole que le soir; 
dans le jour elle se tapit sur les murailles ou contre les arbres. 

Frigane grise, Phrjganea grisea. 

Degéer l'a figurée, tome II, pi. i3, fig. 18 à 21. Elle est 
grise , avec les ailes supérieures nébuleuses , et une tache 
marginale noire. 

Frigane grande , Phryganea grandis. 

Ses ailes sont cendrées, avec deux lignes longitudinales 
noires et un point blanc. 

Frigane rhombe, Phryganea rhombica. 

C'est la frigane panachée de Geoffroy. Réaumur en a donné 
une figure , tom. III, pi. 14 , sous le n.° 5. Ses aiks sont d'un 
Jaune brun, avec une large tache blanche rhomboïde. 

Frigane DEUX-TACHES, Phiyganea bimaculata. 

Degéer en donne la figure tom. II, pi. xv, n.° 1,10. Ailes 
brunes, arec deux taches lunulées jaunes au-devant l'une 
de l'autre. 

Frigane noihe , Phrjganea nigra. 

C'est la frigane mouche-en-deuil de Geoffroy. Elle est toute 
noire, et ses antennes sont deux fois plus longues que son 
corps. 

On connoît près de cent espèces de ce genre; Devillers ea 
a décrit soixante-six, en y comprenant les perles. 



398 FRI 

FaiGANE FAUSSE. Dcgécr nomme ainsi les perles de Geoffroy. 
(CD.) 

FRIGANITES. (Entom.) M. Latreille a désigné sous ce nom 
la tribu des insectes uévroptères qui comprend les phryganes. 
Il les a aussi nomuiés plicipennes , parce que leurs ailes infé- 
rieures , plus larges que les supérieures, sont plissécs en 
long. (CD.) 

FRIGOULE. (Bot.) Le thym commun porte ce nom en 
Languedoc. (L.D.) 

FKILLEUSE (Omith.), un des noms vulgaires du rouge- 
gorge, inotacilla rubecula, Linn. (Ch. D.) 

FRIÎNGEGO. {Bot.) On lit dans la nouvelle Encyclopédie, 
que le pisonia aeuleata est ainsi nommé dans plusieurs lieux de 
l'Amérique. (J.) 

FRINGILL^ ADFINIS. ( Ornith.) L'oiseau désigné par 
cette dénomination dans le Gênera avium de Mœhring, n.° 101 , 
est le cotinga ouette , ampelis carnifex , Linn. ( Ch. D. ) 

FRINGILLAGO. {Ornith.) La mésange charbonnière, paru* 
major, Linn., est désignée par ce terme dans Belon et dans 
Gesner. (Ch. D.) 

FRINGILLE. ( Ornith. ) L'oiseau originairement appelé 
fringilla étoit le pinson ; mais Linnaeus a donné à ce nom 
une acception bien plus générale, et, l'appliquant à tous les 
oiseaux qui ont un bec conique, droit, acuminé, et qui se 
nourrissent presque exclusivement de grains, outre les pin- 
sons, il a compris dans cette grande famille les moineaux, 
les linottes, les chardonnerets, les serins, les tarins, les 
bengalis , etc. Les -mêmes oiseaux éloient distribués par 
Brisson dans ses 3a.' et 35.* genres , ayant , pour caractères 
communs, le bec en cône raccourci j les mandibules droites 
et entières; quatre doigts dénués de membranes, dont trois 
devant et un derrière, tous séparés environ jusqu'à leur ori- 
gine, et les jambes couvertes de plumes jusqu'au talon. Les deux 
genres se distinguoient l'un de l'autre en ce que, dans le Sa.*, 
celui du chardonneret, carduelis , la pointe du bec étoit grêle 
et alongée, et que, dans le 53.', celui du moineau, passer, 
la pointe du cône étoit grosse et courte : ce genre se trouvoil , 
d'ailleurs, àéparé du 54.', les gros - becs , coccothrausles , en 
ce que la base du bec des premiers étoit beaucoup moins large 



FPtl 099 

que la tête, tandis que chez ceux-ci la base étolt presque 
aussi large que Ja lêle elle-même. Le ou.' genre de Brissou 
comprenoit, avec les cliardonnerets, les tarins, sous le nom 
particulier de ligurinas , et dans le 55.' Brissoii avoit réuni 
aux moineaux, passer: 1.° les cardinaux, cardinalis ; 2." les 
veuves, vidua; 5." les linottes, linaria; 4.° les pinsons, /rin- 
giUa; 5." les serins, serinus; 6." les verdiers, chloris • 7." les 
hengalis, hengalus; 8." les sénégalis, seaegalus • 5." les maias, 
tnaia ; 10." les grenadins , granatinus. 

Plusieurs auteurs ont essayé ensuite d'introduire d'autres 
coupures dans le genre trop nombreux des fringilles, dont 
M. Meyer a ainsi déterminé les caractères généraux : Bec co- 
nique, droit, pointu , moins épais, mais plus alongé que chez 
les gros-becs ou loxies ; mandibules égales, sans échancrure ; 
narines un peu ovales, couvertes; langue charnue, arrondie, 
à pointe cornée et un peu fendue ; corps moins ramassé et 
plus étendu que chez les gros-becs. Le même auteur a sous- 
divisé ce genre, qui est son 19.", en quatre sections, caracté- 
risées, la première , par un bec arrondi dans les divers sens , 
droit, épais, à pointe un peu émoussée; elle comprend les 
pinsons communs, de montagne, de neige, le moineau : la 
deuxième, par un bec également arrondi , mais moins alongé, 
et dont la pointe est courte; elle renferme les linottes : la troi- 
sième, par un bec plus grêle, un peu comprimé sur les côtés, 
à pointe longue et aiguisée , dans laquelle se trouvent le char- 
donneret , le tarin , le serin : et la quatrième , par un bec droit, 
un peu semblable à celui du bruant, à pointe aiguisée, dont 
les mandibules ont les bords rentrans , et dont le doigt posté- 
rieur est plus long et a l'ongle pareil à celui de l'alouette. 
L'auteur cite, comme espèces appartenant à cette section, les 
friugilla calcarata, Pall., et fringilla lapponica, Gmel. 

Illiger, ne trouvant pas de caractères assez tranchés dans 
les sous-divisions de* fringilles , n'a pas cru devoir lesadopter, 
et noîi seulement il n"a pas séparé les moineaux, les pinsons, 
les verdiers, etc., mais il leur a réuni les gros -becs et les 
bouvreuils. 

M. Temminck, après avoir comparé plusieurs espèces exo-» 
tiques de bouvreuils , de gros-becs, de moineaux, de pinsons 
et de tarins, avoue aussi qu'il n'a trouvé de différences asses 



Zloo Fi>i 

constantes qu'entre les bouvreuils et les tarins; mîiis que les 
gros-becs, les moineaux et les pinsons ne lui en ont point 
offert qui fussent stables et faciles à saisir. Il s'est, en con- 
séquence, borné à séparer les oiseaux compris dans son genre 
Gros-bec, qui correspond aux fringilla d'illiger, en cinq divi- 
sions, sous les dénominations ci -dessus indiquées, et à leur 
donner des bases plus ou moins fixes, qui consistent, pour 
la première (bouvreuils), en des mandibules convexes, dont 
la supérieure est courbée à la pointe , et en des narines le plus 
souvent cachées par les plumes du front; pour la seconde 
(gros-becs et verdiers), en un bec conique, droit et presque 
aussi large, ou même plus large que la tête à son origine , 
avec une arête plate qui s'avance en angle sur le front ; pour 
la troisième (moineaux et linottes) , en un bec moins large 
que la tête , ayant la mandibule supérieure foiblement cour- 
bée , et l'arête qui s'avance sur le front, plus ou moins 
exhaussée-, pour la quatrième (pinsons), en un bec conico- 
cylindrique, dont les mandibules sont droites et terminées en 
pointes aiguës; et pour la cinquième (tarins, chardonnerets, 
sizerins), en un bec droit, conique, alongé et comprimé, 
dont les mandibules ont les pointes très-aiguè's, et dont les 
narines sont le plus souvent cachées parles plumes du front. 

M. Vieillot a divisé ses fringilles en sept sections, et il a 
assigné à chacune d'elles les caractères suivans: 

1."^" Pointe du bec comprimée latéralement, plus ou moins 
alongée , grêle et très-aiguë : ce sont les chardonnerets , les 
tarins , etc. 

a." Bec à pointe courte et peu aiguë, paroissant, lorsqu'on 
le regarde en dessus, dilaté et un peu aplati près du capis- 
trum. Les bengalis et les sénégalis. 

3.' Bec un peu ovale , à pointe courte et un peu obtuse. Les 
serins. 

/j.* Bec à pointe un peu épaisse, légèrement inclinée et 
obtuse. Les moineaux. 

6.^ Bec parfaitement conique , à pointe un p'eu comprimée 
et un peu aiguë. Les linottes. 

6.* Bec plus fort que celui des linottes, plus ou moins 
alongé, à pointe sans compression et un peu aiguë. Les 
veuves et les pinsons. 



FRI 401 

y.'Bec presque aussi épaisque la tête, etsimplement pointu. 
Les verdiers , ett;. 

Quoique M. Vieillot ait écarté de ces sectionsles bouvreuils , 
les gros-becs et les chipius de M. d'Azara, il s'en faut de beau- 
coup qu'il ait trouvé des données suffisantes pour y distribuer 
tous les oiseaux de la nombreuse famille des fringilles, dont la 
plupart portent , dans les divers ouvrages sur l'ornithologie , les 
noms de moineaux, de pinsons, de linottes, de tarins, de sé- 
rias, de bengalis, etc. Presque tous ces oiseaux ont été décrits 
avec trop peu d'exactitude pour mettre à portée de recon- 
noître chez eux l'existence ou l'absence des caractères parti- 
culiers de chaque section, et l'auteur s'est contenté de le» 
placer, sans ordre méthodique, à la suite de la septième. 

M. Cuvier, en conservant la dénomination générale de 
fringilla à sa famille des moineaux , a assigné pour caractères 
communs aux oiseaux qui la composent , un bec conique plus 
ou moins gros à sa base , et dont la commissure n'est pas angu- 
leuse : il l'a ensuite subdivisée en tisserins , moineaux pro- 
prement dits, pinsons, linottes et chardonnerets, veuves, 
gros-becs, bouvreuils; et ces sous -genres sont caractérisés 
ainsi qu'il suit : 

Les tisserins, ploceus , Cuv. , ont le bec assez grand pour le» 
avoir fait en partie classer parmi les cassiques ; mais sa com- 
missure droite les en distingue , et d'ailleurs la mandibule 
supérieure est légèrement bombée. 

Les moineauxproprement dits, pjrg-ifa, Cuv., ont le bec un 
peu plus court, conique, et légèrement bombé vers la pointe. 
Les pinsons, auxquels le nom générique /n'n.gt7/a est con- 
sacré dans son acception restreinte , ont le bec un peu moins 
arqué que les moineaux , et un peu plus fort et plus long que 
les linottes. 

Les chardonnerets et les linottes , réunis sous le nom de 
earduelis, BrJss. , ont le bec exactement conique, sans être 
bombé en aucun point; mais il est plus court et plus obtus 
chez les espèces que Bechstein a désignées plus particulière- 
ment sous la dénomination de linaria, M. Cuvier réunit encore 
à ce sous-genre les serins et les tarins. 

Les veuves , vidua, Briss. , qui ont le bec des linottes , quel- 
quefois un peu plus renflé à sa base, ne s'y distinguent d'aile 
17. 26 



402 FRI 

leurs que par l'alongcment excessif de plusieurs des plumes 
de la queue dans les mâles ; et cette circonstance , qui ne peut 
être considérée comme un caractère générique, adonné lieu à 
M. Vieillot d'observer, contre l'opinion de divers naturalistes, 
que les longues plumes dont il s'agit ne font partie des cou- 
vertures de la queue que chez la veuve à épauk ttes , et sont , 
chez les autres, les pennes caudales intermédiaires. 

Les grof<-hecs , coccothraustes , Briss. , ont aussi un bec exac- 
tement conique, qui, après un passage graduel et sans inter- 
valle assignable, ne diffère proprement de celui des linottes que 
par son extrême grosseur. JM.Cuvier distingue des gros-becs, 
sous la dénomination de piljius , quatre espèces étrangères-, 
savoir : les Icxia grossa, canadensis , erjthromelas , et portori- 
censis , dont le bec, aussi gros, est un peu comprimé, arqué 
en dessus, et a quelquefois un angle saillant au milieu du bord 
de la mâchoire supérieure. 

Enfin, les bouvreuils, pyrrhuln, Briss., ont le bec arrondi, 
renflé et bombé en tout sens. 

On conçoit aisément qu'après tant de variations et d'incer- 
titudes dans les tentatives essayées pour régulariser les cou- 
pures du grand genre Fringilla , ce n'est pas le lieu d'en pro- 
poser de nouvelles dans un ouvrage plutôt destiné à faire con- 
noitre l'état actuel de la science qu'à y introduire des idées 
systématiques, qui exigeroient un traité ex professa; et le 
parti le plus convenable que l'on croie devoir adopter, dans 
cette circonstance, à l'égard des fringilles, c'est de faire des 
articles séparés de la plupart des divisions de M. Cuvier, en 
renvoyant pour les bouvreuils au mot Gros-kec, au lieu de 
loxie , et pour les chardonnerets au mot Linotte. (Ch.D.) 

FRUNGUEL. (Ornith.) Ce terme, avec l'addition de mon- 
tano , vernengo ou vernino, désigne , en italien, îe bouvreuil 
ordinaire , loxia pyrrliula, Linn. (Ch. D.) 

FRINGUELLO (Ornith.) , nom italien du pinson commun, 
fringilla cœlebs, Linn. ( Ch. D.) 

FRINSONE. ( Ornith.) Voyez Frisone. (Ch. D.) 

FRIPIER , Phorus. {Conchjl.) M. Denys de Montfort a cru 
devoir établir sous ce nom un petit genre particulier avec la 
fripière ou le trochus conchyliophorus de M. de Roissy. Ses 
caractères sont peu saillans. comparativement avec les toupies , 



FRT :4q^ 

rt consistent essentiellement en ce que la coquille est plus 
écrasée ou déprimée, la spire carénée fortement à sa base, et 
assez peu ombiliquée, si ce n'est dans le jeune âge, et surtout 
parce qu'elle offre dans toute sa partie sapérieure des tracées 
de l'agglutination des corps étrangers qu'elle s'atlache on ne 
sait trop comment; l'ouverture est aussi fort transverse. La 
singulière coquille qui sert de type à ce genre , et que 
M. Denys de Montfort nomme le fripier agglutinant, trochus 
agglutinans , est plus connue sous les noms marchands de 
fripière, de maçonne, etc., à cause de la grande quantité de 
petites pierres, de coquilles ou de morceaux de coquille 
dont elle se recouvre, en les fixant à son têt d'une manière, 
à ce qu'il paroît, assez solide. Elle est figurée dans de Born, 
Mus. Vind., tab. 12, fig. 21, 22, et vient des mers d'Amé- 
rique. La couleur de son têt est blanche, flambée de stries 
brunes. Jamais, dit-on, elle n'offre la nacre qu'on trouve 
dans toutes les espèces de cette petite famille. L'ombilic est 
très-ouvert dans le jeune âge. C'est dans la pyrtie supérieure 
et médiane de chaque tour de spire que sont attachés les corps 
étrangers dont elle se recouvre , et qui sont , jusqu'à un certain 
point, proportionnés à la largeur de la partie du tour. Quand 
on les enlève , ceque l'on fait, à ce qu'il paroft, avec peine, on 
voit une empreinte ordinairement assez peu profonde, par où 
le corps étranger adhéroit. Il paroît que la nature de ces corps 
étrangers varie suivant les localités où se trouve l'animal, et 
ne détermine pas des espèces différentes. Ainsi, il y en a qui 
ne prennent que de petits gàllets plus ou moins arrondis» 
d'autres, des morceaux de coraux; d'autres, de petites co- 
quilles entières, univalves ou bivalves; et d'autres enfin, des 
morceaux de coquille seulement. Dans les individus que j'ai 
vus, il m'a semblé que c'étoit toujours la même espèce de 
corps; mais je ne voudrois pas trop généraliser cette obser- 
vation. Je répète qu'on ignore an juste <?omment se fait cette 
agglutination; mais il est probable qu'elle n'a lieu que lorsque 
la substance delà coquille contient encore une grande quan- 
tité de matière animale, et peut-être celle-ci est-elle plus 
visqueuse que dans les autres animaux de ce groupe. Voyea 
ToL'PiF.. (De B.) 

FUIPIERE {Conchjl.) , nom donné par les niarclumds à'oh- 

.6. 



Ao4 FRI 

Jets d'histoire naturelle à quelques coquilles du genre Toupie, 
qui ont la faculté d'agglutiner autour de leur spire des corps 
étrangers, comme de petites pierres, des fragmens de madré- 
pores , des coquilles bivalves ou univalves. C'est le trochus 
conchjiiopliorus. M. Denys de Montfort en a fait son genre 
Fripier. Voyez ce mot. (De B.) 

FRIQUET. (Ornith.) Espèce de moineau, fringilla mon" 
tana, Linn. fCn. D.) 

FRISCH. {Entom.) Linnaeus a donné ce nom d'un entomo- 
logiste de Berlin à deux espèces d'insectes : la méiolonthe de 
Frisch , qui est une espèce de petit hanneton à élytres pâles et 
à tête et corselet noirs ; et la teigne, ou plutôt Valucite, que 
jious avons indiquée tom. I , pag. 538 , sous le n.° 9. (C. D.) 

FRISEUR D'EAU. (Ortiith.) On trouve , dans les Voyage» 
deDampier , édit. de Rouen, 17 i3 , tom.iv, p. 85, au nombre 
des oiseaux qu'il a vus aux Terres australes, cette dénomina- 
tion , qui paroît s'appliquer à une espèce de pétrels, impro- 
prement appelés pintados , et qui, volant en troupes, semblent 
en quelque sorte balayer Teau. ( Ch. D.) 

FRISONE. ( Ornith.) L'oiseau qui, suivant Olina, Uccellaria, 
p. 37 , porte en Italie ce nom et celui defrosone, est le gros- 
bec, loxia coccothraustes , Linn. On l'appelle, dans le Piémont, 
frisoun- et le nom àefrinsone est rapporté par Bufifon au ver- 
dier, loxia chloris , Linn. (Ch. D.) 

FRITAN ou Friton. (Ichthjol.) Rondelet dit que de son 
temps on nommoit ainsi à Lyon un petit poisson de rivière, 
dont la chair est d'une fort bonne saveur j mais il donne très- 
peu de détails à son sujet. (H. C.) 

FRITILLAIRE (Bot.), Fritillaria, Linn. Genre de plantes^ 
monocotylédones , de la famille des liliacées , Juss. , et de 
Ybexandrie wonogjnie ^ Linn., qui a pour caractères: Une 
corolle campanulée , dépourvue de calice, et formée de six 
pétales ovales - oblongs , creusés à leur base interne d'une 
fossette nectérifère; six étamines à filamens ordinairement 
plus courts que le style, et portant des anthères oblongues ; un 
ovaire supérieur, oblong, trigoue, surmonté d'un style trifide , 
et terminé par trois stigmates obtus ; une capsule à trois ou 
six angles , à trois valves , à trois loges contenait chacune des 
graines aplaties, disposées sur deux rangs. 



FRI 40^ 

Le nom de ce genre vient de la comparaison qui a été faite 
de la forme de ses fleurs avec celles d'un cornet à jouer aux 
dés, en latin fritillus. 

Les fritillairessont des plantes herbacées, à feuilles simples , 
alternes, quelquefois paroissant opposées ou même verticillées , 
et à fleurs terminales, pendantes, d'un joli aspect. On cit 
connoît une douzaine d'espèces, qui sont, les unes indigènes 
de l'Europe, les autres originaires de la Perse, du Levant, ou 
des montagnes du Caucase. 

Fritillaire impériale : vulgairement Couronne impériale j 
Fritillaria imperialis , Linn. , Spec. , 435 ; Tusai, sii'e Liliumpevsi- 
cum, dus., Hist., 127,128. Sa racine est une bulbe arrondie , 
quelquefois de la grosseur du poing , laquelle donne naissance 
à une tige droite , simple , haute de deux pieds ou enviroii , 
garnie, dans sa partie inférieure et moyenne, de feuilles li- 
néaires-lancéolées, nombreuses, d'un beau vert, éparses,mais 
rapprochées par cinq à six les unes des autres, de manière à 
paroître former plusieurs verticilles. Ses fleurs sont grandes, 
le plus souvent d'un rouge safrané, quelquefois jaunes, ou de 
diverses nuances entre ces deux couleurs, pendantes, pédon- 
culées, disposées en couronne, au nombre de quatre à dix , 
au-dessous d'une touffe de feuilles qui termine la tige. Cette 
plante est originaire de la Perse , selon les uns, et de la Thrace , 
selon d'autres ; elle a été transportée de Constantinople à 
Vienne en Autriche, où Clusius paroît l'avoir cultivée le pre- 
mier, vers 1 670. Depuis cette époque, la beauté de ses fleura 
l'a fait multiplier et répandre dans tous les jardins de l'Europe^ 
où elle a donné par les semis beaucoup de variétés. Elle fleurit 
de bonne heure, à la fin de mars ou au commencement d'avril; 
elle fait alors pendant quinze jours un magnifique effet dans 
les parterres; mais c'est dommage qu'elle exhale une odeur 
vireuse et fétide qui ne permet pas de la placer ailleurs qu'au 
milieu d'un jardin ; et encore ne faut-il pas qu'elle y soit trop 
multipliée, car elle infecte Pair d'une manière désagréable, 
et peut-être dangereuse. Ses bulbes , qui ont une odeur 
analogue à celle des fleurs, ont beaucoup d'àcreté, et sont 
très-malfaisantes. Dans les expériences que M. le docteur 
Orfila a faites avec elles sur des chiens ^ il a donné la mort 
à ces animaux en leur en faisant avaler» 



4<'5 FRÎ 

La couronne impériale est depuis long- temps acclimatée 
rians nos jardins, où elle croit en pleine terre, sans exiger de 
soins particuliers. 11 est bon de la laisser en place plusieurs 
années de suite , parce qu'elle n'aime pas à êti*e remuée. 
Lorsqu'on la relève pour séparer ses caïeux, il faut que ce 
soit seulement tons les trois à quatre ans, au mois de juillet, 
lorsque sa tige estentièrement desséchée, et il faut la replanter 
le plus tôt possible, parce que, lorsqu'on la tient long-temps 
hors de terre, elle est sujette à ne pas fleurir au printemps 
suivant; ses bulbes peuvent cependant rester trois à quatre 
mois hors de terre sans que cela leur fasse d'autre tort. 

. l-'aiTiiXAiRE DE PEasE : Filtillaria persica , Linn., Spec, 406 ; 
Lilium susianum, dus. ,Hisl.,, 1 3o. Sa racine est une bulbe 
arrondie, presque solide ; elle produit une tige droite, haute 
d'un pied et demi à deux pieds, garnie de feuilles linéaires- 
lancéolées, d'un vert glauque, obliques, nombreuses, et rap- 
prochées les unes des autres. Cette tige est terminée par une 
longue grappe de fleurs assez petites, et d'un violet obscur. 
Cette espèce passe pour être originaire de la Perse; et c'est 
dcSuze, selon Clusius, qu'elle fut d'abord transportée àCons- 
tantinople , et par la suite envoyée de cette ville à Vienne , où 
ce botaniste commença à la cultiver en même temps que la, 
couronne impériale. Depuis ce temps, elle s'est répandue, 
comme celle-ci, dans les divers jardins de l'Europe ; mais, 
comme ses fleurs sont sans éclat, elle y est beaucoup moins 
commune. Elle fleurit en avril, et se cultive d'ailleurs comme 
la précédente. 

Fritillaire des Pyrénées ; Fritillaria pjrenaica , Linn. , Spec, 
456. Sa bulbe est petite, un peu comprimée ; elle produit une 
tige simple, haute de six à dix pouces, garnie de quelques 
feuilles linéaires, dont les inférieures sont opposées ; cette tige 
est terminée par deux à quatre fleurs pendantes, mêlées de' 
violet, de verdàtre et de brun. Cette plante croît naturelle- 
ment dans les Pyrénées, dans les Alpes et en Russie. On la 
cultive dans quelques jardins ; elle exige les mêmes soins que 
la suivante. 

Fritillaire méléagre , ou Fritillaire damier : Fritillaria melea- 
gris, Linn., Spec, 436 ; Herb. de l'Amat., vol. i , pi. , 65. Ses 
feuilles sont toutes alternes, et ses tiges ne portent le plus 



FRI 407 

souventqu'uneffeur, quelquefois deux, dont les pétales, dans 
Ja plante sauvage, sont d'un violet brun, panachées de petites 
taches blanchâtres, distribuées par petits carreaux en forme 
d'échiquier ou de damier. Cette espèce n'est pas rare dans les 
pâturages humides delà France et de l'Europe. Ses jolies lleurs 
l'ont fait depuis long-temps transporter dans les jardins, où 
les fleuristes en ont obtenu plusieurs variétés. Elle deuritàla 
fin de mars ou au commencement d'avril. Il tant la planter 
dans un terrain gras et frais, et ne pas la remuer souvent. 
Quand on la déplante à la lin de juin ou dans le. courant 
de juillet, on ne doit pas tarder à la remettre en terre, parce 
que ses bulbes se dessèchent quand elles restent trop long- 
temps exposées à l'air. 

Fritillaire involucrbe ; Fritillaria inf olucrata , All. , Auct^ 
ad FI. Ped. ,34. Cette espèce diffère de la précédente en ce que 
ses trois feuilles supérieures sont rapprochées de manière à 
former une sorte d'involucre autour de la fleur, qui est d'un 
vert brunâtre. Elle croit dans les montagnes du Piémont. 

Fritillaire verticillée; Fritillaria verticillata, Willd., Spec, 
2, p. 91. Ses feuilles sont linéaires-lancéolées, sessiles, dispo- 
sées quatre à cinq ensemble par verticilles. Ses fleurs res- 
semblent à celles de la fritillaire méléagre , et terminent la 
tige au nombre de deux à six. Cette plante croit en Sibérie et 
sur le mont'Caucase. 

Fritillaire flvetib; Fritillaria tenella, Marsch., Flor.Caucas., 
1, p. 269. Sa tige est grêle, chargée d'environ six feuilles 
linéaires, dont les deux supérieures sont opposées, et elle est 
terminée par une seule fleur panachée , moitié plus petite que 
celle de la fritillaire méléagre. Cette espèce a été trouvée sur 
le Caucase par M. Marschall. 

Fritillaire a feuilles larges; Fritillaria latifolia, Marsch., 
Flor.Caucas., 1, p.aGg. Sa tige, haute d'un pied au plus, est 
nue dans sa moitié inférieure, ensuite chargée de cinq à six 
feuilles rapprochées, dont les inférieures sont lancéolées, et 
les supérieures linéaires -lancéolées, opposées; cette tige est 
terminée par une fleur assez grande et- panachée. Cette plante 
croit sur les hautes mont;igaes du Caucase. 

Fritillaire jaune; Fritillaria lulea, Marsch., Flor. Caucas.^ 
1 , p. 1^69. Celle-ci a le port et presque la grandeur de la pré- 



408 FKOE 

cédente; mais ses feuilles sont plus étroites, les supérieures 
moins longues, toutes alternes, et plus courtes que la fleur, 
qui est terminale , solitaire, de couleur jaune. Elle croit dan* 
les mêmes lieux. 

Fritillaire a feuilles de tulipe ; Frilillaxia tulipifolia , Marsch. , 
Flor. Gaucas., i, p. 270. Toute cette plante est glauqire; ses 
feuilles sont lancéolées, alternes, écartées ; sa tige est nue 
dans sa partie supérieure , et terminée par uneseule fleur d'un 
pourpre tirant sur le jaune, sans aucune panachure. Elle croit 
sur le Caucase. 

Fritillaire kera'euse; Fritillaria nervosa, Willd., Enum.y 2 , 
p. 5C4. Sa tige, haute d'un pied et demi, est garnie de feuilles 
linéaires, alternes, d'un vert foncé, chai-gées d'une forte 
nervure , et elle est terminée par une seule fleur d'un pourpre 
très-foncé. 

Fritillaire a feuilles pe plantain ; Fritillaria plantaginifolia ^ 
Lamk.jDict. enc, 2, p. 55o. Dans cette espèce, les feuilles radi- 
cales sont pétiolées , ovales, ou ovales-arrondies, à nervures 
parallèles et convergentes ; celles de la tige sont lancéolées, 
alternes, sessiles ou semi-amplexicaules ; la tige est simple, 
haute d'environ un pied, et terminée par une seule fleur. 
Cette plante a été trouvée dans le Levant par Tournefort. 
(L.D.) 

FRITTE. (Chim.) Mélange des matières employées à faire 
le verre ou le cristal, qui a été exposé h une température 
insuffisante pour opérer la vitrification , mais suffisante pour 
opérer un commencement d'action chimique entre les corps 
du mélange. L'opération de fritter, ou lefrittage, étoit plus 
fréquemment pratiquée autrefois qu'aujourd'hui. Elle avoit 
pour objet de brûler les corps organiques qui pouvoient se 
trouver dans le mélange, et de produire un commencement 
de combinaison. (Ch.) 

FRIZOLES. (Bot.) Dans quelques cantons de l'Espagne, au 
rapport de C. Bauhin , on nomme ainsi quelques espèces de 
haricot, phaseolus. Césalpia dit qu'ils sont nommés phasilus 
dans la Toscane. (J.) 

FRŒLICHIA. {Bot.) Wulf nommoit ainsi un genre de 
plantes cypéracées, qui est Veylna de Schrader, le kohresia 
de "Willdenow. La majorité des botanistes ne s'est pas encoïc 



FROE 409 

déterminée sur le choix de l'un de ces deux derniers noms. 
Celui de Willdenow est écrit cobresia par Persoon. On trouve 
dans les ouvrages de Moench un auttefrœlicliia de la famille 
desamarantacées, qui est le gomphrenainterrupta, remarquable 
par son calice tubulé, et non à cinq divisions profondes, 
comme dans les autres gomphrena. Un troisième fralichia 
établi par Vahl, adopté par "VVilldenow et par Persoon, et 
décrit ci-après , appartient à la famille des rubiacées , et vient 
à la suite de l'ixora. (J.) 

FRŒLICHIA. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, k 
fleurs complètes, monopétalées, régulières, de la famille 
des rubiacées, de la tétrandrie moreogjj'nie de Linnœus, offrant 
pour caractère essentiel : Un calice supérieur à quatre dents ; 
une corolle tubulée ; quatre étaraines; un style surmonté de 
deux stigmates; une baie sèche, monosperme; les semences 
arillées. 

Ce genre avoit été d'abord établi par Vahl sous le nom de 
lillardiera , qui a été appliqué par M. Smith à un autre genre. 
(Voy. BiLLARDiERA.) Willdenow y a substitué celui de frceli- 
chia, employé par Wulf, et pour une des divisions du genre 
Carex , qui porte aujourd'hui le nom de cobresia. Il ne com- 
prend qu'une seule espèce. 

Frœlichia paniculée : Frœlichiapan'iculata , "WiHd. , Spec, 1 , 
pag. 607 ; Billardiera p articulât a, Vahl, EgL, 1, p. i3, tab. 10. 
Arbrisseau peu élevé, dont les rameaux sont glabres, tétra- 
gones, comprimés à leur sommet, revêtus d'une écorce cen- 
drée. Les feuilles sont opposées, pétiolées, glabres, elliptiques, 
alongées, veinées, longuement acuminées , longues de cinq 
à six pouces; les pétioles longs d'un pouce, munis de deux 
stipules très-courtes, caduques, arrondies , acuminées. Les 
fleurs soiit disposées en un panicule terminal ; les pédon- 
cules solitaires, quelquefois ternes, longs de trois à quatre 
pouces, de couleur purpurine ; les ramifications opposées, 
trichotomes, chargées de trois à cinq fleurs médiocrement 
pédicellées. Le calice est persistant ; la corolle épaisse , longue 
de six lignes; son limbe partagé en quatre découpures linéaires- 
lancéolées , étalées, unpeu recoîirbées ; l'ovaire inférieur; le 
style surmonté de deux stigmates un peu épais. Le fruit con- 
siste en une baie presque sèche, dure, subcreuse, un pou 



4TO FRO 

cornprimëe , longue d'un demi -pouce, renfermant une se- 
mence arillée. Cet arbrisseau a été découvert dans Tilc de la 
Trinité. ( Poir. ) 

FROGLO. (Bot.) On lit dans le Recueil des Voyages, que 
c'est l'arbre de ce nom, commun daus la région de Sierra- 
Leona , en Afrique, qui donne le fruit nommé cola, men- 
tionné dans le dixième volume de ce Dictionnaire. M. de 
Beauvois nous a appris qu'il appartenoit au genre Sterculia. 
Voyez Cola. (J.) 

FROID. (Chim.) C'est le terme corrélatif de chaud. Toute 
température qui est inférieure à une autre, est le froid par 
rripporf à celle-ci. (Ch.) 

FROID ARTIFICIEL. (Chim.) Lorsqu'un solide se liquéfie, 
ou qu'un liquide se réduit en vapeur, ou observe en général 
qu'une quantité notable de chaleur se fixe dans le curps qui 
change d'état, sans en élever la température. C'est ce que Klack 
a démontré le premier. Lorsqu'on met en contact un solide 
avec un liquide, ou deux solides ensemble, il peut arriver, 
dans le cas oîi les corps ont une grande action mutuelle, qu'il 
y ait liquéfaction, et même production d'un fluide élastique, 
avec an dégagement notable' de chaleur. Mais, si Ton mêle 
avec un liquide, deux solides ou un solide qui, n'étant pas 
doués de cette grande énergie, ont cependant assez d'action 
mutuelle pour produire rapidement un composé liquide, alors 
le phénomène observé par Clack dans la liquéfaction a lieu, 
et il est possible , en mêlant des corps qui sont dans le cas dont 
nous parlons, de donner lieu à un abaissement de tempéra- 
ture qui n'est limité qu'au degré où le composé liquide est sus- 
ceptible de se congeler. De pareils mélanges ont été appelés 
frigorifiques. D'un autre côté, si un liquide s'évapore rapide- 
ment, il y aura un abaissement de température dans les corps 
quiseront en contactavec lui , et dans la masse même du liquide 
qui ne sera point évaporé. C'est l'abaissement de température 
produit par des mélanges frigorifiques , ou par l'évaporation 
d'un liquide, qu'on a appelé /roid artificiel. On peut encore 
regarder comme tel l'abaissement de température produit par 
l'expansion d'un gaz qui, coercé dans un espace, vient à 
éprouver plus ou moins subitement une grande augmentatioa 
de volume. 



FRO 4ït 

A. Froid produit par des mélanges frigorifiques . 

Nous allons présenter trois tables dé mélanges frigorifiques 
qui se trouvent dans l'ouvrage de Thomson, et qui sont par- 
ticulièrement formées d'après les expériences de Walker et 
de Lovvilz. 

TABLE I." 

Mélanges fri§onfiijucs sans glace. 



Panlcs 



Abaissement 
du llierraomètre, Degré'» 

échelle centigrade, du froid produit 



de -\- lo' 
de + 10° 

de + io° 
de + lo'^ 
de 4- 

de + 



1 6° 26 



— i6» 



[QO à 19**. 



— 23°. 



Hydrocliloraled'ammoniaque. 5 

ISitrate de potasse 5 

tau ï6 

Hydrochlorated'ammoniaque. 5 

IS'ilrale de potasse 5 

Sulfate de soude 8 

Eau 16 

Nitrate d'ammoniaque 

Eau 

Nitrate d'ammoniaque 

Carbonate de soude 

Eau 

Sulfate de soude 3 

Acide nitrique étendu 2 

Sulfate de soude G 

Hydrochlorate d'ammoniaque. 4 

Nitrate de potasse 2 

Acide nitrique étendu 4 

Sulfate de soude 6 

Nitrate d'ammoniatiue 5 

Acide nitrique étendu 4 

Phosphate de soude 9 

Acide nitrique étendu 4 

Phosphate de soude 9 

Nitrate d'ammonia(|ue b 

Acide nitrique étendu 4 

Sulfate de soude 8 

Acide iiydrochloritiue 5 

Sulfate de soude 5 

Aride sulfurique étendu 4 

N. B. Si les substances éloicnt mêlées ensemble à une température 
plus élevée que celle exprimée dans cette fable ^ l'effet seroit propor- 
tionnellement plus grand. Si, par exemple , le plus puissant de ces 
mélanges avoit lieu à -f- So*^ cenlig., le thermomètre s'abaisseroit 
à — 170 cent. 



de 


+ 


10° 


à 


— 


26" 


de 


+ 


10° 


à 


- 


24° 


de 


+ 


100 


à 


- 


290 


de 


+ 


IQO 


à 


- 


180 


de 


-U 


lO" 


à 





160 



25 



3a 



29 



33 



36 



39 



28 



26. 



^'^ FKO 



TABLE II. 

Mélanges frigorifiques avec glace. 

Abaissement 
Mélange». Part.es. échelle centigrade, dn fru.d produit. 

Neige OU glace pile'e 2. ) 

Chlorure de sodium i i £ ^ — ^°° *> 

Neige ou glace pilée 5 1 | 

Chlorure de sodium 2 > l, à -^ 2''*' 

Hydrochicrate d'ammoniaque, i S t. ~* 

Neige ou glace pile'e 24 

Chlorure de sodium ïo v 5 

Hydrochlorate d'ammoniaque. 5 i ^ ^ — ^ 

Nitrate de potasse 5 

Neige ou glace pile'e 12 ) s 

Chlorure de sodium 5 l S, j, 3^0 

Nitrate d'ammoniaque 5 j '" " 

Neige 3 ^ 

Acide sulfurique e'tendu.. . '. . ! 2 ( de o à — So» 3o 

Neige S/j 

Acide hydrochlorique étendu. 5 \ de o a -• SS» 33 

Neige 1 } A 

Acide nitrique étendu 4 ( de o à — 34° 3^ 

Hydrochlorate de chaux!.' .*.'.*.* 5 j «^e o à — 400 ^q 

Neige.... 2 ) 

Hydrochlorate de chaux....'.'.' 3 j 'le o à — 45° 45 

Neige 3 \ 

Potasse ." .* /^ \ de o à — 46° 46 

TABLE III. 

Combinaisons de mélanges frigorifques. 

Abaissement 
„„ du iberinoraiître, Tifrii 

Mélange,. Parties. écLelle centigrade! du froid^roAiit. 

Phosphate de soude 5 ) 

Nitrate d'ammoniaque. 3 } de — 32° à — 36° L 

Acide nitrique étendu 4 • * ^ 

Phosphate de soude 3 

Nitrate d'ammoniaque 2 Wîe — 36° à — 46° 



Acides méJangés étendus. 

^eige 3 < 

Acide nitrique étendu 2 \ "e — 02 3—43° ic 

^^îf ••.••.■ 8 ) 

Ac,de nitrique étendu 3 I g l de - aa» à - Go». . . . 37 

Acide sulfurique étendu.. 3 j ( 



Y KO 4'3 

Ncîge. ..... . ' ( de - 70 à - 5.O.... 44 

Acide suliunque étendu i ) ' ^^ 

ïï''f • V." -Va"1 l\ ^^- 7° à - 44°- • • • 37 

H}droc.hlorate de chaux 6 ) ' ^' ' 

i/T' "ùf "V'À"i / ! de - 120 à - 4S°. ... 36 

li^drochlorate de chaux 4 ' 

PsVise. ? ! de - 9oà-55^...46 

llydrochlorate de chaux 6 \ "^ ^ 

^''■>Se 1 ^ lie _ 320 à — 5 ;° 22 

Hydrochlorate de chaux 2 \ t ' ' 

Neige.. I ( de — 4«° à - 58°.... i3 

(drochlorale de chaux o ' ^ 

N( 



Iljdrochlorale de chaux 3 \ 

... ,>•••■■••■;•■»• ^ ! de - 550 à _ 64°. . . . i3 

iVnde sulfmi!]ue ctendii 10 \ ^ 

B. Froid produit par fèvaporatlon d''un liquide. 

Plus l'évaporafion est rapide, plus le corps qui s'évapore 
absorbe de chaleur dans un même temps, et plus la tempé- 
rature à laquelle la vapeur s'est formée est basse ; plus le froid 
produit est grand. 

Comme la rapidité avec laquelle un liquide s'évapore 
dépend de sa tension , toutes choses égales d'ailleurs , l'on 
devra choisir, pour se procurer du froid par évaporalion , 
les liquides qui auront le plus de tension à la température 
ordinaire ; l'on devra faire l'évaporation dans l'espace le plus 
étendu possible, parce que ^a quantité de vapeur formée est 
en raison de l'espace pour un même liquide pris à la même 
température; et plus cet espace approchera du vide, plus 
l'évaporation sera rapide, parce qu'on sait que des particules 
gazeuses s'opposent mécaniquement à l'émission de la vapeur. 

Faisons l'application de ces vues à la production du froid 
par l'évaporation d'un liquide. 

On placera sous le récipient d'une bonne machine pneuma- 
tique une capsule contenant une trentaine de grammes d'eau ; 
on placera au-dessus d'elle une autre capsule très-évasée, 
contenant 5oo ^' d'acide sulfurique d'une densité de 1 , 85 : 
on fera le vide. L'eau contenue dans la première capsule 
entrera en ébullition , et, quelques minutes après, elle se 
congèlera. 

Il est évident que le froid résulte de ce que dans un court 
espace de temps il y a beaucoup de vapeur d'eau formée, et 



4i4 FRO 

que la rapidité avec laquelle l'évaporation d'une assez grande 
quantifé de liquide s'est faite dans un espace très-limité , 
dépend, i.° du vide ; :^.'' de l'action de l'acide sulfurique qui , 
absorbant continuellement la vapeur d'eau qui le touche, 
occasionne une émission continuelle de vapeur. Les causes 
qui tendent à affoiblir cette évaporation , sont, i.° le refroi- 
dissement de la portion d'eau non évaporée; 2. "la combinaison 
de l'acide sulfurique avec l'eau. 

On peut, au lieu d'acide sulfurique , faire usage d'un corps 
solide , poreux , bien sec , qui ait une grande disposition à 
absorber la vapeur d'eau, tels sont le trapp porphyrique en 
décomposition, pulvérisé et bien sec; la terre des jardins, 
tamisée et séchée au four. 

Si on fait congeler successivement plusieurs couches d'eau 
sur la boule d'un thermomètre, et si on le place ensuite dans 
le vide desséché par l'acide sulfurique, on observera que le 
mercure descendra jusqu'à 40 degrés, à cause de l'évaporation 
de la glace. 

En exposant à l'action simple du vide un thermomètre à 
mercure d'une petite masse, et dont la boule aura été couverte 
de sulfure de carljone dont la tension à 4G degrés égale celle 
de l'eau à 100 degrés, le froid sera assez grand pour congeler 
le mercure. 

C. Froid produit par la dilatation des gwz. 

M. Gay-Lussac est le premier physicien qui, à notre con- 
noissance, ait porté son attention sur le froid qu'on peut pro- 
duire en réduisant subitement à la simple pression de l'atmos- 
phère un gaz doué d'une grande capacité pour le ealorique, 
dont le volume auroit été préalablement comprimé par vingtr 
cinq, cinquante, cent atmosphères. 

M. Gay-Lussac a imaginé de démontrer dans ses cours la 
production du froid par la dilatation des gaz, au moyen d'une 
expérience qui est imitée de celle qu'on fait dans les mines de 
Schemnilz. M. Gay-Lussac introduit dans un vase en cuivre de 
trois litres environ de capacité, une quantité d'air dont le res- 
sort est celui qu'il auroit s'il étoit soumis à la pression de deux 
ou trois atmosphères ; il laisse ensuite échapper l'air par'un 
tube très-court, armé d'un robinet 5 il expose au courant du 



FRO 4i5 

gaza 7 centimètre de l'orifice du (ube, une boule de verre 
très-mince : au bout de quatre à cinq second<îs , il y a un 
mamelon de glace dans l'endroit qui a été frappé par le 
courant d'air. Rien de plus facile à expliquer que la for- 
mation de la glace : l'air qui sort du vase de cuivre est saturé 
de vapeur d'eau ; dès qu'il est hors de ce vase , il se dilate ; en 
se dilatant, il SG- refroidit assez pour que la vapeur d'eau qu'il 
contient se congèle. 

M. Gay-Lussac pense que le froid produit par la dilatation 
des gaz est tout-à-fait illimité. (Ch.) 

FROLE {Bot.), nom vulgaire du chèvre -feuille desAlpe» 
dans quelques cantons. ( L. D.) 

FROMAGE. (Chim.) Cylindre court , en argile cuite , qui sert 
de support aux creusets que l'on met dans des fourneaux. (Ch.) 

FROMx\GE FUR ou Caseum. (Chim.) Principe immédiat 
du lait , qui fait la base des fromages. 

Il est composé, suivant MM. Gay-Lussac etThénard: 

Oxigèue 1 1,409. 

Azote 2i,58i. 

Carbone 59,781. 

Hydrogène 7j^'^S' 

Extraction. Le procédé que l'on suit généralement pour se 
procurer du fromage, consiste à exposer du lait dans un lieu 
dont la température est d'environ i5 degrés; à enlever la 
crème qui se sépare à sa surface j ensuite à abandonner le lait 
écrémé à lui-même, jusqu'à ce que le fromage soit coagulé; 
eniin à laver le caillé avec de l'eau distilée. Nous ne pensons 
point que ce procédé donne le fromage pur : il est probable que 
le fromage retient de l'acide lactique, et même de la matière 
butireuse. 

Quelques auteurs ont indiqué le procédé suivant pour se 
procurer le fromage à l'état de pureté : 

On met dans du lait écrémé, non caillé, un peu d'un acide 
minéral, ou d'un acide végétal; on fait chauffer: le fromage 
se coagule. On en obtient moins avec un acide minéral que 
dans le cas où l'on a employé un acide végétal, parce que, 
suivant Schèele, le fromage est soluble dans les acides miné- 
raux ctendiis , tandis qu'il ne Test pas. ou presque pas dans 
les acides végétaux. 



/îi(i F'RO 

Propriétés. Il est opaque et bhinc quand il contient de l'eau 
interposée; il est demi-transparent et d'un jaune léger, quand 
il a été séché à l'air. 11 est plus dense que l'eau. Il n'a ni odeur 
ni saveur bien sensibles. 

Le fromage coagulé par un acide minéral, a une acidité 
sensible aux réactifs colorés. Il est insoluble dans l'alcool. Il 
ne cède presque rien à l'eau bouillante ; ce qui prouve qu'il 
est dans un état différent de celui où il étoit dans le lait. 

Schéele a observé qu'une partie de fromage récemment 
précipitée et non sèche, mise avec huit parties d'eau acidulée 
par un acide minéral, est dissoute à la température où le 
liquide mixte entre en ébullition : cette dissolution est pré- 
cipitée par les acides minéraux concentrés, par la potasse et 
l'eau de chaux -, mais un excès de ces alcalis redissout le 
précipité. 

Les acides végétaux ne dissolvent pas ou presque pas le 
fromage, ainsi que nous l'avons dit. ' 

Les eaux de potasse, de soude, d'ammoniaque et de chaux 
même , suivant Schèele , dissolvent le fromage. Ces dissolutions 
sont précipitées quand on neutralise l'alcali par un acide. La 
précipitation est accompagnée d'un dégagement d'odeur sul- 
fureuse très-marquée. 

Les substances astringentes précipitent le fromage du lait, 
» en s'y combinant: plusieurs sels, la gomme, le sucre, le pré- 
cipitent également; mais il paroît que c'est en s'emparant de 
l'eau de dissolution. 

Le fromage distillé se fond , pétille, se boursoufle, noircit, 
et donne lieu à un dégagement d'acide carbonique, d'hydro- 
gène carburé , d'oxide de carbone ; à de l'azote ; à de 
l'hydrocyanate , à de l'hydrosulfate et à du sous-carbonate 
d'ammoniaque ; à de l'eau ; à des huiles jaunes et brunes ; à 
de l'acide acétique qui s'unit à de l'ammoniaque ; à un char- 
bon très -difficile à incinérer, qui contient une quantité 
notable de phosphate de chaux. 

Nous parlerons , à l'article Lait, de l'espèce de fermentation 
qu'éprouve le caillé du lait. 

Siège. Le fromage n'a jusqu'ici été trouvé que dans le lait; et 
une fois il a été indiqué par Cabal dans l'urine d'un malade. 
Vsage.ll est un des principes lesplus nourrissans du lait. (Ch.) 



FRO 417 

FROMAGEON (Bot.) , nom vulgaire de la mauve sauvage. 
{L.D.) 

FROMAGER, Bombax. ( Bot,) Genre de plantes dicotylé- 
dones, à fleurs complètes, monopétalées, régulières , de la 
famille des malvacées , de la monadelphie poljandrie de Lin- 
îiaeus , offrant pour caractère essentiel : Un calice campanule , 
à cinq lobes 5 une corolle polypétale, quelquefois monopé- 
tale, à cinq divisions très^profondes ; étamines en nombre 
indéfini ( cinq et plus) ; les filamens réunis en anneau à leur 
base; un ovaire supérieur; un style; le stigmate en tête, à 
cinq lobes très-courts. Le fruit consiste en une capsule assez 
grande, à cinq loges, à cinq valves presque ligneuses; les 
semences nombreuses, enveloppées d'un duvet lanugineux, 
attachées à un placenta central. 

Le caractère le plus saillant de ce genre consiste dans un. 
calice simple , dans le fruit à cinq loges , et surtout dans les 
semences enveloppées d'un duvet plus ou moins long. On en 
a retranché le bombax pjramidale , Cavan. , qui est muni d'un 
double calice (voyez Ociiroma) ; le bombax grandiflorum ^ 
Cavan., dont les filamens. sont rameux. Le fruit a une seule 
loge, que Willdcnow, sous le nom de carolinea , a réuni au 
genre Pachira d'Aublet. ( Voyez ce mot.) 

Les fromagers sont remarquables par la grandeur et la 
beauté de leurs fleurs, par la grosseur de leurs fruits. Ils 
renferment des arbres dont le tronc est revêtu d'une écorce 
lisse ou épineuse, quelquefois subéreuse ; les feuilles sont 
alternes , digitées ou lobées; les fleurs la plupart axillaires, 
fasciculées, ou en grappes terminales. On ne cultive dans les 
jardins de botanique , à Paris au Jardin du Roi , qu'une seule 
espèce de fromager, bombax ceiba- ce n'est, dans nos serres 
chaudes, qu'un chétif arbrisseau, que l'on multiplie de bou- 
tures faites dans des pots sur couche et sous châssis , ou de 
graines venues de leur pays nafal. 

Les principales espèces de ce genre sont : 
Fromager îentandre : Bvmbax pentandrum , Lian. , Spec. ; Ca- 
v^n. , Diss., 5, pag. 293 , tab. i5i ; Lamk., III. géra., tab. 687 ; 
Jacq. , Amer., tab. 176, fig. 70 : Eriophoros javana, Rumph , 
Amb., j, tab. 80; Fania paniala , Rhéed. , M alab., 3, tab. 49 , 
5«, 5i ? Arbre de trente à quatre-vingts pieds, dont le bois 
17. 27 



4iS FRO 

est léger, très-cassant ; les branches pendantes ;récorce ver- 
dàtre, facile à séparer , souvent parsemée de gros tubercules 
coniques, épineux. Les feuilles sont digitées, composées de 
sept à neuf folioles lancéolées, entières ou dentées en scie , 
aiguës, d'un vert gai en dessus, cendrées en dessous ; les pé- 
tioles 4rès-longs; les fleurs axillaires, fasciculées; la corolle 
blanche; ses divisions longues d'un pouce, veloutées en de- 
hors , d'un rose tendre , et concaves en dedans ; cinq fila- 
niens soutenant chacun deux ou trois anthères arquées et en- 
tortillées entre elles. Le fruit est long d'un demi-pied, pré- 
sentant la forme d'un concombre très-rétréci vers sa base ; les 
semences de la grosseur d'un pois, ovales-aiguës^ envelop- 
pées d'une grande quantité de duvet semblable à du coton. 
D'après Jacquin , on voit des épines énormes dans la partie 
supérieure des vieux troncs. 

Cet arbre croît dans les deux Indes, et particulièrement 
à l'île de Java, où il est très-commun. Rumph rapporte que 
les habitans de cette ile forment, avec le duvet cotonneux qui 
enveloppe les semences, dts coussins et autres meubles, 
presque aussi mous que ceux faits avec des plumes; que ce 
duvet s'entasse bien moins que le coton , quand il a été bien 
battu , mais qu'il est trop court pour être filé. Le même au- 
teur ajoute que beaucoup de personnes en recherchent les 
semences , et les mangent crues , ou un peu torréfiées ; qu'elles 
fournissent un assez bon alimeut dune saveur agréable, mais 
dont l'excès occasionne la dyssenterie; que les femmes em- 
ploient les jeunes feuilles de cet arbre pour donner plus de 
souplesse à leurs cheveux, qu'elles nourrissent et font pousser 
en plus grande abondance. Le bois sert à faire des pieux, des 
palissades pour séparer les habitations, et même des haies 
bientôt formées par la rapide végétation de cet arbre. 

Fromager à fleurs laineuses; Bomhax erianlhos ^ Cavan. , 
Diss., 5, pag. 294, tab. i52, fig. 1. Cette espèce, très-rap- 
prochée par ses feuilles de la précédente, en diffère essen- 
tiellement p^r les organes sexuels. Son tronc est très - épi- 
neux ; ses feuilles très-glabres, à sept digitations, terminé^ 
par un filet particulier. Le calice est court, très-large; la 
corolle blanche , longue de trois pouces, couverte en dehors 
d'une laine courte, épaisse; les découpures profÉ>ndes. cou- 



FRO 419 

caves, arrondies à leur extrémité ; le tube des filamens,long 
d'un pouce, en forme de bouteille, divisé ensuite en cinq 
filamens, sou,tenant chacun une anthère longue, linéaire, à 
deux sillons, accolée dans toute sa longueur à la partie su- 
périeure des filamens. Cet arbre croît au Brésil. 

Fkomager à SEPT FEUiLLiiS : Bombux heptuphjUum , Linn. ; Ca- 
vau. , Diss., 6 , pag. 296 ; Pluken., Almag. , tah, i88,fig. 4; 
Moulelavou , Rhéed., Malab. , 3, tab. 52. Cet arbre croît éga- 
lement dans les deux Indes : il s'élève à la hauteur de cin- 
quante pieds, ayant quelquefois jusqu'à six pieds de dia- 
mètre à sa base. Son bois est mou , fragile et léger ; son 
écorce épaisse , cendrée , munie d'épines caduques ; les feuilles 
digitécs , ordinairement composées de sept folioles; les fleurs 
sont grandes, nombreuses, très-belles, odorantes, à cinq di- 
visions épaisses, très-profondes, alongées , tomenteuses en 
dehors; le tube des étamines très-court, partagé en cinq 
corps qui donnent naissance à un nombre prodigieux de fila- 
mens rougeàtres , plus courts que la corolle, soutenant des 
anthères mobiles et réniformes. Le fruit est alongé, de la 
forme d'un concombre. 

Je soupçonne que c'est de cet arbre, et non du suivant, 
que parle Adanson : il porte au Sénégal le nom de henten , 
et aussi celui de ceïba. Il croît depuis le Sénégal jusqu'au 
Congo : on fait avec son tronc des pyrogues de huit à douze 
pieds de large, sur cinquante à soixante pieds de long, ca- 
pables déporter deux cents hommes, et du port ordiuaire 
de vingt-cinq tonneaux ou cinquante mille pesant. 

FrOxMager ceïba: Bombax ceiba, Linn. ,Spec.; Cav. , Diss., 5, 
pag. 2C)(S , tab. 162 , fig. 2 : Bombax quinalum . Jacq., Amer. , 
192 , tab. 176 , fig. 71 ; vulgairement Ceïba. Le tronc de cet 
arbre est très-épineux ; ses feuilles sont digitées, composées 
de cinq folioles entières, ou légèrement deiiticulées, lancéo- 
lées, un peu aiguës. Le calice est fort petit, campanule, ter- 
miné par cinq petites dents ; la corolle monopétaie ; le tube 
des étamines deux fois plus grand que le calice, en enton- 
noir, partagé en ciuq lanières très-longues, concaves, ob- 
tuses; les filamens très-nombreux ; les anthères oblonguts , 
mobiles ; l'ovaire à cinq angles. Le fruit est une grande cap- 
sule oblongue. rétrécie à sa base, plus grosse et concave à 



ii2o FRO 

son extrërnilé, à cinq valves ligneuses, à cinq loges; les se- 
mences arrondies, couverfes de duvet. Cet arbre croît dans 
l'Amérique méridionale, aux environs de Carthagène. 

Fromager, a fruits ronds : Bombax glohosum, Aubl., Guian.^ 
pag. 701, tab.281 ; Cav. , Biss., 6, pag. 2 97,tab. i55, etD/s5.,6, 
pag. 555. Arbre d'environ trente pieds, d'à peu près un pied 
et demi de diamètre , dont le bois est blanc, peu compacte ; 
récorce lisse, cendrée ; les feuilles palmées, composées de 
cinq folioles d'inégale grandeur , lisses , vertes , ovales-ob- 
tuses, légèrement échancrées à leur sommet, la plus grande 
longue de trois pouces, large d'un pouce et demi , ainsi que 
le pétiole; deux stipules longues, aiguës et caduques; les 
fleurs axillaires, terminales. Le fruit consiste en une capsule 
roussâtre , sphérique, de la grosseur d'une petite pomme, 
à cinq ou six loges, s'ouvrant par autant de valves coriaces, 
épaisses , remplies d'un duvet fin , serré, cotonneux, qui en- 
veloppe des semences brunes, ovoïdes. Cet arbre croît à la 
Guiane. 11 est commun dans les environs de Loyola. 

Fromager cotonnier : Bombax gossYpium , Linn. , Spec. ; 
Cavan. , Diss. , 5, pag. ayy, tab. i56; Sonner. , Itin. , 2 , 
pag. 255,tab. 1 55 ; vulgairement Bois-fléau P Cet arbre a beau- 
coup de rapports avec les cotonniers par la forme de ses 
feuilles. Il est grand; son bois est léger, facile à casser; son 
écorce verte, presque lisse; les feuilles alternes, longuement 
pétiolées, divisées jusqu'à leur moitié en cinq lobes cunéi- 
formes et pointus, vertes en dessus, cotonneuses et cunéi- 
formes en dessous , souvent repliées sur leur pétiole. Les 
fleurs sont belles, grandes, disposées en panicules simples 
sur des pédoncules cotonneux. Leur calice se divise en cinq 
folioles inégales, ovales-oblongues , obtuses à leur sommet , 
pubescentes extérieurement; la- corolle de couleur jaune, 
une fois plus grande que le calice; ses divisions profondes, 
très-ouvertes .- les filamens très-nombreux , médiocrement 
réunis parleur base , en anneau, autour de l'ovaire ; une fois 
plus courts que la corolle ; terminés par des anthères 
oblongues, courbées en cornes. Le fruit est une capsule ovale, 
obtuse, à cinq loges polyspermes , à cinq valves; les se- 
mences petites, rénîformes, portant sur leur dos un duvet 
blanc. Cet arbre croît sur la côte du Coromandel; d'après 



FRO /,2i 

Sonnerai, ses semences donnent, lorsqu'on les écrase avant 
là maturité , une belle couleur jaune , comme la gomme- 
gutte. On soupçonne que cet arbre pourroit bien être le 
même que celui qui, dans l'Amérique méridionale, porte le 
nom de Bois-flbau. ( Voyez ce mot. ) 

Willdenow ajoute à ce genre le bomhax vitifolium , Enum., 
2 , pag.720, arbredu Brésil, distingué par ses feuilles glabres, 
à cinq lobes, acuminées , dentées en scie , assez semblables à 
celles de la vigne; les fleurs renferment des étamines nom- 
breuses. On trouve encore une autre espèce mentionnée par 
M. de Beauvois ( Flore d'Oware et de Bénin , vol. 2 , pag. 42 , 
tab. 85, fig. 1) , sous le nom de bombax huonopozense y grand, 
et bel arbre des environs de Buonopozo en Afrique , dont 
les feuilles n'ont point été observées. Il produit des fleurs 
nombreuses, d'un très-beau rouge 5 leur calice est en coupe, 
petit, zone à son bord, velu en dedans; les étamines d'abord 
réunies à leur base, puiaidivisées en cinq paquets; le st^le 
terminé par cinq stigmates courts. ( Poir. ) 

FROMENT (Bot.) , Triticum, Linn. Genre de plantes mo- 
nocotylédones , de la famille des graminées, Juss. , et de la 
triandrie dfgynie , Linn. , dont les principaux caractères sont 
les suivans : Epillets solitaires sur chaque dent de l'axe; un 
calice de deux glurncs presque égales, contenant plusieurs 
fleurettes ; une corolle de deux balles lancéolées, mutiques 
ou aristées à leur sommet ; trois étamines ; un ovaire supé- 
rieur, surmonté de deux styles plumeux ; une graine ovale , 
convexe d'un côté , marquée d'un sillon de l'autre. 

Les fromens sont des plantes herbacées , annuelles ou vi- 
vaces, à tiges ordinairement fistuleuses, noueuses d'espace en 
espace , garnies à chaque articulation d'une feuille alterne, 
linéaire, engainante par sa base, et dont les fleurs sont dis- 
posées en un épi composé d'cpillets sessiles, ou presque scs- 
siles , sur un axe denté alternativement dans sa longueur. On 
connoît aujourd'hui une trentaine d'espèces de frojiiens, 
parmi lesquelles on compte quelques plantes qui sont du plus 
grand intérêt à cause de leurs propriétés alimentaires; nous 
parlerons particulièrement de celles-ci, et nous passerons 
ensuite rapidement sur les autres. 



4" FRO 

§. I," Fromens annuels. 

Froment cultivé : vulgairement le Froment, le Blé ou Bled ; 
Triticum satiwum , Lamk. , Dict. enc. , 2 , p. 534; Triticum 
Iiybernum , Triticum œstivum et Triticum turgidum , Linn. , 
Spec, 126. A l'exemple de M. de Lamarck, nous réunissons 
ici trois espèces de Linnaeus , qui ne sont bien évidemment 
que des variétés l'une de l'autre , et qui toutes peuvent 
être comprises dans la description suivante. Tiges hautes 
de trois à quatre pieds , garnies de quatre à cinq feuilles, 
et terminées par un épi long de trois à quatre pouces ou 
plus, épais, composé de quinze à vingt-quatre épilletsses- 
siles , ventrus, imbriqués, glabres ou velus, selon les va- 
riétés, mutiques ou garnis de barbes-, leur calice renferme 
communément quatre fleurs fertiles , et une cinquième qui 
ne se développe qu'imparfaitement, et qui avorte. Le fruit 
qui succède à chaque fleur fertile est une graine ovale, plus 
grosse que dans la plupart des autres graminées, convexe 
d'un côté, et creusée de l'autre d'un sillon longilndinal. Cette 
graine est remplie d'une substance blanche, friable, fari- 
neuse, formée en grande partie de fécule et d'une propor- 
tion de gluten, telle qu'elle peut facilement être convertie 
en pain , et faire l'aliment le plus ordinaire des hommes dans 
une grande partie du monde, et principalement en Europe. 
Sous ce rapport, le blé est dans cette partie du globe l'objet 
d'un très-grand commerce et d'une consommation prodigieuse ; 
et, d'après ces considérations , cette plante mérite que nous 
présentions son histoire concernant les divers points sous les- 
quels sa culture, ses propriétés ou ses usages peuvent ofifrir 
quelque intérêt. 

Le froment, par ses qualités précieuses, mérite sans con- 
tredit d'être regardé comme la première de ces plantes cé- 
réales qui , dans tout le monde civilisé , font la principale 
nourriture des hommes. 

C'està la culture des céréales que beaucoup d'écrivains an- 
ciens et modernes ont attribué la civilisation ; et , en effet , les 
hommes n'ont pu se livrer aux travaux de l'agriculture, qui 
exigent des soins continuels , qu'en se formant en sociétés 



FRO 425 

régulières, qu'en partageant les terres, et en en assurant la 
propriété à ceux qui les mettoient en valeur. 

Les Egyptiens mirent au rang des dieux Osiris qui leur 
avoit enseigné l'agriculture. Les Grecs attribuoient lïnven- 
tion de l'art de cultiver la terre à Triptolème , et particuliè- 
rement à Cérès. Avant que cette déesse eût appris aux hommes 
à labourer les champs pour y semer le blé, ils se nourris- 
soient de glands ; c'est à quoi Virgile fait allusion dans les 
■vers suivans : 

. . . .Aima Ceres, vestro si munere tellus 
Chaoniaui piiigui glandem niutavit arista. 

Georc. I, V. 7. 
Et un peu plus loin , vers 147 : 

Prima Ceres ferro niortales vertere terrani 
Inslituit, cum jam glandes atque arbuta sacrae 
Defieerent silvae, et victuin Dodcna negaret. 

On doit croire que ce fut l'augmentation de la popula- 
tion , et surtout la disette des fruits des bois, très-sujets à 
manquer par suite de l'inclémence ou de rirrégularité des 
saisons ( comme le dit Virgile dans les vers que nous venons 
de citer ) , qui forcèrent les hommes à chercher dans les 
plantes céréales une nourriture plus assurée que celle, si pré- 
caire, qu'ils avoient jusque-là trouvée naturellement dansles- 
glands et autres fruits des forêts. 

Dans toutes les contrées de la terre , l'agriculture a produit 
les mêmes résultats; et les peuples les plus anciennement 
policés , sont ceux qui se sont livrés les premiers à la culture 
des champs. En Orient, c'est dans la Babylonie, où, selon 
Hérodote et Diodore de Sicile , le blé croissoit naturellement , 
qu'il paroît qu'on doit placer le berceau de la civilisation, 
et c'est à l'agriculture que les Chinois doivent leur existence 
comme peuple depuis quatre mille ans. 

Aujourd'hui un petit nombre d'hommes se nourrissent uni- 
quement des fruits des arbres , comparativement à la quantité 
innombrable de ceux qui cultivent les céréales pour en re- 
tirer leur principale nourriture. Ce n'est guère que dans les 
climats extraordinairement favorisés de la nature , dans les- 
quels régnent un printemps et un été continuels qui font 
produire aux arbres des fruits en abondance et sans inter- 



'424 FRO 

ruption, que quelques peuples sauvages ou à demi sauvages 
ont continué à se nourrir des fruits ou des substances tirées 
immédiatement des arbres. Ainsi le cocotier, dans certaines 
parties des Indes, suffit aux besoins peu nombreux des homme» 
* de ces contrées ; les naturels des îles de la mer du Sud se nour- 
rissent presque uniquement des fruits du jaquier découpé, 
vulgairement arbre à pain (^artocarpus incisa, Lamk.) ; les ha- 
bitans desMoluques et iles voisines, outre l'arbre à pain, se 
nourrissent aussi de sagou (sagus farinifera) ; quelques peu- 
plades d'Afrique vivent toujours des fruits du ziz-^ylus lotus , 
comme les anciens lotophages, doutparle Homère. Si d'ailleurs 
les dattes et les figues font encore une grande partie de la 
nourriture des Persans, des Egyptiens et des habitans de la 
Morée, de l'Archipel grec et de la Barbarie , c'est seulement 
dans les classes pauvres , et le blé est cultivé dans tous ces 
pays pour servir d'aliment principal ; et si dans certaines par- 
ties des côtes septentrionales de l'Afrique, et dans quelques 
provinces méridionales de l'Espagne et du Portugal , on mange 
encore les glands doux de quelques espèces de chênes, et 
principalement du querciis halLota, Desf. , cette nourriture , 
de même que celle des châtaignes dans certaines parties mon- 
tagneuses de la France, comme dans les Cévennes , le Limou- 
sin , et en Italie dans les Apennins, est uniquement celle des 
habilans des campagnes , ou des gens du peuple et des pauvres 
dans les villes ; car, dans tous ces pays, les classes aisées font 
usage du pain. 

Les graines céréales ont donc remplacé , dans la plus grande 
partie du monde, Pusage des fruits des arbres. Ces masses gi- 
gantesques qui élèvent dans les airs leurs têtes superbes, et 
qui, pendant des siècles, bravent les rigueurs des hivers et 
le soleil brûlant des étés, ont cédé à d'humbles plantes que 
la même année voit naître et périr. Aujourd'hui le blé couvre 
de ses moissons dorées la plus grande partie de l'Europe, 
dans les contrées tempérées de l'Asie; on le trouve en Orient 
comme en Occident; car le froment est cultivé indistincte- 
ment dans toutes les provinces de la Chine (plus seulement 
dans celles du Nord , ou en général dans celles qui sont monta- 
gneuses), de même que dans la Natolie, laSyric, la Perse, etc. 
Les côtes septentrionales de l'Afrique pro:luiî>ent toujours 



FRO 425 

du blé comme du temps des Romains , mais en moindre 
quantité, à cause de la barbarie qui afflige aujourd'hui ces 
beaj^x pays; et il a été transporté à l'autre extrémité de cette 
partie du monde, au cap de Bonne-Espérance, où il a très- 
bien réussi. Enfin, porté dans les Etats-Unis d'Amérique, il a 
prospéré dans cet autre hémisphère, et à mesure que la civi- 
lisation et la population s'accroîtront dans cette vaste portion 
du monde, la culture du blé s'étendra probablement aussi. 

Après le blé , les principales céréales les plus cultivées pour 
la nouri'iture des hommes, sont le riz, que toutes les nations 
indiennes de l'Asie préfèrent au pain ; le maïs , que nous 
devons à l'Amérique méridionale , et qui est cultivé assez 
abondamment dans les pays du midi de l'Europe ; plusieurs 
millets, appartenant aux genres Holcus et Panicum, qui font 
la nourriture presque unique de tous les peuples noirs de 
l'Afrique; le seigle et l'orge, enfin, qui remplacent le froment 
dans les parties de l'Europe où , soit à cause de la rigueur 
du froid, soit à cause de la qualité inférieure des terres, le 
blé ne peut réussir. 

L'utilité dont est le froment pourla nourriture de l'homme, 
l'ayant fait cultiver, depuis un temps immémorial, dans des 
contrées, des climats et des terrains d'une nature fort diffé- 
rente, cette graminée a produit beaucoup de variétés, que 
probablement nous ne connoissons pas encore toutes , mais 
seulement celles qui se trouvent en France et dans quelques 
uns des pays voisins. M. Tessier, membre de l'Académie des 
Sciences, s'étant occupé, d'une manière particulière, de 
l'étude des variétés du froment , c'est dans le travail de ce 
savant agronome que nous puiserons les connoissances néces- 
saires pour donner une liste exacte et raisonaée des diffé- 
rentes variétés connues du froment. 

''" Epis glabres ; balles dépourvues de barbes. 

Froment coimmun a épis blancs. Tige creuse ; balles blanches, 
peu serrées ; grains jaunesmoyeus. Ce froment e&t celui qu'oa 
sème dans les parties les mieux cultivées de la France, où la 
terre n'est pas compacte, et où elle a peu de fond. 

Froment commun a épis korbs. Tige creuse; balles rousses et 
peu serrées ; grains jaunes moyens. Ce froment ne paroît être 



42G FRO 

qu'une sous-variété du précédent; ses grains sont plus gros et 
rf un jaune plus roux. Il est cultivé dans les mêmes cantons , 
et principalement dans la Picardie. Dans les pays où le temps 
delà moisson est souvent pluvieux, on donne la préterence à 
ce blé, parce qu'il germe plus diilicilement, et qu'il est moins 
sujet à s'altérer quand les tiges sont en javelles ou étendues 
sur les champs. 

Froment a grains de rtz. Tige creuse; balles blanches, peu 
serrées ; grains petits et blancs. Ce blé ne diffère de la pre- 
mière variété que parce que sa paille et ses balles sont un 
peu plus blanches , et ses grains blancs, courts, presque ronds. 
On le cultive dans le nord et dans le midi de la France. 

Froment touzelle. Il diffère du précédent par ses grains 
longs et un peu transparens. On le cultive dans les dépar- 
temens du Midi. 

Froment trémois sans barbes. Son épi est roux, et ressemble 
beaucoup à celui de la seconde variété-, mais il est un peu 
moins grand et moins gros, par suite de ce qu'on ne le sème 
qu'au printemps. 

Froment d'Alsace. Tige creuse; épi roux , court et carrée 
grains petits. On cultive ce blé en Alsace, et on ne le sème 
ordinairement qu'au printemps ; cependant M. Tessier l'a 
semé en automne pendant plusieurs années. 

Froment de Phalsbourg. Tige creuse, grêle ; épi roux ; grains 
de grosseur moyenne. On cultive ce blé à Phalsbourg, mêlé 
avec le précédent , et on l'y sème au printemps. M. Tessier 
l'a semé, pendant deux ans, en automne , et avec succès. 

'^'^ Epis glabres et garnis de barhes. 

Fromeni roux a babbfs caduques. Tige presque pleine; épi 
roux, perdant ses barbes vers l'époque delà moisson; balles 
quelquefois glauques; grains assez gros. Cultivé particulière- 
mentdansla vallée d'Anjou , il ne vient que dans les terres qui 
ont beaucoup de fond. Il a une sous-variété blanche. 

Froment a gros épis, ou Blé de Providence. Tige pleine ; 
épi blanc , long, carré; barbes blanches ; gros grains , de cou- 
leur ordinaire. Ce blé, qui se cultive dans différens pays, esl 
d'un grand produit; il perd en partie ses barbes au temps de 
la maturité. Il convient dans les terres qui ont du fond. 



FRO 437 

Fhoment A BARBES DIVERGENTES. Tige crcusc ; épi TOUX, large , 
à barbes rousses ou blanches, et divergentes ; balles peu ser- 
rées ; grains moyens. On le trouve quelquefois à épi velu. Il 
est cultivé dans presque toutes les parties de la France. On 
le sème en automne, et quelquefois au printemps. 

Froment A BARBES serrées. Epi rouge ; balles et barbes rouges, 
rapprochées et serrées ; gros grains ternes. Cultivé dans le 
département de Vaucluse. 

Froment A grains ronds. Tige demi,creuse; épi blanc, serré; 
barbes noires ; grains blancs, bombés. Ce blé est cultivé dans 
les environs d'Avignon; il perd un peu ses barbes à l'époque 
de sa maturité. 

Froment d'Italie. Tige grêle, pleine; épi blanc, étroit; 
barbes noires; grains ternes. On le cultive dans les environs 
d'Avignon. 

Froment de Sicile. Tige grêle ; creuse ; épi petit , blanc ; 
balles un peu luisantes, à barbes noires. 

*** Epis velus , dépourvus de barbes. 
Froment grisâtre. Tige creuse ; épi velouté et grisâtre ; 
grains moyens, dorés, velus k l'un de leurs bouts. Cultivé en 
Normandie , dans le pays d'Auge. 

**'^'* Epis velus et garnis de barbes. 

Froment gris de souris. Tige pleine, épi étroit, velu et 
gris-bleuàtre ; grains gros, bombés; barbes noires, grises ou 
cendrées , tombant quelquefois à l'époque de la maturité. 
Il est cultivé en Anjou , et ne vient bien que dans les terres 
qui ont beaucoup de fond. 

Froment renflé. Gros blé ou Pétianelle roux. Tige pleine; 
épi roux, court, presque carré; barbes rousses; gros grains 
ternes, bombés, demi -cornés, médiocrement farineux. Il 
perd ses barbes, en totalité ou en partie, à l'époque de sa 
maturité. On le cultive en Gascogne. 

Blé d'abondance , Pétianelle blanc. Diffère du précédent par 
la couleur blanche ou blanchâtre de son épi ou de ses barbes. 
Sa tige est pleine ; son épi gros , comme renflé; ses balles sont 
entassées, ou presque amoncelées irrégulièrement , ses grains 
sont un peu cornés. Cultivé dans les environs d'Avignon. 



4=8 FRO 

Froment de Barbarie. Tiges élevées, pleines; épis épais, 
assez longs, grisâtres; balles renflées , à barbes fort longues; 
grains assez gros, oblongs, un peu pointus aux extrémités , 
dorés, durs, à substance presque entièrement cornée, très-peu 
farineuse. Ce blé a été rapporté de Barbarie par M. Desfon- 
taines , et il se trouve mentionné dans son Flora Atlantica , 
sous le nom de Triticum durum. 

Tous les cultivateurs sont dans l'usage de faire la distinc- 
tion des fromens d'automne et des fromens de mars, selon 
qu'ils sont destinés à être semés dans l'une ou l'autre de ces 
saisons ; mais M. Tessier, que nous avons déjà cité, et qui 
a fait à ce sujet, comme sur les autres parties de la cul- 
ture de la précieuse céréale qui nous occupe , des expé- 
riences très-exactes ; M. Tessier, disons-nous, pense que cette 
distinction est chimérique, et que les blés d'automne peuvent 
facilement passer à l'état de blés de mars , et , par opposition , 
ces derniers à celui de blés d'automne , en semant par degrés 
les premiers plus tard et les seconds plus tôt, de manière à 
les accoutumer à ce changement de saison. 

C'est aussi un préjugé, parmi la plupart des cultivateurs , 
de croire qu'il faut de temps en temps changer ses blés , et 
même tous les ans, et que, si l'on n'a pas cette attention, le 
froment récolté et semé un certain nombre de fois dans les 
terres d'un même canton s'altère et dégénère. M. Tessier a 
encore fait à ce sujet des expériences suivies pendant dix an- 
nées de suite , depuis 1779 jusqu'à 1789 , lesquelles prouvent 
que le blé desemenee ne dégénère pas semé pendant dix an- 
nées de suite , et il cite de plus un cultivateur des environs 
de Fécamp,en Normandie, qui, pendant trente années, a 
semé constamment le blé qu'il récoltoit, sans qu'il soit sur- 
venu la moindre dégénération dans ses fromens. 

De ses expériences et des faits qui sont à sa connoissance, 
M. Tessier croit pouvoir conclure que la dégénération du 
froment, considérée physiquement , ne peut avoir lieu, sur- 
tout en aussi peu d'années qu'on se l'imagine; et que, si ce 
grain éprouve quelquefois des altérations, il y a lieu de 
croire qu'elles ne sont point dues à la nature du froment 
même, mais à des causes différentes , telles que la négligence 
à le purifier des mauvaises graines, !f peu de soin qu'on en a 



FRO 429 

pendant la végétation, la récolte faite par des temps con- 
traires , les accidens et maladies auxquels il est exposé eu 
tout temps. 

On peut donc assurer que le blé , en quelque sol qu'il soit , 
conserve sa faculté germinative , s'il n'est pas altéré d'ailleurs 
par la fermentation , les insectes , ou autrement , et qu'on peut 
le semer dans le même canton où il a crû ; et ce n'est que 
dans certaines circonstances particulières qu'il peut êtra 
avantageux, et même nécessaire d'acheter de la semence plu- 
tôt que de la prendre dans sa propre récolte. Ainsi , lors- 
qu'une grêle, ou une grande sécheresse, ou des pluies ont 
tout altéré ou détruit dans un pays, il faut bien qu'on se 
pourvoie de semence dans un autre. Lorsque les terres d'un, 
pays sont trop maigres, et que les grains qu'elles produisent 
s'en ressentent; lorsque les récoltes, soit par négligence ou 
toute autre cause, sont infestées de mauvaises herbes, il est 
encore avantageux d'aller ailleurs chercher des grains mieux 
nourris et plus purs. 

On préfère ordinairement semer le froment de la dernière 
récolle ; mais des expériences positives prouvent quïl conserve 
sa faculté germinative pendant huit à dix ans. Le germe de 
ce grain résiste d'ailleurs au plus grand froid , et une chaleur 
de plus de soixante degrés ( thermomètre de Réaumur ) ne 
l'empêche pas de se développer. 

Les terres destinées à être ensemencées en froment doivent, 
avant qu'on leur confie la semence, être convenablement 
préparées par plusieurs labours , et amendées par des engrais. 

Les fumiers des basses-cours sont l'engrais qu'on emploie 
le plus communément pour améliorer les terres, et ils pro- 
duisent toujours un très-bon effet, lorsqu'on ne les met que 
dans celles qui en exigent ; car toutes sortes de fumiers ne 
conviennent pas à toutes les terres. Le fumier des bergeries, 
la fiente de pigeon font mieux dansles terrains humides, froids 
et argileux que dans tout autre sol. Les fumiers de vaches 
et de chevaux conviennent aux terres chaudes et à celles où 
il se trouve des cailloux , ou de la marne ou du sable. Les 
autres engrais, capables de remplacer avec avantage les fu- 
miers des basses-cours , sont les marnes de différentes espèces, 
les diverses terres neuves , les gazons des chemins et des friches ; 



43o FRO 

mais le meilleur de tous les engrais est le parcage. On cor- 
rige un terrain calcaire avec des marnes argileuses, et une 
terre argileuse avec des marnes calcaires. 

La quantité des labours peut varier selon la nature des 
terres : celles qui sont légères n'exigent pas autant de façons 
que celles qui sont fortes ; mais en général, en supposant 
qu'un champ dût rester en jachère avant de l'ensemencer en 
froment, il faut lui donner au moins quatre labours avant d'y 
répandre les semences. 

La bêche , le hoyau, la fourche et la charrue sont les ins- 
trumens ordinairement employés pour le labourage; mais le 
dernier étant le plus expéditif , est le seul qui soit employé 
dans les exploitations en grand : les autres ne sont en usage 
que dans les localités qui ne permettent pas l'emploi de la 
charrue , ou chez les petits cultivateurs qui n'ont que des 
terres de peu d'étendue. 

Le premier labour, dans le cas qui vient d'être dit , doit se 
faire aussitôt ou au moins peu de temps après la moisson ; 
le second, avant lequel il faut avoir soin de faire charrier et 
répandre les fumiers, afin qu'ils puissent être enterrés par ce 
travail, doit être fait vers la fin de l'automne, s'il est pos- 
sible , ou au plus tard, au commencement de l'hiver. Le troi- 
sième labour se donne au printemps , et le quatrième en 
septembre ou octobre, au moment de l'ensemencement. 

Aussitôt que le dernier labour est terminé, on l'ait les se- 
mailles, qu'on enterre à la herse, après avoir auparavant pré- 
paré le froment par ce que l'on appelle le chaulage. Cette 
préparation préliminaire consiste à verser sur la semence mise 
en tas une dissolution de chaux dans de Veau simple, ou dans 
laquelle on a délayé auparavant des crottes de mouton, des 
fientes de pigeon et de poule ou autres, ou dans laquelle on 
a encore fait infuser des plantes acres. Aussitôt après avoir 
versé cette préparation sur le tas de blé destiné à être ense- 
mencé, on le remue tout de suite avec des pelles, de manière 
à ce que tous les grains soient empreints de la liqueur. Le 
froment, ainsi chaulé, est semé dès le lendemain ;mais, si l'on 
différoit plus long-temps, et qu'il y eût quelque humidité, il 
faudroit avoir le soin de le remuer tous les jours. Cette pré- ' 
paration a l'avantage de préserver le blé de la carie, de la 



FRO 43 1 

rouille, et dans les années sèches elle le garantit des mulots et 
des insectes. 

Plusieurs agrq/iomes modernes, pour que le froment soit 
plus exactement chaulé, prescrivent de faire le chaulage de 
la manière suivante. On fait d'abord éteindre de la chaux vive 
dans une quantité proportionnée d'eau , et on l'élend ensuite 
ditns un plus grand volume, et dans la proportion de trente 
livres d'eau pour un selier de blé. Quand on a préparé suffi- 
sante quantité d'eau de rhaux. on verse son grain par por- 
tions dans un cuvier rempli de cette eau , de manière à 
ce qu'elle baigne bien tout le grain, qti'on remue pendant 
quelques instans -, après quoi on le laisse infuser durant un 
quart d'heure, et pendant ce temps on enlève les grains qui 
surnagent. On retire ensuite son blé pour le mettre à égoutter 
dans des corbeilles, et lorsqu'il Test suffisamment, on l'étend 
sur faire de la grange pour qu'il sèche. Dans cet état il est 
bon à semer le lendemain; mais on peut différer de le faire 
pendant quelques jours; dans ce cas il faut seulement avoir 
la précaution de le remuer , afin qu'il ne s'échauffe pas. 

Selon les climats , les localités , et selon les variétés , le 
froment se sème en France à différentes époques. Celui dit 
d'automne se sème avant l'hiver ; mais il y a des pays où les 
semailles commencent au mois d'août , tandis que dans d'autres 
elles ne se font qu'en décembre. Dans le plus grand nombre 
elles ont lieu en septembre, octobre et novembre; mais en 
règle générale, les semailles précoces donnent toujours de 
plus riches moissons, parce que les blés semés de bonne heure 
poussent un plus grand nombre de racines, et par suite des 
tiges plus vigoureuses et plus nombreuses. 

Quant aux fromens dits de mars, les premiers se sèment en 
février, et les derniers en avril; on en cultive même depuis 
quelques années en Belgique une variété qu'on y désigne sous 
le nom de blé de mai, parce qu'on peut tarder Jusqu'en mai 
à la mettre en terre. Ce froment , qui a été apporté du Ben- 
gale et d'Egypte, où il est cultivé, et où il donne deux ré^ 
coltrs par an sur le même terrain, peut, dans le nôtre, être 
récolté environ cent jours après son ensemencement. L'in- 
troduction des blés de mars en France ne remonte qu'à 1709; 
avant cette époque, ils n'étoient connus et cultivés qut^ dans 



i>2a FRO 

les contrées du Midi, et surtout en Espagne. I,ouis XIV en 
fit venir pour les semer après ce cruel hiver qui avoit été si 
fatal aux fromens d'automne. ^ 

Il n'est pas possible de déterminer d'une manière fixe la 
quantité de semence nécessaire pour un espace donné. Les 
terres maigres et légères en exigent davantage que les bons 
fonds, parce que, dans les premières, chaque pied poussant 
moins de tiges et moins de feuilles , ces terres se trouveroient 
trop découvertes si on n'y répandoit pas plus de semences; 
et, les tiges n'y étant pas assez serrées, le hàle pourroit agir 
sur elles et les dessécher, ainsi que les racines, avant l'époque 
de la maturité. 

Lesseniailles faites en automne et au printemps demandent 
aussi des proportions différentes. Ainsi il faut moins de se- 
mence pour les premières qui tallent beaucoup , que pour les 
secondes qui produisent toujours moins de tiges sur le même 
pied. Mais, en général, les agronomes instruits regardent 
comme une chose constante . que la plus grande partie des cul- 
tivateurs n'économisent pas les semences autant qu'ils pour- 
roient le faire. Par exemple, d'après les expériences rappor- 
tées par M. Tessier à ce sujet, il s'ensuit qu'en ensemençant 
un arpent de cent perches à vingt -deux pieds avec cent 
quatre-vingts livres de froment, au lieu de deux cent vingt- 
cinq qu'on est dans l'usage d'employer, on peut récolter quatre 
cent quarante-une livres de froment de plus , et, d'après son 
expérience propre, ce savant agronome a encore obtenu des 
résultats plussatisfaisans; car, en ensemençant un arpent avec 
cent livres seulement, au lieu de deux cent vingt-cinq livres, 
il s'est assuré qu'on pouvoit récolter quatre cent quatre-vingt- 
quinze livres de plus dans une terre même médiocre. 

Il y a trois manières d'ensemencer le blé : la première à la 
volée , la seconde au semoir, et la troisième au plantoir. Les 
deux dernières étant en général très-peu usitées, nous nous 
abstiendrons d'entrer dans des détails à leur sujet-, nous ren- 
verrons aux ouvrages qui traitent plus particulièrement de 
l'agriculture, et nous mentionnerons seulement ici les résultats 
qu'on a obtenus dans les expériences qui ont été faites sur 1» 
troisième méthode, celle par le plantoir. 

C'est M. le duc de La Ro-jhefoucauld -Liancourt qui i 



FRO 455 

fait connoître en France cette méthode usitée dans plusieurs 
cantons de l'Angleterre, et par laquelle on économise uiie 
grande quantité de semence, sans que le produit soit moir.s 
considérable; car, d'après les expériences de M.de Liahcourt, 
celui des terres ainsi ensemencées a été dans le rapport de 
quatre-vingts à cent, et jusqu'à cent trente pour un. M. Tes- 
sier, qu'il faut toujours citer dès qu'il est question d'expé- 
riences qui peuvent tourner au profit de l'agriculture, a vé- 
rifié avec le plus grand soin celles de M. de Liancourt, et il 
n tiré de ses propres observations les conséquences suivantes. 

1." Quand on emploie la méthode de l'ensemencement au 
plantoir, il suffit de mettre deux grains dans chaque trou, en 
espaçant les trous à quatre pouces les uns des autres. 

2." Cette pratique convient au particulier possesseur de 
quelques champs seulement, qui, ense chargeant lui-même , 
avec sa famille, de les ensemencer, se rend indépendant du 
laboureur. 

5." Il y faut renoncer pour les terres fortes et pour les terres 
légères , à moins que par des amendemens convenables à leuc 
nature, on ne les ait disposées à cette sorte de culture. 

4.° L'ensemencement au plantoir a de l'avantage sur celui 
à la volée , lorsque le blé est cher, et dans les pays où les bras 
sont nombreux et les salaires à bon marché. 

Quanta l'ensemencement à la volée , qui jusqu'à présent 
a été et est encore presque le seul exclusivement en usage 
dans les campagnes, il se fait ordinairement, dans chaque 
exploitation , par le principal charretier de la ferme ou de la 
métairie , et assez souvent le fermier ou le métayer remplit 
lui-même cette fonction. Le semeur a besoin tout à la fois 
d'intelligence et de force. Il faut qu'il calcule la distance'*oà 
sa main peut lancer le blé; qu'il n'en prenne à chaque poi- 
gnée que ce qui est nécessaire , et qu'il règle ses pas de ma-, 
nière à ce que tout le champ ait partout une quantité de se- 
naence aussi également espacée que possible. Le semeur doit 
être fort, parce qu'il faut qu'il porte une certaine quantité 
de blé dans une espèce de long tablier en toile , qui est passé 
entre ses bras, et dont il retient l'extrémité en l'entortillant 
autour de son bras gauche, et parce qu'il lui faut pendant 
trois semaiaes à un mois, tous les jours , du matin jusqu'au 
17. a 3 



434 FRO 

soir, excepté les heures des repas, parcourir ainsi les guérets, 
chargé d'un poids considérable qu'il appuie sur son ventre ou 
sur son côté et sur un de ses bras, tandis qu'il est obligé 
d'imprimer sans cesse à l'autre un violent mouvement d'ex- 
tension, à chaque poignée de semence qu'il répand. 

Le plus communément le blé se recouvre avec la herse, et 
cette opération se fait aussitôt que la semence est répandue. 
Souvent même , lorsque la pièce à semer a une certaine éten- 
due , on herse les parties du champ ensemencées pendant que 
le semeur continue son travail Sur le reste. On n'emploie ordi- 
nairement que des femmes ou des jeunes garçons pour con- 
duire les chevaux qui traînent les herses. Dans quelques can- 
tons on recouvre le blé semé à la charrue ; alors le semeur 
doit précéder le laboureur dans les champs, et ce dernier 
n'enfonce pas le fer à une si grande profondeur que dans les 
labours précédens, afin que la semence ne soit pas trop en- 
terrée. 

Si la terre est humectée avant , ou s'il vient à pleuvoir après 
renseméncement , le froment ne tarde pas à lever, à "moins 
qu'il ne survienne de la gelée ou de la neige , ainsi que cela 
arriva dans l'hiver de 1788 a 1789; les gelées ayant commencé 
vers le 1 5 de novembre et ayant duré pendant près de deux 
mois, ce ne fut qu'à la fin de janvier que les fromens semés 
dans les premiers jouri de novembre commencèrent à sortir 
de ferre. 

Les blés résistent à la rigueur des plus grands froids , lorsque 
cfs froids sont secs, et surtout lorsque la terre est couverte 
de neige. Ce ne fut point l'excès du froid qui fit périr les 
i)lés en 1709 , mais parce que celui qui prit à cette époque 
àésasîrense , survint tout de suite après un dégel. 

Lorsque les blessent trop forts en hiver, et que l'on craint 
qTi'ils ne- s'épuisent en pure perte, et que par suite ils ne 
donnent des tiges trop grêles, on y met des vaches ou des 
brebis qui , en broutant ce luxe superflu de la végétation , lui 
donnent une nouvelle vigueur. Cela se pratiquoit en Italie du 
temps de Virgile : 

,, Ne gravidis procumbat culnius aristis , 

• _ , Lusurieni segetum tcnera depascit in îierba. 
"" GeoRc. lib.I, y. 111, 



FRO 435 

Dans quelques pays on fait au printemps passer de gros rou- 
leaux sur les blés, afin de briser les mottes et d'affaisser la 
terre soulevée par l'elTet des pluies et des gelées. Le tassement 
que ^-ela opèfe rechausse utilement les racines. L'emploi du 
rouleau convient principalement dans les terres légères; mais 
il ne faut pas s'en servir lorsque les terres sont trop humides, 
ni dans celles qui sont fortes. 

Au printemps la végétation se ranime, les fromens vont 
bientôt élever leurs liges, d'où l'enverra, en mai et juin, sortit* 
les épis : mais , avant qu'ils en soient là, les mauvaises herbes les 
infestent souvent, et les étoufferoient bientôt si le cultivateur 
n'avoit le soin de les faire arracher: c'est l'opération du sar- 
clage. Lorsqu'il y a beaucoup d'herbes rampantes et difliciles 
à arracher, on se sert de herses de fer qu'on fait traîner sur le 
champ. Mais le plus souvent on sarcle à la main, et dans beau- 
coup de cantons les femmes qui se livrent à ce travail, le font 
sans qu'on leur donne de salaire -, elles se contentent de l'herbe 
qu'elles arrachent pour nourrir leurs vaches. En Normandie, 
on se sert , pour nettoyer les blés, d'une longue tenaille de boiS 
avec laquelle on saisit les plantes à longues racines , qu'on tire 
facilement hors de terre sans les casser, quand on prend un 
temps favorable, où la terre soit assez molle , comme après les 
pluies. 

Tous les bestiaux aiment beaucoup le froment en vert; il 
faut avoir le soin de les en écarter, ce qui n'est pas difîicile: 
mais il n'est pas aussi facile de- le préserver des bêtes fauves, 
qui, comme les cerfs, les daims, les chevreuils, les sangliers, 
en sont très-avides. Autrefois, dans le voisinage des grandes 
forêts , les dégâts faits par ces animaux étoient énormes, et les 
cultivateurs dont les terres se trouvoient trop près de ces 
bois, préféroient souvent les laisser en friche, à les ensemen- 
cer pour voir dévorer les fruits de leurs travaux sans pouvoir 
les préserver par aucun moyen. Les lièvres et les lapins aiment 
aussi beaucoup le blé; et lorsque ces petits qu.idrupèdes sont 
trop multipliés sur une terre, ils font beaucoup de tort aux 
cultivateurs. Les autres animaux nuisibles au froment sont 
les corbeaux, les corneilles, les pigeons, les moineaux, les 
mulots, les campagnols, les sauterelles, le» vers blancs, hs 
hanuetoos , etc. 



4^5 FRO 

Le froment est sujet à plusieurs altérations qui nuisent à sa 
qualité et à son produit; les principales sont la carie, le char- 
bon , la rouille, l'ergot. La carie, que l'on nomme encore, 
selon les pays, cloque, noir, pourriture , est unf plante para- 
site, une espèce de champignon (u7-edo cûnVi , Decand. ), pla- 
cée entre les balles. Cette altération est celle qui nuit le plus 
au produit et à la qualité du blé. La poussière produite par 
la carie, quand on bat le blé, s'attache actlui qui est sain, le 
salit , et en cet état on lui donne le nom de blé mouclieté. Cette 
poussière incommode les batteurs; elle provoque la toux, 
picote les yeux, et est malfaisante. Le pain fait avec la farine 
de blé moucheté a une teinte violette, une sorte d'àcreté, 
et il peut être nuisible à la santé. Le meilleur moyen de pré- 
server lesfromens de la carie est un bon chaulage. Le charbon 
se distingue de la carie, parce qu'il n'est point, comme 
celle-ci, renfermé dans les balles-, c'est une poussière char- 
bonneuse qui paroît formée par la destruction des balles elles- 
mêmes et du grain. Cette poussière fine , sèche et légère, que 
le vent emporte, en ne laissant que le squelette de l'épi , est, 
comme la carie , un champignon , nommé par M. Decandolle , 
uredo carho. Le charbon est moins nuisible que la carie, parce 
qu'il se dissipe avant la moisson. La rouille, qui attaque le 
blé et plusieurs autres graminées , est, comme la carie et le 
charbon , une pbmte cryptogame {uredo rubigo vera , Decand.) 
qui naît sous l'épiderme des feuilles et des chaumes du blé, et 
qui, lorsqu'elle est abondante, épuise et empêche de croître 
les pieds qu'elle attaque, au point de diminuer la récolte 
d'une manière marquée. Plusieurs botanistes ont regardé l'er- 
got comme une autre cryptogame, que M. Decandolle range 
dans le genre Sclerotiiim ; mais d'autres croient que c'est une 
sorte d'altération ou maladie du grain , et non une végé- 
tation. L'ergot est d'ailleurs beaucoup plus commun sur le 
seigle que sur le froment, et il est surtout abondant dans les 
étés humides. (Voyez Ergot, vol. i 5 , p. iG5.) 

Si une sécheresse trop prolongée n'a pas arrêté les progrès 
du froment, et n'a pas empêché la formation des grains dans 
l'épi; si des pluies trop abondantes pendant la floraison n'ont 
pas dissipé la poussière fécondante qui doit vivifier les germes 
et les convertir en grains ; si des orages ou des vents violens 



FRO A37 

n'ont pas renversé les blés , ne les ont pas couchés sur une 
terre humide où les mauvaises herbes les étouffent, et où les 
grains se corrompent et germent ; si, enfin, des grêles désas- 
treuses n'ont pas détruit la totalité ou partie des récoltes-, 
après neuf à dix mois de peines, de soins assidus, d'inquié- 
tudes de toute espèce, le cultivateur va se voir enfin récom- 
pensé de tous ses travaux : le moment de faire la moisson est 
arrivé. 

Lorsque le blé est à sa parfaite maturité, ce qui varie beau- 
coup pour l'époque, selon les localités (car, dans les parties 
les plus méridionales de la France , on commence à moisson- 
ner dans les premiers )ours de juin, tandis que dans le Nord 
ce n'est que vers le milieu de juillet , ou même en août) , c'est 
à la couleur des pailles et des épis , et à la consistance du 
grain, que l'on reconnoît que le froment est mùr, et qu'il 
faut y mettre les ouvriers. 

Ce travail se commence maintenant sans aucune cérémo- 
monie; chez les anciens, des fêtes et des danses précédoient 
le comrmencement de la moisson. Les laboureurs, au temps 
de Virgile, alloient, en chantant des hymnes et en dansant, 
promener trois fois autour de leurs champs la victime qu'ils 
immoloient ensuite à Gérés. Tous portoient à cette £ête des 
couronnes de chêne, en mémoire du gland qui avoit nourri les 
hommes avant qu'ils connussent l'usage du Mé. 

Terque novas circura felix eât liostia fruges, 
Ouinis quani chorus et socii comitentiir ovantes; 
Et Cererem ctamore vocent in técta : neque ante 
Falcem maturis quisquam supponat aristis, 
Quam Cereri, torta redimitus tempora quercu, 
Det motus incompositos, et carmina dicat. 

Georg. lib. 1, V. 345. 

Le célèbre Delille cite sur ce passage un commentateur 
anglois ( Holsworth) , qui dit avoir vu des paysans florentins 
célébrer au mois de juillet , par des danses et des clianfs, et la 
tête couronnée de feuilles de chêne, une fête qui n'est pro- 
bablement qu'une continuation de celle dont parle Virgile. 

Mais, quelles que fussent les fêtes des anciens en l'honneur 
de l'agriculture, aucune ne peut être comparée à celle qui se 
pratique tous les ans à la Chine depuis un temps immémorial 



43Ô FRO 

Cette fête est celle dans laquelle l'empereur de ce vaste em- 
pire, environné des princes de son sang, des grands de sa cour, 
des laboureurs les plus recommandables , et de toute la pompe 
d'ungrand souverain, ouvre et laboure lui-même la terre, et 
sème les cinq espèces de grains regardés comme les plus né- 
cessairesà l'homme, savoir, le froment, le riz, les fèves etdeux 
sortes de millet. Cette cérémonie du labourage paroît avoir 
été établie non seulement comme institution politique, pour 
encourager l'agriculture, mais, ce qui la rend encore plus im- 
posante, c'est qu'elle est consacrée par la religion : car l'em- 
pereur s'y prépare par trois jours de jeûne , et il la commence 
par un sacrifice solennel. Cette fête est célébrée tous les ans 
à Pékin au retour du printemps , et elle est solennisée le 
même jour, dans tout le reste de l'empire , par les vice-rois et 
les gouverneurs des provinces, qui , accompagnés des princi- 
paux mandarins de leurs départemens, pratiquent, dans un 
champ consacré à cet usage , les mêmes cérémonies que l'em- 
pereur. 

Dans cette même contrée , la profession de laboureur est 
plus honorable que celle de marchand; et, parmi plusieurs 
préceptes que tout mandarin ou gouverneur, soit de ville ou 
de province, est obligé d'enseigner deux fois par mois au 
peuple rassemblé autour de lui , on distingue celui-ci : que la 
profession des laBoureurs jouisse de l'estime publique, on ne 
manquera jamais de grains pour se nourrir. 

Nous pourrions encore, au sujet des honneurs rendus à 
l'agriculture, parler de ces consuls, de ces dictateurs tirés de 
la charrue pour être misa la tête de la république romaine : 
mais cela nous entraineroit trop loin : revenons à. la manière 
dont on pratique maintenant la moisson. 

C'est à la faucille que le blé se coupe le plus ordinairement ; 
cependant quelques agronomes conseillent d'employer de pré- 
férence la faux ar